Les religions au Moyen Age Central

La ferveur Religieuse en France

Au début du Moyen Âge , la foi religieuse était déjà profonde et bien ancrée chez les chrétiens européens. Malgré une tendance à générer un certain fanatisme , elle ne s'exalta que rarement jusqu'à la violence. Les choses changèrent cependant à mesure que grandissait et s'étendait la menace de l'Islam... A partir de l'an 100 de notre ère , les conversions au christianisme au cœur même de l'Empire romain alarmèrent les dirigeants impériaux. Sous le règne de Néron , la persécution s'effectuait à une cadence vertigineuse. Le théologien Origène qui s'était castré pour ne pas succomber au péché de chair écrivait alors : « La foi en Jésus Christ s'assoit , se nourrit et s'étend sur des montagnes de martyrs ». La logique et la morale de la pensée gréco-latine ne pouvait comprendre la chrétienne. Alors que les Romains se livraient avec délice au paganisme , l'empereur Constantin Ier fut frappé par une vision , et se convertit subitement au christianisme. En fait ce césar se souciait moins de ses convictions que d'une opportunité diplomatique. Dans ce bouillon de culture très particulier que fut le Moyen Âge , bourré de fantaisies démoniaques et de visions angéliques , deux acteurs tiennent un rôle de premier plan : Dieu et Satan. Deux antithèses mères de tous les excès entre ferveur et exaltation. Hors le Ciel ou l'Enfer , point d'alternative au genre humain en cette période sombre. Sauver son âme telle était l'objectif. Pourtant au début des invasions barbares, Dieu était craint , ses colères étaient redoutées , mais finalement en quittant l'époque mérovingienne , le Dieu exerçant les châtiments est progressivement devenu un Dieu bienfaiteur incarnant le Bien , et Satan est devenu la personnalisation du Mal.

Exemples de Ferveur Religieuse

La croisade contre les albigeois.

La La promesse du retour glorieux du Christ,
la parousie, étant restée vaine dans les temps qui ont suivi immédiatement sa vie terrestre, le sentiment de l'imminence de ce retour s'est évanoui. Dans l'Occident médiéval chrétien, plusieurs sources permettent de calculer la venue du Christ et le début du Jugement dernier. Ces sources, censées dévoiler les secrets de la fin du monde, sont appelées apocalyptiques. L'Apocalypse de Jean évoque le retour de Satan mille ans après que le Christ l'a enchaîné dans les Enfers. Mais ce texte est hautement symbolique, et saint Augustin, vers l'an 400, note déjà que le nombre 1 000 a plutôt une valeur spirituelle et n'est pas une indication précise concernant la fin des temps : ce mystère n'appartient qu'à Dieu, et à lui seul. Le millénarisme se définit comme l'attente d'une période exceptionnelle de bonheur (théoriquement de mille ans). Mais l'institution ecclésiastique tend très rapidement à le blâmer. En 431, le concile d'Éphèse condamne la compréhension littérale du millenium évoqué dans l'Apocalypse. Sa lecture ancre dans les esprits l'idée que, avant ou après le millenium du règne du Christ, des prodiges doivent annoncer la venue de la fin des temps. En Espagne, une pensée apocalyptique se développe particulièrement durant la première moitié du Moyen Âge : le royaume des Wisigoths, qui envisagent la fin des temps, baptise toutes ses populations dans un souci de purification. Préparer les fidèles à l'affrontement avec l'Antéchrist .
ferveur religieuse ,
fut le grand symptôme du Moyen Âge , à la chute de l'Empire romain , le christianisme apparaissait comme une L'installation des Arabes en Espagne en 711,
est interprétée comme un signe avant-coureur de la fin du monde. Dans les royaumes demeurés chrétiens du nord de l'Espagne, les commentaires les plus riches de l'Apocalypse sont copiés. Notamment celui que rédige en 776 Beatus de Liébana : il s'agit du texte le plus reproduit dans les monastères espagnols entre le VIIIe et le XIIe siècle. Son succès s'explique par l'accent mis sur la divinité du Christ dans l'Apocalypse - tandis que les Évangiles en donnent une image plus humanisée -, mais aussi par l'espoir de l'ultime victoire des persécutés que porte cette oeuvre, alors que les Asturies chrétiennes font face à la pression musulmane. Au fil du premier millénaire, à partir de l'Apocalypse et d'autres textes de la Bible, tel le Livre de Daniel, un scénario de ce qui doit survenir se met en place. Le dernier acte doit se dérouler à Jérusalem, pendant une durée de sept années, qui fait écho à la semaine de la Création. D'abord, le dernier empereur déposera les insignes de sa charge sur le mont des Oliviers. Puis deux prophètes, Hénoch et Élie, reviendront sur terre pour préparer les fidèles à l'affrontement avec l'Antéchrist. Celui-ci régnera pendant trois années et demie : il reconstruira le Temple, où il se fera adorer comme Dieu, et martyrisera les fidèles qui lui résisteront. Enfin, l'Antéchrist sera tué au moment du retour du Christ, revenu pour le Jugement dernier. Cet enchaînement d'événements se retrouve, de plus en plus détaillé et affirmé, dans diverses oeuvres, et atteint sa forme la plus raffinée dans le traité De la venue de l'époque de l'Antéchrist, rédigé par Adson de Montier-en-Der (v. 930-992). Toutefois, ces ouvrages ne désignent pas forcément l'an mille comme l'âge de l'avènement de l'Antéchrist.
religion jeune et vigoureuse. ,
Un processus d'expansion soumis à des évolutions du point de vue dogmatique et spirituel , lui donnait un beau dynamisme. Cependant les hérésies et les schismes florissaient et se multipliaient. L'un des plus dangereux schismes était sans doute l'arianisme qui niait la divinité du Christ. L'une de ces hérésies fut celle des bogomiles de Bulgarie , et qui s'étendit jusqu'à l'Occident.
Ce fut alors une grave crise Vers 1045,
le moine et chroniqueur Raoul Glaber décrit les différents prodiges qui auraient suivi le millénaire de la Passion du Christ. Après 1033 se multiplient selon lui les signes et les événements surnaturels, qu'il interprète comme une façon pour Dieu de punir les hommes de l'énormité de leurs péchés et, surtout, de les inciter à la pénitence. Raoul Glaber insiste sur ces faits, après coup, car il veut montrer à quel point "les péchés de la terre retentissaient jusque dans les cieux". Il lie d'ailleurs explicitement l'accumulation de toutes les calamités qu'il décrit au déchaînement de Satan prédit dans l'Apocalypse. Sigebert de Gembloux (v. 1030-1112) présente un tableau encore plus terrifiant de l'an mille : tremblement de terre effrayant, comète au sillage fulgurant, apparition d'un serpent dans une fracture du ciel... Plusieurs chroniques du XVIe siècle reprennent son témoignage pour décrire de véritables scènes de panique dues à la croyance dans l'imminence de la fin des temps. Pour le moine et chroniqueur Adémar de Chabannes, la multiplication des hérétiques signe la venue de l'Antéchrist. Comme celle de faux prophètes, dans la Bible, annonce la fin des temps. Raoul Glaber évoque un certain Leutard, "qui peut être tenu pour un envoyé de Satan". À la suite d'un message délivré par des abeilles, il a tout quitté et est allé par les routes tenir des discours qui "faisaient oublier la doctrine des maîtres". La survenue de prodiges est également perçue comme un signe annonciateur de l'imminence du Jugement : ces prodiges mettent parfois en scène des saints et des reliques pleinement reconnus comme valides par les autorités ecclésiastiques. Il faut dire que les rites chrétiens connaissent alors des mutations qui vont de pair avec une attention plus accrue donnée aux miracles impressionnants, qui peuvent faire intervenir les éléments, les astres, et tenir proprement du surnaturel. Les reliques prennent une importance renouvelée et participent à certains de ces miracles décrits de façon colorée, tels ceux de sainte Foy à Conques.

Les auteurs de l'an mille sont particulièrement attentifs aux signes venus du ciel. L'éclipse de Soleil qui eut lieu le 29 juin 1033, au millénaire de la Passion du Christ, a évidemment marqué davantage les esprits. Raoul Galber dit que "le soleil prit la couleur du saphir, et il portait à sa partie supérieure l'image de la lune à son premier quartier. Les hommes, en se regardant entre eux, se voyaient pâles comme des morts. Les choses semblaient toutes baigner dans une vapeur couleur de safran. Alors une stupeur et une épouvante immenses s'emparèrent du coeur des hommes. Ce spectacle, ils le comprenaient bien, présageait que quelque lamentable plaie allait s'abattre sur le genre humain." L'histoire du monde divisée en trois âges Le calcul du temps, et notamment celui de la parousie, demeure un élément essentiel de la pensée chrétienne. Des personnages charismatiques, mais considérés avec suspicion par les autorités ecclésiastiques, vont continuer à centrer leur pensée sur l'attente de la fin du monde, annonciatrice d'une ère de plus grande pureté morale. Le plus célèbre d'entre eux est Joachim de Flore (v. 1135-1202), un moine calabrais visionnaire, qui considère que l'histoire du monde doit être divisée en trois âges, eux-mêmes composés de trois âges. Joachim pense que son époque est celle où doit commencer le dernier âge du troisième âge : celui de l'Esprit. Certains franciscains voient en François d'Assise un annonciateur du Christ et de ses mille ans de règne heureux sur terre. Reprenant les prophéties de Joachim, ils imaginent que la parousie pourrait survenir vers 1260 ou 1300. Le pape Jean XXII a condamné les joachimites en 1326.
religieuse ,
en France qui vit s'affronter l'Église catholique aux Cathares et aux Albigeois. La croisade entreprise par la papauté contre l'hérésie cathare fut commandée par l'ambitieux Simon de Montfort. Les armées papistes ravagèrent l'Aquitaine , entraînant des milliers de victimes et détruisant la culture la plus raffinée de l'époque : la civilisation occitane issue du mythe de la chevalerie , de l'honneur chevaleresque et de l'amour-courtois , honorée par les troubadours.

Le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

St Jacques le majeur était fils de Zébédée et frère de saint Jean. Ils étaient pêcheurs sur le lac de Tibériade , compagnons de Simon et d'André. Ils étaient dans la barque de leur père et réparaient les filets quand Jésus , passant sur le rivage , leur dit :"Suivez-moi." Ils le suivirent. Avec Pierre , Jacques et Jean seront les plus proches des apôtres de Jésus. Ils sont à la Transfiguration , ils entrent auprès de la petite fille de Jaïre. Ils seront au jardin des Oliviers. Jacques , comme Jean , désire la première place auprès du Maître (Marc 10. 37). Il y gagnera l'annonce de son martyre: "Ma coupe , vous la boirez." De même quand il veut faire tomber le feu du ciel sur un village inhospitalier , ce fils du tonnerre s'attire une réprimande. Jésus ne ménage pas ceux à qui il accorde sa confiance privilégiée. Jacques but la coupe du Seigneur en l'an 43, lors de la persécution d'Hérode. Etienne avait eu la place de premier martyr. Jacques le suivit de peu. A la fin du 7ème siècle, une tradition fit de Jacques l'évangélisateur de l'Espagne , avant sa mort ou par ses reliques. Son corps aurait été découvert dans un champ grâce à une étoile : le campus stellae , devenu Compostelle.
Après Jérusalem et Rome, ce fut le lieu d'un des plus célèbres pèlerinages de la chrétienté au Moyen Age et de nos jours encore. Fête de saint Jacques , Apôtre. Fils de Zébédée et frère de saint Jean l’Évangéliste , il fut appelé par Jésus au bord du lac de Galilée avec son frère. Il fut témoin, avec Pierre et Jean, de la Transfiguration du Seigneur et aussi de son agonie. Décapité par ordre du roi Hérode Agrippa, aux environs de la Pâque en 42, il fut le premier des Apôtres à recevoir la couronne du martyre.
La tradition raconte qu'après avoir été décapité en Judée , les restes de Saint Jacques le Majeur , apôtre du Christ , auraient été amenés dans le plus grand secret sur la côte de Galilée. De là , on suppose qu'ils furent embarqués pour la Galice extrémité de la péninsule ibérique. Un culte primitif local entretint et perpétua la mémoire de cet événement , tenant secrète la sépulture jusqu'à sa découverte au IXe siècle. La nouvelle se répand alors dans le monde chrétien de l'Europe de manière vertigineuse enflammant les esprits , exaspérant la foi de tous. Un engouement pour ce nouveau culte apostolique va drainer des foules pèlerines en quête « d'extraordinaire ».
Des hommes se mettent en route , à pied par les sentiers et les chemins peu sûrs , traversant rivières impraticables et denses forêts au mépris de tous les dangers. Les pèlerins d'Europe se retrouvent en France et traversent notamment le col de Ronceveaux (la Chanson de Roland).
L'élan de la Reconquista espagnole donnera de l'ampleur au pèlerinage.

Les ordres religieux.

La vie monastique a pris forme , dans ses structures essentielles, entre le IIIe et le XIIe siécle. Selon la tradition chrétienne , le monachus (moine) mène une existence retirée , plus ou moins solitaire , ceci est vrai pour l'ermite et , à un degré moindre , du cénobite (celui qui vit avec d'autres moines).

Les ordres monastiques (bénédictins , cistérciens)

L'ordre bénédictin , fondé au VIe siècle par saint Benoît de Nursie , est le plus ancien ordre monastique d'Occident. À partir du XIe siècle, l'ordre se diversifia : clunisiens , camaldules , chartreux... En 1098 , avec la création de Cîteaux par Robert de Molesme , naissait l'ordre des cisterciens , dont le théologien le plus célèbre fut saint Bernard , abbé de Clairvaux. Mais les entorses à la pureté primitive de la règle se multiplient , le prestige des cisterciens décroît au profit des ordres mendiants.

Les ordres mendiants (franciscains, dominicains)

Saint Dominique part prêcher dans le pays languedocien en proie à l'hérésie cathare. Il prend conscience de l'ignorance de la population et du clergé. Il fonde à Toulouse en 1215 , l'ordre des dominicains , une communauté de prêtres destinés à mener une sainte vie , à la prédication itinérante et à l'enseignement. C'est une innovation que de concevoir une vie religieuse au contact des foules et non dans un monastère isolé. Saint François d'Assise , quant à lui, fondateur des franciscains (1210) fait une rencontre personnelle avec le Christ qui le conduit à se dépouiller de tout son passé et à épouser Dame Pauvreté. La vie intérieure de St François est marquée par la réalisation de son propre péché et de la miséricorde de Dieu qui vient racheter. Les franciscains portent une robe brune avec une corde pour ceinture (ce qui leur a valu le nom de cordeliers) , habit des pauvres de leur temps.

En rupture totale avec le Judaisme et la Chrétienté

L'Islam se répand au Proche Orient.

Troisième religion monothéiste après le judaïsme et le Christianisme , l'Islam se fonde sur l'enseignement du Prophète Mahomet au VIIème siècle , qu'il a lui-même reçu de l'archange Gabriel , transmettant la parole de Dieu , sur le mont HIRA , non loin de la Mecque en Arabie. Durant une vingtaine d'années Mahomet va enseigner а ses disciples . L'ensemble des révélations divines forment "le CORAN". Le fidèle de l'islam adhère aux six croyances , un Dieu unique omnipotent et omniprésent , les anges , l'existence des quatre livres "message de Dieu"( la Torah , les Psaumes de David des Juifs , l'évangile des chrétiens , et l'ultime le plus parfait pour les musulmans : Le Coran ) Les Prophètes ou messagers de Dieu ( dont Mahomet mais aussi Moise et Jésus ) le jour du jugement dernier ou Dieu rendra sa justice et ou chacun recevra selon son mérite, la prédestination selon laquelle Dieu fixe а la naissance , le jour de la mort. Tout comme dans le Christianisme , la controverse théologique y a revêtu une ampleur considérable. Deux grands courants les Sunnites et les Chiites , se disputent le leadership . les premiers sont majoritaires dans le monde Musulman (90%) et les seconds , minoritaires (les 10% restants) . Les Sunnites considèrent la charia (loi islamique) comme guide essentiel et croient qu'après la mort de Mahomet , les Califes (chefs) qui lui ont succédé étaient légitimes. Les Chiites estiment que seuls les descendants de la fille de Mahomet (Fatima) et de son mari (ALI) auraient du lui succéder et pensent qu'après la mort d'Ali , Dieu а envoyé les imams (enseignants religieux) descendants d'Ali comme ses messagers infaillibles. Au XIème siècle , l'Islam se trouve en plein développement. Les premiers successeurs du Prophète (Abu Bakr , Omar ibnal-Kattaban , Uthman ,Ali) ont largement étendu l'influence islamique de l'Arabie vers la Syrie et la Palestine , puis vers l'Iran , l'Egypte , l'Empire Perse , et la Libye . Enfin les Byzantins furent eux aussi vaincus а Carthage .
Les victoires militaires des musulmans permettent d'étendre encore davantage les territoires convertis а l'islam , non seulement vers l'est , jusqu'aux frontières de la chine , mais également vers а l'ouest vers le Maghreb , puis en Espagne ou l'invasion arabo-berbère contourne les Pyrènes par l'Est pour déborder assez largement le Sud de la Gaule ou seule le chef de guerre Charles MARTEL parvient а les arrêter sur la route menant а POITIERS en 732. Partis d'Arabie au VIIème siècle , les musulmans ont ainsi constitué , de l'Espagne а l'Inde , un immense Empire qui s'étend sur trois continents ( Asie, Afrique et Europe ). Autant Jésus se veut l'apôtre de la non- violence et refuse de prendre les armes pour défendre sa cause , autant Mahomet accepte d'être а la fois prophète de Dieu et chef de guerre. Encore faut-il s'entendre et être clair quant au sens de ces batailles , menés au nom de l'Islam (écrit Bernard BAUDOUIN) car dans l'esprit des musulmans, il ne peut y avoir de doute , il n'est pas question de convertir par la force tel ou tel peuple , comme pourraient le concevoir les occidentaux , mais au contraire , de gagner а l'Islam , la souveraineté sur les terres qui doivent lui revenir , le monde entier , en effet , appartient de droit а Dieu , mais il est de fait partagé en territoire de la guerre , provisoirement aux mains des infidèles : c'est la que le Djihad ( lutte armée contre les infidèles) doit normalement s'exercer , afin que s'y impose а son tour , pour le plus grand bien de tous , la loi de Dieu. On peut donc guerroyer en toute impunité dans le territoire de la guerre , mais , une fois que celui-ci devient "territoire de l'Islam" que la religion du Prophète y est reconnue , comme prépondérante , une certaine tolérance s'exerce tout aussi naturellement , qui permet aux vaincus , contre redevance monétaire, de pratiquer une autre religion s'ils le désirent.

L'Islam conquérant.

Depuis plusieurs siècles qu'ils se côtoient ou s'affrontent , Chrétiens et musulmans entretiennent des relations complexes , marquées de sentiments contradictoires fanatisme et respect , haine et fascination , peur et curiosité , selon les lieux et les époques , les rapports entre les deux sont variés. Si en Espagne la lutte se poursuit avec acharnement , en Palestine les musulmans laissent souvent les Pèlerins Chrétiens se rendre sur leurs lieux Saints, se contentant de leur faire payer une redevance. Or vers le milieu du XIème siècle , un Peuple nouvellement converti а l'Islam et moins tolérant , celui des Turcs ,Seldjoukides , s'installe au Moyen-Orient en 1078 , et occupe Jérusalem. Dès lors les Pèlerins sont persécutés ou massacrés. Les nouveaux venus menacent les territoires de l'Empereur de Constantinople et ce dernier qui а besoin d'aide en appelle aux souverains Chrétiens d'Occident.
L'Empire Byzantin se trouve directement menacé de disparition.

Le christianisme originel est souvent représenté comme condamnant la guerre et la violence , d'après certains auteurs , il préconiserait en réponse uniquement l'Amour , même en cas d'agression , ( ne faut ‘il pas tendre l'autre joue ? ) d'après St Mathieu, lorsque Pierre tire son épée et coupe l'oreille d'un des agresseurs , venu arrêter Jésus , le Messie s'exclame " rengaine ton glaive , car tous ceux qui auront pris le glaive , périront par le glaive ", (il n'y aurait donc pas de place pour le combat, même de façon défensive). Or , le reproche fait а Pierre est relaté de façon différente , chez les autres évangélistes. Marc ,ne rapporte pas cette phrase et Luc se contente de faire dire а jésus "cela suffit" et de lui faire guérir l'oreille blessée. Quant а St Jean , il prête а Jésus cette réflexion "rengaine ton glaive , la coupe que m'a donné le Père , ne la boirais-je pas ?" , ce qui est le signe de l'acceptation de son destin de Christ , de sa soumission au nécessaire sacrifice , et non d'un reproche а St Pierre. D'ailleurs , а une autre occasion St Mathieu lui même , signale une autre parole du Christ " n'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur Terre je ne suis pas venu apporter la paix , mais le glaive (la bible de Jérusalem)". De la même manière on trouve dans l'évangile apocryphe de St Thomas, les paroles suivantes "certainement , les hommes pensent que je suis venu pour jeter la paix sur l'univers , mais ils ne savent pas que je suis venu pour jeter sur terre des discordes , le feu , l'épée , la guerre". Les théologiens chrétiens n'ont donc aucun mal а justifier certains actes guerriers, afin de lutter contre les forces du mal , au nom de la justice de Dieu. Au Vème siècle , St Augustin élabore une théologie de la guerre juste " sont dites justes , les guerres qui vengent les injustices , lorsqu'un peuple et un Etat, а qui la guerre doit être faite, on néglige de punir les méfaits des leurs ou de restituer ce qui а été ravi au moyen de ces injustices" . Le soldat qui tue l'ennemi , comme le juge et le bourreau qui exécutent un criminel , je ne cois pas qu'ils pêchent , car en agissant ainsi, ils obéissent а la loi. Déjà à Alexandrie vers 410 , St CYRILLE , devenu un puissant de ce monde et possédant d'immenses domaines, expulsa juifs et hérétiques en mobiliseant pour l'émeute et le pogrom , les moines Coptes les plus frustes. C'est ainsi qu'ils s'acharnérent avec des tessons et des coquilles d'huitre sur la mathématicienne Hypathie qui n'avait d'autre tort que d'être païenne et femme savante.

En 1095, depuis Clermont en Auvergne , le pape URBAIN II , devant une foule immense , lance un appel pathétique а tous les chrétiens , les adjurant d’aller délivrer la Terre Sainte .
Il promet d'ailleurs а tous ceux qui périront en cours de route , le pardon de leurs péchés , cette annonce du Pape se répercute dans l'Europe entière , déclenchant l'extraordinaire aventure des Croisades. URBAIN II cherche , non seulement а délivrer la Palestine , Terre Sainte des Chrétiens par excellence , de la présence Musulmane mais а renouer des relations avec l'église chrétienne d'Orient. Plus qu'un Pape avisé, c'est également un fin diplomate et un homme d'Etat , sensible aux difficultés rencontrées par les Chrétiens de Constantinople , il envisage surtout de ramener l'église d'Orient dans le girond l'église Romaine, afin de rebâtir une Chrétienté unitaire et puissante et faire de Rome, la capitale du monde. Durant des mois Urbain II, voyage en France et en Italie , sonde la noblesse , fonde des alliances , propage dans toute l'Europe , l'idée d'une intervention des chrétiens contre «les païens de l'islam"(lors de son périple (écrit Bernard Baudouin) Urbain II défend les positions de l'église ,mais а l'évidence , son discours est outrageusement partial. Pour légitimer ses choix politiques et diplomatiques , il reproduit et amplifie savamment des récits qui bien que reposant sur des faits réels , sont autant de preuves d'une ignorance et d'une méconnaissance flagrante а la fois de la culture Byzantine et du monde Musulman. La culture philosophique Byzantine est а l'évidence nettement supérieure а celle des philosophe occidentaux. La religion Musulmane elle même est loin d'être une voie spirituelle prêchant uniquement la haine et la violence. Mahomet а défendu la tolérance et la clémence envers l'ennemi vaincu , personnage complexe , plein de grandeur et de faiblesse humaine , il demeure fidèle а sa première épouse et , devenu veuf vit avec neuf épouses et plusieurs concubines , il affirme que les opérations militaires sont "la petite guerre sainte" et que la "grande guerre sainte " repose sur l'effort intérieur, l'ascèse , le combat contre les tentations , il appelle ses compagnons а se détourner de l'idolâtrie , а rendre grâce а Dieu , а être généreux avec leur prochain. Comme la plupart d'entre vous le savent déjà , un peuple venu de Perse (les Turcs ou Ottomans) , s'est avancé jusqu'a la mer méditerranée , au détriment des terres des Chrétien , beaucoup sont tombés sous leurs coups , beaucoup furent réduits en esclavage , les Turcs détruisent les églises , saccagent le royaume de Dieu (URBAIN II) aussi , je vous exhorte et vous supplie, et ce n'est pas moi qui vous y exhorte , c'est le seigneur lui-même , vous les Hérauts du Christ , а persuader а tous , riches , pauvres , par vos fréquentes prédications de se rendre а temps aux secours des Chrétiens et de repousser ce peuple néfaste loin de nos territoires. Je le dit (urbain II) а ceux qui sont ici , je le demande а ceux qui sont absents , le Christ l'ordonne!

Construction de la Chrétienté

Au II ème siècle de notre ère fleurissent des écrits farfelus qui prétendent relater la vie de Jésus.

La nouvelle religion Chrétienne est en plein essort au II ème siècle , et comme toujours , quand un produit est à la mode , il intéresse un très grand nombre d'individus qui surfent sur cette vague pour acquérir une notoriété et se faire de l'argent ( je ne prendrai qu'un seul exemple pour me faire comprendre : le BIO de nos jours ! ) . Donc à peine 100 ans après la mort de Jésus , des charlatans deviennent "écrivains éclairés" et publient des nouveaux évangiles et nouvelles épitres censés retracer la vie d'un homme mort il y a plus de cent ans , qui habitait souvent à des milliers de kilomètres de chez eux et qu'ils n'ont pas connu !! Ces écrits qualifiés de faux grossiers par l'église sont tellement nombreux ( des centaines ! ) que je puis ici vous en dresser la liste . Dans ces écrits Jésus y est le plus souvent rabaissé au rang de prophéte et Marie Madeleine est son épouse ! Quelques uns assurent même que Jésus aurait eu des enfants avec Marie Madeleine etc ...... Ces écrits qualifiés d'apocryphes par l'église lors du concile de Rome en 382 sont le fond de commerce des Templaristes . Donc cette littérature aussi farfelue qu'abondante fut l'objet d'études très sérieuse de la part de l'église via ses exégètes entre l'an 150 et l'an 262 ( premier concile de Rome ) , et , le besoin se fit sentir de dresser une liste exhaustive des livres qui constitueraient l'ancien testament et le nouveau testament . Cette liste fut définitivement arrétée en 382 par le Pape Damase lors d'un concile à Rome , c'est ainsi que naquirent les deux canons ( ancien et nouveau testament ) de l'église catholique .

Il y a donc 46 livres pour l'ancien testament et 27 livres pour le nouveau testament. Avec interdiction pour un chrétien de se référer aux évangiles et êpitres Apocryphe .


Rappel important sur la constitution de l'ancien testament

Flavius Josèphe (37-100) affirme que le canon juif correspondant à notre Ancien Testament était déjà en vigueur du temps du roi perse Artaxerxès (465-423 avant J.C). L'Ancien Testament est constitué en canon "ouvert" par les chrétiens au II ème siècle. A cette date , l'Église de Rome décide de rejeter l'hérésie de Marcion , qui prétend supprimer toute référence aux écrits vétéro-testamentaires. L'Ancien Testament est constitué en canon "fermé" au IVème siècle et elle n'intéresse que les Occidentaux. Ces livres sont comptés différemment , par exemple en séparant chacun des « Douze » petits prophètes. On aboutit ainsi à un total de 39 livres communs aux catholiques , aux protestants , aux anglicans et aux orthodoxes . Les catholiques y ajoutent quelques suppléments aux livres d’Esther et de Daniel et 7 livres («deutérocanoniques» ou «apocryphes») qui circulaient dans le judaïsme avant la fixation du canon de la Bible hébraïque , ce qui donne un total de 46. Il y a encore quelques ajouts dans les canons bibliques des Églises orthodoxes. De plus la séquence des livres varie , les chrétiens ont généralement adopté un ordre apparenté à celui de la traduction grecque des Septante (suivi par la version latine de Jérôme) qui regroupe les livres en 4 sections (Pentateuque , livres historiques , livres poétiques et sapientiaux , livres prophétiques) au lieu des trois de la Bible hébraïque (Torah ou Pentateuque , Prophètes , autres Écrits).

Le canon de l'Ancien Testament selon la Septante est le suivant :
Pentateuque-Torah(Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome)
Les livres historiques(Josué, Juges, Ruth, I-II Samuel, I-II Rois, I-II Chroniques, Esdras, Néhémie, Esther, Tobie*, Judith*, I-II Maccabées*)
Les Hagiographes(Livre de Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des Cantiques, Sagesse de Salomon*, Ecclésiastique*)
Les Prophètes(Ésaïe, Jérémie, Lamentations, Baruch*, Ézéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie)

Cet ancien testament comporte donc 46 livres . Ni plus ni moins .


Rappel important sur la constitution du nouveau testament

Le Nouveau Testament (27 livres) est la seconde partie de la Bible chrétienne (selon les canons catholique , orthodoxe et protestant). Le canon se clôt à 27 livres par autorité d'Église au concile de Rome en 382 , confirmé aux synodes régionaux de Carthage de 397 et de 419.
Les 27 livres canoniques dans l'Église catholique occidentale (rite latin) , et orientale (différents rites uniates) , sont les suivants à l’exception de tout autre écrit :

les quatre Évangiles qui racontent la vie de Jésus de Nazareth :
Évangile selon Matthieu , Évangile selon Marc , Évangile selon Luc , Évangile selon Jean

les Actes des Apôtres , dans lesquels Pierre et Paul sont les personnages centraux des premières années du christianisme

les Épîtres pauliennes, lettres attribuées à l’apôtre Paul adressées aux premières communautés proto-chrétiennes. Les épîtres reconnues par tous comme étant de Paul sont celles aux Romains, aux Corinthiens , aux Galates , et la première aux Thessaloniciens (peut-être le plus ancien écrit du Nouveau Testament) :
Épître aux Romains , Première épître aux Corinthiens , Deuxième épître aux Corinthiens , Épître aux Galates , Épître aux Éphésiens , Épître aux Philippiens , Épître aux Colossiens , Première épître aux Thessaloniciens , Deuxième épître aux Thessaloniciens , Première épître à Timothée , Deuxième épître à Timothée , Épître à Tite , Épître à Philémon , L'Épître aux Hébreux
les Épîtres dites catholiques (c’est-à-dire universelles, terme selon lequel il faut entendre que , contrairement aux épîtres de Paul , elles ne s'adressent pas à une communauté particulière mais à l'universalité de l'Église) et qui sont des lettres de différents apôtres :
Épître de Jacques , Première épître de Pierre , Deuxième épître de Pierre , Première épître de Jean , Deuxième épître de Jean , Troisième épître de Jean , Épître de Jude

l'Apocalypse (nommée parfois Révélation par des communautés millénaristes) , livre prophétique sur la fin des temps et l’établissement du Royaume de Dieu

Ce nouveau testament comporte donc 27 livres . Ni plus ni moins .



Constitution du dogme chrétien

Pour tous les chrétiens , la révélation est complètement et définitivement donnée en Jésus Christ. Cependant , c’est le rôle de l’Église de transmettre cette révélation et d’en approfondir la compréhension au cours des âges , avec l’assistance de l’Esprit-Saint. C'est l’ensemble de cette transmission-approfondissement du message évangélique qui constitue la Tradition , fondée sur la succession apostolique.
Pour faire court : Jésus Christ fils de Dieu est venu sur terre pour racheter les péchés de l'humanité , les générations postérieures à Jésus Christ se doivent de faire l'effort demandé par Jésus , puis viendra l'Apocalyse .




Conclusion : qui est Chrétien ?

Toute personne qui n'applique pas les préceptes du nouveau testament ne peut se prévaloir du qualificatif de Chrétien.

Toute personne qui applique les préceptes du nouveau testament , mais qui tient pour véritables les évangiles ou épitres apochryphes ne peut se prévaloir du qualificatif de Chrétien.

Enfin toute personne qui ne reconnait pas Jésus Christ comme le fils de Dieu , rédempteur de l'humanité ne peut se prévaloir du qualificatif de Chrétien.

Est Chrétien celui ou celle qui ne remet pas en cause le Dogme de la chrétienté . A chaque Chrétien de se comporter en bon Chrétien et non en mauvais Chrétien , en sachant que la perfection n'est pas de ce monde ( discours de Jésus sur la justice de Dieu et de son Royaume (Mathieu 5:48) ).