Le moyen age au Proche Orient et en France

Le Haut Moyen Age (500 à 999)

Faits marquants (survolez les dates avec votre souris)

Date

En 633 , le moine Sophronios , élu patriarche orthodoxe de Jérusalem , s'inquiète des incursions arabes dans la région , à population essentiellement chrétienne.

Sophronios
patriarche orthodoxe de Jérusalem
0633

Jérusalem est conquise par les Arabes en 637 après un siège de quelques mois.

Adb_al-Malik_Gold_dinars
Adb_al-Malik_Gold_dinars
0637

Les musulmans érigent le Dôme du Rocher sous Abd Al-Malik (687-691) à l'emplacement du Temple du roi Salomon.

Dôme du rocher
mosquée Al-Aqsa
0687

Construction de la mosquée Al-Aqsa sur l'emplacement de l'ancien Palais du roi Salomon .

mosquée Al-Aqsa
mosquée Al-Aqsa
0715

Accord entre Hâroun ar-Rachîd et Charlemagne concernant la protection des lieux saints. L'amitié entre les cours d'Aix-la-Chapelle et de Bagdad fut facile à maintenir.

Hâroun ar-Rachîd
Hâroun ar-Rachîd
0787

Jérusalem tombe aux mains de Hal-Hakim sixième calife fatimide qui profane et détruit totalement ou partiellement toutes les églises Chrétiennes de Jérusalem.

Al-Hakim_bi-Amr_Allah
Al-Hakim_bi-Amr_Allah
0996





Le Moyen Age Central (1000 à 1350)

Faits marquants (survolez les dates avec votre souris)

Date

Jérusalem tombe aux mains des Turcs Seldjoukides qui interdisent les pélerinages Chrétiens , déclenchant ainsi en Europe la mise en place de la Première croisade.

Drapeau des Seldjoukides
Al-Hakim_bi-Amr_Allah
1073

Lors du concile de Plaisance , les envoyés de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène demandent l'aide militaire des chrétiens d'Occident pour reconquerir Jérusalem.

Le pape Urbain II
Deux cents évêques ont répondu à la convocation, ainsi que quatre mille autres prélats et trente mille laïcs
1095

En 1096 au départ de Boulogne sur mer , un cortége de 1000 seigneurs et chevaliers , 60 000 hommes armés et 50 000 serfs prit la route de la Terre Sainte , avec comme signe de ralliement , une croix d’étoffe sur l’épaule ou sur la poitrine. La croix des Belges était de couleur verte celle des Français était rouge tandis que celle des Anglais était blanche. Ce cortége grossira au fil des villes traversées : Saint-Omer , Lille , Aix la chapelle , Mayence , Ratisbonne , Vienne , Belgrade , Sofia , Constantinople . Arrivée à Constantinople cette marée humaine allait tripler avec l'arrivée des troupes d'Hugues de Vermandois , Bohémond de Tarente (dont les croisés portaient une croix jaune) , Raymond de Saint-Gilles , Robert Courteheuse . Après quelques semaines de repos , la gigantesque armée s'ébranla de Constantinople vers Jérusalem , en traversant les villes de Nicée , Dorylée , Konia , Césarée , Maras , Antioche , Tripoli , Âcre . Avant de quitter Constantinople fin décembre 1096 , Godefroy de Bouillon accepta de devenir le vassal de l’empereur de Byzance , Alexis Comnène. Les principaux chefs croisés le suivirent dans cette démarche mais avec réticence , seul Raymond de Saint-Gilles , refusa cette allégeance .
Dès son entrée dans l'actuelle Turquie , l’armée évaluée à plus de 300 000 hommes par les chroniqueurs de la grande croisade , dut livrer de très durs combats contre les Turcs. Cette résistance Musulmane surprit les Chrétiens , le 1er Juillet 1097 Godefroy de Bouillon battra les Turcs Seldjoukides de Kilic Arslan Ier à Dorylée , ouvrant ainsi la route de l'Anatolie.
Le calvaire des Croisés durera 3 longues années , des années de souffrances dues à la famine , au manque d’eau (car en battant en retraite , les Turcs avaient empoisonné les sources qui n’étaient pas taries) , à la chaleur accablante , aux attaques ennemies. De guerre lasse , certains grands seigneurs abandonnèrent leurs compagnons pour rentrer en Europe ou pour s'installer dans les royaumes musulmans traversés . Après un calvaire interminable , les Croisés s’emparèrent de la ville d’Antioche défendue par de hautes murailles et 360 tours. Mais à peine étaient-ils entrés le 3 juin 1099 dans la ville , qu’ils furent assiégés à leur tour par les musulmans. Après avoir de nouveau supporté la famine , ils décidérent de sortir et d'attaquer leurs ennemis , contre toute attente , ils énéantirent les musulmans . Grisés par leur victoire et persuadés que Dieu était du côté des Chrétiens ils prirent la route pour Jérusalem ! Lorsqu’ils arrivèrent devant les remparts de Jérusalem , les Croisés n’étaient plus de 50 000 et la ville était défendue par une forte garnison musulmane. Les croisés furent d’abord repoussés par les assiégés qui , du haut de leurs murailles , versaient sur eux des flots d’huile bouillante. C’est alors que Godefroy de Bouillon fit construire en 5 jours une haute tour roulante . Godefroy de Bouillon et son frère Eustache furent chargés de diriger l’attaque. Ils se postèrent à l’étage supérieur avec leurs chevaliers. Deux Tournaisiens , les frères Englebert et Liétaud , commandèrent l’étage du milieu. En dessous se groupèrent ceux qui devaient pousser la tour contre les murailles. Godefroy donna l’ordre de placer des sacs plein de foin ou de paille sur la tour et d’y mettre le feu afin que le vent chasse la fumée vers les remparts. Les défenseurs furent bientôt obligés de quitter leur poste. Godefroy accéda le premier au rempart. Puis son frère et les 2 Tournaisiens s’y élancèrent également et entrèrent ensemble dans la ville.
Après un combat sanglant , Jérusalem fut prise le 15 juillet 1099 , à 3 heures de l’après-midi. Le tombeau du Christ était libéré !

Après un combat sanglant , Jérusalem fut prise le 15 juillet 1099 , à 3 heures de l’après-midi. Le tombeau du Christ était libéré !
Jérusalem fut prise le 15 juillet 1099 , à 3 heures de l’après-midi
1096

Nicée bénéficie de six kilomètres de remparts avec 240 tours et , au sud-ouest , le lac Ascanios empêche l'accès de ce côté en assurant un approvisionnement en eau. Pour parvenir à Nicée , Godefroy de Bouillon fait élargir la route reliant Nicomédie à Nicée et l’empereur Alexis Ier Comnène s’engage à assurer un ravitaillement régulier. Après une étape à Nicomédie du 1er au 3 mai 1097 , le 4 mai les croisés arrivent à Nicée le 6 mai. Les Lorrains menés par Godefroy de Bouillon s'installent au nord , les Normands de Bohémond de Tarente à l'est , et les troupes de Raymond de Saint-Gilles , arrivées le 16 mai , au sud. Entre-temps un premier assaut a lieu le 14 mai. Enfin , les survivants de la croisade populaire regroupés autour de Pierre l'Ermite , arrivent avec un contingent byzantin commandé par Manuel Boutoumitès. Alexis Comnène fait également venir des machines de sièges et la ville est bientôt cernée aux trois quarts. Seule subsiste libre la porte sud de la ville , par laquelle Kılıç Arslan tente de faire parvenir des renforts , mais l’armée de Raymond de Saint-Gilles et d’Adhémar de Monteil , arrivée peu après sur les lieux , les surprend et anéantit cette troupe de renforts1. Les assiégés tentent une sortie le 16 mai , mais elle est repoussée . Profitant de ce succès , Raymond tente de miner une tour de l’enceinte en la faisant saper par ses mineurs. Cette tour s’écroule enfin au cours d’une nuit , mais les Turcs réussissent à réparer la brèche et les croisés n’ont d’autre choix que de faire un siège en règle. L’arrivée de l’armée de Robert Courteheuse , duc de Normandie , permet de réaliser un blocus complet du côté terrestre , mais les Nicéens peuvent encore se ravitailler par des barques naviguant sur le lac Ascanios. En pleine campagne à Malatya , Kiliç Arslan reçoit des nouvelles lui annonçant l'arrivée de la croisade des barons mais il ne s'en soucie qu'assez peu. Lorsque la gravité de la situation se confirme , il convient d'une trêve avec son adversaire pour repousser les occidentaux . Du côté turc , si Kilij Arslan a expédié quelques renforts symboliques aux premières alertes , il est trop tard lorsqu'il arrive en vue de la ville. Son avant-garde est battue par un contingent mené par Raymond et Robert de Flandre le 20 mai. Le 21 mai , Kılıç Arslan tente de percer les lignes adverses , mais la bataille qui se termine tard le soir est sanglante et il doit renoncer. Kılıç Arslan se replie sur Konya , désormais nouvelle capitale du sultanat. Il aurait transmis aux assiégés un message sibyllin suggérant de se rendre aux Byzantins plutôt qu'aux Francs qui l'année précédente avaient fait de terribles ravages et qui s'« amusaient » à catapulter les têtes de soldats turcs morts dans les précédents combats.

Bataille de Nicée | Kılıç Arslan
1097

09 février : Ridwan tente en vain de dégager Antioche , assiégé par les Croisés .
09 mars : Mort de Thoros , gouverneur d'Édesse , au cours d'une émeute. Baudouin de Boulogne devient comte d'Édesse.
avril : Le général byzantin Jean Doukas entreprend la conquête de la Lydie et de la Phrygie occidentale sur les Turcs.
04 mai : Kerbogha met le siège devant Édesse.
25 mai : Kerbogha abandonne le siège devant Édesse.
02 juin : Découragés , plusieurs croisés dont Étienne II de Blois désertent le siège d'Antioche.
03 juin : les croisés prennent Antioche.
04 juin : l'armée de Kerbogha arrive à Antioche .
07 juin : Kerbogha tente en vain de prendre Antioche d'assaut .
09 juin : l'émir Kerbogha assiège à son tour Antioche.
10 juin : découverte par les croisés de la Sainte Lance à Antioche .
28 juin : assiégés dans Antioche , les croisés battent l'armée de Kerbogha que le sultan seldjoukide d'Iran avait envoyé au secours de son cousin le sultant de Roum.
01 août : mort d'Adhémar de Monteil , le légat de la première croisade.
26 août : les Fatimides prennent de Jérusalem aux Seldjoukides.
11 décembre : prise de Ma'arrat par les croisés.

Bataille d'Antioche
les croisés prennent Antioche
1098

13 janvier : l'armée croisée quitte Antioche en direction de Jérusalem .
07 juin : début du siège de Jérusalem .
13 juin : premier assaut contre Jérusalem .
17 juin : une escadre génoise prend Jaffa et ravitaille les croisés assiégeant Jérusalem .
15 juillet : les croisés prennent Jérusalem .
22 juillet : Godefroy de Bouillon reçoit la garde de Jérusalem, mais préfère le titre d'avoué du Saint Sépulcre à celui de roi de Jérusalem .
25 juillet : prise de Naplouse par les croisés .
12 août : les Francs mettent en déroute devant Ascalon une armée fatimide cherchant à reprendre Jérusalem .
septembre : Bohémond de Tarente, prince d'Antioche , échoue à prendre Lattakié aux Byzantins .
31 décembre : Daimbert de Pise est nommé patriarche de Jérusalem . Tancrède de Hauteville conquiert la Galilée et devient prince de Galilée .

Jérusalem est prise par les Croisés en 1099
Jérusalem est reprise par les Croisés
1099

L’ordre militaire et religieux des Templiers est fondé à Jérusalem par Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer afin de protéger les routes empruntées par les pèlerins.

Baudouin II cède une partie de son palais de Jérusalem à Hugues de Payns et Geoffroy de St-Omer.
Baudouin II cède une partie de son palais de Jérusalem à Hugues de Payns et Geoffroy de St-Omer.
1118

Ouverture du concile de Troyes , par le pape Honorius II pour reconnaître officiellement l’Ordre du Temple , et sa règle , rédigée par Bernard de Clairvaux .

Concile de Troyes de l'Église catholique , ouvert le 13 janvier 1129 afin de reconnaitre officiellement l'ordre des Templiers.
Concile de Troyes de l'Église catholique , ouvert le 13 janvier 1129
1129

Le Pape Eugéne III autorise les templiers a porter la croix pattée rouge en 1147 , dès 1139 cette croix est mentionnée dans la bulle pontificale "omne datum optimum".

Le Pape Eugéne III autorise les templiers a porter la croix pattée rouge en 1147.
Le Pape Eugéne III autorise les templiers a porter la croix pattée rouge en 1147
1147

L'indépendance religieuse des Templiers fut reconnue dès 1163 , par une bulle du pape Alexandre III nommée « Omne datum optimum » donnée à Tours le 18 juin.

L'indépendance religieuse des Templiers fut reconnue dès 1163 , par une bulle du pape Alexandre III
Sceaux de Bulle pontificale d'Alexandre III
1163

Imad ad-Din Zengi , hésite à défendre d'Alep et préfère s’entendre avec Saladin. Il lui cède Alep contre plusieurs places fortes , Sinjar , Raqqa , Saruj et Nisibin.

Imad ad-Din Zengi, avare de nature, hésite à rémunérer les défenseurs d'Alep et préfère s’entendre avec Saladin. Il lui cède Alep moyennant la possession de plusieurs places fortes, Sinjar, Raqqa, Saruj et Nisibin, où il se retire le 12 juin 1183 avec ses richesses, sous les huées de la population.
Imad ad-Din Zengi, avare de nature, hésite à rémunérer les défenseurs d'Alep et préfère s’entendre avec Saladin.
1183

Baudouin IV de Jérusalem (1161-1185) , dit le Lépreux , fils d'Amaury Ier de Jérusalem issu de sa première union avec Agnès de Courtenay , fut roi de Jérusalem de 1174 à 1185.

Mort de Baudouin IV et couronnement de Baudouin V . Guillaume de Tyr
Mort de Baudouin IV et couronnement de Baudouin V
1185

Siège de Jérusalem par l’armée de Saladin du 20 septembre au 02 octobre 1187 .
Contexte
Le royaume de Jérusalem , affaibli par des querelles intestines , fut totalement vaincu à la bataille de Hattin le 4 juillet 1187. La noblesse du royaume fut emprisonnée , y compris le roi Guy de Lusignan. Dans un premier temps , la Ville sainte est épargnée , car le sultan Saladin préfère consacrer l’été à prendre les différents ports du royaume , Saint-Jean-d'Acre , Sidon , Beyrouth et Ascalon , et d'autres places fortes comme Naplouse , Jaffa , le château de Toron , afin d'empêcher tout débarquement de renforts venus d'Europe. Les survivants de la bataille et quelques réfugiés s’enfuirent à Tyr , la seule cité n'ayant pas succombée aux assauts de Saladin , grâce à l’arrivée opportune de Conrad de Montferrat.
Situation à Jérusalem
À Tyr , Balian d’Ibelin , seigneur de Ramla et de Naplouse ( le noble de plus haut rang ayant pu s’échapper après la défaite de Hattin ) avait demandé à Saladin un sauf-conduit vers Jérusalem pour retrouver sa famille. Saladin accéda à sa requête , à la condition que Balian ne se soulève pas contre lui et qu’il ne reste pas plus d’une journée à Jérusalem. Sur place , le patriarche Héraclius , la reine Sibylle et les habitants le prièrent de prendre en charge la défense de la ville. Héraclius , affirmant qu’il restait à Jérusalem dans l’intérêt du christianisme , lui proposa d’absoudre son serment , ce que Balian accepta. Via une délégation , il diffusa la nouvelle de sa décision à Saladin stationné à Ascalon : Balian refusait l’offre du Sultan pour négocier la reddition de Jérusalem. La situation à Jérusalem était catastrophique la ville était peuplée de réfugiés fuyant l’armée de Saladin , et il en arrivait chaque jour davantage. Il y avait moins de quatorze chevaliers dans toute la ville , alors Balian en adouba soixante parmi les rangs des écuyers et des commerçants. Il se prépara au siège inévitable en amassant des fonds et des vivres. Les armées de Syrie et d’Égypte se réunirent sous le commandement de Saladin , et après le vain et bref siège de Tyr , le sultan arriva aux abords de Jérusalem le 20 septembre. Siège de Jérusalem
Les négociations entre Balian et Saladin furent menées par l’intermédiaire de Youssef Batit , un membre du clergé de l’Église orthodoxe. L’Orthodoxie avait été réduite au silence pendant le règne de l’Église Catholique et leurs membres croyaient qu’ils auraient plus de libertés si la ville était à nouveau gouvernée par les Musulmans. Saladin désirait s’emparer de la ville sans effusions de sang , mais les assiégés refusérent de quitter leur ville sainte , jurant de la détruire dans un combat à mort plutôt que de la concéder pacifiquement. C’est dans ce contexte que commença le siège de Jérusalem.
Négociations entre Balian et Saladin
Le 25 septembre , Balian partit avec quelques cavaliers à la rencontre de Saladin pour parlementer , lui offrant la reddition qu’il avait initialement déclinée. Saladin s’apprêtait à refuser , car alors qu’ils parlementaient , ses hommes avaient escaladé les remparts , et hissé leurs couleurs , mais , les croisés repoussèrent l’attaque. Les deux parties s’accordèrent sur une reddition pacifique de la ville. S'engagérent alors d'interminables négociations sur le nombre et sur le prix des hommes qui pourraient quitter Jérusalem. Finalement , il fut décidé que Saladin libèrerait 7 000 habitants pour 30 000 besants .
Reddition de Jérusalem
Le 2 octobre , Balian rendit les clés de la citadelle. Il fut annoncé que chaque habitant avait à peu près un mois pour payer sa rançon , s’il le pouvait . Saladin en libéra quelques-uns qui furent soumis à l’esclavage , son frère Al-Adel fit de même , Balian et Héraclius , ne voulant pas être perçus comme étant moins généreux que leurs ennemis , en libérèrent beaucoup d’autres avec leur propre fortune. Ils se proposèrent comme otages en échange des citoyens restants ( plusieurs milliers ) qui n’avaient pas payé leur rançon , mais Saladin refusa . Saladin s'arrangea pour que les habitants quittent Jérusalem en file indienne afin d’éviter un massacre similaire à celui survenu lors de la capture de la ville par les croisés en 1099. Les habitants ayant payé leur rançon marchèrent en trois colonnes , les Templiers et les Hospitaliers guidèrent les deux premières , Balian et le patriarche guidèrent la troisième. Balian fut autorisé à rejoindre sa famille à Tripoli. Héraclius eut la permission d’évacuer quelques biens d'église et quelques reliques , d'après le chroniqueur musulman Imad al-Din al-Isfahani .
Epilogue
Quelques réfugiés arrivérent à Tripoli , où l’entrée leur fut refusée et où leurs biens leurs furent volés. Beaucoup d’entre eux partirent à Antioche , en Cilicie ou à Byzance. Les autres réfugiés partirent en Égypte , et purent embarquer à bord de navires italiens en partance pour l’Europe. Saladin rétablit le libre passage des pèlerinages chrétiens à Jérusalem , et permit au Saint-Sépulcre de rester aux mains des Chrétiens. Pour consolider la légitimité Musulmane de Jérusalem , plusieurs lieux saints , dont celui qui deviendra la mosquée al-Aqsa , furent purifiés avec de l’eau de rose. Saladin partit ensuite à la conquête de quelques places fortes qui résistaient encore , dont Belvoir , Kerak et Montréal , et retourna à Tyr pour l’assiéger une deuxième fois.

Entre-temps , les nouvelles de la défaite désastreuse de Hattin arrivèrent en Europe grâce à l’archevêque de Tyr et grâce à d’autres pèlerins et voyageurs , alors que Saladin était en train de conquérir le reste du royaume pendant l’été de l’année 1187. Une nouvelle croisade fut immédiatement planifiée et , le 29 octobre , le pape Grégoire VIII publia la bulle Audita tremendi , avant même qu’il n’ait eu vent de la chute de Jérusalem. En France et en Angleterre , la dîme saladine fut instaurée pour financer l'effort de guerre. La troisième croisade qui en résulta ne fut pas prête avant 1189 , et partit en trois contingents différents , menés par Richard Cœur de Lion , Philippe Auguste et Frédéric Barberousse.

Mort de Baudouin IV et couronnement de Baudouin V . Guillaume de Tyr
Mort de Baudouin IV et couronnement de Baudouin V
1187

Après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187 , Philippe Auguste est peu motivé par une nouvelle croisade mais La mort d'Henri II en 1189 scelle son départ en Terre Sainte.

Henri II et Philippe Auguste s'allient pour une nouvelle croisade
Henri II et Philippe Auguste s'allient pour une nouvelle croisade
1188

Guy de Lusignan renonce officiellement à la couronne de Jérusalem en échange de Chypre , qu’il achète au roi , et Conrad reçoit la couronne tant convoitée.

les templiers vendent chypre à guy de Lusignan
les templiers vendent chypre à guy de Lusignan
1192

Richard et Saladin conclurent un accord pour Jérusalem en 1192 , la cité resterait musulmane mais serait ouverte aux Chrétiens.Saladin meurt le 3 mars 1193 à Damas.

Saladin meurt le 3 mars 1193 à Damas
Saladin meurt le 3 mars 1193 à Damas
1193

Le 10 juin 1194 , la Cathédrale de Chartres est ravagée par les flammes , l'incendie durera 3 jours , le voile de la Vierge aurait été providentiellement mis à l'abri dans le martyrium dit « chapelle de Saint Lubin » par des clercs. Après trois jours de déblayage , les chanoines qui s'étaient réfugiés avec elle et la relique sont retrouvés. En réchappent plusieurs parties : les cryptes , les deux tours qui ne subissent que des dégâts mineurs. Le portail occidental est conservé ainsi que les trois baies de vitraux le surplombant. Un autre vitrail , « Notre-Dame de la Belle Verrière » , est aussi sauvé de l'incendie avant d'être remonté dans le déambulatoire . La réédification de la cathédrale , sous la forme que nous connaissons aujourd’hui , débute le 20 Aout , ce qui suppose un programme architectural planifié depuis longtemps. Initié par l'évêque Renaud de Bar , l'église en appelle aux Templiers pour rebatir cet édifice , ce projet n'est peut-être pas la conséquence de l'incendie. Les historiens émettent deux hypothèses : soit l'incendie est un accident de chantier ( chantier de restauration ou de construction ) , soit il a été provoqué pour débloquer une situation conflictuelle entre les chanoines et l'évêque . Certains architectes qui interviennent dans la construction de cette cathédrale gothique sont de nos jours connus , mais il faut prendre en compte une succession de maîtres d’œuvre venus d'autres chantiers contemporains. Toutefois force est de constater l'extrême rapidité du chantier et ce , sans rupture de financement : la nef est bâtie avant 1210. Dès 1221 , les chanoines s'installent dans leurs stalles , ce qui indique que l'érection du chevet est achevé. Tout le gros œuvre , hormis les porches , les voûtes et les pignons du transept , est achevé en une trentaine d'années (1194-1225). En 1240 , les vitraux sont déjà réalisés et la consécration solennelle a lieu le 24 octobre 1260.

Construction de la cathedrale de chartres débutée en 1194
Construction de la cathedrale de chartres 1194
1194

Le 12 avril 1204 , les troupes de la IV ème croisade s'emparent de Constantinople , capitale de l'Empire byzantin. La ville est mise à sac , 2 000 Grecs sont massacrés.

Les troupes de la IV ème croisade s'emparent de Constantinople en 1204 , richissime capitale de l'Empire byzantin. Le scandale est immense dans toute la chrétienté et de ce jour fatal date la véritable rupture entre la chrétienté orthodoxe d'Orient et la chrétienté catholique d'Occident...
Les troupes de la IVe croisade s'emparent de Constantinople 1204
1204

Damiette , affaiblie par la disette , ne résiste que de moins en moins aux assauts croisés , les mangonneaux entament les remparts et la ville tombe le 5 novembre 1219.

Les croisés prennent Damiette en 1219. La garnison de Damiette , affaiblie par la disette et les épidémies , ne résiste que de moins en moins aux assauts croisés , les mangonneaux des Hospitaliers entament les remparts et la ville est prise le 5 novembre 1219. La lutte fait aussitôt rage entre les factions croisés pour le contrôle de la ville. Le 21 décembre 1219 , les Italiens tentent de chasser les Français de la ville. Le 6 janvier 1220 , ces derniers prennent leur revanche et chassent les Italiens. Une trêve est acceptée par les rivaux le 2 février 1220 , ceux-ci ne s’entendent pas sur le sort de la ville. Les Italiens souhaitent y établir une colonie qui leur permettra d’y faire du commerce , tandis que les Français souhaitent l’échanger contre Jérusalem et les possessions du royaume perdues en 1187.
Les croisés prennent Damiette en 1219.
1219

La 5ème croisade fut un échec cuisant , mettant en évidence les diverses lacunes des Croisés et leur incapacité à tirer des leçons de leurs précédents échecs.

Cette croisade est un échec et n’a permis aucune progression et a même failli tourner à la catastrophe. Elle a mis en évidence le décalage important entre l’esprit de la croisade, qui anime de nombreux européens pour qui il faut tuer du Sarrazin et conquérir de nouveaux territoires, et l’esprit colonial animant les Francs d’Orient , qui sont conscient de leur infériorité numérique et qui doivent prendre en compte les réalités politiques du Proche Orient. La cinquième croisade met également en évidence la volonté de l’Occident (papauté en 1220 , puis l’empire germanique une décennie plus tard) de gouverner et prendre en mains les destinées de l’Orient latin sans tenir compte ni des institutions de la Syrie latine ni des réalités politiques. François d'Assise propose l'ordalie au sultan Al-Kamil pour le convaincre de la supériorité de la foi chrétienne.
La 5ème croisade est un fiasco avec la  perte du Caire et de Damiette
1221

La 6ème croisade , est organisée par l'empereur Frédéric II pour reconquérir les territoires du royaume de Jérusalem perdus depuis les victoires de Saladin.

Elle a été un succès pour les croisés , mais ses objectifs sont atteints par la diplomatie d’un empereur excommunié plutôt que par les combats , au grand scandale de la chrétienté. Cette méthode a créé un précédent qui influence les croisades suivantes. L’intervention de Frédéric II a cependant été désastreuse pour les institutions du royaume de Jérusalem qui, se retrouvant sans roi , manque désormais d’un pouvoir central et se retrouve en proie à l’anarchie , les différentes factions (les barons , les ordres de chevalerie , les compagnies maritimes commerciales) ayant chacune sa propre politique sans qu’un souverain puisse arbitrer leurs querelles.
Rétrocession de Jérusalem à Frédéric II par Al-Kamil.

Rétrocession de Jérusalem à Frédéric II par Al-Kamil
1228

Une armée se rassemble à Lyon , dirigée par Thibaut roi de Navarre , Hugues duc de Bourgogne , Pierre comte de Bretagne , Amaury de Montfort , Jean comte de Bar ,etc... Cette croisade des Barons débarque à Acre le 1er Septembre pour achever la reconquête du royaume de Jérusalem. Elle quitte la ville pour Ascalon le 2 novembre. Le 13 novembre , échec de cette croisade « champenoise » à la bataille de Gaza . Le 7 décmbre , le sultan ayyoubide de Damas , An-Nasir Dâ'ûd , à la faveur d’un raid surprise , s’empare de la citadelle de Jérusalem. Après avoir détruit la tour de David et d’autres fortifications bâties récemment par les Francs , il se retire avec ses troupes à Al-Karak , estimant la cité indéfendable. Thibaud de Champagne reprend Jérusalem un instant réoccupée par les Égyptiens à l’expiration de la trêve. Sur les conseils des Templiers et des Ibelin , il négocie avec Damas la restitution des places de Galilée , mais le traité n’aboutit pas.

Défaite des croisés à Gaza par les troupes égyptiennes (novembre 1239), le Pape excommunie pour la deuxième fois l'empereur Frédéric II.Mort d’Hermann de Salza, grand maître de l’Ordre teutonique .
Défaite des croisés à Gaza le Pape excommunie pour la deuxième fois l'empereur Frédéric II
1239

Le plus pieux de tous les Rois de France , Louis IX , soucieux de raviver la flamme de la Chrétienté dans son pays , acheta à Byzance de précieuses reliques dont la couronne d'épines qu'aurait portée le Christ lors de sa Passion. Négociées par l'intermédiaire des marchands vénitiens , les précieuses reliques , au nombre de vingt-deux , sont accueillies cérémonieusement à Sens , le 10 août 1239. De là , et après la fête de l'Assomption , du 16 août au 19 août , elles gagnent la capitale en procession . Sur le chemin , les chroniqueurs rapportent la présence d'une foule immense d'un million de personnes au moins . Ces fidèles venus se recueillir sur le passage des reliques du Christ vont contribuer à faire de la France la fille ainée de l'église Catholique !
Le 19 août 1239 , la procession arrive aux portes de Paris. Le jeune roi de vingt-cinq ans délaisse ses atours royaux , endosse une simple tunique de pénitent et , pieds nus , aidé de son frère Charles d'Anjou , porte la Sainte Couronne jusqu'à la cathédrale Notre-Dame de Paris , dont la toiture est tout juste achevée pour l'occasion .
La Sainte Couronne trouvera un peu plus tard un reliquaire à sa mesure , la Sainte-Chapelle...

Le 19 août 1239 , la procession arrive aux portes de Paris. Le jeune roi de vingt-cinq ans délaisse ses atours royaux , endosse une simple tunique de pénitent et , pieds nus , aidé de son frère Charles d'Anjou , porte la Sainte Couronne jusqu'à la cathédrale Notre-Dame de Paris , dont la toiture est tout juste achevée pour l'occasion . La Sainte Couronne trouvera un peu plus tard un reliquaire à sa mesure , la Sainte-Chapelle...
sainte couronne
1239

Les sixièmes et septièmes croisades furent menées par un pouvoir séculier, alors que les croisades précédentes furent appelées croisades pontificales.

La septième croisade est la première des deux croisades entreprises sous la direction du roi Louis IX de France , Saint Louis. Décidée par le roi en 1244 , elle quitte le royaume de France en 1248 et aborde l’Égypte en 1249. Vaincue par les maladies , l’armée ne retrouve sa liberté qu’en 1250 , et le roi de France passe les quatre années suivantes à mettre le royaume de Jérusalem en état de se défendre contre les Mamelouks. La croisade prend fin en 1254 avec le retour du roi en France après la mort de Blanche de Castille , sa mère qui assurait la régence du royaume pendant son absence.
7 ème croisade saint Louis s'embarque a Aigues mortes pour conquerir l'Egypte
1248

Début juin , après quelques jours passés à Corbeil , Louis IX fait ses adieux à Blanche de Castille et part pour la croisade . Il descend vers le Midi , en faisant une longue halte à Sens où se tient le chapitre général de l'ordre franciscain. Il fait ensuite étape à Lyon pour s'entretenir avec le pape Innocent IV , qui lui promet de protéger la France contre les éventuelles attaques du roi d'Angleterre . De Lyon , Louis descend le Rhône et , à La Roche-de-Glun , rencontre un châtelain , Roger de Clérieu , qui exige un droit de péage pour tous les passants. Le 1er Aout le roi outré par ce comportement refuse de payer et ordonne à son vassal de laisser passer la croisade . Roger de Clérieu ne se démonte pas et capture des otages croisés , c'en est trop , Louis fait le siège du château , le prend en 48 heures et le fait raser immédiatement , ce triste sire , Roger de Clérieu , sauvera sa tête en promettant au Roi de ne plus commetre d'exactions . Cette histoire figure dans le récit de Joinville narrateur de cette Croisade . Au milieu du mois d'août , le roi arrive enfin à Aigues-Mortes puis , le 25 , s'embarque avec sa suite qui comporte quasiment tous les membres de sa famille proche , son épouse Marguerite de Provence , ses frères Robert d'Artois , Charles d'Anjou avec sa femme Béatrice et Alphonse de Poitiers ainsi que le beau-père de ce dernier , Raymond VII de Toulouse . Bien que les historiens ne soient pas tous d'accord sur les chiffres , on estime que l'armée de la croisade rassemble environ 2 500 chevaliers , 2 500 écuyers et valets d'armes , 10 000 fantassins et 5 000 arbalétriers , soit environ 25 000 hommes et 8 000 chevaux , chiffres considérables pour l'époque. Selon Le Nain de Tillemont , la flotte royale comprend trente-huit grands vaisseaux et des centaines d'embarcations plus modestes .

Louis IX fait ses adieux à Blanche de Castille sa mère et part pour la 7 ème croisade .
Louis IX fait ses adieux à Blanche de Castille et part pour la 7 ème croisade
1248

Le 17 Septembre 1248   
Débarquement à Limassol sur l'ile de Chypre de Louis IX et de son armée , puis hivernage de la Septième croisade .

Dès 1247 , Louis IX envoie à Chypre une équipe de spécialistes chargés d’organiser l’intendance et le ravitaillement de la future croisade. Afin de disposer d’un port digne de ce nom , Louis IX ordonne la construction du port d'Aigues-Mortes. C’est de ce port qu’il embarque le 25 août 1248 pour la 7 ème croisade , avec une grande partie de la noblesse française. La flotte débarque à Limassol le 17 septembre 1248 où elle est reçue par le roi Henri Ier pour hiverner dans l’île. Cet hivernage va permettre aux chefs de la croisade de préparer leur stratégie pour reconquérir les villes perdues. Une précédente croisade , celle de Thibaut IV de Champagne en 1239 , avait montré qu’il n’était plus envisageable de marcher directement sur Jérusalem , aussi les croisés décident de débarquer en Égypte par surprise pour y prendre des villes pour les échanger contre Jérusalem.
L’époque est favorable pour les croisés. L’Empire ayyoubide de Saladin est divisé entre le sultan d’Égypte , l’émir de Damas et celui d’Alep , qui se font la guerre. Malik al-Salih Ayyoub , sultan d’Égypte assiège Alep , et les émirs syriens , cherchent à négocier une alliance des croisés contre leur cousin. Mais le roi de France , nom accoutumé à la politique au Proche Orient , ne veut pas s’allier à des musulmans et les éconduit.
Au printemps 1249 , la ville de Saint-Jean-d'Acre , qui doit livrer les navires pour transporter l’armée en Égypte , est déchirée entre les Pisans et les Génois qui se livrent à des combats de rue. Louis IX doit intervenir pour négocier la paix entre eux. Après beaucoup de temps perdu à cause de ces affrontements entre Pisans et Génois , l’escadre arrive enfin à Limassol , mais peu après le départ pour l'Égypte , une tempête la disperse. Les premiers navires arrivent en vue de Damiette le 4 juin.
Si les huit mois d’hivernage à Chypre permirent aux Croisés de se préparer , ils permirent également au sultan Malik al-Salih Ayyoub de se préparer à l’invasion car il a été averti par des traitres chrétiens , mais il se trouve au mois de mai à Damas , ne sachant pas si le débarquement doit se faire en Égypte ou en Syrie. Gravement malade , il rentre en Égypte et confie l’armée à l’émir Fakhr al-Dîn Ibn al-Sheikh qu’il envoie à Damiette pour s’opposer au débarquement. Le 5 juin 1249 , les croisés débarquent sous les charges successives des soldats musulmans , et réussissent à mettre le pied sur le rivage , puis à repousser l’armée ayyoubide. Plusieurs émirs sont tués et Fakhr al-Din décide d’abandonner la plage. Il se replie sur Damiette , mais n’ose pas y rester et se réfugie à Ashmûn-Tannâh , plus au sud. Pris de panique , les habitants de Damiette évacuent leur ville pour fuir dans le delta du Nil. Craignant un piège grossier , le 6 juin , avec beaucoup de prudence les croisés s'emparent de Damiette.

1248 septième croisade organisée par Louis IX.
Prise de Damiette par les croisés 1249
1248

La prise de Damiette de 1249 est un épisode guerrier de la septième croisade qui voit l'armée de Saint Louis prendre la ville de Damiette en Égypte.

Soumis à un tir intensif de la part des archers et arbalétriers francs , les cavaliers et fantassins musulmans s'avancent dans la mer pour tenter de contrer l'invasion. Les croisés, dont Louis IX en personne , sautent à l'eau et parviennent à rejoindre le rivage. La bataille est gagnée sans pertes notables. Plusieurs émirs sont tués. Fakhr al-Din décide d’abandonner la plage et la flotte du sultan doit se replier. Pris de panique, les habitants de Damiette évacuent leur ville pour fuir dans le delta du Nil, laissant Damiette, qui regorge de nombreuses richesses , à la merci des envahisseurs. Le 6 juin , les croisés peuvent entrer dans la ville , et s’en emparer. Tandis que « le commun peuple s'en prend aux folles femmes » , le partage du butin suscite de longues discussions et Louis IX doit statuer. Il prend la décision de garder tous les grains pour assurer le ravitaillement de l'armée mais se heurte aux barons qui invoquent la coutume de n'accorder au roi que le tiers du butin. Saint Louis s'en tiendra à sa décision , malgré les protestations des seigneurs. L’armée attend l’arrivée du reste de la flotte , dispersée par la tempête. Quand elle arrive , il est trop tard pour poursuivre l'invasion: la crue annuelle du Nil oblige les croisés à rester à Damiette pendant 6 mois. De son côté , le sultan fait pendre tous les officiers qui ont échappé au désastre. Sa proposition d’échanger Damiette contre les villes d’Ascalon , de Jérusalem et de Tibériade échoue. Refusant de s'avouer vaincu , il s’emploie à remettre de l'ordre au sein de son armée afin de reprendre le combat et rejeter les croisés à la mer.
Prise de Damiette par les croisés 1249
1249

L'empereur polyglotte Frédéric II fit preuve tout au long de son règne d'ouverture d'esprit et d'avant-gardisme , sa mort séme le cahos dans l'empire germanique.

Il parlait au moins six langues : le latin , le grec , le sicilien , l'arabe , le normand et l'allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour , portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman , il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté , après Godefroy de Bouillon.
Le tombeau de Frédéric II dans la cathédrale de Palerme.

Prise de Damiette par les croisés 1249
1250

La bataille de Mansourah est un épisode célèbre de la septième croisade , survenu en Égypte , Saint Louis y est capturé puis libéré contre rançon.

De janvier a Avril les croisés remportent des victoires laborieuses. Le 5 avril , touchés par une épidémie , privés de ravitaillement par la perte de leur flotte, capturée par les Mamelouks , les croisés font retraite. Le 7 avril , le roi est fait prisonnier. Alors que les Mamelouks réclament le prix fort pour le libérer ainsi que d'autres prisonniers croisés , Louis IX décide de négocier. Début mars , il se dit prêt à accepter la proposition faite en 1249 par le sultan Malik al-Salih Ayyoub de rendre Damiette en échange de Jérusalem. Mais le nouveau sultan al-Mu'adham , qui vient d’arriver en Égypte , refuse. À la mi-mars , les galères égyptiennes détruisent ou capturent les nefs de la flotte franque , coupant toute retraite vers Damiette. Louis IX est le premier souverain français à être capturé sur un champ de bataille. Le 6 mai 1250 , Damiette est restituée aux musulmans. Louis IX est libéré contre le retrait de ses troupes du territoire égyptien et du paiement d’un million de dinars de rançon. Fin mai , tous les Francs ont quitté le pays.
Saint Louis guerroyant aux côtés du Comte d'Artois , son frère , et du Baron Malet de Graville , chevalier l'ostel du Roy

Louis IX est le premier souverain français à être capturé sur un champ de bataille
1250

Ad extirpanda est une bulle promulguée par Innocent IV le 15 mai 1252 , après l’assassinat de l’inquisiteur Pierre de Vérone , le 6 avril 1252 , par une conspiration de cathares.

Cette bulle autorise l’usage de la torture par l’Inquisition , si nécessaire , et définit dans quelles circonstances elle est applicable afin d’obtenir des aveux des hérétiques. La bulle fait valoir que comme les hérétiques sont des « assassins d'âmes mais aussi des voleurs de sacrements divins et de la foi chrétienne… » ils doivent « être forcés , comme le sont les voleurs et les bandits en confessant leurs erreurs et accusant d'autres , bien qu'il ne faut pas négliger les dangers pour la vie ou l'intégrité physique ». Ad extirpanda précise trois critères : la torture ne doit pas entraîner la mort ou menacer l'intégrité physique (« citra membri diminutionem et mortis periculum ») , la torture ne doit être utilisée qu’une fois , l’inquisiteur doit juger les éléments de preuve contre l'accusé quasiment certains. La bulle concède à l'État le droit de confisquer une partie de la propriété des hérétiques reconnus coupables par l’Inquisition. En contrepartie , l'État assume la charge de mener à bien la peine. La bulle précise : « Quand ceux jugés coupables d'hérésie ont été donnés à la puissance civile par l'évêque , son représentant ou l'Inquisition , le podestat ou le premier magistrat de la ville doit les prendre en même temps , et doit, dans les cinq jours au plus , exécuter les lois prononcées contre eux ».
Exécution de condamnés à mort au cours d'un autodafé , par Pedro Berruguete (1495)

Ad extirpanda est une bulle promulguée par Innocent IV le 15 mai 1252
1252

Louis IX signe une tréve de 10 ans avec les Mamelouks après sa libération contre rançon et la réorganisation des états Latins.

Louis IX en pèlerinage à Nazareth , Chroniques de Saint-Denis
Durant la détention de son époux, la reine Marguerite de Provence exerce le rôle de chef de l'armée et réunit en un temps record les 400 000 besants , constituant le premier versement de la rançon et, le 6 mai 1250 , Louis est libéré. Quelque temps après sa libération, en mai 1250, Louis IX commence un pèlerinage en Terre sainte. Il appelle alors ses sujets à le rejoindre mais renvoie ses frères Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou en France afin qu'ils puissent épauler leur mère, qui exerce la régence. Mais, au printemps 1253 , alors qu'il est à Sidon , il apprend la mort de sa mère , survenue le 27 novembre 1252. Après plusieurs jours d'un grand deuil , Louis conclut qu'il doit rentrer et , le 24 avril 1254 , rembarque d'Acre pour la France. Le 10 juillet, il débarque aux Salins-d'Hyères où il demande à rencontrer le frère Hugues de Digne. Partant de Hyères , le roi se rend ensuite à Aix-en-Provence pour un pèlerinage dédié à Marie Madeleine, puis entre en France par Beaucaire et , après plusieurs arrêts dans différentes villes de France , dépose l'oriflamme et la croix à Saint-Denis. Enfin , il fait son entrée à Paris le 7 septembre 1254 , où il est particulièrement bien accueilli par le peuple. La septième croisade est cependant vécue comme un échec total , ce qui suscite un certain scepticisme vis-à-vis de la guerre sainte et une amertume envers le clergé , accusé de ne pas s'être assez impliqué.
Louis IX signe une tréve de 10 ans avec les Mamelouks
1252

Victoire à Bagdad de l'armée mongole du chef Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan. La ville fut prise, mise à sac et brûlée les habitants furent massacrés.

La grande bibliothèque de Bagdad contenant d'innombrables ouvrages historiques traitant de médecine et d'astronomie fut entièrement détruite. Des survivants dirent même que l'encre de tous ses livres assombrit les eaux du Tigre. Les Mongols détruisirent également les mosquées , les palais, les autres bibliothèques ainsi que des édifices d'une grande richesse culturelle. La population tenta d'échapper à l'armée mongole qui les intercepta et les massacra. Environ 90 000 civils auraient été tués. D'autres estimations fixent à des centaines de milliers les victimes civiles. Ian Frazier du New Yorker considère que 200 000 à un million de Bagdadis n'auraient pas survécu au siège. Le calife fut capturé et forcé d'assister aux scènes de massacres et de tortures subies par son peuple. Il mourut piétiné par les chevaux de la cavalerie mongole après avoir été enroulé dans un tapis , cette thèse confirmant une croyance mongole ancestrale selon laquelle la terre maudirait quiconque ferait couler sur elle du sang royal. Ses fils furent tués, un seul survécut pour être envoyé en Mongolie. Plusieurs récits disent qu'Houlagou déplaça le camp du côté où soufflait le vent car l'odeur des cadavres émanant de la ville devenait insupportable. Le comportement des troupes mongoles fut souvent qualifié de barbare. Il faut noter que la tactique d'Houlagou était directement héritée de son aïeul Gengis Khan , qui voyait dans la violence des destructions un moyen efficace de décourager les velléités de résistance chez tout ennemi potentiel.
L'armée d'Houlagou Khan attaque Bagdad
1258

Du 26 août au 03 Septembre 1248   Qutuz quitte l’Égypte pour en découdre avec les Mongols

Qutuz à la tête des armées égyptienne et syrienne réunies , envoya le général Baybars en mission de reconnaissance avec une partie de l’armée. Au cours de cette mission , Baybars dut affronter un contingent Mongol et remporta la victoire. Ce premier succès contre les Mongols réhaussa le moral des troupes Musulmanes. L’armée mongole était dirigée par Kîtbûqâ depuis le départ soudain d’Houlagou provoqué par la mort de Möngke et les désordres successoraux qui en découlaient. Kîtbûqâ entreprit de rassembler ses troupes éparpillées en Syrie. Sa vanité lui fit refuser d’attendre les renforts promis par Houlagou. Le 3 septembre 1260 , Qutuz et Baybars vinrent à bout de l’armée Mongole conduite par Ketboğa à la bataille d’`Ayn Jâlût. La Syrie revint aux Mamelouks et les Mongols se retirèrent au-delà de l’Euphrate. Cette victoire marqua l’arrêt de l’avancée des Mongols et la fin de leur réputation d'invincibilité.
À son retour au Caire , Baybars renversa le sultan Qutuz qui lui refusait le poste de gouverneur de la Syrie. Il se proclama sultan. Quelques mois après son accession au pouvoir , Abû al-Qâsim Ahmad arriva au Caire , c'était le dernier Abbasside survivant du massacre de 1258. Il était l’oncle d’Al-Musta'sim , le 37e et dernier calife de Bagdad , le fils d’Az-Zâhir (35e calife) et le frère d’Abû Ja`far Al-Mustansîr (36e calife). Baybars ira lui-même à sa rencontre pour reconnaître son rang. Le nouveau calife prit alors le nom d’Al-Mustansîr , comme son frère avant lui à Bagdad. Quelques jours plus tard , il décerna à Baybars le titre de « sultan universel » qui lui conférait une légitimité supplémentaire et justifiait son protectorat sur les villes saintes d’Arabie. Le calife proclama que le devoir des musulmans était de reconquérir Bagdad.

Fin de la supériorité Mongole
L'armée d'Houlagou Khan attaque Bagdad
1260

Fin de l'empire Latin d'Orient fondé en avril 1204 sur le territoire de l'Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et de la chute de Constantinople .

Michel VIII Paléologue restaure Byzance le 25 juillet 1261 , Constantinople se livre sans combattre à l'empereur byzantin Michel VIII Paléologue. Un demi-siècle plus tôt , un autre empereur byzantin avait été chassé de la ville par une armée de chevaliers venue d'Occident , à la solde de marchands vénitiens. Ce coup porté à la chrétienté d'Orient avait brisé ce qui restait de l'unité entre l'Orient et l'Occident chrétiens. Avec l'éviction des Latins de Constantinople , les deux moitiés de la chrétienté allaient désormais suivre des chemins radicalement séparés.
L’empire byzantin en 1265
1261

Prise de Césarée par le sultan Baybars qui mène une offensive contre les croisés à la mort d’Houlagou Khan, après s’être assuré de la neutralité de Byzance.

Début du règne de Abaqa , il-qan d’Iran (fin en 1282). Il vient d'épouser Marie , fille de l’empereur byzantin Michel VIII Paléologue. Il n’abandonne pas la politique amicale à l’égard des chrétiens , malgré sa préférence pour le bouddhisme. Le 27 février 1265 : prise de Césarée par le sultan mamelouk d’Égypte Baybars qui mène une offensive contre les croisés après la mort d’Houlagou Khan , après s’être assuré de la neutralité de Byzance et du sultan de Rum. Il se dirige vers le nord , pénètre sur le territoire du roi arménien Héthoum et détruit une à une toutes les villes , dont la capitale Sis , dont il tue une grande partie de la population (1266) , et ramène plus de quarante mille captifs. Le royaume arménien ne s’en relèvera jamais. Dans le meme temps , le Vizir saljûqide Mu‘in ad-Dîn Suleyman prend Sinope aux Grecs
Bataille d'Evesham. Mort et mutilation de Montfort.
1265

Les Templiers perdent Jaffa Beaufort Banyas Gastein. Baybars reprend Antioche, dont la population est massacrée ou réduite en esclavage.

Le 7 mars 1268 : le sultan reprend Jaffa aux croisés.
Le 19 mai : Baybars reprend Antioche , dont la population est massacrée ou réduite en esclavage.
Le 27 mai : trêve entre Baybars et les croisés.
Le 29 octobre : la mort du roi de Jérusalem Conradin ranime les querelles dynastiques. Hugues III de Chypre , régent du royaume depuis 1264, voit ses droits à la couronne reconnus par les barons , mais contestés par Marie d'Antioche , qui vend les siens à Charles Ier d'Anjou (1277).
Dès la fin de l’année , des rumeurs circulent selon lesquelles le roi de France se prépare à revenir en Orient à la tête d’une puissante armée.

Rukn al-Din Baibars (1223 1277)
1268

Hugues III revendique la succession du royaume de Jérusalem , en tant qu’aîné des descendants de la reine de Jérusalem , succession contestée par Marie d’Antioche ,plus proche parente du précédent roi.

Hugues II meurt le 5 décembre 1267 et Hugues lui succéda sur le trône sous le nom d’Hugues III. Il décide de reprendre le nom de Lusignan. Le 29 octobre 1268 , c’est son cousin Conradin de Hohenstaufen , le roi de Jérusalem en titre qui meurt. Hugues III revendique la succession du royaume de Jérusalem , en tant qu’aîné des descendants de la reine de Jérusalem , succession contestée par Marie d’Antioche , en tant que plus proche parente du précédent roi. Hugues est choisi par la Haute Cour , reçoit l’hommage de Geoffroy de Sargines , sénéchal du royaume et représentant de Saint-Louis et est sacré roi de Jérusalem le 24 septembre 1269 dans la cathédrale de Tyr. Bien qu’Hugues III soit choisi par l’assemblée des barons du royaume , ce règne ne s’est pas déroulé sans difficulté. À l’intérieur, cela fait trente cinq ans que les barons du royaume se sont passés de roi. La difficulté est accrue par la fait que la noblesse chypriote ne se sent tenue de rejoindre l'ost royal que pour défendre le royaume de Chypre et ne se considère pas comme obligée de suivre le roi dans le royaume de Jérusalem. À l’extérieur , le sultan mamelouk Baybars a commencé la conquête du royaume depuis cinq ans et aucun roi ou noble d’Europe Occidentale ne souhaite partir en croisade , Saint-Louis excepté.
Hugues III de Chypre devient roi de Jérusalem
1269

8 ème croisade Louis IX meurt de la peste à Tunis . L'époque des grandes croisades est définitivement close.

Le roi de France, Louis IX (1226-1270), a pris la croix , pour la seconde fois , en 1267. La « huitième » croisade , en 1270 , se dirige vers Tunis et non vers l'Orient comme les précédentes. Le roi espère convertir au christianisme l'émir hafside al-Mustansir et , peut-être , faire de l'Ifrīqiyya (Tunisie) une base d'attaque vers l'Égypte mamelouk qui contrôle la Terre sainte. Mais , surtout , Louis IX, qui n'envisage pas son retour en France, accomplit ainsi un dernier pèlerinage expiatoire , même si l'expédition a été sérieusement préparée. Embarquée à Aigues-Mortes , l'armée royale arrive le 17 juillet à La Goulette , mais il apparaît très vite que l'émir n'a aucune intention de se convertir. La dysenterie (ou le typhus , mais non la peste comme on l'écrit souvent) fait des ravages dans les troupes et atteint la famille royale. Louis IX , touché à son tour, meurt, le 25 août 1270 à Carthage. Son fils , Philippe III le Hardi , lui succède et organise le retour du corps de son père et de l'armée en France. L'époque des grandes croisades est définitivement close , l'expédition de Tunis est déjà apparue anachronique à de nombreux contemporains (tel Joinville). Dès 1271 , une enquête est lancée par le Saint-Siège en vue de la canonisation de Louis IX qui deviendra Saint Louis en août 1297.
8 ème croisade Louis IX meurt de la peste à Tunis
1270

Philippe III le Hardi meurt à Perpignan au retour de sa croisade victorieuse contre le roi d' Aragon en représailles de la journée des vêpres siciliennes.

Philippe III le Hardi , fut proclamé roi de France en Afrique , après la mort de saint Louis son père , le 25 août 1270. Il remporta une victoire sur les infidèles et après avoir conclu avec le roi de Tunis une trêve de dix ans , il revint en France. Son règne est éternellement mémorable par la journée affreuse des vêpres siciliennes. Philippe le Hardi , pour s’en venger , marche en personne contre le roi d’Aragon , il prend d’assaut et ruine de fond en comble la ville d’Elne , et emporte aussi Gironne. En revenant de cette expédition , il mourut d’une fièvre maligne à Perpignan.
Philippe III le Hardi meurt à Perpignan au retour de croisade en Aragon
couronnement de Philippe III le Hardi
1285

Perte de Saint-Jean-d'Acre en 1291 par Henri II , roi de Chypre et de Jérusalem qui se solda par la prise de la ville et la fin de la présence Franque en Terre sainte.

Henri II , roi de Chypre et de Jérusalem réussit à négocier en mars 1289 une trêve de dix ans avec Qala'ûn , mais celui-ci meurt le 6 décembre 1290. Son fils Al-Ashraf Khalil entend profiter du moindre prétexte pour reprendre les hostilités. L'ancien royaume de Jérusalem est alors composé des villes de Saint-Jean-d'Acre , Beyrouth , Tyr , Saïda et de la forteresse d'Hatlith.
Une croisade de pèlerins non combattants arrive alors à Saint-Jean-d'Acre. Ces pèlerins s'imaginent que leur bonne volonté suffirait à reprendre Jérusalem. Sans connaissance de la situation politique en Terre sainte , ils accusent les Latins d'Orient de complaisance à l'égard des musulmans , n'hésitant pas à les qualifier de traîtres à la cause chrétienne. Ils refusent le principe de la trêve. Par sécurité , une interdiction de quitter la ville leur est intimée. Ils passent à l'action dès le 13 mars 1291 , en massacrant des paysans musulmans venus en ville vendre leur production. Ils ne s'arrêtent pas à ce premier massacre. Ils envahissent le bazar et égorgent les marchands supposés musulmans. Atterrés , les consuls de la ville et les grand-maîtres des Ordres militaires préfèrent alors avertir directement le sultan Al-Ashraf , lequel réclame le châtiment des coupables. Seul Guillaume de Beaujeu , grand maître de l'Ordre du Temple plaide pour l'exécution des criminels. Les autres membres du conseil de Saint-Jean-d'Acre sont persuadés que le sultan se contentera d'excuses. Par conséquent , des ambassadeurs son envoyés chargés de présents pour l'amadouer , mais sont jetés en prison par Al-Ashraf. Le sultan Al-Ashraf arrive devant Saint-Jean-d'Acre le 5 avril 1291 et entame immédiatement le siège. En plus d'une armée de 220 000 soldats , il dispose de nombreuses machines de siège. La ville abrite 30 000 à 40 000 habitants , dont 16 000 soldats. Le 4 mai , le roi Henri II débarque à Saint-Jean-d'Acre , avec 200 chevaliers , 500 fantassins et des vivres en quantité. Le courage des assiégés remonte et Henri II , en tant que roi de Jérusalem essaye de traiter avec le sultan : celui-ci exige la reddition pure et simple de la ville , et accorde la vie sauve aux habitants. Le 7 mai , Henri repart vers Chypre , en laissant son armée sur place. 10 000 habitants ont pu se réfugier dans la Voûte d'Acre , la citadelle des Templiers , qui tient encore. Cette citadelle donne sur la mer et les rescapés peuvent embarquer pour se réfugier à Chypre. Pendant dix jours , la citadelle résiste aux bombardements incessants , avant de succomber à son tour , le 28 mai.

les croisés sont écrasés à Saint Jean d'Âcre en 1291
1291

Le maitre du Temple sur de son bon droit , et confiant dans l'ordre des Templiers , entre en conflit avec Philippe IV et Boniface VIII

Le conflit entre Boniface VIII et Philippe IV le Bel prend un nouveau départ. Philippe le Bel fait arrêter l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset , qu'il accuse de trahison. Boniface VIII fulmine alors la Bulle "Ausculta filii" dans laquelle il rappelle au roi qu'il doit se soumettre à l'Eglise en tant que chrétien. Pourquoi Philippe le Bel et ses principaux conseillers (Guillaume de Nogaret et Guillaume de Plaisians , en particulier) firent-ils arrêter et poursuivre les templiers , non seulement à l’encontre des règles du droit canonique , mais aussi à l’insu du pape ClémentV puis , longtemps , contre sa volonté? Pourquoi ces mesures d’exception? Pourquoi la brutalité , les pressions et les manipulations qui caractérisèrent l’affaire de bout en bout (et en font à juste titre, pour la postérité, le procès politique le plus trouble du Moyen Âge)? Comment comprendre l’extrême acharnement du Capétien et de son entourage , pendant plus de six ans , à faire reconnaître l’«hérésie» des «perfides templiers» par les accusés eux-mêmes , par les juges ecclésiastiques , par le pape , par tous les habitants du royaume du France et par le concile universel ?
les flamands résistent et battent PhilippeIV qui se sent de plus en plus  vulnérable
1301

Du 08 au 11 Septembre 1303   L'«attentat» d'Anagni Une des innombrables exactions d'un roi de France dénué de tout sens moral : Philippe IV le bel !
Le 8 septembre 1303 , à Anagni ville située à quarante kilomètres au sud de Rome , la rencontre entre le Pape et le représentant du roi de France tourne mal. Les émissaires du roi de France commettent un « attentat » contre la personne du Pape . Cet événement marque une rupture avec les Us et Coutumes en vigueur au moyen âge , "du jamais vu jusqu'à lors" .

Un roi sans scrupules et d'une cupidité sans bornes !
Sous le pontificat d'Innocent III puis , en France , sous le règne de Saint Louis , les Rois se soumettaient bon gré mal gré aux exigences du pape. Tout change avec Philippe IV le Bel , petit-fils de Saint Louis , qui veut instaurer une séparation entre l'Église et l'État. Philippe le Bel a besoin d'argent pour poursuivre sa guerre contre les Flamands et pour ce faire il n'hésite pas un instant , il ordonne de dévaluer la monnaie , puis comme cela n'est pas suffisant à ses yeux , il dépouille les juifs , puis les banquiers lombards. Mais sa soif d'argent est inextinguible , et en 1295 il léve un impôt sur le clergé , la « décime ». Le clergé s'incline , bien que le Roi se soit dispensé de demander l'autorisation au pape pour lever cet impôt. Puis comme il n'y a pas de réaction du clergé , il en remet une couche (si je puis m'exprimer ainsi ) , Philippe IV revient vers le clergé avec une taxe supplémentaire , la « cinquantième » , les évêques s'en plaignent au pape Boniface VIII (Benedetto Caetani). Celui-ci publie la bulle « Clericis laicos » où il précise à l'ensemble des souverains que le clergé ne peut être soumis à aucun impôt sans l'accord du Saint-Siège. Les évêques eux-mêmes sont tenus de suivre ces recommandations sous peine d'excommunication !

Un roi qui n'hésite pas à s'attaquer à la Papauté !
Philippe Le Bel riposte en interdisant toute exportation de valeurs hors du royaume de France , ce qui a pour effet de priver le Pape d'une grosse partie de ses ressources. Pressé par le clergé Français , Boniface VIII assouplit sa position et , en 1297 , le « conflit de la décime » se résout à l'avantage du roi de France. Tandis que le roi de France est aux prises avec la papauté , survient la forfaiture de Bernard Saisset , évêque de Pamiers. Celui-ci conteste haut et fort la légitimité du roi de France. Il suggère même au comte de Foix , Roger-Bernard , de libérer le Languedoc de la tutelle capétienne. Le Roi lance une enquête , met les biens de l'évêque sous séquestre et finalement le fait arrêter , déférer devant un tribunal et enfermer dans la prison de l'évêque de Senlis. C'est à ce moment que Philippe IV le bel décide de destituer ce Pape pour en faire élire un autre qui sera dévoué à sa cause , rien ne l'arrétera plus . Boniface VIII s'irrite de ces infractions au droit canonique et publie le 18 novembre 1302 une nouvelle bulle , « Unam sanctam » , où il réaffirme la primauté du Saint-Siège sur les souverains temporels. N'ayant plus d'autres alternatives face au comportement du roi de France , le Pape menace le roi de France d'une excommunication.


Un roi qui se comporte comme un gangster
Le légiste Guillaume de Nogaret , en serviteur zélé du roi de France , se rend en Italie pour signifier à Boniface VIII le courroux du roi de France . L'intention de Guillaume de Nogaret est de faire traduire le Pape devant un concile général en vue de sa destitution. Le projet a l'assentiment d'une bonne partie de la Curie , et de bonnes chances d'aboutir tant le Pape est détesté ( il ne transige sur la religion avec personne ! ). L'homme de confiance de Philippe le Bel se présente avec une petite troupe à Anagni , dans le palais pontifical de la ville natale du pape. Il est accompagné des hommes de la famille romaine des Colonna , qui a un contentieux avec celle du Pape , les Caetani. À Anagni , Guillaume de Nogaret et ses hommes investissent sans sommations les appartements du Pape , dans une cohue indescriptible . Le Pape est conspué , tout le monde se dispute avec tout le monde et , selon la chronique , un Colonna tente de gifler Boniface VIII. Il en est empêché par un Français (peut-être Guillaume de Nogaret ?). Les Français n'osent pas toutefois se saisir de la personne du Pape et se contentent de lui signifier sa convocation au concile. Après trois jours d'attente , les Français doivent s'enfuir piteusement , chassés par les paysans des environs. Le Pape très affecté par ces événements , ne survivra qu'un mois à cette humiliante rencontre.

Un roi qui réussit à faire élire son Pape : Clément V
Après le court pontificat de son successeur Benoît XI , l'élection du français Bertrand de Got sur le trône de Saint-Pierre consacrera la victoire du roi de France qui aura enfin son Pape : Clément V . Clément V , dès son élection en 1305 , jouera un rôle décisif dans l'extermination des Templiers voulue par son maitre Philippe IV le bel . Une fois de plus ce roi cupide fera main basse sur un trésor : celui des Templiers , dès le vendredi 13 Octobre 1307 !
salle ou fut perpétré l'attentat des Français contre le Pape Boniface VIII en 1303
1303

Quelques Templiers restés sur place perdent l'île de Ruad devant Tortose , dernier bastion Chrétien. La Chrétienté à définitivement perdu la partie au Proche Orient.

La chute de Ruad en 1303 fut l'un des événements culminants des Croisades dans la Méditerranée orientale. Lorsque la garnison de la petite île de Ruad tomba , elle marqua la perte du dernier avant-poste des Croisés sur la côte du Levant. Dix ans auparavant , en 1291 , les Croisés avaient perdu leur base de pouvoir principale dans la ville côtière d'Acre , et les Mamelouks musulmans avaient systématiquement détruit tous les ports et forteresses restants des Croisés depuis , forçant les Croisés à relocaliser leur Royaume de Jérusalem qui se résumait à L'île de Chypre. En 1299-1300 , les Chypriotes ont tenté de reprendre la ville portuaire syrienne de Tortose , en mettant en place une zone de rassemblement sur Ruad , à deux milles (3 km) au large de la côte de Tortose. Les plans devaient coordonner une offensive entre les forces des Croisés et celles de l'Ilkhanate (Perse mongole). Cependant , bien que les Croisés aient réussi à établir une tête de pont sur l'île , les Mongols ne sont pas arrivés , et les Croisés ont été contraints de rapatrier la majeure partie de leurs forces à Chypre. Les Templiers ont installé une garnison permanente sur l'île en 1300 , mais les Mamelouks ont assiégé et capturé Ruad en 1303. Avec la perte de l'île , les Croisés ont perdu leur dernier bastion en Terre Sainte.
Les Templiers perdent le dernier bastion Chrétien devant Tortose Les Templiers perdent le dernier bastion Chrétien devant Tortose
1303

Arrestation sur ordre du roi Philippe IV le Bel de tous les Templiers sur le territoire Français le vendredi 13 octobre 1307 . C'est une première en France , et même en Europe.

Au matin du vendredi 13 octobre 1307 , tous les Templiers de France , soit plusieurs milliers au total , sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel (le petit-fils de Saint Louis). Cet acte de violence arbitraire met fin à un ordre original de moines-soldats , vieux de près de deux siècles , qui s'est illustré en Terre sainte et s'est acquis puissance et richesse , s'attirant ainsi la jalousie des féodaux et la convoitise des souverains.
arrestation des templiers 1307
1307

Le concile de Vienne convoqué par le pape Clément V à la demande du roi de France Philippe le Bel se réunit en 1311 et 1312 et aboutit à la suppression de l'Ordre.

Le concile de Vienne est pour l'Église catholique romaine le quinzième concile œcuménique. Il fut convoqué par le pape Clément V à la demande du roi de France Philippe le Bel pour discuter de l'avenir de l'Ordre du Temple. Il se réunit entre octobre 1311 et mai 1312 à Vienne et aboutit à la suppression de l'Ordre. Outre la question centrale des Templiers , ll traita également de la querelle des spirituels qui divisait l'ordre franciscain. Il interdit les béguinages , et légiféra sur la présence de l'islam en terre chrétienne. Les propositions de réforme de Guillaume Durand , évêque de Mende , y furent présentées. Par la bulle Vox in excelso du 22 mars 1312 , le pape supprime purement et simplement le Temple , bien qu'il ne le condamne pas. La bulle Ad providam du 2 mai décrète que les biens du Temple passeront aux mains des Hospitaliers. Enfin , une troisième bulle , datée du 6 mai , annonce que le pape se chargera du jugement des dignitaires de l'Ordre.
bulle-Ad _providam_Christi_Vicarii Bulle pontificale Ad providam Christi Vicarii du 2 mai 1312 - Clément V
1312

Jacques de Molay , dernier grand maître de l'Ordre du Temple , et Geoffroy de Charnay , sont brûlés vif dans la nuit du 11 mars 1314 sur l'ile aux juifs à Paris.

Le sort de Jacques de Molay et des derniers dignitaires de l'Ordre est confié au tribunal religieux de Paris. La sentence de cette instance tombera le 11 mars 1314 : le grand maître de l'Ordre et ses proches sont condamnés à l'emprisonnement à vie. Après cette sentence , Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay , précepteur de l'Ordre pour la Normandie , clament en effet leur innocence. Tous deux reviennent intégralement sur leurs aveux , qu'ils estiment avoir été extorqués sous la torture et les pressions psychologiques. Pour Philippe le Bel, il est impensable de laisser ce revirement déclencher un nouveau procès , ou pire encore, déboucher sur une libération des deux hommes. Quelques heures à peine après avoir pris la parole devant le tribunal , ils sont déclarés relaps et condamnés au bûcher. Celui-ci est dressé à la pointe nord de l'île de la Cité. Jacques de Molay , dernier grand maître de l'Ordre du Temple , et Geoffroy de Charnay , sont brûlés vif dans la nuit du 11 mars 1314. Juste avant de périr dans les flammes , Jacques de Molay lancera une malédiction à l'encontre du pape et du roi de France , leur donnant à chacun rendez-vous devant le tribunal de Dieu dans l'année.
Jacques de Molay, dernier grand maître de l'Ordre du Temple, et Geoffroy de Charnay, sont brûlés vif dans la nuit du 11 mars 1314 sur l'ile aux juifs à Paris
1314

La tradition rapporte que Jacques de Molay assigna le pape et le roi à comparaître devant la justice de Dieu dans l'année . Le Pape mourut le 20 avril 1314 .

Gisant de Clément V dans la Collégiale d'Uzeste (Gironde) Gisant de Clément V dans la Collégiale d'Uzeste (Gironde) 1314

La tradition rapporte que Jacques de Molay assigna le pape et le roi à comparaître devant la justice de Dieu dans l'année . Le Roi mourut le 29 novembre 1314.

Philippe le Bel succombera d'un ictus cérébral quelques mois après l'exécution des Templiers Philippe le Bel succombera d'un ictus cérébral quelques mois après l'exécution des Templiers 1314

L'Ordre du Temple aura donc existé pendant 2 siècles au cours des quels il apporta sa pierre à la modernisation de la France .
L'Ordre du Temple qui avait failli à sa mission initiale à savoir : "Protéger les Pélerins et garder les lieux Saints" , fut contraint de revenir sur ses terres en Occident n'ayant de compte à rendre qu'au Pape . Pour ce qui est de la France , l'Ordre du Temple sans mission devenait un danger pour la Royauté et l'Eglise.
Jacques de Molay n'a pas su comprendre cela , il partait du principe que l'Ordre s'était battu sans faiblir en Orient mais qu'il avait été défait par plus fort que lui . Dans ces conditions les Templiers n'avaient rien à se reprocher et Jacques de Molay cru jusqu'à la fin que le Pape mettrait fin aux persécutions dont étaient victimes les Templiers. Jacques de Molay fut un chef de guerre irréprochable aimé et respecté de ses frères , mais un piétre tacticien politique une fois revenu en France . A leur retour en France en 1292 les Templiers ne s'apperçurent pas que les roues de l'histoire avaient tourné , les seigneurs ne se provoquaient plus en duel , ils organisaient des cabales et des machinations pour nuire à leurs ennemis , la parole donnée n'avait plus de valeur . Les seigneurs intriguaient pour spolier leurs voisins , le Clergé n'était pas en reste dans cette société corrompue que les Templiers ne comprenaient plus.
Philippe IV le Bel quant à lui , respectant sa logique de spoliation , et après avoir dépouillé les Juifs et les banquiers Lombards , s'en prit aux Templiers , il fut aidé en cela par le clergé Français . Le Roi et le Pape furent victimes de la malédiction lancée par le grand maitre sur le bucher en 1314 , car ils décédérent la même année que les Templiers qu'ils avaient fait brûler !!!