Le Moyen Age Central de l'an 950 à 1050
Le Commerce

Le développement du commerce au Moyen Âge contribue à l'essor de la bourgeoisie qui prend peu à peu le pouvoir dans les villes. Les échanges commerciaux se mettent en place par l'organisation de guildes, de foires. Il faut également souligner le développement des voies de communication terrestres et maritimes.
Au Moyen Âge, un commerçant spécialisé dans le type de marchandises orientales (poivre, noix, cannelle, huile...) était un homme riche. Avec le développement du grand commerce, la fortune et le pouvoir des « bourgeois commerçants » allaient toujours croissant. En effet, au cours du bas Moyen Âge, les petites associations, à caractère régional, d'artisans et de commerçants ayant des intérêts communs évoluent et prospèrent jusqu'à devenir des ligues européennes puissantes.

1) Les voies de communications

Les Européens commencèrent doucement à s'émanciper vers les territoires extérieurs. Grâce aux Croisades, ils se déplaçaient maintenant avec assurance sur terre comme sur mer. La carte des routes commerciales du Moyen Âge montre que le grand commerce touchait toute l'Europe :
Au nord, une puissante association de villes germaniques et scandinaves, la Hanse, exerçait un véritable monopole en mer du Nord et dans la Baltique.
Au sud, les villes portuaires de Gênes, Amalfi et Venise, en Italie, dominaient le commerce méditerranéen.
Ces villes bénéficiaient des conséquences des croisades qui contribuèrent puissamment à réactiver les échanges avec les ports du Levant.
De plus, des pistes caravanières et des routes maritimes rejoignaient l'Inde, et la Chine. Les produits provenant de ces contrées étaient achetés par les Européens dans les villes du Levant ou à Byzance. En échange, ils y vendaient du bois, du fer, du blé, du vin, de l'huile, etc.
Parmi les causes de l'essor du commerce médiéval, il faut compter certains progrès techniques accomplis dans le domaine des moyens de transport. Pour le transport terrestre, il y a les avancés du ferrage, du harnachement et de l'attelage à la file des chevaux. Ces innovations furent complétées par le cerclage de fer des roues des charrettes et des chars ainsi que par l'augmentation des routes pavés.
Depuis Rome, comme « centre nerveux », de nombreuses voies et chaussées rayonnaient suivant des tracés qui pouvaient atteindre n'importe quel point de l'Empire. Lors de la chute de l'Empire romain, le changement qui s'opéra suivit un lent processus de détérioration et d'abandon qui se prolongera durant plus de deux siècles.
Au VIIe siècle de notre ère, les grandes voies romaines, déjà fortement détériorées, restaient néanmoins le meilleur et le plus fréquenté des moyens de communication de l'époque. Ce furent les voies romaines qu'empruntèrent en priorité de nombreuses tribus barbares pour envahir l'Empire à partir du IVe siècle, avec leurs pesants chariots tirés par des bœufs, bétail et esclaves, sans compter les femmes, les enfants et de redoutables guerriers montés à cheval. D'après les chroniques de l'époque, en Europe et dans la première moitié du VIIIème siècle, ces voies ou ce qu'il en restait furent délaissées au profit des voies strictement vicinales. Les villes, les cités et des villages entiers connaissaient alors une désertification en masse. Cette période coïncide avec le début du féodalisme.
Le féodalisme avait fait de timides apparitions dans la première moitié du VIIIe siècle, voici qu'il resurgit au début du Xe siècle. Ce système de vassalité prédomine en Allemagne, en Angleterre et dans une grande partie de la France. Système rigide dans lequel le paysan, serf de la glèbe, devait se plier au joug de la terre. Au sommet régnaient les grands seigneurs féodaux, propriétaires d'immenses territoires et auxquels devaient se soumettre d'autres propriétaires moins bien nantis, les vassaux. Les seigneurs assurent la protection des vassaux car les routes ne sont plus très sûres. Le Xème siècle fut la période la plus obscure de l'histoire de l'Europe. Les chemins se vidèrent de leurs voyageurs, seules les troupes de soldats les parcouraient.
Malgré tout, à partir de la moitié du XIe siècle, l'activité commerciale commença à redonner des signes de vies. Le chemin de Santiago, qui conduisait jusqu'aux confins du Nord-Est de l'Espagne, là où selon la légende, reposait les restes de l'apôtre Jacques le Majeur, devint la route la plus fréquentée d'Europe. Les pèlerins partant de France traversaient les Pyrénées pour aller se recueillir sur la tombe du saint apôtre. Le chemin de Compostelle ou « chemin français » était surveillé de manière efficace par le célèbre ordre militaire des Templiers, et ses chevaliers avaient pour mission de nettoyer le chemin des pillards et des malfaiteurs, bandits de grands chemins et filous de tout poil qui le hantaient. En plus des pèlerins, qui voyagèrent habituellement à pied et par groupes peu nombreux, beaucoup d'autres voyageurs en transit empruntaient le chemin français : montreurs, acteurs, ambulants, bambocheurs, femmes de mœurs légères, arracheurs de dents, barbiers, drapiers, commerçants en vin, marchants de bois, vendeurs d'eau, vendeurs de reliques (toutes certainement fausses) ; toutes sortes de prêtres et de frères, les membres d'ordres mineurs tels celui des frères mendiants.

2) L'activité commerciale au Moyen Âge

Malgré une idéologie respectable « association traditionnellement pieuse et charitable mise sous la protection d'un saint patron », certaines des confréries s'attirèrent de nombreuses critiques pour leurs désordres de vie. En 852, Hincmar, archevêque de Reims, critiquait durement les coutumes de groupes capables de transformer les fêtes de sanctification à la gloire de Dieu en banquets des plus fastueux. Les corporations défendaient les intérêts de leurs membres et servaient également aux autorités municipales pour contrôler la qualité des produits et fixer les taxes. Les marchands vont jouer un rôle de premier plan au cours du XIe siècle. Les risques encourus tout au long de l'acheminement des produits étaient multiples : banditisme, péages outranciers, etc. La nécessité de protéger les intérêts mutuels s'imposait donc et les marchands vont s'associer en guildes : de la cité, l'échange s'étend alors à la contrée et très vite aux régions, annonçant la prospérité.
Les guildes possédaient leurs privilèges et leurs propres juridictions codifiés selon un statut officiellement reconnu. Certaines guildes obtinrent le droit de frapper leur propre monnaie, mais ces cas étaient cependant rares et de courte durée. La Guilde des marchands de Tiel, en Gueldre, par exemple, était en contact avec l'Angleterre, c'est la plus ancienne.
La frairie était celle de la Halle basse de Valenciennes, en France, dont les archives datent de 1050.
Apparut ensuite la Guilde marchande de Saint Omer.
Mais ce sont la Flandre et les régions rhénanes qui furent le fer de lances des guildes économiques qui, beaucoup plus tard vers le XVIIIe siècle s'étendront en Angleterre, à la totalité des Pays-Bas, aux pays scandinaves... Tout d'abord regroupement de guildes, les hanses n'échappèrent pas au mouvement et se transformèrent en ligues de villes marchandes :
La Hanse de Londres regroupait plus d'une vingtaine de cités et de villes autour d'échanges commerciaux avec la capitale britannique.
La Hanse des XVII Villes, association de marchands drapiers, qui va s'affirmer dès 1230 aux Pays-Bas et dans le nord de la France.
La Hanse Teutonique, sans aucun doute alors la plus célèbre et la plus importante de toutes. Au XIVe siècle, elle est à son apogée.
Les foires duraient chacune six ou sept semaines selon un calendrier fixé afin que les foires puissent s'enchaîner chacune par rapport aux autres. Ainsi, le marché était actif toute l'année. Ceci contribua à la naissance des États modernes.

3) La navigation

Le grand commerce médiéval bénéficia des progrès réalisés dans la construction des navires et dans l'apparition de nouveaux instruments de navigation. L'innovation la plus importante fut la diffusion de la boussole. Son origine reste incertaine : si les Chinois la connaissaient depuis longtemps, ce sont peut-être les Arabes qui l'introduisirent en Europe, à moins qu'elle n'est été redécouverte par des marins ou des astronomes occidentaux. L'aiguille magnétique qui flottait simplement, au début, sur l'eau ou sur l'huile fut, par la suite, fixée sur un pivot permettant de tourner la boussole dans toutes les directions. Les marins pouvaient désormais affronter la haute mer sans craindre de se tromper de cap. Les Génois furent les premiers à la fin du XIIIe siècle, à relier par voie maritime l'Italie aux Flandre et à l'Angleterre. A cette époque le navire type était la galéasse. Cette galère se déplaçait principalement à la voile. L'apparition de la voile latine triangulaire, qui pouvait être orientée dans toutes les directions permettait au navire de naviguer par vent de travers et même contre le vent. Le gouvernail de poupe, fixé par des charnières au milieu du pont arrière du navire (gouvernail d'étambot), remplaça les rames latérales, longues et pesantes, les manœuvres en furent améliorées. La vergue (support en croix de la voile) tournante permit d'orienter au vent de côté les voiles carrées. Sur certains voiliers, un second mât à l'avant commençait à faire son apparition.
Pour naviguer, les marins italiens, français ou catalans utilisaient la galéasse. La longueur du navire faisait trois fois sa largeur, et celle-ci deux fois sa hauteur, il s'agit de la règle catalane (tres dos y as, « trois, deux, un »). En mer Baltique, on avait plutôt recours à la hourque, dont la coque était faite de planches superposées et non jointes.
La chute de l'Empire Romain provoqua l'effondrement des routes de communications. Le commerce par voie de mer pendant l'Empire romain germanique était considérable. Les provinces de l'Empire ne cessaient d'échanger leurs marchandises, la Méditerranée était alors balayée par les grands quinquérèmes et trirèmes. Ainsi le blé d'Égypte servait à approvisionner le port d'Ostie qui permettait la survie de Rome. Vers l'an 250, la fabrication de grandes trirèmes cessa, et la navigation n'eut plus cours. Pirates barbaresques, corsaires siciliens et maltais occupèrent alors la Méditerranée. Si bien qu'à l'apparition des Vikings sur les côtes européennes, aucune puissance ne pouvait rivaliser sur mer. Par la suite, Génois et Vénitiens se firent une lutte acharnée pour dominer en Méditerranée. Les Portugais, de leur côté, après l'invention de la caravelle étaient plus en proie à la quête de terres nouvelles et de marchés lointains. Le commerce des épices fut un monopole portugais pendant longtemps durant. Ce petit pays côtier de la péninsule ibérique était devenu le royaume le plus riche d'Europe. Ceci donne alors une idée de l'importance de la navigation commerciale. Nous sommes alors à la moitié du XVe siècle et le Moyen Âge touche à sa fin.

Le Moyen Age Central de l'an 950 à 1050
Le rayonnement Commercial

Dès le XII ème siécle , les Templiers se sont divisés en 2 branches , celle qui sécurisait les routes de pélerinage et les lieux Saints , et une autre plus technique qui construisait des édifices , des commanderies, qui assechait les marais et cultivait les terres (en France et dans tous les pays d'Europe). La rigueur de ces technicien fut telle que l'Ordre devint en quelques décennies très riche .
A partir du XIVe, les templiers se sont reconvertis en administrateurs de biens et en banquiers suite à leur éviction de la Palestine, en 1291.

Grace à la rigueur de tous les Templiers l'Ordre est devenu en 15 années immensément riche grâce également :

  - aux considérables donations que les riches consentent pour le "salut de leur âme",
  - aux legs des seigneurs ou chevaliers qui souhaitent devenir templiers et lui confient leurs richesses,
  - aux dons des "manants" qui souhaitent les aider dans leur mission initiale de protection des pèlerins,
  - aux quêtes organisées dans les églises,
  - aux redevances sur les marchés, moulins, chasses, coupes de bois sur leurs terres (le Temple devient le 1er propriétaire foncier en Europe !)
  - à l'exemption d'impôts dont il bénéficie et autres privilèges octroyés par le Pape.


Ainsi, le Temple s'est mué en une puissance économique et devient l'une des principales institutions financières occidentales ... et la seule qui soit sûre. Les "pauvres chevaliers du Christ" sont devenus banquiers et administrateurs des biens de l'Eglise et de ceux des rois d'Occident : on peut citer Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III.
Les Templiers sont donc des préteurs (qu'il s'agisse des particuliers ou des états). Les Templiers sont également devenus Banquiers en délivrant des attestation de crédit aux pèlerins qui confient leur argent aux 9000 commanderies templières . Les lettres de change sont codées (voir ci contre l'alphabet Templier) pour éviter la fraude . Ces memes pélerins peuvent ensuite récupérer leur argent dans n'importe quelle commanderie templière et ne sont ainsi plus détroussés en chemin !

Cette puissance allait bientot leur causer bien des déboires , et précipiterait leur perte !!