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Templiers - Commanderie Geoffroy de Saint-Omer

         





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Voici l'histoire extraordinaire de l'Ordre du temple !

"La beauté de l'âme, c'est l'humilité" : citation de Bernard de Claivaux


Evoquons rapidement la naissance de la nation Franque.

Avec l'écroulement de l'empire Romain en l'an 476, l'occident va connaitre une régression d'activité dans tous les domaines suite au morcellement de la société consécutif aux invasions barbares, à l'insécurité et à la rupture totale des communications. La transmission du savoir sera partiellement assoupie pendant plusieurs siècles !

C'est dans ce contexte, que Clovis Ier voit le jour en 466 ( mort à Paris le 27 novembre 511 ), il fut d'abord roi des Francs saliens, puis roi de tous les Francs de 481 à 511. Issu de la dynastie des Mérovingiens, il est le fils de Childéric Ier, roi des Francs Saliens de Tournai (Belgique), et de la reine Basine de Thuringe. Brillant chef militaire, il accroît considérablement le territoire du petit royaume des Francs saliens dont il hérite à la mort de son père pour unifier une grande partie des royaumes francs, repousser Alamans et Burgondes et annexer les territoires des Wisigoths dans le Sud de la Gaule. Le règne de Clovis est surtout connu à travers la description qu'en fit Grégoire de Tours, évêque gallo-romain. Clovis est considéré dans l'historiographie comme un des personnages historiques les plus importants de l'histoire de France la tradition républicaine reconnaît en lui le premier roi de ce qui devint la France, et la tradition royale voit en lui le premier roi chrétien du royaume des Francs.

Au Vème siècle, le roi Clodion le Chevelu profite du départ des légions romaines vers l'Orient pour conduire les Francs saliens en Belgique inférieure,entre Gand  Thérouanne et Cambrai, avec comme capitale Tournai. Il est cependant battu par Flavius Aetius un sénateur romain et un généralissime de l'armée de l'empire d'Occident sous le règne de Valentinien III, qui reprend Courtrai mais lui accorde le foedus dans la région de Tournai, qui devient le centre de leur puissance, et le demeure jusqu'à l'époque de Clovis. 
D'autres royaumes saliens se constituent après la mort de Clodion, celui de Ragnacaire, qui règne à Cambrai, et celui de Cararic, dont on ne connait pas la capitale. Ces deux royaumes seront ensuite unis à celui de Tournai par Clovis. a la mort de son père en 481, Clovis hérite d'un royaume qui correspond à la Belgique seconde (à peu près la région de Tournai en actuelle Belgique). Au milieu de ces enchevêtrements de peuples, Clovis Ier (466-511) fera la conquête d'une grande partie de la Gaule. La grande intelligence de Clovis sera d'avoir compris que son pouvoir ne pourrait pas durer sans l'assentiment des peuples romanisés. Son baptême catholique par Remi de Reims permettra la collaboration des Francs avec les élites gallo-romaines. Clovis est le fondateur de la première dynastie durable sur le territoire de la France actuelle, la dynastie mérovingienne. Conquêtes franques entre l'an 507 et l'an 509 la Gaule en 511

Origines lointaines de la création de l'Ordre du Temple

Pour comprendre le mécanisme qui aboutira à la création de l'ordre du temple, il convient de faire un bref rappel à une date qui fut incontestablement un tournant de l'histoire de France . Moins d'un siècle après la mort de Mahomet (570-632) ,
les guerriers musulmans ont envahi l'Espagne en 711, ils y resteront des siècles, jusqu'en 1492 ( c'est la Reconquista qui chassera définitivement les Musulmans d'Espagne ). Donc, en 717, ils franchissent les Pyrénées et investissent le Languedoc, à ce moment, la chrétienté n'a jamais été aussi menacée. Le duc d'Aquitaine, Eudes, parvient à freiner la poussée islamique près de Toulouse en 721. Le duc Eudes pour la circonstance s'est allié avec le gouverneur berbère de Septimanie "Munuza Uthman Abu Naissa", de religion musulmane mais en révolte contre ses coreligionnaires. Le gouverneur d'Espagne, Abd al-Rahman, organise alors une expédition punitive contre les Aquitains. Pris de panique, Eudes lance un appel désespéré à son voisin Charles Martel qui contrôle tout le Nord de la Loire. Celui-ci accepte de venir en aide à Eudes et fait avancer son armée venue de toutes les provinces du royaume FRANC. En 732 la bataille s'engage près de Poitiers contre les troupes d'Abd al Rahman, les forces en présence sont colossales. Charles Martel a équipé chacun de ses soldats d'une épée, d'un haubert ainsi que d'une longue lance. Après sept jours durant lesquels les troupes se livrent seulement quelques escarmouches, les guerriers musulmans lassés par cette attente, se décident à attaquer, mais ils se heurtent aux défenses franques. Abd al-Rahman est tué au cours de cette offensive, et les guerriers musulmans rescapés s'enfuient au cours de la nuit. Ce sont 375 000 guerriers musulmans qui auraient péri à en croire les chroniqueurs de l'époque, ce chiffre invérifiable est contesté par certains historiens de nos jours. Cette grande victoire Franque marqua profondément tous les esprits de cette époque, et, permit à la France de ne pas subir le même sort que celui de l'Espagne. Fort de ce succès, Charles Martel investit l'Aquitaine et chasse les chefs musulmans qui y sont installés. Le chef FRANC apparaît alors comme le sauveur de la chrétienté, et le maître incontesté du royaume FRANC. Les razzias musulmanes seront néanmoins légion dans le sud de la France jusqu'en l'an 1000, après cette date, il n'y aura plus beaucoup d'incursions musulmanes en FRANCE.

quelques sources :
Jules Michelet - histoire de France des origines à la mort de Louis XI, entre 1833 et 1844.
Ernest Lavisse - manuel pour le cours moyen, 1ère et 2ème année en 1913.
Victor Duruy - abrégé de l’histoire du Moyen Age pour le cours de seconde en 1857 .
Charles Seignobos - manuel pour la classe de 5ème en 1904.
Arthur Huby - manuel pour la classe de 4ème en 1925.
Jules Isaac - Comité de vigilance des intellectuels antifascistes en 1925.
Léon Brossolette et Marianne Ozouf, père et sœur du héros de la Résistance - petit manuel pour le cours élémentaire, 1ère année, livre d’Histoire de France 1935.
Philippe Nemo - manuel d’histoire pour les CE2-CM1-CM2 en 2012.

Rappel historique au sujet des nombreux pélerinages Chrétiens.

S'il est admis par tous les historiens que la première croisade débuta en 1096, ces mêmes historiens s'accordent pour reconnaitre une multitude de pélerinages protégés par des gens en armes de l'an 700 à l'an 1072 . La Terre Sainte est depuis le VII ème siècle aux mains des Musulmans, disciples du prophète Mahomet. Charlemagne obtiendra le droit pour les chrétiens d'aller en pèlerinage à Jérusalem. Puis, ensuite, les Musulmans toléront les pèlerinages, contre l'acquittement d'un tribut.
En 996, la situation s'aggrave lorsque les Fatimides (dynastie musulmane qui règne en Afrique du Nord, en Egypte puis au Proche-Orient) prennent la ville sainte.
En 1078, avec l'arrivée des Turcs, le Saint Sépulcre est détruit par ces derniers. Cette situation nouvelle bouleverse un équilibre précaire : la destruction du symbole chrétien et les horreurs répétées sont à l'origine de la guerre pour délivrer Jérusalem.
Face à la gravité de la situation en Terre Sainte, région devenue quasiment inaccessible aux pèlerins, le Pape Urbain II réunit un concile à Clermont en 1095 et invite les chevaliers à libérer le tombeau du Christ en leur promettant une place au Paradis. C'est aux cris de " Dieu le veut ! " que la foule répond avec enthousiasme à l'appel du Pape.
C'est Godefroy de Bouillon (Seigneur respecté de Flandre) qui organisera cette gigantesque entreprise, et c'est de Boulogne sur mer que la première croisade partira. Cet empressement de Godefroy de Bouillon à répondre aux appels de la Papauté est du à une chose que vous ignorez sans doute, pour savoir ce qui motiva Godefroy à organiser la première croisade cliquez ICI


Godefroy de Bouillon

Pélerinages des Chrétiens à Nazareth Bethléem et Jérusalem

Nazareth
Les pélerins visitaient la maison de Marie à Nazareth car d’après la tradition catholique, c’est là que l’ange Gabriel serait apparu à la Vierge. La maison de Marie est une des grottes sur laquelle sera construite plus tard la basilique et que la tradition chrétienne vénère depuis le début comme le lieu où vécut Marie (Luc 2, 39). Jésus y enseigna plusieurs fois durant son ministère : "Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude il entra dans la synagogue le jour du Shabbat et il se leva pour faire la lecture..." (Luc 4, 16-22) .
Jérusalem
C'était pour les Chrétiens le centre du monde spirituel terrestre. Les pèlerins se recueillaient devant le calvaire, le Saint-Sépulcre, et surtout la 'vraie croix' .
A cette époque dejà le mont du Temple, lieu maintes fois évoqué dans la Bible est sacré pour les trois religions monothéistes. Aujourd’hui lieu de culte musulman, cette esplanade abrite le Dôme de la Roche (avec sa coupole dorée) et la mosquée El Aqsa. C’est là que Mahomet aurait eu son ascension nocturne jusqu’au ciel. Pour les juifs il s’agit de l’emplacement du temple de Salomon puis d’Hérode abritant le Saint des Saints. Ce temple est de nombreuses fois évoqué dans la Bible : pour la construction et la dédicace du Temple (1er livre des Rois), les tribulations de Jérémie (livre de Jérémie chapitre 19), l’idolâtrie au Temple (livre d’Ezéchiel)... C’est le lieu sacré par excellence pour les juifs. Pour les chrétiens, les évangiles y relatent de nombreux épisodes de la vie du Christ : présentation de Jésus (Lc 2, 22), Jésus enseignant au Temple (Jn 7,8), les vendeurs du Temple (Mt 21,12-17), la femme adultère (Jn 8, 2-21) les apôtres au Temple (Ac 3,1-4).
A l’est de Jérusalem se trouve le mont des Oliviers qui fait face à l’esplanade du Temple. Selon la tradition juive , C’est ce chemin qu’emprunta Jésus pour les rameaux, réalisant ainsi la prophétie. Le mont des Oliviers est aussi un lieu essentiel de la vie du Christ et de nombreux événements relatés dans les évangiles. A proximité se trouve la grotte du Pater où l’on évoque le souvenir des derniers enseignements de Jésus à ses disciples (Lc 21, 5-35) et notamment du "Notre Père". Mitoyen à la grotte la zone du Dominus Flevit (littéralement « le Seigneur a pleuré »), sanctuaire franciscain dédié au souvenir des larmes versées par le Christ sur la Ville Sainte. Plus haut, le jardin des Oliviers, lieu de l’agonie du Christ et de son arrestation (Jn 18, 1-11). Un sanctuaire a été bâti sur le « rocher de l’Agonie » où Jésus a prié le soir du Jeudi Saint. le Messie arrivera au mont des Oliviers pour rentrer dans Jérusalem.
Bethléem
La basilique de la Nativité, construite au IVème siècle par l’empereur Constantin puis agrandie au VI ème siècle par Justinien, « Elle mit au monde un fils, son premier né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la maison où logeaient les voyageurs » (Luc 2, 7). On y accède par une porte de dimension réduite, dite « porte de l’humilité », qui avait pour but d’empêcher les cavaliers de rentrer dans la basilique avec leur monture. Un étroit escalier mène à la grotte de la Nativité où une étoile en argent indique le lieu de la naissance du Christ.


Première Croisade pour délivrer le saint sépulcre.

La conquête du proche orient par les Arabes Fatimides en 637-638 n'affecta guère les pèlerinages vers les lieux saints ( Jérusalem, alors habitée en majorité par les Juifs et les Chrétiens ) car les Fatimides imposaient simplement une redevance aux pèlerins. Les dangers à braver en chemin faisaient partie de la spiritualité du pèlerinage. Parmi les fidèles se répandait même l'idée que le pèlerinage lavait les péchés. En 633 ou 634, le moine Sophronios, originaire de Damas, élu patriarche orthodoxe de Jérusalem, s'inquiète des incursions Arabes dans la région, à population essentiellement Chrétienne.

Qui habitait à Jérusalem de 638 à 1099 ?
Jérusalem est conquise par les Arabes en 638 après un siège de quelques mois. Les Musulmans y érigent le Dôme du Rocher sous Abd Al-Malik (687-691). Al-Walid construit la Mosquée Al-Aqsa (vers 705-715). Harun al-Rashid garantit à Charlemagne la protection des lieux saints, ce qui permet le développement des pèlerinages. En 1009, le calife Al-Hakim détruit l'Anastasis, l'église du Saint-Sépulcre construite sous Constantin. Plusieurs chefs musulmans s'affrontent tour à tour pour conquérir Jérusalem.
Les Turcs Seldjoukides contrôlent la ville à partir de 1078.
Les Seldjoukides refusant pendant les deux décennies suivantes, contrairement à leurs prédécesseurs, le passage des pèlerins Chrétiens, la première croisade est lancée en 1095. Le siège d'Antioche commence en novembre 1097, avec du matériel apporté par une flotte génoise. Mais l’hiver rend le ravitaillement difficile et la famine s'installe dans le camp des chrétiens. Un chroniqueur évoque la présence de pratiques anthropophages au cours du siège d'Antioche. Ainsi, après la conquête de la Judée Samarie, Raoul de Caen, chroniqueur de la première croisade écrivait : « À Ma'arat, les nôtres firent cuire les païens adultes dans des marmites et embrochèrent les enfants pour les manger rôtis ». Malgré les victoires remportées sur les armées de Damas (décembre), puis d’Alep (février 1098), le moral des assiégeants est très bas. Les défections sont nombreuses (Pierre l'Ermite, Étienne II de Blois, et le chef du contingent byzantin soupçonné d’intriguer avec les Turcs). Bohémond parvient à se faire promettre la ville au détriment de l’empereur byzantin s’il y entrait le premier. Durant l’été, tandis qu’une épidémie sévit à Antioche et emporte le légat Adhémar de Monteil, les croisés se répandent dans les régions voisines, s’emparent au sud de Lattaquié et de Ma`arrat, ou consolident leurs positions en Cilicie. Les tergiversations du conseil des barons au sujet d’Antioche et du commandement irritent le reste de l’armée, qui détruit les fortifications de Maarrat, conquise par Saint-Gilles pour le forcer au départ. Après la prise d'Antioche, lassé de la querelle interminable qui oppose Bohémond de Tarente et Raymond de Saint-Gilles, Godefroy se retire temporairement chez son frère Baudouin à Édesse, d'où il rejoint les croisés lorsqu'ils reprennent enfin la route pour Jérusalem. L’armée croisée prend la route de Jérusalem (13 janvier 1099), remontant la vallée de l’Oronte, sans être inquiétée par les émirs arabes de la région. Rejoignant la côte, elle s’empare de Tortose et de Maraclée. Sous la pression de ses soldats, Raymond de Toulouse doit abandonner le siège d’Arqa dont il comptait faire le centre de ses futures possessions. Suivant la côte jusqu’à Jaffa, les croisés entrent à Bethléem le 6 juin et mettent le siège devant Jérusalem le lendemain. La ville, fortifiée et entourée de ravins, sauf au nord, attend des secours d’Égypte. Les assiégeants manquent d’eau, de bois et d’armes et ne sont pas assez nombreux pour l’investir. Une expédition en Samarie et l’arrivée d’une flotte génoise à Jaffa fournissent le matériel nécessaire à la construction de machines de siège. Une série de jeûnes purificateurs et une procession autour de la ville rendent son sens de pèlerinage à la croisade. Après un assaut difficile de deux jours, la ville est prise le 15 juillet. Les Juifs qui avaient participé à la défense de la ville se réfugient dans la synagogue qui est incendiée. La ville devient la capitale du Royaume latin de Jérusalem. Les Musulmans et les Juifs sont chassés de Jérusalem pour des décennies.
Pour en savoir plus cliquez ICI.
Qui est Jésus-Christ ?
Les milieux Templaristes Gnostiques propagérent dès l'année 1804, la théorie qui veut que Jésus était un Juif galiléen dont la famille était originaire de Nazareth, son lieu et la date de sa naissance n'étaient pas connus avec certitude. Factuellement, et contrairement aux thèses propagées par les milieux Templaristes Gnostiques, le lieu et la date de la naissance de Jésus sont connus avec certitude car l'empereur Romain avait exigé à cette époque le recensement dans tous les royaumes de l'empire au proche orient. Concernant le berceau famillial des parents de Jésus-Christ, les historiens de nos jours sont unanimes pour le situer à Nazareth, ville où il passera toute sa prime jeunesse. Le village de Capharnaüm l'abritera quand il sera adolescent et d'après les évangiles c'est ce village qui sera le centre de sa mission, avec la bourgade de Chorazeïn non loin de là, à laquelle Jésus semble particulièrement attachée. Pour ce qui est du lieu de naissance de Jésus-Christ les récits de Luc et Matthieu situent sans aucun doute possible la naissance de Jésus à Bethléem en Judée le 25 Décembre (de notre calendrier actuel). Bethléem étant la ville du roi David de la lignée duquel le Messie attendu par les juifs doit descendre, selon la prophétie de Michée.

Avec la fin de la piraterie dans la seconde moitié du X ème siècle, le flux des pèlerins s'amplifia. En 1009, le calife fatimide du Caire, al-Hakim, fit détruire le Saint-Sépulcre. Son successeur permit à l'Empire byzantin de le rebâtir, et les pèlerinages furent à nouveau autorisés. À l'approche du millième anniversaire de la mort du Christ (1033), le flot des pèlerins augmenta encore. De nombreux monastères furent construits dans la ville. Les plus riches pèlerins étaient parfois dépouillés par les bédouins, et certains groupes de pèlerins s'organisèrent en véritables troupes armées. En 1045, l'abbé Richard emmenait avec lui sept cents compagnons qui ne purent arriver que jusqu'à Chypre. Les Turcs Seldjoukides prirent Jérusalem aux Arabes Abassides en 1071 et, contrairement à eux, interdirent totalement aux pèlerins chrétiens l'accès à la ville sainte avec, à la clé des massacres de pèlerins. L'historien Jacques Heers mentionne un pèlerinage d'une troupe importante, conduite en 1064 par Siegfried, archevêque de Mayence, attaquée et presque entièrement décimée à Ramallah par des Bédouins le 25 mars 1065. Cependant, Robert Mantran, un autre historien (qui fit toute sa carrière en Turquie et en Tunisie), mentionne (sans apporter la moindre preuve) que six pèlerinages entre 1085 et 1092, se sont déroulés sans difficultés particulières. Robert Mantran, spécialiste "Turcologue" est le seul historien à soutenir la thèse que les Turcs n'ont jamais interdit les pélerinages Chrétiens à partir de 1071, contrairement à tous les autres historiens européens.

Sécuriser en urgence les chemins de Pélerinages à Jérusalem

Sans les Croisades il n'y aurait pas eu de Templiers. L'histoire des Templiers coincide donc avec la première croisade en terre Sainte, pour y restaurer l'accès aux lieux de pèlerinages Chrétiens, autorisés par les Arabes Abbassides, mais qu'interdirent les Turcs seldjoukides en 1071 quand ils prirent Jérusalem aux Arabes. Elle débuta en 1096, répondant aussi à une demande de l'empereur de Byzance inquiet de l'attitude des Turcs.
C'est le 15 août 1096 selon les instructions du pape, que les Croisés se mirent en route pour la Terre Sainte, sous la direction du légat pontifical Adhémar de Monteil. Ce voyage à Jérusalem ne se différencie à vrai dire des précédents pèlerinages en armes vers la Terre Sainte que par le grand nombre des participants : plus de 300 000 au départ de Constantinople (20 000 à l'arrivée au terme d'un éprouvant périple de trois ans). Après d'extrêmes difficultés, les quatre armées de Croisés, ou ce qu'il en reste, atteignent la Syrie et les marches de la Judée Samarie. Leur progression est facilitée par les rivalités dans le camp ennemi. Une partie des Musulmans fait allégeance au calife de Bagdad. Ceux-là occupent la Judée Samarie et Jérusalem avec des troupes turques. Mais pendant que ces troupes combattent les Croisés à Antioche, en Syrie, les Musulmans fatimides d'Égypte profitent de la situation pour attaquer la Judée Samarie. C'est ainsi que le 26 août 1098, les Égyptiens enlèvent aux Turcs la ville de Jérusalem... avec les encouragements des Francs.
L'armée de Raimon de Saint-Gilles arrive la première sans encombre à Bethléem où elle est accueillie par les Chrétiens en liesse. Enfin, le 7 juin 1099, les Croisés aperçoivent les dômes de la Ville Sainte. Il faut se préparer à un siège difficile dans la chaleur de l'été. Heureusement, une escadre génoise amène à Jaffa du matériel de siège et du ravitaillement. L'attaque commence le 14 juillet mais la garnison égyptienne riposte en incendiant les tours roulantes des croisés avec du feu grégeois, un combustible très puissant et méconnu des Croisés. Le matin du vendredi 15 juillet, Godefroi et son jeune frère Eustache de Boulogne arrivent à s'approcher des murailles à bord d'une tour recouverte de peaux de bêtes fraîchement écorchées et ainsi protégées du feu. Bientôt des échelles surgies de partout s'adossent aux murailles.
Les défenseurs de la citadelle ont la vie sauve grâce à Raimon de Saint-Gilles qui leur accorde un sauf-conduit jusqu'à la côte. Mais il n'en va pas de même des habitants qui se sont réfugiés dans les mosquées de l'esplanade du Temple. Ceux-là sont massacrés malgré les ordres de Tancrède, le neveu de Bohémond de Tarente. La tuerie a pour effet de pousser à la résistance les villes de la côte qui étaient sur le point de se rendre. Elle n'a cependant rien d'exceptionnel pour l'époque. Les Turcs ont par exemple massacré un plus grand nombre de gens lorsqu'ils s'en sont pris à la croisade des "gueux" en 1096 ( plus de 20 000 morts, dans la seule journée du 27 Octobre 1096 à Civitot ). Les Égyptiens eux-mêmes n'ont pas fait de quartier quand ils ont repris Jérusalem aux Turcs le 26 août 1098. Mais le fait qu'il s'agisse d'un massacre de Musulmans et de Juifs par des Chrétiens et qu'il se produise dans la Ville Sainte va donner lieu à des exagérations chez les chroniqueurs Arabes comme chez les Francs.
Contrairement aux attentes, la Ville Sainte revient à Godefroy de Bouillon et non à Raimon IV. Par humilité, le seigneur lorrain refuse le titre de roi et choisit celui d'«avoué du Saint-Sépulcre» (l'avoué est dans le droit médiéval un laïc qui dirige les propriétés d'un évêque et se bat en son nom quand cela est nécessaire). En homme pieux, il ne veut pas d'une couronne d'or là où le Christ en avait une d'épines. Le 12 août 1099, Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant une armée égyptienne très supérieure en nombre à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les Croisés ramèneront en Occident... l'échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d'Ascalon). Mais le nouvel avoué du Saint-Sépulcre n'arrive pas à s'emparer de la ville d'Ashkelon en raison de l'opposition sournoise de Raimon de Saint-Gilles, qui lui garde rancune de lui avoir volé le titre de roi. Bientôt, les grands seigneurs repartent, qui vers l'Europe, qui vers sa principauté de Syrie ou du Liban. Godefroy de Bouillon se retrouve à peu près seul avec ses troupes dans une Judée Samarie encore insoumise et entourée d'ennemis.
Notons que le pape Urbain II est mort quelques jours après la prise de Jérusalem sans avoir eu la satisfaction d'apprendre le succès de son appel.
Après la conquéte de Jérusalem en 1099,certains chevaliers décident de rester sur place et fondent le royaume de Jérusalem, avec pour objectif de veiller sur le tombeau du Christ.
De l'Asie Mineure jusqu'en Egypte les Croisés avaient conquis des territoires aux dépens des Turcs de Syrie et des Fatimides d'Egypte. Tous ces territoires furent annexés par les Francs et ils devinrent les Etats Latins (au nombre de 4) le Comté d'Edesse, le Comté de Tripoli, la Principauté d'Antioche et le Royaume de Jérusalem. Ces Etats devaient maintenant être défendus et c'est dans ce contexte que vit le jour l'Ordre Religieux et Militaire du Temple en 1118. Ainsi pendant près de 10 années une poignée de Croisés défendit le Saint Sépulcre sous la bannière des Chanoines du Saint Sépulcre, puis ces Chevaliers fondérent leur propre Ordre des "Pauvres Chevaliers du Christ" ne possédant rien en biens propres. L'historien Guillaume de Tyr (1130-1186) s'inspira des récits de 4 narrateurs ( Foucher de Chartres, Raymond d’Aguilers, Pierre Tudebode et l’anonyme rédacteur des Gesta Francorum ) qui prirent part à la première croisade, pour écrire son oeuvre "Gesta orientalium principum" traitant de l'histoire de la Terre Sainte de l'époque de Mahomet jusqu'à 1184. Guillaume de Tyr prit soin de recouper les informations fournies par ces 4 narrateurs avant avant de s'en servir pour écrire "Gesta orientalium principum" qui traite avec beaucoup de précision la première croisade. Il faut noter que dans ses ouvrages, Guillaume de Tyr ne cite jamais Hugues de Payns mais "Hugues des Paiens", ceci mérite d'être souligné quand on sait que le frère de Geoffroy de Saint-Omer se prénommait Hugues et qu'il était surnommé "le Paien".


sources :

Récits de quatre participants à la croisade : Foucher de Chartres, Raymond d’Aguilers, Pierre Tudebode et l’anonyme rédacteur des Gesta Francorum .

Récits de trois autres clerc qui n’ont pas participé à l’expédition mais qui ont reçu des informations de première main : Baudri de Bourgueil (ou de Dol), Robert le Moine, et Guibert de Nogent.

Récits d'Albert d’Aix, Chancelier et gardien de l'église d'Aix-la-Chapelle, rédigea entre 1125 et 1150 une importante chronique sur la première croisade et les États latins d'Orient jusqu’en 1121, intitulée Liber Christianæ expeditionis pro ereptione, emundatione, restitutione sanctæ Hierosolymitanæ ecclesiæ, en douze livres (les six premiers sur l'expédition elle-même). Il n'a pas participé à la croisade et a tiré parti de comptes-rendus oraux ou écrits de pèlerins et de croisés revenant de l'expédition.

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Au XIII ème siècle Jacques de Vitry historien et Archevéque d'Acre relatera lui aussi les évenements qui se déroulérent au Proche Orient sans contredire Guillaume de Tyr ( éditions Robert Burchard Constantijn Huygens, E. J. Brill 1960 | rapports de croisades ).

Plus tard Ernoul (Ecuyer de Balian d'Ibelin) écrira également des chroniques Templières dans la continuité de celles de Guillame de Tyr ( Chronique d'Ernoul et de Bernard le Trésorier, éditéd par L. de Mas-Latrie pour la Société de l'histoire de France, Paris, 1871 ).

Michel le Syrien (Chrétien Syrien) relata également l'histoire des Templiers et des Etats Latins à la fin du XII ème siècle sans démentir non plus Guillame de Tyr ( Chronique de Michel le Syrien, traduction française (tomes 1 à 3) et texte syriaque (tome 4) par J-B Chabot, 4 volumes, Pierre Leroux editeur, Paris 1899-1901-1905-1910 ).


Création et sécurisation des Etats Latins d'orient

Dans le sillage de la première croisade étaient nés les états Latins . Mais ces nouvelles possessions Chrétiennes immenses et très lointaines allaient s'avérer très difficile à défendre. Ci dessous la carte des nouveaux états Latins d'Orient en 1135.

Etats Latins d'Orient 1135 Dès 1104 le roi de Jérusalem Baudouin 1er demandera à Geoffroy de Saint-Omer de créer une milice pour défendre ces nouvelles possessions Chrétiennes en orient.

Avant la création des Templiers il y eut celle des Hospitaliers.
Les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem furent fondés à Jérusalem par un groupe dirigé par Frère Gérard (appelé par erreur de traduction Gérard Tenque). Leur hôpital saint Jean l'Aumônier, au service des pèlerins malades, fut ouvert en 1080. C'est le premier ordre à être reconnu comme hospitalier par le pape Pascal II en 1113, sa mission est d’assurer aux pèlerins Chrétiens hébergements et soins. Il n'y a pas un Ordre mais des ordres hospitaliers trouvant leurs origines dans des groupes de personnes pieuses qui, poussées par un idéal religieux, s’associairent dans le but de rendre un service particulier dans l’Église, souvent un service aux plus faibles ou personnes en danger (malades, voyageurs, pèlerins). Ils virent le jour au monastère bénédictin de Sainte-Marie-Latine, fondé à Jérusalem au milieu du XI ème siècle par des marchands amalfitains. Le supérieur, Frère Gérard, crée vers 1080, à côté du monastère, une nouvelle « hostellerie » (ou hospice) et une église dédiées dans un premier temps à saint Jean l'Aumônier, c'est l'origine de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, premier ordre hospitalier . Dans le but de défendre les pèlerins chrétiens en Terre sainte (un service d'Église devenu pressant), la plupart des ordres hospitaliers se militarisèrent à l'image des Templiers L'Ordre est alors organisé en trois fonctions, les frères clercs, les frères laïcs et les frères convers qui tous doivent les soins aux malades. Leur participation aux batailles d'Ascalon (1154) et de Saint-Jean-d'Acre (1151) contre les Sarrasins est décisive. À l'image des Templiers , il se militarise pour devenir un ordre militaire qui comprend trois catégories : frères chapelains, frères chevaliers et frères servants. Cette organisation en trois classes sans subdivision restera toujours celle des hospitaliers, nom finalement donné aux membres de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Au fil de leur histoire mouvementée, les chevaliers hospitaliers deviennent successivement chevaliers de Chypre puis chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. Même si l’aspect militaire prit le dessus lors de leur occupation de l'île de Malte, l’Ordre garda toujours une dimension hospitalière. Leur hôpital de La Valette, à Malte, était au XVIII ème siècle un des meilleurs d’Europe. L'Ordre connut une longue éclipse après son expulsion de Malte par le général Bonaparte sur la route de sa campagne d’Égypte. L'éclatement de l'Ordre est à l'origine de plusieurs ordres actuels à caractère humanitaire comme l'ordre souverain de Malte ou l'ordre protestant de Saint-Jean ou à caractère honorifique comme le très vénérable ordre de Saint-Jean.
Les hospitaliers de l'ordre de Saint-Lazare de Jérusalem
Les lazaristes (chanoines hospitaliers de Saint-Lazare) sont fondés vers 1140, en Terre sainte par des lépreux au service des lépreux. L’ordre se militarise sous le nom de Ordre de Saint-Lazare et doit quitter la Terre sainte après la chute de Saint-Jean-d’Acre. Il se transforme en France en Ordre de Saint-Lazare. Au XV ème siècle l’ordre périclite rapidement et est incorporé aux différents autres ordres hospitaliers suivant les pays d'implantation.
Les hospitaliers de Sainte-Marie-des-Teutoniques de l'ordre teutonique
Les hospitaliers de sainte Marie des Teutons à Jérusalem (Ordre teutonique) serait nés d'un hôpital en terre Sainte pour les chevaliers germaniques. À un siècle de distance les Hospitaliers de sainte Marie des Teutons à Jérusalem (ordre Teutonique) suivent la même évolution que les hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. En 1190, les villes de Lübeck et de Brême construisent à Saint-Jean-d'Acre un hôpital pour leurs pèlerins. Dès 1191, les religieux sont reconnus comme hospitaliers par Clément III (suivant la règle de Saint-Jean de Jérusalem). Déjà en 1198, ils se battent contre les Turcs aux côtés des hospitaliers de Saint-Jean et des Templiers. Après la chute de Saint-Jean-d'Acre, ils s'établissement à Mariembourg (1309). En 1525 le grand maître, Albert de Brandebourg passe à la Réforme et y entraîne l’Ordre. Les dernières commanderies ou maisons sont supprimées par Napoléon.
Les chanoines hospitaliers de Saint-Antoine
Les antonins (chanoines hospitaliers de Saint-Antoine) sont fondés en France aux environs de 1095, mais sont devenus « ordre de chanoines réguliers » seulement en 1298. Dissous en 1777, ils sont réunis à l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
L'ordre hospitalier du Saint-Esprit
Les chevaliers et chanoines de l'Hospitaliers du Saint-Esprit ont été fondés en 1180 à Montpellier par Guy de Montpellier. Ils adoptent les constitutions des hospitaliers de Saint-Jean et furent formellement reconnus en 1198 par le pape Innocent III qui leur confie l’hôpital du Saint-Esprit à Rome. Nombre d’hôpitaux à travers l’Europe s’affilièrent à l’Ordre, car cela leur donnait certains privilèges religieux avec la protection du pape et des évêques. Dès 1291 il existe 99 institutions dans cinq pays. Au XV ème siècle, c'est plus d’un millier d’hôpitaux, dont 400 en France. Pour certains ce n’était plus devenu qu’un « patronage ». L’Ordre est décimé par la Réforme. Certains hôpitaux survécurent jusqu’au XIX ème siècle. La branche masculine de l'ordre fut supprimée par Pie IX en 1854 mais la branche féminine existe toujours. Elle a fusionné en 2003 avec les Filles du Saint-Esprit.
Les Croisiers
Aux XII ème et XIII ème siècles, quatre ordres religieux ayant quelques activités hospitalières empruntent leur nom aux croisades sans y avoir été associées, ni même avoir été fondés en Terre Sainte.
Ce sont les Croisiers :
Les Croisiers italiens sont fondés en 1169 et supprimés en 1656.
Les Croisiers belges, les chanoines réguliers de la Sainte-Croix (OSC), fondés à Huy en 1211, sont actifs aux Pays-Bas, en Belgique, en France, Angleterre, Allemagne. Déclin et quasi disparition à la révolution française, l'Ordre reprend vie au XIX ème siècle deux communautés subsistent aux Pays-Bas (ils sont encore plus ou moins 500 aujourd’hui).
Les Croisiers de Bohème (dits à l’«étoile rouge») fondés en 1237 en Bohème, ils sont actifs en Europe centrale.
Les Croisiers polonais (dits au «cœur rouge») fondés à Cracovie en 1250, ils œuvrent en Pologne jusqu’à la fin du XVIII ème siècle.
L’ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu (OHSJD) est fondé à Grenade en 1537(après les croisades) pour le soin des pauvres et des malades (avec une attention particulière aux malades mentaux) par saint Jean de Dieu (1495-1550). Érigé officiellement en congrégation religieuse le 1er janvier 1572, par le pape Pie V. Ses membres, aujourd'hui au nombre de 1 500, sont appelés fréquemment Frères de Saint-Jean-de-Dieu, ou Frères hospitaliers.

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Revenons aux Templiers, dès 1104 le roi de Jérusalem Baudouin 1er demanda à Geoffroy de Saint-Omer de créer une milice pour défendre les nouvelles possessions Chrétiennes en orient. Geoffroy se mit immédiatement au travail, et dix ans plus tard, la milice des pauvres chevaliers du Christ était opérationnelle en terre sainte. Quelques années plus tard en 1118, Hugues des Païens, et Geoffroy de Saint-Omer, officialisèrent la milice des "Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon", créée dès 1104 afin d’assurer la sécurité des pèlerins. Cette milice prendra le nom quelques années plus tard "d'Ordre du Temple".

Hugues de Payns,
Aucun document officiel n'a été retrouvé concernant la naissance de Hugues de Payns ,et ,de nos jours 3 thèses s'affrontent concernant sa naissance :
Certains (les plus nombreux) le prétendent originaire de Troyes en Champagne,
d’autres prétendent qu'il vient d'Ardèche,
d'autres enfin émettent l'hypothèse qu'il pourrait être le frère de Geoffroy de Saint-Omer.
Il existe une hypothèse ardéchoise mentionnée, entre autres, par Michel des Chaliards, avec Hugues de Payens, né en 1070 au château de Mahun, en Vivarais. Cette hypothèse se retrouve dans la Revue du Vivarais, tome LXXXVI no 2 d'avril-juin 1982, qui cite en page 125, une référence à Hugues de Pagan, 'originaire du Vivarais, d'un château proche de Vérines, prieuré dépendant de celui de Macheville', selon le Père Odo de Gissey, Histoire de N.D du Puy, 1644. La liaison est faite avec le château de Mahun, commune de St-Symphorien-de-Mahun. Mention est faite de Aymon Ier, qui serait le grand-père de Hugues de Pagan. Différentes références à des armoiries sont ensuite données. (article de F.Malartre). Ainsi: Anno millesimo centesimo trigesimo, Hugo de Paganis, vivariensi, primo militiae Templi magistro ..., de Polycarpe de La Rivière : Carpentras, Bibl. municip., ms 515, p. 679.

Il existe une autre hypothèse car, ce qui est étonnant c'est que le frère de Geoffroy de Saint-Omer était surnommé Hugues le Païen, et, comme ils sont partis ensemble à Jérusalem il se peut fort bien que Hugues de Payns et Hugues le Païen ne soient qu'une seule et meme personne ! En un mot, il se peut donc qu'il soit issu de la famille des Châtelains de Saint-Omer, et frère de Geoffroy.
Guillaume de Tyr qui fut le premier chroniqueur digne de foi, rapporte la création de l'ordre du temple à l'année 1118 dans son livre XII, chapitre VII.Il cite les fondateurs de l'Ordre du Temple : Hugues des Païens et Geoffroy de Saint-Omer . « Dans la même année, quelques nobles chevaliers, hommes dévoués à Dieu et animés de sentiments religieux se consacrèrent au service du Christ, et firent profession, entre les mains du patriarche, de vivre à jamais, ainsi que les chanoines réguliers, dans la chasteté, l'obéissance et la pauvreté. Les premiers et les plus distingués d'entre eux furent deux hommes vénérables, Hugues des Païens et Geoffroy de Saint-Omer .
Comme ils n'avaient ni église, ni résidence fixe, le roi leur concéda, pour un certain temps, un logement dans le palais qui est situé auprès du temple du Seigneur, du côté du midi... Lorsqu'ils firent leur première profession, il leur fut enjoint, par le seigneur patriarche et par les autres évêques, de travailler de toutes leurs forces et pour la rémission de leurs péchés, à protéger les routes et les chemins et de s'appliquer à défendre les pèlerins contre les attaques ou les embûches des voleurs et des maraudeurs. » Telle fut l'origine des chevaliers du Temple qui eurent pour premier maître Hugues des Païens, encore rapporté par Guillaume de Tyr lui-même, dans son chapitre vingt-sixième, livre XIII. C'est à ce même Hugues, prieur de la milice sainte, qu'est adressée la seconde lettre de Hugues, prévôt de la Grande-Chartreuse, et a qui Saint Bernard a dédié le livre suivant : il ne faut pas le confondre avec un autre Hugues qui fut comte de Champagne avant de se faire Templier, comme on le voit par la lettre trente et unième de Saint Bernard qui est adressée à ce dernier. Hugues des Païens, premier grand maître de la milice sainte, eut pour successeur en 1136, un soldat aussi distingué que brave, aussi noble par ses moeurs que par sa naissance, nommé Robert de Bourgogne, originaire d'Aquitaine, comme on peut le voir dans Guillaume de Tyr, livre XV, chapitre VI, qui parle encore de lui au commencement du livre XVII. Il paraît que ce fut Evrard qui succéda à Robert Pierre le Vénérable lui écrivit une lettre qui est la vingt-sixième du livre VI. Les historiens ne s'accordent pas sur la date où Saint Bernard écrivit cet opuscule. Il est certain pourtant qu'il le composa dans un temps où l'Ordre des Templiers était déjà puissant, comme le prouvent ces paroles : « Pendant que ces choses se passent à Jérusalem, l'univers entier sort de sa léthargie les îles écoutent, les peuples les plus lointains prêtent l'oreille, l'Orient et l'Occident bouillonnent, la gloire des nations déborde comme un torrent, on dirait un fleuve au cours impétueux qui réjouit la cité de Dieu. Mais ce qu'il y a de plus consolant et de plus avantageux, c'est que la plupart de ceux qu'on voit, de tous les pays, accourir chez les Templiers , étaient autrefois des scélérats, etc. » Or, avant le concile de Troyes, en 1127, les Chevaliers de l'Ordre du Temple n'étaient que deux, le reste de l'Ordre étant constitué de Croisés ( Cavaliers et hommes de pied ). Il n'est donc pas probable qu'il ait été écrit avant l'année 1132 mais il est certain qu'on en doit placer la date avant 1136, époque où Robert succéda à Hugues des Païens en qualité de grand maître.


Geoffroy de Saint-Omer ,
Geoffroy est né en fin d'année 1075 ou en début d'année 1076 à Saint-Omer il est le fils de Guillaume 1er de Saint-Omer. Avec ses deux frères Hugues et Gérard, il rejoint le "cortège de Godefroy de Bouillon" parti de Boulogne sur mer et retrouve ses amis, Godefroy de Bouillon (Godefroy de Bouillon né à Boulogne sur mer) et Baudouin (fils du comte Eustache de Boulogne sur mer) futur Roi de Jérusalem. Ce cortège grossira à chaque ville traversée, Saint-Omer ,Courtrai, Aix la Chapelle, Mayence, Ratisbonne, Vienne, Belgrade, Constantinople, Nicée, Dorylée, Komia, Césarée, Maras, Antioche, pour arriver enfin à Jérusalem. Il y aura 4 autres cortèges qui rejoindront celui de Godefroy de Bouillon à Constantinople :
celui de Robert de Courteheuse
celui de Bohémond de Tarente
celui de Hugues de Vermandois
celui de Raymond de Saint Gilles
Geoffroy fonde en 1118 avec Hugues l’Ordre du Temple. Dix ans plus tard, en 1128, il obtient du concile de Troyes, donc de Saint Bernard , un règlement et des statuts pour ses braves compagnons, la sécurité des voyageurs, l’effroi des brigands, et jette en Europe les bases de la prodigieuse puissance de cette milice héroïque. En 1127, geoffroy et plusieurs de ses compagnons fondent dans les faubourgs d’Ypres une commanderie, sur le territoire d’Upstal. On retrouve encore sa trace la même année à Rome, près du Pape Honorius III, chez lequel il était venu chercher du secours pour une nouvelle croisade. En 1129, Hugues de Payns se rend à la cour d’Angleterre où il est reçu de façon « étonnante », une explication à ce chaleureux accueil serait que les deux hommes étaient initiés dans le même Ordre d’Amus , qui octroie à l’Ordre des biens énormes (il est noté dans les sources anglaises « de grands trésors d’or et d’argent »). A son retour sur le continent, Hugues emmène à sa suite chevaliers anglais et flamands avant de rassembler les preux français et de rejoindre Marseille. Pendant ce temps, geoffroy a su convaincre sa famille de l’aider et c'est ainsi qu'il obtint pour l'Ordre la donation des redevances des Flandres de la part du comte Guillaume Cliton avec l’assentiment des barons normands et flamands. Cette tâche menée à bien il rejoint Hugues à Marseille.
Geoffroy fut nommé duc de Thèbes, et c’est dans cette contrée lointaine qu’il termina sa vie aventureuse.
De Geoffroy, il ne reste presque rien, hormis une loge maçonnique à l’Orient de Bruxelles, une autre à Renescure et une autre encore à Saint-Omer, ainsi qu’un grade maçonnique "Chevalier Kadosh".

C'est en observant l'Ordre de l'Hôpital, chargé de s'occuper de la santé des pèlerins venant d'Occident, que l’idée naquit de créer une milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (pauperes commilitones Christi Templique Solomonici) qui ne s'occuperait que de la protection de la communauté de chanoines du Saint-Sépulcre et des pèlerins sur les chemins de Terre Sainte, alors en proie aux brigands locaux.
Ainsi, les chanoines s'occuperaient des affaires liturgiques, l'ordre de l'Hôpital des fonctions charitables et la milice du Christ de la fonction purement militaire de protection des pèlerins. Cette répartition ternaire des tâches reproduisait l'organisation de la société médiévale, qui était composée de prêtres et moines (oratores, littéralement ceux qui prient), de guerriers (bellatores) et de paysans (laboratores).
Une institution similaire constituée de chevaliers, appelés chevaliers de Saint-Pierre (milites sancti Petri), fut créée en Occident pour protéger les biens des abbayes et des églises. Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières.
Par extension, les hommes chargés d'assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre, ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés milites sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-Sépulcre). Il est fort probable qu' Hugues de Payns intégra cette institution dès 1115. Tous les hommes chargés de la protection du Saint-Sépulcre logeaient à l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem situé tout près. L'Ordre du Temple, qui se nommait à cette époque militia Christi, prit naissance avec l'ambiguïté que cette communauté monastique réunit dès le départ les oratores et les bellatores. Cette milice fut reconnue en 1118 mais c'est le 23 janvier 1120, lors du concile de Naplouse que fut reconnue officiellement, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer , la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Solomonici), qui avait pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident, depuis la reconquête de Jérusalem et de défendre les États latins d'Orient. En 1129 au concile de Troyes l'Ordre recevra sa règle , et ses dignitaires pour chaque pays y seront nommés.
Dans un premier temps, Geoffroy de Saint-Omer porta tous ses efforts sur le défilé d'Athlit, un endroit particulièrement dangereux sur la route empruntée par les pèlerins. Par la suite, l'une des plus grandes places fortes templières en Terre Sainte fut construite à cet endroit « le château Pèlerin ».
Les chevaliers prononcèrent les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Ils reçurent du patriarche Gormond de Picquigny la mission de garder voies et chemins contre les brigands, pour le salut des pèlerins « ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latrones », pour la rémission de leurs péchés.
Le roi Baudouin 1er leur octroya une partie de son palais de Jérusalem, à l'emplacement du Temple de Salomon , qui donna par la suite le nom de Templiers ou de chevaliers du Temple. Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer ne furent pas les seuls chevaliers à avoir fait partie de la milice avant que celle-ci ne devienne l'ordre du Temple. L'ordre du Temple bâtira en 2 siècles, et dans tout l'Occident un important réseau de commanderies ( plus de 9000 en France en 1307 ), comme celles du Larzac etc.

Dès sa création l'Ordre bénéficie de soutiens multiples et variés

Dès sa création, l’Ordre du Temple bénéficie d’avantages matériels considérables et de toutes sortes d’appuis comme par exemple celui de :
Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, né en 1090 à Fontaine-lès-Dijon et mort le 20 août 1153 à l'abbaye de Clairvaux, est un moine français, réformateur de la vie religieuse. Directeur de conscience et important promoteur de l'ordre cistercien (ou ordre de Cîteaux), il recherche par amour du Christ la mortification la plus dure. Bernard de Fontaine fait preuve, toute sa vie, d'une activité inlassable pour instruire ses moines de Clairvaux, pour émouvoir et entraîner les foules, pour allier son ordre avec la papauté et pour élaborer une idéologie militante que son ordre et toute l'église catholique mettront en œuvre. C'est aussi un conservateur, qui réagit contre les mutations et les excès de son époque (la « renaissance du XII ème siècle »), marquée par une profonde transformation de l'économie, de la société et du pouvoir politique. Il joue un rôle dans la transposition de la croisade en guerre sainte contre les cathares. Mort en 1153, il est canonisé dès 1174 et devient ainsi saint Bernard de Clairvaux .
saint bernard de clairvaux père de l'ordre du Temple Saint Bernard qui édicte sa règle, et celui du Pape Honorius II qui lui permet d’être indépendant de la hiérarchie de l’Eglise. Respectant les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, l’Ordre se développe rapidement en Occident. Les donations faites par les familles nobles, mais également le talent à faire fructifier les terres et les biens légués ou achetés confèrent à l’Ordre une grande prospérité. Ainsi donc, pendant un siècle les Chrétiens défendus par les Templiers occuperont le proche orient tant bien que mal, mais les choses vont se gâter dès l'année 1250.

Début de la fin pour les Chrétiens des Etats Latins d'Orient

Dès 1250, les Rois et Seigneurs occidentaux se résignèrent à abandonner les Etats Latins, car trop éloignés ils étaient trop coûteux à défendre. A partir de l'année 1250 les recrues n'arrivant qu'au compte-gouttes au proche orient, l'aventure orientale était condamnée. Les Rois et Seigneurs se désengagérent progressivement de ce bourbier, abandonnant les Chrétiens d'Orient en général et les Templiers en particulier, à leur triste sort. Ces derniers résisteront encore tant bien que mal pendant 4 décennies en acceptant des trèves toujours plus humiliantes. Au début de l'année 1291, la population valide de Saint-Jean-d’Acre s'élevait en tout à 35 000 personnes selon les historiens. D'après Rohrhicht les hommes en état de combattre à Saint-Jean-d’Acre étaient au début du siège au nombre de 14 000, dont 800 chevaliers et 13 000 hommes de pied. D'après M. de Mas Latrie il y avait assemblés à ce moment à Saint-Jean-d’Acre environ 2 000 à 3 000 chevaliers et 18 000 hommes de pied, plus 2 000 ou 3 000 écuyers, sergents ou turcopoles. Tous les barons d’Outre-mer et leurs gens, les hommes valides venus de Tripoli et des autres villes chrétiennes reconquises récemment par les musulmans, les maisons militaires, enfin les croisés arrivés depuis la proclamation de la guerre et les soldats tenant garnison à Saint-Jean-d’Acre aux frais des rois de France et d’Angleterre, tous occidentaux, désignés sous le nom habituel des 'gens de la Croisade'.
D'après Rohrhicht, si des forces aussi faibles parvinrent à opposer durant plus de quarante jours une résistance aussi énergique à l’énorme armée ennemie, c'est grâce non seulement au courage des défenseurs qui luttaient en désespérés, mais aussi à la résistance et à la perfection des ouvrages de défense qui formaient autour de Saint-Jean-d’Acre une double et magnifique ligne de circonvallation faisant de cette ville la plus redoutable forteresse d’Orient. En Mai 1291 les Templiers qui se battent désormais à 1 contre 10, sont définitivement défaits lors du siège de Saint-Jean-d’Acre, le grand maitre Guillaume de Beaujeu y laisse sa vie. Face aux 60 000 cavaliers et aux 160 000 fantassins musulmans les Templiers subiront une déroute qui marquera la fin des Croisades et la perte des états latins. Les Templiers qui ne sont pas exterminés se replient à Chypre, puis regagnent leur royaume d'origine.

Rappel de la puissance financière des Templiers.

le Trésor royal est au Temple de Paris (situé un peu au sud de l'actuelle place de la République) et ce sont des Templiers qui le gèrent, d'ailleurs fort bien. le « trésor » qui était au Temple a été séquestré par Philippe le Bel au moment de la suppression de l'ordre. On sait ce qu'il est devenu puisque le roi l'a ensuite remis à l'Hôpital après déduction des frais de garde qui semblent avoir été équitablement mesurés, les représentants du pape y ayant particulièrement veillé. Cela dit, le gros de la fortune de l'ordre n'était pas constitué par son encaisse. Si son chiffre d'affaires était considérable, si ses biens fonciers étaient importants, quoique moindres que ceux des bénédictins de Cluny, son encaisse n'était pas d'une grande ampleur.

Étaient-ils des affairistes ?

Ils ne l'étaient pas parce qu'ils pratiquaient de la banque simple : des paiements, des transferts, des prêts, des mouvements qui n'étaient en rien comparables à ceux qu'effectuent dans la même France du début du XIV ème siècle les grands hommes d'affaires de Sienne et de Florence. Biche et Mouche, les frères Albizzo et Musciatto Guidi dei Franzisi, les deux génies de la finance de Philippe le Bel, étaient, eux, de véritables brasseurs d'affaires. Pas les Templiers : ils n'investissaient pas, ils ne se lançaient pas dans un négoce à vaste échelle, ils ne faisaient pas, si l'on peut dire, de capitalisme actif. Or, c'est du grand négoce qu'est née la grande banque, à l'image des compagnies toscanes que l'on voyait conclure des contrats à cette époque sur les foires de Champagne ou sur la place de Paris. Les Templiers ne tenaient pas non plus auprès du roi le rôle de conseillers monétaires, qui était celui des changeurs, des vrais techniciens de la monnaie.
Très rapidement les Templiers se sont enrichis, à l’image de leur bourse qui a prit de l’ampleur avec le temps, leur notoriété prit le même chemin. Très vite ils se sont retrouvés à prêter de l’argent aux rois, et même au pape en personne ! Ajouté à cela, les biens immatériels et matériels récupérés sur les dettes non-payées sur les paysans ayant perdu la vie en pèlerinage. Plus le fait que chaque Templier souhaitant rejoindre l’ordre se devait de lui faire un don (la très grande majorité des Templiers étaient issus de la basse et de la moyenne noblesse), et vous comprenez quelle a pu être la puissance des Templiers sur son temps. A propos des banquiers du moyen âge, n’oublions pas que les Templiers ne furent pas les seuls dans ce domaine d’activité, puisque les banquiers florentins et vénitiens exerçaient déjà avant les Templiers, à la différence que ces derniers n’exerçaient que dans leur ville et rarement au-delà, avec une seule et unique monnaie. Les Templiers, eux, ont repris cette idée pour l’appliquer à plus grande échelle à une grande partie de l’Europe, soit au monde méditerranéen de l’époque médiévale, en inventant au passage le fameux billet de banque ! Ce papier était remis au pèlerin, au départ de Paris (par exemple) sur lequel était indiqué que ledit pèlerin a déposé une somme X au Temple de Paris, et que par conséquent ce billet de banque autorise ce même pèlerin a récupérer la somme X une fois arrivé au Temple de Jérusalem. Ne serait-ce que par leur système financier, les Templiers étaient véritablement un pont entre l’orient et l’occident. Les Templiers importèrent d’Orient énormément de techniques aussi bien bancaires, commerciales, qu'architecturales. Le système bancaire mis en place par les Templiers était fait pour transférer des fonds de l’Occident à l’Orient, non l’inverse. C’est à cet effet qu’a servi l’importante flotte navale dont disposaient les Templiers.
La perte de la terre sainte, avec la défaite de Saint-Jean d’Acre en 1291, fut un coup terrible porté à l’Ordre du Temple. Paradoxalement depuis leur éviction des états latins en 1291 les Templiers n'ont jamais été aussi riches , car l'administration des 9000 domaines qui rapportait l'argent nécessaire à l'entretien d'une armée Templière au Proche Orient était désormais toute dévolue au trésor du Temple. A Paris, à Londres les Templiers gèrent les fonds royaux et privés qu’ils ont reçus en dépôt. Pendant ce temps les Cathares sont pourchassés impitoyablement par le roi dans tout le grand Sud de la France .

La tour du Temple de Paris.

La Tour du Temple reconstituée Cette tour abrite le trésor royal. Leur puissance, leur rôle en Terre Sainte et la symbolique spirituelle très complexe de l’Ordre sont sans doute à l’origine de la fascination mais aussi des spéculations les plus folles au cours des siècles. En 1306 le roi Philippe le Bel est agressé par le peuple de Paris lors de l'une de ses sorties, et il ne doit son salut que parce qu'il se réfugie au Temple de Paris. Loin d'être reconnaissant envers les Templiers qui l'avaient sauvé d'un lynchage par le peuple, cette humiliation décuple sa haine à l'encontre de ces derniers, dans un premier temps il leur demandera un prêt de 300 000 florins d'or pour remédier au déficit chronique du royaume. Hugues de Pairaud accorde ce pret à fonds perdus sans en référer au grand maitre. Jacques de Molay ne s'appercevra de cette trahison d'Hugues de Pairaud que pendant la préparation de la nouvelle croisade en épluchant les comptes de l'Ordre. Il démet de ses fonctions le trésorier Jacques de la Tour et l'expulse du Temple. A l'annonce de cette nouvelle le roi est furieux, et le trésorier Jacque de la Tour s'en remet à l'arbitrage du Pape. Convoqué par le Pape Jacques de Molay a la surprise de voir Jacques de la Tour aux cotés du Pape, et durant cette entrevue le Pape lui signifiera qu'il ne comprend pas son refus de fusionner le Temple avec l'Hopital, il lui fera part également des graves rumeurs qui courrent sur l'Ordre du Temple, et enfin lui ordonnera de réintégrer le trésorier du Temple à son poste. Jacques de Molay est abasourdi , anéanti par cette entrevue, quand il quitte le Pape il pressent que l'Ordre est menacé et il organise de suite la mise en lieux sûrs des archives et du Trésor de l'Ordre. Dès Janvier 1307, Jacques de Molay arrete ses préparatifs pour une nouvelle croisade (notamment les tractations secrètes avec les Mongols) . Jacques de Molay et les dignitaires du Temple consacreront dès lors leur temps à préparer leur défense pour contrer les attaques ignobles des hommes du roi Philippe le Bel et d'une partie du Clergé. Jacques de Molay ne prendra toutefois pas la mesure de la gravité des faits qui sont reprochés aux Templiers, et croira jusqu'a la fin que le Pape protégerait l'Ordre de la cupidité du roi de France. C'est en Octobre 1307 que Jacques de Molay se rendra à l'évidence : "l'Ordre courait un grave danger !".
Au tout début d'Octobre 1307 Gérard de Villiers maitre du Temple en france, Hugues de Chalon et une centaine de Templiers (Chevaliers et Ecuyers) quittent le Temple à la faveur d'une journée très pluvieuse avec de nombreuses charettes, ce convoi se divise en deux, l'un se dirige vers La Rochelle ou ils embarqueront dans 9 bateaux du Temple pour le Portugal. L'autre se dirige vers Boulogne ou ils embarqueront dans 9 bateaux du Temple pour l'Angleterre, puis l'Ecosse.
(Archives du Vatican - interrogatoires menés par les notaires du Pape en 1308) (Liste des Templiers fuyards - Bibliothèque Nationale de France)

Une extermination de l'Ordre minutieusement planifiée

Nous connaissons tous ce proverbe : "quand on veut se débarrasser de son chien on dit qu'il a la rage" , le roi de France va donc s'attacher avec l'aide du clergé à ternir la réputation des Templiers (de 1294 à 1303), puis la cabale montée contre le Temple portera ses fruits, les Templiers seront perçus par le peuple comme des monstres hérétiques (de 1303 à 1307). En 1307 le roi avait réussi son coup il avait accrédité dans la population l'idée que les Templiers étaient devenus des enragés ! Il ne restait plus désormais à ce roi qu'à se débarrasser de ces chiens enragés !
La réussite des Templiers avait fini par susciter au cours des décennies convoitises et jalousies. Leur retour en France ne fit qu'accentuer leur puissance, ce qui généra une grande peur tant du côté de la couronne de France que du clergé. Jacques de Molay sourd aux injonctions du roi Philippe IV le Bel, concernant la fusion des Ordres de l'Hopital et du Temple ne fit que renforcer la rage de ce Roi cupide. Pas un instant Jacques de Molay n'a cru que le Temple serait abandonné par la Papauté tant il est vrai que le Temple avait été un serviteur zélé de la Chrétienté. Jacques de Molay en homme loyal respectait ses engagements et n'obéissait qu'au Pape, il ne s'apperçu pas de suite que les roues de l'histoire avaient tournées. Il s'en appercevra trop tard pour espérer retourner la situation en sa faveur.

Machination ourdie par Philippe le Bel avec la bénédiction du clergé

Philippe le Bel s'appliquera donc à forger au cours de cette fin du XIII ème siècle une image négative des Templiers, représentés comme des hommes arrogants et avares. Philippe le Bel , roi de France, veut faire d'une pierre deux coups : apurer ses dettes vis à vis de l’Ordre, et s'en approprier les richesses.

Qui était vraiment ce roi ?

Le désaccord entre la monarchie et la papauté éclata sur une question d'argent, car Philippe n'acceptait pas que les revenus de l'Eglise de France aillent grossir le trésor du pape en Italie. En 1296, Philippe impose une taxe au clergé. Le pape riposte et menace le roi de France d'excommunication. En 1302, Philippe réunit pour la première fois l'assemblée des Trois Etats (ancêtre des états généraux), il réclame alors la déposition du pape par un concile. Le conflit atteignit son point culminant en 1303, Guillaume de Nogaret arrêtant le pape Boniface VIII. Après la mort du pape Benoît XI, Philippe le Bel fit élire l'archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, qui devint pape en 1305 sous le nom de Clément V et qui s'installa à Avignon en 1308. Ses successeurs y resteront jusqu'en 1376. De cette manière, le roi parvint à placer l'Eglise sous la dépendance de la couronne de France et à détacher l'influence papale sur les rois chrétiens.


L'épisode d'Anagni !

En 1303, Philippe le Bel décide alors, sur conseil de Guillaume de Nogaret, de faire arrêter le Pape. Ce dernier se rend dans la petite ville d'Anagni où le Pape séjournait, il somme alors le pontife de le suivre à Lyon. Boniface VIII se serait défendu ainsi : "Voici ma tête ! Moi, légitime vicaire du Christ, je souffrirai d'être condamné, déposé et même martyrisé pour la liberté de l'Église" en traitant Guillaume de Nogaret de "fils de Cathare". Une légende probablement fausse prétend que Nogaret aurait même giflé le pape. Les assaillants sont cependant contraints de quitter la ville au bout de deux jours sous la pression populaire. Mais profondément humilié, Boniface, déjà âgé de 60 ans mourut un mois plus tard.

Les difficultés financières du roi !

A mesure que les années passaient, les besoins financiers de Philippe le Bel s'accroissaient. Se procurer des ressources nouvelles devenait pour lui une obsession. Ce n'était pas si simple à la vérité, car le roi était loin de faire ce qu'il voulait. La petite noblesse provinciale et les bourgeoisies urbaines acceptaient mal que les agents royaux vinssent empiéter sur leurs droits. On ne pouvait dans ces conditions tabler sur des revenus réguliers et les emprunts ne parvenaient pas toujours à combler le déficit qui se creusait au fil du temps. Il eut donc souvent recours à des moyens expéditifs, la dévaluation de la monnaie par exemple. Celle qui fut décidée en 1306 eut pour conséquence directe le triplement des loyers parisiens. Furieux, le peuple de Paris se souleva. Le roi dut se réfugier dans la tour du Temple, et le Conseil, réuni en urgence, décida « que les loyers continueraient d'être payés à leur ancien prix. » Le souverain en était quitte pour trouver de l'argent ailleurs. Il s'en prit donc aux juifs d'abord, en les extorquant d'une manière extravagante. Mais comme sa cupidité était sans bornes il décida de s'en prendre ensuite aux Templiers.

La contestation de l'ordre

Après la huitième croisade et la mort de Saint Louis, les positions Franques en Terre Sainte passent définitivement aux mains des Musulmans, en dépit de la résistance héroïque des Templiers au cours du siège de Saint-Jean d'Acre en 1291. Très vite, l'Ordre perd de vue la reconquête des Lieux Saints et la plupart des moines soldats se sont reconvertis en banquiers. Il faut dire que les nombreuses donations ont rendu l'Ordre très riche. Le Temple gére les biens de l'Eglise et des rois d'Occident, et, l'opinion commence à s'interroger sur la légitimité de cet Ordre. L'humilité et la pauvreté ont fait place à l'arrogance. Philippe le Bel, en conflit avec la papauté et en quête de fonds, est frustré de voir sur son royaume ces chevaliers exempts d'impôts et dépendants uniquement du Pape. Depuis longtemps déjà, on parle d'une fusion du Temple avec l'ordre concurrent des Hospitaliers, afin d'obtenir une force suffisante pour lancer une nouvelle croisade. Mais le Grand Maître Jacques de Molay s'y oppose.

Le procès des Templiers

Les lettres d'arrestation furent scellées le 14/09/1307, elles ordonnaient à tous les baillis et sénéchaux d'arreter tous les Templiers de leur circonscription. Le 22/09/1307 Guillaume de Paris inquisiteur et confesseur du roi faisait parvenir des réquisitions à tous les baillis et sénéchaux pour arreter tous les Templiers.
A l'aube du Vendredi 13 octobre 1307, à la demande de Philippe le Bel, Guillaume de Nogaret conduit une véritable rafle policière. Les sénéchaux et les baillis arrêtent les 140 Templiers de Paris. Ils sont remis aux inquisiteurs dominicains, qui les font avouer sous la torture, des crimes tels que la sodomie ou la profanation de la croix. Le roi, a atteint son but. Le pape y voit une offense à son pouvoir, mais on lui présente bientôt plusieurs chevaliers qui lui font la description des crimes commis par le Temple. Pour les défenseurs de l'Ordre, il est évident que ces aveux ont été arrachés sous la torture. Clément V usera de toute ses prérogatives pour sauver l'Ordre et ses dignitaires, il rédigera de sa main en 1308 le Parchemin de Chinon qui dédouanne les dignitaires de l'Ordre du Temple, mais seul face à Philippe le Bel, et usé, il finira par abandonner les Templiers.
En 1312, Clément V ordonne la suppression de l'ordre . Les biens des Templiers sont transférés aux Hospitaliers, et le roi Philippe parvient à y gagner une part non négligeable. Après sept ans d'emprisonnement, le Grand Maître Jacques de Molay et Geoffroy de Charnais sont condamnés au bûcher au terme d'un procès inique. La légende veut qu'à l'instant de succomber sous les flammes, Jacques de Molay lance une malédiction au pape et au roi, les invitant à le rejoindre dans la mort dans l'année. La malédiction allait s'avérer, Clément V meurt un mois plus tard, Philippe le Bel décéde huit mois plus tard.

L'obsession du Roi dans son projet d'exterminer les Templiers

En 1305, les rumeurs s’amplifient et l’on accuse cet ordre militaire de faits très graves : hérésie, idolâtrie et même, de sodomie (accusation entrainant toujours la peine de mort au moyen âge). Les lettres d'arrestation furent scellées le 14/09/1307, elles ordonnaient à tous les baillis et sénéchaux d'arreter tous les Templiers de leur circonscription. Le 22/09/1307 Guillaume de Paris inquisiteur et confesseur du roi faisait parvenir des réquisitions à tous les baillis et sénéchaux pour arreter tous les Templiers.

L'idée de détruire l'Ordre du Temple occupe l'esprit du roi Philippe IV le Bel depuis longtemps, mais ce dernier manque d'inspiration. C'est Guillaume de Nogaret qui réglera ce problème avec l'aide d'un ancien Templier renégat : Esquieu de Floyran. Selon la thèse officielle, Esquieu de Floyran, prieur de Montfaucon, était emprisonné pour meurtre et partageait sa cellule avec un Templier condamné à mort qui se confessa à lui, lui avouant le reniement du Christ, les pratiques obscènes des rites d'entrée dans l'ordre et la sodomie. Esquieu de Floyran n’ayant pas réussi à vendre ses rumeurs à Jacques II d'Aragon, y aura plus de succès en 1305 auprès du roi de France. Guillaume de Nogaret paye par la suite Esquieu de Floyran afin de diffuser au sein de la population les idées de « reniement du Christ et crachat sur la croix, relations charnelles entre frères, baisers obscènes exercés par les chevaliers du Temple ». Jacques de Molay, au courant de ces rumeurs, demande une enquête pontificale à Clément V. Ce dernier la lui accorde le 24 août 1307. Philippe le Bel, pressé, n'attend pas les résultats de l'enquête et prépare l'arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise. Par le mandement du 14 septembre 1307, les sénéchaux et baillis, reçoivent ordre de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des Templiers ainsi qu'à leur arrestation massive en France au cours d'une même journée, le vendredi 13 octobre 1307. L'ordre est également donné de ne rien divulguer de cette opération avant le jour prévu. L'ordre d'arrestation précise les charges qui pèsent contre l'ordre. Le roi y écrit ne pas y avoir cru dans un premier temps, mais que la profusion des témoignages l'obligeait à enquêter : « Une chose amère, lamentable, assurément horrible à penser, terrible à entendre, un crime détestable, un forfait exécrable, un acte abominable, une infamie détestable, une chose tout à fait inhumaine, bien plus, étrangère à toute humanité, a, grâce au rapport de plusieurs personnes dignes de foi, retenti à nos oreilles. Les frères de l'ordre de la chevalerie du Temple, cachant le loup sous l'apparence de l'agneau et, sous l'habit de l'ordre, insultant misérablement la religion de notre foi, ils s'obligent, par le vœu de leur profession et sans crainte d'offenser la loi humaine, à se livrer l'un à l'autre, sans refuser, dès qu'ils en seront requis. Attendu que la vérité ne peut être pleinement découverte autrement, qu'un soupçon véhément s'est étendu à tous, nous avons décidé que tous les membres dudit ordre de notre royaume seraient arrêtés, sans exception aucune, retenus prisonniers et réservés au jugement de l'Église, et que tous leurs biens, meubles et immeubles seraient saisis, mis sous notre main et fidèlement conservés. »
Il faut ajouter également que cette arrestation est prise en violation du droit canon, car les Templiers n'ont pour seule autorité que le pape. Le pape est donc entièrement tenu à l'écart de la décision d'arrêter les Templiers, ce qui constitue une violation de ses prérogatives, contre lesquelles d'ailleurs la royauté française mène une importante lutte depuis le début du règne de Philippe le Bel. Ceci n'empêchera pas le roi de France par la suite de prétendre avoir eu l'accord du pape au préalable, ce que Clément V niera ensuite dans une lettre de protestation écrite au roi à la fin octobre. La veille de l'arrestation, le 12 octobre 1307, Jacques de Molay assiste, à une place d'honneur, aux funérailles de Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Valois, le propre frère du roi. S'il a été mis au courant du projet, il n'en a rien montré, car il estime sans doute que la fuite n'arrangerait pas les problèmes de l'ordre, surtout au moment où lui-même avait réclamé une enquête auprès du pape. C'est ainsi qu'aucune mesure n'est prise par l'ordre pour éviter l'arrestation. Les admissions dans l'ordre n'ont d'ailleurs pas cessé au cours du mois précédent. Au matin du 13 octobre 1307, Guillaume de Nogaret et des hommes d'armes pénètrent dans l'enceinte du Temple de Paris où réside le maître de l'ordre Jacques de Molay. À la vue de l'ordonnance royale qui justifie cette rafle, les Templiers se laissent emmener sans aucune résistance. Un scénario identique se déroule au même moment dans toute la France. La plupart des Templiers présents dans les commanderies sont arrêtés. Ils n'opposent aucune résistance. Quelques-uns réussissent à s'échapper avant ou pendant les arrestations. Les prisonniers sont enfermés pour la plupart à Paris, Caen, Rouen et au château de Gisors. Tous leurs biens sont inventoriés et confiés à la garde du Trésor royal. Le nombre des personnes arrêtées est difficile à préciser, car les documents ne les recensent pas avec précision. Les procès-verbaux des interrogatoires de la fin octobre indiquent 138 membres de l'ordre arrêtés à Paris, ainsi que 94 en province. La commission pontificale de 1310-1311 interrogea 231 Templiers, et on en compte 564 détenus dans une trentaine de lieux en 1310.

Esquieux de Floyran participa avec le moine Guillaume Robert aux tortures administrées aux Templiers incarcérés à Paris. Avec Noffo Déi, ils propagèrent contre l’ordre les pires calomnies, le chroniqueur Florentin 'Giovanni Villani' qualifie Esquieu de Floyran "d’homme de mauvaise vie", ce dernier n’oublie pas non plus d’être vénal car après l’arrestation des Templiers par le roi de France, il écrivit à Jacques II d’Aragon, une lettre qui démontre ses motivations sordides. Dans cette lettre, il se revendique comme étant l’homme qui a dévoilé au Roi de France les agissements des Templiers, et, sans vergogne il interpelle le Roi d’Aragon comme suit "Mon seigneur, souvenez-vous que vous m’avez promis quand j’ai quitté votre chambre à Lérida que si les agissements des Templiers se révélaient véridiques, vous-même me donneriez 1000 livres de rente et 3000 livres sur leurs biens". Quant à Noffo déi, Villani le dit rempli de tous les vices. Esquieu de Floyran finira poignardé et Noffo Déi, pendu. C’est donc en se reposant sur les dénégations de ces deux personnages dénués de tout sens moral que l’on a assassiné des innocents et détruit l’ordre des "Pauvres chevaliers du Christ et du temple de Salomon".
Le vendredi 13 octobre 1307 se déroula l’arrestation en masse des Templiers qui furent ensuite emprisonnés et jugés. Cette opération fut La plus extraordinaire « OPERATION DE POLICE » de tous les temps. Le procès durera près de sept ans et, un à un dans toute la France, sous les tortures prodiguées par les hommes de main du roi dirigés par le cupide et zélé Guillaume de Nogaret, les Templiers finissent par avouer sous la torture les crimes qu'on leur impute.
Guillaume ou Guilhem de Nogaret
Chancelier de France, né vers 1260, à Saint-Félix-de Caraman (Haute Garonne), mort en avril 1313. Docteur et professeur és-lois à l'université de Montpellier (1291), il fut anobli par Philippe le Bel, à qui il se dévoua corps et âme, et qui le nomma chevalier de son hôtel. Lors de la querelle du roi avec Boniface VIII, ce fut lui qui accompagné de Sciarra-Colonna arrêta le pape à Anagni (1304). Il fut encore dans l'arrestation des juifs du Languedoc (1306) l'instrument du roi, qui le nomma (1307) garde des sceaux puis (1308) chancelier. Guillaume de Nogaret fut professeur de droit romain à l'université de Montpellier puis conseiller juridique de divers seigneurs, et notamment du roi de Majorque. Entré au service de Philippe le Bel vers 1292, il s'entremit lors de l'achat par le roi de la part qu'avait dans la seigneurie de Montpellier l'évêque de Maguelonne, puis fut juge-mage de la sénéchaussée de Beaucaire (1294), conseiller du roi (1295) et garde du sceau (1307). Il dirigea en fait la politique royale après la mort de Pierre Flote (1302). Le roi l'anoblit par lettres dès 1299. La part la plus importante de son action politique est peut-être l'oeuvre quotidienne pour la défense, la préservation, la définition, voire l'extension des droits du roi à l'intérieur de son propre royaume. C'est le légiste du roi, il s'y montra intransigeant et efficace, mais n'y conquit guère de popularité. On connaît davantage son rôle dans la lutte contre Boniface VIII et dans l'affaire des Templiers. Contre le pape, il infléchit la ligne politique de Flote, qui défendait contre le Saint-Siège le droit du roi à être maître dans son royaume, donc maître de son clergé pour Nogaret, il s'agit surtout de défendre l'Eglise et le royaume contre un pape indigne venu à la curie pour notifier à Boniface VIII un appel devant le futur concile — qui annulait toute sentence que pourrait rendre le pape contre le roi — et placer la personne du pape sous l'autorité de l'appelant, Nogaret se trouva mêlé au tumulte déclenché par une faction romaine (Anagni, 7 sept. 1303) et, par là, compromis avec les fauteurs de violence. Le pape mort, il entretint une lutte de plus en plus vaine contre la mémoire de celui-là il multiplia les écrits pour se justifier, ce qui contribua à associer son nom au souvenir de l'attentat d'Anagni. Il fut implicitement inclus dans l'absolution négociée en 1311. L'affaire du Temple lui avait également servi de moyen de pression sur la papauté. Nogaret fut le premier homme d'Etat français qui fit appel à l'opinion publique, convoqua systématiquement des assemblées, fit répandre des pamphlets et lança des campagnes de pétitions. L'offensive de 1303 contre Boniface est un modèle du genre. Mais Nogaret demeura souvent à l'arrière-plan, faisant parler ses hommes de confiance, parmi lesquels Guillaume de Plaisians. C'est ce dernier qui harangua la foule dans les jardins du palais et qui prit part à l'interrogatoire des Templiers. Nogaret mourut alors que la prépondérance dans la gestion des affaires du royaume était déjà passée au très réaliste Enguerrand de Marigny.


Avant de poursuivre le récit de cette tragique histoire, et pour ceux qui ne sont pas encore familiarisés avec les Templiers, je reprendrai quelques citations du dernier ouvrage d'Alain DEMURGER ( spécialiste de l'histoire Médiévale ).

Le 13 Octobre 1307 les Templiers sont arrétés et interrogés par les agents Royaux et les Inquisiteurs. Nous disposons des procès verbaux pour les villes de Paris Caen Cahors Carcassonne Nimes. Le Pape n'a à aucun moment été informé de l'action menée par les représentants du Roi. Il proteste et réagit en ordonnant le 22 Novembre 1307 l'arrestation des Templiers en Occident et à Chypre. Il espére ainsi reprendre la main ! Dès lors après une dure confrontation avec Philippe IV le Bel il obtient l'autorisation d'interroger 72 Templiers (Procès Verbaux conservés au Vatican). Il fait ensuite accepter 2 procédures :
l'une contre les personnes, l'autre contre l'Ordre.
La première sera menée par les commissions épiscopales et les inquisiteurs dans les diocèces
La seconde sera menée dans les états par des commissions pontificales nommées par le Pape .
Tout ceci aboutira à une première phase de jugement dans le cadre de conciles provinciaux(archevéchés) pour les personnes et dans celui d'un concile oeucuménique pour l'ordre. Nous disposons dans les archives Françaises des enquétes diocésaines de Clermont (juin 1309), Nimes (aout 1310-1311), Elne en Roussillon (qui fait alors partie du royaume de Majorque), une autre incomplète (pas de dates pas de lieux) concerne vraisemblablement le Dauphiné et la Provence (régions non encore intégrées au royaume de France). Hors de France les deux procédures ont été menées parallélement à partir de 1310 et nous disposons des comptes rendus d'interrogatoires pour Chypre l'Angleterre l'Italie les royaumes Ibériques l'Allemagne.
Pour ce qui est de la fiabilité à accorder à ces dépositions il convient de préciser que :
1 - la torture au moyen-âge faisait partie de l'arsenal judiciaire et, elle fut systématiquement employée à l'encontre des Templiers.
2 - si les interrogatoires menés par la comission pontificale de paris concernent 224 Templiers ils furent plus de 650 à vouloir défendre l'ordre .
Cette résistance des Templiers fut brisée net par le coup de force de l'archeveque de sens (dont dépendait Paris). Ce dernier réunit un concile provincial le 11 mai 1310 et jugea les Templiers de sa province, le 12 mai 1310 54 Templiers étaient brulés vifs comme relaps. Le 19 mai 1310 44 Templiers (sur plus de 650) se desistaient de la défense de l'Ordre. Les dépositions de ces 44 Templiers ont été conservées, pas celles des 600 Templiers qui continuérent à défendre l'Ordre. Il convient donc pour se faire une idée sur "la culpabilité des Templiers" d'avoir toujours à l'esprit la façon dont furent menés ces interrogatoires.
Source : La persécution des Templiers -pages 14:15-(Alain Demurger)


Enfin, je ne résiste pas à l'envie de vous brosser le portrait d'un anonyme qui contribua (comme beaucoup d'autres) à détruire l'Ordre du Temple. Je vous invite donc à lire l'histoire du triste sire "GUILLAUME DE HANGEST" racontée par notre ami Claude-Clément Perrot Président du Centre de recherche et de documentation médiévales et archéologiques de Saint-Mammès.
UN PERSONNAGE PEU HONORABLE : GUILLAUME DE HANGEST
Nous avons relaté dans la Revue de Moret et de sa Région, l’histoire du trésor Templier, qui fut récupéré à Moret, en 1307, par Guillaume de Hangest, « bailly de Sens ». Le bailli a des pouvoirs étendus en matière militaire, financière et judiciaire. Il centralise les taxes et les redevances perçues par les prévôts, il préside le tribunal du bailliage. Un bailliage est une circonscription administrative, subdivisée en prévôtés et châtellenies. Les Hangest, originaires de Picardie, étaient seigneurs de Pont Saint-Pierre, ils portaient d’argent à la croix de gueule chargée de cinq coquilles d’or. C’est d’un village proche d’Amiens qu’ils tirent leur nom. On pourrait dire de Guillaume de Hangest qu’il réussit, dans l’entourage de Philippe IV le bel, et que, comme c’est souvent le cas, il fit partie de ceux qui gravitent autour des pouvoirs et s’élèvent par un manque flagrant de scrupules et de dignité. En 1269, on le trouve comme bailli du Vermandois. Il devient ensuite prévôt de Paris, de 1292 à 1295. Vers 1300, il occupe la charge importante de trésorier du royaume. A cette époque, il entretient d’étroites relations avec la commanderie du Temple de Paris, à qui le trésor royal est souvent confié. En 1305, c’est lui qui lance une enquête contre l’évêque Guichard de Troyes, accusé de proximité avec une sorcière et d’avoir provoqué la mort de la reine Jeanne de Navarre, au moyen d’une figurine de cire à son image, baptisée et plantée d’épingles. Dans cette affaire, le bailli se servira d’un accusateur faux témoin, un scélérat florentin du nom de Noffo Dei. Guichard, incarcéré en 1308 ne sortira de la prison du Louvre qu’en 1313, on lui attribua le siège du Diakaar, en Bosnie, qu’il n’occupa jamais. Sa mort survint en 1317. Serviteur zélé du roi, Guillaume de Hangest se trouve en 1306, mêlé à des opérations douteuses liées à l’expulsion et à la spoliation des juifs. Après l’arrestation des Templiers, le 13 octobre 1307, c’est en qualité de bailli de Sens, qu’il intervient dans la châtellenie de Moret, pour récupérer le précieux coffret que les Templiers Hugues de Payraud et Pierre Gaude tentent de dissimuler à l’avidité royale. Nous savons que, dans le procès fait à l’ordre, Guillaume de Hangest et un autre personnage peu recommandable, Esquieu de Floyrans, se servirent à nouveau du faux témoin, Noffo Dei, déjà impliqué dans l’affaire « Guichard de Troyes », en présentant celui-ci comme un Templier apostat. On se souviendra aussi que le 11 Mai 1310, cinquante quatre Templiers du diocèse de Sens criant à tous leur innocence, furent envoyés au bûcher dressé près de la porte Saint-Antoine, à Paris, suite aux manœuvres du nouvel archevêque de Sens, Philippe de Marigny, infâme créature de Philippe le bel. Guillaume de Hangest était bailli de ce diocèse, on peut s’interroger sur la collusion qu’il y eut entre le bailli et l’archevêque pour l’accomplissement de ce crime. Sept siècles après sa disparition, l’Histoire rattrape le bailli, et le livre à votre jugement. Comme quoi un méfait n’est jamais perdu. L’Histoire en rattrapera sûrement d’autres.


Principaux accusateurs des Templiers : les sbires du Roi de France

Guillaume de Nogaret
Chancelier de France, né vers 1260, à Saint-Félix-de Caraman (Haute Garonne), mort en avril 1313. Docteur et professeur és-lois à l'université de Montpellier (1291), il fut anobli par Philippe le Bel, à qui il se dévoua corps et âme, et qui le nomma chevalier de son hôtel. Lors de la querelle du roi avec Boniface VIII, ce fut lui qui accompagné de Sciarra-Colonna arrêta le pape à Anagni (1304). Il fut encore dans l'arrestation des juifs du Languedoc (1306) l'instrument du roi, qui le nomma (1307) garde des sceaux puis (1308) chancelier. Guillaume de Nogaret fut professeur de droit romain à l'université de Montpellier puis conseiller juridique de divers seigneurs, et notamment du roi de Majorque. Entré au service de Philippe le Bel vers 1292, il s'entremit lors de l'achat par le roi de la part qu'avait dans la seigneurie de Montpellier l'évêque de Maguelonne, puis fut juge-mage de la sénéchaussée de Beaucaire (1294), conseiller du roi (1295) et garde du sceau (1307). Il dirigea en fait la politique royale après la mort de Pierre Flote (1302). Le roi l'anoblit par lettres dès 1299. La part la plus importante de son action politique est peut-être l'oeuvre quotidienne pour la défense, la préservation, la définition, voire l'extension des droits du roi à l'intérieur de son propre royaume. C'est le légiste du roi, il s'y montra intransigeant et efficace, mais n'y conquit guère de popularité. On connaît davantage son rôle dans la lutte contre Boniface VIII et dans l'affaire des Templiers. Contre le pape, il infléchit la ligne politique de Flote, qui défendait contre le Saint-Siège le droit du roi à être maître dans son royaume, donc maître de son clergé pour Nogaret, il s'agit surtout de défendre l'Eglise et le royaume contre un pape indigne venu à la curie pour notifier à Boniface VIII un appel devant le futur concile — qui annulait toute sentence que pourrait rendre le pape contre le roi — et placer la personne du pape sous l'autorité de l'appelant, Nogaret se trouva mêlé au tumulte déclenché par une faction romaine (Anagni, 7 sept. 1303) et, par là, compromis avec les fauteurs de violence. Le pape mort, il entretint une lutte de plus en plus vaine contre la mémoire de celui-là il multiplia les écrits pour se justifier, ce qui contribua à associer son nom au souvenir de l'attentat d'Anagni. Il fut implicitement inclus dans l'absolution négociée en 1311. L'affaire du Temple lui avait également servi de moyen de pression sur la papauté. Nogaret fut le premier homme d'Etat français qui fit appel à l'opinion publique, convoqua systématiquement des assemblées, fit répandre des pamphlets et lança des campagnes de pétitions. L'offensive de 1303 contre Boniface est un modèle du genre. Mais Nogaret demeura souvent à l'arrière-plan, faisant parler ses hommes de confiance, parmi lesquels Guillaume de Plaisians. C'est ce dernier qui harangua la foule dans les jardins du palais et qui prit part à l'interrogatoire des Templiers. Nogaret mourut alors que la prépondérance dans la gestion des affaires du royaume était déjà passée au très réaliste Enguerrand de Marigny.
Enguerrand de Marigny
Zélé serviteur du roi Philippe le Bel, pendu à Paris le 30 avril 1315. Originaire de Normandie il était savant et rusé, et avait beaucoup d'influence il fut le premier conseiller de Philippe le Bel, ayant autant de pouvoir qu'un maire du Palais. Il fut successivement chambelland, comte de Longueville, châtelain du Louvre, surintendant des finances, grand maître de l'hôtel du roi, chargé de missions en Flandre et en Anglettere, il contribua à l'extermination des Templiers. Mais la dépréciation de la monnaie et l'établissement de nouveaux impôts lui atttirérent des haines tenaces, et, à l'avènement de Louis X, l'oncle du nouveau roi, Charles de Valois, qu'il avait offensé, le fit arrêter. Son procès fut rapidement instruit et pour obtenir des révélations, on mit ses serviteurs à la torture de plus, on ne lui permit pas de se défendre. Comme Louis voulait se borner à l'exiler dans l'île de Chypre, on suscita en outre contre Enguerrand une accusation de sorcellerie, et une nouvelle commission le condamna à être pendu, ce qui fut chose faite le lendemain de l'arrêt. Louis et Charles, à l'article de la mort, se repentirent de cette injuste condamnation. Le premier légua 10 000 livres à la veuve et aux enfants d'Enguerrand le second fit transférer le corps de sa victime à l'église collégiale d'Ecouis et fonda un service perpétuel pour le repos de son âme.
Raoul de Presles
C'est le principal avocat du roi et tombeur des Templiers par sa déposition au procès, dans la représentation du roi au Parlement. Lors des grandes manifestations politiques du règne de Philippe le Bel, auxquelles ce roi voulut donner un caractère national, la commune de Vailly, le 28 juillet 1303, accorda son adhésion à l'appel au concile contre Boniface VIII, et en avril 1308, envoya ses députés aux Etats de Tours, réunis «pour la grant erreur et pour la grant iniquité des Templiers tant orible et amere». La titulature des actes alors expédiés par Vailly était : «major, jurati totaque communitas communie de Vailliaco» (1303), «li maires et li juré de la commune de Vailly et des appartenances» (1308).
Pierre de Flote
Le plus connu des légistes méridionaux — formé à Montpellier — rompu à la politique pendant le règne de Philippe le Bel. Originaire du Dauphiné, Pierre Flote fut d'abord au service du dauphin Humbert Ier. Le roi en fit un conseiller en son parlement, en 1291, et lui confia de nombreuses missions, particulièrement en Guyenne et en Languedoc. A partir de 1296, Flote prit en main la politique royale face au pape Boniface VIII, auquel il entendait faire reconnaître le droit du roi à être seul maître dans son royaume, c'est-à-dire le droit de juger et d'imposer tous ses sujets, y compris les clercs. En 1297, il négocia à Rome la canonisation de Louis IX. Chancelier de France en 1300, il joua un rôle essentiel et parfois spectaculaire comme conseiller et porte-parole du roi. C'est ainsi qu'il fut envoyé à Rome par trois fois et qu'il tenta vainement de faire du pape un instrument de la politique royale. En 1301, malgré les prérogatives de l'Inquisition, il dirigea au nom du roi la procédure contre l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset, poursuivi pour complot et inculpé d'hérésie. L'année suivante, devant les états généraux réunis à Paris, il mena la lutte contre les prétentions pontificales. Mêlé à toutes les affaires judiciaires et financières du royaume, Flote fut le champion de l'absolutisme royal, il fut aussi le champion de l'indépendance monarchique au sein d'une chrétienté naguère dominée par le pape et l'empereur. Ce juriste fut l'un des premiers à mettre le droit romain de l'Etat au service d'un roi. Chevalier, Flote participa à l'expédition de Flandre et fut tué lors du désastre de Courtrai, le 11 juillet 1302. Guillaume de Nogaret lui succéda.
Gilles Aycelin
Montaigu, (Gilles-Aycelin de), homme politique et prélat, né vers 1252 à Glaine-Montaigu (Puy de Dôme), mort à Paris le 23 juin 1318. Elu archevèque de Narbonne (1287), il ne fut ordonné prêtre qu'en 1291, devint un des conseillers de Philippe le Bel, signa (juin 1299) la trève conclue à Montreuil entre la France et l'Angleterre, et fut l'un des instruments du Roi dans sa lutte contre la papauté, et dans ses poursuites contre les Templiers. Garde des Sceaux en 1309, archevèque de Rouen en 1311, il présida plusieurs conciles provinciaux. Un legs fait par lui servit à fonder à Paris le Collège qui de son nom fut appelé Collège de Montaigu. Durant le procès de l'Ordre et des Templiers, il ne s'est pas opposé alors qu'il aurait du le faire à la condamnation au bûcher de 54 Frères du Temple. Il était trop corrompu tout comme l'archevêque de Sens, «Philippe de Marigny». Il n'avait en tête que l'évêché de Rouen promis par Philippe le Bel pour bons et loyaux services rendu au Roi et à l'état.
Guillaume de Paris
Grand inquisiteur et député dans la Maison du Temple de Paris par l'autorité apostolique, afin d'instruire contre les Templiers. Il déclara, 'ayant été informé par le Roi, le Pape et l'Eglise de faits accablants à l'encontre des Templiers, j'ordonne aux Baillis provinciaux d'arrêter tous les Templiers. Vous leur direz comment le Pape et le Roi ont été informés par plusieurs témoins crédibles de ce que l'Ordre à fait.'
Pour arracher les aveux «qu'ils voulaient entendre», les inquisiteurs, ont privé les accusés du plus simple confort «que les plus petites gens avaient dans leurs masures», puis ils leurs présentent un questionnaire préparé à l'avance auquel il leur suffit d'acquiescer. En dernier lieu, faute des aveux espérés et répétés, la torture s'applique.
Les moyens de torturer sont à l'époque multiples et variés. Le plus fréquent utilisé pour des bons résultats, est ce que l'on appelle alors la question de l'eau : on place dans la bouche de l'accusé un entonnoir que l'on remplit progressivement d'eau qui provoque l'étouffement. Il y avait aussi à la disposition des inquisiteurs

le chevalet : une charpente de bois triangulaire sur laquelle l'accusé était attaché aux poignets et aux chevilles avec des cordes reliées à un treuil. Quand on actionnait le treuil à l'aide d'une roue à cliquets, les cordes se tendaient et disloquaient les articulations des poignets et des chevilles.
L'estrapade : le supplicié avait les mains liées dans le dos par une longue corde qu'on passait autour d'une poutre en plafond. On hissait l'accusé jusqu'en haut et on le laissait tomber brusquement jusqu'au raz du sol. Pour raffiner ce supplice, on ajoutait des poids suspendus aux pieds et pire encore, pour les accusés qui ne confessaient pas ce que les inquisiteurs voulaient entendre, les poids étaient suspendus aux testicules.
Les Brodequins : ou on brûlait la plante des pieds et autres parties du corps... Le résultat fut radical, les cent trente-huit Templiers parisiens interrogés une première fois, sans aveu furent cent trente-quatre à avouer certaines des fautes mentionnées dans le formulaire après la torture.


Clément V fait une dernière tentative pour sauver les Templiers

Suite aux enquétes menées par les représentants du Pape, un procès verbal fut dressé et remis au Pape en secret, il est connu sous le nom de "Parchemin de Chinon."
Ce parchemin, annoté par le Pape Clément V dédouanne les dignitaires de l'Ordre du Temple et les absous. Fait à Chinon, diocèse de Tours entre le 17 et 20 août 1308. Il s'agit d'un exemplaire original, constitué d'une seule feuille de grandes dimensions (700x580 mm), qui était à l'origine accompagnée des trois sceaux des trois légats apostoliques qui formaient la commission spéciale apostolique « ad inquirendum » nommée par Clément V :
- Bérenger Frédol cardinal prêtre titulaire de l'Eglise des saints Nereo
- Achille, neveu du pape Etienne de Susy, cardinal prêtre de Saint Ciriaco in Thermis
- Landolfo Brancacci, cardinal diacre de Saint Angelo.

Le document est dans un assez bon état de conservation, malgré la présence de nombreuses taches violacées très visibles du fait d'attaques bactériologiques. L'original était accompagné d'une copie actuellement conservée aux Archives Secrètes Vaticanes sous la dénomination «Archivum Arcis, Armarium D 218.»
Le document contient l'absolution accordée par Clément V au dernier grand maître des Templiers, le frère Jacques de Molay, ainsi qu'aux autre chefs de l'ordre après qu'ils aient fait acte de repentance et demandé le pardon de l'Eglise après l'abjuration formelle, obligatoire même pour ceux qui étaient seulement soupçonnés d'activités hérétiques, les membres de l'Etat Major des Templiers sont réintégrés dans la communauté catholique, et de nouveau autorisés à recevoir les sacrements. Le document appartient à la première phase du procès contre les Templiers, quand Clément V était encore convaincu de pouvoir garantir la survie de l'ordre religieux-militaire, et répond à la nécessité apostolique de lever pour les moines-guerriers l'infamie de l'excommunication à laquelle ils s'étaient tout d'abord eux-mêmes condamnés, maintenant qu'ils admettaient avoir renié Jésus-Christ sous la torture de l'Inquisiteur français.
Comme d'autres sources de la même époque le confirment, le pape soutient que des comportements condamnables s'étaient bien introduits parmi les Templiers, et prévoit une réforme radicale de l'ordre, pour le fondre ensuite dans l'autre ordre religio-militaire, celui des Hospitaliers. L'acte de Chinon, vu comme nécessaire à la réforme, est pourtant resté lettre morte.

Philippe le Bel s'acharne honteusement sur les Templiers

Le roi n'en restera pas là et harcélera le Pape pendant plusieurs années afin d'obtenir la dissolution de l'Ordre du Temple, de guerre lasse et à bout de forces, Clément V abandonnera les Templiers, puis ordonnera la suppression de l'ordre, au concile de Vienne, en 1312. Sous la pression de Philippe le Bel, le pape Clément V émet le 02 mai 1312 la bulle Ad providam 1312, ordonnant la suppression de l'Ordre.

Dissolution de l'ordre et extermination des derniers Templiers

Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, emprisonné depuis octobre 1307 dans la prison du Temple, est conduit devant la cathédrale de Notre-Dame pour entendre le verdict du procès, en compagnie de Geoffroy de Charnay, tous deux haranguent la foule en disant que leurs aveux ont été volés, que les Templiers n'ont commis aucun crime et sont victimes d'une machination. Les deux hommes sont alors condamnés au bûcher.

Geoffroy de Charnay dernier commandeur de l'Ordre du Temple pour la baillie de Normandie, a rejoint l'Ordre du Temple vers 1268/70 et a occupé successivement des fonctions importantes en son sein. D'abord en 1271 comme simple compagnon de Mathieu Sauvage alors commandeur de Sidon puis en 1283, il est peut-être commandeur du Lieu-Dieu du Fresne, puis de la commanderie de Villemoison en 1294 et de celle de Fretay en 1295 avant de retourner en Orient et d'occuper la fonction de drapier en 1304 puis d'être nommé commandeur de la baillie de Normandie en 1307 peu de temps avant l'arrestation des Templiers. Il fut livré aux flammes du bûcher sur l'île aux Juifs à Paris le 18 mars 1314 en compagnie de Jacques de Molay.
Hugues de Payraud , Visiteur général de l'Ordre du Temple. Hugues de Pairaud est d'une famille noble du Forez. C'est par son oncle Humbert de Pairaud qu'il est reçu dans l'Ordre du Temple, à Lyon (1263). Il a été commandeur de Chalon-sur Saône, ou de sa baillie, mais à une date indéterminée. Il fut commandeur de Bonlieu, commandeur d'Epailly en 1280 et 1284. Quatre ans plus tard, il est commandeur de Bures, puis maître de province de l'Ordre du Temple en France en 1296. Ensuite, il devint Visiteur de France (représentant du maître de l'Ordre du Temple dans la province).
Hugues de Pairaud fut arrêté à Poitiers en compagnie de quinze autres Templiers, emprisonné à Loches et finalement amené à Paris. Il fait partie des dignitaires de l'Ordre que le pape Clément V souhaite interroger en personne, mais sa requête ne sera pas satisfaite. Au cours de son interrogatoire en novembre 1307, il mentionne la présence d'Henri de Dole lors de sa réception à Lyon et l'on sait grâce au témoignage d'un certain Dominique de Dijon que cet Henri était vers 1280 «magister passagii ultramarini». Le maître du passage outremer, «C'est-à-dire qu'il avait la responsabilité de l'acheminement et du passage vers l'Orient latin des moyens et des hommes nécessaires à l'action du Temple». Après le relaps de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay, Hugues de Pairaud est conduit en prison à Montlhéry, où il fut probablement emprisonné jusqu'à sa mort.

Geoffroy de Gonneville, Commandeur d'Aquitaine. La sentence des juges est la prison à vie.

Jacques de Molay, né vers 1245 au château de Rahon (Haute-Saône), tirait son origine des sires de Longwy et son nom d’un petit village dépendant de cette terre. Vers l’an 1265, il fut admis, encore très jeune, dans l’ordre des Templiers et reçu par Imbert de Peraudo, visiteur de France et de Poitou, dans la chapelle du Temple, à Beaune. A peine arrivé en Judée Samarie, il se distingua contre les infidèles. A la mort de Guillaume de Beaujeu, quoique Molay ne fût pas en Orient, une élection unanime le nomma grand maître. Il se trouva en 1299 à la reprise de Jérusalem par les Chrétiens. Forcé ensuite de se retirer dans l’île d’Arad et de là dans l’île de Chypre, il allait rassembler de nouvelles forces pour venger les revers des armes chrétiennes, lorsque le pape l’appela en France (1305). Arrivé avec 60 chevaliers et un trésor très considérable, il fut reçu avec distinction par Philippe le Bel, qui le choisit pour parrain de l’un des enfants de France. En rappelant le grand maître, la politique, qui préparait la destruction de l’ordre, avait donné pour prétexte le projet de réunir l’ordre du Temple et celui de l’Hôpital. Le plan de cette destruction, concerté par le roi et ses agents, fut caché avec tant d’adresse, que, le 13 octobre 1307, tous les Templiers furent arrêtés à la même heure dans toute la France. L’opération avait été conduite par Guillaume de Nogaret, qui arrêta lui-même les 140 Templiers de Paris, accompagné de gens d’armes. Originaire du Languedoc, il était légiste du roi. La veille de l’arrestation, le grand maître avait porté le poêle à la cérémonie de l’enterrement de la princesse Catherine, héritière de l’empire de Constantinople, épouse du comte de Valois.
A l’instant où furent arrêtés le grand maître et tous les chevaliers qui étaient avec lui dans le palais du Temple à Paris, le roi occupa ce palais et s’empara de leurs possessions et de leurs richesses. En arrêtant les autres chevaliers dans toutes les provinces Françaises, on saisit aussi leurs biens. Des inquisiteurs procédèrent aussitôt contre tous, à des interrogatoires sous la torture.

Malédiction lancée par Jacques de Molay brulé en mars 1314

Le lendemain, 12 mars 1314, sur le bûcher dressé sur l'île aux Juifs, en face du Palais de la Cité, Jacques de Molay s'écrie : "Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! soyez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !"
La malédiction proférée par le grand-maître allait s'avérer :
Clément V décède le 20 avril 1314 d'étouffement.
Philippe le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral.
Ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée des Capétiens directs.


C’est l’Ordre des Hospitaliers qui, finalement, hérita des biens immobiliers de l'Ordre du Temple. Partout en France, ils prirent le relais de leurs «cousins Templiers», et ceci jusqu’à la révolution de 1789.
De nos jours certaines théories circulent, concernant l'implication des sociétés Maçonniques (dont certaines se veulent les héritières des templiers) dans le mouvement pré-révolutionnaire Français. Si vous désirez en savoir plus rien de plus simple !

la franc maçonnerie et la révolution de 1789 Téléchargez : Franc-maçonnerie et Révolution de 1789.




Les Templiers sont toujours parmi nous aujourd'hui

Ainsi donc, après 2 siècles d'une existence tumultueuse s'achevait tragiquement l'histoire de cet ordre. Mais, est il possible que le Temple ait survécu à sa destruction ordonnée en 1312 par le Roi de France et le Pape ? Si oui, de quelle manière cet esprit se manifeste de nos jours , au XXI ème siècle ?

Restons factuels

Revenons au Vendredi 13 Octobre 1307, date de l'arrestation de tous les Templiers de France, orchestrée par Guillaume de NOGARET. Début Octobre 1307, Gérard de Villiers maitre du Temple en france, Hugues de Châlons, qui avaient eu vent du projet royal décidérent du départ d'une centaine de Templiers avec un convoi de charettes. Ce convoi se divisa en deux, le premier à destination de l'Angleterre via le port de Boulogne sur mer. Le premier convoi accosta en Angleterre près de WEYMOUTH d'où il fut refoulé dès le 23 Octobre 1307 par ordre du roi d'Angleterre gendre de Philippe le BEL. Ces Templiers reprirent donc la mer pour accoster en Ecosse, dans la région de KILWINNING, dont ils firent un centre Templier. Le second convoi prit la route du Portugal via le port de La Rochelle. En conclusion, et bien que cette arrestation ait été préparée plusieurs semaines à l'avance dans le plus grand secret, certains hauts dignitaires de l'Ordre du Temple, en furent prévenus. Comment ces Templiers ont—ils pu se laisser arrêter, sans opposer de défense. L'Ordre comptait alors 9000 Commanderies et plus de vingt mille chevaliers en France sans compter les novices les sergents, possédait une cavalerie, possédait sa propre flotte, était tout puissant et très bien organisé. Peut—on croire encore que le secret de leur arrestation ne fut pas dévoilé au moins une fois, il est fort probable que ce secret fut rompu et que certains dignitaires Templiers furent averti mais hélas trop tard pour organiser une quelconque résistance. Il y eu donc des arrestations, mais néanmoins certains chevaliers du Temple réussirent à échapper aux prévôts. Ils se réfugièrent en Lorraine chez les Teutoniques , en Ecosse, d'autres se replièrent sur leur forte position portugaise de THOMAR.

La légende et le Templarisme

veulent également que Jacques de MOLAY aurait investi de sa puissance le F. Jean—Marc LARMENIUS , Jacques de MOLAY ne sachant pas écrire, c'est verbalement que des instructions secrètes lui auraient été communiquées quelques heures heures avant l'arrestation. Des dignitaires auraient pu se réunir en cercle restreint pour décider de l'avenir de l'Ordre, il est même possible que Jacques de MOLAY ne fut pas le principal personnage, mais qu'il aurait reçu des directives données par des autorités supérieures et secrètes. Ces séances secrètes expliqueraient les termes du procès, et, également les filiations possibles nouées au coeur même de la terre Sainte, avec tous ces chevaliers musulmans qui avaient le même idéal. Tout ceci reste néanmoins dans le domaine de la fiction car rien à ce sujet n'a jamais pu être prouvé ni pendant les procès ni après.

Armements des chevaliers du temple de nos jours

A l'époque des Templiers, les chevaliers étaient adoubés, ce qui avait pour but de réserver la chevalerie à une caste : celle de la noblesse. Pour devenir Templier les nobles qui étaient déjà chevaliers prononçaient leurs voeux et prétaient serment lors d'une cérémonie de réception ( armement ). Pour les autres laïcs qui n'étaient pas nobles, ils prononçaient leurs voeux et prétaient serment lors d'une cérémonie de réception ( armement ), ils avaient été au préalable Novices puis Sergents. Pour être Templier il n'y avait donc pas de cérémonie d'adoubement mais uniquement une cérémonie d'armement . Les armements de chevaliers de nos jours respectent les us et coutumes de l'Ordre en vigueur au XII ème siècle. Si cela vous intéresse contactez nous, n'hésitez pas !

Hommage appuyé du Pape Benoit XVI aux Templiers

Regardez le blason du pape Benoit XVI et vous y verrez 3 croix Templières en bas, de plus, la languette basse est noire et blanche (couleurs du gonfanon templier). Ceci n'est pas banal, et après vérification des blasons de tous les Papes, c'est le seul Pape qui a utilisé les symboles de l'Ordre du Temple pour créer son blason. Que peut bien signifier une telle volonté ? Il pourrait y avoir une explication : la réhabilitation des Templiers par l'Eglise Catholique. Il se peut également que cela ne soit qu'une simple reconnaissance personnelle des Templiers par le Pape Benoit XVI.




Synthèse de l'histoire tragique des Templiers

Nous consacrons ce site aux Templiers, dont le nom fut très tôt associé au Temple de Salomon, mais connaissez vous l'histoire tumultueuse de ce Temple ou plutôt des Temples érigés à Jérusalem ? si vous avez des lacunes cliquez ici    

Ce que l'Ordre du Temple n'était assurément pas !

Alain Demurger et Laurent Dailliez sont deux sommités de l'histoire médiévale Française, et leurs ouvrages sur les Templiers font référence en europe. Je vous livre ci-dessous la synthèse de leurs travaux basés uniquement sur les faits, très loin des élucubrations romancières qui sont pourtant monaie courante dans la littérature Templière.

Factuellement : voici la synthèse de l'historien Alain Demurger.

l' Ordre du Temple n'est pas une secte ésotérique ancêtre de la Franc-maçonnerie. L'Ordre du Temple n'est pas non plus à l'origine d'un quelconque syncrétisme avec l'Islam, la secte des Assassins ou les Cathares ! Légendes ( dans le meilleur des cas ), élucubrations, et dérives ésotériques délirantes en tout genre alimentent un sottisier inépuisable qui à peu à voir avec la véritable histoire des Templiers.
L'Ordre du Temple est seulement un Ordre religieux et militaire, le premier du genre et qui a servi de modèle à tous les autres. Le Templier fait voeux de chasteté d'obéissance et de pauvreté, il vit selon une règle. L'Ordre du Temple est un produit de son temps : issu de l'essor de l'Occident, de la réforme féodale et de la réforme Grégorienne.
En savoir plus concernant Alain Demurger

Factuellement : voici la synthèse de l'historien Laurent Dailliez.

Laurent Dailliez a examiné et confronté quelque 14 500 documents d'origine pour restituer avec précision, clarté, rectitude, sans aucun parti-pris, la véritable histoire des deux siècles de vie de ce prestigieux ordre religieux de chevalerie. Il en est arrivé à la conclusion suivante : les Templiers, ordre monastico-militaire, réalisèrent l'idéal de cette double vocation apparemment contradictoire de moine et de soldat. Ils répondirent à un besoin particulier de l'Église à une époque où celle-ci s'efforçait d'humaniser la guerre et où la lutte entre deux civilisations, chrétienne et musulmane, exigeait l'action d'une élite. Le dépouillement de milliers de documents a permis de poser en termes nouveaux le problème du Temple et de mettre en valeur le gouvernement, la grandeur militaire, l'influence internationale dans l'économie et les finances, et les données réelles de l'existence de l'ordre. Les Templiers eurent une vie et une observance beaucoup plus simples qu'on ne l'a cru. Ils furent avant tout des religieux et des soldats, mais aussi pour certains des administrateurs, des diplomates et des financiers.
En savoir plus concernant Laurent Dailliez

L'Ordre du Temple : une institution devenue très gênante !

Deux siècles d'existence au service de la Chrétienté.

L'Ordre créé en 1118 fut dissous en 1312 par le Pape Clément V, et à bien y regarder, les Templiers du XIV ème siècle ne ressemblaient plus beaucoup à leurs frères du XII ème siècle.

Les Templiers du XII ème siècle appartenaient à un Ordre infiniment pauvre, et, ils venaient de conquerir les états Latins d'Orient, nous pouvons les qualifier de "Moines Soldats du Christ" .

Les Templiers du XIV ème siècle appartenaient à un Ordre immensément riche, ils étaient rompus à l'art du compromis, et, ils venaient de perdre les états Latins d'Orient, nous pouvons les qualifier de "Moines Administrateurs de biens".

Ainsi, et contrairement aux Ordres Religieux qui traversent les siècles sans changements notoires, l'Ordre du Temple a beaucoup évolué durant ses deux siècles d'existence. Donc, quand nous évoquons les Templiers il convient de préciser le siècle et la décennie auxquels nous faisons référence, au risque si nous ne le faisons pas d'être "historiquement invraisemblable" tant il est vrai que cet Ordre avait considérablement changé entre le moment de sa création et celui de sa dissolution.

Une fin misérable : l'Ordre trahi par Clément V puis exterminé par le roi.

Philippe le Bel qui extermina les Templiers ne s'y trompa pas, et, pour parvenir à ses fins, il sut faire la différence entre le Temple de 1118 et celui de 1307, deux entités portant le même nom mais qui n'avaient plus rien de commun. Avec ses conseillers, ils instruiront un dossier à charge contre le Temple du XIV ème siècle, et par exemple, avec beaucoup de mauvaise foi ils mettront en avant le fait que les Templiers avaient refusé de payer leur quote part de la rançon ( dont le montant global s'élevait à 500 000 livres tournois ) pour libérer Louis IX capturé lors de la déroute de Fariskur. Ce reproche fait aux Templiers était totalement infondé car il convient de noter à la décharge des Templiers qu'à cette date, ces derniers n'avaient plus de Grand maitre et ne pouvaient donc plus obéir à qui que ce soit, Guillaume de Sonnac avait été tué à la bataille de Mansourah, le 11 février 1250 et son remplaçant ne fut élu que fin Mai 1250. C'est Louis IX en personne, du fond de sa geôle (dans la maison d'Ibrahim ben Lokman utilisée comme prison pour Louis IX et les nobles, tandis qu'un camp était installé à l'extérieur de Mansurah pour abriter les milliers de prisonniers de guerre Francs), qui avait ordonné au sénéchal de Joinville le 02 Mai 1250, de s'emparer des nefs templières pour y prendre l’argent par la force.
Dans le procès intenté aux Templiers, toutes les charges retenues contre le Temple seront du même tonneau !

Même si l'Ordre à été Supprimé en 1312, son souvenir est toujours vivace dans la mèmoire collective des Français !

Si le Temple marque encore les esprits de nos jours, c'est aussi parce que l'arrestation des Templiers qui eut lieu le Vendredi 13 Octobre 1307 fut un événement tellement extraordinaire, que ce jour est resté associé au malheur absolu et que depuis, le Vendredi 13 porte malheur en France !


Définition de la Chrétienté

Symbolisme du sceau Templier

Légende des 9 fondateurs du Temple

Godefroy de Bouillon homme d'exception


Ordre Militaire et Religieux de sa création emblème TEMPLIER|Les  Templiers ont adopté ce symbole en 1149 à nos jours

Bref résumé de l'histoire tragique des Templiers
A la fin du XI ème siècle le système féodal prévaut partout en Europe, chez les seigneurs c'est l'ainé qui hérite de tous les biens de son père afin de ne pas morceler les fiefs. Nombreux sont donc les chevaliers sans terres ni biens, ce qui provoquent des batailles incessantes car les cadets n'ont rien à perdre ! cette époque d'une rare instabilité est caractérisèe par une absence de progrès scientifique et social. Donc en 1095 quand le Pape Urbain II débarque en France pour expliquer que les Turcs bloquent désormais l'accès aux lieux Saints à Jérusalem, son message reçoit immédiatement un écho favorable. Les seigneurs installés et les rois y voyant une occasion de se débarrasser des "sans terres" à moindre frais !
C'est dans ce contexte qu'une multitude de chevaliers "sans terres" se coaliseront pour partir au proche orient pour délivrer Jérusalem mais aussi pour acquérir des terres nouvelles ! Il faut cependant noter que beaucoup de seigneurs installés partiront également en croisade. Pendant près de deux siècles il y aura une présence occidentale chrétienne au proche orient, beaucoup de croisés resteront sur place pour y fonder les états latins d'orient, les hospitaliers veilleront à la santé des pélerins, les Templiers et les Teutoniques assureront la sécurité de ces états latins. Les Templiers sont des croisés qui firent don de leur corps et de leurs biens à l'Ordre du Temple qui était dévoué au Pape. Les Templiers ne rendaient compte qu'au Pape ! Très vite l'Ordre du Temple fut très riche du fait des innombrables donations faites par les seigneurs installés, ces biens étant d'autre part très bien administrés par les Templiers l'Ordre fut en mesure de soutenir l'effort de guerre jusqu'à la fin de leur présence au proche orient. Dès 1250 les rois et seigneurs occidentaux se rendirent à l'évidence qu'il leur faudrait engager des ressources matérielles et humaines colossales pour garder les états latins. A compter de cette date, ils se désengagérent progressivement et abandonnérent les chrétiens des états latins à leur triste sort ! Hospitaliers Teutoniques et Templiers résisteront encore quelques décennies à 1 contre 4, puis à 1 contre 10, mais sans nouvelles recrues leur sort était scellé. En 1291 les Templiers les Hospitaliers et les Teutoniques furent définivement battus, submergés par les Musulmans les survivants se repliérent sur Chypre et sur leurs pays d'origine.
Il convient de noter que le retour de ces vaillants soldats ne posa aucun problème en Castille en Aragon au Portugal en Angleterre en Ecosse dans le Saint Empire Germanique en Bohème en Autriche en Bavière en Hongrie dans les royaumes de Pise de Naples de Sicile d'Este etc.... Le seul pays ou le retour des Templiers posa problème fut : la France !
Dès 1292, Philippe le Bel prit ombrage de cet ordre très riche qui ne rendait compte qu'au Pape. Comme il était cupide il décida de s'approprier les biens des Templiers dès 1293, il faut dire qu'il s'était déjà fait la main sur les Juifs qu'il avait spolié. Comme l'effort de guerre n'était plus de mise, les Templiers qui continuaient à gérer leurs biens avec brio devenaient de plus en plus riches ! Il convient également de signaler qu'ils étaient très nombreux et très bien armés sur le territoire Français, ce qui n'était pas de nature à rassurer le roi. Le clergé Français, d'autre part détestait cet Ordre qu'il ne pouvait contraindre car ce dernier n'obéissait qu'au Pape ! Malheureusement le Pape de l'époque Clément V avait été mis en place par le roi de France. En 1295 le grand maitre Jacques de Molay espérait retourner au proche orient et négociait un accord avec les Mongols. Jacques de Molay était un homme du passé, il ne s'était pas apperçu que la France avait changé, les us et coutumes en vigueur en l'an 1100 avaient disparu, le respect d'un serment ou d'une signature n'était plus à la mode, les Templiers découvraient ce mode de fonctionnement avec un certain dégout.
De 1295 à 1305 Philippe le Bel ourdit une machination visant à rendre impopulaires ces Templiers, et pire encore ! Le clergé Français revanchard prit toute sa part dans cette ignominie, mais les Papes Boniface VIII puis Benoit XI résistérent aux pressions du roi de France Philippe le Bel. Malheureusement pour les Templiers en 1305 Philippe le Bel réussit à faire élire "son Pape" Clément V ce qui ruina les espoirs des Templiers, Jacques de Molay comprit à ce moment que l'Ordre était en très mauvaise posture. le Pape Clément V quant à lui résista un moment aux assauts de celui à qui il devait tout 'Philippe le Bel' mais de guerre lasse, fatigué par sa maladie et sans réels moyens il finit par abandonner les Templiers aux mains des bourreaux du roi.
Les lettres d'arrestation furent scellées le 14/09/1307, elles ordonnaient à tous les baillis et sénéchaux d'arreter tous les Templiers de leur circonscription. Le 22/09/1307 Guillaume de Paris inquisiteur et confesseur du roi faisait parvenir des réquisitions à tous les baillis et sénéchaux pour arreter tous les Templiers.
La suite vous la connaissez les Templiers furent accusés à tort de choses que le peuple ne pouvait ni comprendre ni accepter, ils furent arrêtés, torturés pendant des années et les derniers dignitaires de l'Ordre brulés vifs sur l'ile aux Juifs le 18 mars 1314. Avant leur arrestation le vendredi 13 octobre 1307 (qui fut la plus grande opération policière de tous les temps) les Templiers eurent cependant le temps d'organiser une mise à l'abri de leur trésor et de leurs archives, si bien que le roi ne s'empara de rien hormis les biens immobiliers. Les hospitaliers héritérent de quelques commanderies le reste étant vendu au profit du trésor royal.
Cette triste histoire des Templiers en rappelle bien d'autres qui jalonnèrent l'histoire de l'humanité, des hommes de foi intégres qui ne renient pas leur serment face à d'autres hommes plus souples dans l'interprétation de leurs engagements et toujours prets à justifier leurs actes même s'ils sont injustifiables.
C'est également l'histoire d'un chef, Jacques de Molay, dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'était pas visionnaire. Manquant d'imagination et piètre statége, Jacques de Molay ( et son Ordre ) avait failli à sa mission devenue une "mission impossible" au Proche Orient. Jacques de Molay n'a pas compris que le roi de France voulait dissoudre cet Ordre qu'il percevait comme un danger pour le pouvoir royal. En refusant la proposition royale de fusionner l'Hopital et le Temple, avec comme seul argument que seul le Pape pouvait ordonner au Temple, Jacques de Molay condamnait à mort le Temple, mais ce faisant Jacques de Molay respectait le serment du temple fait à la Papauté. Il n'a jamais cru que le Pape laisserait faire le roi sans réagir et qu'il abandonnerait le Temple qui avait toujours été fidèle à la Papauté, mais les roues de l'histoire avaient tourné !
Autres temps autres moeurs !




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