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Templiers - Commanderie Geoffroy de Saint-Omer

         



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Les Cathares ou Albigeois déclarent la guerre au Catholicisme


Naissance de l'hérésie au XI ème siècle

Ou plutôt, naissance d'une nouvelle religion au XI ème siècle

Une histoire travestie et enjolivée : de nos jours tout le monde parle des Cathares sans rien connaitre de leur véritable histoire. Dans le Sud de la France cette image d'épinal a toujours le vent en poupe, et bien souvent ceux qui l'utilisent ne connaissent rien de l'histoire de ces gens qui vivaient au XI ème siècle en France. Pour la majorité des Français les Cathares étaient de gentils chrétiens qui furent exterminés par des mercenaires barbares sans foi ni loi venus du Nord !!
Remettons les pendules à l'heure : tout d'abord, sachez que dans tous les documents d’époque, ces adeptes de la nouvelle religion sont appelés "manichéens" ou "hérétiques", les termes "Cathares & Albigeois" ne sont apparus dans la littérature qu'au tout début du XIX ème siècle.
De nos jours en Occitanie la croix aux douze bulles ( ou pomettes ) est appelée croix Cathare, et ceux qui croient cela ont de graves lacunes dans leurs connaissances de base. Il faut savoir que les Cathares n'avaient aucun symbole religieux, contrairement aux Catholiques, ils rejetaient le culte associé à la croix aux reliques et aux images.
Rappel doctrinal manichéen.
Les manichéens ne reconnaissent que le nouveau testament qu'ils respectent à la lettre ! Ce sont des évangélistes extrémistes, ils ne croient pas en un dieu bon, créateur de toutes choses.
Pour eux, il y a un principe mauvais – le Mal – et un principe bon – le Bien.
Le monde a été créé par le Malin, et les évangiles ne s’appliquent pas sur terre, il n’y a que le ciel qui appartienne au dieu bon. Les choses visibles et matérielles ont été créées par Satan, il faut donc s’en détacher. Dans leur principe, les manichéens imposent donc le rejet du monde. Pour eux, il y a deux Églises : la leur, la bonne, et la romaine, la mauvaise, celle de Satan. Ils ne reconnaissent ni les sacrements, ni la valeur de Marie, ni la réalité de la mort du Christ. Ils ne reconnaissent pas non plus l’eucharistie et la présence réelle, Dieu ne pouvant à leurs yeux prendre forme dans un objet aussi vulgaire. Ils rejettent également la confession parce que les prêtres sont impurs, donc ils ne peuvent enlever les péchés. Ils considèrent aussi que l’ancien testament fut écrit par satan, et le nouveau testament par le bon Dieu.

Chez ces manichéens, il n'existe dans leur rite qu’un acte proche du baptême, le "consolamentum", administré si possible avant la mort, et qui efface les péchés du fidèle.
Pour les manichéens la chair est mauvaise et l’œuvre de la chair qui la perpétue est condamnable, c'est l’œuvre du Diable.
Pour les manichéens l’esprit ayant été créé par le bon Dieu ne meurt pas, mais peut entrer dans un autre corps, animal ou humain, c’est la "métempsycose".
Pour les manichéens, l’esprit erre ainsi de corps en corps jusqu’à ce qu’il entre dans le corps d’un pur pour pouvoir alors, à sa mort, monter au ciel.
Les manichéens sont divisés en deux catégories, les "purs" ou "parfaits, qui renoncent à tout commerce charnel, qui possèdent et maîtrisent le savoir et qui seront sauvés. Les autres, les simples fidèles, qui se livrent au mariage pour assurer la survie de l’espèce sont voués à la damnation. A leur mort, leur esprit doit entrer dans le corps d’un pur pour pouvoir être sauvé.

À proprement parler, les manichéens ne sont pas des hérétiques, leur dogme n’est ni une rupture ni une déviance du christianisme, c’est une nouvelle religion. Leur doctrine est terriblement dangereuse, car elle supprime toute joie et tout salut de l’être humain, elle condamne l’homme à l’errance et au désespoir perpétuels.
Comme les Gnostiques, les manichéens, en hiérarchisant les individus entre purs et impurs, ne réservent le salut de l'âme qu’à une élite.

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C'est donc vers le milieu du X ème siècle qu'apparaissent des prédicateurs hétérodoxes dans la vallée du Rhin en Flandre et en Champagne. Puis, au XI ème siècle cette doctrine touche les régions de la vallée du Rhône et enfin la région que nous conaissons aujourd'hui sous le vocable de "Languedoc".
Si cette doctrine fut facilement héradiquée dans toutes les provinces, il n'en fut pas de même dans le Sud, et ce, pour plusieurs raisons.

Retournons maintenant au XI ème siècle dans le sud de la France.
Éliminons d’emblée les élucubrations nées au XIX ème siècle.
Non, ce ne fut pas le triomphe du Nord barbare et brutal sur le sud policé et civilisé, ce ne fut pas non plus une colonisation française issue de l’impérialisme capétien sur "l’Occitanie".
Factuellement.
Pour comprendre la guerre engagée par l'église contre les "manichéens", il faut se replonger dans le contexte géopolitique de l'époque. Ce que nous appellerons Languedoc par commodité ( même si cela n’a aucun sens pour l'époque ), est alors divisé en trois territoires :

1) l’Aquitaine qui appartient à la dynastie anglaise des Plantagenêt.
2) La Catalogne, la Provence, le Gévaudan et la ville de Millau qui appartiennent au roi d’Aragon.
3) Entre les deux, le comté de Toulouse amputé par les possessions de la riche famille des Trencavel ( Albi, Carcassonne, Béziers ).

Raimond V, le jeune comte de Toulouse, voit d'un très mauvais oeil l’émancipation des très riches bourgeois de sa ville, ces derniers en effet remettent en cause son pouvoir féodal absolu. Il tente de bloquer cette émancipation, mais, il constate très vite qu'une grande partie de la riche bourgeoisie Toulousaine adhère au manichéisme ( notamment parce que celui-ci prône le rejet de la hiérarchie ecclésiale et seigneuriale ). Au milieu du XII ème siècle les manichéens ont un très large appui populaire et ils jouissent d'une grande sympathie dans les milieux bourgeois, et cette situation s'amplifiera au fil des deux décennies suivantes.
Fort de ce constat, Raimond V essaie pendant plusieurs années de composer avec les bourgeois qui protègent et manipulent les manichéens, il dépense une énergie colossale afin de ménager la chêvre et le choux. Raimond V, finit néanmoins par comprendre que seul, il n'arrivera à rien, et décide d'en appeler aux Cisterciens pour réprimer l’hérésie, et mater ses bourgeois velléitaires dans le but de conserver son pouvoir. Pour ce faire il demande l'aide du Pape, car si son pouvoir est menacé par les bourgeois qui instrumentalisent ces manichéens, l'autorité de l'église ( sur laquelle repose la féodalité ) est bafouée ouvertement par les représentants de cette nouvelle religion et par leurs soutiens. Sur ordre du Pape, les représentants de l'église entrent alors en scène et tentent dans un premier temps de négocier avec les "manichéens". Pendant plusieurs années, les représentants de l'église essuient de la part des manichéens, vexations, quolibets, fins de non-recevoir, réunions non honorées, fourberies, etc. Toutes ces années de vaines négociations permettront néanmoins aux protagonistes de se jauger. Puis, brusquement, les "manichéens" sûrs de leurs appuis ( bourgeois et petite noblesse ), et forts du soutient populaire, rejettent en bloc les propositions de l'église en qualifiant officiellement le Pape de grand Satan. La cohabitation pacifique entre manichéens et catholiques prend fin, par leur attitude les manichéens déclarent ouvertement la guerre à l'église, et, dans ces conditions, un des deux camps doit disparaitre !
En 1177 c'est le début des hostilités qui dureront jusqu'en 1244.
Deux croisades seront menées par le royaume de France, il s'agit surtout pour le roi de France de conserver tout le Languedoc et l'Aquitaine. La lutte contre les Cathares s'achèvera par la chute de la forteresse de Montségur en 1244.
Au XII ème siècle, le sud-ouest de la France est une région bien différente de celle du nord de la Loire. Tandis qu'en Île de France, le roi se bat à cheval et s'impose de diverses manières à ses vassaux récalcitrants, dans les villes du Midi Languedocien et Aquitain, les habitants élisent des consuls ou des capitouls qui gouvernent et parlent d'égal à égal avec les seigneurs dont ils dépendent. Plus riches, les villes du Midi sont aussi plus accueillantes aux commerçants étrangers : leur très importante activité commerciale (Toulouse est la troisième ville d'Europe) les met en relation avec de nombreux pays. Les commerçants qui y échangent des denrées et des biens, y puisent des idées qu'ils propagent ensuite vers l'Occitanie. C'est dans ce milieu propice aux échanges que se répandit une religion nouvelle dont le succès fut si rapide qu'il effraya la Royauté et l'église Catholique. C'est le fondemment même de la féodalité qui était remis en question. L'église était en partie responsable de cet extraordinaire essor : critiquée de toutes parts et incapable de se réformer, elle prépara le terrain sur lequel le Catharisme put s'enraciner. Bien avant l'apparition de la religion Cathare, de nombreux moines avaient prêché la révolte ouverte contre l'Église, ses prêtres et ses sacrements : l'exigence entre une plus grande simplicité dans la relation des hommes avec Dieu, d'un retour à une foi moins prisonnière du cadre luxueux dans lequel l'avait enfermée l'Église, étaient des revendications très largement répandues à l'époque. Mais le catharisme était bien plus qu'un mouvement de simple critique il était aussi et surtout une religion différente du catholicisme romain. La tradition qui le nourrissait était très ancienne puisqu'elle s'était développée à partir du VII ème siècle avant J.C, autour d'un personnage important de l'Antiquité, le prophète perse Zoroastre. Les cathares et ceux qu'on appelait « Parfaits » ou « Bonshommes », qui jouaient en quelque sorte le rôle de prêtres, devaient observer des règles plus strictes encore que celles imposées aux simples fidèles. Les Cathares rejetaient la justice des hommes, ne mangeaient pas de viande et banissaient l'union charnelle même dans le mariage qu'ils appelaient "juratafornicatio". Ils ne tuaient pas les animaux. Leurs rites ne comprenaient pas de chants mais s'appuyaient sur les psaumes. Ils étaient astreints à jeûner fréquemment, et une série d'aliments leur étaient défendus en temps ordinaire. Ils ne construisaient pas de temples, ils priaient et prêchaient n'importe où, chaque fois que la possibilité s'en offrait. Ils rejetaient tous les sacrements à l'exception du Consolamentum ( baptêmes,ordination et sacrements des mourants ). Cette nouvelle religion s'adressait aux croyants désireux de devenir Parfaits. Le croyant s'engageait à respecter les règles propres aux Parfaits : ne plus mentir, ni jurer, ne plus avoir de relations sexuelles, régime alimentaire très strict... Recevant l'accolade de ses initiateurs, qui s'agenouillaient ensuite devant lui, le nouveau Parfait était censé sentir descendre sur lui l'Esprit saint. Tant qu'ils purent afficher librement leurs opinions, les cathares s'habillaient de préférence en noir. Après la répression, ils se contentaient de dissimuler une ceinture noire sous leurs vêtements ordinaires.


En résumé : une nouvelle religion enracinée dans le Midi

Les "manichéens" ( appelés Albigeois ou Cathares au XIX siècle ) à l'origine du drame sont les disciples d'une doctrine réputée hérétique (contraire au dogme chrétien), originaire de l'Italie du nord. Cette doctrine recueille depuis le milieu du XII ème siècle un succès croissant dans le Midi toulousain. Ses prédicateurs, les Bonshommes, sont servis par l'image déplorable que donne du Catholicisme le clergé local. Saint Bernard de Clairvaux, conseiller des rois et prédicateur de la deuxième Croisade en Terre sainte, tente sans succès de réveiller les consciences Catholiques dans la région. Lui-même se plaint de trouver des églises désertées par les fidèles. Le futur Saint Dominique n'a pas plus de succès face aux progrès de l'hérésie.


In fine, le légat du pape adresse un ultimatum au comte de Toulouse

Après des décennies de vaines négociations, et afin de ne pas disparaitre de cette région de France, l'église représentée par son pape Innocent III décide en désespoir de cause de recourir à la force. Ce dernier envoie son légat Pierre de Castelnau auprès du comte de Toulouse Raimon VI en vue de le convaincre de prendre la tête d'une croisade contre les hérétiques. Le tout-puissant représentant du pape rencontre le comte dans sa résidence de Saint-Gilles, en Provence. Il lui reproche son excessive sollicitude pour ces "manichéens". Mais le comte de Toulouse refuse net de combattre ses propres sujets. Les deux hommes en viennent à violemment se disputer. Raymond VI descend du fameux Raymond IV de Saint-Gilles, chef de la première croisade en Terre sainte. Fils de Raymond V c'est un homme de 51 ans lettré mais aussi très libre à l'égard de l'Église officielle dont il méprise le luxe ostentatoire. Contrairement à son père, il s'est fait une raison et compose avec les hérétiques car ils sont beaucoup plus nombreux que les Catholiques. Il ne voit pas le danger que cette nouvelle religion représente pour la féodalité, il est certain que seuls les Catholiques seront perdant en acceptant la domination des hérétiques. Il est certain que son pouvoir Comtal n'en souffrira pas, il ne se fie qu'à son instinct qui lui dicte que les temps changent et qu'il faut en accepter l'augure ! Il s'est marié cinq fois, a enterré sa première épouse et a répudié les trois suivantes avant d'épouser enfin une fille d'Aliénor d'Aquitaine dont il a eu un fils unique. Pierre de Castelnau, n'a d'autre solution que d'excommunier le Comte, autrement dit de l'exclure des sacrements de l'Église. Puis il se retire avec toute son escorte.


Assassinat du légat par des hommes de Raymond VI, le Pape organise lui même la répression

C'est sur le chemin du retour que Pierre de Castelnau est assassiné par des hommes du Comte Raymond VI. Ce drame de trop entraîne le pape à lancer l'appel à la croisade sans oublier au passage de canoniser son légat. Dès le mois de mars, Innocent III adresse une encyclique aux comtes, barons et simples fidèles du royaume de France : « En avant, donc, chevaliers du Christ ! En avant, vaillantes recrues de l'armée chrétienne ! (...) Appliquez-vous à détruire l'hérésie par tous les moyens que Dieu vous inspirera (...) Quant au comte de Toulouse (...), chassez-le, lui et ses complices, des tentes du Seigneur. Dépouillez-les de leurs terres, afin que des habitants catholiques y soient substitués aux hérétiques éliminés... » C'est la première fois qu'une croisade est officiellement dirigée contre des gens qui se réclament du Christ. Mais cet aspect ne gêne pas les contemporains tant il est vrai que l'hérésie cathare ne saurait être tolérée. Cette première expédition débute par le sac de Béziers et le massacre de sa population, le 22 juillet 1209. Le Roi de France, Philippe Auguste, répondit à l'appel et laissa ses plus puissants vassaux, le Duc de Bourgogne, les Comtes de Montfort et de Saint-Pol prendre la tête de l'armée. Ce sont 300 000 croisés qui descendirent dans la vallée du Rhône. Devant cette situation , le Comte de Toulouse, Raymond VI, soupçonné du meurtre du légat prend peur et fait amende honorable envers le Pape. Le comte de Toulouse, Raymond VI se croise contre ses propres sujets. L'armée des croisés mit le siège sur la ville de Béziers, une ville solidement fortifiée. Forts de ce sentiment de sécurité, les habitants assaillirent les campements qui se tenaient aux pieds des murailles. Mais leur exploit tourna court, et, les ribauds (mercenaires et chevaliers recrutés pour l'expédition) profitèrent que les portes des remparts étaient ouvertes pour se frayer un chemin à l'intérieur de la cité et pour y faire pénétrer ensuite une partie de l'armée. Aux soldats qui se demandaient comment faire pour distinguer, dans la population, ceux qui étaient hérétiques de ceux qui étaient catholiques, l'abbé de Cîteaux, Arnaud Amaury, répondit par cette phrase mémorable : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens! » La mise à feu du Languedoc commença : la ville fut incendiée et ses habitants, massacrés. Après Béziers, ce fut le tour de Carcassonne où l'armée s'annonça à la fin du mois de juillet 1209. L'âme de la résistance de la ville fut le jeune vicomte Roger de Trencavel. Le siège dura trois semaines, les assiégeants avaient privé la ville d'eau, obligeant les assiégés à parlementer. Trencavel qui était venu parlementer fut mis prisonnier par les croisés, rompant ainsi le code d'honneur de la chevalerie. Simon de Montfort, un chevalier croisé dont le courage avait été remarqué, fut choisi pour succéder aux Trencavel. Cependant, ses sujets lui étaient naturellement hostiles. Aussi, jusqu'à sa mort, en 1218, il fut constamment en guerre contre ses sujets récalcitrants.
A l'issue de ces sièges longs et éprouvants, les croisés victorieux offraient la vie sauve aux hérétiques acceptant de renier leur foi, mais ils étaient bien peu nombreux. Par le fer, le feu et le sang, la croisade continuait, il s'agissait pour les seigneurs du Nord de s'acquitter de leur promesse faite au Roi. Le Comte de Toulouse et le roi d'Aragon finirent par s'en inquiéter et, en 1213, ils unirent leurs forces pour attaquer Simon de Montfort au château de Muret. L'assaut tourna court malgré l'avantage numérique, Pierre d'Aragon fut tué, et Raymond VI dut se replier dans sa ville de Toulouse qui fut par la suite investie par l'armée de Simon de Montfort. Mais le peuple Cathare restait fidéle à ses croyances et préférait aller au bûcher plutôt que de renier sa foi. Lorsque Raymond VI et son fils Raymond VII revinrent d'Angleterre où ils s'étaient enfuis, ils furent accueillis avec beaucoup d'enthousiasme. Une émeute populaire chassa les chevaliers français de la ville de Toulouse. A cette nouvelle, Montfort accourut aussitôt pour y faire le siège, c'est là qu'il fut tué en 1218. Sa mort fut accueillie par des cris de joie : les Cathares voyaient disparaître le plus cruel de leurs ennemis.
En 1224, le nouveau roi Louis VIII se montra plus implacable que son père Philippe Auguste.
Alors que les seigneurs et Comtes du Midi se voyaient réinstallés sur leurs terres, une seconde armée croisée allait déferler sur le Languedoc, avec le roi de France en personne à sa tête. La plupart des villes s'effondrèrent ou se soumirent facilement. Seul Avignon opposa une âpre résistance de trois mois. La mort de Louis VIII sauva Toulouse d'un nouveau siège, mais les redditions successives de ses vassaux finirent par convaincre Raymond VII qu'il valait mieux capituler. Par le traité de Meaux, signé en 1229, le comte de Toulouse s'engagea à demeurer fidèle au roi et à l'Eglise catholique, à mener une guerre intraitable contre les hérétiques et à marier sa fille unique au frère du nouveau roi de France, Louis IX, afin de préparer le rattachement du Languedoc à la France. Le système féodal était sauvé le Roi et l'église pouvaient enfin respirer !
Après la signature du traité et le retour de Raymond VII à Toulouse, le tribunal d'Inquisition fut créé et confié à une poignée de dominicains. Jouissant d'un pouvoir sans limites, les inquisiteurs sillonnèrent le Midi pour débusquer les hérétiques. Mais ces mesures ne suffirent pas à étouffer l'aspiration du Midi à être gouverné comme il l'entendait. Une seconde révolte secoua la région après l'assassinat, en 1242, des juges du tribunal de l'Inquisition par des chevaliers Cathares.


Epilogue

Une paix définitive fut signée à Lorris en 1243 entre le roi de France et le comte de Toulouse. C'était la fin de l'indépendance pour cette région et surtout du catharisme. Pour leur porter le coup de grâce, il fallut cependant prendre la forteresse de Montségur, symbole du refus de l'autorité royale, où s'était réfugiés 400 croyants de la religion Cathare. La position de la forteresse (un pic dominant de plus de cent mètres des terres voisines) donnait un sentiment de confiance immense aux assiégés. Durant une année, ils défièrent avec succès l'autorité du roi et du pape. Les 10 000 soldats engagés dans le siège ne pouvaient que constater l'inefficacité des boulets que catapultaient les pierrières contre les remparts. Cependant, une nuit de juillet 1244, grâce au renfort d'un groupe de montagnards habitués à l'escalade et connaissant parfaitement les lieux, les assiégeants réussirent à pénétrer dans la place par surprise et parvinrent à obtenir sa capitulation complète. Ne disposant plus d'aucun refuge sûr, pourchassés par les inquisiteurs, les derniers cathares vécurent comme des bêtes traquées, suscitant parfois de brèves révoltes. Les Parfaits survivants émigrèrent en Catalogne, en Sicile et en Lombardie. Ainsi disparaissait cette religion qui avait défié l'omnipotence Catholique et le pouvoir féodal pendant deux siècles, marquant à jamais de son sceau une région que l'on nomme de nos jours "occitanie".


Reconstitution de Montségur en 3D

Reconstitution de Montségur en 3D


Les nouveaux Cathares

Nous pouvons légitimement nous poser une question toute simple, si cette religion était aussi belle que la légende prétend, pourquoi ne renait-elle pas de ses cendres de nos jours ?
En effet, notre époque permet à chacun de pratiquer n'importe quel culte même le plus farfelu, y compris celui de pratiquer les cultes basés sur des dérives ésotériques délirantes. Il serait donc très facile de nos jours de réactiver cette religion des parfaits, pourquoi personne ne le fait-il ?
Peut-être parce que l'homme moderne adepte de la société de consommation à outrance n'est plus du tout réceptif à ce mode de vie ascètique ?
Factuellement, a certains égards, ces Cathares qui appliquaient les préceptes bibliques à la lettre (sans aucune interprétation) sont proches des Témoins de Jéhovah d'aujourd'hui qui ont également leurs "purs" au nombre de 144 000 membres appelés à regner au ciel avec le seigneur Jésus Christ, tandisque les autres fidèles hériteront éternellement du paradis terrestre, ces Témoins de Jéhovah estiment être les seuls vrais Chrétiens. Pour les Témoins de Jéhovah la notion de "familles" n'existe pas, les adeptes sont tous Frères et Soeurs. Les Témoins de Jéhovah ne consomment pas de sang, et refusent les transfusions sanguines même à l'article de la mort ! Bien sûr les Cathares étaient beaucoup plus radicaux dans leur mode de vie quotidienne que les Témoins de Jéhovah d'aujourd'hui, mais cette comparaison peut-être utile à la compréhension de l'hérésie Cathare. Les Cathares comme leurs homologues Témoins de Jéhovah d'aujourd'hui, rejetaient les Catholiques, pour leurs pratiques ( représentations et culte des Saints, de Jésus de la Vierge etc.... ) ils les rejetaient également pour leurs pompes !



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