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Templiers - Commanderie Geoffroy de Saint-Omer

         



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Fin peu glorieuse des Croisades


Chute d’Acre 18 mai 1291

En un demi-siècle, les Francs sont arrivés à fonder en Palestine des États de type féodal en symbiose avec l'Orient (mariages, amitiés...). Mais les mésententes entre les barons et les maladresses des nouveaux arrivants, peu au fait des us et coutumes , ont compromis cet équilibre fragile. En 1146, l'union de la Syrie Musulmane sous l'égide d'un seul souverain a placé les croisés sur la défensive. Un quart de siècle plus tard, en rassemblant Syriens et Égyptiens sous sa coupe, le sultan Saladin a pris en tenaille les États francs et s'est donné les moyens de reconquérir Jérusalem. Les croisés voulaient enlever la Terre sainte et le tombeau du Christ aux Musulmans. Ils n'y sont parvenus que le temps de trois générations ! Les croisades, première entreprise occidentale de «colonisation», ont finalement abouti à un échec et se sont soldées qui plus est par de nombreux combats, massacres et atrocités... Mais sans doute ne faut-il pas exagérer ceux-ci compte tenu de l'époque, qui a aussi connu le djihad (guerre sainte) arabe et les ravages des Turcs et des Mongols. Paradoxe : les croisades, en dépit de leur faillite, ont sans doute eu sur la Chrétienté occidentale un effet très bénéfique en détournant vers l'Orient un grand nombre de jeunes chevaliers, cadets de famille désargentés toujours prêts à se quereller entre eux ! Débarrassées de ces gêneurs, les monarchies européennes ont pu mettre fin aux guerres privées et instaurer des relations plus pacifiques entre les seigneuries féodales. Cette paix civile toute relative a ouvert la voie à un développement quasi-ininterrompu jusqu'au XX ème siècle. Avec la chute d’Acre, les barons croisés ne possèdent plus dans la région que Chypre, qui tiendra jusqu’en…1571 ! Généralement, on estime que 1291 signe la fin des croisades, celles que l’on estime « officielles », les huit connues des manuels d’histoire. Il est vrai que l’idée de croisade telle qu’elle a été pensée tout au long des XII ème et XIII ème siècles n’est plus et que, surtout, cela fait longtemps que les royaumes d’Occident se sont désintéressés du sort des Etats Latins, à l’exception de Saint Louis. Ce sont les cités italiennes et la maison d’Anjou qui ont agi sur place, mais dans une vision plus politique et économique qu’idéologique et religieuse , la reconquête du Saint-Sépulcre n'est plus leur priorité. Pourtant, cette idée de croisade, même si elle a évolué, se fait à nouveau entendre les siècles suivants. Elle prend d’autres formes, touche d’autres aires géographiques (on pense aux Teutoniques), et elle provoque même de nouvelles conquêtes comme celle de Rhodes en 1310 ! On pense différemment la croisade, on l’envisage dans un cadre plus élargi, on décide des réformes (comme la fusion des ordres militaires, responsables de tant de divisions) ou de nouvelles alliances (avec les Mongols par exemple). Ainsi, tout au long des XIV ème et XV ème siècles, un certain nombre d’expéditions guerrières, en particulier contre les Turcs, sont considérées comme des croisades (effectuées par des ligues). Et même la bataille de Lépante, en 1571, sera évoquée comme un fait de croisade…


Le Bilan de ces deux siècles de Croisades

L'épopée des croisades a débuté en 1095 avec l'appel du pape Urbain II et s'est étiolée après la défaite de Hattîn, en 1187. Pour s'implanter efficacement au Proche Orient il eût fallu qu'une multitude de familles Chrétiennes s'y établissent définitivement, et pas seulement quelques familles de la noblesse Française. Sans un apport humain continu et important à la conservation des Etats Latins, ces derniers étaient condamnés à disparaitre. Les familles Françaises qui décidérent d'émigrer au Proche Orient étaient issues de la noblesse et de l'aristocratie, les familles modestes ne furent jamais associées à cette aventure. Il n'y eut de fait, jamais de colonisation au sens propre du terme, ces états latins furent gérés par des administrateurs représentant les pays qui les avaient conquis en l'an 1100. Les Rois d'europe feront très vite le constat que ces possessions lointaines seraient difficiles à défendre faute de moyens humains, les appels au secours successifs des seigneurs en charge de ces états latins, ne feront que conforter leurs craintes à conserver ces nouvelles possessions. Après 1187 les seigneurs et rois occidentaux se désengageront discrétement de ce bourbier proche oriental, et, en désespoir de cause les seigneurs Chrétiens du proche orient accepteront des trèves et des accords humiliants à la seule fin de durer . Entre 1187 et le 18 mai 1291 date à la quelle les Mamelouks s’emparent de Saint-Jean d’Âcre il y aura encore beaucoup de batailles et de tréves négociées avec les dignitaires Musulmans, mais 1291 est incontestablement la date marquant la fin de l’Empire Latin . – Ressentiment Arabe
Les croisades ont élargi le fossé entre Musulmans et Chrétiens et suscité en Orient un ressentiment à l'égard des Occidentaux. Mais ne l'exagérons pas : l'impuissance politique des Arabes doit infiniment plus aux invasions turques et mongoles et à leurs propres querelles internes qu'à la brève équipée des croisés.
– Ressentiment Grec
Les Croisades ont par ailleurs creusé un abîme d'incompréhension entre la chrétienté grecque d'Orient et la chrétienté latine d'Occident, avec des répercussions durables pour la construction européenne. A la désastreuse IV ème Croisade revient la responsabilité de la rupture définitive entre ces deux pans de la chrétienté.


Le légat du pape menace le comte de Toulouse

Le pape Innocent III décide en désespoir de cause de recourir à la force. Il envoie son légat Pierre de Castelnau auprès du comte de Toulouse Raimon VI en vue de le convaincre de prendre la tête d'une croisade contre les hérétiques. Le tout-puissant représentant du pape rencontre le comte dans sa résidence de Saint-Gilles, en Provence. Il lui reproche son excessive sollicitude pour les hérétiques Cathares. Mais le comte de Toulouse refuse net de combattre ses propres sujets. Les deux hommes en viennent à violemment se disputer. Raymond VI descend du fameux Raimon IV de Saint-Gilles, chef de la première croisade en Terre sainte. C'est un homme de 51 ans pieux et lettré mais aussi très libre à l'égard de l'Église officielle dont il méprise le luxe ostentatoire. Il s'est marié cinq fois, a enterré sa première épouse et a répudié les trois suivantes avant d'épouser enfin une fille d'Aliénor d'Aquitaine dont il a eu un fils unique. Pierre de Castelnau, n'a d'autre solution que d'excommunier le comte, autrement dit de l'exclure des sacrements de l'Église. Puis il se retire avec toute son escorte.


L'Europe consolidée

Pour l'historien Jacques Le Goff, le seul bénéfice des Croisades (à l'exclusion de la première) s'inscrit en creux dans l'Histoire de l'Europe. Par leur échec, elles ont détourné les Européens de Jérusalem et des illusions de l'Orient. « À cet égard, l'échec des Croisades fut une condition très favorable pour créer l'unité de l'Europe », dit-il .
Cette période clé du Moyen-Âge a connu par ailleurs l'épanouissement de l'art roman et de l'art gothique, ainsi que l'émergence de la bourgeoisie.Durant cette cette période les sciences et les techniques ont fait un bond spectaculaire. Elle s'est caractérisée par une exceptionnelle poussée démographique de l'Europe. C'est elle qui a rendu possibles les Croisades. Ces dernières ont-elles contribué à l'essor de l'Occident ? L'ont-elles au contraire desservi ?
Il est tres difficile de faire un bilan exhaustif et impartial des Croisades ou de la présence latine en Terre Sainte. Les enjeux religieux, politiques, économiques et même culturels furent tellement variés, les interprétations et les angles historiographiques tellement opposés parfois qu’il est aventureux de tirer un quelconque bilan. Nous ne pouvons que conseiller la lecture des ouvrages historiques qui traitent de ce sujet.
Néanmoins, à partir du XIV ème siécle les Croisés rentreront chez eux en Europe confortant les frontiéres de leurs pays respectifs et les intrusions Musulmanes cesseront au fil de l'eau en Europe. C'est la fin des Croisades .
Ces deux mondes Chrétiens et Musulmans, à partir du XIV ème siécle ne se confronteront plus qu'en matière commerciale. D'autres batailles verront le jour, celles du commerce maritime, et les croix Templières flotteront encore pendant plusieurs siècles, jusqu'à nos jours, sur tous les océans et mers du monde.
Christophe Colomb 1492




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