Pour accéder à toutes les fonctionnalités de ce site, vous devez activer JavaScript. Voici les instructions pour activer JavaScript dans votre navigateur Web.
        

Templiers - Les états latins d'orient

         



Retournez sur le plan des sujets traités sur le site    

Les états latins d'orient


Godefroy de Bouillon homme charismatique et frère de Baudouin

Dès le 01 Aout 1096, Boulogne sur mer devint le siège d’une armée qui se prépare à partir en campagne, et la mère de Godefroy de Bouillon, Ida de Lotharingie, réputée pour sa grande piété se chargea de nourrir et d’abriter tous ces soldats, seigneurs, ouvriers, tacherons, moines, marchands et serfs pendant deux semaines. Boulogne sur mer était à présent un océan de tentes bariolées, d’oriflammes, de bannières. Les feux de camp restaient allumés jour et nuit, ce qui rajoutait au caractère mystique de cette entreprise. Geoffroy de Saint-Omer et son père Guillaume restèrent dans la ville jusqu’au 05 Aout puis regagnèrent Saint-Omer une fois les préparatifs administratifs terminés à Boulogne. Le vendredi 15 Aout 1096 à 9h00 après l'office de Prime, Godefroy de Bouillon embrassa longuement sa mère Ida de Lotharingie dans un vacarme de remerciements à l’endroit de la sainte femme, puis donna le signal du départ, et la colonne s’ébranla en direction de Saint-Omer. Ils n’étaient pas moins de 200 chevaliers et seigneurs, 20 000 hommes armés, et 10 000 vilains, serfs, marchands, ingénieurs, ouvriers, médecins, manœuvres etc.
Toute la chevalerie de la Flandre maritime était là ainsi que quelques Barons Anglais avec leurs maigres troupes, les autres Anglais partiraient un peu plus tard de Normandie avec l’armée de Robert de Courteheuse.
La première étape ralliée en 2 jours fut Saint-Omer, ou une partie de la chevalerie de Flandre intérieure attendait depuis quelques jours pour se joindre au cortège. Après une journée de repos le cortège reprit sa marche vers Courtrai. Au départ de Saint-Omer, ce sont 300 chevaliers et seigneurs, 15 000 hommes armés, et 15 000 vilains de toutes conditions, qui s’agrègeront au cortège initial. Geoffroy et ses deux frères Hugues et Gérard seront bien entendu du voyage. Leur père en sera également pour seconder Robert II de Flandre jusqu’à Jérusalem, puis plus tard, quand ce dernier décidera de rentrer en France en Octobre 1099 il rentrera également chez lui à Saint-Omer. A ce moment précis, ils ne le savent pas encore mais les trois frères Geoffroy, Hugues, et Gérard de Saint-Omer ne reviendront plus en France (à l’exception d’un bref retour pour Geoffroy et Hugues en 1127).
La deuxième ville Courtrai, fut ralliée en 4 jours, les croisés s’y reposèrent 2 jours. Le reste des troupes de la Flandre intérieure à savoir 250 chevaliers et seigneurs, 15 000 hommes armés, et 15 000 vilains de toutes conditions vinrent encore grossir les rangs de ce qui commençait à devenir une armée imposante. A Courtrai, Geoffroy de Saint-Omer retrouve deux lointains cousins, chevaliers de Bruges et de Furnes. Le soleil est enfin au rendez-vous et il règne une ambiance de foire dans le gigantesque campement.
La troisième ville, Aix la Chapelle, fut ralliée après 9 jours de marche. Godefroy de Bouillon décida alors un arrêt de 5 jours pour laisser reposer ses troupes. Les troupes Lotharingiennes de Godefroy en profiteront pour rejoindre le convoi, et, ce sont 250 chevaliers et seigneurs, 10 000 hommes armés, et 10 000 vilains et serfs de toutes conditions qui se joindront encore au cortège.
Le 24 Septembre 1096, au départ d’Aix la chapelle l’armée de Godefroy ne compte pas moins de 1000 seigneurs et chevaliers 50 000 guerriers et 60 000 vilains et serfs ( d’après Foucher de Chartres présent et qui deviendra chapelain de Baudouin de Boulogne dès Mars 1097 ). Ils descendent maintenant vers le sud en empruntant la vallée du Rhin. L’euphorie est grande au sein de cette armée, mais Godefroy de Bouillon insatisfait de l’allure impose une vitesse plus soutenue aux soldats afin d’arriver à Constantinople avant noël. Cette armée traversera les villes de Mayence, Ratisbonne, Vienne, Belgrade, Sofia, récupérant au passage à chaque fois des milliers de croisés prêts à en découdre avec les infidèles.
Après Mayence, le cortège se scinda rapidement en deux, puis trois parties, et, si les premiers arrivèrent à destination avant noël, le gros du convoi arriva 5 semaines plus tard à Constantinople. Les autres armées de Robert Courteheuse, de Hugues de Vermandois, de Bohémond de Tarente, de Raymond de Saint gilles arrivèrent entre Janvier et Avril 1097. Godefroy laissa reposer toutes ses armées à Constantinople jusqu’à la fin du printemps 1097.

De la Kermesse au long chemin de croix des Chrétiens

Le 1er Mai 1097, à bord de la flotte Byzantine les armées croisées traversent le détroit du Bosphore, cet incessant va et vient de bateaux dura 3 jours et 3 nuits. De mémoire d’homme on n’a jamais rien vu de pareil ! Devant ce spectacle grandiose, et renseignés par leurs espions, les Musulmans cantonnés à Nicomédie prennent la fuite pour Nicée. Le 4 Mai l’avant-garde des croisés délivre sans combattre Nicomédie, Godefroy ordonne l’agrandissement de la route qui mène à Nicée pour le passage du matériel de siège ( trébuchets, mangonneaux, béliers, tours etc). Le 8 Mai, l’avant-garde des croisés arrive à Nicée défendue par 6 kilomètres de remparts et 240 tours, Godefroy de Bouillon y prépare calmement le siège pendant une semaine, le 12 Mai le gros des troupes est arrivé avec une partie du matériel de siège. Le 14 Mai, l’armée est presque au complet, une première attaque des remparts destinée à jauger l’adversaire se solde par un échec. Soucieux de garder ses forces armées intactes Godefroy décide de faire le blocus complet de la ville. Le 20 Mai des renforts Musulmans arrivés pour secourir les assiégés sont mis en déroute. A cette date, le travail des sapeurs croisés commence à porter ses fruits et les murailles commencent à s’effondrer, néanmoins, elles sont aussitôt consolidées par les Musulmans. Le 3 juin toutes les armées croisées avec le matériel de siège sont en place autour de la ville, les assauts croisés peuvent véritablement commencer. Du 7 Juin au 18 Juin 1097, les assauts croisés avaient pour but d’affaiblir l’ennemi en minimisant les pertes Chrétiennes. Pendant 11 jours la résistance Musulmane fut héroïque mais le 18 Juin tout était consommé, et, il suffirait à Godefroy de donner un dernier assaut le lendemain matin pour mettre en déroute les survivants. Sur le papier les Musulmans rescapés n’avaient aucune chance de sortir vivants de ce piège. Aucune chance vraiment ? Pas si sûr ! Car pendant que les croisés se battaient, l’empereur Byzantin Alexis Ier, qui les avait suivi de loin et sans participer aux combats, arriva comme convenu avec des bateaux et deux mille peltastes, commandés par Taticius et Tzitas pour établir un blocus complet sur le lac Ascanios ( les Turcs ravitaillaient en effet la ville par le lac depuis le début du siège ). Sans en informer les croisés, Alexis Ier fit mener des négociations secrètes par Boutoumitès à partir du 14 Juin, et ces tractations aboutirent à la reddition de la ville. Dans la nuit du 18 au 19 juin des soldats de l'armée Byzantine pénétrèrent sans bruits dans la ville par le lac, et au petit matin, alors que les Francs se préparaient pour l'assaut ultime, ces derniers eurent la surprise de voir l'étendard impérial Byzantin flotter sur les remparts de la ville. Les croisés stupéfaits, comprirent rapidement qu’ils avaient été dupés par Alexis 1er, dégoutés par une telle désinvolture de la part d’un allié qui s’était joué de leur crédulité, ils n’eurent d’autre choix que d’accepter cet état de fait. Godefroy et les autres seigneurs croisés venaient de prendre leur première leçon concernant l’art de guerroyer en Orient, ils en prendraient encore beaucoup d’autres. La première décision du nouveau Duc de Nicée Boutoumitès, fut d’interdire aux croisés d'entrer par groupes de plus de dix dans la ville, l’humiliation était totale pour les croisés. A cette date tous les croisés pensaient arriver à Jérusalem trois mois plus tard ! Il leur faudra en réalité huit fois plus de temps pour arriver au pied des remparts de Jérusalem. Pendant deux longues années ils devront traverser un massif montagneux sur une distance de 600 km à 1100 ml d'altitude, faire face à d'innombrables embuscades Musulmanes livrer bataille à maintes reprises contre des ennemis bien décidés à repousser les Chrétiens jusqu'au Bosphore. Baudouin assistera impuissant au décès de son épouse "Godehilde de Tosny" qui était dans l'armée de Godefroy de Bouillon, puis deviendra gouverneur d'Edesse, les croisés se battront désespérément dans chaque ville traversée afin de pouvoir avancer en direction de Jérusalem, il y aura Dorylée, Nigde, Mersin, Mamistra, Adana, Tarse, Antioche ( un véritable cauchemard ), Maarat, Albara, Masyaf, Rafaniyah, Tripoli, Arqua, Beyrouth, Sidon, Tyr, Haifa, Acre, Césarée, Jaffa, Ramla, Ascalon, et enfin Jérusalem. Trente-quatre mois après leur départ de France, et après une multitude de malheurs et de combats, les Croisés en guenilles atteignaient finalement leur but, Jérusalem ! Toutefois, leur chemin de croix n’était pas terminé. La ville était fortifiée et ses remparts étaient très bien entretenus, après un rapide état des lieux il s’avéra que l'approche des remparts n'était possible que par le nord et le mont Sion, des ravins protégeant les autres côtés. Le gouverneur fatimide commandait une garnison importante de troupes arabes, les citernes de la ville étaient remplies et les troupeaux avaient été ramenés à l'intérieur de la ville. Le gouverneur avait expulsé tous les chrétiens de la ville, diminuant du même coup le risque de trahison et les bouches à nourrir. Les Juifs demandèrent au gouverneur l’autorisation de rester dans la ville. Les puits des environs avaient été empoisonnés, sauf la piscine de Siloé, et les musulmans sereins attendaient une armée d'Égypte pour les secourir. Sous une chaleur accablante et sans ravitaillement les Croisés en loques n’étaient plus assez nombreux pour assiéger la ville. Selon Raymond d'Aguilers, les effectifs combattants francs à Jérusalem se chiffraient à 20 000 hommes au plus, les autres pèlerins ou hommes de métier n’étaient plus en état de combattre. Toutefois, ceux qui l’étaient encore étaient aguerris par trois années de batailles et de privations, et ils possédaient une foi immense s'attendant à une intervention divine imminente. Le siège débuta, mais les groupes Croisés ravitaillant devaient parcourir chaque jour plus de dix kilomètres pour trouver des sources d'eau potable. Comme d’habitude la nourriture vint à manquer, le seul espoir résidait dans une prise rapide de la ville. Les Croisés se positionnèrent : Robert de Normandie à l'est, devant la porte Saint-Étienne, Robert de Flandre à sa droite, Godefroy et Tancrède au coin nord-ouest, et Raymond à l'ouest, mais le terrain étant trop accidenté le comte se déplaça au sud sur la montagne de Sion. Du 13 juin au 15 juillet les croisés batailleront tous les jours avec plus ou moins de réussite, puis alors qu'ils n'y croyaient plus les musulmans furent définitivement écrasés le 15 juillet.

Baudouin de Boulogne comte d'Edesse devient roi de Jérusalem

Après la mort de son épouse "Godehilde de Tosny" en 1097 lors de la grande pérégrination, Baudouin de Boulogne épousa une Arménienne "Arda" afin d'être mieux accepté par la population de son comté d'Edesse. Puis, et alors qu'il s'employait à sécuriser son nouveau comté avec l'aide d'un de ses meilleurs amis ( Geoffroy de Saint-Omer ) depuis deux années, il apprit avec stupeur la mort de son frère Godefroy de Bouillon le 18 juillet 1100. Il se mit aussitot en route pour Jérusalem après avoir confié le comté d'Edesse à son cousin Baudouin du Bourcq. Ce voyage ne fut pas de tout repos et son confesseur et chroniqueur "Foucher de Chartres" nous apprend que c'est par miracle que Baudouin rallia Jérusalem. Sur place à Jérusalem nullement impressionné par les épreuves qu'il venait de vivre, et avant même de se faire couronner, il entreprit une campagne de sécurisation de la fin de novembre au 21 décembre. Avec cent cinquante chevaliers, et cinq cents fantassins, il fit une reconnaissance du port musulman d'Ascalon, il le trouva si fortement défendu qu'il renonça à l'attaquer. Rebroussant chemin vers l'est, il se dirigea vers Beit Djibrin où se cachaient dans des grottes des pillards qui, depuis longtemps, faisaient régner la terreur dans cette contrée en détroussant les pèlerins qui, débarquant à Jaffa, se rendaient à Jérusalem. Il enfuma ces pillards puis en massacra une centaine. Non rassasié de combats, il se remit en marche avec des guides arabes en direction de la Mer Morte. Baudouin longea la Mer Morte jusqu'à sa pointe méridionale, Foucher de Chartres exprime la surprise qu'il éprouva en voyant, sur le rivage, des montagnes de sel brillantes comme la glace, étant descendu de sa mule, il voulut boire, mais il trouva cette eau plus amère que l'hellébore. Les Francs, contournant la mer au sud, trouvèrent une oasis fort agréable qui s'appellait Ségor, avec des palmiers-dattiers en abondance, ils se régalèrent de leurs fruits toute la journée. Ils appelèrent ce lieu « locus palmarum » en français « chambre des palmiers ». Les habitants de la ville s'étaient enfuis, « à part quelques-uns à la peau plus noire que la suie, écrit Foucher, dont nous n'eûmes pas cure davantage que des algues de la mer ». La troupe se rendit ensuite dans la région de Pétra que Baudouin trouvera fort agréable et ou plusq tard il y reviendra plusieurs fois. Il était enfin de retour dans sa capitale le 21 décembre, et le jour de Noël avait lieu son couronnement dans la basilique de Bethléem.


états latins

Baudouin soucieux de sécuriser son royaume de Jérusalem

Il fallait à Baudouin des ports et il n'en avait qu'un seul Jaffa, le 15 avril arriva dans le port une flotte génoise venant de Laodicée. Baudouin alla au-devant de cette flotte avec deux navires, bannières déployées et au son des trompettes. Le roi établit un contrat avec les Génois qui s'engagèrent à l'aider, ce qu'ils firent en attaquant, à dix-huit kilomètres au nord de Jaffa, le port d'Arsouf qui capitula à la fin d'avril. Immédiatement Baudouin y installa un bataillon de croisés. Puis son armée et les génois allèrent plus au nord attaquer le port de Césarée. Là fut organisé un siège en règle avec grand renfort de mangonneaux. Au terme de quinze jours de combats, les Francs ayant construit une tour de bois plus haute que les murailles, réussirent à pénétrer dans la ville le 17 mai 1101 et ce fut un massacre. Là encore, Baudouin y installa un bataillon de croisés. Puis se séparant des Génois Baudouin regagna l'intérieur des terres et atteignit Ramla où il construisit une tour. En août il apperçut une armée égyptienne qui se dirigeait vers Ascalon. Il demanda de suite à Jérusalem des renforts. Cependant il était trop tard, et il dut se résigner à affronter seul l'ennemi. Il n'avait que deux cents chevaliers et mille fantassins, la supériorité numérique de l'armée égyptienne était écrasante. L'assaut eut lieu le 7 septembre 1101 dans la plaine de Ramla, Baudouin avait divisé ses forces en cinq parties : les trois bataillons furent écrasés, les deux autres, chevaliers croisés de Jérusalem et de Judée commandés par lui-même, rétablirent la situation. Il avait galvanisé les soldats : "Si vous êtes tués vous serez des martyre" "Si vous vainquez, c'est la gloire éternelle". "Quant à fuir, n'y pensez pas la France est trop loin ils vous tueront". La vraie Croix portée par un évêque l'accompagnant, Baudouin avait chargé avec furie, monté sur sa jument appelée "la Gazelle" à cause de sa vitesse, il y fit des merveilles. Attaqué par un émir, il lui trancha la tête, les musulmans se replièrent vers Ascalon. En mai 1102 Baudouin, dont les possessions s'étendaient, faillit tout perdre dans une bataille à Ramla. Revanchard, le vizir d'Egypte al Afdal avait concentré une armée de vingt mille combattants au nord d'Ascalon, le long de la côte. Baudouin, apprenant cette nouvelle, mais ignorant les réélles forces musulmanes, commit l'imprudence d'attaquer avec ses maigres forces ( deux cents chevaliers ). Les Francs furent encerclés le 17 mai 1102 à Yasour. Ce fut un massacre, le soir, Baudouin put, avec les survivants, s'enfermer provisoirement dans Ramla. Alors se produisit un événement providentiel : un sheikh se présenta à l'entrée de la ville et demanda à parler à Baudouin 1er. Le roi qui avait naguère sauvé la femme de ce sheikh lui en gardait une grande reconnaissance. Il l'engageait à s'enfuir à la faveur de la nuit, avant l'assaut du matin. Baudouin s'élança donc avec son écuyer et quelques compagnons au milieu de l'armée ennemie. Il fut poursuivi, mais il put s'échapper. Au petit jour, Ramla fut reprise par les musulmans et presque tous les Francs furent massacrés. A Jérusalem le bruit se répandit que Baudouin était mort, la terreur fut si grande que l'on parla d'évacuer la ville pour gagner la côte. Un des rares rescapés de la bataille, Gutman de Bruxelles, redonna le moral aux habitants. Cependant Baudouin arrivait à Arsouf, blessé et épuisé, le 19 mai. De là il gagna par mer Jaffa. Là aussi, ayant arboré sur son bateau la bannière royale, des navires égyptiens se mirent à sa poursuite, mais le vent leur fut contraire. A Jaffa en quelques jours Baudouin regroupait les forces Franques et le 27 mai il sortait de la ville et attaquait une armée égyptienne qui campait non loin de là. Au bout de quelques heures de combat, elle prenait la fuite vers Ascalon. Les Francs firent un grand butin. Baudouin rentra en triomphe à Jérusalem. Dès l'année 1102, Baudouin a conscience de l'importance de la position de Saphet la route de Damas à Acre, et demande à un fidèle "Hugues de Saint-Omer", prince de Galilée, d'y ériger une forteresse. En juillet 1103 pour protéger les pèlerins, le roi de Jérusalem organisa une expédition sur la côte, entre Caïffa et Césarée. La route était resserrée entre la mer et les contreforts méridionaux du mont Carmel formant un défilé appelé "le Destroit ou Pierre-Encise", des pillards arabes s'y abritaient pour attaquer et détrousser les caravanes de pèlerins. Lors de cette expédition, Baudouin reçut dans les reins un coup de lance qui le fit tomber évanoui de son cheval. Il gardera des séquelles de cette blessure toute sa vie. Plus tard, dans de ce défilé de Pierre-Encise, les chevaliers du Temple bâtiront la puissante forteresse d'Athlit (Château Pélerin). En avril 1104 une flotte génoise forte de soixante-dix galères ayant aidé le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles, à s'emparer du port de Byblos (Djebeil), Baudouin demanda à cette escadre de l'aider à conquérir le port d'Acre. Le siège commença à terre et en mer les 5 et 6 mai. Trois semaines après, les habitants capitulèrent le 26 mai. Saint-Jean-d'Acre deviendra le port Franc le plus important de la Judée avec le plus gros trafic commercial de toute la côte. Après la prise d'Acre, il restait encore aux musulmans, les ports d'Ascalon et de Tyr, de Saïda et de Beyrouth. En 1105, "Hugues de Saint-Omer" construit près de Tyr le fort du Toron (Tibnin), à la fois pour surveiller la garnison musulmane de Tyr mais aussi pour en faire une position forte utilisable le jour où l'on attaquerait le port. En 1105, Baudouin construisit le chastel Arnoul, un fortin dans la plaine pour surveiller la route des pèlerins allant de Jaffa à Jérusalem par Ramla et Lydda. En février 1107, ayant appris que les Damasquins construisaient une forteresse pour interdire le passage aux pélerins chrétiens, il organisa la riposte, il chassa les Musulmans et détruisit leur forteresse de plus il ramena des chrétiens captifs de Pétra pour les établir dans les terres fertiles de Judée. En 1108, il essaya avec l'aide de navires italiens de prendre le port de Sidon, mais il échoua. En 1109, Baudouin monta une expédition vers Baalbeck pour piller la plaine fertile de la Béqa, mais Togtekin fit avec lui une convention établissant qu'un tiers de la récolte de cette contrée appartiendrait aux Francs. Un peu plus tard, un traité analogue fut conclu pour les récoltes du Sawad et du Djebel Adjloun au-delà du Jourdain. Ainsi Baudouin s'assurait des ressources agricoles dans des régions prospères situées en bordure des frontières naturelles de son nouveau royaume. En 1109, il vint en aide à Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, pour prendre le port de Tripoli, ce qui eut lieu le 12 juillet 1109. Ainsi s'achevait la sécurisation au Liban du comté de Tripoli. En février 1110, Bertrand vint à son tour participer au siège de Beyrouth qu'entreprenait Baudouin. Des vaisseaux génois et pisans y organisaient le blocus. Le 13 mai, la ville capitula. En juillet 1110, arriva à Tripoli une flotte de pèlerins Scandinaves conduite par le prince norvégien Sigurd. Baudouin accueillit solennellement celui-ci et l'accompagna au Saint-Sépulcre. Après quoi, il lui demanda son appui pour s'emparer de Sidon. L'escadre fit donc le blocus du port tandis que Baudouin, assisté de Bertrand de Tripoli, attaquait la ville avec de nombreuses machines de siège. Dans l'intervalle, arriva sur la côte, une escadre vénitienne qui prêta main forte à la flotte norvégienne. Le 4 décembre, Sidon ouvrait ses portes. En 1115, il décide de sécuriser la région située à l'est de la Mer Morte. Ayant choisi à une trentaine de kilomètres au nord de Pétra un site agréable, fertile et pourvu d'eau, naturellement bien défendu au sommet d'une montagne, il y entreprit la construction d'une forteresse ( Montreal ) pour surveiller les routes empruntées par les caravanes commerçantes qui sillonnaient la Syrie, le pourtour de la mer Rouge, et l'Egypte, et aussi les routes des pèlerins, le Derb El Hadj, qui se rendaient en Arabie vers les villes saintes de Médine et de La Mecque. En contre partie, le seigneur de la Terre d'oultre le Jourdain prélevait une dîme sur les caravaniers et les pèlerins. En 1116, le roi, "toujours impatient d'ouvrir des voies de communications nouvelles", écrit Albert d'Aix, fit avec deux cents chevaliers une marche jusqu'à la mer Rouge. Ils trouvèrent près de la mer le village d'Ailat, proche des ruines de l'antique Elath. C'est peu après que les Francs édifièrent une forteresse à Ailat et une autre dans l'île de Graye toute proche. Des postes de garde fortifiés furent edififiés le long de la route du Hedjaz (le Derb el Hadj) : au nord Ahamant (Amman) puis au sud, Tafilet et près de Pétra, Hormoz, li Vaux Moïse et Sela. Cette ligne de forteresses servait de frontière pour interdire les communications entre l'Egypte et la Syrie musulmane, entre Le Caire et Damas. En 1116, irrité par les des razzias musulmanes fréquentes de la garnison de Tyr, Baudouin voulut les neutraliser en construisant, au sud, la forteresse de Scandélion. Au début de 1118, Baudouin entreprit avec deux cent chevaliers et quatre cents fantassins un voyage d'exploration vers l'Egypte, il passa par Hébron et le désert. En mars, il pénétra dans Farama. Il marcha jusqu'au lieu le plus oriental du delta du Nil. Mais le roi gravement malade décida de rebrousser chemin. Il mourut à El Arish le 2 avril. Comme il avait demandé à reposer au Saint-Sépulcre auprès de son frère Godefroy de Bouillon, son cuisinier Addon enleva les viscères pour empêcher une décomposition rapide, et ces viscères furent enterrés à El Arish. On éleva pour marquer l'endroit un monticule de pierres que l'on nomma la pierre de Baudouin. Ce nom était encore usité, au début du XX ème siècle, employé par les bédouins et un étang à l'ouest d'El Arish, s'appelle Sebkat Berdaouil (le marais de Baudouin).

Baudouin et ses agissements de souverain au proche orient

Agissant en souverain responsable à l'égard des autres princes et seigneurs de la Terre Sainte, le comte de Tripoli, le prince d'Antioche et le comte d'Edesse, il leur apporta son concours militaire et aussi son arbitrage dans leurs conflits. En mars 1109, Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, et Guillaume Jourdain, neveu de ce dernier, sont en compétition pour devenir comte de Tripoli. Tancrède soutenant Guillaume Jourdain, Baudouin trancha l'affaire et donna raison à Bertrand. Un mois plus tard, il arrive avec ses troupes pour prêter main-forte à Bertrand devant Tripoli assiégée depuis dix ans, ce coup de force s'avère payant car la ville ouvre ses portes. L'année suivante, il repousse les prétentions de Tancrède à la suzeraineté sur Edesse et rétablit Baudouin de Bourcq ( son cousin ) qu'il avait mis lui-même en 1100 à la tête du comté d'Edesse. En 1111, ses efforts de conciliation entre les seigneurs Francs portent leurs fruits, face à une menace d'invasion des Musulmans. Accourant de toutes parts, les armées Franques se retrouvent à Chastel Rouge près de l'Oronte : le roi est là, avec sa chevalerie, ainsi que Bertrand de Tripoli et Tancrède, prince d'Antioche, avec leurs contingents. Bientôt Baudouin de Bourcq et Jocelin de Courtenay les rejoignent avec leurs troupes. C'est une armée Franque de seize mille hommes qui fera mouvement vers Apamée tandis que l'armée musulmane prenait position devant la citadelle de Sheïzar sur l'Oronte. Il y eut des combats féroces, mais aucune des forces en présence ne put revendiquer la victoire. Baudouin Ier, en dix-huit ans de règne, a donné au royaume de Jérusalem une administration chrétienne féodale et l'a doté d'une milice de moines soldats. Seuls les deux ports de Tyr et Ascalon ne furent conquis, qu'en 1124 et 1153. Les frontières naturelles étaient constituées : au Nord, le royaume était limité par le comté de Tripoli, la frontière paraissant s'être trouvée au Nahr al Muamiltain à peu de distance au nord de Beyrouth le long de la côte au sud, au-delà de Gaza et du petit fort avancé du Darum, se trouve un immense désert sans eau que les Francs appelaient la Grande Berrie cette étendue dénudée suffisait à protéger de toute invasion le royaume côté sud. à l'Est, la grande dépression appelée la fosse syrienne, parcourue par de grands fleuves et encadrée de chaînes de montagnes, formait une frontière naturelle aux Etats chrétiens. Cependant les Francs s'établirent au-delà. Ainsi nous avons vu que par des traités, Baudouin s'assura, au-delà du Jourdain et du lac de Tibériade par une sorte de condominium avec Damas, une part des récoltes dans le Sawad (terre de Suète) et plus au sud dans le Djebel Adjloun même il établit un poste de vigie avec une garnison, la grotte d'El Habis, pour surveiller le voisinage et protéger les métairies (casaux) exploitées par des cultivateurs musulmans et chrétiens. Baudouin occupa aussi tous les territoires environnant la mer Morte, au sud l'Idumée, à l'est le pays de Moab où fut créée la Terre "oultre le Jourdain". Baudouin créa une ligne de forts véritables sentinelles, au-delà de la mer Morte et du Ouadi Araba. Le plus méridional de ces forts, Ailat sur la mer Rouge, devientdra un port de commerce très important. Là arrivaient les produits, pierres précieuses, œuvres d'art, denrées de la Perse et de l'Inde. Les caravanes des négociants de Damas les recevaient et les transportaient à travers le territoire du prince Franc d'Oultre le Jourdain, puis, de Damas les marchandises étaient acheminées vers Saint-Jean-d'Acre et Tyr. De ce fait, le commerce avec l'Asie se développa et ces produits nouveaux, grâce aux navigateurs italiens, provençaux et catalans, affluèrent en Europe. Les abords de la mer Morte furent valorisés par d'importants travaux d'irrigation, avec sur la rive ouest la création de plantations d'arbres fruitiers. Au nord de Jéricho et aussi au sud près de Kérak, de vastes plantations de cannes à sucre virent le jour, le sucre de cette région s'exportait au loin ( dans l'île de Chypre on vendait une poudre de sucre provenant de Kérak ), et de nos jours existent encore, au pied de la forteresse de Kérak, sur les bords du Ouadi el Frandji (la rivière des Francs), des vestiges des moulins à sucre. Au sud-est se trouvait l'oasis de Ségor ( chambre des palmiers ) où les palmiers-dattiers croissaient en abondance. On exploitait aussi à Ségor le baume et, pour la teinturerie, l'indigo. Enfin on recueillait sur la mer Morte le bitume et le sel. Tout ce développement agricole, industriel, commercial, ne se réalisa pas entièrement sous le règne de Baudouin Ier, mais c'est lui qui en fut le précurseur.

Une colonisation Chrétienne à minima dans les états latins

En 1113, les troupes de Jérusalem étaient en campagne militaire sous les ordres du roi dans la région de Tibériade, lorsque l'armée égyptienne vint jusque sous les murs de la capitale qui, privée de défenseurs, fut sur le point de capituler. Lors de la première Croisade, avant la prise de Jérusalem par les Francs, les Musulmans avaient renvoyé les chrétiens qui y habitaient et lorsque les Croisés y furent entrés ils en chassèrent les Infidèles. Ainsi la ville se trouvait-elle fort peu peuplée. Baudouin 1er vit de suite tout le danger qu'une telle situation pouvait générer et agit en conséquence. Il fit informer secrètement les chrétiens syriaques et grecs qu'il leur proposait de venir s'établir à Jérusalem où il leur assurerait une existence convenable. Un grand nombre de chrétiens, vivant sous la domination musulmane, accoururent avec leurs familles et leurs biens. Ainsi Baudouin assura non seulement le repeuplement de Jérusalem mais il installa aussi des populations agricoles dans les casaux de Judée Samarie, qui prospérèrent. Et il avait si bien assuré le gouvernement de son Etat que la confiance d'y vivre dans la sécurité et l'aisance se propagea outre mer et que beaucoup d'Occidentaux vinrent se fixer définitivement en Terre Sainte. Cette fusion entre Croisés installés en Judée Samarie et immigrants arrivés après la croisade est clairement exprimée par Foucher de Chartres, le chapelain de Baudouin et quelques années après la mort de celui-ci il écrivait : "Dieu a transformé l'Occident en Orient. Le Français d'hier est devenu, transplanté, un Galiléen ou un Judéen. Tel d'entre nous a pris pour femme non pas une compatriote, mais une Syrienne ou une Arménienne, parfois même une Sarrasine baptisée. La confiance rapproche les races les plus éloignées... Chaque jour des parents et des amis viennent nous rejoindre. Ceux qui étaient pauvres en leur pays, ici Dieu les a faits riches. Pourquoi retournerait-il en Occident celui qui a trouvé l'Orient si favorable!". Il convient néanmoins de pondérer les affirmations de certains historiens modernes qui estiment que la colonisation Chrétienne en orient fut très importante. Cela ne tient pas, car les états latins y compris l'Arménie Cilicienne étaient très étendus, et pour s'implanter durablement en orient les nouveaux seigneurs chrétiens orientaux auraient aimé une plus grande collaboration avec les seigneurs occidentaux. En effet les seigneurs occidentaux ne voyaient pas d'un bon oeil l'exil de leurs serfs pour l'orient, et rapidement vers l'année 1200 un système de dissuasion à l'exil fut mis en place dans tous les royaumes occidentaux. Qui aurait cultivé les terres si tous les serfs s'étaient massivement exilés ? Qui aurait gardé et élevé les troupeaux d'animaux, qui aurait construit les ponts les forteresses les moulins etc... Pour garder les états latins il eut fallut une politique de colonisation chrétienne beaucoup plus volontariste, mais les seigneurs occidentaux n'y avaient pas intérêt. Alors discrétement a partir de l'an 1187 ( Saladin ayant repris Jérusalem ) les seigneurs occidentaux se désengagèrent de ce qu'ils considéraient comme une aventure orientale vouée à l'échec.

Une conquéte Franque fastidieuse qui durera des décennies

Il ne faudrait pas croire que les chevaliers chrétiens en orient se soient uniquement interressés à l'aspect militaire de cette campagne. Ils se sont également préoccupés du développement économique des nouveaux états latins, et ils ont élaboré une charte qui se nomme les « Assises de Jérusalem », fondement de l'organisation du royaume, calquée sur les royaumes d'occident. Quand le légat de Frédéric II, le maréchal Filanghieri, s'arrogea au nom de l'empereur des droits dictatoriaux, les seigneurs et notables chargèrent Balian de Sagette de le rappeler au respect des coutumes et franchises de la Chrétienté d'Orient inscrites dans les Assises. On sait qu'après la prise de Jérusalem (15 juillet 1099), nombre de Croisés, estimant leur devoir rempli, s'en retournèrent chez eux. Ceux qui fort peu nombreux décident de rester sur place doivent penser à assurer l'avenir. Tancrède pare au plus pressé en occupant la Galilée il relève les murs de Tibériade et de Beisan, l'ancienne Scythopolis, pour se garder des incursions ennemies venues de l'Est. Afin de se prémunir contre une attaque qui viendrait du sud de la mer Morte, Godefroy de Bouillon fortifie Hébron. Il convient de renforcer les défenses côtières, Jaffa, indispensable pour assurer les relations avec l'Occident et se défendre des attaques des flottes égyptiennes. La prise de Haiffa par Tancrède le 20 août 1100, un mois après la mort de Godefroy de Bouillon fournit un second port. L'année suivante, c'est le tour d'Arsouf et de Césarée, en 1104 Baudoin s'empare d'Acre qui deviendra le grand port du royaume. C'est en 1104 que Baudouin 1er conscient du danger demande à Geoffroy de Saint-Omer de créer une milice armée dans les états latins. En 1118 à la mort de Baudouin 1er cette milice sera totalement opérationnelle. Quant à Beyrouth et Saïda elles ne tomberont qu'en 1110, et dans ces victoires les flottes de Gênes, de Pise et de Venise furent déterminantes. En 1124 deux ports fortement défendus par les Égyptiens constiuent toujours un danger : Tyr et Ascalon. lequel des deux fallait-il attaquer en premier ? Dans l'incapacité de se mettre d'accord les seigneurs s'en remirent à la Providence. Deux papiers portant chacun le nom d'une des deux villes furent posés sur un autel, et un jeune enfant fut appelé à choisir : Tyr fut ainsi désignée. Croisés et Vénitiens s'en rendirent maîtres en 1124. Après bien des combats en 1153, Ascalon tombait aux mains des Francs. Puis le roi Amaury fit construire en 1170 le château de Darum, au sud de Gaza, folle entreprise qui eut pour résultat de cimenter l'union des princes musulmans. Ceux-ci étaient à présent à la merci des Francs et l'Egypte était vulnérable. Saladin réglera le problème en reprenant Jérusalem en 1187.

Une aventure orientale vouée à l'échec

Il serait trop fastidieux de relater les innombrables batailles des Francs, il convient simplement de rappeller que rien ne fut simple en orient et rien ne fut jamais acquis car les Francs ne s'étaient pas donnés les moyens de réussir une implantation durable en orient. Pour réussir ce projet aurait du faire la part belle à un vaste plan de colonisation Chrétienne, ce qui ne fut pas le cas car les seigneurs occidentaux avaient besoin de tous leurs serfs pour gérer leurs biens. Tous les rois de Jérusalem useront de courage mais également de finesse pour conserver leurs biens le plus longtemps possible, Baudouin 1er décédera en 1118, lui succéderont ensuite Baudouin II de Bourcq, Mélisende, Foulques d'Anjou, Baudouin III, Amaury Ier, Baudouin IV le Lépreux, Baudouin V, Sibylle, Guy de Lusignan. Saladin reprendra Jérusalem en 1187, ce qui sonnera le glas des états latins d'orient. Il y aura encore des croisades pour essayer de reconquerrir les territoires perdus mais les armées Chrétiennes trop peu importantes ne pourront jamais plus rivaliser avec les armées Musulmanes. Louis VII, Philippe Auguste, Richard coeur de lion, Saint Louis, et bien d'autres souverains occidentaux tenteront de reprendre les territoires perdus en orient mais ils ne se donneront pas les moyens de leurs politiques et les 2 ème 3 ème 4 ème 5 ème 6 ème 7 ème 8 ème croisades se solderont toutes par des échecs. Les Chrétiens au proche Orient tomberont Charybde en Scylla. Après 1187 ce qui reste des états latins deviendra le royaume d'orient à Saint-Jean d'Acre et Guy de Lusignan en sera le premier souverain, puis, se succéderont Isabelle 1ere, Conrad Ier, Henri de Champagne, Amaury II, Marie, Jean 1er, Isabelle II, Frédéric II. En 1250, les seigneurs se débarrasseront des hommes de Frédéric II et organiseront un gouvernement collégial. Ils maintiendront un semblant de royauté, mais celle-ci sera purement nominale et les rois ne viendront plus dans le royaume. Plusieurs membres de la famille royale se proclameront régents du royaume, sans véritablement en assumer la charge. Il y aura donc encore deux rois : Conrad IV de Hohenstaufen et Conradin. Il y aura ensuite cinq régents : Alix de Champagne, Henri Ier de Lusignan, Plaisance d'Antioche, Isabelle de Lusignan, Hugues III de Poitiers-Lusignan. Il y aura pour finir cinq gouvernements : Jean d'Ibelin, Balian d'Ibelin, anarchie de barons, Saint Louis, anarchie de barons. La milice des pauvres chevaliers du christ prendra le nom d'Ordre du Temple en 1118, mais sans un apport massif de recrues venues d'occident ils ne feront pas de miracles face à des ennemis bien plus nombreux qu'eux. Et l'an 1200 ils combattront à 1 contre 3 sans jamais démériter, puis à partir de l'an 1250 ils combattront à 1 contre 10 et devront se résoudre à accepter des trèves humiliantes. De trèves humiliantes de dix ans en défaites cuisantes, les Templiers, les Hospitaliers et les Teutoniques seront définitivement chassés d'orient après la défaite de Saint-Jean d'Acre en 1291. Le comté d'Edesse, le comté de Tripoli, la principauté d'Antioche, le royaume de Jérusalem, et la Cilicie Arménienne qui formaient les états latins disparaitront à jamais.




retour en haut du site consacré aux Templiers