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Jacques de Molay dernier maitre de l'Ordre du Temple

         



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L'Ordre du Temple de l'an 1118 était composé de moines soldats Catholiques au service du Pape et sous son commandement suprême, et cet ordre est resté Catholique jusqu'a sa dissolution par le Pape Clément V le 22 mars 1312. Les Templiers furent victimes d'une machination ourdie par le roi Philippe le bel, et le Pape fut impuissant à les sauver.
A partir de 1804, encouragé par Napoléon Bonaparte, le Templarisme fut remis au goût du jour. Malheureusement très vite, des thèses fumeuses apparurent dans ce monde très fermé.
A partir des années 1950 avec le néo-Templarisme ces thèses se sont transformées en dérives ésotériques délirantes ( Prieuré de Sion, Da Vinci Code, Marie-Magdala, les Mérovingiens, etc ).


Un grand maitre dépassé par les événements.

Naissance et adolescence

L'absence d'archives ne permet pas à ce jour de fixer exactement son lieux et sa date de naissance. Néanmoins, les minutes du procès conservées dans les archives des royaumes européens et au Vatican, nous autorisent à estimer que Jacques de Molay est né vers 1245 en Haute Saône, dans le Comté de Bourgogne, à l'époque toujours vassal du saint Empire Germanique.
Cette absence d'information sur sa naissance nous oblige à penser qu'il n'était pas noble, sinon son histoire aurait été consignée dans les registres provinciaux. Comme il est reçu dans l'Ordre après 1250 il se peut fort bien qu'il soit de basse extraction, en effet après l'an 1250 la noblesse Française a cessé d'intégrer l'Ordre jugeant la cause Orientale vouée à l'échec. En 1265 et après, les recrues de l'Ordre venaient des familles d'artisans de commerçants de censiers.

Une présence dans l'Ordre très discrète

En 1265, il est reçu dans l'Ordre a Beaune par Humbert de Pairaud, visiteur de France et d'Angleterre et par Amaury de la Roche, maître de France.
Nul ne sait ce qu'il fait et ou il est entre 1265 et 1292, nous relevons une seule indication pour l'année 1270 qui atteste sa présence en orient. Il n'est pas à Saint d'âcre en 1291 quand le grand maître Guillaume de Beaujeu y trouve la mort en défendant la ville le 18 mai 1291. Nous le savons avec certitude car les musulmans ont consigné par écrit cette bataille en mentionnant l'extermination de tous les Templiers, Hospitaliers, Teutons présents dans la ville.
Le 19 mai 1291 lors de la chute d’Acre qui sonne la fin des Etats latins d’Orient, nul ne sait ou Jacques de Molay se trouve. Le 12 aout 1291 Les Templiers évacuent leur forteresse de Château-Pèlerin pour se replier sur l’île de Chypre dans un premier temps puis pour rentrer en France dans un second temps. Durant cette année 1291 nul ne sait ce qu'il a fait et ou il se trouvait.
Pour certains frères Jacques de Molay était un lâche qui s'était enfui de Saint Jean d'âcre avec Thibaud Gaudin avant l'assaut final des Musulmans soit disant pour quérir des renforts.
Pour d'autres il se trouvait parmi les survivants d'Acre le 18 mai 1291 qui réussirent à s'échapper avec Thibaud Gaudin à Chypre, mais nous savons aujourd'hui que cette thèse est fausse car tous les croisés furent exécutés lors de cette bataille ( sources musulmanes écrites notifiant l'extermination de tous les croisés ).
Toujours est-il que nous retrouvons sa trace fin 1291 car il participe à un chapitre qui se tient à Chypre à l'automne 1291. Le 16 avril 1292 suite à la mort de Thibaud Gaudin, il faut donner un nouveau grand maitre à l'Ordre, et, pour ce faire, les templiers organisent un chapitre général à Montpellier en mai 1292. C'est lors de ce chapitre qu'il est élu grand maitre, car il ne devait plus rester beaucoup de templiers d'Orient à cette date qui pouvaient justifier de plus de vingt années passées à servr le temple. Dès son élection, Jacques de Molay pare au plus pressé, il met en place un gouvernement et s'occupe de la défense de l'île de Chypre et du Royaume de l'Arménie Cilicienne, dernières possessions Franques en Orient.
Cette année 1291 ou les Chrétiens furent définitivement chassés d'orient, jette la suspiscion sur les activités de Jacques de Molay en orient, et, le roi de France ne manquera pas plus tard d'exhumer cette année trouble pour accuser le grand maitre de trahison. En France dès 1292 il est accusé de désertion au combat par les hommes de Philippe le Bel qui commencent à instruire son dossier à charge.

Aucun faits d'armes au proche orient

Les historiens relèvent que vers 1270 il arrive en Orient, mais chose extraordinaire, ils ne trouvent aucune trace de ses faits d'armes entre 1270 et 1292 dans les archives du temple ( Bibliothèque nationale ou Vatican ). Pour un Templier oeuvrant pendant 22 années en terre sainte c'est un cas unique ! Nous sommes face à un vide historique de 22 ans comme s'il n'avait jamais existé, puis en 1292 une apparition magique pour se faire élire grand maitre au chapitre de Montpellier !
Au printemps 1293, il entreprend un long voyage en Europe, où il règle différents problèmes dans les domaines de l'Ordre, mais surtout, il implore l'aide des princes occidentaux et de l'Eglise pour la défense des derniers Etats Chrétiens. Au cours de ce voyage, il noue d'étroites relations avec plusieurs monarques, dont Edouard 1er d'Angleterre, Jacques II d'Aragon et le pape Boniface VIII. Il rentre à Chypre en automne 1296 pour y régler des litiges avec le roi Henri II.
Il est clair qu'à cette époque il n'a pas compris que les roues de l'histoire avaient tourné, il n'a pas compris que les seigneurs occidentaux ne veulent plus investir le moindre denier pour reprendre les états latins d'orient, il n'a pas compris que les seigneurs occidentaux ont d'autres priorités que celle de défendre la Chrétienté en Orient. A cette époque il apparait clairement comme un homme dépassé qui ne comprend pas les enjeux politiques du moment, il sera le jouet du Pape et des rois qui feignent de l'écouter. Il travaille en toute franchise avec des interlocuteurs d'une fourberie extrème. Ce grand maitre élu si l'on peut dire "par défaut faute de prétendants dignes de la fonction", fera le malheur du Temple malgré lui. Il ne comprendra pas les messages envoyés par le roi de France et le pape, à cause de ses carences en tous genres il ne se rendra même pas compte que le Pape était impuissant à honorer sa parole envers le Temple, le Pape n'était rien et les monarques ne se souciaient plus d'être excommuniés !
Avec le recul, son refus de regarder la réalité en face de l'année 1292 à l'année 1305, son acharnement à vouloir organiser une nouvelle croisade que plus personne ne désirait, est pathétique voire pathologique !
En 1298, il monte une expédition en Arménie Cilicienne après la chute de Roche-Guillaume, la dernière place forte du royaume. Le Khan de Perse battra les Mamelouks à Homs en décembre 1299, mais les chrétiens ne parviendront même pas à profiter de cette victoire de Ghâzân. Pendant deux années il ménera des tractations avec les Mongols afin de préparer une nouvelle croisade contre les Musulmans. En 1300, il entreprend de fortifier l'îlot de Rouad situé en face de Tortose pour en faire une base maritime en vue d'opérations combinées avec les mongols. Mais les mongols, trop occupés par leurs guerres tribales, ne pourront jamais s'allier avec les chrétiens contre les musulmans. En septembre 1302, les derniers Templiers de Rouad sont massacrés par les mamelouks égyptiens. Jacques de Molay abandonne alors sa stratégie d'alliance mongole qui se révèle être un fiasco.
En 1305, avec l'élection du nouveau pape Clément V, Jacques de Molay comprend enfin que sa tâche se complique car le nouveau Pape est une créature du roi de France. A cette époque la réputation de l'Ordre du temple est considérablement ternie par une campagne abjecte de calomnie orchestrée par les hommes du roi et relayée par le clergé français, qui dure depuis cinq années.
Paniqué et pour faire diversion, le grand maitre sollicite l'avis des Maîtres des Ordres religieux pour la préparation d'une nouvelle croisade.
Le roi siffle alors la fin de la récréation, et remet sur le tapis son projet d'unification des Ordres Militaires dont la direction serait confiée à l'un de ses fils. Jacques de Molay reste totalement hostile à ce projet et rédige un mémoire censé ridiculiser l'idée d'une telle fusion. Le 6 juin 1306, Clément V convoque officiellement les grands maitres à Poitiers, mais à cause de son état de santé repousse l'entrevue avec Jacques de Molay en mai 1307. Comme il l'avait déjà mentionné au Pape auparavant, Jacques de Molay refuse catégoriquement ce projet de fusion des Ordres, il n'a pas compris que les roues de l'histoire avaient tourné. Cette décision aura de lourdes conséquences pour l'avenir de l'Ordre du Temple, car ce projet royal était la dernière porte de sortie offerte par le roi de France à l'Ordre du Temple.
A dater de ce jour, et devant l'obstination de Jacques de Molay le Roi de France enclenche la dernière partie de son plan, il demande à nouveau au Pape Clément V de condamner la mémoire de Boniface VIII. Pourquoi s'en prendre à Boniface VIII ? c'est simple, ce pape décédé à protégé efficacement l'Ordre du Temple et il a de plus contrecarré systèmatiquement toutes les provocations de Philippe le Bel. Alors pour le roi de France ce sera donnant donnant il abandonnera son projet de faire condamner ce pape Boniface VIII à titre posthume si Clément V lui abandonne l'Ordre du Temple, ce marchandage est très simple à comprendre.
Pendant ce temps lors de ses voyages, Jacques de Molay découvre avec stupeur que les rumeurs calomnieuses au sujet des Templiers s'amplifient.
Philippe le Bel et ses conseillers sont prêts pour le dernier acte de la mise à mort du Temple. Le 24 juin, Jacques de Molay est à Paris où il rencontre Philippe le Bel pour discuter des accusations portées contre l'Ordre. Il rentre à Poitiers, rassuré par la discussion avec Philippe le Bel, mais demande au pape de dilligenter une enquête pour laver l'Ordre de tout soupçon. Le 24 Août, Clément V annonce à Jacques de Molay qu'une commission d'enquête est mise en place. Philippe le Bel veut précipiter les choses pour éviter que l'affaire ne reste du seul ressort du pape. Le 14 septembre, aidé par Nogaret, il fait transmettre en grand secret à tous ses baillis et sénéchaux un ordre d'arrestation pour tous les Templiers du Royaume et la mise sous séquestre de tous leurs biens.
Le 12 Octobre 1307 Jacques de Molay qui ne se doute de rien assiste à Paris aux côtés du roi Philippe le Bel, aux obséques de Catherine de Courtenay épouse de Charles de Valois, Hugues de Payraud est resté lui aux côtés du pape pour travailler sur le dossier du Temple. Le soir même Jacques de Molay rassuré par l'attitude du roi lors de cette cérémonie, réunira tous les Templiers de Paris au Temple pour dédramatiser la situation : funeste erreur !

Arrestation des templiers en France

Cette opération de grande envergure débute le 13 octobre 1307 à l'aube. Tous les Templiers du royaume de France sont arrétés. Dans certaines maisons, les Templiers sont massacrés par traîtrise, car les gens d'armes royaux craignent de devoir affronter ces guerriers redoutables en combat loyal. Jacques de Molay est arrété dans la maison cheftaine de l'Ordre, à Paris. Contre toute attente, lors du premier interrogatoire de Jacques de Molay le 24 octobre, il avoue certains faits et crédite ainsi en partie la thèse royale contre l'Ordre. En décembre 1307, Clément V envoie des cardinaux à Paris pour interroger le Maître de l'Ordre. Devant ceux-ci, Jacques de Molay revient sur ses aveux. S'engage alors un bras de fer entre Philippe le Bel et Clément V qui se conclut en août 1308 par un compromis entre les deux parties concrétisé par la bulle "Faciens Misericordiam". Par cette bulle, le pape se réserve le droit de juger les dignitaires de l'Ordre. Transféré à Chinon avec plusieurs autres dignitaires de l'Ordre, comme Geoffroy de Charney, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Gonneville, Jacques de Molay est a nouveau interrogé par des agents royaux. Au cours de cet interrogatoire, il reviendra à ses aveux faits en octobre 1307, nul doute que la torture y fut pour beaucoup dans ce nouveau revirement. Pendant plus d'une année, la commission pontificale se met en place et commence ses audiences. Jacques de Molay y sera entendu deux fois vers la fin novembre 1309. A cette occasion, il change de stratégie de défense et veut garder le silence pour ne s'en remettre qu'au jugement du Pape, se raccrochant au contenu de la bulle "Faciens Misericordiam".


Exécution des templiers et dissolution de l'Ordre

Entre les années 1307 et 1310 les interrogatoires des Templiers ( sous la torture ) font apparaitre que si certains templiers reconnaissent les faits que le roi leur impute, d'autres ne reconnaissent rien, et les bûchers seront l'attraction populaire la plus en vogue en France pendant ces troisn années ! En 1310, plusieurs dizaines de Templiers veulent se présenter devant la commission pontificale pour témoigner en faveur de l'Ordre et ainsi mettre à mal tout l'acte d'accusation. Ce mouvement de protestation est brisé net par la condamnation au bûcher de 54 Templiers jugés comme relaps par Philippe de Marigny le 10 mai 1310. De plus, les meneurs de ce mouvement de protestation disparaissent des geoles de Philippe le Bel sans laisser de traces.
Le 22 mars 1312, Clément V annonce officiellement l'abolition de l'Ordre du Temple lors du Concile de Vienne. Malgré sa volonté et ses demandes insistantes auprès de ses geoliers, Jacques de Molay continue de croupir en prison sans pouvoir être reçu par le Pape. Ce dernier consent néanmoins à envoyer 3 cardinaux à Paris en décembre 1313 pour statuer sur le sort des dignitaires. Arrivés à Paris en mars 1314, le verdict des trois cardinaux est sans appel, les dignitaires de l'Ordre sont condamnés à la prison à vie.
Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay s'insurgent avec véhémence contre ce verdict, comprenant qu'ils ont été joués depuis le début par un Pape qui ne voulait pas entrer en conflit avec Philippe le Bel. Ils révoquent tous les deux les aveux faits et proclament l'Ordre innocent de toute accusation portée contre lui, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont aussitôt reconnus comme relaps et livrés par les cardinaux au bras séculier.
Un bûcher est installé immédiatement sur l'île de la cité à proximité de Notre Dame. Au soir du 11 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont livrés aux flammes, et sur ce bûcher, Jacques de Molay lancera sa malédiction : "Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! soyez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !" La malédiction du grand-maître allait s'avérer :
Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement.

Philippe le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral et ses trois fils mourront dans les 12 années suivantes sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée directe des Capétiens.

Oui, certains Templiers ont réussi à fuir

Si Philippe le Bel a attendu si longtemps ( de 1307 à 1314 ) pour se débarrasser des dignitaires de l'Ordre c'est qu'il avait une raison, et cette raison est la suivante :
N'ayant pas trouvé le trésor du Temple ni ses archives il a essayé d'obtenir pendant tout ce temps des informations à ce sujet. Au terme de sept années d'interrogatiores musclés le roi de France dut se rendre à l'évidence que l'objet de sa convoitise s'était volatilisé avant l'arrestation en 1307, il n'apprendrait rien de plus et il décida de mettre un terme au procès du Temple en 1314.
L'historien Alain Demurger spécialiste des Templiers ( pour ne citer que lui ) affirme après des dizaines d'années d'études sérieuses, que nombre de dignitaires de l'Ordre se sont enfui début Octobre avec des bataillons de chevaliers. Dans un de ses ouvrages intitulé "La persécution des templiers" paru en 2015, il revient en détail sur la fuite des templiers de la page 09 à la page 40 de son livre. Puis de la page 41 à la page 58 il dresse une liste non exhaustive des fuyards d'ou il ressort que Gérard de Villiers et Hugues de Chalon se sont enfuis avec des bataillons de Templiers et leurs archives et trésors. L'hypothèse la plus crédible reste à ce jour une fuite scindée en deux parties l'une en direction de l'Ecosse ou les Templiers reconnaissant se battront plus tard aux côtés de Robert le Bruce contre le roi d'Angleterre, et l'autre pour le Portugal.
Sources :
Archives du Vatican - interrogatoires menés par les notaires du Pape en 1308
Bibliothèque Nationale de France - Liste des Templiers fugitifs




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