Marine Templière

Commerce

Dès 1103 et pendant 20 années environ , l'Ordre du Temple a loué des navires marchands afin d'acheminer en Terre Sainte Pélerins , victuailles , matériels , matériaux , animaux etc... Vers 1125 l'Ordre décida de batir des Commanderies Templières cotières afin de servir de comptoirs marchands pour les échanges entre la France et le proche orient .Les bateaux Templiers battaient pavillon "templier" voiles blanches et croix pattée rouge, ils étaient de grande capacité mais naviguaient uniquement le long des cotes .Les matières premières comme l'huile le sel le vin les céréales les métaux circulaient entre la France l'Allemagne l'Italie le Portugal l'Espagne la Belgique les Pays Bas l'Ecosse la Grèce Chypre la Palestine etc.... Leur port d'attache est Acre, ville fortifiée bâtie sur une langue de terre offrant une excellente protection par son double port.

Liste non exhaustive des navires possédés par les templiers :

‡ Le Templère
‡ Le Buscart
‡ Le Buszarde du Temple vers 1230, reliant l'Angleterre au continent
‡ La Bonne Aventure en 1248
‡ La Rose du Temple en 1288-1290 à Marseille
C'est à partir de ce port que le commandeur du Passage était chargé d'écouler en Orient les hommes et matériels de l'Ordre
‡ La Bénite, en latin "Sanctus", affrétée par Jean Ier de Dreux en 1248
‡ L'Angellica en Italie du sud
‡ La Santa Anna, qui se trouvait en 1302 à Famagouste (Chypre), et qui était nolisée (affretée) à des marchands occidentaux
‡ Le Faucon (ou (la) Falcon Templum, à ne pas confondre avec un navire hospitalier de même nom) basé à Saint-Jean-d’Acre, d'une capacité de transport de 1 500 personnes, qui se trouvait également à Famagouste (Chypre) en 1301. Sous le commandement de Roger de Flor, il participa à l'évacuation en 1291 de la population civile d'Acre, lors de la chute du siège de l'Ordre. Il fut désarmé à Marseille, lors de la fuite de Roger de Flor, accusé par Jacques de Molay d'avoir détourné à son profit une partie des trésors sauvés avec la population
‡ L'Olivette, acheté en 1301 par Roger de Flor, toujours templier et conseiller de Frédéric II de Sicile
‡ La mestre galie, vaisseau amiral de l'Ordre à partir de 1248, abritait dans sa cale les dépôts réguliers des participants de la croisade, et avait semblerait-il un pont blindé et ignifugé
‡ L' Allégresse
‡ La Nave Angélique, navires de guerres ayant participé à la huitième croisade (1270)
‡ La Sainte Trinité : en septembre 1306, trois contrats concernaient ce navire pour un voyage entre Marseille et les Pouilles
En 1293, les templiers firent l’acquisition de ‡six galères auprès de Venise, venues compléter les deux vaisseaux dont ils disposaient déjà à Chypre, pour assurer la protection de l’île

Ports d'attache des templiers :

Au nord, les templiers utilisèrent les ports de Boulogne, Barfleur, ainsi que les ports des villes flamandes La Rochelle fut également utilisée, mais ce port aurait eu un statut particulier, principalement pour des liaisons commerciales avec l'Angleterre et la Flandre. Les principaux pouvoirs du royaume de Jérusalem sont représentés à Acre, mais, après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, la ville devient le nouveau quartier général des Templiers en Terre sainte. Selon le chroniqueur du XIIIe siècle connu sous le nom de Templier de Tyr, "Le temple était l'endroit le plus solide de la ville, dont une grande partie était au bord de la mer, comme un château. À l'entrée figurait une grande tour robuste dont les murs faisaient 8 mètres d'épaisseur". Il mentionne également une autre tour, bâtie si près de la mer que les vagues déferlaient contre elle, "dans laquelle était conservé le trésor du Temple". Après 1218, les Templiers agrandissent leurs infrastructures à Acre en se dotant d'une nouvelle forteresse, à une cinquantaine de kilomètres au sud. Aujourd'hui connue sous le nom d'Athlit, les Templiers l'appellent Chastel Pèlerin car elle a été construite sur un promontoire rocheux avec l'aide des pèlerins (notamment le chevalier Gauthier d'Avesnes). Selon un pèlerin germain qui le visite au début des années 1280, ce château "est situé au cœur de la mer, fortifié par des murs, remparts et barbacanes si solides et crénelés que le monde entier ne suffirait pas pour le prendre". Depuis leurs ports d'Outremer, les navires des Templiers voguent vers l'ouest. En France, l'un de leur principal port d'attache est Marseille, où ils chargent pèlerins et marchands avant de mettre le cap vers l'est. Les ports italiens de l'Adriatique sont également importants, surtout Brindisi, qui présente l'avantage d'être proche de Rome. À Bari et Brindisi, on trouve du blé, des chevaux, des armes, des vêtements, de l'huile d'olive, du vin et de pèlerins. Messine, en Sicile, sert à la fois de circuit d'exportation depuis le continent et d'entrepôt pour les cargaisons provenant de Catalogne et de Provence. Les Templiers construisent également des navires dans les ports européens, partout entre l'Espagne et la côte dalmate.

Activité méconnue des templiers :

Une activité méconnue des templiers était le commerce des esclaves blancs : des prisonniers de guerre, des enfants achetés à leurs parents, étaient transportés en grand nombre de l'Orient vers l'Occident. Ils participaient au fonctionnement des Maisons du Temple, principalement en Italie et en Aragon. À la fin du XIIIème siècle, la plaque tournante de ce commerce florissant était le port d'Ayas du Royaume arménien de Cilicie. Les Templiers y ouvrirent un comptoir vers 1270, et y firent le commerce d'esclaves turcs, grecs, russes et circassiens.

Découvertes Archéologiques 04/01/2017 :

Des archéologues marins de l'Université d'Haifa, le professeur Michal Artzy et le Dr Ehud Galili, ont mené les investigations sur l'épave des Templiers. Le navire a subi des dommages lorsque le port moderne d'Acre a été dragué pendant sa construction et ce qui reste de l'épave sont des planches en bois recouvertes de ballast, la charpente du navire et quelques morceaux de sa coque. La datation au carbone14 a révélé que le bois utilisé pour construire la coque date de 1062 à 1250 de l'Ere Commune, ce qui cadre avec les activités des Templiers dans la région. En plus des pièces d'or trouvées près de l'épave, les archéologues marins ont aussi découvert des bols et jarres en céramique importés du sud de l'Italie, de Syrie et de Chypre. A ces trouvailles s'ajoutent des morceaux de fer corrodés, principalement des clous et des ancres. La découverte la plus importante cependant, reste les pièces d'or trouvées dans l'épave. Au total, ce sont 30 florins qui ont été découverts, d'après Robert Kool expert en pièces de monnaie de l'Autorité des antiquité d'Israël. Les florins ont été frappés à partir de 1252 dans la république italienne de Florence (d'où les monnaies tirent leur nom).

Florins en or des Templiers trouvés dans le port d'Acre par les archéologues .

trésor des templiers

Photo: Israel Antiquities Authority 2017


Les spéculations sur ce naufrage sont étroitement liées au siège de la ville d'Acre. En effet, des témoins oculaires de l'événement rapportérent que des nobles et des marchands prirent la fuite par bateau de la forteresse assiégée, souvent après avoir soudoyé les propriétaires de ces bateaux avec des objets de valeur. Mais beaucoup ne sont jamais sortis du port et auraient coulé avec leurs richesses, alors que les défenseurs chrétiens cherchaient à gagner du temps pour organiser leur fuite . La forteresse des Croisés tomba le 18 Mai 1291, après plus de 100 ans de domination Franque. Les derniers défenseurs, un contingent de Chevaliers du Temple, refusèrent d'abandonner leurs positions. Aussi, lorsque les sapeurs Mamelouks affaiblirent les murs de la forteresse des Templiers, l'édifice s'écroula entièrement, tuant les derniers défenseurs, ainsi qu'une centaine des soldats du sultan. La chute d'Acre fut le dernier évènement marquant des croisades chrétiennes lors de la période médiévale. Une fois la forteresse prise par les Mamelouks et sommairement détruite, l'église catholique et la noblesse européenne qui la supportait abandonnèrent leur quête visant à libérer ce qu'ils considéraient comme leur terre sainte.

Marine Templière

Guerre

La 3ème croisade

Si les deux premières croisades furent exclusivement terrestres, la troisième croisade (1189-1192) fut pour la première fois terrestre et navale. Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste prirent en effet la mer, après avoir acheté ou loué des navires . C’est la première fois que de grands rassemblements de navires nordiques pénètraient en Méditerranée. C’est aussi la première grande entreprise maritime des Francs qui ouvrit la série des croisades maritimes. Il ne s’agissait plus, comme au xiie siècle de porter secours au royaume de Jérusalem avec quelques centaines de chevaliers, mais de conquérir des villes gardées par d’imposantes murailles, et donc de transporter par voie de mer de véritables armées, ce qui n’avait encore jamais été fait sur de pareilles distances. Les nefs, construites à Venise, Gênes et Marseille, devinrent de plus en plus imposantes, capables de porter plusieurs centaines d’hommes et leurs chevaux.

La 4ème croisade

La quatrième croisade (1202-1204) fut exclusivement maritime et à forts effectifs français, mais seules les villes italiennes étaient à même de fournir la flotte de transport.

La 5ème croisade

La cinquième croisade (1217-1221) se fit avec une très faible participation française, le royaume étant accaparé par la lutte contre les Albigeois. C'est pourtant à partir de cette période que l'ensemble des navires appartenant à l'Ordre du Temple peut être réellement considéré comme une flotte. Lors du siège de Damiette en août 1218 ont participé 4 "Koggen" et 2 nefs équipés par les Templiers et les Hospitaliers. L'un des navires du Temple fut même sacrifié en novembre 1218 : précipité contre les murailles de la ville, il entraina avec lui un grand nombre d'assaillants musulmans. Les sources soulignent que le sabordage du navire décrété par les templiers après son abordage par une centaine de fedayins, que l’Estoire d’Eracles porte à plus de deux milliers. Le naufrage du navire entraîna, quoiqu’il en soit, dans les profondeurs du fleuve plus de combattants que les glaives des templiers n’auraient pu en tuer selon le témoignage des chroniqueurs latins. Un récit moins favorable signale qu’un groupe de templiers serait parvenu à traverser «avec l’aide du Seigneur» le fleuve, à bord d’une barque et d’une galère arrachées aux Sarrasins, en convainquant le sultan de couler sa flotte et de fortifier la rive par toutes sortes de lices et de mangonneaux . Le Temple assurait pourtant à cette date un rôle primordial dans le déroulement des opérations après avoir édifié un pont de bateaux entre la tour, récemment conquise, et la rive ouest du fleuve. Sa polyvalence lui permettait de reconvertir certains de ses équipages privés de navire en servants d’artillerie, comme cela advint au mois d’avril 1219. La pierrière qui bénéficia de ce surcroît de main d’œuvre fit preuve de tant de précision que les assiégés lui conférèrent le surnom évocateur de culbuteur ou al-mufrita . La progression de l’ost de la croisade se heurta en août 1219 à un cruel manque de vent qui empêchait les galères chrétiennes de ravitailler convenablement l’armée. Le Temple eut l’intelligence de recourir à des navires d’un plus faible tirant d’eau afin de s’adapter à la navigation estivale dans le Delta. La capture d’une de ses galiotes chargée de 50 balistes en août 1221 préfigura l’humiliante capitulation de Baramun, imposée par la tournure des événements. Les exploits navals des templiers, qui panachaient leurs équipages de croisés occidentaux, ne manquèrent pas de générer une abondante littérature dominée par la figure d’un Liber Templariorum.

La 7ème croisade

Il fallut cependant attendre la Septième croisade pour que le Temple se dotât d’un vaisseau amiral, que Jean de Joinville visita au moment du paiementde la rançon de saint Louis au mois de mai 1250. Cette mestre galie présentait les traits d’une banque flottante, abritant dans sa cale les dépôts réguliers des participants de la croisade. Ce navire devait ressembler à l’impressionnante galère de Jean de Jaffa, qui avait frappé les esprits des croisés,un peu plus tôt, par la peinture intégrale de sa coque et le renforcement de ses flancs à l’aide de 300 targes. Celles du Temple devaient arborer le gonfanon baussant de l’Ordre et employer un nombre incalculable de prisonniers de guerre. Nous savons, grâce à la chronique dite du «Templier de Tyr», que le grand maître Guillaume de Beaujeu n’hésita pas à armer, en 1279, treize de ces galées afin de porter la guerre dans le comté de Tripoli à l’occasion d’une crise féodale. Le corps expéditionnaire qu’il transborda se risqua à gravir les contreforts du Liban pour défaire l’armée comtale à plus de mille mètres d’altitude dans le casal d’ad-Duma. La flotte templière opéra par la suite une démonstration de force devant Tripoli avant de perdre cinq navires dans une tempête inopinée. Les équipages des galères reçurent l’aide inespérée de leur allié Guy de Gibelet, qui était venu mettre le siège devant le château de Néphin (aujourd'hui:Enfé) avec un contingent Templier. L’échec de cette entreprise amena Guillaume de Beaujeu à regagner incontinent Acre,tandis que Bohémond VII d’Antioche razziait l’île d’al-Hlalıyé, au large de Sidon, avec le soutien d’une quinzaine de galères. Il est peu probable que ces navires aient réussi à prendre le contrôle du Château de Mer, situé plus au sud, qui ne fut abandonné par les templiers que le 14 juillet 1291 sous la pression des Mamelouks. La flotte templière prit le soin à cette occasion d’évacuer la population de la ville, réfugiée sur l’îlot d’al-Hlalıyé. Ces péripéties mettent en évidence l’extrême mobilité du Temple, au même titre que l’instabilité récurrente de la Syrie Franque à la veille de sa chute.

Derniers engagements au Proche Orient

Les rivalités vénéto-génoises compromirent dans les dernières années du siècle la réaction de la Chrétienté en générant, en 1293, un engagement naval au large du Péloponnèse, qui coûta la vie au turcoplier Guillaume de La Tour. L’initiative revint au pape Nicolas IV d’affréter en 1292 une flotte de 20 galères vouées à défendre l’île de Chypre et le royaume de Petite-Arménie contre une éventuelle attaque mamelouke. Les Annales génoises de Jacopo Doria révèlent que cette flotte ne partit qu’après le décès du souverain pontife à la suite d’une insubordination de Manuele Zaccaria et de Tedisio Doria, sanctionnée sévèrement par le podestat en place. Le Sacré Collège, qui gérait les affaires de la Chrétienté par intérim,intervint pour que les deux amiraux fussent autorisés à armer une dizaine de navires destinés à appuyer le Temple et l’Hôpital. Le Grand Conseil consentit à les autoriser à servir en Orient pendant une année au «service de l’Église», après avoir levé l’amende qui les accablait .

Fonctionnement de cette marine

Le Temple choisit cette époque pour se doter d’un arsenal inféodé à un «amiral ou capitaine» temporaire, dans lequel nous pensons distinguer un chef d’escadre (preceptor navium) occasionnel, plutôt qu’un simple patron de nef comme Alain Demurger le suggère. Nicholas Coureas est allé semble-t-il trop loin en accordant à cet office un caractère durable sur le modèle de celui de l’Hôpital, attesté à compter de 1299. L’amiral du Temple devait cependant, à l’instar de son homologue, solliciter l’armement de sa flotte auprès du maréchal du couvent et reverser ses prises de guerre au trésor de l’Ordre. La marine templière, souffrit la même année, d’une convention signée entre la Couronne chypriote et le clergé de l’île au sujet du prélèvement d’une contribution de guerre. Le Temple et l’Hôpital renoncèrent à extrader sur leurs navires des serfs appartenant au roi en ouvrant leurs cales à ses inspecteurs. L’affrètement de leurs bâtiments fit l’objet de plusieurs articles révélant la concurrence représentée par les deux ordres pour les arsenaux royaux. La liberté de manœuvre reconnue aux ordres se heurta à la volonté du roi de concéder des licences d’armement, distribuées au compte-gouttes avant un revirement spectaculaire en 1307. Boniface VIII avait pourtant fait la moitié du chemin en reconnaissant au roi un droit d’embauche prioritaire sur les ressortissants de son royaume, respecté par les templiers. Le pape, après avoir condamné le principe d’une concurrence occulte des ordres, déclara en cas de prise commune comme «juste et équitable» un partage du butin effectué au pro rata du nombre de navires et de participants engagés à bord. Ce partage devait se subordonner à une échelle de valeur favorable légitimement aux combattants. L’immunité des ordres militaires se trouva diminuée par l’obligation d’ouvrir leurs navires à des inspections réglementaires à chaque accostage ou départ, motivées par la recherche d’éléments d’accastillage fréquemment volés. Tout capitaine se dérobant à ce rituel devait faire l’objet de poursuite en cas de disponibilité des baillis royaux . Le Temple s’investit dans les années qui suivirent dans l’interceptiondes navires tentant de commercer avec les infidèles contre la volonté du Saint-Siège. Le commandeur d’Auvergne Humbert Blanc parvint à convaincre Clément V, le 13 juin 1306, de confier le commandement d’un groupe de galères à l’amiral marseillais, Pierre de Lengres, qui reçut des lettres de grâce susceptibles d’être produites dans les ports où il ferait relâche. Il paraît assez ardu d’estimer la taille de l’escadre dirigée par les deux hommes, même si des rumeurs véhiculées durant le procès du Temple font état d’une vingtaine de bâtiments. Pierre de Lengres reçut entout cas le «le droit de choisir un prêtre adéquat comme confesseur», afin d’absoudre les membres de leur compagnie en indélicatesse avec l’Église. Ce privilège insigne fut réservé à ceux qui s’engageraient à partir en Orient sous un mois, en amendant leurs torts sincèrement. Ces repentis bénéficièrent du privilège appréciable de pouvoir conserver intégralement le produit de leur course, quelle que soit la nationalité des navires interceptés. Les Assises de la cour des Bourgeois réservaient dans les royaumes de Jérusalem et de Chypre un sort expéditif aux trafiquants de produits stratégiques,dont les pécules de plus d’un marc d’argent revenaient au seigneur du lieu.Il est probable qu’Humbert Blanc souhaitait respecter cette procédure pour les contrevenants arraisonnés dans les parages de l’île de Chypre, sans attendre des miracles de la justice royale, soumise aux pressions des républiques italiennes. Cette réorientation des activités du Temple vers la course aurait dû déboucher, dans la pratique, sur l’institutionnalisation de la charge d’amiral, opérée par l’Hôpital en 1300. Cette innovation annonçant le temps des ligues égéennes fut peut-être rejetée par le Temple,dont le conservatisme s’accommodait mal de la vénalité de certains de ses aspects. Aucun autre ordre ne pouvait cependant y aspirer autant que celui d’Hugues de Payns, à qui la papauté avait accordé dès 1139 le bénéfice intégral de ses prises de guerre ou spolia . Plusieurs actes de la pratique nous renseignent sur le statut social d’un avitailleur du Temple, en activité à Famagouste au début du XIVème siècle. Le Génois Pietro Alieri ou Alerio y apparaît comme témoin ou bénéficiaire d’opérations financières négociées avec des compatriotes. Le regain des activités maritimes de l’Ordre après la bataille de Homs suscita une vague d’embauches, que les templiers encadrèrent à l’aide d’un système de dépôt de cautions, censé limiter les risques de mutinerie. Les marins recrutés paraissent avoir été majoritairement provençaux et catalans, en raison de l’engagement préférentiel des Famagoustains «de souche» dans la marine royale. Une quittance de 1301 souligne la brièveté de ce type de contrats passés le temps d’un voyage ou d’une expédition, arrêtée en l’occurrence à huit semaines. Le dépositaire de la fidéjussion devait attendre la présentation d’une lettre de leur chef de mission ou capitaine pourpouvoir restituer aux marins la somme gagée, sous peine d’une amende double. Le service du Temple était devenu à cette époque une affaire aussi lucrative que complexe sur le plan juridique .