Les Ordres Militaires du Moyen Age

ORDRE CALATRAVA

Les Moines Soldats

Au milieu du XIIe siècle, la plaine du Campo de Calatrava est le théâtre de luttes incessantes entre chrétiens et musulmans. En 1147, le roi de Castille, Alphonse VII l'empereur conquiert la forteresse musulmane de Qal’at Rabah (en espagnol Calatrava), bâtie au bord du fleuve Guadiana, et la confie aux Templiers. Dix ans plus tard, incapables de la défendre face à l'offensive des Almohades, les Templiers renoncent et la remettent à son successeur Sanche III.
Face à une situation critique, en particulier pour la ville de Tolède, ce dernier réunit ses conseillers et ses proches et offre la forteresse à celui qui se sentirait capable de la défendre. A la surprise et sous les moqueries des présents, Raymond, abbé du monastère cistercien de Santa María la Real de Fitero, en Navarre, petite-fille de l'abbaye de Morimond, relève le défi. Conseillé par Diego Velázquez, un ancien guerrier devenu moine, il y installe quelques chevaliers le 1er janvier 1158. A eux deux, et avec l'aide de l'abbaye de Fitero, ils arrivent à constituer une armée de 20 000 moines-soldats. Les Musulmans refusent la bataille et se retirent plus au sud.
La communauté mise en place pour la défense de la forteresse est érigée en ordre militaire par une bulle du pape Alexandre III en date du 14 septembre 1164.
Lors de l'offensive almohade de 1195, le roi Alphonse VIII de Castille est battu par Abu Yusuf Yaqub al-Mansur à la bataille d'Alarcos et l'ordre doit abandonner sa forteresse et se retirer à Ciruelos, dans la province de Tolède. Par un audacieux coup de main, quelques chevaliers de l'ordre réussissent à prendre le château de Salvatierra, aux confins de la Sierra Morena, et à le conserver jusqu'en 1211 bien qu'isolé de tout secours extérieur. C'est ainsi que durant ces années, l'ordre prend temporairement le nom d'ordre de Salvatierra.
Comme d'autres ordres militaires, Calatrava participe à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212 et, l'ordre, redevenu maître de la région, décide d'installer son siège dans une nouvelle forteresse bâtie non loin de Salvatierra, et qui prendra le nom de Calatrava la Nouvelle. La forteresse d'origine de l'ordre, désormais désignée comme Calatrava la Vieille, devient une commanderie. Ayant reçu de larges donations de terres qu’ils organisent en commanderies (en espagnol encomiendas) selon le modèle templier, l'ordre bénéficie vite d'un grand pouvoir politico-militaire. 'ordre règne sur de nombreux châteaux le long de la frontière de Castille et sur des milliers de vassaux ; il est capable d'aligner 2 000 chevaliers sur un champ de bataille, ce qui constitue à l'époque une troupe considérable. Cette force et son autonomie - l'ordre ne reconnaît que l'autorité du pape, ainsi que celle, plus spirituelle, de l'abbé de Morimond - provoqueront quelques heurts avec la monarchie espagnole…
La règle reçue du pape et de Cîteaux par Dom García, le premier Grand Maître de l'ordre, est très stricte. En plus des vœux religieux habituels - obéissance, chasteté et pauvreté -, les chevaliers doivent garder le silence dans le dortoir, le réfectoire et l'oratoire, jeuner quatre jours par semaine, dormir en armure et n'être vêtu que de la robe blanche cistercienne agrémentée de la croix fleur-de-lysée noire (qui deviendra rouge au XVIe siècle). En 1487, le roi Ferdinand le Catholique obtient d'être nommé Grand Maître de l'ordre par une bulle papale, nomination qui sera confirmée pour tous ses successeurs.
L'ordre participe en 1492 à la prise de Grenade, dernière étape de la Reconquista.
A partir de cette date, l'ordre perd petit à petit son esprit militaire et son âme religieuse, pour ne s'occuper plus que de gérer ses revenus et conserver ses reliques.
Les biens de l'ordre sont confisqués en 1808 sur instructions de Joseph Bonaparte pendant son bref règne espagnol, pour être restitués en 1814 par Ferdinand VII d'Espagne, et finiront par être définitivement sécularisés par Pascual Madoz.
L'ordre est supprimé par la Première République espagnole puis rétabli en 1875 en accord avec la papauté.

De nos jours

Aujourd'hui, l'ordre de Calatrava est une distinction honorifique espagnole mais des religieuses comendadoras (dames commandeurs) vivent encore dans deux couvents, à Madrid et à Burgos.

Dignitaires de l'ordre

Ces hautes fonctions sont apparues au fur et à mesure du développement et de l'organisation de l'ordre pour être finalement confirmées dans ses statuts définitifs (1467). Elles sont au nombre de sept, énoncées ci-après dans l'ordre hiérarchique décroissant: Autorité suprême de l'ordre, il est nommé à vie. L'ordre a connu 30 Grands Maîtres jusqu'à sa prise de contrôle par la monarchie espagnole.
Les Grands Commandeurs de Castille et d'Aragon
Supervisent l'ensemble des commanderies de leurs royaumes respectifs.
Le Clavier
Lieutenant du Grand Maître. Responsable de la défense du siège de l'ordre (Calatrava-la-Nouvelle).
Le Prieur
Représentant de l'abbé de Morimond, chargé de l'accompagnement spirituel des chevaliers.
Le Sacristain
Chargé des reliques, objets sacrés et de culte de l'ordre.
Le Haut Marguillier
Chargé de superviser les travaux et constructions de l'ordre.

Liste des Grands Maîtres de l'ordre :

• Dom García (1164-1169)
• Fernando Escaza (1169-1170)
• Martín Pérez de Siones (1170-1182)
• Nuño Pérez de Quiñones (1182-1199)
• Martín Martínez (1199-1207)
• Ruy Díaz de Yanguas (1207-1212), blessé à la bataille de Las Navas de Tolosa et obligé d'abandonner sa fonction.
• Rodrigo Garcés (1212-1216)
• Martín Fernández de Quintana (1216-1218)
• Gonzalo Yáñez de Novoa (1218-1238)
• Martín Ruiz (1238-1240)
• Gómez Manrique (1240-1243)
• Fernando Órdoñez (1243-1254)
• Pedro Yáñez (1254-1267)
• Juan González (1267-1284)
• Ruy Pérez Ponce (1284-1295)
• Diego López de Santsoles (1295-1296)
• Garci López de Padilla (1296-1322)
• Juan Núñez de Prado (1322-1355)
• Diego García de Padilla (1355-1365)
• Martín López de Córdoba (1365-1371)
• Pedro Muñiz de Godoy (1371-1384)
• Pedro Álvarez de Pereira (1384-1385)
• Gonzalo Núñez de Guzmán (1385-1404)
• Enrique de Villena (1404-1407)
• Luis González de Guzmán (1407-1443)
• Fernando de Padilla (1443-1443)
• Alonso de Aragón (1443-1445)
• Pedro Girón (1445-1466)
• Rodrigo Téllez Girón (1466-1482)
• Garcia López de Padilla (1482-1487)
• Monarchie Espagnole à partir de 1487

Organisation

Les Chevaliers de Calatrava diffèrent des Templiers et Hospitaliers dans leur serment d'allégeance au roi de Castille. Par ce serment, ils reconnaissent l'autorité d'un seigneur laïque, contrôlant même les aspects religieux de leur vie. Cela signifiait qu'ils étaient soumis aux pressions politiques de la Cour de Castille et ainsi, le roi souvent exerça son pouvoir pour limiter la liberté d'action de l'Ordre, et souvent réussi à imposer ses propres candidats au poste de Grand Maître.
L'ordre disposait de 2 000 chevaliers et 15 000 soldats , une force considérable au Moyen Age sur un champ de bataille.
Ferdinand a réussi à être élu Maître de l'Ordre en 1477 par une bulle du pape, et après lui tous les Rois d'Espagne revendiquèrent le titre.

José I en 1808 confisqua les biens de l'Ordre , mais Fernando VII en 1814 annula ce décret de confiscation . En 1855 Pascual Madoz décida que l'Ordre serait définitivement sécularisé . La Première République Espagnole a supprimé l'Ordre, qui a été restaurée en 1875 avec charge pour la Papauté de la révision de sa règle interne. À l'heure actuelle, l'ordre est une institution honorifique.

Rappel historique

L’origine des Templiers remonte à la première croisade en terre Sainte. Après la conquête de Jérusalem en 1099, certains chevaliers décident de rester sur place et fondent le royaume de Jérusalem, avec pour objectif de veiller sur le tombeau du Christ.
En 1113 est créé l’Ordre des Hospitaliers. Sa mission est d’assurer aux pèlerins chrétiens hébergements et soins.
En 1118, naissait, sous l’impulsion de Hugues de Payns et de Geoffroy de Saint Omer, ce qui allait devenir un événement historique : l’ordre des pauvres chevaliers du Christ, s’appelant par la suite l’Ordre des Templiers.
Dès lors , ces deux ordres organisent en Occident un important réseau de commanderies, comme celles du Larzac, destinées à alimenter l’effort de guerre en Terre Sainte. Dès sa création, l’Ordre des Templiers bénéficie d’avantages matériels de toutes sortes ainsi que d’appuis considérables : celui de Saint-Bernard qui édicte sa règle, et celui du Pape, qui lui permet d’être indépendant de la hiérarchie de l’Eglise. Respectant les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, l’Ordre se développe rapidement en Occident. Les donations faites par les familles nobles, mais également le talent à faire fructifier les terres et les biens légués ou achetés confèrent à l’Ordre une grande prospérité. A la fin du XIIIème siècle, après la perte de la Terre Sainte, les Templiers sont extrêmement riches. A Paris, à Londres et dans les commanderies, ils gèrent les fonds royaux et privés qu’ils ont reçus en dépôt. Alors que les cathares sont pourchassés dans le Sud de la France, les Templiers sont devenus les banquiers du royaume. La tour du Temple de Paris abrite même le trésor royal. Leur puissance, leur rôle en Terre Sainte et la symbolique spirituelle très complexe de l’Ordre sont sans doute à l’origine de la fascination mais aussi des spéculations les plus folles que l’histoire des Templiers a engendrées au cours des siècles.

La réussite des Templiers finit par susciter convoitises et jalousies, tant du côté de la couronne de France que du clergé. Ce dernier forge au cours du XIIIème siècle une image négative des Templiers, représentés comme des hommes arrogants et avares. De son côté, Philippe le Bel, roi de France, veut s’approprier les richesses de l’Ordre et briser son indépendance. En 1305, les rumeurs s’amplifient et l’on accuse les Templiers de faits très graves : hérésie, idolâtrie et même, sodomie. Le vendredi 13 octobre 1307 eu lieu l’arrestation en masse des Templiers qui furent ensuite emprisonnés et jugés. L’Ordre est définitivement aboli en 1312. Son dernier grand-maître, Jacques de Molay, est brûlé vif sur l’île de la Cité à Paris. Son appel à la vengeance divine à ce moment-là, puis les morts successives de plusieurs des persécuteurs du Temple, donnèrent lieu à la fameuse légende de la malédiction des Templiers. C’est l’Ordre des Hospitaliers qui, finalement, hérita des biens des Templiers. Sur le Larzac, ils prirent le relais de leurs « cousins » Templiers, ceci jusqu’à la Révolution française, en 1789.
En 2018 nous fêterons les 900 ans de la création de l’Ordre des Templiers.
Aujourd'hui, notre Ordre, Ordre Suprême et Militaire des Chevaliers de Salomon, par sa filiation généalogique le rattachant à certains Grands Maitres de l’Ordre du Temple (Geoffroy de Saint-Omer - fondateur, Robert de Craon - 2ème Grand Maitre, Robert de Sablé - 11ème Grand Maitre) organisera une grande cérémonie à cette occasion, en France et dans tous les pays où il est représenté.
Dans le but de préparer ces festivités, et afin de faire connaître notre idéal premier, nous souhaitons recueillir des témoignages sur le thème suivant :
« Je crois en la religion de l’Amour »

Anonymes, parents, amis, artistes, politiques, médecins, avocats, agriculteurs, commerçants, retraités, salariés …. De toute confession, de toute nationalité, faites-nous part de vos sentiments, impressions, idées sur ce sujet. Tous ces témoignages recueillis seront reliés en un « Livre pour l’Humanité ». Faites-en partie ; soyez l’écrivain de ce livre ! Les plus beaux témoignages seront lus lors de notre grande cérémonie de 2018. Faisons, tous ensemble, en sorte que ce livre aux milliers de pages devienne une pétition pour l’Amour dans le monde ! Une page Facebook® est consacrée aussi à cet événement ; là également, vous pouvez y écrire votre témoignage. Sur vos écrits, n’oubliez pas d’y inscrire vos noms et prénoms ainsi que votre qualité ou profession.

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