Le Moyen Age Central de l'an 1050 à 1150
Sciences Techniques

Les Sciences et les Techniques

se sont beaucoup développées au Moyen Âge. On voit apparaître les premières techniques d'industrialisation, notamment dans le domaine agricole. A signaler également, le développement de l'imprimerie et de la poudre à canon qui sont les technologies qui auront apporté le plus à l'humanité à cette période.
Charlemagne, dès la fin du VIIIe siècle, avait entamé un mouvement de réforme de l'enseignement que l'on a coutume d'appeler la renaissance carolingienne. Celle-ci consistait, d'une part, à obliger tous les évêques à disposer d'une école à proximité de leur cathédrale pour fournir aux clercs séculiers un enseignement aussi correct que celui des moines, et d'autre part, à ce que toutes ces écoles enseignent la même chose, à savoir une version un peu rénovée des arts libéraux. De cette manière, l'enseignement a perduré sans interruption tout le long de cette période de troubles et de nombreux ouvrages antiques ont été préservés. Il n'en reste pas moins que nous avons perdu des pans entiers des Lettres à Lucilius de Sénèque ou du Ab Urbe condita de Tite-Live et que nous n'en connaissons le contenu que grâce au travail de leurs abréviateurs.
Dès la fin du Xe siècle, on voit des savants en Occident se rendre en Espagne pour obtenir des traductions d'ouvrages en arabe, eux-mêmes étant souvent des traductions d'ouvrages grecs antiques. Le plus connu à cette période est sans conteste Gerbert d'Aurillac, qui terminera sa vie comme Pape sous le nom de Sylvestre II, et qui a contribué à redynamiser l'enseignement du quadrivium par l'apport de nouvelles sources. Mais l'explosion se fait réellement au XIIe siècle. La période est en effet particulièrement favorable en Occident. D'une part, après qu'en 955 l'empereur germanique Otton Ier a définitivement convaincu les Magyars de rester sagement en Hongrie à force de pédagogie , l'Occident ne connaît plus aucune incursion de peuples non chrétiens. Cela ne signifie pas que les guerres s'arrêtent, loin de là, mais quand on se tape sur le museau entre chrétiens, on ne touche pas aux monastères et aux cathédrales, et par conséquent aux écoles et aux bibliothèques. D'autre part, il y a une réelle amélioration des conditions climatiques, ce qui entraîne une période de prospérité et de démographie croissante. Bref, le terreau est idéal, il ne manque plus que les graines. La première est une intensification du transfert de livres depuis les territoires musulmans et l'Empire byzantin vers l'Occident. Les conditions de vie plus agréables permettent à certains clercs occidentaux d'apprendre le grec et par conséquent de traduire enfin les ouvrages originaux en latin, les rendant ainsi accessibles à l'ensemble de leurs confrères. En outre, au XIe siècle, la Reconquista a fait de gros progrès en Espagne, qui est largement repassée sous domination chrétienne.
La seconde est l'arrivée à maturité des écoles capitulaires. Ces écoles imposées par Charlemagne ont grandi, accueillant de plus en plus d'étudiants et travaillant de plus en plus en réseau à l'échelle de l'Europe. C'est ainsi qu'au XIIe siècle, les plus grandes d'entre elles vont prendre leur indépendance vis-à-vis des évêques en se mettant sous la protection directe de la Papauté : c'est la naissance de l'Université en Europe. On a réuni là les trois facteurs qui vont causer une explosion du nombre de gens instruits et par conséquent de gens aptes à réfléchir sur les œuvres antiques et musulmanes, et à les améliorer. Dans le domaine de l'astronomie, cette explosion se manifeste par la publication en 1230 du De sphaera mundi écrit par Johannes de Sacrobosco, qui est un manuel de tout ce que les auteurs antiques ont écrit de meilleur sur le sujet.

Les Techniques Agricoles

Nous savons qu'après l'an Mille, l'Europe connût un formidable essor économique. Un facteur essentiel de la reprise économique fut la capacité des agriculteurs à produire plus que ce dont ils avaient besoin pour leur subsistance. Les biens excédentaires pouvaient alors être vendus ou échangés sur les places des marchés ou encore dans les grandes foires commerciales. Cet afflux de marchandises redonna vie au commerce, et, en contrecoup, à l'artisanat et à l'industrie. Certaines innovations, ou applications pratiques de découvertes faites par des savants, furent apportées à la technique de l'agriculture. Elles jouèrent un rôle peut-être décisif dans cet essor général, car elles permirent d'augmenter considérablement les rendements.

Les grandes civilisations du monde antique s'étaient développées dans un milieu chaud, où les terres étaient sèches, friables et les sols peu profonds. Le problème principal des agriculteurs était alors de maintenir le plus longtemps possible l'humidité dans la terre. Ils adoptèrent pour cela une charrue légère, sans roue, appelée araire, en réalité un simple et solide pieu égratignant à peine la terre. Il était en effet inutile de retourner la terre au soleil, elle sécherait plus vite. Avec une paire de bœufs, les paysans labouraient le champ en sillons parallèles, puis, perpendiculairement aux sillons, de manière à briser les mottes de terre. Cette manière de procéder, adaptée au climat méditerranéen, ne convenait pas du tout en Europe du Nord. Là, la terre était humide et lourde, de plus l'humidité endommageait les racines de certaines plantes. Après plusieurs tentatives, un nouveau type de charrue fut adopté, toujours en usage de nos jours. Cette charrue, plus lourde que l'araire était montée sur roues. Devant le soc, un long couteau vertical en fer, appelé coutre, permettait de pratiquer une première ouverture dans un sol lourd. Le soc, recouvert de fer, retournait les mottes. Il se terminait par un versoir qui permettait de rejeter la terre remuée de part et d'autre du sillon. De cette façon se formait, entre deux sillons parallèles, un petit monticule de terre, qui se révéla très utile. Quand la saison était sèche, le blé poussait dans le creux des sillons humides. Au contraire, si la saison était trop humide, il poussait sur le monticule débarrassé de l'humidité excessive.

Les Templiers et le sucre

Ce sont les croisés qui ont découvert, à leur arrivée en Syrie le sucre . Plus tard ,les médecins qui le voyaient souvent apparaître dans les manuels traduits de l'arabe, ont assuré sa diffusion . Nous disposons d'un témoin oculaire, le chroniqueur Foucher de Chartres, qui accompagnait Baudouin de Boulogne lorsque, en 1099, celui-ci entreprit de quitter Édesse pour se rendre enfin à Jérusalem. On était alors à la fin de l'automne et les milliers de croisés rassemblés par Baudouin, Bohémond de Tarente et l'archevêque Daimbert de Pise réussirent à tromper la faim et la soif grâce à la rumination (à la fois mastication et succion) constante de canne à sucre (appelée cannamellis, c'est-à-dire « canne à miel »), alors qu'ils traversaient des régions plantées, d'après les géographes et voyageurs arabes des Xe et XIe siècles, de nombreuses cannaies.

Les Moulins

Le monde industrialisé actuel est aux prises avec un grave problème : celui de l'énergie. Il y a encore quelques années, le pétrole semblait suffisant à satisfaire des besoins en augmentation constante. On a depuis pris conscience de l'épuisement des ressources. Un problème analogue se posa au cours du XIe siècle. En effet, l'essentiel de l'énergie disposé par l'Homme était fourni par l'animal. La relance de l'activité économique créa un besoin urgent en énergies nouvelles. Dans l'Antiquité, les grands empires disposaient d'une masse énorme d'esclaves, de ce fait la question de l'énergie ne se posa jamais de façon cruciale. Mais le déclin de l'esclavage dans le monde médiéval, poussa les hommes à redécouvrir et répandre une invention très ancienne : le moulin à eau. On pense que les premiers moulins à eau étaient connus, dans les pays d'Orient, en Grèce et dans l'Empire romain dès le Ier siècle avant J-C. Vers le IXe siècle, les moulins se répandirent rapidement en France. Le principe du moulin à eau est relativement simple. La force de l'eau qui s'écoule ou tombe du haut met en mouvement une grande roue. Des engrenages transmettent ce mouvement à une meule de pierre qui, en se mouvant sur une pierre fixe, broie les céréales jusqu'à en faire de la farine. A partir de ce principe de base, d'ingénieux dispositifs permirent d'actionner des mécanismes beaucoup plus complexes.

Quelques instruments de torture

Un écraseur de tete et une poire du Pape , ces deux instruments étaient destinés à faire avouer leurs péchés aux malheureux soumis à la question .