Les Ordres Militaires du Moyen Age

SAINT JACQUES DE L'ÉPÉE en Espagne

Les Moines Soldats rempart contre les Maures

Vers 1158, quand la menace des Maures fut plus importante, un groupe de 13 Chevaliers qui opéraient des attaques près de CACERES en CASTILLE, offrirent leurs services au Chanoine de St ELOI en LEON pour la protection des pélerins voyageant sur les routes de St Jacques de COMPOSTELLE. Au début de 1164 ces Chevaliers de CACERES reçurent la ville frontière de UCLES à défendre. En 1171, le Clergé et les Chevaliers décidèrent de suivre la règle de St Augustin et en 1175 la confrérie fut reconnue par le pape comme un nouvel ordre. La règle fut adaptée sur base de celle de St Augustin et des Templiers. Les frères furent divisés en Chevaliers et piétons, l'ordre était commandé par un maître et un Chapitre sous la supervision générale du Pape. L'ordre de St Jacques fut le moins orthodoxe des ordres militaires religieux. En réalité il ne fut pas un ordre monastique bien que les frères vivaient en communauté dans leur château et furent inspirés d'une grande ferveur religieuse. Les Chevaliers étaient autorisés à se marier, avoir des possessions personnelles et à annuler 2 ou 3 fois leurs voeux . Ceci semble avoir été un privilège spécial garanti par le Pape. Comme toujours lors de la mort d'un Chevalier, tout ses biens et richesses revenaient à l'ordre. L'ordre avait alors la responsabilité de subvenir et protéger sa famille. Le premier rôle de l'ordre a toujours été militaire et ses Chevaliers rendirent de fameux services dans les incessantes guerres de frontières. Après quelques années la puissance de l'ordre s'était tellement étendue qu'ils ignorèrent les trèves conclues entre le Roi et les Maures, ils estimaient ne pas avoir à tenir compte des décisions du Roi dans leur combat contre l'infidèle. L'ordre prit de l'ampleur rapidement dans la nouvelle décade et acquit des terres en France, Italie, Palestine, Hongrie et Angleterre. Le siège de l'ordre était établi à MONTALBAN en ARAGON. Parmi les possessions de l'ordre il y avait un château à PALMELA au Portugal, devenu une Commanderie et recrutant des Chevaliers portugais. En 1287 les Chevaliers de cette Commanderie se formèrent eux-même en un ordre séparé, l'ordre de "SAO THIAGO" avec leur propre Maître. Malgré leur indépendance d'identité, ils ne furent reconnus par le Pape qu'en 1317. Au milieu du 13e siècle, la renommée de l'ordre de SANTIAGO fut telle qu'il lui fut promis un grand territoire en Asie Mineure, s'il pouvait envoyer des Chevaliers combattre pour BAUDOUIN de CONSTANTINOPLE, mais l'ordre n'avait pas suffisamment d'effectifs pour honorer l'offre. A partir de cette date, l'ordre insista sur la qualité de Noble pour servir comme Chevalier. Cette augmentation de la noblesse dans l'ordre le conduisit vers un cercle trop fermé avec la Cour royale et cela correspondit avec l'augmentation de l'intérêt royal pour les activités de l'ordre. En 1254 le Roi exigea d'avoir son mot à dire dans l'élection des officiers et en 1275 il promut un de ses favoris au poste de Maître. En 1342 le Roi donna la maîtrise à son bâtard âgé de sept ans, malgré les protestations provenant notamment du maître de l'ordre d'ALCANTARA qui fut assiégé dans son château et décapité. Après une courte guerre, le Maître de CALATRAVA fut assassiné par PEDRO le cruel pour complot contre le favori du Roi. Le dernier épisode de la reconquête réveilla l'esprit de la vieille croisade et le connétable de l'ordre Alvaro de LUNA (Maître en 1445) remporta une grande victoire a HIGUERA en 1431. Il fut cependant assassiné lors d'une révolution de palais en 1453. En 1485, la maîtrise de l'ordre fut définitivement réservée à la Couronne.

Reconnaissance de l'ordre par le pape :

En 1175, Pedro Fernàndez se rend à Rome auprès du pape Alexandre III, (1105-pape 1159-1181), qui ratifie, le 5 juillet 1175, la bulle d'approbation de l'ordre religieux et militaire de Santiago. En 1176, quelques chevaliers revinrent dans le royaume de León et s'établirent dans le couvent San Marcos, sur un terrain situé près du pont sur la Bernesga, où existaient, depuis 1151, une église et un hôpital pour pèlerins. Ils fondèrent également l'hôpital de las Tiendas, à la frontière de Castille. Le nombre de chevaliers était alors 400 et ils pouvaient rassembler plus de 1000 lances. Les rois de Castille après la Bataille de Las Navas de Tolosa (1212), à laquelle les chevaliers ont participé, leur ont accordé des privilèges qui ont permis à l'ordre de repeupler des régions étendues d'Andalousie et de Murcie. Le château de Segura de la Sierra, reconquis par Alphonse VIII en 1214, leur est confié : ils y installent leur commanderie pour le royaume de Jaén. C'est de cette forteresse qu'ils mèneront leurs opérations militaires dans la région. Au xvie siècle, l'Ordre possédait une centaine de commanderies, dont trois étaient réservés aux Grands Commandants, autant de châteaux, une trentaine de couvents, 26 hôpitaux, 240 églises, 5 hôpitaux, 178 villes et villages, et une université à Salamanque. Le 2 janvier 1492, jour de la reddition de l’émir Boabdil, la bannière de l'ordre flottera sur la plus haute tour de l’Alhambra à Grenade.

Extrait de la règle :

« Vous vivrez sans bien propres dans l’humilité et la concorde en obéissant à un maître, en suivant l’exemple des apôtres qui pour prêcher la foi chrétienne vendaient leur bien et ce qui restait, était considéré comme commun. Celui qui ne pourra être continent se mariera, gardera foi en son épouse et inversement. Et vous ne pourrez avoir qu’une épouse. Une fois admis dans l’ordre et faite la promesse d’obéissance nul ne peut retourner au siècle, ni à un autre ordre sans autorisation du maître. » — Extrait de la confirmation de la règle de l’ordre par le pape Alexandre III en 1175. - Migne, Patrologie latine, t 200. Ces actes pontificaux, rassemblés en Bullarium ont fixés tous les privilèges et exemptions de l’Ordre.

Organisation de l’ordre :

En 1174, le roi Alphonse VIII de Castille leur cède Ucles, dans la Province de Cuenca, qui depuis a été considéré comme le siège de l'ordre ,là le Grand Maître a habituellement résidé, et les archives de l'ordre ont été préservées jusqu'en 1869. Elles se trouvent actuellement à l'"Archivo Historico Nacional" de Madrid. L'ordre se compose de deux branches :
une branche de l'ordre de groupe les clercs, sous la direction d'un Grand Prieur, suivant la règle des chanoines de Saint-Augustin, et établis à Uclès les chanoines réguliers de l'ordre de Santiago (en français : de Saint Jacques de l'épée) y vivent de la dîme de tous les acquêts de l'ordre : ils se chargent de la vie religieuse des chevaliers qui, tous, une fois l'an, doivent faire retraite à Uclès et y font élever leurs fils .
une branche de l'ordre groupe les laïcs, chevaliers de Santiago, formant la seconde branche de l'ordre, sous la direction du Maître, laïque comme eux et élu par eux en chapitre général à San Marcos de Leòn. Les chevaliers prêtent vœu de pauvreté individuelle, d'obéissance au maître, et de fidélité conjugale. En cas de veuvage, d'isolement ou de pauvreté, les chevaliers et leurs femmes se retirent à Uclès.
En ayant opté pour la règle de saint Augustin au lieu de la règle cistercienne, ses membres n’avaient pas l’obligation de faire vœu de chasteté, et ont pu contracter mariage (certains des fondateurs étaient mariés). Le droit de se marier, que d'autres ordres militaires n’ont obtenu à la fin du Moyen Age, leur a été accordé dès le début de l’ordre dans certaines conditions, telles que l'autorisation du roi, de l'engagement d'observer la continence pendant les fêtes de Noël,et le Carême, et sur certaines fêtes religieuses de l'année, ainsi que pendant la période de retraite faite à Uclés une fois par an. La douceur de cette règle a promu la diffusion rapide de l'ordre, qui a éclipsé les ordres plus anciens comme ceux de Calatrava et d'Alcantara. Les chevaliers transmettent leurs biens patrimoniaux à leurs fils, qui peuvent rester en dehors de l'ordre, mais ils donnent à l'ordre les terres gagnées dans la Reconquête. Les commanderies, confiées à des chevaliers Commandeurs, sont édifiées sur ces nouveaux territoires chrétiens, et les dîmes de tous les revenus vont aux clercs d'Uclès. Par-delà le Maître, le seul souverain de l'ordre est le pape, et l'ordre est propriétaire des terres conquises en Estrémadure et en Andalousie. Mais l’Ordre prête son concours au roi dans toutes les opérations militaires. Ainsi, le troisième Maître, Sancho Fernandez, meurt en 1195 de blessures reçues lors de la bataille d'Alarcos et le maître Pelayo Perez Correa (1242-1275) est le principal artisan de la prise de Séville en 1248. L'ordre protège les routes et les hospices du pèlerinage à Santiago, où les femmes des chevaliers trouvent à s'employer. Les Espagnols de toutes les couches sociales s'y affilient en confréries, aidant l'ordre de leurs deniers et de leurs soins. Enfin, des commanderies s'élèvent dans les terres offertes en Aragon, Catalogne, Valence et au Portugal. Les Frères portaient l'habit blanc, chape et chaperon de même couleur marqué, sur le côté gauche de la poitrine, de la célèbre épée de satin rouge et d'une coquille, dans le même tissu, posée en abîme sur l'épée. Avec un bouclier d’or portant en croix une épée à poignée de lis.

Dissolution de l'ordre religieux et militaire :

L’ordre religieux et militaire fut dissous par les souverains d'Espagne, sans le même acharnement cependant que celui qu'eurent à subir les Templiers en 1307. Les monarques agirent avec un grand sens politique. À la mort de Don Alonso de Cardenas, quarantième grand maître de l’ordre, Isabelle Ier la Catholique (1451-1474-1504) faisant en sorte que son époux fût élu grand maître de l'ordre en 1493. Ce qui facilita sa fin programmée. La nomination du Grand Maître était ainsi passée sous la tutelle royale. Dans le but de dissiper la méfiance des chevaliers lors du chapitre général de 1513, Ferdinand II le Catholique, roi d'Aragon (1452-roi 1479-1516), devenu régent de Castille (de 1504 à 1516), décida la reconstruction du monastère-hôpital de San Marcos de Leòn, et offrit la somme de 300 000 maravédis.
En 1501, le pape Alexandre VI (Rodrigue Borgia, né à Xativa, près de Valence - 1431-pape 1492- 1503) nomme Ferdinand II administrateur perpétuel des ordres militaires, qui seront désormais des ordres de soins, de polices et de récompenses de bons services.
En 1523, le pape Adrien VI (1522-1523) confirme le rattachement à la Couronne des ordres castillans. Il attribua à la couronne d'Espagne les grandes maîtrises perpétuelles des trois ordres :
de Saint-Jacques,
TEMPLIERS de Calatrava,
TEMPLIERS d'Alcantara.
En 1556, sous Charles Ier d’Espagne (1500-1516-1556) un conseil général des ordres les fait fusionner.
Enfin en 1592, le roi Philippe II (1527- règne 1556-1598) incorpore tous les ordres à la couronne. Depuis cette époque, les rois d’Espagne ont conservé les titres et dignité de grand maître et administrateur de l’ordre qui est ainsi placé sous la protection de la couronne.

Rappel historique

L’origine des Templiers remonte à la première croisade en terre Sainte. Après la conquête de Jérusalem en 1099, certains chevaliers décident de rester sur place et fondent le royaume de Jérusalem, avec pour objectif de veiller sur le tombeau du Christ.
En 1113 est créé l’Ordre des Hospitaliers. Sa mission est d’assurer aux pèlerins chrétiens hébergements et soins.
En 1118, naissait, sous l’impulsion de Hugues de Payns et de Geoffroy de Saint Omer, ce qui allait devenir un événement historique : l’ordre des pauvres chevaliers du Christ, s’appelant par la suite l’Ordre des Templiers.
Dès lors , ces deux ordres organisent en Occident un important réseau de commanderies, comme celles du Larzac, destinées à alimenter l’effort de guerre en Terre Sainte. Dès sa création, l’Ordre des Templiers bénéficie d’avantages matériels de toutes sortes ainsi que d’appuis considérables : celui de Saint-Bernard qui édicte sa règle, et celui du Pape, qui lui permet d’être indépendant de la hiérarchie de l’Eglise. Respectant les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, l’Ordre se développe rapidement en Occident. Les donations faites par les familles nobles, mais également le talent à faire fructifier les terres et les biens légués ou achetés confèrent à l’Ordre une grande prospérité. A la fin du XIIIème siècle, après la perte de la Terre Sainte, les Templiers sont extrêmement riches. A Paris, à Londres et dans les commanderies, ils gèrent les fonds royaux et privés qu’ils ont reçus en dépôt. Alors que les cathares sont pourchassés dans le Sud de la France, les Templiers sont devenus les banquiers du royaume. La tour du Temple de Paris abrite même le trésor royal. Leur puissance, leur rôle en Terre Sainte et la symbolique spirituelle très complexe de l’Ordre sont sans doute à l’origine de la fascination mais aussi des spéculations les plus folles que l’histoire des Templiers a engendrées au cours des siècles.

La réussite des Templiers finit par susciter convoitises et jalousies, tant du côté de la couronne de France que du clergé. Ce dernier forge au cours du XIIIème siècle une image négative des Templiers, représentés comme des hommes arrogants et avares. De son côté, Philippe le Bel, roi de France, veut s’approprier les richesses de l’Ordre et briser son indépendance. En 1305, les rumeurs s’amplifient et l’on accuse les Templiers de faits très graves : hérésie, idolâtrie et même, sodomie. Le vendredi 13 octobre 1307 eu lieu l’arrestation en masse des Templiers qui furent ensuite emprisonnés et jugés. L’Ordre est définitivement aboli en 1312. Son dernier grand-maître, Jacques de Molay, est brûlé vif sur l’île de la Cité à Paris. Son appel à la vengeance divine à ce moment-là, puis les morts successives de plusieurs des persécuteurs du Temple, donnèrent lieu à la fameuse légende de la malédiction des Templiers. C’est l’Ordre des Hospitaliers qui, finalement, hérita des biens des Templiers. Sur le Larzac, ils prirent le relais de leurs « cousins » Templiers, ceci jusqu’à la Révolution française, en 1789.
En 2018 nous fêterons les 900 ans de la création de l’Ordre des Templiers.
Aujourd'hui, notre Ordre, Ordre Suprême et Militaire des Chevaliers de Salomon, par sa filiation généalogique le rattachant à certains Grands Maitres de l’Ordre du Temple (Geoffroy de Saint-Omer - fondateur, Robert de Craon - 2ème Grand Maitre, Robert de Sablé - 11ème Grand Maitre) organisera une grande cérémonie à cette occasion, en France et dans tous les pays où il est représenté.
Dans le but de préparer ces festivités, et afin de faire connaître notre idéal premier, nous souhaitons recueillir des témoignages sur le thème suivant :
« Je crois en la religion de l’Amour »

Anonymes, parents, amis, artistes, politiques, médecins, avocats, agriculteurs, commerçants, retraités, salariés …. De toute confession, de toute nationalité, faites-nous part de vos sentiments, impressions, idées sur ce sujet. Tous ces témoignages recueillis seront reliés en un « Livre pour l’Humanité ». Faites-en partie ; soyez l’écrivain de ce livre ! Les plus beaux témoignages seront lus lors de notre grande cérémonie de 2018. Faisons, tous ensemble, en sorte que ce livre aux milliers de pages devienne une pétition pour l’Amour dans le monde ! Une page Facebook® est consacrée aussi à cet événement ; là également, vous pouvez y écrire votre témoignage. Sur vos écrits, n’oubliez pas d’y inscrire vos noms et prénoms ainsi que votre qualité ou profession.

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