Les périodes du moyen age

Le Haut Moyen Age (476 à 999)

476 Fin de l'empire romain d'Occident
481 Clovis , roi des Francs
491 Anastase 1 , empereur byzantin (491-518)
493 Théodoric , chef des Ostrogoths est maître de l'Italie
496 Victoire de Clovis sur les Alamans à Tolbiac
496 Clovis se convertit au catholicisme à Reims
507 Victoire de Clovis sur les Wisigoths à Vouillé
517 Premier passage du Danube par les Slaves
518 Justin I , empereur byzantin (518-527)
520 Arrivée en Chine du moine Bodhidharma
529 Publication du "Code Justinien"
532 Les Francs annexent le royaume des Burgondes
534 Les Byzantins reconquièrent (530-534) l'Afrique du Nord
538 Le bouddhisme est introduit au Japon
550 En Inde , la dynastie Pallava devient prééminente
554 En Espagne , Tolède devient la résidence des rois Wisigoths
565 Mort de l'empereur Byzantin Justinien , le délabrement de l'Empire s'accentue
567 A la mort de Charibert quatre entités politiques apparaissent progressivement : Austrasie , Bourgogne , Neustrie et Aquitaine
568 Les Lombards envahissent l'Italie du Nord
575 Grégoire de Tours : "Histoires des Francs"
580 Premier établissement des Slaves au sud du Danube , ils colonisent les Balkans
581 Fondation de la dynastie des Sui (581-618) et rétablissement de l'unité de la Chine
587 Reccared 1 , roi des Wisigoths d'Espagne, se convertit au catholicisme
590 Pontificat de Grégoire 1le Grand (590-604)
597 Mission d'évangélisation d'Augustin en Angleterre Septième siècle
600 En Thaïlande , développement du royaume de Dvaravati
600 La culture andine de Tiahuanaco (Bolivie) se diffuse dans les Andes Sud elle prendra fin en l'an 1000
610 Début de la prédication de Mahomet à la Mecque
610 Héraclius , empereur byzantin (610-641) rénove l'Empire byzantin
613 Clotaire II réalise pour un temps l'unité du royaume franc
618 En Chine , fondation de la dynastie des Tang (618-907)
629 Dagobert 1 , roi de Neustrie , puis des Francs
630 Conquête de La Mecque - Saint Eloi , principal ministre de Dagobert 1
634 Umar , 2ème calife , unifie l'Arabie lère vague de conquête musulmane
636 Conquête de la Syrie byzantine par les Arabes
640 Conquête de l'Egypte byzantine par les Arabes
644 Califat de Uthman (644-656) , il fait établir une version définitive du texte du Coran
681 Le général musulman Oqba ibn Nafaa est réinvestit dans ses fonctions de gouverneur au Maghreb. Arrivé à Kairouan à la fin de l'année , il marche vers l’ouest avec ses troupes et capture le chef berbère chrétien des Aurès Koceila , chef de la tribu des Aurébas , dans les environs de Tlemcen. Il aurait atteint Tanger où règne le prince chrétien Julien. Koceila parvient à s’échapper et à regrouper les troupes berbères. Il laisse Oqba s’enfoncer vers l’ouest sans l’attaquer pour le surprendre à son retour (683)
700 En Afrique , développement de l'empire du Ghana
700 Conquête arabe du Maroc (700-710). L'Afrique du Nord sera sous domination musulmane
711 Conquête de l'Espagne par les musulmans
712 Expansion musulmane vers l'Inde
718 Dans la péninsule Ibérique , création du royaume chrétien des Asturies (en 909 , il formera le Léon)
726 Dans l'Empire byzantin , début de la crise iconoclaste
732 Charles Martel repousse les Arabes à la bataille de Poitiers
734 Les Lombards s'allient à Charles Martel pour lutter contre les raids musulmans en Provence
742 Dernière grande épidémie de peste du haut Moyen Age
750 Révolte contre les Omeyyades. Une nouvelle dynastie les Abbassides prend le pouvoir
751 Pépin le Bref détrone Childéric III (dernier roi Mérovingien) à Saint Omer puis est élu roi à l'assemblée de Soissons
756 Pépin le Bref délivre Rome assiégée par les Lombards et remet ses conquêtes au pape. Créant ainsi les Etats de l'Eglise
762 Bagdad devient la capitale du califat abbasside
768 Début du règne de Charlemagne
778 Charlemagne est attaqué par les Vascons et leurs alliés musulmans à Roncevaux (Pyrénées)
788 Charlemagne soumet la Bavière
795 Premiers raids Vikings (danois) en Angleterre
789 Capitulaire de Charlemagne pour les écoles
800 Premier traité de chimie connu par Geber
800 Charlemagne est couronné empereur à Rome
802 Au Cambodge , Jayavarman II (802-836) instaure le culte du dieu-roi
814 Mort de Charlemagne , son fils Louis 1 le Pieux lui succède
817 Réforme monastique de Benoît d'Aniane
825 Première unification des royaumes chrétiens anglo-saxons
834 Les Normands (Vikings) s'installent en Frise (Europe du Nord)
839 Donation de Worms qui partage l'empire de Louis 1 le Pieux entre ses fils Lothaire 1 et Charles le Chauve
840 LOTHAIRE, ayant appris la mort de son père, vint d'Italie dans la Gaule, et, transgresseur des lois de nature, orgueilleux du nom d'empereur, s'arma en ennemi contre ses deux frères, Louis et Charles, et les attaqua par les armes, tantôt l'un, tantôt l'autre. Cependant ses succès contre aucun des deux ne répondirent point à son insolence, et, après avoir négocié, il s'éloigna pour un temps de tous deux à certaines conditions mais, dans la perversité de sa convoitise et de sa cruauté, il ne cessa de machiner contre eux, soit ouvertement, soit en secret.
841 Cependant Louis et Charles, l'un au delà, l'autre en deçà du Rhin, soumirent ou se concilièrent, soit par la force, soit par les menaces, soit par des dons, soit à certaines conditions, tous les hommes des pays qui leur étaient échus. Lothaire, pendant les jours du carême, s'avança contre Louis jusqu'à Mayence pour lui livrer combat mais celui-ci faisant résistance, Lothaire demeura longtemps sans pouvoir traverser le fleuve. Cependant, par l'artifice et la perfidie d'aucuns du parti de Louis, Lothaire ayant passé, Louis se réfugia en Bavière. Un grand nombre des gens de Lothaire s'efforça aussi d’empêcher Charles de passer la Seine mais, par la prudence des forts et par le courage des prudents, il arriva de l'autre côte du fleuve. Charles les mit deux ou trois fois en fuite. Lothaire, apprenant la déroute des siens et l'arrivée de Charles, repassa le Rhin, et, ayant placé des gardes pour s'opposer à Louis, marcha contre Charles. Louis, se précipitant sur les troupes que Lothaire avait préparées contre lui, en mit une grande partie à mort et le reste en fuite puis il se hâta de s'avancer au secours de son frère Charles. Cependant les pirates danois, venus des rives du Nord, firent irruption sur le territoire de Rouen, et, promenant partout la fureur du pillage, du fer et des flammes, livrèrent la ville, les moines et le reste du peuple au carnage et à la captivité, dévastèrent tous les monastères, ainsi que tous les autres lieux voisins de la Seine, ou les laissèrent remplis d'effroi, après en avoir reçu beaucoup d'argent. Charles marcha ensuite, plein d'affection et de désir, à la rencontre de son frère Louis qui s'avançait vers lui et tous deux, unis dans la charité fraternelle, aussi bien que dans l'enceinte du même camp, dans leurs repas et conseils communs, adressèrent à leur frère Lothaire de fréquents messages sur le sujet de la paix, de la concorde, et du gouvernement général de leurs peuples et de leurs royaumes, mais lui, se jouant sans cesse de leurs envoyés et de ses sermons, reçut d'Aquitaine Pépin, fils de son frère Pépin, mort depuis peu, et fit, au lieu dit Fontenaille, dans le pays d'Autun, des préparatifs de guerre pour enlever à ses deux frères leur portion héréditaire du royaume. Ses frères, ne pouvant le ramener à la paix et à l'union fraternelle, marchèrent contre lui, et le 24 juin, jour du samedi, ils le rencontrèrent au matin. Beaucoup tombèrent des deux parts, beaucoup furent mis en déroute, et Lothaire s'enfuit honteusement vaincu. On massacrait de tous côtés les fuyards, lorsque Louis et Charles, brûlants de piété, ordonnèrent de cesser le carnage bien plus, par l'intercession du clergé, ils s'abstinrent de poursuivre les fuyards loin du camp, et il fut donné charge aux évêques que le lendemain, jour auquel pour ce faire on campa dans le même lieu, ils missent les morts en la sépulture, selon qu'ils en trouveraient l'occasion. Dans ce combat fut pris George, évêque de Ravenne, envoyé de la part de Grégoire, pontife romain, à Lothaire et à ses frères en vue de la paix, mais que Lothaire avait retenu, sans lui permettre d'aller trouver ses frères; on le renvoya chez lui avec honneur. Lothaire, se retirant, arriva à Aix, et là, pour pouvoir relever les combats, il s'efforça de se concilier les Saxons et les autres peuples voisins de ces frontières, permettant à cette fin aux Saxons qu'on appelle Stelling, et dont il se trouve un grand nombre parmi cette nation, de choisir entre les diverses lois et les coutumes des anciens Saxons, celle qui leur plairait le mieux. Toujours enclins au mal, ces gens aimèrent mieux se conformer aux rites des païens que de tenir les serments qu'ils avaient prêtés à la foi du Christ. A Hérold qui, pour sa cause et au préjudice de son père, avait fait avec les autres Danois tant de maux aux pays maritimes, Lothaire donna pour ce service Walcheren et les lieux voisins, forfait digne de toute exécration que de soumettre les terres des Chrétiens, les peuples et les églises du Christ, à ceux de qui les Chrétiens avaient reçu du mal; en sorte que les persécuteurs de la foi chrétienne devinssent les maîtres des Chrétiens, et que les peuples du Christ servissent les adorateurs du démon. Louis soumit à sa domination, partie par terreur, partie par bienfaits, la plupart des Saxons, des Austrasiens, des Thuringiens et des Allemands. Charles, après avoir ordonné le pays de l'Aquitaine autant que le permit la condition des affaires, traversa la France par le Mans, Paris, Beauvais, et s'en alla au pays d'Hasbaigne, rattachant les peuples par amour plus que par crainte. Comme Lothaire, après avoir passé le fleuve du Rhin, méditait d'attaquer Louis par les armes, déçu dans ses projets, il se tourna soudainement contre Charles, pensant le vaincre facilement lorsqu'il l'attaquerait séparé et éloigné de son frère Louis. Charles, revenu à Paris, passa le fleuve de la Seine, et s'opposa longtemps aux entreprises de Lothaire. Lothaire, empressé de passer le fleuve, remonta plus haut, et pénétra par le Hurepoix dans le pays de Sens, d'où, sans combat, il arriva au Mans livrant tout au pillage, à l'incendie, aux outrages, aux sacrilèges, forçant partout au serment, sans arrêter même sa fureur sur le seuil des sanctuaires; car il n'hésita pas à enlever tout ce qu'il put trouver des richesses qu'on avait déposées, pour les sauver, dans les églises ou dans leurs trésors, sous le serment des prêtres et des autres ordres de clercs il força même au serment les saintes nonnes vouées au service de Dieu. Charles, après avoir passé un long temps à Paris, alla dans la ville de Châlons célébrer la fête de la Nativité du Seigneur.
842 De là il se rendit à Troyes, et, passant par le pays d'Axois et la ville de Toul, il traversa les défilés des Vosges, et rejoignit son frère Louis dans la ville de Strasbourg. Lothaire, sans avoir rien fait pour lui ni pour les siens, après avoir ravagé les parties inférieures de la Gaule, repassa vers Paris le fleuve de la Seine, et retourna à Aix. Il lui fâcha très fort d'apprendre la jonction de ses frères. Charles et Louis, pour s'attacher fermement, l'un à l'autre les peuples soumis à chacun d'eux, se lièrent mutuellement par un serment leurs fidèles et leurs peuples se lièrent de même à tous deux par des serments, en telle sorte que si l'un des deux frères machinait contre l'autre quelque dessein sinistre, tous abandonneraient l'auteur de la rupture, et tourneraient à celui qui aurait gardé l'amitié et fraternité. Ces choses accomplies, ils envoyèrent vers Lothaire pour qu'il fit la paix mais il ne voulut ni voir ni entendre leurs envoyés, et se prépara lui et les siens à marcher en armes contre ses frères. Lothaire, au palais de Sentzich construit à près de huit milles du fleuve de la Moselle, empêchant le passage du fleuve par les gardes qu'il avait disposés sur les bords, Louis avec ses vaisseaux, Charles avec sa cavalerie, parvinrent à Coblence, et là, comme ils commençaient bravement à passer la Moselle, tous les gardes mis par Lothaire s'enfuirent au plus vite. Lothaire, épouvanté de l'arrivée inopinée de ses frères, s'enfuit, ayant enlevé du palais d'Aix tant les trésors de Sainte-Marie que le trésor royal. Il fit mettre en pièces un plat d'argent d'une grandeur et d'une beauté merveilleuses, où brillaient ciselés toute la figure de la terre, l'aspect des astres et les principales constellations séparées par des espaces égaux. Il en distribua les parties aux siens, lesquels, bien qu'il les soudoyât d'un pareil salaire, l'abandonnaient en foule par compagnies, et, s'enfuyant par Châlons, après avoir célébré à Troyes la solennité de Pâques, il prit le chemin de Lyon. Louis célébra cette fête à Cologne, et Charles dans le palais de Herstall, et, cessant pour un temps de poursuivre leur frère, ils recueillirent tous les hommes de ces pays qui venaient se réfugier autour deux. En ayant amassé un grand nombre, ils commencèrent à marcher après lui à petits pas car Lothaire, bien qu'à contrecœur, se travaillant pour obtenir de nouer avec ses frères un lien de paix, leur envoya des messagers auxquels il avait beaucoup de confiance. On choisit pour cette négociation le voisinage de la ville de Mâcon on s'en approcha de l'un et de l'autre côté, et, les deux camps étant séparés par la Saône, les deux partis vinrent et se réunirent en un commun colloque dans une certaine île du fleuve. On s'y demanda et on s'y accorda mutuellement pardon des choses faites par le passé ils se jurèrent les uns les autres paix et fraternité véritable, et arrêtèrent de faire un partage exact et égal de tout le royaume au commencement d'octobre, dans la ville appelée Metz. En ce temps une flotte des Normands se rua tout à coup au point du jour dans le pays d'Amiens, pillant, mettant en captivité, ou tuant les personnes des deux sexes, en sorte qu'ils ne laissèrent rien que les édifices rachetés à prix d'argent. Aussi les pirates Maures, apportés par le Rhône près de la ville d'Arles, ravagèrent impunément de côté et d'autre et s'en retournèrent leurs vaisseaux chargés de dépouilles. Charles passa de Mâcon en Aquitaine, et, l'avant parcourue, ne manqua point de se rendre au temps et lieu de l'assemblée dont on a parlé. Lothaire reçut à Trèves des envoyés des Grecs, et les ayant congédiés, il résida durant le temps de cette assemblée dans le palais qu'on nomme Thionville. Louis ayant parcouru toute la Saxe, dompta tellement par terreur tous ceux qui avaient jusqu'alors résisté à lui et aux siens, que s'étant rendu maître de ceux qui avaient commis une telle impiété que d'abandonner la foi chrétienne et résisté si fort à lui et à ses fidèles, il en condamna cent quarante à avoir la tête tranchée, quatorze furent suspendus au gibet, une quantité innombrable furent rendus incapables par l'amputation de quelques membres, et il n'en resta aucun en état de révolte. Cependant les Bénéventins, se querellant les uns les autres, invitèrent les Sarrasins d'Afrique qui, d'abord auxiliaires, mais tournés ensuite en violents oppresseurs, s'emparèrent par la force de plusieurs de leurs villes. Charles s'étant rendu au mois d'octobre à la ville de Worms, s'y réunit à son frère Louis. Ils y demeurèrent longtemps, des messagers passèrent et repassèrent alternativement entre eux et leur frère Lothaire et ayant longtemps discuté le partage du royaume, on convint de choisir dans tous leurs États trois cents délégués chargés de décrire avec soin tout le royaume pour que, d'après leur description, les trois frères en fissent entre eux le partage égal et irrévocable. Ce choix fait, Louis retourna en Germanie et Lothaire demeura dans les parties moyennes du royaume des Francs. Charles venant au palais de Quierzy, y prit pour femme Ermentrude, nièce du comte Adalhard, et se rendit à la ville du Vermandois, bâtie en mémoire de saint Quentin martyr, pour y célébrer la fête de la nativité et de l'avènement de Notre-Seigneur. Il y eut en ce temps un tremblement de terre dans les Gaules inférieures.
843 Lothaire et Louis vivaient en paix, chacun dans les confins de son royaume. Charles parcourut l'Aquitaine tandis qu'il y était établi, le breton Noménoé et Lambert qui lui avaient récemment retiré leur foi, tuèrent Renaud duc de Nantes et firent plusieurs prisonniers. De là s'élevèrent sans interruption tant et de si grands maux que des brigands ravageant tout de côté et d'autre en beaucoup de lieux de la Gaule, des hommes furent forcés de mêler de la terre avec un peu de farine pour s'en faire du pain et le manger. Un très exécrable et déplorable fait, c'est qu'aux chevaux des ravisseurs abondait la pâture, tandis qu'aux hommes manquaient même ces morceaux de pain mêlés de terre. Des pirates Normands arrivés dans la ville de Nantes, après avoir tué l'évêque et beaucoup de clercs et de laïcs sans distinction de sexe et avoir pillé la ville, allèrent dévaster les parties inférieures de l'Aquitaine enfin arrivés dans une certaine île, ayant fait venir de la terre, ils firent des maisons pour hiverner, et s'y établirent comme en une perpétuelle demeure. Charles alla trouver ses frères, et ils se réunirent à Verdun, où, le partage fait, Louis reçut pour sa portion tout ce qui est au-delà du Rhin, et en deçà du Rhin Spire, Worms, Mayence et leur territoire Lothaire, ce qui est entre l'Escaut et le Rhin jusqu'à la mer, et de l'autre côté le Cambrésis, le Hainaut et les comtés qui les avoisinent en deçà de la Meuse jusqu'au confluent de la Saône, du Rhône, et le long du Rhône jusqu'à la mer, ainsi que les comtés contigus Charles eut tout le reste jusqu'à l'Espagne. Après s'être fait serment, ils se séparèrent. En ce temps les Bénéventins, d'accord entre eux, chassèrent avec l'aide de Dieu les Sarrasins de leur pays.
844 Hiver très mou jusqu'au commencement de février, varié par quelques intervalles de beau temps. Bernard comte de la Marche d'Espagne, qui méditait depuis longtemps de grands projets et aspirait au plus haut rang, fut déclaré, du jugement des Francs, coupable de lèse majesté, et subit en Aquitaine par l'ordre de Charles la sentence capitale. Grégoire pontife de l'Église romaine mourut, et Serge fut mis en sa place dans ce même siège. Après sa consécration à la chaire apostolique, Lothaire envoya à Rome son fils Louis avec Drogon, évêque de Metz, pour régler qu'à l'avenir, à la mort de l'apostolique, aucun autre ne fût consacré sans ses ordres et la présence de ses envoyés ils furent reçus à Rome avec beaucoup d'honneur, et, cette affaire terminée, le pontife romain donna à Louis l'onction qui le consacra roi et le décora du diadème. Il nomma l'évêque Drogon son vicaire dans les Gaules et la Germanie. Siginulphe, duc de Bénévent, se mettant avec tous les siens sous la puissance de Lothaire, se fit redevable envers lui d'un tribut de cinq mille pièces d'or ce qu'apprenant ceux des Bénéventins qui tenaient auparavant un autre parti, ils se réunirent à Siginulphe et s'efforcèrent de chasser hors de leurs frontières le reste des Sarrasins. Lambert avec les Bretons attaqua et tua au pont de la Mayenne quelques-uns des marquis de Charles. Pépin, fils du feu roi Pépin, attaqua dans le pays d'Angoulême une armée de Francs allant trouver Charles, lequel assiégeait la ville de Toulouse il la défit si promptement et sans perdre aucun des siens, que les premiers ayant été tués, et les autres prenant la fuite avant même d'avoir commencé à combattre, il s'en échappa à peine un petit nombre il prit les autres, ou, après les avoir dépouillés et obligés au serment, il leur permit de retourner chez eux. Dans cette attaque imprévue, furent tués Hugues prêtre et abbé, fils du défunt empereur Charlemagne, frère de Louis pareillement empereur, et oncle des rois Lothaire, Louis et Charles Richebot abbé et cousin des rois, c'est à savoir petit-fils de l'empereur Charles par une de ses filles, ainsi que les comtes Eckard et Ravan et plusieurs autres: furent pris Ebroïn évêque de Poitiers, Ragenaire évêque d'Amiens, l'abbé Loup et les deux fils du comte Eckard, ainsi que les comtes Lockhard, Guntard et Richwin, et aussi Engilwin et un grand nombre de nobles. En ce temps le Breton Noménoé, dépassant insolemment les confins qui lui avaient été assignés à lui et à ses prédécesseurs, vint jusqu'au Mans, dépeuplant le pays en long et en large, mettant aussi le feu dans beaucoup d'endroits mais là ayant appris que les Normands avaient fait irruption en dedans de ses frontières, il fut forcé de revenir. Le roi Louis, entré dans les terres des peuples Germains et Esclavons, en reçut quelques-uns sous sa domination, en tua quelques autres, et, par force ou par douceur, se soumit presque tous les petits rois de ces pays-là. Les Normands, ayant assailli par les armes l'île de Bretagne en la partie surtout qu'habitent les Anglo-Saxons, et demeurés trois jours vainqueurs dans les combats, allèrent de côté et d'autre pillant, volant, tuant et usant du pays à leur plaisir. Cependant les trois frères, c'est-à-dire Lothaire, Louis et Charles, après de nombreux messages, passant alternativement de l'un à l'autre avec une amitié fraternelle, se réunirent au mois d'octobre à Thionville et ensuite de quelques jours passés en conférences amicales et intimes, ils se confirmèrent la promesse de ne point manquer, dans le temps à venir, à la fraternité et charité, d'avoir en méfiance et en exécration tous les semeurs de discorde, et de rétablir dans leur intégrité les biens des églises hideusement dilapidés en raison des pressantes nécessités des temps et généralement donnés à des personnes incongrues, c'est-à-dire à des laïcs. Ils décidèrent d'envoyer en commun des messagers à Pépin, à Lambert et à Noménoé, afin que ceux-ci, faisant la paix, ne différassent pas de venir trouver leur frère Charles pour se conduire à l'avenir comme des fidèles obéissants autrement ils leur annoncèrent qu'en temps opportun ils marcheraient à eux réunis en un puissant corps d'armée pour prendre vengeance de leurs infidélités. Les Normands s'étant avancés par la Garonne jusqu'à Toulouse, pillèrent impunément le pays de tous côtés quelques-uns, après l'avoir quitté, entrèrent dans la Galice et périrent, une partie par les arbalétriers venus à leur rencontre, une partie surpris en mer par la tempête mais quelques-uns d'entre eux pénétrant plus loin en Espagne, eurent de longs et rudes combats contre les Sarrasins: vaincus cependant ils se retirèrent.

845 Hiver très rude. Les Normands, avec cent vaisseaux, entrèrent le 20 du mois de mars dans la Seine, et ravageant tout de côté et d'autre, arrivèrent sans résistance à Paris. Charles fit dessein d'aller à leur rencontre mais prévoyant qu'en aucune façon les siens ne pourraient remporter l'avantage, il pactisa aucunement avec eux, et, par un don de sept mille livres, il les empêcha d'avancer et leur persuada de s'en retourner. Le comte Fulrad et plusieurs autres gouverneurs des provinces de Lothaire se séparèrent de lui et s'emparèrent pour eux-mêmes de toutes leurs provinces. Eurich, roi des Normands, s'avança contre Louis en Allemagne avec six cents vaisseaux le long du fleuve de l'Elbe. Les Saxons vinrent à leur rencontre, leur livrèrent combat, et, par l'aide de Notre-Seigneur Jésus-Christ, se rendirent vainqueurs; en se retirant, les Normands attaquèrent et prirent une ville des Esclavons. Une grande disette consuma les pays intérieurs de la Gaule, au point que s'accroissant elle dévora beaucoup de milliers d'hommes. Charles étant venu à Fleury, lieu auquel se trouve situé le monastère de Saint-Benoît, à douze lieues de la ville d'Orléans, y reçut à foi et serment Pépin, fils de Pépin, lequel promit de lui demeurer fidèle à l'avenir tout ainsi qu'un neveu à son oncle, et, en tous ses besoins, lui prêter secours selon ses forces. Charles lui octroya la domination de toute l'Aquitaine, sauf Poitiers, Saintes et Angoulême en sorte que tous les Aquitains qui jusqu'alors avaient tenu le parti de Charles commencèrent à s'attacher à Pépin. Les anciennes querelles des Bénéventins et des Sarrasins se renouvelèrent, et ils retombèrent dans leurs discords. Les Normands redescendirent le cours de la Seine, et, retournant à la mer, pillèrent, dévastèrent et livrèrent aux flammes tous les pays de la côte. Mais quoiqu'en sa justice la bonté divine, grandement offensée de nos péchés, eût écrasé de tant de maux les terres et royaumes des Chrétiens, cependant, afin de ne donner lieu que les païens calomniassent plus longtemps impunément d'imprévoyance et d'impuissance le Seigneur tout-puissant et prévoyant, lorsqu'après avoir pillé et brûlé un monastère du nom de Saint-Bertin, ils s'en retournaient à leurs vaisseaux chargés de dépouilles, tellement furent-ils frappés de la justice divine ou aveuglés de ténèbres et de folie, qu'il ne s'en échappa qu'un petit nombre pour annoncer aux-autres les voies du Dieu tout-puissant d'où l'on rapporte que l'âme de leur roi Eurich fut changée, et il adressa à Louis, roi des Germains, des ambassadeurs touchant la paix, prêt à délivrer ses captifs et à lui restituer, en tant qu'il le pourrait, ses trésors. Lothaire, entré dans la Provence, la remit presque toute entière sous sa puissance. Les Danois qui, l'année précédente, avaient dévasté l'Aquitaine, revinrent assaillir les gens de Saintes, et, combattus par eux, les surmontèrent et s'établirent tranquillement en ce lieu. Charles marcha imprudemment des Gaules dans la Bretagne avec peu de monde, et, par l'adversité de fortune, vit toutes choses manquant aux siens, retourna en hâte au Mans, refit son armée, et se prépara à recommencer son attaque.
846 Les pirates danois viennent dans la Frise, y lèvent à leur gré des contributions, et, vainqueurs dans les combats, demeurent maîtres de presque toute la province. Durant tout le cours de l'hiver, et presque jusqu'au commencement du mois de mai, un vent d'aquilon frappa cruellement les vignes et les moissons; des loups firent une incursion dans les parties inférieures de la Gaule et dévorèrent audacieusement les hommes; dans l'Aquitaine, assemblés en corps d'armée jusqu'au nombre de trois cents et marchant en troupe, ils combattaient, dit-on, vaillamment et de commun accord ceux qui voulaient leur résister. Charles, au mois de juin, tint, contre la coutume, dans la ville de Saint-Rémi, du nom d'Epernay, une assemblée générale de son peuple, en laquelle pesèrent si légèrement les salutaires admonitions des évêques de son royaume touchant les affaires de l'église, qu'à peine lisons-nous que, depuis les temps des Chrétiens, on ait jamais à ce point mis de côté le respect de la dignité pontificale. En ces jours-là un certain esclave qu'on trouva s'accouplant avec une cavale fut, par le jugement des Francs, condamné à être brûlé vif. De là Charles marchant avec une armée contre le pays de Bretagne, la paix fut traitée entre lui et Noménoé, duc des Bretons, avec des serments de part et d'autre. Au mois de mai de cette année, par l'abondance des pluies, une telle inondation se répandit dans la cité d'Auxerre que l'eau pénétrant en l'intérieur des murailles emporta dans l'Yonne des tonneaux remplis de vin et, ce qu'il y eut de plus merveilleux, une vigne avec sa pièce de terre, les ceps, les sarments, les arbres et tout, fut charriée par la rivière d'Yonne sans se briser en aucune manière, et replacée toute entière, ainsi qu'elle était, dans un autre champ, comme si elle y eût été naturellement. Au mois d'août les Sarrasins et les Maures, arrivés à Rome par le Tibre, dévastèrent la basilique de Saint-Pierre, prince des apôtres, et emportèrent, avec l'autel placé sur la tombe du prince des apôtres, tous les ornements et les trésors, puis allèrent occuper un mont fortifié à cent milles de la ville. Déjà quelques hommes de Lothaire avaient commencé sans scrupule à s'emparer de ces trésors une partie de cette armée, allant à l'église du bienheureux apôtre Paul, fut vaincue par les gens de la Campanie et tout-à-fait détruite. Louis, roi des Germains, marcha contre les Esclavons mais accablé tant par les discordes intestines des siens que par la victoire des ennemis, il fut obligé de revenir. Louis, roi d'Italie, fils de Lothaire, combattit les Sarrasins, et, vaincu, parvint à peine à regagner Rome.
847 Des envoyés d'Abderrahmane, roi des Sarrasins, vinrent à Charles, de Cordoue en Espagne, pour lui demander de confirmer leur paix et alliance il les reçut et congédia honorablement dans la ville de Reims. Bodon qui, depuis quelques années, renonçant à la vérité du christianisme, s'était abandonné à l'infidélité des Juifs, crût en telle iniquité qu'il s'efforça d'exciter les cœurs des Sarrasins, tant peuples que rois, contre tous les Chrétiens qui habitaient l'Espagne, à telles fins que, délaissant la religion chrétienne, ils se convertissent aux croyances folles et insensées des Juifs ou des Sarrasins, ou qu'on les fit tous mourir sans y manquer. Sur quoi il arriva au roi Charles, et dans son royaume à tous les évêques une requête lamentable de tous les Chrétiens de ce royaume pour leur demander d'obtenir dudit apostat qu'il cessât de tourmenter les Chrétiens habitant ce pays et de les faire mourir. Les Danois viennent dans les parties inférieures de la Gaule habitées par les Bretons, et l'emportent trois fois sur eux dans les combats. Noménoé vaincu fuit avec les siens, puis, par des présents qu'il leur envoie, il écarte les Danois de son pays. Le 27 janvier meurt Serge, pontife de Rome, et Léon est élu à sa place.[11] Les Sarrasins, chargés de l'amas des trésors qu'ils avaient emportés de la basilique de l'apôtre saint Pierre, s'étaient efforcés de regagner leurs navires mais tandis que, voguant sur les eaux, ils insultaient d'une langue empoisonnée Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ et ses apôtres, voilà que tout à coup s'élève un inévitable tourbillon les bâtiments se frappent l'un contre l'autre, et tous périssent. On trouva, dans les vêtements des morts rejetés sur le rivage de la mer, quelques-uns de ces trésors qui furent rapportés à l'église du bienheureux apôtre saint Pierre. Les Scotes, attaqués pendant plusieurs années par les Normands, furent faits tributaires. Les Normands s'emparèrent sans résistance des îles situées dans les environs et s'y établirent. Lothaire, Louis et Charles envoyèrent à Eurich, roi des Danois, des ambassadeurs, lui faisant savoir qu'il devait empêcher les siens d'infester les pays chrétiens, ou autrement ne faire aucun doute qu'ils iraient l'attaquer par les armes. En ce temps les Maures et les Sarrasins s'emparèrent de Bénévent, et ravagèrent le pays jusqu'aux confins du territoire de Rome. Les Danois se jetèrent sur les côtes de l'Aquitaine et les dévastèrent ils attaquèrent longtemps la ville de Bordeaux. D'autres Danois s'emparèrent du port appelé Duersted et de l’île des Bataves. L'armée de Louis, roi des Germains, eut la fortune si prospère contre les Esclavons qu'il recouvra ce qu'il avait perdu l'année précédente.
848 Les Esclavons entrent en armes dans le royaume de Louis, mais par le nom du Christ ils en sont vaincus. Charles vient à la rencontre des Normands qui attaquaient Bordeaux et remporte vaillamment sur eux la victoire. L'armée de Lothaire combat les Sarrasins qui s'étaient emparés de Bénévent, et demeure victorieuse. Les Danois, par la trahison des juifs d'Aquitaine, prennent la ville de Bordeaux, la dévastent et la brûlent. Les Aquitains, forcés par la mollesse et l'inertie de Pépin, s'adressent à Charles, et presque tous les plus nobles du pays réunis dans la ville d'Orléans avec les évêques et les abbés le choisissent pour roi. Il est oint du saint chrême et solennellement consacré par la bénédiction épiscopale. Des pirates grecs dévastent sans résistance la ville de Marseille en Provence, et se retirent impunément. Les Normands dépeuplent le bourg de Melle et le livrent aux flammes. Les Scotes s'étant rués sur les Normands, et par le secours de Notre-Seigneur Jésus-Christ en demeurant vainqueurs, les repoussent de leurs frontières après quoi le roi des Scotes envoie à Charles des ambassadeurs avec des présents pour lui demander paix et amitié, et le passage pour aller à Rome. Guillaume, fils de Bernard, s'empare plus par ruse que par force d'Ampurias et de Barcelone.
849 Lothaire et Charles, usant d'un meilleur conseil, retournent à la paix et concorde fraternelle. Dans la Gaule, durant la nuit qui suivit le 17 février, tandis que les clercs adressaient, au Seigneur les prières de la nuit, il se fit un grand tremblement de terre cependant aucun édifice ne fut renversé. Un certain Gaulois, nommé Gottschalk, prêtre et moine du monastère d'Orbais dans la paroisse de Soissons, enflé de sa science et adonné à de certaines superstitions, était allé en Italie sous couleur de religion. Honteusement chassé, il vint en Dalmatie, en Pannonie, dans le Norique, soutenant, sous le nom de prédestination, par des discours et écrits empoisonnés, certaines choses entièrement contraires au salut confondu et convaincu dans le concile des évêques en présence de Louis, roi des Germains, il fut forcé de retourner dans le diocèse de sa ville métropolitaine, Reims, gouvernée par le vénérable Hincmar, pour y recevoir le châtiment dû à son infidélité. Charles, très exact observateur de la religion, ayant convoqué l'assemblée des saints évêques desdits diocèses, ordonna qu'il fût amené en leur présence, et, y ayant été conduit, il fut publiquement flagellé et forcé de jeter au feu les livres de ses doctrines. Louis et Charles, réunis dans la charité fraternelle, parurent tellement enchaînés des liens de l'amour du sang, que, s'embrassant publiquement, ils recommandèrent mutuellement leurs femmes et leurs enfants à celui des deux qui survivrait à l'autre. Charles marche en Aquitaine. Le Breton Noménoé avec sa perfidie accoutumée s'empare d'Angers et des pays circonvoisins. Les Normands brûlent et dévastent Périgueux, cité de l'Aquitaine, et retournent impunément à leurs navires. Les Maures et les Sarrasins pillent en Italie la ville de Luna, et ravagent sans résistance toutes les côtes delà mer jusqu'à la Provence. Charles, fils de Pépin, après avoir quitté Lothaire, errant en Aquitaine pour tâcher d'y rejoindre son frère Pépin, est pris par les fidèles du roi Charles et conduit en sa présence. Sa perfidie envers son oncle et son père spirituel lui avait mérité la peine capitale, mais, par clémence, la vie lui fut conservée en sorte qu'au mois de juin, en une assemblée tenue à Chartres par le roi Charles, après les solennités de la messe, il monta dans la chaire de l'église et apprit à tous de sa propre bouche que, poussé par l'amour du divin servage et sans y être forcé par personne, il voulait se faire clerc. Il fut donc béni par les évêques là présents, et reçut la tousure cléricale. Louis, roi des Germains, attaqué de maladie, envoya son armée contre les Esclavons; honteusement défaite, elle éprouva en périssant et en fuyant combien était dommageable pour elle l'absence de son chef. Charles entra en Aquitaine, et, favorisé du Christ, se soumit presque tous les peuples par les voies de la conciliation. Il ordonna aussi selon son plaisir de la Marche d'Espagne. Le Breton Noménoé se répandit en armes hors de son pays avec son insolence accoutumée.
850 Guillaume, fils de Bernard, prend par trahison dans la Marche d'Espagne les comtes Aledran et Isambard, mais il est pris lui-même en trahison et tué à Barcelone. Les Maures dévastent tout sans résistance jusqu'à Arles, mais en s'en retournant ils périssent repoussés par les vents contraires. Lothaire envoie à Rome son fils Louis qui est reçu honorablement par le pape Léon et sacré empereur. Eurich, roi des Normands, est attaqué par deux de ses neveux qui lui livrent combat. Il fait la paix avec eux en leur donnant une part de son royaume, et Roric, neveu d'Hérold, qui avait dernièrement quitté le parti de Lothaire, prenant avec lui une armée de Normands, vient par le Rhin et le Wahal, avec une multitude de navires, dévaster la Frise, l'île des Bataves et les autres lieux voisins. Lothaire ne pouvant les vaincre les reçoit à serment, et leur donne Duersted et d'autres comtés. D'autres Normands viennent; ceux-ci dévastent Thérouanne et d'autres pays maritimes ceux-là vont dans l'île Bretonne attaquer les Angles qui en demeurent vainqueurs par le secours de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
850 Les Toltèques s'installent sur le plateau central du Mexique
863 Le pape Nicolas 1dépose le patriarche de Constantinople Photio : c'est le premier schisme entre Byzance et la papauté (863-867)
866 Alphonse III le Grand devient roi des Asturies et du Léon
867 Début de la dynastie macédonienne
887 Déposition de Charles III le Gros : fin de l'Empire Carolingien
872 Harald à la Belle Chevelure unifie la Norvège
884 Charles III le Gros devient roi de France
885 Les Byzantins occupent les villes d'Italie du Sud
888 Eudes , roi des Francs (888-898)
889 Fondation d'Angkor au Cambodge
892 Bagdad est de nouveau la capitale des Abbassides
896 Les Hongrois (Magyars) s'établissent dans le Danube
898 Charles III le Simple devient seul roi de France
900 Sous l'effet des invasions normandes , musulmanes et hongroises repli de l'Europe sur elle-même
900 Affaiblissement du califat Abbasside et division du monde arabo-islamique
902-908 Les Hongrois mènent des raids contre l'Allemagne , l'Italie , Byzance et la Bourgogne
907 Fondation de la dynastie des Liang en Chine
909 Fondation du monastère de Cluny
910 Le roi des Anglo-Saxons Edouard l'Ancien expulse les Danois
911 Le chef normand Rollon reçoit le comté de Rouen
913 Siméon 1le Grand , empereur des Bulgares
919 Henri 1l'Oiseleur , roi de Germanie
920 Etablissement des Toltèques au Mexique - Début de la dynastie des Song en Chine
936 Louis IV d'Outremer , roi de France
939 Le Viêt Nam se libère de la domination chinoise
951 Conquête de l'Italie par Otton 1- En Chine, dynastie des Zhou postérieurs (951-960)
960 Fondation de la dynastie des Song, qui réunifie la Chine
962 Otton 1sacré empereur à Rome : Création du Saint Empire romain germanique
970 Les chiffres "arabes" sont introduits en Occident
976 Règne de Basile II , sous son règne l'Empire Byzantin atteint son apogée
980 Naissance du philosophe persan Avicenne
985 Louis V (985-986) , dernier représentant des Carolingiens
986 Le Viking Erik le Rouge atteint la Terre-Neuve
987 Hugues Capet , roi des Francs , La dynastie des Capétiens règne sur la France (987-1328)
990 Première mention de la boussole en Chine
996 Règne de Robert II le Pieux (972-1031) en France

L'âge féodal (1000 à 1346)

1000 Etienne , roi de Hongrie. Il unifie la Hongrie
1004 Construction de Saint-Martin de Tours , une des premières églises romanes
1014 Henri II le Saint est sacré empereur germanique
1018 La Bulgarie devient une province byzantine
1024 Dynastie des Saliens (1024-1125) dans le Saint Empire romain germanique
1031 Henri 1(1031-1060) agrandi le domaine capétien - Fin du califat Omeyyad1e de Cordoue
1038 Les Xia fondent une dynastie en Chine
1042 Edouard le Confesseur restaure la dynastie anglo-saxonne
1052 Les Normands (Vikings) attaquent la Sicile
1054 Schisme d'Orient : séparation de l'Eglise orthodoxe et de l'Eglise catholique
1055 Les Seldjoukides (le Turc Toghrul-beg) s'empare de Bagdad, la prestigieuse capitale de l'empire arabe où siègent depuis trois siècles les califes, les successeurs du prophète Mahomet.
1060 Philippe 1(1060-1108) , roi de France
1061 Fondation de la dynastie Almoravide au Maroc.Règne de Yoûsuf ben Tachefîn l’Almoravide (1061 –1106).
1066 Guillaume le Conquérant conquiert l'Angleterre (bataille de Hastings)
1073 Election du pape Grégoire VII
1077 Canossa : Henri IV fait déposer le pape Grégoire VII
1080 Election de l'antipape Clément III
1084 Henri IV s'empare de Rome et installe l'antipape Clément III
1085 Alphonse VI , roi de Castille , reprend Tolède aux Arabes
1088 Début de la construction de l'abbaye de Cluny
1095 Le pape Urbain II prêche la croisade pour la délivrance du Saint-Sépulcre à Jérusalem
1096 Début de la première croisade (1096-1099)
1099 Prise de Jérusalem par les croisés par Godefroi de Bouillon Douzième siècle
1100 Fondation de l'Empire INCA
1100 Composition de la "Chanson de Roland"
1108 Louis VI le Gros , roi de France (1108-1137)
1113 Début de la construction d'Angkor Vat
1132 Abbaye romane de Vézelay
1137 Louis VII le Jeune , roi de France (1137-1180)
1138 Conrad III , roi de Germanie. Dynastie des Hohenstaufen
1140 Installation des Hospitaliers de Saint-Jean au krak des Chevaliers (Syrie)
1147 Deuxième croisade (1147-1149)
1152 Frédéric Barberousse est élu roi de Germanie 1153 Parakramabahu 1restaure la prospérité de Ceylan (Sri Lanka)
1163 Construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris
1170 Assassinat de Thomas Becket , archevêque de Canterbury
1171 Saladin ou Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf (en arabe: صلاح الدين يوسف) et Selahedînê Eyûbî (en kurde: سەلاحەدینی ئەییووبی) né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 1193 est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260
1179 Couronnement de Philippe II Auguste
1180 Philippe II Auguste , roi de France (1180-1223)
1181 Sous Jayavarman VII , l'Empire Khmer connaît sa plus grande extension
1187 Saladin repend Jérusalem
1189 Début du règne de Richard Cœur de Lion - Troisième Croisade (1189-1192)
1198 Début du pontificat d'innocent III
1199 Jean sans Terre , roi d'Angleterre (1199-1216)
1200 Création de l'empire Inca
1201 En Palestine après la mort de Bohémond III, Bohémond IV lui succède et règne sur la principauté d’Antioche et le comté de Tripoli. 1202 Quatrième Croisade (1202-1204)
1206 Gengis khan, maître des Mongols
1208 Fondation de l'ordre des Frères mineurs par François d'Assise
1209 Croisade contre les Albigeois (Cathares)
1211 Les Mongols de Gengis Khan conquièrent la Chine du Nord
1212 Les rois chrétiens battent les musulmans en Andalousie
1214 Victoire de Philippe Auguste à Bouvines
1215 Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré,150 ans plus tôt, par Grégoire VII . Environ 800 abbés et 400 évêques se réunissent dans la basilique romaine dont les papes du Moyen Âge ont fait leur principale résidence.
1220 Frédéric II est couronné Empereur
1223 Louis VIII, roi de France (1223-1226)
1226 Début du règne de Saint Louis
1230 Construction de l'Alhambra de Grenade par les rois maures
1230 L'empire du Mali conquiert le Ghana
1231 Le pape Grégoire IX confie l'inquisition aux Dominicains
1234 Les Mongols dominent la Chine du Nord
1241 Les Mongols attaquent la Pologne et la Hongrie
1242 Alexandre Nevski commence à unifier la Russie
1248 Septième Croisade (1248-1254)
1252 Alphonse X le Sage , roi de Castille et de Léon (1252-1284)
1257 Robert de Sorbon fonde la Sorbonne à Paris
1260 Avènement de Kubilay khan, petit-fils de Gengis khan
1264 Pékin devient la capitale des Mongols
1266 Thomas d'Aquin : "Somme théologique"
1270 Huitième Croisade - Philippe III le Hardi, roi de France (1270-1285)
1270 Mort de Saint Louis à Tunis
1271 Marco Polo part pour la Chine
1273 Rodolphe 1de Habsbourg , roi de Germanie (Suisse)
1279 Début de la dynastie Yuan (1279-1368) en Chine
1281 Nouvelle tentative d'invasion du Japon par les Mongols
1285 Philippe IV le Bel , roi de France (1285-1314)
1291 Pacte entre les cantons suisses d'Uri , de Schwyz et Unterwald : acte fondateur de la Confédération suisse
1300 Invention de la boussole à pivot
1302 Les milices flamandes battent les Français à Courtrai (Bataille des Eperons d'Or)
1307 Procès des Templiers - Dante publie la "Divine Comédie"
1309 Le pape Clément V transfère le siège de la papauté en Avignon
1312 Apogée de l'Empire du Mali .Kankou Moussa est le neveu du légendaire Soundiata Keïta, il va régner durant 25 ans sur l’Empire fondé par son oncle en accroissant encore la superficie de celui-ci.
1314 Le 19/03/1314 Philippe le Bel fait bruler Jacques de Molay grand maitre de l'Ordre du Temple
1314 Philippe le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral
1314 Louis X le Hutin, roi de France (1314-1316)
1315 Victoire des cantons suisses d'Uri , Schwyz et Unterwald à Morgaten sur Léopold d'Autriche
1316 Philippe V le Long , roi de France (1316-1322)
1322 Charles IV le Bel , roi de France (1322-1328)
1325 Les Aztèques fondent Tenochtitlan au Mexique
1327 Edouard III , roi d'Angleterre (1327-1377)
1328 Philippe VI de Valois, roi de France (1328-1350)
1336 Création de l'Empire indien de Vijayanagar (1336-1646)
1337 Début de la guerre de Cent ans (1337-1453)

Le Bas Moyen Age (1346 à 1453)

1346 Déroute des Français à Crécy
1347 Edouard III d'Angleterre prend Calais
1348 La peste noire se répand dans toute l'Europe Boccace : le "Décaméron"
1350 Jean II le Bon , roi de France (1350-1364)
1350 Fondation du royaume thaï d'Ayuthia (Thaïlande)
1358 Le prévôt Etienne Marcel soulève Paris Révolte des paysans de l'ile de France (La grande Jacquerie)
1364 Charles V le Sage , roi de France (1364-1380)
1368 Fondation de la dynastie de Ming (1368-1644) en Chine
1369 Bertrand Du Guesclin reconquiert (1369-1374) les terres cédées à l'Angleterre
1370 Tamerlan (successeur de Gengis Khan) occupe la Transoxiane (Asie centrale)
1378 Début du grand schisme d'Occident (1378-1417)
1380 Charles VI , roi de France (1380-1422)
1384 Philippe le Hardi , duc de Bourgogne , reçoit l'héritage de sa femme (Flandre , Artois et Franche-Comté) : ainsi se constituent les Etats bourguignon
1385 Victoire de Jean I du Portugal sur les Castillans
1394 Le sultan ottoman Bayezid I se rend maître de toute l'Asie Mineure
1403 Construction des Grandes Murailles de Chine du Nord
1406 Début de la construction de la cité interdite en Chine
1407 Début de la guerre civile en France
1410 Les portugais inventent la caravelle
1413 Les Bourguignons sont chassés de Paris par les Armagnac
1415 Déroute de la chevalerie française à Azincourt
1415 Le prédicateur tchèque Jean Hus est brûlé vif
1415 Prise de Ceuta par le Portugais Henri le Navigateur
1418 Le roi d'Angleterre Henri V conquiert la Normandie
1419 Philippe II le Bon , duc de Bourgogne (1419-1467)
1422 Charles VII le Victorieux , roi de France (1422-1461)
1428 Constitution de l'Empire aztèque
1429 Jeanne d'Arc délivre Orléans
1430 Expansion de l'Empire Inca
1435 Traité d'Arras , fin de la guerre entre Armagnacs et Bourguignons
1440 Gutenberg invente les caractères d'imprimerie
1450 Reconquête de la Normandie par les français
1453 Prise de Constantinople par les Turcs - Fin de l'Empire byzantin