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Templiers - Commanderie Geoffroy de Saint-Omer

         



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Les Templiers de l'an 1118 étaient des moines soldats Catholiques au service du Pape et sous son commandement suprême, et cet ordre est resté Catholique jusqu'a sa dissolution par le Pape Clément V le 22 mars 1312. Les Templiers furent victimes d'une machination ourdie par le roi Philippe le bel, et le Pape fut impuissant à les sauver.
A partir de 1804, dans le monde très fermé du Templarisme, des thèses fumeuses ont vu le jour concernant l'histoire des Templiers. Avec le renouveau Templariste des années 1950 ces thèses se sont transformées en dérives ésotériques délirantes ( Prieuré de Sion, Da Vinci Code, etc ... ). En naviguant sur notre site, vous connaitrez mieux les Templiers d'hier et ceux d'aujourd'hui.


Légende des neufs créateurs de l'Ordre

Dans l'immense majorité des Ordres initiatiques modernes, il est fait référence aux neuf créateurs de l'Ordre ( Geoffroy de Saint-Omer, Hugues des Païens, Robert de Craon, Archambault de Saint-Amand, André de Montbard, Hugues Rigaud , Payen de Montdidier, Bernard Rolland, Geoffroy de Bossoit ), et pour cette raison un chandelier à neuf branches est utilisé lors de leurs rituels .
Heureusement que les fondateurs n'étaient pas huit ou dix car pour le coup l'usage du "chandelier à neuf branches : hanoukkia " n'eut pas été possible !


Factuellement concernant les créateurs de l'Ordre

Plus sérieusement, ce conte des neuf créateurs de l’Ordre ne repose sur rien de factuel, il appartient au folklore du début du XIX ème siècle, époque bénie du Templarisme .
Plus bas nous passerons rapidement en revue la biographie des 7 chevaliers soit disant co-fondateurs de l’Ordre, et vous verrez, les faits sont têtus . Prenons par exemple Robert de Craon, ce dernier est parti pour Jérusalem après la mort de son épouse Richéze en fin d'année 1130, il a donc intégré en 1131 un Ordre existant depuis de nombreuses années ! Les autres chevaliers ont eux aussi intégré l'Ordre bien après sa création en 1118 par Hugues des Païens et Geoffroy de Saint-Omer. Cette légende a la vie dure, mais factuellement, si l'on se réfère aux récits des premiers narrateurs de la grande croisade (Foucher de Chartres, Guillaume de Tyr , Ernoul, Chrétien de Troyes, Michel le Syrien, etc ...) il n'y a que deux noms cités concernant la création de la milice, deux noms à l'exception de tout autre. De plus, il fixe la reconnaissance officielle de l’Ordre par les autorités des Etats Latins entre 1116 et 1118. Il convient encore de noter que cette milice des pauvres chevaliers du Christ fut mise en place à la demande du roi Baudouin 1er par Geoffroy de Saint-Omer dès l’année 1104, pour faire face à un besoin évident de sécurité dans les états nouvellement créés.
Ainsi donc, de l’année 1104 à l’année 1116, Geoffroy de Saint-Omer et beaucoup de ses compagnons Flamands organiseront la défense des états latins en créant d’innombrables bataillons de croisés afin d’y garantir la sécurité des Chrétiens. Pendant douze années Geoffroy recrutera les croisés les plus pieux et les plus courageux afin de mener à bien la mission que le roi Baudouin 1er lui avait confié. Tous ces bataillons seront placés sous le commandement de Geoffroy de Saint-Omer. Foucher de Chartres tenait un journal pour y consigner tous les faits marquants qui se déroulèrent entre le départ de la croisade en 1096 et la prise de Jérusalem en 1099. Il décida de rester à Jérusalem et il continua à tenir un autre journal de l’année 1100 à celle de sa mort en 1127. C’est grâce à lui que nous connaissons l’histoire de cette aventure extraordinaire et c’est encore grâce à lui que nous savons que d’autres grands chevaliers viendront après 1124 grossir les rangs de cet Ordre très imposant. Pour résumer, et d’après les récits de Foucher de Chartres qui participa à la grande croisade en qualité de Chapelain de Baudouin de Boulogne ( futur roi de Jérusalem ) Les deux chevaliers fondateurs sont donc :
Geoffroy de Saint-Omer
Hugues des Païens
Et la reconnaissance officielle de la milice se situe entre 1116 et 1118.


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Cette mise au point faite, voilà les noms de sept chevaliers ( parmi d'autres ) qui rejoignirent l'Ordre existant après 1125, voire pour certains après 1135 . Ces 7 chevaliers que tous les Ordres initiatiques modernes présentent à tort comme les fondateurs du Temple n’ont fait que rejoindre un Ordre existant. Ces 7 chevaliers qui n’en ont pas moins de mérite pour autant sont :
Robert de Craon : Né sans doute à la fin du XI ème siècle d'origine angevine, c'est le fils de Renaud de Craon, et le cadet de trois frères. La légende veut qu'il s'installe en Aquitaine et se fiance à la fille d'un seigneur de l'Angoumois. A la suite d'une déception amoureuse, il quitte l'Occident en 1125 et part en Terre sainte. Il y devient rapidement Templier. Factuellement, Robert fut non-seulement fiancé, mais marié légitimement avec Richeze, soeur unique de Saint Anselme, Archevêque de Cantorbéry. Il eut de son épouse plusieurs enfants, qui moururent tous en bas âge, et dont il ne lui resta que l'aîné, nommé Anselme, qu'il consacra au service des saints autels dans l'Eglise de Cantorbéry, et dont l'Archevêque prit un soin particulier. Le jeune Anselme, devenu religieux, fut fait Abbé de Saint-Edme, et demeura assez longtemps en Angleterre. Il fit le voyage de Rome, et fut très-considéré du Pape Pascal, qui le fit Abbé de Saint-Sabbas, et lui conféra l'Evêché de Londres. Il a mérité, par ses écrits, d'être compté au nombre des Auteurs ecclésiastiques. Les deux époux, dociles aux instructions réitérées du saint Archevêque, pratiquaient toutes sortes de bonnes oeuvres, puis vint le temps pour Robert de faire le pèlerinage vers la Terre-Sainte. Il s'en ouvrit au saint Prélat, qui lui répondit en ces termes: « S'il est vrai que vous ayez conçu le dessein de faire le voyage de Jérusalem pour l'honneur de Dieu et le salut de votre âme, et que vous n'ayez pas voulu vous mettre en route sans m'avoir consulté ainsi que votre fils Anselme, je loue vos dispositions, et vous conseille de ne pas traîner après vous le fardeau de vos péchés, mais de vous affermir dans la résolution de vivre en bon Chrétien, conformément aux obligations de votre état : commencez par une bonne confession de toute votre vie, et que votre absence n'occasionne aucun tort à votre épouse, dont le caractère bienfaisant vous est mieux connu qu'à personne , faites en sorte de ne pas l'abandonner sans secours ni conseils, et que, si la Providence vient à disposer de vous, elle ne soit pas obligée de sortir de votre maison contre son gré, mais qu'il lui soit libre d'y servir Dieu tant qu'elle vivra, et d'y prier pour votre conservation et le salut de votre âme. Mettez donc ordre à vos affaires, comme s'il s'agissait de paraître à ce moment devant Dieu. Quant à ma bénédiction que vous demandez, je prie le Seigneur de vous accorder luimême la sienne, de vous combler de ses grâces, et de vous seconder dans toutes vos entreprises. » Ce ne fut donc qu'après avoir bien consulté, et non par dépit , que Robert de Craon partit en pèlerinage en Terre-Sainte en 1107, avant la mort de Saint Anselme . Le pèlerinage effectué il revint en France en 1108, puis ce ne fut que début 1131, après la mort de Richéze son épouse (Décembre 1130), que Robert repartit en Terre Sainte et prononça ses voeux pour être Templier .
Archambault de Saint-Amand : Tout le monde confond Eudes et Archambault dont nous ne savons strictement rien . Son nom est mentionné pour la première fois comme appartenant au Temple dans les minutes du concile de Troyes en 1129. C'est donc de EUDES qu'il s'agit quand on le prétend originaire d'une famille noble du Limousin mais est arrivé sans doute assez jeune en Palestine car lorsqu'il parvient à la tête des Templiers il a déjà derrière lui une carrière militaire bien remplie puisqu'il a occupé la charge de maréchal du royaume et de vicomte de Jérusalem. Il devient Templier à une date inconnue et succède à l'éphémère Philippe de Milly à la tête de l'Ordre du Temple vers 1171. Il est réputé pour sa sagacité et son courage mais est décrit ainsi par le chroniqueur (et évêque) Guillaume de Tyr : « Homme méchant, superbe, arrogant, ne respirant que la fureur, sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes... Il mourut de misère, sans emporter les regrets de personne. »
André de Montbard : André de Montbard nait en 1103 au château de Montbard en Bourgogne. Fils du premier comte de Montbard, Bernard Ier (1040-1103), et de Humberge de Roucy. Il a cinq frères, dont l'ainé Raynard de Montbard, et une soeur : sainte Alèthe de Montbard (mère de saint Bernard de Clairvaux). Fin 1124 Geoffroy de Saint-Omer et un autre chevalier (qui pourrait être André de Montbard), porte une lettre de Baudouin II de Jérusalem pour Bernard de Clairvaux dans laquelle il lui demande de l'aide afin d'obtenir une confirmation apostolique de l'ordre et une règle de vie précise pour ses membres. Il n’est pas cité au concile de Troyes en 1129, son nom est cité pour la première fois en 1135 dans les récits concernant la vie du Temple, et il devient sénéchal de l'Ordre , attesté de 1148 à 1151, et seconde le quatrième maître de l'Ordre Bernard de Tramelay jusqu'au décès de ce dernier. Après la disparition du maître de l'ordre durant le siège d'Ascalon de 1153, il accepte à l'âge de 51 ans, de devenir le cinquième maître de l'Ordre. Il empêche ainsi l’élection de Guillaume II de Chanaleilles qui, en tant que favori du roi Louis VII de France, aurait permis à ce dernier de contrôler l'Ordre. La date de son élection est incertaine mais intervient sans doute à la fin de 1154 bien que la première mention de sa nouvelle fonction soit datée du 27 mai 1155 dans un acte du roi Baudouin III de Jérusalem. Selon les sources, on trouve deux dates concernant sa mort. Le 17 janvier 1156 d'après le martyrologe de Reims. Le 17 octobre 1156, selon Laurent Dailliez qui cite l'obituaire de Bonlieu. Après plus de 30 ans de service, il aurait abandonné sa charge de maître à son successeur Bertrand de Blanquefort, puis se serait retiré à l'abbaye de Clairvaux, fondée par son neveu sur des terres offertes par son frère Raynard de Montbard.
Hugues Rigaud : Hugues de Rigaud rejoint l'Ordre du Temple bien après l'an 1131 . Les donations qu’ils font sont sans doute à l’origine de la création de la maison du Temple de Rigaud, mentionnée pour la première fois en 1269. La maison de Rigaud décrite dans l’inventaire du 24 janvier 1308 lors de l'arrestation des Templiers : "était des plus modestes et on l’avait recouverte d’un simple toit de planches". On y distinguait deux pièces au rez-de-chaussée, la cuisine et la chambre et deux pièces au sous-sol, l’étable et le cellier et une cour dite "aula". La cuisine comporte : 1 table, 2 bancs, 1 pétrin, 1 étagère pour les écuelles, 3 chaises, 3 candélabres de bois, 1 paire de chenets, 1 crémaillère, 1 hache, 1 dame-jeanne, 1 broc, 2 petits pots d’airain (de aranno), 1 poêle, 1 chaudron de cuivre, 1 écuelle en bois, 7 jattes (...) 2 cuillères de bois, 8 petites cuillères, 1 mortier de pierre, 3 pilons de bois... dans la cour : une tonnelle, une corbeille , un banc, un escabeau, une pelle... La chambre comprend : 2 lits, deux paillasses (dont une seule garnie), trois couvertures, 1 édredon, trois coussins de plume et trois draps. Ces deux pièces n’avaient pas, d’ailleurs, la destination exclusive qu’on serait tenté de leur donner. Elles étaient de véritables greniers à provisions. L'activité de cette maison consiste à recueillir par voie de mutations (donations , legs, ventes, etc...) le plus grand nombre possible de biens meubles et immeubles. L’Ordre possède une part de seigneurie assez importante. Celle-ci comptait 101 tenures et recueillait 93 services. Les Templiers dans les Alpes-Maritimes n’ont pas le moindre rôle militaire, ils n’ont même pas les moyens de se défendre. A Rigaud, l’inventaire mentionne seulement un casque, un bouclier et une baliste (machine de guerre servant à lancer des projectiles, des traits). La fin de la maison de Rigaud et des Templiers est organisée par le Comte de Provence. L’ordre d’arrestation des frères du Temple édicté le 13 janvier 1308 , parvint quelques jours plus tard à l’officier de la cour de Puget-Théniers sous un pli rigoureusement cacheté et accompagné d’une lettre prescrivant à son destinataire de n’en prendre connaissance que le 24 janvier à l’aube. "Rendezvous immédiatement dans les maisons du temple de votre viguerie, emparezvous des membres de l’Ordre que vous trouverez, saisissez tous les biens dépendant de ces maisons et confiez-en la gestion, provisoirement, à des personnes sûres." Bertrand "Magnan", baile, Rostand Giraud, juge, Pierre Colombier, sous-clavaire, Hugues Raymond, notaire et quatre sergents de la cour de Puget-Théniers se transportèrent de leur côté à la maison de Rigaud. Ils la trouvèrent livrée à elle-même. Le neveu du Templier absent, Guillaume Michel de Rochetis assista, comme témoin, à l’inventaire des biens de cette maison. Les administrateurs provisoires des biens du Temple furent choisis parmi les gens les plus honorables des localités même où se trouvaient ces biens. Ce furent Raymond Brun et Guillaume Constantin. Le domaine ainsi confisqué passa aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem résidant à La Croix .
Païen de Montdidier : Païen de Montdidier connu dans certains actes sous le nom de Nivard. Homme d'action de l'Ordre naissant, il exerça dans la province de Champagne une influence importante. II en fit une terre privilégiée pour le recrutement. Selon les biographes, certains le prétendent originaire de Champagne, et d'autres d'Italie. Païen, sera l’un des premiers chevaliers rejoindre Le Temple après 1125 .
Bernard Rolland : Originaire du Marquisat de Provence, non cité au concile de Troyes en 1129, il intègre l’Ordre vers 1135 et, il est désigné pour faire connaître l’Ordre du Temple dans le sud de la France. Ayant reçu de nombreuses donations, il fonde en 1136 une des plus grandes commanderies à Richerenches .
Geoffroy de Bossoit : Homme de Baudoin IV, comte de Hainaut en Belgique actuelle, il laisse ses territoires de Frameries à l’Ordre du Temple et défend vaillamment la Terre Sainte. Non cité au concile de Troyes en 1129, il intègre l’Ordre après 1135 .



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