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Liste exhaustive des Papes

Élus au 1 er siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
001 Saint Pierre 33 – 64/67 Bethsaïde Saint Pierre Simon ou Simon Bar-Jona (ou Barjona, le révolutionnaire en araméen ou « fils de Jonas » selon la tradition chrétienne), aussi appelé Kephas (« le roc » en araméen) ou Simon-Pierre, né vraisemblablement au tournant du ier siècle av. J.-C. et mort — selon la tradition — vers 64-70 à Rome, est un Juif de Galilée ou de Gaulanitide, connu pour être l'un des disciples de Jésus de Nazareth. Il est répertorié parmi les apôtres au sein desquels il semble avoir tenu une position privilégiée du vivant de Jésus avant de devenir, après la mort de ce dernier, l’un des dirigeants majeurs des premières communautés paléochrétiennes. La tradition chrétienne en fait le premier évêque de Rome et l'église catholique romaine revendique sa succession apostolique pour affirmer une primauté pontificale que lui contestent les autres confessions au sein de la chrétienté et dont l'actuel pape est le représentant1. Son personnage a suscité un grand nombre d'œuvres artistiques, en particulier dans l'Occident latin. Considéré comme saint par les Églises catholiques et orthodoxes, il est célébré sous le nom de saint Pierre.
La tradition de l'Église catholique attribue à Pierre la direction de l'Église d'Antioche. Premier évêque de cette ville, une fête de « la chaire de saint Pierre à Antioche » est célébrée le 22 février depuis le IVsiècle. Il serait resté sept ans à Antioche. Fuyant la persécution, Pierre semble avoir gagné Antioche dès le printemps 43 (au plus tard). Selon André Méhat, il se serait ensuite réfugié à Rome, où il espérait n'être pas poursuivi. Mais vers 45, l'empereur Claude (41-54) expulse les juifs de Rome (Ac 18,2). Comme Priscille et Aquila, Pierre se rend alors en Achaïe, et il a l'occasion de visiter Corinthe (1 Co 1,12). En 48 ou 49, il est à Jérusalem. Là, lors des réunions qui seront par la suite appelée « Concile de Jérusalem », il propose la solution qui est adoptée par Jacques le Juste en conclusion de l'assemblée, sur les obligations que doivent suivre les chrétiens venant du polythéisme. Il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes de la Torah en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang. À la mort de Claude, Pierre est de retour à Rome, au début du règne de Néron (54-68). Il est à Rome lorsque Paul rédige l'Épître aux Romains, mais toujours dans un statut de clandestinité, ce qui pourrait expliquer à la fois que Paul adresse son épître aux chrétiens de Rome, mais qu'il n'y fasse pas mention du disciple. Cette chronologie est hypothétique, mais elle correspond cependant à la tradition du Liber Pontificalis (rédigé en 530, ce catalogue chronologique de tous les papes repose sur des données légendaires sans que cela ne diminue l’intérêt de ce document comme source historique), selon lequel Pierre est demeuré à Antioche pendant sept ans, et s'est fixé à Rome sous le règne de Néron. Dans la littérature clémentine, Pierre est décrit comme un prédicateur itinérant dans les villes de la province romaine de Syrie. Il remporte de nombreux succès contre la prédication de Simon le Mage et initie au cours de ses déplacements Clément qui l'accompagne. Il le nomme par la suite évêque de Rome où il se rend et gagne un affrontement contre Simon le Mage. La légende raconte que ce dernier a tenté de voler pour impressionner l'empereur Néron et que par la prière, Pierre est parvenu à le faire tomber. De nombreux lieux à Rome gardent des traces, souvent légendaires, du séjour de l'apôtre : église Domine Quo Vadis, basilique di Santa Francesca Romana, église Santi Nereo e Achilleo, tempietto dans l'église San Pietro in Montorio (autre lieu traditionnel de son martyre), Tullianum (lieu de son emprisonnement), basilique Saint-Pierre-aux-Liens. Ces lieux sont issus de traditions orales ou des récits légendaires regorgeant de prodiges fabuleux (miracles et guérisons de Pierre), tels les apocryphes Actes de Pierre, les Actes de Pierre et Paul (en), la Passion de Pierre.
002 Saint Lin 64/67 – 76/79 Tuscie Saint Lin Selon la tradition catholique, Lin (en latin Linus) est le 2e évêque de Rome, successeur de Pierre. Il est né vers l'an 13 apr. J.-C. à Volterra, en Étrurie, dans l'actuelle Toscane, et son père s'appelait dit-on Herculanus. On fixe les dates de son pontificat de 67 à 76, mais aucune donnée précise ne peut corroborer celles-ci. Si l'on en croit Irénée de Lyon, il aurait reçu des apôtres eux-mêmes la charge d'évêque, après avoir secondé Pierre. Il aurait subi le martyre le 23 septembre 78 mais seuls des documents postérieurs à 354 l'affirment, précisant même qu'il aurait été enseveli aux côtés de Pierre. Considéré comme saint par l'Église catholique romaine et par l'Église orthodoxe, il est fêté le 23 septembre.
Sur sa vie, on sait peu de choses certaines. Le Liber Pontificalis assure qu'il était originaire de la Tuscia, et que le nom de son père était Herculanus, mais il n'est pas possible de vérifier d'où il tire cette affirmation selon Johann Heinrich Zedler, il était originaire de Volterra. Dans cette ville de Toscane, en 1480, une église fut édifiée sur le lieu où l'on croyait que s'était élevée jadis sa maison. Venu à Rome pour ses études, il se convertit rapidement au christianisme ; après trois ans, il est ordonné prêtre par l'apôtre Pierre en l'an 44 apr. J.-C. Dans la ville il fit la connaissance de saint Paul, qui semble faire allusion à lui dans sa deuxième épître à Timothée : « Eubule, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent. » À Rome il aurait remplacé saint Pierre quand ce dernier était absent de la ville. Selon le Liber Pontificalis, il semble que, « en conformité avec les dispositions de saint Pierre », Lin ait exigé des femmes qu'elles vinssent à l'église la tête couverte. Une telle prescription est sans aucun doute apocryphe, l'auteur du Liber Pontificalis l'a copiée de la première Lettre de Paul aux Corinthiens (11,5) en l'attribuant arbitrairement au premier successeur de l'Apôtre à Rome. Lin a introduit dans le canon de la messe la partie dite Communicantes et, comme symbole de l'autorité papale, il a ajouté aux vêtements liturgiques le pallium, une bande de laine blanche à croix noires. Au cours de son pontificat, il vit se succéder cinq empereurs : Néron, Galba, Othon, Vitellius et Vespasien. L'hérésiarque Ménandre perpétua l'hérésie de Simon le Magicien et celle des Ébionites, judéo-chrétiens qui pratiquaient l'observance de la loi de Moïse. L'événement le plus important fut certainement la fin de la guerre de Judée avec la destruction par les Romains du temple de Jérusalem. Le Liber Pontificalis soutient qu'il aurait été martyrisé par décapitation le 23 septembre 78, sur décret du consul Saturninus ; le fait, cependant, semble dénué de fondement, car nous n'avons aucune information faisant état de persécutions contre les chrétiens à ce moment-là. En outre, Irénée ne donne que Télésphore comme martyr parmi les premiers évêques romains à avoir été martyrisé. Quoi qu'il en soit, la fête liturgique de saint Lin est célébrée le 23 septembre.
L'appellation de Pape est anachronique et n'apparaît qu'au IIIe siècle. Toutes les anciennes listes des évêques de Rome qui nous sont parvenues grâce à Irénée de Lyon, Jules l'Africain, Hippolyte, Eusèbe de Césarée et le Catalogue libérien de 354, placent le nom de Lin immédiatement après celui de Pierre. Ces listes ont été faites a posteriori en se fondant sur une liste des évêques romains qui existait à l'époque du pape Éleuthère (approximativement entre 174 et 189). Selon Irénée, l'évêque de Rome est le Lin mentionné par Paul de Tarse, dans sa deuxième épître à Timothée (4:21). Un passage d'Irénée (Adversus haereses, III, III, 3) nous dit : « Après que les apôtres Pierre et Paul eurent fondé et organisé l'Église (à Rome), ils conférèrent à Lin l'exercice de la charge épiscopale. » Toutefois, on sait que la communauté de Rome existait avant l'arrivée de Paul et qu'il n'en est donc pas un des fondateurs. Dans le cycle pseudo-clémentin, Pierre désigne Clément de Rome comme évêque, ce qui n'exclut pas que Lin et Clément aient pu être évêque de deux communautés chrétiennes différentes, à la même époque. Cette identification du pape avec le Lin de saint Paul est débattue de nos jours, cependant qu'Eusèbe de Césarée déclare dans son Histoire Ecclésiastique (IVe siècle): "Après le martyre de Pierre et de Paul, Lin, le premier,obtint l'épiscopat de l'Eglise de Rome. En écrivant de Rome à Timothée, Paul fait mention de lui dans la salutation à la fin de l'épître (II Tim. 4, 21.)".
003 Saint Anaclet 76/79 – 88/92 Grèce Saint Anaclet Appelé aussi Clet.
Anaclet (en latin : Anacletus) ou Clet (Cletus) ou Anenclet est, selon la tradition catholique, le troisième évêque de Rome, et pour les orthodoxes, le troisième presbytre de l'Église de Rome. Il succède à Lin vers début octobre 79 et meurt vers 912.
Le nom même de ce dernier est sujet à caution : on ignore s'il se nommait Cletus, Anacletus ou Anencletus. On connaît de manière certaine l'existence d'un personnage nommé Anacletus, abrégé d'ordinaire en Cletus, qui mourut en martyr au cours de la persécution de Domitien sans doute entre 88 et 96. Eusèbe de Césarée, Irénée de Lyon4 et Augustin d'Hippone affirment qu'Anaclet et Clet ne furent qu'une seule et même personne. En revanche, le Catalogue libérien (354) et le Liber pontificalis distinguent deux personnes différentes, « dédoublement erroné ». Ce Liber pontificalis « lui [à Clet] attribue anachroniquement l'institution d'un collège presbytéral romain de vingt-cinq membres » : c'est le seul fait susceptible de lui être rattaché. Ce même Liber pontificalis « fait abusivement de Clet un martyr », il est considéré comme saint par l'Église catholique romaine et par l'Église orthodoxe. Il est fêté le 26 avril. Au ixe siècle, le pseudo-Isidore, auteur des Fausses décrétales, « forgea trois lettres qu'il mit sous le nom d'Anaclet. »
004 Saint Clément I 88/92 – 97 Rome Saint Clément I Saint Clément de Rome (en latin Clemens Romanus) est une personnalité du christianisme ancien issue du judaïsme hellénistique. Il est considéré, selon la tradition catholique, comme le premier des Pères apostoliques et le 4e évêque de Rome, à la fin du ier siècle, succédant à Anaclet. Il est surtout connu pour une lettre qu'il adressa à la communauté chrétienne de Corinthe, raison pour laquelle la tradition le range parmi les Pères apostoliques. Il est vénéré comme saint et martyr par nombre d'Églises chrétiennes dont l'Église catholique et il est liturgiquement commémoré le 23 novembre.
005 Saint Évariste 97 – 105/107 Bethléem Saint Évariste Dans les catalogues pontificaux du deuxième siècle utilisés par Irénée et Hippolyte, Évariste apparaît comme le 5e évêque de Rome1, successeur de Clément Ier. Le Catalogue libérien lui donne comme nom Aristus. Les dates exactes de son épiscopat ne sont pas connues (entre 97/99-v. 107). On ne sait pas grand-chose non plus de sa vie car les sources historiques les plus anciennes ne nous donnent sur lui rien d'authentique : selon la tradition catholique, il serait originaire d'Antioche et aurait eu un père juif. On lui attribue la division du diocèse de Rome en paroisses, mais cette réorganisation de l'Église de Rome lui est en réalité postérieure de 150 ans. Plus digne de foi est l'affirmation du Liber Pontificalis selon laquelle il a été enterré au Vatican, près du tombeau de saint Pierre. Il aurait ordonné que les mariages fussent rendus publics. Les deux décrétales que lui a attribuées le Pseudo-Isidore, l'une adressée aux évêques d'Afrique, l'autre à ceux d'Égypte, sont des faux. Il aurait subi le martyre sous Trajan mais ce fait n'est pas historiquement prouvé. Considéré comme Saint, sa fête a été fixée au 26 octobre, ou le 27 octobre pour l'Église catholique.

Élus au 2 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
006 Saint Alexandre I 105/107 – 115/116 Rome Saint Alexandre I Alexandre Ier est le sixième évêque de Rome, de 107 à 116, et le cinquième successeur de saint Pierre selon la tradition catholique. Il est considéré comme saint par les Églises catholique et orthodoxes. Il est fêté le 3 mai, ou le 16 mars dans certaines Églises d'Orient.
De ce personnage on ne connaît que ses origines, sans doute romaines de la région de Caput tauri, et encore cela est incertain. Il aurait institué l'eau bénite. Cette contribution à l'histoire de la papauté, comme son martyre, n'est pas historiquement certaine. Une partie de ses restes se trouverait dans l'église Sainte-Sabine, sur le mont Aventin, l'autre dans un monument funéraire de la ville de Lucques. Saint Irénée de Lyon, qui a écrit dans le dernier quart du iie siècle, fait de lui le cinquième pape dans la succession apostolique, mais il ne dit rien de son martyre. Son pontificat est placé à des dates diverses daté selon les critiques, par exemple 106-115 (Duchesne) ou 109-116 (Lightfoot). Dans l'antiquité chrétienne, on le créditait d'un pontificat d'une dizaine d'années (Eusèbe, Hist. Eccl. IV, I) et il n'y a aucune raison de douter qu'il figurait sur le « catalogue des évêques » rédigé à Rome par Hégésippe (Eusèbe, IV, XXII, 3), avant la mort du pape Éleuthère (c. 189). Selon une tradition existant dans l'Église romaine à la fin du ve siècle, et consignée dans le Liber Pontificalis, il a subi le martyre par décapitation sur la Via Nomentana, à Rome, le 3 mai. La même tradition fait de lui un Romain de naissance qui a dirigé l'Église sous le règne de Trajan (98-117). De même, elle lui attribue, mais de façon peu précise, l'insertion dans le canon du Qui Pridie, ou des paroles commémoratives de l'institution de l'Eucharistie, qui sont certainement primitives et originales dans la Messe. Il aurait aussi introduit l'usage de l'eau bénite mélangée à du sel pour purifier les maisons chrétiennes des mauvaises influences (constituit cum aquam sparsionis vente benedici dans habitaculis hominum). Duchesne (Lib. Pont., I, 127) attire l'attention sur la persistance de cette coutume romaine primitive au moyen d'une bénédiction dans le sacramentaire gélasien qui rappelle avec force la prière Asperges au début de la messe. En 1855, un cimetière semi-souterrain des saints martyrs Alexandre, Eventulus et Theodule a été découvert près de Rome, à l'endroit où la tradition mentionnée plus haut déclare que ce Pape a été martyrisé. Selon certains archéologues, cet Alexandre est le même que le Pape, et cette tombe ancienne et importante marque l’emplacement même du martyre du pape. Duchesne, toutefois, (op. cit., I, XCI-II) conteste l'identité du martyr et du pape, tout en admettant que la confusion de ces deux personnages est de date ancienne, probablement antérieure au début du vie siècle, quand le Liber Pontificalis a été compilé pour la première fois [Dufourcq, Gesta Martyrum Romains (Paris, 1900), 210-211]. Les difficultés soulevées au xixe siècle par Richard Lipsius (Chronologie der römischen Bischofe, Kiel, 1869) et Adolf von Harnack (Die Zeit des Ignace u. die Chronologie der antiochenischen Bischofe, 1878), concernant les premiers successeurs de saint Pierre sont discutées et réfutées pertinemment par F.S. (Cardinal Francesco Segna) dans son De successione priorum Romanorum Pontificum (Rome 1897), avec modération et érudition par l'évêque Lightfoot, dans ses Apostolic Fathers: St. Clement (Londres, 1890) I, 201-345 – et notamment par Duchesne dans l'introduction à son édition du Liber Pontificalis (Paris, 1886) I, I-XLVIII et LXVIII-LXXIII. On peut lire les lettres attribuées à Alexandre Ier par le Pseudo-Isidore dans PG, V, 1057 sq, et Hinschius, Decretales Pseudo-Isidorianae (Leipzig, 1863) 94-105. Ses restes auraient été transférés à Freising en Bavière en 834 (Dummler, Poetae Latini Aevi Carolini, Berlin, 1884, II, 120). Les Actes qu’on lui a prêtés ne sont pas authentiques, et ont été compilées à une date beaucoup plus tardive (Tillemont, Mem. II, 590 sq; Dufourcq, op. cit., 210-211).
007 Saint Sixte I 115/116 – 125 Rome Saint Sixte I Sixte Ier ou Xyste Ier est, selon la tradition catholique, le 7e évêque de Rome1. On considère traditionnellement qu'il a siégé de 115 à 125. Cependant, l'édition de 2003 de l'Annuario pontificio retient les dates de 117 ou 119 à 126 ou 128. On ignore tout de lui, bien que la tradition chrétienne des ive et ve siècles affirme qu'il est mort en martyr. Il est cependant considéré comme normal pour les chrétiens de cette époque que leurs prédécesseurs soient morts pour leur foi, mais rien historiquement ne vient prouver cette assertion. C'est lui qui aurait institué le carême. Considéré comme saint par l'Église, il est fêté le 3 avril. Il est le saint patron des villes italiennes d'Alatri et d'Alife.
008 Saint Télesphore 125 – 136/138 Grèce Saint Télesphore Télesphore est le 8e évêque de Rome1, selon la liste dressée par Irénée de Lyon, de 125 à 136–138 environ pendant les règnes des empereurs romains Hadrien et Antonin le Pieux. Selon la tradition catholique, il est d'origine grecque et se montre d'ailleurs compréhensif avec les Églises orientales qui fixent la fête de Pâques à une date différente de celle fixée à Rome. Selon le Liber Pontificalis, il est mentionné pour avoir été moine anachorète (ou ermite) avant son entrée en fonction. Selon le témoignage d'Irénée, il a subi un "glorieux" martyr bien que la plupart des papes du début soient appelés martyrs par des sources telles que le Liber Ponificalis, Télesphore est le premier à qui Irénée donne ce titre. Dans le Martyrologe romain sa fête est célébrée le 2 janvier. Toutefois, ce saint ne serait pas le pape mais un martyr africain inconnu3. Les Églises d'Orient le fêtent le 22 février. L'introduction du Gloria dans la liturgie est attribuée à Télesphore selon Innocent III (mais elle pourrait également être attribuée à Symmachus) ainsi que la coutume de la messe de minuit à la Noël. La célébration de Pâques le dimanche et l'observance d'un jeûne de sept semaines pour le carême sont généralement attribuées à son pontificat, mais certains historiens doutent que ces attributions soient exactes. Le fragment d'une lettre qu'Irénée a adressée au pape Victor Ier, au cours de la controverse sur Pâques à la fin du iie siècle, également préservé par Eusèbe, témoigne que Télesphore a été l'un des évêques romains qui ont toujours célébré Pâques le dimanche, plutôt qu'un autre jour de la semaine selon le calcul de la Pâque juive. Cependant, contrairement à Victor Ier, Télesphore est resté en communion avec les communautés qui n'ont pas suivi cette coutume. L'Ordre du Carmel vénére Télesphore comme un saint patron de l'ordre depuis que certaines sources le décrivent comme un ermite ayant vécu sur le Mont Carmel. La ville de Saint-Télesphore, dans le sud-ouest de la province du Québec au Canada, est ainsi nommée en son honneur.
009 Saint Hygin 136/138 – 140/142 Grèce Saint Hygin Hygin est le 9e évêque de Rome1 entre 136 environ et 140–142, selon l'historiographie officielle de l'Église catholique romaine. Il est fêté le 11 janvier. Selon la tradition catholique, il s'agit d'un Athénien ayant étudié la philosophie. Il s'est opposé au courant gnostique du christianisme gnostiques tels Cerdon et Valentin d'Égypte vers 140. Hygin prononce leur excommunication. Il est porté à son crédit aussi un début d'organisation du clergé sans que l'on possède d'informations réellement crédibles sur cette action. On lui doit l'instauration des parrains et marraines lors du baptême afin d'assister le nouveau-né dans sa vie future. Il a également décidé que toutes les églises devraient être consacrées. Il est réputé être mort en martyr sous Marc Aurèle, bien qu'il n'existe aucun élément de preuve à cet effet.
010 Saint Pie I 140/142 – 155 Aquilée Saint Pie I Pie Ier est, selon la tradition catholique, le 10e évêque de Rome qui siégea, sous le règne d’Antonin le Pieux, entre 140–142 environ et 155. Ses origines sont obscures, sans doute est-il Frioulan (le Liber Pontificalis rapporte sa naissance à Aquilée) ou Illyrien, certaines sources font de lui le frère d’Hermas, l’auteur du Pasteur. Son pontificat est marqué par le développement des idées gnostiques, propagées déjà sous le pontificat précédent par Cerdon et Valentin d'Égypte. Ceux-ci reçoivent un renfort de poids avec Marcion du Pont, qui remet en cause l’unicité de Dieu, l’Ancien Testament ainsi que la double nature humaine et divine du Christ. Pie Ier dénonce ces positions hérétiques lors d’un synode à Rome. Le marcionisme est dénoncé comme hérésie et Marcion est exclu de l’Église vers 144. Quant à la lutte contre les idées défendues par les gnostiques, elle reçoit sur le plan intellectuel et philosophique le renfort d’un vrai dialecticien en la personne de Justin de Naplouse qui vient au secours de l'évêque de Rome moins à l’aise que son prédécesseur Hygin dans ce genre de controverses. Il fait bâtir la basilique Sainte-Pudentienne à Rome en l’honneur de sa sœur qui porte ce nom. Bien qu’il ne soit pas prouvé qu’il soit mort pour sa foi chrétienne, il est vénéré comme un saint-martyr et fêté le 11 juillet. Sa dépouille mortelle aurait été ensevelie non loin de celle de l’apôtre Pierre sur la colline du Vatican
011 Saint Anicet 155 – 166 Émèse Saint Anicet Anicet est, selon la tradition catholique, le 11e évêque de Rome qui siégea1, de 155 à 166 environ. Il est d’origine syrienne. Le paradoxe en ce qui concerne ce pape, c’est qu’il nous est complètement inconnu, si ce n’est par une décision anecdotique à savoir l’interdiction faite aux membres de son clergé de porter les cheveux longs. Nous ne savons rien de ses prises de position face à Marcion toujours aussi remuant ou face à Valentin d'Égypte. Pas plus que face à la secte des carpocrates qui affirment que le monde a été créé par des anges et que Jésus est réellement le fils de Joseph mais que Dieu lui a donné le pouvoir de faire des miracles. Sans doute qu’à l’image de son prédécesseur Pie Ier il laisse de véritables penseurs chrétiens, tels Justin de Naplouse ou Hégésippe de Jérusalem, lutter contre les hérésies gnostiques qui traversent les chrétiens de Rome. D’après le témoignage d’Irénée de Lyon, présent à Rome sous le pontificat d’Anicet, rapporté par Eusèbe de Césarée le pape aurait reçu l’évêque de Smyrne, Polycarpe pour régler avec lui le différend qui opposait l’Église de Rome et celles d’Asie sans résultats probants. Selon la tradition, il subit le martyre en 166 et fut inhumé sur la colline du Vatican. Son corps repose au cimetière de Calixte sur la via Appia. Il est fêté le 17 avril.
012 Saint Sôter 166 – 174/175 Fondi Saint Sôter Saint Sôter (mort en 174 ou 175) est, selon la tradition catholique, le 12e évêque de Rome. Il succède à Anicet vers 166 environ sous le règne de Marc Aurèle. Personnage peu connu il semble être originaire de Campanie. Nous possédons à l’heure actuelle les fragments d’une lettre que lui a adressée l’évêque de Corinthe, Denys. Celui-ci remercie Sôter pour les dons que la communauté chrétienne de Rome vient d’envoyer aux pauvres de Corinthe. On attribue à Sôter, sans doute à tort, une lettre sur le montanisme et sur la prédestination. Il est fêté le 22 avril
013 Saint Éleuthère 174/175 – 189 Nicopolis Saint Éleuthère Saint Éleuthère est, selon la tradition catholique, le 13e évêque de Rome de 175 à sa mort en 189. Il succède à Sôter et est suivi par Victor Ier. C'est un saint chrétien fêté le 26 mai.
Grec, originaire de Nicopolis d'Épire, il était diacre à Rome à l’époque d’Anicet, dont il était le disciple. Il gouverne l’Église de Rome sous les règnes de Marc Aurèle puis Commode jusqu’à sa mort, le 24 mai 189 selon la tradition catholique. Il est le dernier pape que mentionne la liste que saint Irénée de Lyon dresse à la fin du IIe siècle. Son action apostolique est marquée par les querelles avec les multiples sectes tels les marcionites, les valentiniens, les montanistes avec lesquels il opte pour une grande sévérité après avoir longtemps fait preuve de mansuétude. Abgar IX, souverain du petit royaume d’Édesse, et allié à l’empire romain, lui adresse une demande de missionnaires sans que l’Histoire ait retenu quelle réponse Éleuthère lui apporte. Durant son pontificat, l'empereur Commode qui règne à partir de 180 n'exerce aucune persécution contre les chrétiens. Selon le Liber Pontificalis, un édit d'Éleuthère décrète qu'aucune nourriture n'est impure : « Et hoc iterum firmavit ut nulla esca a Christianis repudiaretur, maxime fidelibus, quod Deus creavit, quæ tamen rationalis et humana est », combattant ainsi des pratiques héritées des prescriptions juives sur la pureté des aliments. Selon la même source, Éleuthère envoie des missionnaires, Fugace et Damien, convertir les Bretons à la demande du roi Lucius. Il est enterré près de la tombe de saint Pierre dans les grottes vaticanes.
014 Saint Victor I 189 – 198/199 Afrique Saint Victor I Premier pape berbère.
Victor Ier (°? - +199), l'un des saint Victor, était berbère (en Afrique du Nord). Il fut, selon la tradition catholique, le 14e évêque de Rome, c'est-à-dire le 13e successeur de saint Pierre au souverain pontificat.
C'est avec lui que commence à s'affirmer la volonté des évêques de Rome d'imposer un magistère moral sur les autres Églises, bien que déjà saint Clément Ier, troisième successeur de Pierre, fût déjà intervenu avec vigueur, dès le Ier siècle, pour calmer des troubles au sein de l'Église de Corinthe. Selon le Liber Pontificalis, Victor est d'origine amazigh africaine. Il succède à Éleuthère vers 189 et gouverne l'Église de Rome jusque vers 198/199. C'est à cette époque que le latin supplante le grec dans la liturgie. Il réussit à organiser de nombreux synodes qui parviennent à s'entendre sur le jour de Pâques qui est célébré un dimanche dans les Églises d'occident comme à Rome. Seules certaines Églises d'Asie refusent de s'aligner sur la pratique de l'Église universelle.
015 Saint Zéphyrin 199 – 217 Rome Saint Zéphyrin Zéphirin, romain de naissance, succéda à Pape Victor en 202, c'est-à-dire dans l'année où Sévère alluma le feu de la cinquième persécution. Il fut l'appui et le consolateur des fidèles, et la charité lui fit ressentir ce que souffraient tous les confesseurs. Il est vrai que les triomphes des martyrs étaient pour lui un sujet de joie mais son coeur reçut des plaies bien profondes de la chute des apostats et des hérétiques. La douleur que lui causait l'aveuglement de ces derniers ne cessa point lorsque la paix eut été rendue à l'Église. Natalis qui vivait à Rome, et avait souffert diverses tortures pour la foi, s'était laissé séduire par Asclépiodote et Théodote le banquier, l'un et l'autre disciples de Théodote le corroyeur, que le Pape Victor avait excommunié à cause de son hérésie. Ces deux hérésiarques ordonnèrent Natalis évêque de leur secte, et s'engagèrent à lui fournir tous les mois un revenu de cent cinquante deniers d'argent. Mais Dieu eut pitié de celui qui avait confessé son nom il l'avertit par plusieurs visions d'abandonner le parti des hérétiques, dans lequel il ne restait que par intérêt et par vanité. Enfin Natalis fut fouetté par un Ange pendant toute une nuit. Le lendemain il alla se jeter aux pieds de Zéphirin, fondant en larmes, et revêtu d'un habit de pénitence; il se prosterna aussi devant l'assemblée des fidèles, et y donna de si grandes marques de repentir, que tous en furent touchés. Zéphirin montra son zèle avec tant de vigueur contre les blasphèmes des hérétiques séducteurs de Natalis, que ceux-ci le traitèrent de la manière la plus outrageuse; mais ce fut une gloire pour lui de s'entendre donner le titre de principal défenseur de la divinité de Jésus-Christ. Il mourut en 219, après avoir occupé le siège pontifical pendant dix-sept ans. Nous voyons, surtout dans les premiers siècles du christianisme, une suite de pasteurs zélés à maintenir le dépôt de la foi, à veiller sur la pureté de la morale et à conserver la sainteté de la discipline. Qu'ils eurent de combats à soutenir! De quelle constance et de quelle fermeté n'eurent-ils pas besoin pour résister au paganisme, aux hérésies et à la corruption du monde! C'est par leurs travaux que nous jouissons des plus précieux avantages de la grâce. Nous devons donc à Dieu un tribu de louanges pour cette miséricorde dont Il a donné des marques si éclatantes à Son Église. Nous devons encore Lui recommander nos propres oeuvres, Le prier d'exalter la gloire de Son Saint Nom pour la propagation de la foi sur la terre, de susciter dans Son Église des modèles de vertu, des pasteurs animés de Son Esprit, un peuple disposé à captiver Son entendement sous l'autorité de la révélation, et à soumettre son coeur au joug aimable de la loi divine, un peuple saisi d'horreur pour les nouveautés profanes en matière de doctrine, et aguerri contre les assauts et les artifices de la corruption.

Élus au 3 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
016 Saint Calixte I 217 – 222/223 Espagne Saint Calixte I Son nom signifie en grec « le plus beau » (kallistos). Il devint chrétien à l'âge adulte. Il travailla au service d'un haut fonctionnaire de l'empereur Commode , nommé Carpophore , qui était aussi chrétien. Son maître qui l'estimait , le chargea d'administrer ses biens selon Hippolyte de Rome , il s'appropria les dépôts des veuves et des frères chrétiens , mais ne pouvant les restituer lorsque la banque fit faillite , s'affola , prit la fuite , fut finalement rattrapé et enfermé dans un cachot. Il fut condamné aux mines de soufre de Sardaigne. Le forçat travailla donc durant trois ans à l'extraction du minerai, faisant preuve de dévouement auprès des autres bagnards. Marcia , la maîtresse de l'empereur de l'époque , Commodus (Commode) , était chrétienne et connaissait le jeune Calixte , et obtint qu'il fût libéré et affranchi vers 190 , il passa quelques années à Antium au sud-est de Rome en mission pour Victor Ier et prit le temps de se cultiver. Zéphyrin , dès son élection comme pape en 199 , l'appela à ses côtés , le faisant son secrétaire personnel ainsi qu'archidiacre de la ville. Pour Hippolyte de Rome , un des prêtres de Rome les plus cultivés et les plus intelligents , il s'agit d'« un ambitieux , un cupide , un taré ». La violence du ton laisse entrevoir que Calixte est sans aucun doute un personnage qui ne laisse pas indifférent. Mais il faut se méfier de la verve d'Hippolyte , dont l'objectivité est plus que douteuse. Lui-même était candidat à la succession de Zéphyrin mais s'est vu préférer Calixte en 217 , sous le règne de l'empereur Caracalla. Calixte fut également le créateur du premier cimetière chrétien qui fut construit dans le tuf sur la Via Appia et qui porte aujourd'hui le nom de « Catacombe de Saint-Calixte ». Il inaugure aussi une nouvelle coutume : désormais , trois fois par an , le samedi qui précède les moissons , les vendanges et le commencement de la cueillette des olives, on observe un jeûne afin d'attirer la bénédiction du ciel. Durant son pontificat de cinq ans , il reconnut comme valide le mariage entre esclaves et femmes libres et accepta le remariage des veufs ainsi que leur entrée éventuelle dans le clergé. De plus , il fit prévaloir l'usage d'absoudre tous les péchés. C'est enfin un financier expérimenté , phénomène finalement assez rare à la tête de l'Église romaine , et qui donne à cette dernière une prospérité inégalée jusqu'alors. Il mourut le 14 octobre 222 dans son quartier du Trastevere , victime d'une émeute dirigée contre les chrétiens , lors de l'assassinat de l'empereur Élagabal. Défenestré , puis jeté dans un puits , recouvert de décombres , il en fut retiré par un prêtre une quinzaine de jours après. On l'enterra à la hâte , au pied de l'escalier de la catacombe de Calépode sur la via Aurelia. C'est à ce jour le premier évêque de Rome dont on ait retrouvé la sépulture. Par la suite , les Papes (jusqu'à Eutychien en 283) , furent inhumés dans la chambre funéraire qui leur est réservée dans la « Catacombe de Saint-Calixte » , à l'exception de Corneille. C'est au ive siècle que Calixte fut déclaré martyr puis canonisé.
ANT Saint Hippolyte 217 – 235 Rome Saint Hippolyte Hippolyte est Grec , originaire d'Alexandrie, et ancien élève d'Irénée de Lyon. Il est sans doute l'écrivain chrétien le plus prestigieux de l'époque , en tout cas dans la partie occidentale de l'Empire romain. Aussi accepte-t-il mal la qualité qu'il estime médiocre des deux papes (évêques) précédents, Zéphyrin et surtout Calixte Ier. S'il se contente de critiquer Zéphyrin , il s'oppose avec force au pape Calixte Ier qu'il accuse d'introduire de nouvelles coutumes dans l'Église. Il rejette totalement la volonté de Calixte d'autoriser les unions entre esclaves et patricien(ne)s. Pour lui il s'agit d'un concubinage pur et simple , totalement inadmissible. Il est plausible que ce conflit soit aussi un conflit de « castes » entre un pape de basse extraction (ancien esclave et affranchi) et un Hippolyte de plus noble extraction et imbu de sa supériorité intellectuelle. Il veut aussi garder le grec comme langue liturgique alors que le latin le remplace dans le nord de l'Afrique et à Rome. Ainsi , un groupe de ses partisans va l'élire antipape en 217 , le premier de l'histoire. Son schisme se poursuit sous les règnes d'Urbain Ier puis de Pontien, mais on prétend[Qui ?] qu'il établit le comput de Pâques à la demande d'Urbain et de Pontien. Il se réconcilia certainement avec Pontien , exilé avec lui en Sardaigne vers 235 lors d'une nouvelle persécution déclenchée par l'empereur Maximin Ier3. Il y meurt peu après ainsi que Pontien. L'Église catholique le considère comme un martyr. Fabien , pape depuis 236 obtient des autorités que son corps , ainsi que celui de Pontien , soit ramené à Rome. Les deux hommes furent inhumés , le même jour signe de leur réconciliation , le 13 août 236 , dans la crypte des papes des catacombes de Saint-Callixte. Hippolyte de Rome a posé le principe de la tradition apostolique (œuvre connue grâce à la collection du Synodos de l'Église d'Alexandrie). Il est l'auteur d'œuvres exégétiques (Commentaire sur Daniel , Sur le Cantique des cantiques). On lui attribue également les Philosophoumena et le Liber Generationis. On lui doit aussi un recueil où est conservé la plus ancienne prière eucharistique connue en langue liturgique grecque (la prière n°2 du rite romain réformé par Paul VI s'en est un peu inspiré). Il est le seul antipape[pas clair] à être honoré dans l'Église catholique (le titre de pape n'a été spécifiquement donné qu'en 306 à l'évêque d'Alexandrie et de manière locale , puis , au lendemain du Concile de Nicée en 325 , de manière affectueuse à tous les évêques participants au concile. C'est progressivement , à partir du vie siècle , que le titre de « pape » a été exclusivement réservé au seul évêque de Rome. Par conséquent , en 217 , les termes de « pape » et de « anti-pape » n'étaient pas encore utilisés en tant que tels , mais les situations concrètes qu'ils désigneront par la suite étaient absolument claires : d'une part , l'évêque légitime de Rome , d'autre part un rival que l'Église catholique ne reconnaîtra jamais.
017 Saint Urbain I 222/223 – 230 Rome Saint Urbain I Urbain Ier est , selon la tradition catholique , élu évêque de Rome en 222 pour succéder à Calixte Ier , qui était mort défenestré lors d'une émeute dirigée contre les Chrétiens. Il est le 17e pape selon l'Église catholique. Il meurt le 23 mai 230. Sa tombe se trouverait à la catacombe de Saint-Calixte. L'Église catholique le reconnaît comme saint et le célèbre le 19 mai , il est aussi fêté en France le 25 mai.
Urbain Ier connaît un pontificat marqué par des relations tranquilles avec l'institution impériale. Le nouvel empereur romain Sévère Alexandre est en effet bien disposé envers les Chrétiens. Par contre la querelle avec Hippolyte de Rome , premier antipape de l'histoire, parasite toujours l'Église romaine et va perdurer jusque sous le pontificat de Pontien. En fait la figure d'Urbain Ier est mal connue et associée à la légende de sainte Cécile qu'il convertit au christianisme avec son époux Valérien. Les deux furent d'ailleurs condamnés à mort et , sur le lieu de leur martyre, au Trastevere , le pape Urbain fit construire l'église sainte-Cécile. Une partie de ses reliques fut donnée à Charles le Chauve , roi de France , par le pape Nicolas Ier , en 862 , et finirent à Auxerre , où Urbain devint le patron des vignerons. Il est inhumé dans la catacombe de Saint-Calixte. La légende populaire fait d'Urbain le patron des vendanges , dans les pays germaniques mais aussi en Alsace. Il fallut à plusieurs reprises , en particulier au Moyen Âge , que les autorités et l'Église catholique interviennent pour limiter les excès de cette dévotion. Le 25 mai , jour de la Saint-Urbain , en France , est parfois ajouté à la liste des Saints de glace.
018 Saint Pontien 230/235 Rome Saint Pontien Pontien (en latin Pontianus) , est le 18e pape de l'Église catholique de 230 à 235. Sa vie est très mal connue. Il est vénéré comme saint par les Églises catholiques et orthodoxes chrétiennes. Sa fête est le 19 novembre , déplacée ensuite au 13 août, conjointement avec Hippolyte de Rome, pour les catholiques.
Selon le Liber Pontificalis , Pontien est d'origine romaine et le fils d'un dénommé Calpurnius et occupe le trône de Pierre pendant cinq ans , deux mois et 22 jours. Eusèbe de Césarée indique seulement qu'il est évêque de Rome pendant six ans. Les seuls faits historiques attestés portent sur le synode qu'il tient à Rome en 231 pour approuver la condamnation d'Origène par Démmétrius, évêque d'Alexandrie. La position de Pontien via-à-vis du schisme d'Hippolyte de Rome , débuté sous Calixte Ier , n'est pas connue. L'accession au trône de l'empereur Maximin le Thrace en mars 235 marque le début d'une nouvelle persécution contre les chrétiens : Pontien et Hippolyte sont déportés dans des mines en Sardaigne – le Liber Pontificalis précise qu'il s'agit de l'îlot Molara , alors dénommée Buccina , près de Tavolara au sud de l'archipel de La Maddalena. Pontien renonce à son siège épiscopal le 28 septembre 235 pour permettre l'élection d'un nouvel évêque – c'est la première date attestée dans l'histoire de la papauté. Il est possible qu'Hippolyte ait renoncé à sa contestation en même temps. Les deux hommes semblent également s'être réconciliés au cours de leur déportation commune. Pontien décède peu après le 29 ou 30 octobre 235 , probablement de mauvais traitements comme le mentionne le Liber Pontificalis. Fabien , l'un de ses successeurs , fait rapatrier son corps ainsi que celui d'Hippolyte en 236 ou en 237. Il est inhumé , le même jour que celui d'Hippolyte , le 13 août 236 dans la catacombe de Saint-Calixte inaugurant une tradition qui continuera jusqu'à Eutychien et donnant naissance à la crypte des Papes. Sa tombe est attestée par l'inscription ΠΟΝΤΙΑΝΟΣ ΕΠΙΚ[ΟΠΟΣ] , c'est-à-dire « Pontien, évêque ».
019 Saint Antère 235/236 Grèce Saint Antère Antère ou Antéros est le 19e pape de l'Église catholique.
Selon le Liber pontificalis , il est d'origine grecque. On ne connaît ni sa vie ni son âge lorsqu'il accède au pontificat. Le 21 novembre 235 , il succède à Pontien qui , emprisonné en Sardaigne avec son grand rival Hippolyte de Rome , vient d'abdiquer. Le seul fait de ce bref pontificat — six semaines à peine — fut le rassemblement ordonné par Antère des actes des différents martyrs. En effet , il entreprit de recueillir officiellement les actes et les reliques des martyrs qu'il voulut conserver en un lieu, au sein de l'Église , appelé Scrinium , et qui peut être considéré comme l'ancêtre de la Bibliothèque Vaticane , mais tout cela fut brûlé par la suite par Dioclétien Il meurt le 3 janvier 236 , victime lui aussi du martyre ordonné par l'empereur Maximin le Thrace et il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte. Son prédécesseur , Pontien , l'y rejoint bientôt.
020 Saint Fabien 236/250 Rome Saint Fabien Fabien est évêque de Rome du 10 janvier 236 au 20 janvier 250. Il est le vingtième dans la liste des papes. Il est considéré comme saint par l'Église catholique romaine.
Selon la tradition de l'Église , Fabien , simple laïc , se trouvait à Rome et parmi les fidèles au moment d'élire un successeur au pape Antère. Quand une colombe vint se poser sur la tête de Fabien , l'assemblée hésitante s'écria : « Il est digne ! » Il fut ordonné le 10 janvier 236. Cette élection spontanée inaugure un pontificat de 14 ans qui va laisser de profondes marques dans l'Église du iiie siècle. Les querelles politiques entre les éphémères successeurs de l'empereur Maximin Ier éloignent pour un certain temps les persécutions des chrétiens. Ce répit permet à Fabien de remettre de l'ordre dans l'Église romaine perturbée par de nombreuses années de conflits doctrinaux et par le schisme d'Hippolyte de Rome. Profitant d'une paix relative, il révèle de grandes qualités d'administrateur. Il nomme sept diacres à la tête de districts ecclésiastiques créés à Rome , chacun regroupant deux des anciennes régions de l'administration romaine — au xvie siècle , on verra là la naissance du titre de cardinal-diacre. Fabien veille également avec attention au bon entretien des catacombes où il fait enterrer l'un de ses prédécesseurs , Pontien , et l'adversaire de celui-ci , Hippolyte. Il protège le futur schismatique Novatien , qu'il baptise et ordonne prêtre contre l'avis de son clergé. Il poursuit avec énergie les clercs coupables de diverses fautes , en particulier Privat , un évêque africain. La rédaction des actes des martyrs , entamée sous Antère , se poursuit sous son pontificat. Fabien est considéré comme l'apôtre des Gaules , où il envoie sept évêques missionnaires. Dans la chrétienté son prestige déborde largement la ville de Rome. C'est vers lui que se tourne par exemple Origène , alors en conflit avec Démétrios , l'évêque d'Alexandrie , pour se justifier. À la fin de 249 , le nouvel empereur Dèce déclenche de violentes persécutions contre les chrétiens. Au début de l'année 250 , le 20 janvier , Fabien est torturé puis décapité sur la Via Appia Antica. Il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte où son sarcophage est retrouvé en 1915. Les Fausses décrétales lui attribuent plusieurs textes , notamment une seconde lettre à tous les évêques orientaux (Epistola II ad omnes orientales episcopos) portant sur la consécration annuelle du saint chrême le Jeudi saint.
021 Saint Corneille 251/253 Rome Saint Corneille Corneille († vers 253) est le vingt et unième pape et succède à Fabien , 14 mois après le décès de celui-ci le 20 janvier 250. Il est fêté le 14 septembre comme saint par les Églises catholiques et orthodoxes.
Après la mort de Fabien , la persécution de l'empereur Dèce est d'une telle violence que les chrétiens de Rome doivent attendre plus d'un an pour élire un nouvel évêque. Dans ce contexte difficile , l'organisation administrative de l'Église , mise en place par Fabien, prouve son efficacité et permet une prise de décision collective des divers clercs. Cependant la primauté de l'Église de Rome est déjà affirmée et pour répondre aux sollicitations des autres Églises les clercs font appel à Novatien , auteur de nombreux ouvrages et qui possède selon les critères de l'époque une belle plume. Novatien en est persuadé : il est le seul à pouvoir être élu nouvel évêque de Rome. En mars 251 l'élection a lieu et surprise : c'est le prêtre Corneille qui est élu. La raison en est simple. De nombreux chrétiens , lors de la persécution de Dèce , ont abjuré leur foi par peur ou opportunisme. Ils sont nombreux à vouloir rentrer dans l'Église à nouveau. Deux attitudes s'opposent alors : les intransigeants autour de Novatien , et ceux adeptes du pardon qui réussissent à faire élire Corneille. Un nouveau schisme apparaît alors car trois évêques italiens acceptent de sacrer Novatien alors que la quasi-totalité des autres Églises reconnaissent Corneille. Un synode , réuni en automne 251 , avec l'évêque Denys d'Alexandrie et Cyprien de Carthage , approuve la mansuétude de Corneille et excommunie Novatien pour sa dureté envers les repentis. Le patriarche Fabien d'Antioche partisan , comme de nombreux évêques orientaux, de plus de fermeté , est le destinataire d'une lettre envoyée par Corneille où celui-ci argumente son point de vue (Clavis Patrum Græcorum 1850-1854). Les fragments d'une lettre perdue transmise par l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée (IVe s.) révèlent que Rome à cette époque (milieu du IIIe siècle) comptait environ 150 ecclésiastiques chrétiens dont 7 diacres , 46 prêtres , des diacres , des sous-diacres , des acolytes , des lecteurs et... 52 exorcistes.
Corneille est déporté sur ordre de l'empereur Trébonien Galle à Centumcellae Civitavecchia à la fin de l'année 252 où il meurt de façon naturelle semble-t-il probablement en 253. Son corps est ramené à Rome et déposé dans la catacombe de Saint-Calixte. Une légende bretonne l'identifie à un Saint Cornély.
ANT Novatien 251/258 Rome Novatien Prêtre de l'Église de Rome , Novatien y tenait un rôle important durant la vacance du siège qui suivit le martyre du pape Fabien (janvier 250). Au nom du clergé romain , il écrivit deux lettres à Cyprien au sujet de la conduite à tenir à l'égard des chrétiens qui avaient apostasié (les lapsi) durant la persécution de Dèce. Il y préconise la même attitude de prudence et de miséricorde que l'évêque de Carthage. Quand, après quinze mois, Corneille fut élu pape (mars 251) , Novatien s'opposa violemment à lui, se fit consacrer pape par trois évêques de village qu'il avait fait boire et prit (peut-être sous l'influence de Novat de Carthage , l'adversaire de Cyprien) la position la plus rigoriste , refusant absolument la réconciliation des lapsi. Excommunié par le synode romain de 251 , il organisa son Église, avec sa hiérarchie. On ne sait rien de sa fin. Outre les deux lettres citées plus haut , Novatien , esprit très cultivé (stoïcisme !) et écrivain brillant, le premier théologien romain à écrire en latin , laissa : un important traité Sur la Trinité, qui eut une influence décisive sur la terminologie et la théologie latines un écrit Sur les aliments juifs (De cibis judaïcis) , qui montre que les chrétiens ne sont pas tenus par les observances juives , lesquelles doivent être interprétées allégoriquement deux opuscules Sur les spectacles et Sur la chasteté (De bono pudicitiae ), inspirés de Tertullien. Le novatianisme , qui évolua dans un sens de plus en plus rigoriste , allant jusqu'à refuser à l'Église le droit de remettre les péchés , eut aux IVe et Ve siècles des communautés florissantes : en Occident , où Ambroise et Augustin eurent affaire à lui , et en Orient (Constantinople , Alexandrie) , où il ne disparut qu'au VIIe siècle.
022 Saint Lucius I 253/254 Rome Saint Lucius I Lucius Ier est le 22e pape de l'Église catholique , de 253 à 254. Né à Lucques , selon le Liber Pontificalis , tandis que plusieurs ouvrages plus qualifiés situent sa naissance à Rome. Il est élu à la mort de Corneille mais il est arrêté quasi-immédiatement sur ordre de l'empereur Trébonien Galle et aussitôt envoyé en exil. Cependant , après l'assassinat de l'empereur , il rentre à Rome car le nouvel empereur , Valérien, est moins hostile aux chrétiens. Comme il n'est pas hostile au retour des repentis de la persécution de Dèce au sein de l'Église , il est lui aussi la cible des novatiens au point que l'évêque Cyprien de Carthage doit prendre sa défense. Il combattit la cohabitation entre hommes et femmes non consanguins , ainsi qu'entre diaconesses et clercs. Lucius décède quelques mois plus tard en martyr , le 5 mars 254. Il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte.
023 Saint Étienne I 254/257 Rome Saint Étienne I Saint Étienne Ier est le 23e évêque de Rome (rétroactivement appelé pape de l'Église catholique). Élu pour succéder à Lucius Ier le 12 mai 254 il sera évêque de Rome jusqu'à sa mort , par décapitation , en 257. Noble romain , il est élu évêque dans les catacombes de Saint-Calixte , en présence de la communauté des fidèles , par les prêtres qui avaient un titre et par les diacres qui remplissaient une charge ecclésiastique. Son pontificat , qui dure jusqu'au 2 août 257 , s'insère entre deux vagues de persécutions mais connaît une crise interne à l'Église particulièrement grave , qui mène celle-ci au bord du schisme avec les Églises d'Orient et celle d'Afrique. Comme ses deux prédécesseurs Étienne est favorable à la réintégration des chrétiens apostats qui renièrent leur foi sous la persécution de Dèce mais se repentirent par après. Le problème se posait aussi pour les clercs. Ils avaient le devoir , comme tout chrétien, de ne renier leur religion d'aucune manière. Étienne refuse de réintégrer deux évêques d'Espagne qui avaient échappé à la persécution en produisant des certificats attestant qu'ils avaient sacrifié aux dieux païens. Il fait de même envers l'évêque d'Arles , qui depuis, dans une totale inconséquence , était passé aux novatiens. Étienne exige de la totalité des Églises chrétiennes qu'elles se conforment à la tradition romaine en ce qui concerne le baptême des hérétiques , des schismatiques et des chrétiens apostats , à savoir une simple imposition des mains de l'évêque , la confirmation , puisque ce sont des personnes qui ont déjà reçu le baptême. Mais les Églises d'Orient et d'Afrique exigent un nouveau baptême. Étienne est autoritaire et il accepte mal cette opposition. Un conflit s'engage avec Cyprien , l'évêque de Carthage , menacé par Étienne Ier d'excommunication. Une tradition rapporte qu'il fut décapité sur son siège pontifical par les soldats pendant qu'il présidait un office religieux dans les catacombes de Saint-Calixte. Il est présumé qu'il fut inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte. Cependant sa pierre tombale ne fut jamais retrouvée.
On le fête le 2 août.
024 Saint Sixte II 257/258 Grèce Saint Sixte II Sixte II ou Xyste II est le 24e évêque de Rome (rétroactivement appelé pape de l'Église catholique). Il succède à Étienne Ier le 31 août 257. Il est le premier pape à porter un nom déjà utilisé : Sixte Ier avait régné au iie siècle (voir Nom de règne des papes). D'origine grecque , il rétablit les relations avec les Églises d'Orient et d'Afrique qui avaient été interrompues par son prédécesseur sur la question du nouveau baptême des apostats. Durant son pontificat , la reprise des persécutions contre les chrétiens fait passer les problèmes internes de l'Église au second plan. En effet , l'empereur Valérien, plutôt neutre jusqu'à cette époque vis-à-vis des chrétiens , exige de ceux-ci la participation au culte impérial et interdit les cérémonies dans les catacombes. À partir du mois d'août 258 , des mesures drastiques sont prises contre le clergé. Sixte II se réfugie avec plusieurs diacres dans une catacombe en bordure de la voie Appienne. Découvert le 6 août 258 par des soldats , il est traîné devant un tribunal , puis ramené sur le lieu de sa capture et décapité. Quatre diacres sont également exécutés. Avant de mourir , il aurait remis le saint Calice à son diacre saint Laurent de Rome. Il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte.
Saint et martyr , l'Église catholique le fête le 7 août.
025 Saint Denys 259/268 Grèce Saint Denys Denys , en latin : Dionysius , est le 25e pape de l'Église catholique de 260 à 268. Il succède à Sixte II , en juillet 260 , après une vacance de deux ans du siège épiscopal , à la suite de la persécution engagée par l'empereur Valérien.
Denys , est probablement né à Terranova da Sibari en Grande-Grèce. Durant le pontificat d'Étienne Ier (254 - 257) il est prêtre de l'Église catholique et apparaît dans la controverse sur la validité du baptême des hérétiques. Cela conduit Denys d'Alexandrie , évêque d'Alexandrie , à lui écrire au sujet du baptême , lettre dans laquelle il est décrit , par Eusèbe de Césarée, comme étant un homme instruit. Après le martyr de Sixte II , le 6 août 258 , le siège épiscopal reste vacant deux ans. Gallien devient unique empereur en 260. C'est le début de la période appelée petite paix de l'Église. Le 22 juillet 260 , le prêtre Denys , connu pour son zèle au sein de l'Église , est élu évêque de Rome. Quelques mois plus tard , Gallien rassure les chrétiens par un édit de tolérance , adressé à des évêques d’Égypte , qui met fin aux persécutions et leur rend en particulier leurs lieux de culte et cimetières.
026 Saint Félix I 269/274 Rome Saint Félix I Saint Félix Ier est , selon l'Église catholique , le 26e pape et évêque de Rome du 5 janvier 269 à sa mort en martyr , le 30 décembre 274. Il succède à Denys , mort le 26 décembre 268.
Félix nait à Rome. Il est le fils de Costanzo. Il exerce son pontificat sous le règne de l'empereur Aurélien , qui supprime la liberté de culte pour les chrétiens, ordonnant de les persécuter. Il envoie Révérien d'Autun et ses disciples pour évangéliser le pays Éduen en Gaule. Félix commence à faire ensevelir les martyrs sous les autels et institue ainsi la coutume de célébrer la messe sur leurs tombeaux. Il approuve en 269 , la condamnation pour hérétisme de Paul de Samosate , par le Concile d'Antioche . Il rédige une lettre à Maxime d'Alexandrie Patriarche d'Alexandrie où il scelle la doctrine christologique , affirmant que la divinité et l'humanité de Jésus-Christ sont deux natures distinctes en une même personne. Il meurt martyrisé , sous Aurélien. Il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte bien que sa pierre tombale ne fut jamais retrouvée.
027 Saint Eutychien 275/283 ? Saint Eutychien Saint Eutychien (en latin : Eutychianus) est , selon l'Église catholique , le 27e pape et évêque de Rome du 3 janvier 275 à sa mort , en martyr1 le 8 décembre 283. Il succède à Félix Ier.
Eutychien nait à Luni (Étrurie) en juin 228. Durant son pontificat , il voit cinq empereurs se succéder : Aurélien , Tacite , Probus , Carus et Numérien. Il encourage la pratique de la bénédiction des arbres et des fruits , préfigurant la fête des Rogations instituée en France lors du concile d'Orléans en 515. Plusieurs écrits lui sont attribués dont l'un apocryphe dans la Patrologia Latina qui lui serait attribué à tort , une exhortation aux prêtres. Il s'agirait en fait du Synodicon de Rathier de Véronne. Il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte. C'est l'avant-dernier pape dont l'épitaphe est rédigée en grec : « ΕΥΤΥΧΙΑΝΟC ΕΠΙC » (en français : Eutychianus , Évêque). Ses restes ont été découverts par Giovanni Battista de Rossi. Au XVIIe , ses reliques auraient été transférées dans deux endroits de Sarzana : la cathédrale de la ville et l'abbaye de Luni. Eutychien est inscrit au martyrologe romain à la date du 8 décembre : « À Rome , Saint-Eutychien , pape , qui , de ses propres mains ,ensevelit en divers lieux trois-cent-quarante-deux martyrs , auxquels il fut lui-même associé sous l'empereur Numérien , par une sainte mort pour Jésus-Christ il fut enterré dans le cimetière de Calliste ».
028 Saint Caïus 283/296 ? Saint Caïus Saint Caïus , né à Salone (près de Split) en Dalmatie Croatie est , selon l'Église catholique , le 28e évêque de Rome du 12 décembre 283 à sa mort , le 22 avril 296.
Son père se prénomme Caïus. Il est membre d'une famille noble liée à l'empereur Dioclétien1 Alors qu'il était Évêque , Caïus , pourrait avoir été emprisonné avec le pape Étienne Ier2. Il existe peu d'information sur Caïus en dehors de celles données par le Liber Pontificalis , qui s'appuie sur un récit légendaire , de la martyre Sainte-Susanna. Selon la légende , Caïus baptise les hommes et les femmes convertis par Saint-Tiburce (qui est vénéré avec saint Susanna) et Saint-Castulus. Les légendes affirment que Caïus se réfugie dans les catacombes de Rome et y meurt en martyr. Selon le Catalogus Liberianus , le pape Caïus aurait régné durant douze ans , quatre mois et sept jours , du 12 décembre 283 au 22 avril 296. Le théologien Eusèbe de Césarée évalue le pontificat à quinze années. Caïus est mentionné au cours du IV siècle dans le Depositio Episcoporum mais n'est pas cité en tant que martyr : « X kl maii Caii in Callisti » dans CALLISTI". Il a été enterré dans la crypte papale du cimetière de Calliste. Selon un certain Anastasius , Caïus n'aurait régné qu'onze années. Il n'y a pas d'autres détails connus de sa vie. On lui attribue le décret en vertu duquel personne ne peut accéder à l'épiscopat sans avoir reçu les ordres de portier , lecteur , acolyte , exorciste , sous-diacre , diacre et prêtre. Il a également divisé les quartiers de Rome parmi les diacres. Au cours de son pontificat , les mesures anti-chrétiennes ont augmenté , bien que de nouvelles églises aient été construites et les cimetières élargis. Saint Caius peut ne pas avoir été martyrisé : la persécution des chrétiens par Dioclétien a commencé en l'an 303 , après la mort présumée de Caïus , Lorsque Dioclétien est devenu empereur , il n'a pas été immédiatement hostile au christianisme.
029 Saint Marcellin 296/304 ? Saint Marcellin Saint Marcellin , (en latin : Marcellinus) est , selon l'Église catholique , le 29e pape1 et évêque de Rome du 30 juin 296 à sa mort en martyr le 25 octobre 304. Il succède à Caïus.
Selon le Chronographe de 354, Marcellin est évêque de Rome, depuis l'an 296, durant 8 ans 3 mois et 18 jours jusque l'an 304, période où la persécution démarre et l'épiscopat cesse durant 7 ans 6 mois et 25 jours2. C'est au cours du pontificat de Marcellin , en 301 que l'Arménie devient la première nation officiellement chrétienne. En 303 , sous le pontificat de Marcellin , débute la dernière grande persécution des chrétiens , celle de Dioclétien. Le Liber pontificalis , se fondant sur les actes de St Marcellin , dont le texte est perdu , rapporte que , pendant la persécution de Dioclétien , Marcellin est appelé au sacrifice. Il offre de l'encens aux idoles , mais il se repent peu de temps après , avoue sa foi pour le Christ et souffre le martyre avec plusieurs compagnons. D'autres documents parlent de sa défection , ce qui pourrait expliquer le silence des anciens calendriers liturgiques. Au début du ve siècle Petilianus , l'évêque donatiste de Constantin affirme que Marcellin et ses prêtres auraient abandonné les livres saints aux païens durant la persécution et offerts de l'encens à de faux dieux. Saint Augustin se contente de nier l'affaire , montrant par là qu'elle ne reposait que sur des calomnies. Les registres du concile de Sinuessa , ive siècle , concile considéré comme imaginaire , sont fabriqués au début du vie siècle. Ils indiquent que Marcellin , après sa chute , se présente devant un conseil , qui refuse de le juger selon le principe que le premier Siège ne peut être jugé par personne. Selon le liber pontificalis , Marcellin est enterré , le 26 avril 304 , dans le cimetière de Priscille , sur la Via Salaria , 25 jours après son martyre le Catalogus Liberianus donne comme date le 25 octobre 304. Le fait du martyre , aussi , n'est pas établi avec certitude. Selon l'Église catholique , après une vacance de quatre années , contrairement à ce qu'indique le Chronographe de 354 , Marcel Ier lui succède. Ces deux pontifes sont parfois confondus.

Élus au 4 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
030 Saint Marcel I 308/309 Rome Saint Marcel I Marcel Ier, natif de Rome , fut le 30e pape de l'Église catholique. Son pontificat ne dura que deux ans (308-309). Il succédait à Marcellin (296-304) après quatre ans de vacance du siège pontifical , à une époque où les persécutions contre les chrétiens (Persécution de Dioclétien) étaient très importantes.
Marcel Ier dut réorganiser le culte dans des bâtiments provisoires, les églises ayant été saccagées sous Dioclétien , en établissant vingt-cinq presbytéraux à Rome. Il dut aussi gérer le cas des chrétiens apostats , qui avaient renié le Christ depuis la persécution de l'empereur Dèce et aurait exigé d'eux un acte de pénitence. L'empereur Maxence , irrité contre le franc-parler de saint Marcel , l'aurait réduit à l'état d'esclave et transformé en palefrenier. La Légende dorée rapporte que , le pape Marcel fut surpris en train de célébrer la messe dans la demeure d'une Dame. L'empereur Maximien fit transformer la riche demeure en étable et condamna le pontife à garder les bestiaux. Marcel Ier est probablement mort le 16 janvier 309 et aurait été enseveli à Rome , dans la catacombe de Priscille où reposent de nombreux martyrs.
031 Saint Eusèbe 309/310 Grèce Saint Eusèbe Eusèbe est un pape d'origine grecque du ive siècle. Il n'exerça sa charge d'évêque de Rome que du 18 avril 310 , date de son intronisation , au 17 août 310 , date de son décès. La Légende dorée raconte qu'il baptisa Eusebio di Vercelli (Eusèbe de Verceil). Eusèbe fut le successeur de Marcellus Ier , en 309 ou en 310. Son règne fut bref. Le Catalogue Libérien ne lui donne qu'une durée de quatre mois , du 18 avril au 17 août , 309 ou 310. Nous apprenons quelques détails de sa carrière grâce à une épitaphe sur son tombeau fait sur l'ordre du Pape Damase , épitaphe que des transcriptions anciennes nous ont conservée. Quelques fragments de l'original , avec une copie de marbre du vie siècle , destinée à remplacer l'original après sa destruction , ont été trouvés par Giovanni Battista Di Rossi dans la Chapelle papale , dans les catacombes de Callixte. Il semble d'après cette épitaphe que les graves dissensions intérieures provoquées dans l'Église romaine par la réadmission de ceux qui avaient apostasié (les lapsi) pendant la persécution de Dioclétien se poursuivirent sous son pontificat. Sur ce point Eusèbe avait maintenu la politique de Marcellus , qui était d'ailleurs celle que l'Église romaine avait adoptée après les persécutions de Decius (250-51) : les apostats ne devaient pas être exclus à jamais de la communion de l'Église , mais d'un autre côté , on ne pouvait les réadmettre qu'après qu'ils se seraient soumis à l'indispensable pénitence (Eusebius miseros docuit sua crimina flere). À cette conception s'opposait à Rome une fraction minoritaire de Chrétiens sous la direction d'un certain Héraclius. Lui et ses partisans recommandaient-ils comme les Novatistes une interprétation plus rigoureuse de la loi ou exigeaient-ils au contraire plus d'indulgence , la chose n'est pas claire. La dernière interprétation , pourtant , est de loin la plus probable et dans cette l'hypothèse Héraclius aurait été le chef d'un parti créé par d'anciens apostats et leurs partisans , qui réclamaient une réadmission immédiate dans le corps de l'Église. Damase évoque par des termes très forts le conflit qui s'est ensuivi (seditio , cœdes , bellum , discordia , lites). Il est probable qu'Héraclius et ses partisans ont cherché à imposer par la force leur admission aux mystères sacrés , à la grande indignation des fidèles rassemblés à Rome autour d'Eusèbe. Tant et si bien que l'empereur Maxence finit par les exiler tous les deux. Eusèbe fut ainsi déporté en Sicile , où il mourut peu après. Miltiade monta sur le trône papal le 2 juillet 311. Le corps de son prédécesseur fut rapporté à Rome , probablement dès 311 et le 26 septembre (selon la Depositio Episcoporum dans le chronographe de 354) fut placé dans un cubiculum particulier des Catacombes de Calliste. Le fait d'avoir fermement défendu la discipline ecclésiastique et d'avoir été banni lui valut d'être vénéré comme un martyr .Dans son épitaphe , le pape Damase honore Eusèbe de ce titre. Sa fête , jadis célébrée le 26 septembre , l'est maintenant le 17 août.
032 Saint Miltiade 311/314 Tunisie Saint Miltiade Deuxième pape berbère. Saint Miltiade ou Melchiade , (en grec : (Μελχιάδης ὁ Ἀφρικανός) : Melchiade l'Africain) né en Afrique (territoire de l'actuelle Tunisie). Il est le 32e pape de l'Église catholique et est considéré comme un pape africain. Il est évêque de Rome du 2 juillet 311 jusqu'à sa mort le 10 janvier 314 (ou le 11 janvier).
033 Saint Sylvestre I 314/335 Sant'Angelo Saint Sylvestre I Sylvestre Ier (ou Silvestre) ou saint Sylvestre (270 - 31 décembre 335) fut le 33e pape du 31 janvier 314 au 31 décembre 3351 , pendant le règne de l'empereur Constantin Ier , qui instaura la tolérance du christianisme au sein de l'Empire romain. Sylvestre est l'un des premiers saints canonisés sans avoir subi le martyre. Il est fêté le 31 décembre.
Son autorité fut éclipsée par celle de Constantin , et il n'assista pas au synode d'Arles (314) ni au concile de Nicée (325) , convoqués par l'empereur. Il n'empêche que , avec ou sans lui , c'est sous son pontificat que l'autorité de l'Église fut établie et que furent construits les premiers monuments chrétiens : l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem , les basiliques de Saint-Jean-de-Latran et de Saint-Pierre à Rome , les églises des Saints-Apôtres et de Sainte-Sophie à Constantinople. Les historiens chrétiens de l'époque romaine (Eusèbe de Césarée et Lactance) attribuent la conversion de Constantin à une vision qu'il aurait eue juste avant la bataille du pont Milvius , où il triompha de Maxence (312). Mais la tradition médiévale , véhiculée notamment par la Légende dorée , en donne une autre interprétation : l'empereur était couvert d'une lèpre incurable , et c'est lorsque Sylvestre l'eut baptisé par immersion dans une piscine qu'il fut guéri de sa lèpre et comprit qu'il lui fallait défendre la foi chrétienne. Cet épisode est aussi raconté dans la donation de Constantin, texte apparu au ixe siècle et accordant au pape Sylvestre le pouvoir sur l'Occident. Mais le caractère apocryphe et sans valeur de ce texte est établi et admis par l'Église. En effet , en 1440 , l'humaniste italien Lorenzo Valla démontre que la donation de Constantin au pape Sylvestre Ier , donation qui fonda juridiquement le pouvoir temporel du pape pendant tout le Moyen Âge , est une invention du pape Étienne II4. On a attribué aussi à Sylvestre d'autres miracles , par exemple d'avoir ressuscité un taureau et dompté un dragon. Il fut , à l'origine , inhumé dans la Catacombe de Priscille , à Rome .
034 Saint Marc 336 Rome Saint Marc Saint Marc est , selon l'Église catholique , le 34e pape de l'Église catholique du 18 janvier 336 au 7 octobre 336. Marc est né à Rome et il est le fils de Priscus ou Prisque. Il succède à Sylvestre Ier , le 18 janvier 336. Selon Anastase Ier , Marc institue le pallium , cette bande de laine d'agneau ornée de croix noires et rouges. Marc est « sacré » par l'évêque d'Ostie , consécrateur ordinaire du pape et porte le pallium. Son bref pontificat (huit mois et quelques jours) est centré sur la lutte contre l'hérésie arienne et est marqué par l'élévation , à sa demande , de la Basilique San Marco Evangelista al Campidoglio à Rome et de l'église cimitériale Sainte-Balbine. On lui attribue la rédaction du premier calendrier où étaient rapportées les festivités religieuses. Il décède le 7 octobre 336. Initialement enterré dans la catacombe de Sainte-Balbine (it), ses reliques sont transférées à Velletri en 1048 puis en 1148 dans la basilique San Marco Evangelista al Campidoglio à Rome. Il est également possible que son corps ait été transféré , à une date non précisée , à Saint Laurent de Florence. Il est fêté le 7 octobre.
035 Saint Jules I 337/352 Rome Saint Jules I Jules Ier , né à Rome vers 280 , intronisé 35e pape le 6 février 337. Il le reste jusqu'au 12 avril 352. Le 6 février 337 , il est élu pape , c'est-à-dire évêque de Rome à cette époque , et le reste jusqu'à sa mort1. Pape considéré longtemps par l'Église chrétienne apostolique comme bienveillant , il sait faire également preuve de fermeté. Il prend la défense de saint Athanase d'Alexandrie contre les Ariens et semi-Ariens et les anti-nicéens. Il tient en 340-341 un synode à Rome contre l'Arianisme , et provoqua également la réunion du Concile de Sardique , (l'actuelle Sofia) en 342. Il fait élever à Rome , la Basilique des Douze Apôtres communément nommée à l'époque la Basilica Juliana ainsi que la Basilique Sainte-Marie-du-Trastevere. Il consacre saint Donat évêque d'Arezzo. Jules Ier mourut le 12 avril 352 et fut enterré au cimetière de Calepodio sur la via Aurelia où il avait fait construire une église. Sa dépouille fut transférée par le pape Adrien Ier , en 790 , en l'église Sainte-Marie-du-Trastevere où il repose désormais. Il est fêté le 12 avril.
036 Libère 352/366 Rome Libère Libère (Liberius) est évêque de Rome (pape) du 17 mai 352 à sa mort le 24 septembre 366. Il succède à Jules Ier. Il est le premier à désigner Rome comme le siège apostolique. La Vierge Marie lui apparaît dans un songe dans la nuit du 4 et du 5 août , lui demandant de construire une chapelle. La même nuit , selon l'histoire ecclésiastique , il y a une chute de neige miraculeuse sur les sept collines de Rome. Il achève la construction de la basilique Sainte-Marie-Majeure deux années plus tard. Cette basilique majeure de Rome est appelée basilique libérienne. Il combat l'arianisme de l'empereur Constance qui l'exile de 355 à 358 à Beroia en Macédoine. Il doit négocier son retour à Rome et partager l'administration de l'Église avec l'antipape Félix II. Mais le peuple de Rome prend rapidement parti pour Libère et chasse Félix. À sa mort en 366 , son trône est réclamé par Damase Ier et Ursin. Selon la tradition , ce serait Libère qui , en 354 fixe la fête de la naissance du Christ au 25 décembre. Il est à l'origine , inhumé dans la catacombe de Priscille à Rome. Il est le premier pape à ne pas avoir été fait saint de l'Eglise Catholique.
Pontificat :
Le pontificat de Libère se situe dans une période au cours de laquelle le dogme de l'Église , défini par le concile de Nicée , est fortement contesté par les ariens. L'empereur Constance II soutient l'arianisme et exile le patriarche d'Alexandrie Athanase d'Alexandrie , vigoureux défenseur du concile de Nicée. Constance obtient aux conciles d'Arles et de Milan le soutien de la majorité des évêques occidentaux. Certains toutefois s'en indignent. C'est le cas du pape Libère que Constance fait exiler. Constance lève cette mesure trois ans plus tard et Libère revient à Rome. La controverse porte sur les raisons qui ont motivé le revirement de Constance. Nombre d'historiens anciens et modernes prétendent que Libère aurait signé une des formules de Sirmium , condamnant saint Athanase et donnant en partie satisfaction aux ariens. Ils considèrent que Libère a agi par faiblesse et non par conviction. Par ailleurs , la formule de Sirmium signée par le pape Libère pouvait être interprétée dans un sens catholique. Toujours est-il qu'à peine libéré , il la désavoua et proclama que la seule formule à recevoir est celle du Concile de Nicée Pour la thèse inverse , Constance aurait libéré le pape sous la pression du peuple romain. Un autre argument en faveur de la sainteté du pape Libère est le jugement du pape Benoît XV : « Et ces Pontifes , qui osera dire qu’ils aient failli , même sur un point , à la mission qu’ils tenaient du Christ , de confirmer leurs frères ? Loin de là ; pour rester fidèles à ce devoir , les uns prennent sans faiblir le chemin de l’exil , tels les Libère , les Silvère , les Martin . D’autres prennent courageusement en main la cause de la foi orthodoxe et de ses défenseurs qui en avaient appelé au Pape , et vengent la mémoire de ceux-ci même après leur mort. ».
ANT Félix II 355/365 ? Félix II L'antipape Félix II, de 355 à 365, était autrefois considéré comme un pape légitime. Il est en quelque sorte situé entre Libère et Damase Ier. Au lendemain de la déportation du pape Libère en 355 par l'empereur Constance II , le clergé romain dont l'archidiacre Félix jure de n'en point reconnaître d'autre tant que leur évêque vivrait. Mais sous les pressions de l'empereur , Félix change d'avis et se fait sacrer par trois évêques ariens. Le clergé se rallie à lui mais pas le peuple qui reste fidèle à Libère. Quand Libère est libéré en 357 le clergé réunit la population dans le grand cirque de Rome et annonce que l'Église sera administrée par deux évêques. C'est un tollé qui accueille cette décision et lorsque Libère arrive à Rome une émeute éclate et chasse Félix. Ce dernier tente de revenir par la force quelque temps après , mais devant l'échec de sa tentative renonce définitivement et se retire sur ses terres dans les environs de Rome. Il meurt le 22 novembre 365. Curieusement au Moyen Âge le personnage de Félix connaît un regain de ferveur. Cela est la conséquence de l'opprobre post-mortem qui entoure le personnage de Libère et d'une confusion avec un homonyme , martyr très populaire. C'est ainsi que Félix II est honoré au Moyen Âge comme le pape légitime , souvent présenté comme un martyr.
037 Saint Damase I 366/384 Idanha-a-Velha Saint Damase I Premier Pape portugais.Damase (en latin : Damasus) ou , par rétronymie , Damase Ier ou saint Damase (sanctus Damasus) , né vers 305 et mort « presque octogénaire » à Rome le 11 décembre 384 , est citoyen romain , né de parents espagnols. C'est le 37e évêque de Rome. Il succède à Libère , mort en 366. Pontife , homme de lettres et poète , il est une des grandes figures pontificales des premiers siècles. Décédé à Rome le 11 décembre 384 , ce saint chrétien est liturgiquement commémoré le 11 décembre.
Diacre , Damase accompagne l'évêque de Rome, Libère, dans l'exil dont l'a frappé l'empereur Constance II. Damase est ainsi disposé à succéder à Libère comme évêque. Mais un autre diacre , Ursin (Ursinus) se montre plus prompt à se faire élire , puis consacrer , en la basilique Julia de Rome , dès la mort de Libère , le 24 septembre 366. Un parti plus nombreux procède , en Saint-Laurent-de-Lucine , à l'élection de Damase , qui est consacré , en la basilique-cathédrale , le 1er octobre 366 , non sans avoir fait évacuer auparavant la basilique Julia. C'est le début d'un schisme , bien documenté surtout par des sources hostiles à Damase : les Gesta Liberii , la Collectio avellana et le Libellus precum. Ursin aussitôt exilé par le préfet de la ville , ses partisans se retranchent dans une église , à laquelle les partisans de Damase donnent l'assaut. L'échauffourée fait une centaine de morts. Après une amnistie promulguée en 367 , les partisans d'Ursin essaient d'occuper l'église mais sont contraints de quitter Rome. Ils se manifestent à nouveau en 374 , à l'occasion d'un procès intenté à Damase par un juif converti , Isaac , puis à nouveau en 380 , ce qui vaut à l'affaire d'être évoquée , en 381 au premier concile d'Aquilée initié par Ambroise de Milan et présidé par Valérien d'Aquilée. Lors de son élection - une des plus mouvementées (et ensanglantées) de l’histoire de l’Église - sept prêtres et trois diacres , à la tête d'un groupe de fidèles lui reprochent de s'être rallié un certain temps , sous le pontificat précédent , à l'antipape Félix II. Les rebelles désignèrent l'un d'entre eux , Ursin comme successeur de Libère.
ANT Ursin 366/367 ? Ursin Ursin ou Ursicin1 (en latin : Ursicinus également connu sous le nom d'Ursinus) est élu pape lors d'une élection très contestée. Il exerce le pontificat de 366 à 367. Ce n'est qu'à l'occasion du concile de Rome de 378, qu'Ursin est condamné. Le pape Damase Ier est alors déclaré pape légitime. En 381, lors du concile d'Aquilée, Ursin est déclaré antipape.
Le pape Libère est banni en 355, à la suite d'un conflit avec l'empereur Constance II sur le traitement de l'arianisme . L'antipape Félix II est imposé comme son successeur. Après la mort de l'empereur, Libère s'installe finalement à Rome et Felix expulsé. Libère décède le 24 septembre 366. Au début de l'Église catholique, les nouveaux évêques de Rome sont choisis de la même manière que dans les autres diocèses , c'est-à-dire par les membres du clergé, avec les gens du diocèse, qui élisent ou choisissent le nouvel évêque, en présence des autres évêques de la province. Il s'agit d'une méthode simple dans une petite communauté de chrétiens unifiée par la persécution. Mais cette communauté chrétienne de Rome a grandi en taille et l'acclamation d'un nouvel évêque s'accompagne de divisions, entre les prétendants d'une part et une certaine hostilité de classe entre les candidats patriciens et les plébéiens qui commencent à perturber l'élection des évêques. Dans un même temps, les empereurs du ive siècle doivent confirmer chaque nouveau pape.
Une élection agitée Les partisans patriciens de Félix appuient l'élection de Damase tandis que les partisans opposés, ceux de Libère, les diacres et les laïcs , soutiennent Ursin, lui-même diacre. Tous deux sont élus en même temps, dans une atmosphère d'émeute. Ursin est alors sacré par l'évêque de Tibur. Les supporters des deux camps s'affrontent durant trois jours. Le calme revient à la suite de l'intervention du préfet de Rome qui fait expulser Ursin1. Selon une autre version fournie par Marcellino et Faustino, deux prêtres lucifériens qui, après avoir été expulsés de Rome par Damaso, rédigent le Libellus Precum. Partisans d'Ursin, ils affirment que ce dernier est élu avant Damase par les personnes en communion avec l'Église de Libère, sur le Tibre. Ursin est ordonné par Paul, évêque de Tivoli (Tibur). Selon eux, Damase, en réponse à cette élection, fait irruption dans l'église et massacre beaucoup de gens. Sept jours plus tard, celui-ci prend possession de la basilique du Latran, où il est sacré, le 1er octobre 366.
Conséquences de l'élection
Après ces deux élections, tous les récits conviennent que les partis rivaux se sont affrontés à chaque occasion et qu'au cours de ces affrontements, de nombreuses vies ont été perdues. La violence face à laquelle, les deux préfets de la ville, le préfet de Rome Vivenzio Scisciano (it) et le préfet de l'annone Giuliano, sont appelés pour rétablir l'ordre. Finalement, d'un commun accord, les préfets bannissent Ursin vers la Gaule, mais les combats continuent. En 367, l'empereur Valentinien permet aux bannis de revenir, mais il les menace de punition sévère en cas de nouvelles émeutes. Ursin revient le 15 septembre : il est reçu avec de grandes démonstrations de joie de la part de ses disciples, mais le 16 novembre, il est à nouveau relégué en Gaule, avec sept des siens, par ordre de l'empereur. Cependant, la paix n'est pas été immédiatement rétablie. Ses disciples continuent à se réunir dans les cimetières et prennent possession de l'église de Sainte-Agnès hors les Murs (it). Toujours selon Marcellino et Faustino ils en sont chassés par Damase lui-même avec ses disciples, dans un bain de sang. Après ces événements, le nouveau préfet de Rome Vettius Agorius Praetextatus, successeur de Vivenzio, interdit la réunion des deux parties. En 371, cependant, les empereurs Valentinien, Valens et Gratien permettent à Ursin et ses amis de rentrer d'exil de Gaule, leur permettant de vivre là où ils voudraient, mais loin de Rome et ses régions suburbaines .
Le concile de Rome de 378
En 378, un concile à lieu à Rome. Il condamne Ursin et affirme Damase en tant que vrai pape. De ce conseil, une lettre est adressée aux empereurs Valentinien II et Gratien, dans laquelle il est précisé qu'Ursin et ses disciples sont gardés secrètement en raison de leur machination contre Damase.
038 Saint Sirice 384/399 Rome Saint Sirice Saint Sirice (en latin Siricius), (°Rome vers 320 – † 26 novembre 399, Rome), est le 38e évêque de Rome, Élu en décembre 384, il est le premier qui porte effectivement le titre de pape. Selon la tradition, Sirice naît à Rome et a pour père un dénommé Tiburce. Selon son épitaphe, il est lecteur, puis diacre, sous le pontificat de Libère (352–356). Une lettre de l'empereur Valentinien II au préfet de Rome indique que Sirice est élu pape à l'unanimité à la mort du pape Damase. Il est consacré évêque peu après, probablement le 17 décembre. Son premier acte officiel revêt une portée historique très importante. En effet, Himérius, évêque de Tarragone, avait adressé à Damase une liste de 15 questions portant sur le baptême, la pénitence, l'ordination ou encore le mariage. Fraîchement élu, Sirice lui répond le 10 février 385. Les indications données n'ont rien de révolutionnaire : elles reprennent des dispositions du concile de Nicée (325) ou encore de concile de Sardique (343) (aujourd'hui Sofia en Dacie). Cependant, Sirice les assortit de sanctions. Pour la première fois un avis de l'évêque de Rome devient une loi pour l'ensemble de l'Église. Cette lettre constitue la première décrétale (lettre pontificale sur des questions de discipline ou de droit canonique) authentique connue. Insensiblement, par cette décrétale le primus inter pares qu'était l'évêque de Rome assume un rôle de souverain pontife. Sirice a pleinement conscience de son autorité sur l'ensemble de l'Église. Cette décrétale est suivie d'autres missives incitant les évêques d'Afrique à appliquer les canons de deux conciles romains, l'un convoqué par Damase et l'autre par lui-même (386). Le premier canon concerne la consécration de l'évêque et l'obligation de chasteté des clercs. Le second exige une enquête préalable sur les candidats aux ordres. Ainsi s'amorce la législation pontificale. Sirice œuvre avec énergie contre les hérétiques, en collaboration avec Ambroise, évêque de Milan. Lors du concile de Capoue (392), il condamne Bonose, évêque de Sardique, qui nie la virginité de Marie. La même année, il condamne lors d'un concile romain le moine Jovinien, qui non seulement nie aussi la virginité de Marie, mais récuse la vie de célibat et de chasteté. Il laisse cependant aux églises locales le soin de sanctionner les deux hérétiques. À la suite de Damase, il intervient dans la controverse des priscillianistes. Après la mort de l'empereur Maxime en 388, il sanctionne les évêques ayant livré Priscillien et ses compagnons au bras séculier. C'est le cas en particulier d'Ithace, évêque de la cité où avait été exécuté Priscillien. Sirice condamne également Félix, évêque de Trèves, qui soutient Ithace. Enfin, il autorise le retour au sein de l'Église des priscillianistes. Sous son règne est bâtie la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, sur la tombe présumée de l'apôtre, sur la via Ostiensis. Sirice la consacre en 390 ; son nom figure sur l'un des piliers ayant survécu à l'incendie de 1823. Il fut, à l'origine, inhumé dans la Catacombe de Priscille, à Rome. Saint Jérôme évoque dans sa lettre cxxvii son manque de jugement : il lui reproche d'avoir délivré à Rufin d'Aquilée, suspecté d'hérésie, un certificat d'orthodoxie. Au contraire, saint Ambroise loue dans sa lettre xlii son action contre les hérésies. Isidore de Séville le qualifie de clarissimus pontifex (« pontife très illustre »). Retiré du martyrologe romain, son nom y est réinscrit par Benoît XIV qui écrivit un long mémoire à ce sujet. Liturgiquement il est commémoré le 26 novembre, date anniversaire de sa mort.
039 Saint Anastase I 399/401 Rome Saint Anastase I Anastase Ier, l'un des saint Anastase, est le 39e pape, de 399 à 401. Les églises chrétiennes le célèbrent le 19 décembre en Occident et le 27 avril en Orient. Il est né à Rome, au sein de la famille des Massimi. Il condamne Origène et les donatistes. Au sein de l'Église, Anastase est cependant un homme de conciliation en particulier au moment de la querelle avec Origène. Il est très attentif au retour des chrétiens qui, devant la persécution, ont cédé par faiblesse : quelques-unes de ses lettres en témoignent. Anastase combattit les disciples d'une secte qui pratiquait des rites hétérodoxes et décida que les prêtres devaient se lever et tenir la tête inclinée durant la lecture de l'Évangile. Il mourut le 19 décembre 401. Il est enterré à Rome, sur la via Ostiense, au-dessus des catacombes de Saint-Pontien. Son pontificat dura un peu plus de deux ans.

Élus au 5 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
040 Saint Innocent I 401/417 ? Saint Innocent I Innocent Ier est pape de 401 à 417. Il est fêté le 28 juillet. Innocent succède, selon Jérôme (Ep, 130, 16), au pape Anastase Ier, son père, le 21 décembre 401. Selon le Liber Pontificalis (L. Duschesne, Le Liber pontificalis, p. 220-224), peu de choses seraient connues de ses jeunes années si ce n'est qu'il serait originaire d'Albano dans le Latium et le fils d'un homme nommé Innocentius. Ceci dit, son pontificat reste l'un des plus importants de cette période tragique où l'Empire romain est en train de vivre ses dernières années en Occident. Le désastre de la prise de Rome par Alaric Ier le 24 août 410, à l'heure même où à Ravenne le pape discute avec l'empereur Honorius de l'opportunité de faire du chef wisigoth le commandant des forces impériales, est un déclic, semble-t-il, pour Innocent. Il est clair que le temps est révolu où l'Église s'accommode d'un gouvernement parcellaire où chaque évêque est totalement responsable de son diocèse sans rendre de compte à Rome. Pour Innocent seule une autorité forte, autorité qui n'est plus assurée par l'empire, peut garantir le salut de l'Église. Cette tendance déjà amorcée par ses prédécesseurs, Anastase Ier et surtout Sirice, va s'accentuer sous le pontificat d'Innocent Ier à un point jamais atteint jusqu'à ces jours sombres. Il consolide l'autorité du Pape, renforce les liens avec les évêques d'Occident (Carthage, Tarragone, etc.) mais aussi d'Orient (Thessalonique) et exige que les problèmes de doctrine soient débattus à Rome. Il condamne ainsi vigoureusement le pélagianisme en approuvant les travaux du concile de Carthage de 416. Ses relations avec la cour de Constantinople et le patriarche sont fluctuantes. Il refuse un partage de l'autorité avec le patriarche mais entretient de bonnes relations avec Jean Chrysostome pour lequel il intervient en vain lorsqu'en 403 celui-ci est exilé une première fois par les intrigues de l'impératrice Eudoxie. Il est l'auteur d'une liste de livres canoniques de la Bible incluant tous les livres qui seront finalement retenus au concile de Trente (source : TOB, introd. à Judith). Il meurt le 12 mars 417.
041 Saint Zosime 417/418 ? Saint Zosime C'est un saint de l'Église catholique romaine fêté le 26 décembre. On ne sait que peu de chose sur sa vie si ce n'est qu'il est grec de nation, que son père s'appellerait Abram et que sa famille serait d'origine juive, convertie au christianisme. Successeur d'Innocent Ier, il fut élu unanimement le 18 mars 417. Zosime est un Grec, étranger à la mentalité romaine, pourvu de bonnes intentions mais dépourvu de tact et de diplomatie. À cette époque, Célestius, qui partageait les idées de Pélage, déjà condamné par saint Innocent, vint à Rome et porta son appel de la condamnation prononcée contre lui-même par le concile de Carthage. Zosime mit dans l'instruction de cette affaire toute la circonspection et toute la prudence d'un juge qui veut être convaincu. Il entendit l'accusé dans une assemblée composée de prêtres et d'évêques. Il lui fit même promettre de condamner tout ce qui serait condamné par le Saint-Siège. Néanmoins il ne leva point l'excommunication et prit un délai de deux mois afin de pouvoir écrire en Afrique et en recevoir des réponses. Le pape écrivit lui-même aux évêques d'Afrique, pour être parfaitement informé des motifs de leur jugement. Mais Célestius et Pelage trouvèrent des amis qui parvinrent à s'emparer de la religion du saint pontife ; il les reconnut innocents et alla même jusqu'à punir deux envoyés de Carthage, qui étaient venus à Rome pour soutenir la décision du concile. Zosime reçut alors une lettre de Praïle, évêque de Jérusalem, successeur de Jean qui lui recommandait spécialement l'affaire de Pelage, pour lequel il était aussi affectionné que l'avait été son prédécesseur. Le pape, prévenu par cette lettre et par une profession de foi de Pelage qui y était jointe, en faveur des intentions de cet hérésiarque, écrivit aux évêques d'Afrique une seconde lettre plus forte que la première et dans laquelle il témoignait être persuadé de la sincérité de Pelage et blâmait même Héros et Lazare, qui avaient pour eux l'estime de saint Augustin. C'est ainsi que Zosime se laissa surprendre par les artifices de Pelage et de Célestius, par sa trop grande bonté et par un excès de crédulité, non en approuvant l'erreur avec eux, dit un auteur non suspect, mais en les croyant catholiques avec lui.[non neutre] Après la nouvelle lettre synodale du concile de Carthage du 1er mai 418 au pape, et après les mesures prises par l'empereur Honorius contre les pélagiens, Zosime reconnut le vrai caractère des hérétiques2. Il écrivit alors une lettre à tous les évêques, spécialement à ceux d'Afrique, où il expliqua solidement la doctrine catholique sur le péché originel et la grâce de Jésus-Christ. Dix-huit évêques refusèrent de la souscrire ; à leur tête était le fameux Julien d'Eclane. Ces dix-huit réfractaires (d'autres n'en comptent que dix-sept) donnèrent le premier exemple de l'appel d'une constitution dogmatique du Saint-Siège au futur concile général. Tous les évêques d'Afrique tinrent un nouveau concile et, avec le secours et l'éloquence de saint Augustin, parvinrent à faire triompher la vérité. Zosime reconnut qu'il avait été trompé : il ordonna un nouvel examen, et le premier jugement fut rétracté. Prévenu de même en faveur de Patrocle, évêque d'Arles, Zosime accorda à ce siège, en 417, un droit de primatie pour les ordinations et les jugements, qui fut par la suite un grand sujet de contestation et qui ne fut pas soutenu par les papes, ses successeurs. Il s'aliène les évêques de Gaule en tentant d'imposer son protégé à la tête des diocèses de Vienne et Narbonne. L'évêque de Marseille, Proculus, encourut l'indignation de ce pape pour avoir affecté les droits de métropolitain sur la deuxième Narbonnaise. Une autre contestation s'élevait entre lui et les évêques d'Afrique, au sujet d'un prêtre nommé Apiarius, qui appelait au Saint-Siège de l'excommunication prononcée contre lui par l'évêque, lorsqu'une maladie longue et douloureuse enleva le pape, le 26 décembre 418. Considéré comme saint par l'Église catholique, il est fêté le 26 décembre. On lit dans le martyrologe qu'il ordonna que les diacres porteraient des pâlies ou serviettes sur le bras gauche, d'où l'on conclut qu'il a établi le manipule. On lui attribue aussi divers usages et règlements, par exemple de bénir le cierge pascal dans les paroisses ; mais cette bénédiction est d'un temps plus reculé. Il reste de Zosime treize lettres, qu'on trouve écrites avec beaucoup de vigueur et d'autorité. Les anciens ont fort loué la constitution de Zosime contre Pelage, dont il ne nous reste que quelques fragments ; elle est connue sous le nom de Tractoria Zosimi, nom générique donné aux lettres et décrets portés dans les provinces par les courriers publics et que quelques critiques croient devoir être appelés Tractatoria. On peut consulter sur Zosime : Anastase, dans sa Bibliothèque ; Baronius, dans ses Annales ; le tome 10 de dom Cellier.
ANT Eulalien 418/419 ? Eulalien Eulalien, né vers 380 et mort vers 423, antipape du 27 décembre 418 au 3 avril 419. Il fut aussi appelé Eulalius. À la mort du pape Zozime, un collège électoral illégalement réunit par les diacres se barricadent au Latran et élit l'archidiacre Eulalius mais le 28 décembre 418 la grande majorité des diacres élisent l'un d'entre eux le diacre Boniface. L'empereur Honorius confirme le 3 avril 419 l'élection légal de Boniface Ier. Eulalius accepta la décision de l'empereur et se retira à Antium (Anzio). En 422 Boniface Ier tomba malade et mourut, Eulalius n’essaya pas de récupérer le siège pontifical malgré la pression de ses partisans. Le Liber Pontificalis lui attribue un diocèse en Campanie.
042 Saint Boniface I 418/422 ? Saint Boniface I C'est un saint pour l'Église catholique romaine, fêté le 4 septembre. À la mort du pape Zosime, le 26 décembre 418, le parti des diacres élit pour lui succéder l'archidiacre Eulalien, le 27 décembre. Or, le 28, les prêtres choisissent l'un des leurs, qui devient Boniface Ier. Il en résulte que, le 29 décembre, les deux hommes sont sacrés chacun de leur côté. Pour trancher la question, l'empereur Honorius convoque un synode à Ravenne le 8 février 419 et interdit aux deux prétendants d'entrer dans la ville de Rome. En fait, le synode hésitant laisse la décision à l'empereur. Comme celui-ci semble prendre son temps, Eulalien s'impatiente et pénètre dans la cité de Rome pour y célébrer les cérémonies de Pâques. Les troupes d'Honorius interviennent alors pour installer Boniface, tandis qu'Eulalien se console avec un évêché en Campanie (il y meurt sans histoires en 423). Pour éviter le renouvellement du problème, Honorius promulgue une ordonnance disposant qu'en cas de double élection, aucun des deux élus ne soit pape, mais que l'on procéderait à l'élection d'un troisième. Le choix de Boniface est assez heureux, car il rétablit la dignité pontificale écornée par son prédécesseur. Il invoque, dans une lettre aux évêques de Thessalie en 422, pour la première fois le terme de principatus pour désigner l'Eglise romaine. Il retire son mandat à Patrocle d'Arles, nommé par Zosime métropolite des provinces de Vienne et Narbonne. Ceci rassure le clergé gaulois. Il parvient à convaincre l'empereur d'Orient, Théodose II, de rendre à la juridiction de Rome la province d'Illyrie, alors qu'il l'a précédemment remise au patriarche de Constantinople. Il est l'auteur de décrets interdisant aux femmes, fussent-elles religieuses, de toucher les linges sacrés (y compris pour les laver) ou de venir à l'autel pour y brûler de l'encens. Il interdit également aux esclaves de devenir des clercs. Il meurt le 4 septembre 422. Il est considéré comme saint par l'Église catholique romaine. Il est fêté le 4 septembre.
043 Saint Célestin I 422/432 Rome Saint Célestin I Il est probablement d'origine campanienne mais nous ignorons la date de sa naissance. Il se fait remarquer comme diacre à Rome et vit un certain temps à Milan auprès d'Ambroise de Milan. Il est élu le 10 septembre 422 pour succéder à Boniface Ier. Pape énergique, il précise les règles à suivre pour les élections épiscopales afin d'éviter les querelles qui avaient envenimé les débuts du règne de son prédécesseur. Adepte d'une grande fermeté, il souhaite renforcer la discipline des différents épiscopats, ses premières lettres aux évêques de Gaule et d'Italie sont très explicites sur ce sujet. À propos de l'élection de l'évêque Honorat à Arles, le pape Célestin Ier écrit ainsi en 428 à tous les évêques du sud-est de la Gaule pour leur demander qu'à l'avenir : « un prêtre ne soit élu, venant d'une autre Église, que dans le cas où aucun clerc de l'Église à pourvoir ne serait jugé digne, ce que nous croyons ne pouvoir se produire. Il faut réprouver le fait de préférer ceux des Églises étrangères, ne pas faire appel à des étrangers de peur que l'on ne paraisse avoir établi une sorte de nouveau collège d'où seraient tirés les évêques ». Célestin intervient aussi dans les nombreuses querelles dogmatiques de ce temps et condamne le nestorianisme qui distingue dans le Christ deux personnes distinctes. Le pape commence alors par se cantonner dans un rôle d'arbitre entre Nestorius, le patriarche de Constantinople à l'origine de cette doctrine (qui sera ultérieurement proclamée hérétique), et le patriarche saint Cyrille d'Alexandrie, qui vient de l'alerter à ce sujet. Prenant alors une connaissance plus approfondie des thèses hétérodoxes de Nestorius, le pape Célestin soutiendra totalement le patriarche d'Alexandrie et sommera Nestorius de se rétracter, mais en vain. En 430, lors d'un synode tenu à Rome, le pape excommunie Nestorius puis envoie trois légats au concile d'Éphèse (431) pour y représenter Rome et donne mandat à Cyrille d'Alexandrie de mener les débats conciliaires en son nom. Le nestorianisme y sera solennellement condamné ; toutefois, cherchant l'apaisement, les légats pontificaux tenteront de rétablir à nouveau la concorde entre Constantinople et Alexandrie.
044 Saint Sixte III 432/440 ? Saint Sixte III Il est un membre influent de l'entourage des papes Zosime puis Boniface Ier et Célestin Ier et, après avoir semblé pencher pour le pélagianisme dans sa jeunesse, il s'est rallié à une stricte orthodoxie à la suite d'un échange de lettres avec Augustin d'Hippone. Son élection le 31 juillet 432 n'est donc pas une véritable surprise. Son action s'illustre surtout dans la politique de construction d'édifices religieux avec la construction de la basilique Sainte-Marie-Majeure sur l'emplacement de la basilique construite par le pape Libère (352–366), une seconde basilique, celle de Saint-Laurent-la-Grande, à côté de celle construite par l'empereur Constantin Ier pour le même saint, et enfin le baptistère du Latran. Dans ses rapports avec les Églises d’Orient il cherche l'apaisement, surtout après la crise du nestorianisme, mais défend avec vigueur ses prérogatives sur l'Illyrie face aux revendications du patriarche de Constantinople. Il meurt le 19 août 440. Léon Ier lui succède. Sa fête pour l'Église catholique romaine est le 19 août.
045 Saint Léon I 440/461 Rome Saint Léon I Saint Léon Ier le Grand, pape de 440 à 461, et docteur de l'Église. Ses origines sont mal connues. Né en Toscane ou à Rome entre 390 et 400, fils d'un dénommé Quintianus, il est archidiacre de Rome sous le pontificat de Célestin Ier (422/432) puis de Sixte III (432/440) dont il est l'homme de confiance. À la mort de ce dernier, le 19 août 440, Léon est en Gaule à la demande de la cour de Ravenne afin d'arbitrer un conflit entre le patrice Aetius et le préfet du prétoire Albinus. Sa réputation et son influence sont si grandes qu'il est élu pape par le peuple romain pendant son absence en Gaule. Il rentre à Rome en septembre pour être sacré le 29 septembre. Il a pour conseiller saint Pierre Chrysologue. C'est un pape relativement avare de confidences sur sa personne, contrairement à nombre de ses successeurs. De son pontificat, on ne connaît que son activité pastorale et théologique. Il ignore probablement le grec, ne goûte guère la philosophie et les auteurs classiques dont on ne trouve quasiment pas de citations dans la centaine de sermons que l'on possède de lui. Mais Léon Ier possède au plus haut point la conscience de la dignité de sa fonction d'évêque de Rome. Il justifie la primauté de l'évêque de Rome par sa qualité de successeur de Pierre. De fait, il privilégie de façon claire la fonction plutôt que la personne qui l'assume. Ce principe ne sera plus réellement remis en question avant 1054. D'ailleurs, en 445, l'empereur Valentinien III reconnaît officiellement la primauté du pape à la suite de la condamnation de l'évêque d'Arles Hilaire. Il est énergique et serein, tenace et résolu. Il exerce sa juridiction sur trois zones. Tout d'abord la ville de Rome et l'Italie où il réprime la secte des manichéens et le pélagianisme. En 443, il rassemble à Rome de nombreux évêques et prêtres pour mettre en garde contre les sectes et inviter ceux qui le souhaitent à se rétracter de leurs erreurs. Beaucoup, semble-t-il, se rétractent ; quant aux récalcitrants ils sont sanctionnés. Léon oblige aussi les évêques à assister chaque année au synode de Rome. Il leur rappelle les conditions d'admission à l'épiscopat. Sur la Gaule, l'Espagne et l'Afrique du Nord ensuite où il encourage la lutte contre le priscillianisme, invitant l'évêque d'Astorga à réunir un concile contre cette hérésie. De même il exprime sa réprobation à Hilaire d'Arles qui s'arroge un pouvoir sur les évêques de Gaule. Enfin en Orient, où l’évêque de Thessalonique devient son vicaire, Léon exerce sa juridiction sur les régions balkaniques. Les innombrables querelles sur la personne et la nature du Christ permettent à Léon Ier d'en imposer aux théologiens byzantins. Dans le Tome à Flavien1, lettre publiée le 13 juin 449 et adressée au patriarche de Constantinople, il exprime de façon magistrale la doctrine de l'unicité de la personne du Christ subsistant en deux natures distinctes et réfute ainsi clairement le monophysisme. Théodose II convoque un concile à Éphèse en 449 mais Eutychès empêche les représentants du pape de prendre la parole (le brigandage d'Éphèse). Le triomphe d'Eutychès est de courte durée car, après la mort accidentelle de Théodose II, la nouvelle impératrice Pulchérie et son mari Marcien, favorables à l'orthodoxie, convoquent un nouveau concile à Chalcédoine (451). Léon Ier fait triompher son point de vue et, à la lecture de son Tome à Flavien, l'assemblée se lève, s'écriant : « C'est Pierre qui parle par la bouche de Léon ». Si le triomphe doctrinal est complet, il en va différemment sur le plan politique où Léon Ier accuse un échec avec le 28e canon du concile qui affirme l'égalité de droit des sièges de Rome et de Constantinople, les deux villes étant cités impériales. Pour Léon, c'est inacceptable car sa primauté, estime-t-il, vient non pas du prestige de la ville mais de sa qualité de successeur de Pierre. Cette tension, source de bien des conflits dans l'avenir, reste pour l'instant contenue car Léon Ier est conscient de l'importance pour la papauté d'être présente à Constantinople.
L'action politique de Léon Ier n'est pas négligeable. L'épisode le plus célèbre est la rencontre avec Attila en 452 à Mantoue où le pape persuade le conquérant de faire demi-tour. Il est vrai que l'intervention de l'empereur Marcien sur les arrières des Huns n'est sans doute pas étrangère au retrait d'Attila, plus sans doute que le pouvoir de persuasion du pape. En 455 il lui est impossible d'empêcher le deuxième pillage de Rome par Genséric et ses Vandales. Mais il parvient quand même à négocier que la ville ne soit pas incendiée et qu'il n'y ait ni meurtres, ni viols, ni violences. Saint Léon meurt le 10 novembre 461. Il est enseveli sous le portique de la basilique vaticane. Il est, avec Grégoire Ier et Nicolas Ier (non officiel), le seul pape auquel a été attribué le qualificatif de « grand ». Il est fêté le 10 novembre.
Nous possédons de lui 173 lettres qui sont autant de documents sur la vie de l'Église et de la papauté. Il est aussi le premier pape dont nous ayons les Sermons, 97 en tout, prononcés généralement lors des grandes fêtes de l'année liturgique, ou des temps privilégiés. D'une grande simplicité, clairs, souvent assez courts, ils exposent les mystères du Christ, préconisent le jeûne et la générosité et prêchent le dogme de l'Incarnation tel qu'il est défini au concile de Chalcédoine. Certains expliquent aussi sa conception du rôle du souverain pontife lequel est l'héritier de l'autorité conférée par Jésus à Pierre. Ce dernier, selon Léon Ier, est toujours présent dans l'Église et transmet à son successeur son autorité suprême. C'est pourquoi seul le siège apostolique, le siège de l'Apôtre, c'est-à-dire Rome, doit recevoir la mission de diriger l'Église universelle (catholique). Il considère qu'à la grandeur passée de la cité impériale doit succéder l'humilité de la Rome des apôtres Pierre et Paul. Saint Léon a permis le premier missel qui, modifié, est dévenu le Sacramentaire léonien, compilation de textes liturgiques des ve, vie et viie siècles. Le Sacramentaire léonien contient probablement des éléments qui remontent à saint Léon. Léon est le sujet d'une tragédie de Juliana Cornelia de Lannoy, intitulée Léon le Grand (1767). Louis de Wohl, dans Le trône du monde (1946), réédité sous le titre Attila le Hun, fait intervenir Aetius, Attila, Honoria et Léon Ier dans ce roman historique.
046 Saint Hilaire 461/468 Sardaigne Saint Hilaire
047 Saint Simplice 468/483 Tivoli Saint Simplice Saint Simplice (en latin : Simplicius), originaire de la région de Tivoli, fut pape du 3 mars 468 au 10 mars 483. Simplice fut élu pape à une période d'incessantes invasions barbares qui n'épargnèrent que le Vatican. C'est en 476, sous son pontificat, que survint la chute de l'Empire romain, avec Romulus Augustule. Le schisme qui s'ensuivit conduisit à la fondation de nouvelles Églises en Orient. Mais pour les mêmes raisons, son importance et son influence s'accrurent en Occident. Il passa la plus grande partie de ses 15 années de pontificat à combattre le monophysisme. Avec l'aide de l'empereur Zénon, il fit reconnaitre l'autorité du concile de Chalcédoine et rétablir sur le siège d'Alexandrie et sur celui d'Antioche les évêques catholiques qui en avaient été chassés par les eutychiens en 451. Simplicius réorganisa le patrimoine de l'Église, réglant notamment la distribution des offrandes aux pauvres. Il envoya un peu partout des prêtres pour combattre l'hérésie arienne. Durant sa longue agonie, il confia l'évêché de Rome et l'Église au préfet du prétoire Caecina Decius Maximus Basilius le Jeune. Celui-ci profita de sa position et de l'effondrement de l'Empire pour placer l'Église de Rome sous le contrôle du Sénat. À sa mort, Simplice sera inhumé dans l'ancienne basilique Saint-Pierre.
048 Saint Félix III 483/492 Rome Saint Félix III Félix III est un aristocrate romain, fils du prêtre Félix, il fut bisaïeul du futur saint Grégoire le Grand. Veuf et père de famille (il a deux enfants), il est élu pape à la succession de Simplice le 13 mars 483. Il arrive sur le trône de Pierre avec l'appui évident du roi des Hérules, Odoacre, mais la forte personnalité du pape parvient rapidement à faire oublier ce soutien embarrassant. Félix III est confronté rapidement d'ailleurs en 488 à l'invasion de l'Italie par Théodoric le Grand et à la chute de son ancien protecteur. En Afrique les Vandales, ariens, déclenchent une violente persécution contre les catholiques. Mais c'est la rupture avec Constantinople qui occupe surtout son pontificat. En effet l'empereur Zénon, sous l'influence du patriarche de Constantinople Acace, a tenté d'apaiser le conflit monophysite en publiant un texte, l'Henotikon (ou « acte d'union »), supposé trouver un compromis entre monophysisme et orthodoxie. Mais Félix III y décèle une trop forte influence du monophysisme et lance l'anathème (484) contre Acace (contre l'empereur cela comportait sans doute plus de risque). Le patriarche réagit en rayant le nom de l'évêque de Rome des diptyques liturgiques, ce qui revient à l'excommunier. Cette rupture va durer jusqu'au règne de Justin Ier en 519, soit 35 ans de schisme. Félix III parvient cependant, avec l'aide de Zénon qui signe une trêve avec les Vandales, à mettre un terme aux persécutions contre les catholiques africains. Il se trouve alors confronté au problème des catholiques devenus ariens sous les persécutions de Genséric et de son fils Hunéric et qui souhaitent redevenir catholiques. Ceux qui sont restés fermes dans leur croyance sous la persécution refusent ce retour et Félix iii doit envoyer une lettre aux évêques d'Afrique exposant sous quelles conditions ils peuvent recevoir dans l'Église ces « brebis égarées ». Félix III meurt à Rome le 1er mars 492. Il est considéré comme saint par l'Église catholique romaine, qui le fête le 1er mars. Ses reliques se trouvent dans la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome.
049 Saint Gélase I 492/496 Afrique Saint Gélase I Gélase Ier, né en Afrique du Nord (territoire de l'actuelle Tunisie) et mort à Rome le 19 novembre 496, est le 49e pape de l'Église catholique. Son pontificat dure à peine quatre ans, de 492 à l'année de sa mort, mais sa contribution aux rapports entre Église et État et au concept même de papauté est décisive. D'origine berbère, il est considéré comme saint par l'Église catholique qui le fête le 19 novembre.
Gélase est originaire d'Afrique du Nord. C'est un berbère de la tribu des Jlass (une confédération tribale du territoire de l'actuelle Tunisie).Il possède une très forte personnalité qu'il met au service de Félix III dont il est le principal collaborateur et dont il rédige les lettres. La succession du défunt pape ne pose d'ailleurs aucun problème puisque Gélase Ier est élu le 1er mars 492 — c'est-à-dire le jour même du décès de son prédécesseur. Si sa biographie est peu connue, les traités et nombreuses lettres qu'il a laissés permettent d'appréhender une partie de son action politique et pastorale.
Depuis 476, la péninsule italienne4 est dominée par les « Barbares ». Le patriarche Acace de Constantinople (472-489) se considère dès lors comme le « premier des évêques pour l’Église de l'empereur chrétien ». L'empereur Zénon soutient Acace, qui avait rédigé l’Hénoticon, un formulaire ne faisant pas état de la controverse sur la nature ou les deux natures de Jésus afin de répondre aux vœux du parti chalcédonien modéré et des monophysites, mais finalement personne n'est satisfait et les partis s'excommunient réciproquement. La rupture va durer trente-cinq ans. À la suite de Félix III, Gélase défend vigoureusement la primauté de Rome contre le schisme d'Acace et poursuit la politique d'indépendance de l'Église romaine, entamée par son prédécesseur, en particulier vis-à-vis de la cour de Byzance et du nouvel empereur Anastase Ier toujours favorable au monophysisme. C'est dans le cadre de ces querelles théologico-politiques qu'on lui doit des traités théologiques, dont le livre des deux natures en Jésus-Christ, contre Eutychès et Nestorius. Gélase lutte également avec acharnement contre le pélagianisme, qui relève provisoirement la tête. C'est durant son pontificat, qu'à partir de 493, l'arien Théodoric, à la tête des Ostrogoths, prend le pouvoir en Italie. Anastase espère que Théodoric va pouvoir amener Gélase à composer avec l'Orient, mais ce dernier demeure d'une inflexible intransigeance, étant certain des « privilèges du siège de Pierre ». Il fait parvenir à l'empereur, en 494, une lettre, où il formule avec clarté le principe qui selon lui doit inspirer les relations entre la papauté et l'empire :
« Je vous prie Votre Piété de ne pas juger arrogance ce qui est devoir envers la vérité divine. J'espère qu'il ne sera pas dit d'un empereur romain qu'il n'a pas souffert qu'on lui rappelât la vérité. Il y a deux principes, Empereur Auguste, par qui ce monde est régi au premier chef : l'autorité sacrée des pontifes et la puissance royale, et des deux, c'est la charge des prêtres qui est la plus lourde, car devant le tribunal de Dieu ils rendront compte même pour les rois des hommes. Vous savez en effet, Fils très clément, que, bien que vous régniez sur le genre humain, vous courbez avec dévotion la tête devant ceux qui président aux choses divines, et que vous attendez d'eux les moyens de votre salut. »
Le pape Gélase réaffirme ainsi avec vigueur la doctrine traditionnelle de l'autonomie de la juridiction ecclésiastique vis-à-vis du pouvoir politique, affirmant la supériorité du spirituel sur le temporel : l'empereur n'est qu'un fils de l'Église, comme tout chrétien, et non pas un prêtre. Si les empereurs peuvent apporter le soutien de leur autorité temporelle aux évêques, ils devraient rester soumis à ces derniers dans toutes les matières de foi, chacun des deux ordres demeurant ainsi compétent en son domaine propre9. À Rome, où la liturgie chrétienne s'empare peu à peu des rues de l'Urbs, les processions pontificales se rendent successivement dans chacune des églises titulaires où l'évêque de Rome célèbre les offices pour marquer l'unité de la communauté, entouré du clergé et des fidèles. Gélase supprime la dernière fête païenne qui subsiste encore, celle des Lupercales, et lui substitue sans doute la fête chrétienne de la Chandeleur. Dans son diocèse suburbicaire, il s'attache à la résolution des problèmes disciplinaires et veille au comportement et au recrutement des clercs. Il fait dresser un polyptyque qui relève les rentes des propriétés de l’Église dont, avec l'argent des donateurs, il répartit les revenus en quatre quarts, entre l'évêque de Rome, les clercs, les nécessiteux et un fonds pour la construction et l'entretien des bâtiments du culte. Dans le traité Tomus de anathematis uinculo, il réaffirme avec force le primat romain, affirmant que c'est le successeur de Pierre qui lie et délie. Néanmoins l'autorité de l'évêque de Rome n'est pas toujours comprise, et ses directions et instructions peuvent susciter l'étonnement chez ses pairs, à l'instar de l'évêque Honorius de Salone. On lui attribue faussement un Sacramentaire gélasien (Liber sacramentorum Romanae ecclesiae), une compilation du vie siècle qui institue les rituels des sacrements et les usages liturgiques de l'Église de Rome. On lui a également attribué un texte de la même époque, De libris recipiendis et non recipiendis, désormais connu sous le nom de Décret pseudo-gélasien, listant les textes reçus par Rome et les apocryphes, dans lequel certains contemporains ont pu voir un ancêtre de l'Index librorum prohibitorum. Il s'agit en fait d'une compilation faite en Gaule méridionale à partir de matériaux d'origine romaine, notamment les actes du synode romain de 382 tenu sous le pontificat de Damase.
050 Anastase II 496/498 ? Anastase II Anastase II fut le 50e pape du 24 novembre 496 au 19 novembre 498. Romain de naissance, fils d'un dénommé Pierre, il s'agit peut-être de l'Athanase qui fut chargé de lire la lettre du pape Félix III au concile de Rome, en 485, et les requêtes de Misène au concile de 495. Son élection se fit le 24 novembre 496, après un interrègne de trois jours. Dès son élévation au pontificat, il chercha à ramener les monophysites au sein de l'Église et à rétablir la paix au sein de celle-ci. Il envoya à cet effet des légats, les évêques Crescone et Germain, à Constantinople, avec une lettre pour l'empereur Anastase Ier, dans laquelle il exprimait son ardent désir de réunion, et le priait d'y travailler lui-même. Il s'agissait d'obtenir que le nom d'Acace de Césarée, patriarche de Constantinople qui avait écrit l'Hénotique et qui, pour cela avait été excommunié par Felix III, fût enlevé des sacrés diptyques. Le pape pria donc l'empereur, en termes très humbles, de bien vouloir le faire enlever, et de ne pas permettre que, pour une chose si peu importante et qui ne regardait qu'un seul homme, on ne déchire pas plus longtemps la tunique de Jésus-Christ. Il aurait écrit également à Clovis pour le féliciter de sa conversion (en fait cette lettre est un faux, fabriqué de toutes pièces au xviie siècle1). À sa mort, l'Église romaine se divisait sur les concessions à faire pour mettre fin au schisme monophysite. Anastase II régna pendant deux ans, il mourut le 19 novembre 498 et fut enterré à Saint-Pierre. Il fut placé par Dante dans l'Enfer de sa Divine Comédie.
051 Saint Symmaque 498/514 Sardaigne Saint Symmaque Saint Symmaque, né en Sardaigne vers 450, pape du 22 novembre 498 au 19 juillet 514. Durant son pontificat, il s'oppose à l'antipape Laurent élu au même moment que lui par une partie dissidente du clergé qui souhaitait un rapprochement avec l'Église de Constantinople. Le roi Théodoric, roi des Ostrogoths et du royaume ostrogoth d'Italie, tranche d'abord en faveur de Symmaque puis, indisposé par un synode affirmant la primauté papale, prend le parti de Laurent. Ce dernier arrive à se maintenir à Rome de 501 à 506. Théodoric se rapproche de nouveau de Symmaque après sa brouille avec Byzance en 506. Symmaque fixe la date de Pâques au 25 mars, ce qui provoque de nouvelles dissensions. Il s’attelle aussi à faire construire des habitations pour les pauvres, restaure les églises de Rome dont Saint-Paul-hors-les-Murs et fait édifier la première résidence pontificale sur la colline vaticane. Autre fait notable de son pontificat, l'excommunication de l'empereur d'Orient Anastase Ier, suspecté de monothélisme. Symmaque meurt après 15 ans et 8 mois de pontificat. Sa dépouille est inhumée dans l'ancienne Basilique Saint-Pierre.
ANT Laurent 498/506 ? Laurent L'antipape Laurent fut deux fois antipape, du 22 novembre 498 jusqu'en février 499 et de 501 à 505/506. Archiprêtre, il fut élu le même jour que Symmaque après un scrutin contesté et marqué par la corruption. Le roi ostrogoth Théodoric se prononce en la faveur de Symmaque et Laurent s'enfuit. En 501, il accuse Symmaque d'adultère et de rapacité et les troubles recommencent à Rome. Le 23 octobre et le 6 novembre 502, le concile de la Palme déclare Symmaque innocent des accusations porté par Laurent contre lui. Laurent meurt en exil en 506.

Élus au 6 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
052 Saint Hormisdas 514/523 Frosinone Saint Hormisdas Saint Hormisdas, né à Frosinone près de Rome, mort à Rome, le 6 août 523, est pape du 20 juillet 514 jusqu'à sa mort. L'Église catholique le vénère comme saint et le célèbre localement le 6 août. Ce pontife intelligent et sage vient d'une famille aisée et honorable de Frusino (Frosinone), dans l'Agro Romano (Latium). Christian Settipani du fait de son nom iranien, rare dans le monde latin, émet l'hypothèse qu'il est un descendant du prétendant Sassanide, Hormizd réfugié à Rome en 322. Avant de recevoir les ordres il se marie et son fils devient, par la suite, pape sous le nom de Silvère ce qui est un cas unique dans l'histoire de la papauté. Sous le pape Symmaque, Hormisdas a le rang de diacre et pendant le schisme de l'antipape Laurent il est l'un des membres les plus éminents du clergé fidèle à Symmaque. Au synode tenu à Saint-Pierre en 502, il exerce la fonction de notaire. À cette occasion, Ennode de Pavie lui prédit qu'il deviendra pape.Le lendemain des funérailles de Symmaque (20 juillet 514), Hormisdas est consacré évêque de Rome sans rencontrer de résistance. L'une des premières préoccupations du nouveau pape est d'éliminer les derniers vestiges du schisme de l'antipape Laurent, en accueillant de nouveau, dans l'Église, ceux qui ne se sont pas encore réconciliés.
Dès le début de son pontificat, les affaires de l'Église d'Orient tiennent une place particulière dans ses préoccupations. À Constantinople le schisme acacien se poursuit, commencé après la publication de l'Henotikon par l'empereur Zénon qui avait provoqué la rupture entre des Églises d'Orient et d'Occident. L'empereur (491-518) Anastase, successeur de Zénon, maintient le document en vigueur et, penchant toujours plus vers les monophysites, il persécute les évêques qui refusent de renier le concile de Chalcédoine. Les trois patriarches Macedonius de Constantinople, Élias de Jérusalem, Flavien d'Antioche sont chassés de leurs sièges. Au milieu de cette confusion, un certain nombre d'évêques orientaux en appellent à Symmaque pour qu'il rétablisse l'unité de l'Église ecclésiale, ce qui renforcerait leur position et leur permettrait de lutter contre la propagation du monophysisme. Symmaque leur demande de condamner Acace de Constantinople, mais les Orientaux ne sont pas prêts à franchir le pas. Profitant du mécontentement qui s'élève contre les tendances monophysites de l'empereur Anastase, Vitalien de Mésie, un commandant de l'armée, se met à la tête d'une révolte contre l'empereur. Vitalien demande que lui soit restituée la charge de distribuer le grain aux troupes, que soit reconnu le concile de Chalcédoine et que soit rétablie l'unité avec Rome. Il rallie de nombreux partisans et parait devant Constantinople à la tête d'une grande armée ; après avoir battu Ippazio, neveu de l'empereur Anastase, ce dernier est réduit à négocier, c'est-à-dire à se soumettre. L'un des termes de l'accord avec Vitalien est que l'empereur jure de convoquer un synode à Héraclée en Thrace, d'y inviter le pape et de se soumettre à son arbitrage sur son différend quant au siège de Constantinople et aux autres diocèses, afin de restaurer l'unité de l'Église. En conséquence, le 28 décembre 514, Anastase écrit à Hormisdas pour l'inviter au synode qui aura lieu le 1er juillet. La lettre présentée à Vitalien est transmise à Rome par son émissaire et par le légat impérial. Le 12 janvier, Anastase envoie au pape une deuxième communication, moins courtoise, dans laquelle il demande seulement ses bons offices dans ce conflit. Manifestement, l'empereur souhaite faire traîner les négociations puisqu'il n'est pas disposé à tenir les promesses qu'il avait faites à Vitalien. La seconde lettre arrive à Rome, avant la précédente et, le 4 avril, Hormisdas répond en exprimant sa joie devant la perspective de paix, mais en défendant en même temps la mémoire de ses prédécesseurs. Les porteurs de la première lettre impériale arrivent le 14 mai suivant. Le pape continue les négociations, de manière circonspecte, convoque un synode à Rome et, le 8 juillet, écrit à l'empereur pour lui annoncer le départ d'une ambassade pour Constantinople. Entretemps, les deux cents évêques qui s'étaient rassemblés le 1er juillet à Héraclée se séparent sans avoir rien conclu. L'ambassade du pape, à la cour impériale, comprend deux évêques : Ennodius de Pavie et Fortunatus de Catania, le prêtre Venantius, le diacre Vitalis et le notaire Hilarius. La lettre d'Hormisdas à l'empereur, datée du 1er août 515, parvient avec des instructions détaillées faites aux légats sur la position qu'ils auront à défendre. Si l'empereur accepte les propositions qui lui sont présentées, le pape est prêt, si nécessaire, à comparaître en personne devant un concile. Le pape envoie en outre la formule d'une confession de foi (regula fidei) à faire souscrire aux évêques d'Orient, dont les points principaux sont les suivants : la reconnaissance du fait que l'orthodoxie s'est toujours maintenue à Rome, la condamnation de Nestorius et d'Eutychès, l'acceptation du Tome de Léon et de Chalcédoine, la radiation des diptyques d'Acace. L'ambassade n'aboutit à aucun résultat ; Anastase, sans interrompre les négociations, remet aux légats, une lettre évasive à l'intention d'Hormisdas. Entretemps, l'empereur, après avoir étouffé un nouveau soulèvement, dirigé par Vitalien, envoie à Rome, une ambassade composée de deux hauts fonctionnaires civils. Ils sont porteurs d'une lettre datée du 16 juillet 516, adressée au pape mais aussi, une autre datée du 28 juillet, adressée au Sénat : le but de cette dernière est d'inciter les sénateurs à se rebeller contre Hormisdas. Le Sénat, cependant, ainsi que le roi Théodoric, restent fidèles au pape. La réponse d'Hormisdas, à la lettre de l'empereur, est digne mais sans équivoque. Pendant ce temps, un certain nombre d'évêques de Scythie, d'Illyrie et de Dardanie sont revenus dans la communion avec Rome et beaucoup d'entre eux avaient discuté avec les légats du pape à Constantinople sur le problème de la réunion des Églises. Ils se prononcent alors, condamnent Acacius et signent la confession de foi (regula fidei) d'Hormisdas, comme l'ont fait les évêques de la province d'Épire, convaincus par le sous-diacre romain Pullius. Hormisdas se fait remarquer par son zèle contre les Eutychéens. En matière de discipline ecclésiastique, il décrète que les charges d'Église ne doivent pas être attribuées en échange de privilèges ou de dons. Son inhumation se fait dans l'Antique basilique vaticane, à la suite de 9 ans et 15 jours de pontificat. Il est fêté le 6 août.
053 Saint Jean I 523/526 Toscane Saint Jean I Saint Jean Ier est né vers 470 (peut-être à Sienne) et mort à Ravenne (Italie) le 18 mai 526. Il est le 53e évêque de Rome et pape de l'Église catholique. Premier pape à s'être rendu à Constantinople durant son pontificat, il fut arrêté à son retour, et emprisonné par le roi arien Théodoric qui le laissa mourir de faim. Il est considéré comme martyr par l'Église catholique. Liturgiquement il est commémoré le 18 mai. Il suit des études à Florence puis à Rome. Il entre dans les ordres et exerce pendant trente ans différentes fonctions de la Curie romaine il est remarqué par sa science et sa piété. Alors qu'il est diacre à Rome, il est connu pour avoir été un partisan de l'antipape Laurentius : dans une note au pape Symmaque, en 506, Jean confesse son erreur en anathématisant Pierre d'Altinum et Laurentius et demande le pardon de Symmaque. Il serait le 'diacre Jean' qui a signé l' acta des synodes romains de 499 et 502. Il y avait sept diacres dans l'Église romaine: ce point permet ainsi de l'identifier de façon très probable. Il serait également le diacre Jean, à qui Boèce dédie trois de ses cinq traités religieux écrits entre 512 et 5204. Il devient cardinal-prêtre au titre cardinalice de Pammachus par le pape Gélase Ier. Il est nommé archidiacre du pape Hormisdas, auquel il succède le 13 août 523. Jean Ier est élevé évêque de Rome sept jours après la mort du pape Hormisdas, le 13 août 523. Le roi ostrogoth arien Théodoric le Grand, qui de Ravenne, régnait sur toute la péninsule italienne, envoie le souverain pontife en personne – contre son gré – à Byzance avec pour mission de faire pression sur l'empereur et le forcer à modérer sa politique de répression contre les hérétiques et faire adoucir un édit, contre l'arianisme, de l'empereur Justin Ier : « Vous irez trouver Justin et obtiendrez de lui de ma part: retrait de son édit, réouverture de toutes les églises ariennes et admission, en leur sein, de tous les apostats du catholicisme. Sinon, craignez de vives représailles anti-catholiques » Théodoric menace ainsi que si Jean devait échouer dans sa mission, il y aurait des représailles contre les catholiques orthodoxes en Occident. Le pape lui répond : « Me voici devant toi, fais-moi ce que tu voudras mais je ne te promets rien au sujet des réconciliés leur situation n'est-elle pas dangereuse et irritante ? Comment obtenir que ces instables soient autorisés à faire retour à l'hérésie ? Pourtant, hors cette impossibilité notoire, pour le reste, avec l'aide de Dieu, je pense pouvoir te satisfaire et je ferai tout pour t'être agréable et te rapprocher de Justin »
Le pape Jean Ier est représenté dans l'art regardant à travers les barreaux d'une prison ou emprisonné avec un diacre et un sous-diacre. Il est vénéré à Ravenne et en Toscane. Liturgiquement il est commémoré le 18 mai, l'anniversaire du jour de sa mort, jour de sa « naissance au ciel » selon l'Église catholique (alors qu'il était autrefois le 27 mai). Sur ce dernier point, les avis divergent. La petite église Saint-Jean du village de Chiusdino, détruite en 1555 pendant la guerre de Sienne, était dédiée au pape Jean Ier.
054 Saint Félix IV 526/530 Samnium Saint Félix IV C’est en Italie centrale qu’est né Félix qui est connu sous le nom de Félix le quatrième, pape du 12 juillet 526 au 22 septembre 530. C’est après deux mois de vacance apostolique (Jean Ier est décédé le 18 mai 526 des mauvais traitements du roi des Ostrogoths, Théodoric le Grand), que Félix est désigné par Théodoric comme pape. Le roi impose sa loi, le clergé romain ne peut que s’incliner, le peuple romain accepter, mais cela ne porte pas chance au roi barbare qui décède dans le mois qui suit. Durant son pontificat, le pape, évêque de Rome, entretient plutôt de bons rapports avec la cour de Ravenne où réside le nouveau roi, Athalaric. Il se mêle des querelles doctrinales liées au semi-pélagianisme, doctrine condamnée lors du concile d’Orange (529). Le semi-pélagianisme adoucit les positions de Pélage, mais il privilégie tout de même la volonté, expression de la liberté humaine, sur la grâce, qui a pour source l’intervention de Dieu. Qui sauve l’Homme ? Sa propre volonté ou la grâce divine ? Un des grands débats des débuts du Christianisme, l’Église répond avec fermeté que la salut n’est que don de Dieu. On doit à Félix IV la construction de la basilique dédiée aux saints Côme et Damien. On lui doit aussi une initiative, visant à éviter d’affaiblir l’Église par des problèmes de succession. Sentant sa mort prochaine, il désigne son successeur, l’archidiacre Boniface, auquel il confère le pallium (vêtement blanc orné de croix noires). Il l’annonce officiellement au clergé, au Sénat et au peuple. Peine perdue, cette précaution, compréhensible à cause du rôle de plus en plus fort joué par les empereur et rois dans le choix des papes, n’empêche pas Boniface et Dioscore de s’opposer dans la succession pontificale.
Le pontificat de Félix IV est marqué par trois faits importants :
L’un est symbolique : il s’agit de la fermeture de l’école philosophique d’Athènes, la prestigieuse Académie fondée par Platon. Désormais la culture grecque ne sera plus transmise principalement que par les moines, jusqu'à la Renaissance.
Le second ouvre des perspectives considérables à la christianisation en profondeur de l’Europe occidentale. Benoît de Nursie (480-547) fonde le monastère du Mont-Cassin en Italie. La règle bénédictine (du nom latin de Benoît, benedictus) repose sur la prière, la lecture d’ouvrages pieux et le travail manuel. « Ora et labora » : prie et travaille. La communauté des laïcs qui se font moines vit de son propre travail. Le monachisme, apparu en Orient, se répand en Occident. La fondation du monastère de Lérins en 410 en était un signe avant-coureur.
Le troisième est son soutien à saint Théodose le Cénobiarque dans son opposition au monophysisme, préconisé par l'empereur Anastase Ier dans les Églises d'Orient.
ANT Dioscore 530 ? Dioscore Dioscore, diacre d'Alexandrie, mort en 530, fut antipape pendant quelques semaines durant la dernière année de sa vie. À la mort du pape Félix IV, le 22 septembre 530, deux candidats se présentent sur le trône de Pierre : un Goth (l'archidiacre Boniface), et Dioscore. Désigné par son prédécesseur, Boniface a le soutien du parti goth de Théodoric le Grand. Dioscore, quant à lui, proche conseiller des différents papes des trente années précédentes, est soutenu par l'Empire byzantin s'opposant à ce choix et se fait élire par le clergé romain, qui refuse l'ingérence des Goths. Dioscore meurt le 14 octobre 530, trois semaines après son élection, évitant ainsi un schisme à l'Église. Boniface II condamna sa mémoire, forçant les électeurs de Dioscore à se rétracter, mais saint Agapet Ier, pape à partir de mai 535, le réhabilita moralement, ce qui amena certains à en déduire que son élection était légitime et à compter Dioscore comme pape.
055 Boniface II 530/532 Rome Boniface II Boniface II, né à Rome et d'origine gothique, 55e pape, du 22 septembre 530 au 17 octobre 532. C'est un saint chrétien. Il avait été désigné par son prédécesseur Félix IV pour éviter les troubles qui accompagnaient régulièrement les élections. En fait, il se produisit le contraire. Boniface II était soutenu par le parti goth. Le parti byzantin lui opposa Dioscore qui avait depuis trente ans une influence bénéfique sur les papes successifs. Dioscore meurt le 14 octobre 530, évitant à l'Eglise romaine un nouveau schisme. Boniface se dévoua en faveur des pauvres en temps de famine et fit construire le monastère du Mont Cassin. La rédaction de la première biographie des papes remonte à cette époque cela deviendra par la suite le Liber Pontificalis . Après un pontificat de 2 ans et 1 mois, il est inhumé dans l'ancienne basilique Saint-Pierre, dans les Grottes vaticanes. On a de lui une Lettres à Saint-Césaire d'Arles, dans les Epistolae rom.pontificum par laquelle il confirme les actes du second concile d'Orange de 529.
056 Jean II 533/535 Rome Jean II Jean II (Mercurius), né à Rome vers 470, est le 56e pape selon l'Église catholique romaine. Il exerce du 2 janvier 533 au 8 mai 535. Portant un nom païen, il inaugure l'usage pour les papes de prendre un nouveau nom à leur avènement. On ne connaît pas la date de la naissance de ce pape. Il était romain et fils d'un certain Projectus ; s'il n'était pas né dans la deuxième région (Coelimontium), il fut au moins prêtre de la basilique Saint-Clément sur les flancs du mont Coelius. Il semble qu'il fut le premier à changer son nom après son élévation à la papauté (2 janvier 533). La basilique Saint-Clément conserve plusieurs témoignages de « Jean, de son nom Mercurius ». Sur un fragment de Ciborium ancien, l'inscription « Presbyter Mercurius » est lisible et plusieurs des plaques de marbre qui entourent la schola cantorum portent sur elles son monogramme dans le style du vie siècle.
À cette époque, la simonie, c'est-à-dire l'achat de charges ecclésiastiques. est très répandue durant l'élection pontificale et celle des évêques, à la fois parmi les membres du clergé que parmi les laïcs. La mort du prédécesseur de Jean II est suivie d'une vacance de plus de deux mois : il s'ensuit un commerce éhonté des objets sacrés (autel, vases sacrés). La question est portée devant le Sénat romain et devant la Cour du roi ostrogoth à Ravenne. Il en résulte le dernier décret (Senatus Consultum) connu du Sénat de Rome dirigé contre la simonie durant l'élection papale le décret est confirmé par le roi ostrogoth Athalaric qui ordonne de le graver sur du marbre et de le placer dans l'atrium de l'antique basilique Saint-Pierre en l'an 533. Par un ajout au décret, Athalaric décide que, si la contestation d'une élection est portée devant les fonctionnaires ostrogoths de Ravenne, par le clergé romain ou le peuple, il faut alors payer trois mille solidi au tribunal, somme qui doit être donnée, par la suite, aux pauvres. Jean II lui-même, cependant, reste toujours en bons termes avec Athalaric, qui rapporte à son tribunal toutes les actions intentées contre le clergé romain. Selon le Liber Pontificalis mais aussi Justinien Ier, Athalaric montre son intérêt pour le Siège de Rome en la personne de Jean II. L'empereur byzantin lui envoie sa profession de foi (ainsi que celle de son neveu Justinien) et de nombreux cadeaux précieux. Cependant, peu de temps avant que Jean devienne pape, l'Orient est ébranlé par la formule reprise dans cette profession de foi : « Unus ex Trinitate crucifixus est » (ou « passus est »), c'est-à-dire « Un de la Trinité (divine) a été crucifié » (ou « a subi la Passion »). Elle est présentée comme un moyen de concilier les différentes sectes hérétiques. Condamnée par le pape Hormisdas, la formule avait été abandonnée, mais elle reprend vigueur plus tard et, sous une forme modifiée, est défendue par Justinien et combattue par les moines Acémètes, une secte monachiste. Ceux-ci sont alors condamnés par le pape qui en informe l'empereur (24 mars 534). Contumeliosus, évêque de Riez, en Provence, France, est accusé d'adultère. Il est déposé et remplacé dans son ministère. Le pape Jean II ordonne de le confiner dans un monastère. Jusqu'à la nomination du nouvel évêque, le clergé de Riez doit l'obéissance à l'évêque d'Arles. Deux cent dix-sept évêques réunis en concile à Carthage (535) soumettent à Jean II la question de savoir si les évêques qui avaient versé dans l'arianisme doivent, après repentance, retrouver leur rang ou n'être admis à la communion que comme simples laïcs. La réponse à leur question leur est donnée par Agapet Ier. En effet, Jean II meurt le 8 mai 535.
Il est enterré à l'antique basilique Saint-Pierre de Rome.
057 Saint Agapet I 535/536 Rome Saint Agapet I Agapet Ier, ou Agapit Ier ou saint Agapet, né à Rome, pape du 13 mai 535 au 22 avril 536. C'est un saint chrétien fêté le 20 septembre ou le 22 avril. Agapet est un pape qui régna de 535 à 536. On ignore sa date de naissance, il mourut le 22 avril 536. Il était le fils de Gordien, un prêtre romain qui avait été tué pendant une émeute au temps du pape Symmaque. Son premier acte officiel fut de brûler, en présence du clergé assemblé, l'anathème que Boniface II avait prononcé contre son rival Dioscore en ordonnant qu'on le conservât dans les archives romaines. Il confirma les décrets du concile tenu à Carthage après la libération de l'Afrique du joug vandale, et selon lesquels les convertis de l'arianisme étaient déclarés inéligibles aux Ordres sacrés, tandis que ceux qui avaient déjà été ordonnés étaient réduits à l'état laïque. Il accepta un appel de Contumeliosus, évêque de Riez, qu'un concile à Marseille avait condamné pour immoralité et il ordonna à saint Césaire d'Arles qu'on accordât à l'accusé un nouveau procès devant les délégués du pape. Pendant ce temps Bélisaire, après avoir conquis très facilement la Sicile, se préparait envahir l'Italie. Le roi des Goths, Théodat ne vit plus que la ressource de prier le vieux pontife de se rendre à Constantinople et d'exercer son influence personnelle sur l'empereur Justinien. Pour payer les coûts de cette ambassade, Agapet fut contraint de mettre en gage les vases sacrés de l'Église de Rome. Il partit au milieu de l'hiver avec cinq évêques et une imposante escorte. En février 536, il parut dans la capitale de l'Orient où il fut reçu avec tous les honneurs dus au chef de l'Église de Rome. Comme il l'avait sans doute prévu, sa visite était vouée à l'échec car Justinien était trop décidé à rétablir les droits de l'Empire en Italie. Mais du point de vue de l'Église, la visite du pape à Constantinople fut en définitive un triomphe, à peine moins mémorable que les campagnes de Bélisaire. Celui qui à l'époque occupait le siège de Constantinople était un certain Anthime qui, sans l'accord des chanoines, avait quitté son siège épiscopal de Trébizonde pour se joindre aux crypto-monophysites, lesquels, de concert avec l'impératrice Théodora, complotaient pour saper l'autorité du Concile de Chalcédoine. Malgré les protestations des orthodoxes, l'impératrice plaça finalement Anthime sur le siège patriarcal. À peine le pape fut-il arrivé que les membres les plus éminents du clergé dénoncèrent le nouveau patriarche comme un intrus et un hérétique. Agapet lui ordonna de faire d'une profession de foi écrite et de revenir occuper le siège qu'il avait abandonné sur son refus, il refusa toutes relations avec lui. Cette attitude contraria l'empereur, qui avait été trompé par sa femme quant à l'orthodoxie de celui qu'elle protégeait, et il alla jusqu'à menacer le pape de bannissement. Agapet répondit avec esprit: « C'est impatiemment que j'étais venu pour contempler Justinien, l'empereur Très-Chrétien. À sa place, je trouve un Dioclétien, dont les menaces, cependant, ne me font peur. » Ce langage intrépide arrêta Justinien, qui finit par se convaincre que la foi d'Anthime était suspecte il ne fit aucune objection quand le pape, exerçant la plénitude de ses pouvoirs, déposa et suspendit l'intrus et, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, consacra lui-même son successeur légalement élu, Mennas. Cet exercice mémorable de la prérogative du pape ne devait pas être oubliée par les Orientaux, qui, tout comme les Latins, le vénèrent comme un saint. Afin d'écarter de lui tout soupçon de pactiser avec hérésie, Justinien remit au Pape une confession écrit de sa foi ce dernier l'accepta en faisant remarquer à juste titre que « bien qu'il ne puisse admettre qu'un laïc ait le droit d'enseigner la religion, il remarque avec plaisir que le zèle de l'empereur est en parfait accord avec les décisions des Pères ». Peu de temps après Agapet tomba malade et mourut après un règne glorieux de dix mois. Ses restes furent placés dans un cercueil de plomb à Rome et déposés à Saint-Pierre le 20 septembre, jour où l'on célèbre sa mémoire. Les Grecs le fêtent le 22 avril, jour de sa mort. Il existe deux lettres d'Agapet à Justinien, en réponse à une lettre de l'empereur, dans la seconde il refuse de reconnaître les ordinations des Ariens, et encore deux autres : la première aux évêques d'Afrique sur le même sujet la seconde pour Reparatus, évêque de Carthage, en réponse à une lettre où ce dernier le félicitait de son élévation au pontificat.
058 Saint Silvère 536/537 Frosinone Saint Silvère Silvère fut pape de 536 à 537. C'est un saint des Églises chrétiennes célébré le 20 juin. Silvère était le fils légitime du pape Hormisdas, né avant que son père ne fût entré dans les ordres, ce qui est un cas unique dans l'histoire de la papauté. Il fut probablement ordonné le 1er ou le 8 juin 536. Il s'opposa à la réhabilitation d'Anthime, patriarche de Constantinople, convaincu d'hérésie monophysite et qui fut déposé par Agapet, et s'attira ainsi la haine de l'impératrice Théodora. Théodora fit alors tout pour faire nommer Vigile pape. Pendant le règne de Silvère, il fut allégué qu'il devait son accession au trône de Saint Pierre à Théodat, roi des Ostrogoths. Le 9 décembre 536, le général byzantin Bélisaire entra dans Rome avec l'approbation du pape Silvère. Le successeur de Théodat, Witiges rassembla une armée et assiégea Rome pendant plusieurs mois, soumettant la ville aux privations et à la famine. On accusa le pape Silvère d'avoir écrit à Witiges, offrant de trahir la ville. Il fut déposé probablement par Bélisaire en mars 537, sur accusation de correspondance félonne avec les Goths, et fut dégradé au rang de simple moine. Il fut ainsi le premier pape contraint d'abdiquer. Il se rendit à Constantinople, et Justinien Ier, lui rendant raison, le renvoya à Rome, mais Vigile, apocrisiaire à Constantinople, fut apparemment capable de bannir son rival dans l'île prison de Pandataria (Ventotene), où l'on n'entendit plus parler de lui. La date de sa mort est incertaine. Cependant, d'après le Liber Pontificalis, le pape Silvère n'aurait pas été exilé à Ventotene, mais plutôt à Ponza, où il serait mort quelques mois plus tard, le 20 juin 537. Le pape Silvère fut béatifié plus tard et ensuite canonisé. Il est à présent le saint patron de l'île de Ponza, en Italie. D'après une légende des îles Ponza, des pêcheurs furent pris dans une tempête au large de Palmarola, et ils implorèrent l'aide du pape Silvère. Une apparition de celui-ci les attira vers Palmarola, où ils accostèrent sains et saufs. Ce miracle fit de lui un saint. D'après la Nouvelle Encyclopédie Catholique (1966), les dates du pontificat du pape Silvère sont sujettes à caution : « du 1er ou 8 juin 536 au 11 novembre 537 décès probablement le 2 décembre 537, à Palmaria ». De même, il ne fut jamais béatifié ou canonisé, mais simplement proclamé saint par le peuple. La première mention de son nom dans la liste des saints remonte au xie siècle.
059 Vigile 537/555 Rome Saint Vigile Vigile, né à Rome à la fin du cinquième siècle, est pape du 29 mars 537 jusqu'à sa mort le 7 juin 555. Son pontificat est relativement bien documenté, mais la plupart des sources à son sujet se concentrent sur la querelle dite des Trois Chapitres, et lui sont hostiles1. Diacre romain, il est désigné par le pape Boniface II comme son successeur en 530, mais la nomination est contestée par le clergé de Rome et finalement annulée. Élu pape en 536, il a un début de pontificat paisible, jusqu'à ce que l'empereur Justinien condamne en 544 les « Trois Chapitres », collection de textes de tendance nestorienne. Pour convaincre le pape de prendre parti, Justinien le fait emmener de force à Constantinople. Sous la pression, Vigile appuie la condamnation impériale, ce qui déclenche aussitôt l'ire des Églises non-orientales. Autorisé à rentrer à Rome après neuf ans de séjour forcé à Constantinople, il meurt en chemin. Il est le seul pape du vie siècle à n'être pas enterré dans la basilique Saint-Pierre.
Le siège de Rome par le roi ostrogoth Vitigès permet au nouveau pape de rester relativement discret vis-à-vis de Constantinople, au point que l'empereur Justinien se plaint de son silence en 540. Ce n'est qu'à ce moment que Vigile lui envoie la profession de foi traditionnellement adressée à l'empereur par les nouveaux évêques de Rome depuis le 5ème siècle. Durant ces premières années, Vigile définit l'organisation des Églises de Gaule et travaille à renforcer leurs liens avec Rome. Il est interrogé par le roi franc Thibert Ier qui vient d'épouser la veuve de son frère dans sa réponse à Césaire d'Arles il préconise une longue pénitence et une séparation du couple. En 543, il félicite Auxanius pour son élection à l'archevêché d'Arles en succession de Césaire et l'enjoint à se montrer loyal à la fois au roi franc et à l'empereur byzantin il lui enverra le pallium en 545. En 538, il a aussi rétabli le vicariat espagnol confié à Profuturus de Braga et conseille ce dernier en matière doctrinale et liturgique.
À la fin de l'année 544, Justinien condamne les « Trois Chapitres », collection d’écrits de tendance nestorienne rassemblant les écrits de Théodore de Mopsueste, ceux de Théodoret de Cyr contre Cyrille d'Alexandrie et la lettre à Maris attribuée à Ibas d'Édesse. Or Théodore était mort en communion avec l'Église et les deux autres, déposés par le deuxième concile d'Éphèse, avaient été réhabilités par le concile de Chalcédoine. La décision de Justinien est donc considérée comme une attaque indirecte contre le concile. Les évêques d'Orient ne signent l'édit que sous réserve de l'accord de Vigile, tandis que les évêques d'Occident et d'Afrique ne cachent pas leur opposition. Le 25 novembre 545, Justinien fait enlever Vigile alors qu'il célèbre la messe en l'église Sainte-Cécile-du-Trastevere. Le pape fait néanmoins une longue halte en Sicile, d'où il dépêche deux clercs pour administrer Rome à sa place : l'un sera massacré par les Goths et l'autre aura les mains coupées. Vigile reprend son trajet à l'automne 546 les contacts qu'il a en chemin lui confirment l'opposition des évêques à l'édit de Justinien. Il parvient à Constantinople en janvier 547.
Reçu avec faste par Justinien, Vigile confirme néanmoins l'excommunication prononcée par son apocrisiaire Stephanus contre le patriarche de Constantinople Mennas, qui a approuvé l'édit impérial. Justinien lui fait remettre la traduction de deux lettres de Constantin justifiant l'intervention impériale en matière de foi. Vigile se serait engagé dans des courriers au couple impérial à faire condamner les Trois Chapitres, mais leur authenticité est contestée dès l'époque. En 548, Vigile consulte les évêques présents à Constantinople, ce qui aboutit à le 11 avril à un judicatum exprimant son respect pour le concile de Chalcédoine, mais condamnant les Trois Chapitres. Ce texte suscite la grogne des Latins, au point qu'un concile d'évêques africains excommunie Vigile. En retour, Vigile excommunie plusieurs clercs l'accusant d'hétérodoxie. En août, il retire son judicatum à la condition que Justinien cesse d'intervenir en matière religieuse, mais un nouvel édit de juillet 551 réitère la condamnation impériale contre les Trois Chapitres. Le 4 juillet, Vigile excommunie oralement tous ceux qui adhèrent le texte, en se gardant cependant de nommer l'empereur, puis se réfugie dans une église. La troupe intervient pour l'en faire sortir et veut l'arracher à l'autel auquel il s'est agrippé, mais la foule intervient pour le protéger. Justinien recourt alors à la diplomatie et le persuade de regagner sa résidence, mais le 23 décembre, Vigile s'enfuit de nouveau, cette fois en sautant par la fenêtre, et se réfugie dans une église à Chalcédoine. Il rejette les offres d'une légation comprenant Bélisaire, et fait afficher le texte de son excommunication de juillet. Au printemps, Vigile obtient un texte condamnant les violences exercées contre lui et rentre à Constantinople. Eutychius, successeur de Mennas, propose alors un concile. Vigile accepte : ce sera le deuxième concile de Constantinople. Justinien s'engage à laisser vingt jours de délais à Vigile pour se prononcer sur la base des documents préparatoires, mais le concile démarre avant l'expiration de la période. Vigile refuse alors de siéger. Il produit néanmoins un constitutum condamnant les thèses exprimées dans les Trois Chapitres, mais se refusant à attaquer leurs auteurs. La session suivante du concile ne tient pas compte du texte. Interrogé, l'empereur répond à l'apocrisiaire Stephanus qu'il n'a pas demandé au pape son avis. Quand Vigile insiste, Justinien récuse le texte et fait destituer le pape par le concile, alors que l'entourage pontifical est exilé ou emprisonné. Après six mois, Vigile cède et condamne les Trois Chapitres. Il publie également au début de l'année 554 un judicatum reprenant plus ou moins l'édit de 551 de Justinien. Réconcilié avec Justinien, Vigile obtient de lui un ensemble de lois pour régir l'Italie, la Pragmatique Sanction. Au printemps de 555, après un long séjour de huit ans à Constantinople, Vigile est autorisé à retourner à Rome. Il meurt le 7 juin 555 en chemin, à Syracuse. Son corps est transporté à Rome et enterré dans la basilique de Sylvestre sur la Via Salaria. Seul pape du vie siècle à ne pas être inhumé dans la basilique Saint-Pierre, Vigile a sans doute subi les foudres posthumes de son successeur Pélage Ier.
060 Pélage I 556/561 Rome Pélage I Pélage Ier, né à Rome vers l'an 500, est le 60e pape de l'Église catholique de 556 à sa mort en 561. Il est le second pape de la Papauté byzantine et comme son prédécesseur Vigile, un ancien apocrisiaire de Constantinople. Pélage est issu d'une noble famille romaine. Son père, Jean, aurait été vicaire de l'un des deux diocèses ou districts civils qui divisait l'Italie de l'époque. Entre 535 et 536, Pélage accompagne le pape Agapet Ier à Constantinople et est nommé par lui apocrisarius, c'est-à-dire nonce apostolique de l'Église romaine dans cette ville. Fin novembre 545, le pape Vigile, son prédécesseur, prend la fuite pour se rendre à Syracuse. En effet, depuis 544, Totila, roi des Ostrogoths, assiège la ville de Rome et affame la population. Pélage reste à Rome en tant que représentant du Pape. Pélage gaspille sa fortune pour le bien de la population touchée par la famine. Il recherche un accord avec le roi pour obtenir une trêve. L'effort diplomatique échoue. Le 17 décembre 546, Totila réussi à entrer dans la ville : Pélage rencontre le roi et le convainc d'épargner la vie de la population, bien que la ville est systématiquement pillée. Totila envoie Pélage à Constantinople pour organiser une paix entre lui-même et Justinien, mais l'empereur le fait emprisonner : en effet, Pélage lors de sa venue à Constantinople fait pression sur le pape Vigile, afin de préserver l'orthodoxie de l'Église contre les positions de l'empereur et son édit condamnant les trois chapitres. Pour cela, Justinien ne tarde pas à faire arrêter Pélage.
À la mort de Vigile, le 7 juin 555, Pélage est libéré de prison et retourne à Rome. Alors que, jusque-là, il avait résisté aux efforts de Justinien pour obtenir un compromis entre les diverses factions chrétiennes, il se range à la défense des Trois Chapitres, comme la plupart de l'Église d'Occident et, de retour à Rome, il adopte la position de l'empereur. Ce revirement lui vaut le soutien de Justinien pour son élection à la papauté. Pélage Ier est élu pape, en tant que candidat de l'empereur Justinien, le 16 avril 556. La réputation de la papauté dans le nord de l'Italie, en Gaule et divers endroits de l'Europe de l'Ouest, est entachée. Ses successeurs feront beaucoup d’efforts, durant les cinquante années suivantes, afin de remédier aux dommages causés. Face à des rumeurs persistantes, le jugeant responsable, sinon l'auteur, de la mort du pape Vigile, il est contraint de jurer solennellement de son innocence sur la tombe du martyr Pancrace, qui punit les parjures, puis à une procession solennelle dans l'antique basilique vaticane. Pélage meurt le 4 mars 561, après quatre ans, dix mois et dix-huit jours de pontificat. Il est enterré dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Son épitaphe, le célèbre comme rector Apostolicæ fidei, qui, dans un siècle terrible, a pris soin de l'Église, s'est efforcé de prendre les décisions claires des Pères et a résolu de nombreux problèmes liés à pauvreté sociale4. On attribue à Pélage, la construction de la Basilique des Saints-Apôtres à Rome pour célébrer la victoire totale de Narsès sur les Ostrogoths.
061 Jean III 561/574 Rome Jean III Jean III était un Romain nommé Catelinus. Il mourut le 13 juillet 574. Il appartenait à une famille distinguée, étant le fils d'un certain Anastase qui portait le titre d'Illustris. On ne connaît pas l'année de sa naissance mais il semble bien qu'il ait été sacré 61e pape le 17 juillet 561. Comme il fallait attendre la confirmation de son élection par l'empereur, un intervalle de cinq mois s'écoula entre la mort de Pélage Ier et le sacre dont nous connaissons la date. Bien que son règne ait duré près de treize ans nous en savons très peu sur lui. Il s'est déroulé pendant les temps troublés de l'invasion lombarde, et pratiquement tous les documents de son règne ont disparu. Il semblerait, toutefois, qu'il ait été un pontife magnanime, zélé pour le bien être du peuple. On peut encore voir une inscription du xve siècle qui déclare que « dans les situations les plus difficiles il savait se montrer généreux, et ne craignait pas de se voir écrasé dans un monde qui tombait en ruines ». Deux évêques, Salonius d'Embrun et Sagittarius de Gap, avaient été condamnés au cours d'un synode à Lyon (vers 567). Ils réussirent toutefois à convaincre le roi de Bourgogne, Gontran, qu'ils avaient été injustement condamnés, et en appelèrent au pape. Influencé par les lettres du roi, Jean décida qu'ils devraient être replacés sur leurs sièges. Le 22 septembre 569, le pape accorda à Pierre évêque de Ravenne, l'usage du pallium et confirme tous les privilèges de l'église de Ravenne. Les actes les plus importants de ce pape sont liés au grand général Narsès. Malheureusement, le Liber Pontificalis reste énigmatique à leur sujet. Des intrigues de femmes à la cour de Constantinople avaient valu au général une accusation mensongère de trahison, si bien qu'il fut rappelé alors qu'il était le seul homme capable de résister aux barbares. Il est tout à fait possible que ce soit Narsès lui-même qui, à l'automne, ait appelé les Lombards à fondre sur l'Italie, mais il est plus probable peut-être que c'est en apprenant qu'il avait été rappelé qu'ils envahirent le pays. Sachant que Narsès était l'espoir de l'Italie, Jean III le suivit à Naples, et l'implora de ne pas aller à Constantinople. Le général écouta la voix du pape, et revint avec lui à Rome (571). Mais apparemment le parti de la cour était trop fort dans la ville pour Narsès et pour le pape. Jean se retira dans les catacombes de Prætextatus, où il resta pendant de longs mois. Il y procéda même à des ordinations. À la mort de Narsès (vers 572), Jean revint au palais du Latran. Son séjour dans les catacombes lui avait donné un grand intérêt pour elles. Il les fit remettre en état, et ordonna que les instruments nécessaires pour célébrer la messe y fussent envoyés depuis le Latran. Il mourut le 13 juillet 574 et fut enterré à Saint-Pierre.
062 Benoît I 575/579 Rome Benoît I Bonosio Benoît est romain et fils de Boniface. Il est appelé Bonósos par les Grecs. Élu pape en août 574, après la mort de Jean III, il doit attendre dix mois la confirmation de cette élection par l'empereur byzantin Justin II. Celle-ci prend effet le 2 juin 575. La raison de cette vacance est principalement dû au conflit avec les Lombards qui rend difficile la communication avec Constantinople. Il règne quatre ans, un mois et 28 jours. Le seul acte connu, de Benoît Ier, est l'enregistrement d'une succession qu'il accorde à l'abbé Étienne de Saint-Marc, le Massa Veneris, sur le territoire de Minturnae, près des murs de Spolète. La famine apparaît suite aux dévastations des Lombards. Quelques mots mentionnés dans le Liber Pontificalis indiquent, à propos de Benoît Ier, qu'il est mort durant ses efforts pour faire face à ces difficultés. Il est enterré dans le vestibule de la sacristie de l'antique basilique vaticane. Lors d'une cérémonie qu'il tenait au mois de décembre, il ordonne quinze prêtres, trois diacres et consacre vingt et un évêques.
063 Pélage II 579/590 Rome Pélage II Durant son pontificat, Pélage II œuvre beaucoup pour les soins des malades et des vieillards et va même jusqu'à convertir pour eux son logement en refuge. Il est également réputé pour tolérer le mariage des prêtres, tant que ceux-ci ne transfèrent pas les biens de l'Église à leurs femmes et enfants. Pélage II meurt le 7 février 590 de la peste de Justinien qui frappe durement Rome dès l'an 589.
064 Saint Grégoire I 590/604 Rome Saint Grégoire I Grégoire est né à Rome vers 540, au moment de la reconquête de l'Italie par Justinien, d'une famille chrétienne et patricienne, de la branche Anicia. Son père, le sénateur Gordien, est administrateur d'un des sept arrondissements de Rome. Deux de ses sœurs sont honorées saintes (Tharsilla et Æmiliane), et il avait parmi ses ancêtres le pape Félix III. Sa mère, Sylvie, est elle aussi honorée sainte. Il est éduqué dans le climat de renouveau culturel suscité en Italie par la Pragmatica sanctio, et excelle, « selon le témoignage de Grégoire de Tours, dans l'étude de la grammaire, de la dialectique et de la rhétorique ». En 572, il est nommé préfet de la ville, ce qui lui permet de s'initier à l'administration publique, et devient ainsi le premier magistrat de Rome. Il utilise ses aptitudes pour réorganiser le « patrimoine de Saint-Pierre ». En 574, il souscrit à l'acte par lequel Laurent, évêque de Milan, reconnaît la condamnation des « Trois Chapitres » par le IIe Concile de Constantinople de 553. Vers 574-575, il adopte la vie monastique et transforme en monastère dédié à saint André la demeure familiale située sur le mont Cælius. Il nomme pour abbé le moine Valentien. On ne sait pas si Grégoire assuma personnellement la direction de la communauté. Ayant hérité de grandes richesses à la mort de son père, il fonde aussi six monastères en Sicile. On ne sait pas si Grégoire et ses moines adoptèrent la règle de saint Benoît, mais « on ne saurait cependant douter de l'harmonie fondamentale existant entre l'idéal monastique de Benoît et celle du grand pontife. »
Grégoire est ordonné diacre par le pape Pélage II (ou peut-être par Benoît Ier, mais c'est moins probable) avant d'être envoyé à Constantinople comme apocrisiaire (représentant permanent). Il s'y rend accompagné de quelques frères, et y résidera jusqu'à la fin de 585 ou le début de 586, « sans songer, d'ailleurs, à apprendre le grec ni à s'initier à la théologie orientale ». Il se plaint d'ailleurs de trouver difficilement des interprètes à Constantinople, capables de bien traduire en grec les documents latins. Cela montre qu'entre les cultures latine et hellénique de la chrétienté il existait déjà des clivages au sein de l'Église nicéenne, cinq siècles avant la séparation formelle qui donnera naissance aux Églises catholique et orthodoxes. C'est à Constantinople qu'il rédigea sa plus importante œuvre exégétique, l'Expositio in Job. Il se fit aussi remarquer par une controverse avec Eutychès, le patriarche de Constantinople, à propos de la résurrection des corps. En effet, Grégoire défendait la thèse traditionnelle de l'Église nicéenne sur la résurrection des corps, tandis qu'Eutychès « appliquait au dogme nicéen le principe de l'hylémorphisme aristotélicien ». À la demande du pape, Grégoire attira aussi l'attention de l'empereur Byzantin Maurice sur l'invasion lombarde en Italie. De retour à Rome, Grégoire reprit la vie monastique. Il joua aussi le rôle de secrétaire et conseiller de Pélage II. À ce titre, il rédige l’Épître III de Pélage, où il soutient la légitimité de la condamnation des Trois Chapitres par le concile de Constantinople de 553. Pélage II meurt de la peste le 7 février 590.

Élus au 7 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
065 Sabinien 604/606 Blera Sabinien Sabinien fut envoyé comme nonce apostolique à Constantinople par Grégoire le Grand, mais ne s’acquitta pas de manière satisfaisante de cette charge et retourna à Rome en 597. Il devint impopulaire à cause de son sens déraisonnable de l’économie, bien que le Liber Pontificalis indique qu’il distribua du grain au cours d’une famine à Rome sous son pontificat. L’érudit italien Augustin Onofrio Panvinio (1529-1568), dans son Epitome pontificum Romanorum (Venise, 1557) lui attribue l’introduction de la coutume de sonner les cloches aux heures canoniques et lors de la célébration de l’Eucharistie.
066 Boniface III 607 Rome Boniface III Boniface III, né à Rome, fils de Jean Candiote, fut pape du 19 février 607 au 12 novembre 607. Il avait été nonce à Constantinople sous le règne de l'empereur byzantin Phocas, dont il obtint que le titre « d'évêque universel » appartienne seulement à l'évêque de Rome (il était également porté par le patriarche de Constantinople).
067 Saint Boniface IV 608/615 Marsica Saint Boniface IV Saint Boniface IV, moine bénédictin né dans la région de Marsica, dans les Abruzzes, pape de 608 à 615. L’Église catholique le célèbre le 8 mai. Il fut élu pape dix mois après la mort de son prédécesseur Boniface III. L'empereur Phocas lui ayant fait don de l'ancien Panthéon de Rome, il le consacra à la Vierge sous le nom de Sancta Maria ad martyres (Sainte Marie aux martyrs), il y fit transporter de nombreux corps de martyrs des catacombes. Il eut aussi le souci de l'organisation de l'Église en Angleterre.Le 23 août 613 il accorde le pallium à l'archevêque d'Arles Florien, peu de mois, semble-t-il après la nomination de ce dernier. Boniface IV mourut le 8 mai 615, son corps repose dans le transept gauche de la basilique Saint-Pierre.
068 Saint Adéodat I 615/618 Rome Saint Adéodat I Adéodat Ier ou Dieudonné Ier (en latin Adeodatus ou Deusdedit), fut le 68e pape et patriarche de Rome, du 19 octobre 615 au 8 novembre 618. Il est honoré en tant que saint Deusdedit et fêté le 8 novembre. Le peu que nous savons de sa vie est issu du Liber pontificalis et d'une épitaphe tardive, gravée sur sa tombe de la basilique Saint-Pierre sous le pontificat d'Honorius Ier. Issu d'une famille de clercs, il est élu pape le 19 octobre 615, après 40 ans de sacerdoce. Très âgé, il ne prend pas une part active dans les affaires temporelles. En matière religieuse, il impose une messe quotidienne au clergé romain. Inscrit au martyrologe romain.
069 Boniface V 619/625 Naples Boniface V Boniface V (né à Naples au vie siècle - mort à Rome en 625) était un religieux italien du haut Moyen Âge, qui fut le 69e pape de l'Église catholique, de 619 à 625. Boniface V était prêtre-cardinal de Saint-Sixte quand il est élu le 23 décembre 619. Il y avait alors une grande quantité de prêtres. Le pape voulut qu'on n'en ordonnât plus, qu'en remplacement de ceux qui mourraient. Les hérétiques attaquèrent sa mémoire, parce qu'il a dit dans une lettre adressée à Edwin, roi de Northumbrie, qui, sur la prière de son épouse Ethelburge, voulait embrasser la foi catholique, que Jésus-Christ nous avait rachetés du seul péché originel. Boniface réclame contre les autorités qui ne voulaient pas admettre le droit d'asile dans les églises. En deux ordinations, en décembre, Boniface créé vingt-neuf évêques, vingt-six ou vingt-sept prêtres et quatre diacres. Il gouverne l'Église cinq ans et dix mois, et meurt le 25 octobre 625, et est enterré au Vatican. Le Saint-Siège ne reste vacant que cinq jours, car il ne faut pas attendre de Constantinople la confirmation du successeur. L'exarque de Ravenne, qui alors se trouve à Rome, prétend rétablir l'ancien usage, et donne cette confirmation au nom de l'empereur.
070 Honorius I 625/638 Campanie Honorius I Honorius Ier, né en Campanie à une date inconnue et mort à Rome le 12 octobre 638, fut pape de 625 à 638. Fils d'un consul honoraire, il est élu en succession de Boniface V et consacré le 27 octobre 625. L'empereur Héraclius étant en campagne, il ne peut confirmer l'élection. Pour éviter tout délai, c'est donc l'exarque de Ravenne qui procède à cette formalité. Honorius poursuit les travaux d'urbanisation de Rome menés par la papauté. À cet effet, il fait enlever les tuiles en bronze doré du temple de Rome (en fait la basilique de Maxence) pour réparer le toit de la basilique Saint-Pierre. Il fait également bâtir de nombreuses églises et transformer la Curie Julia en église. Il n'intervient que rarement en Occident, excepté en Angleterre : il envoie un évêque à Dorchester, dans le royaume de Wessex, et sanctionne la fondation de l'évêché d'York après la conversion du roi Edwin Ier de Northumbrie. En Orient, il mène une politique de compromis politique entre « orthodoxes » et monophysites, mais non sur le plan doctrinal. S'il a été poussé à approuver, en 634, une solution intermédiaire proposée par Serge Ier, patriarche de Constantinople, c'est sur un malentendu ; cette solution consistait à admettre que Jésus-Christ aurait deux natures (hypostaseis) mais une seule volonté, qualifiée de « théandrique », c'est-à-dire divino-humaine. C'est cette doctrine que combattirent les saints Maxime le Confesseur, Sophrone de Jérusalem et Martin Ier parce qu'elle privait le Christ d'une partie de sa nature humaine, la volonté humaine. Sous le pontificat de l'un de ses successeurs, Léon II, et le règne de l'empereur Constantin IV, Honorius est condamné comme monothéliste au troisième concile de Constantinople et subit l'anathème en tant que pape de Rome. Son corps repose à la basilique Saint-Pierre.
Honorius et l'infaillibilité pontificale
Certains détracteurs (les protestants et les gallicans) évoquent le cas du pape Honorius Ier comme preuve que le dogme de l'infaillibilité ne peut être fondé ou que l'infaillibilité du Pape n'est limitée qu'aux cas de définitions solennelles. En effet, celui-ci subit l'anathème au Concile de Constantinople III, décision confirmée par le pape Léon II. Un pape aurait donc subi l'anathème pour faute doctrinale : mais de quoi s'agit-il au juste ? En 634, le patriarche de Constantinople Serge prend de vitesse les légats pontificaux et expose de manière adroite au pape Honorius la doctrine du monothélisme. Il lui adresse une lettre très habile en précisant que la doctrine des deux activités-volontés ne pouvait être érigée en règle de foi parce qu'on ne la rencontrait pas chez les Pères de l’Église que de plus cette doctrine des deux volontés en Jésus-Christ, si elle était acceptée comme vérité de foi, reviendrait à admettre la possibilité dans le Christ d'une opposition possible des deux volontés. Il propose donc au pape de s'abstenir de parler d'une ou deux volontés. Le pape dans sa réponse, félicite Sergius de vouloir supprimer de vaines querelles de mots. Il approuve sa politique de silence mais en s'expliquant, dans un sens peut-être admissible car cela venait au terme de tout un raisonnement, il n'en laisse pas moins passer une phrase regrettable : Nous professons aussi la volonté unique du Seigneur Jésus-Christ. Ainsi au terme d'une véritable manipulation, ce pape semble donner donc son aval à une hérésie. On peut au moins faire observer que l'intervention d'Honorius n'a pas revêtu les caractères de l'exercice du magistère couvert par le privilège de l'infaillibilité, puisqu'elle intervient dans le cadre d'un débat théologique. Ainsi, selon le Chanoine Adolphe-Charles Peltier : « Une des objections les plus rebattues contre l'infaillibilité pontificale est assurément celle qu'on prétend tirer de la faute d'Honorius et de sa condamnation par le sixième concile œcuménique. Cependant de quoi s'agit-il ? D'une faute personnelle, qui était plutôt une erreur dans la conduite, qu'une erreur dans la foi. Les lettres qui nous restent de ce pape démontrent en effet qu'il n'admettait pas une seule volonté en Jésus-Christ à la manière des monothélites, mais uniquement en ce sens qu'il ne saurait y avoir dans le Fils de Dieu deux volontés contraires. Comment d'ailleurs le pape Agathon aurait-il pu prescrire à ses légats, comme il l'écrivit à l'empereur, de s'en tenir simplement à la tradition reçue de ses prédécesseurs, si cette tradition avait été rompue par Honorius quelques années seulement avant lui ? Aussi Noël Alexandre, quoique partisan des opinions gallicanes, ne fait-il pas difficulté de reconnaître ingénument que le pape Honorius n'a point enseigné l'hérésie ». En conclusion de ce point historiquement controversé, il faut noter que le Concile de Vatican I, dans ses travaux préparatoires, a longuement étudié cet aspect. Il n'en a pas moins conclu, dans sa constitution dogmatique Pastor Æternus, que le siège suprême est toujours demeuré pur de toute erreur : ce qui exclut donc toute hérésie formelle de la part d'Honorius et le lave définitivement de tout soupçon, à tout le moins aux yeux des catholiques soumis au dogme. Se pose alors toutefois la question de la condamnation par le concile et Léon II : en réalité, Honorius n'a été que maladroit mais n'a cependant pas commis une erreur de foi ou de morale (les deux sujets auxquels s'applique l'infaillibilité). Ce n'est donc qu'une erreur sur le plan historique ou factuel.
071 Séverin 640 Rome Séverin Séverin, né à Rome, fils d'un certain Abienus, est élu pape en octobre 638, mais pour des raisons obscures, n’est consacré que le 28 mai 640. Il meurt le 2 août de la même année. Le déroulement de son bref pontificat est très mal connu. La date de son élection correspond à quelques jours près à la promulgation à Constantinople, par l'empereur Héraclius et le patriarche Serge Ier, de l'Ecthèse, un décret religieux qui faisait du monothélisme la doctrine officielle de l'Empire (affiché dans le narthex de Sainte-Sophie en septembre ou octobre 638). La formulation exacte de l'Ecthèse, tentative de compromis entre le symbole de Chalcédoine et le monophysisme, se réclamait d'une lettre adressée en 634 par le pape Honorius Ier, prédécesseur de Séverin, au patriarche Sergius, reconnaissant l'existence d'"une seule volonté" en Jésus-Christ. La promulgation de l'Ecthèse aurait été connue à Rome grâce aux légats envoyés par Séverin pour solliciter de l'empereur la confirmation de son élection. Les légats auraient reçu d'Héraclius mission de transmettre l'Ecthèse à Séverin pour ratification. Celui-ci aurait refusé et aurait été ainsi à l'origine de la longue lutte que mena la papauté contre le monothélisme. Toutefois on ignore quel lien exact existe entre cette controverse et le fait qu'il s'écoula plus d'un an et demi entre son élection et sa consécration. Cette période transitoire est bien plus longue que son pontificat proprement dit, qui dura à peine deux mois et demi. Au début de l'année 640, les troupes byzantines cantonnées à Rome, incitées par le chartularius ("chef de bureau") Maurice, s'emparèrent de la sacristie de la basilique-cathédrale du Latran, où était entreposé le trésor de la papauté. Prévenu par lettre, l'exarque de Ravenne, Isaac le Patricien, se rendit à Rome, expulsa de la ville "tous les dignitaires de l'Eglise" et fit emporter la totalité du trésor, dont il expédia une partie à Constantinople. Peu après, il fut procédé à la consécration de Séverin comme pape, avant qu'Isaac ne s'en retourne à Ravenne. (récit du Liber Pontificalis) Ce récit fait donc état d'une initiative purement locale de l'administration byzantine, l'exarque étant prévenu après coup et le pouvoir central de Constantinople n'étant pas du tout impliqué. Cependant, la confiscation de biens ecclésiastiques se produisit à de multiples reprises sous le règne d'Héraclius: aux abois du fait des guerres de survie qu'il dut mener successivement contre les Perses mazdéens et les Arabes musulmans, le pouvoir impérial mit largement à contribution l'Église chrétienne. Des prêtres et moines irlandais écrivirent à Séverin pour le consulter sur la date de Pâques, fixée en Irlande selon la coutume des Juifs, et sur la question de la grâce et du libre-arbitre, car les conceptions de Pélage restaient présentes dans ce pays. Toutefois, la lettre ne parvint à Rome qu'après la mort du pape, et la réponse fut faite par des collaborateurs de la curie. Le pape Séverin aurait fait exécuter une nouvelle mosaïque dans l'abside de la basilique Saint-Pierre du Vatican. Son successeur, Jean IV, fut élu le 24 novembre 640 et consacré dès le 24 décembre suivant.
072 Jean IV 640/642 Salone Jean IV Jean IV le Dalmate, né à Salone, aujourd'hui Solin en Croatie, vers 580, pape du 24 décembre 640 au 12 octobre 642, élu après que le siège fut resté vacant quatre mois. Il est originaire de Dalmatie (probablement de la ville de Salona), et fils du scholasticus (responsable d'un service juridique) Venance. Au moment de son élection, il est archidiacre de l'Église de Rome, poste important dans l'administration du diocèse et membre du conseil des seruantes locum sanctae sedis apostolicae chargé d'assurer l'intérim entre la mort d'un pape et l'élection de son successeur. Comme sa consécration suit de très peu son élection (24 novembre), on suppose que les élections papales étaient confirmées par l'exarque de Ravenne plutôt que par l'empereur de Constantinople. Mais il est à noter que pour le pape précédent, Séverin, cet intervalle est de vingt mois. Des troubles dans son pays natal, causés par les invasions slaves, retiennent son attention. Pour soulager la détresse des habitants, il envoie l'abbé Martin en Dalmatie et en Istrie muni de grosses sommes d'argent pour racheter les captifs. Comme les églises en ruines ne peuvent être reconstruites, les reliques de quelques-uns des saints les plus importants de Dalmatie (saints Venance, Anastase et Maurus) sont transférées à Rome. Jean IV érige en leur honneur une chapelle qui subsiste encore. Il la fait décorer de mosaïques qui le représentent lui-même tenant entre ses mains une maquette de sa chapelle. Il semble qu'il ne se contente pas de pallier les maux causés par les Slaves : il essaie de convertir ces barbares. L'empereur Constantin Porphyrogénète dit que Porga, le duc des Croates de Dalmatie, qui appelé en Dalmatie par Héraclius, fait demander à ce dernier des maîtres chrétiens. On suppose que l'empereur à qui ce message fut envoyé était Héraclius lui-même, et qu'il la transmis au pape Jean IV. Alors qu'il n'était encore que le pape élu, Jean IV, avec les autres dirigeants de l'Église de Rome, écrit au clergé du nord de l'Irlande pour lui signaler ses erreurs concernant la date de Pâques et l'exhorte à se méfier de l'hérésie pélagienne (si toutefois la mention "Jean, diacre, évêque élu" figurant dans la liste des signataires le désigne bien). D'autre part, il condamne solennellement le monothélisme, mais l'idée, inspirée par Maxime le Confesseur, selon laquelle Héraclius aurait en réaction retiré son appui à l'Ecthèse, est fortement mise en doute par les historiens modernes (Héraclius meurt le 11 février 641 comme il fallait parfois trois mois pour aller de Rome à Constantinople, il n'est même pas certain qu'il ait appris l'élection de Jean IV). Au fils d'Héraclius, Constantin III (regn. du 12 fév. au 25 mai 641), Jean IV adresse une défense du Pape Honorius Ier (la lettre Dominus qui dixit), dans laquelle il condamne la tentative faite par le patriarche Pyrrhus de Constantinople de lier le nom d'Honorius avec le monothélisme. Honorius, déclare t-il, en parlant d'une seule volonté en Jésus, avait comme seule intention d'affirmer que les deux volontés qui coexistent en lui, correspondant à ses deux natures distinctes, ne peuvent entrer en contradiction. Jean IV est enterré dans la basilique Saint-Pierre.
073 Théodore I 642/649 Jérusalem Théodore I Théodore Ier, né à Jérusalem, fils d'un évêque palestinien de même nom que lui, 73e pape élu le 24 novembre 642, en charge jusqu'à sa mort le 14 mai 649. À la suite de son prédécesseur Jean IV, Théodore Ier se signala comme un farouche adversaire du monothélisme, doctrine que l'empereur Héraclius et le patriarche de Constantinople Serge Ier avaient adoptée officiellement en 638 en promulguant l'Ecthèse. Théodore y était d'autant plus sensible que sa province natale, la Palestine, avait été le principal foyer de résistance au monoénergisme et au monothélisme sous l'influence du patriarche Sophrone de Jérusalem (634-638). Sitôt après sa consécration, Théodore écrivit au patriarche Paul II de Constantinople pour lui signifier son rejet total de l'Ecthèse placardée à Sainte-Sophie. Le patriarche Pyrrhus de Constantinople, ancien collaborateur et successeur de Serge Ier, ardent défenseur du monothélisme, avait été démis de ses fonctions au moment du renversement de l'impératrice Martine et de son fils Héraclonas (septembre 641), et remplacé par Paul II. Réfugié en Palestine, puis à Carthage, il entra en contact avec un des chefs du parti anti-monothélite, le moine Maxime le Confesseur. Les deux hommes débattirent, et une dispute publique fut organisée en présence de l'exarque de la province, Grégoire (juillet 645). Pyrrhus s'avoua vaincu et persuadé, et écrivit même un opuscule contre le monothélisme. Les deux ecclésiastiques se rendirent à Rome, où Théodore Ier prononça la réhabilitation de Pyrrhus et le tint pour le patriarche légitime de Constantinople. Cependant Pyrrhus, de retour à Constantinople, revint peu après au monothélisme. En 647, Théodore Ier excommunia pour hérésie le patriarche Paul II de Constantinople. Quand celui-ci l'apprit, il fit supprimer l'autel appartenant au pape au palais de Placidie et rompit tout contact avec l'Église de Rome (expulsion du nonce). Cependant, soucieux d'éviter un schisme, l'empereur Constant II promulgua en septembre 648 un édit appelé le Typos: l'Ecthèse était retirée de Sainte-Sophie, mais toute discussion sur les points en litige était formellement interdite. Refusant ce compromis, Théodore Ier prépara le concile tenu au Latran par son successeur Martin Ier et qui condamna à la fois le monothélisme et le Typos. Théodore Ier fut le premier pape à reprendre officiellement le titre de pontife, venant du titre latin pontifex maximus ("grand pontife") qui désignait le chef de la religion romaine à l'époque païenne et qui fut porté par les empereurs romains d'Auguste à Gratien, lequel l'abandonna en 379. À partir de Théodore Ier, les papes s'intitulèrent summus pontifex ("souverain pontife"). Le mot pontifex avait parfois été repris auparavant pour désigner le grand-prêtre des Juifs (en quelques endroits de la Vulgate de saint Jérôme), voire les évêques chrétiens (chez quelques poètes). Théodore utilisa aussi le premier le titre de patriarche d'Occident, qui fut abandonné par Benoît XVI en 2006. Il introduisit dans la liturgie romaine la fête orientale de la Dormition de Marie, qui plus tard, vers 770, fut appelée Assomption. À Rome, il fit bâtir l'église Saint-Valentin et orna somptueusement l'église Saint-Étienne.
074 Saint Martin I 649/653 Todi Saint Martin I Martin Ier né v. 600 à Todi (Ombrie), fils d'un patricien nommé Fabrice mort à Cherson (Chersonèse Taurique) le 15 septembre 655 ou, selon les sources orientales, le 13 avril 656. Il est fêté comme saint et martyr par les catholiques, comme saint et confesseur par les orthodoxes. Il est fêté le12 novembre en Occident et le 14 avril en Orient. Avant son élévation au pontificat, Martin est apocrisiaire, c'est-à-dire représentant du pape à Constantinople. Élu pape le 5 juillet 649, cinquante-deux jours après la mort de son prédécesseur Théodore Ier, il est consacré dès le 5 août, sans avoir sollicité la confirmation de son élection par l'empereur, ou son représentant en Italie, l'exarque de Ravenne, ce qui est la règle à l'époque ; il n'est donc pas reconnu pape par les autorités byzantines. Martin Ier réunit du 5 au 31 octobre 649, avec la collaboration du moine oriental Maxime le Confesseur, un concile d'une centaine d'évêques dans la basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale du diocèse de Rome. Ce concile condamne le monothélisme, doctrine officielle de l'Empire depuis l'Ecthèse de 638 et surtout le Typos (648), édit par lequel l'empereur Constant II (641-668) interdit toute discussion à ce sujet1. Toutefois, des doutes sont exprimés au xxe siècle sur la réalité ou au moins la dimension et la nature de cette assemblée. En tout cas, le pape Martin fait connaître en Italie, en Gaule et en Orient, la condamnation du monothélisme et du Typos par le Saint-Siège. L'empereur Constant II charge l'exarque Olympius de rétablir l'autorité impériale, d'imposer le Typos et peut-être d'arrêter le pape considéré comme illégitime. Mais, confronté à une forte résistance de la population du Latium et des milices locales, Olympius se range du côté de Martin et se proclame empereur (650). Il chasse du Palatin, les fonctionnaires fidèles à Constant II. Mais l'année suivante, en route vers la Sicile pour repousser une attaque musulmane, il meurt de la peste. Le 17 juin 653 le nouvel exarque, Théodore Calliopas, fait arrêter le pape en pleine basilique du Latran. Accusé de haute trahison, Martin est traité sans ménagement par les soldats byzantins, qui le conduisent à Ostie et l'embarquent le 19 juin pour Constantinople, où il arrive le 17 septembre. Il est fort mal traité pendant la traversée: atteint de goutte, il se voit refuser tout soin, est très peu nourri et ne peut se laver. À l'arrivée, il est débarqué sur une civière. Une foule, certainement payée, l'attend dans le port et l'abreuve d'insultes. Enfermé dans la prison Prandaria, au milieu de détenus de droit commun, il y attend son procès. Le procès a lieu le 20 décembre 653 devant le sénat, où Martin est encore conduit sur un brancard. L'interrogatoire est mené avec la plus grande brutalité par le patrice Boucoléon, qui exige que le pape se tîenne debout, soutenu par deux soldats. Toute question de religion est écartée des débats: Martin se voit signifier qu'il n'ést accusé que de trahison politique, notamment d'avoir inspiré l'usurpation d'Olympius. Le pape est frappé par le sacellaire ("trésorier", agissant dans ce procès comme procureur du fisc) Troïlos ses vêtements sacerdotaux sont déchirés et il est quasiment dénudé par les soldats. Constant II assiste à cette audience depuis une tribune d'où il peut voir sans être vu. Condamné à mort par écartèlement (peine infligée aux traîtres) et chargé de lourdes chaînes, il est conduit à la prison Diomède. Là, deux femmes compatissantes ayant accès à la prison, atténuent quelque peu la rigueur de sa détention. Transi de froid, il perd l'usage de la parole, mais peut faire passer un texte à ses partisans, dans lequel il fait état des avanies subies. Le patriarche Paul II de Constantinople étant mort, son prédécesseur Pyrrhus, démis de ses fonctions au moment du renversement de l'impératrice Martine et de son fils Héraclonas, le (29 septembre 641), est rétabli sur le siège patriarcal le 9 janvier 654. Il meurt le 1er juin de la même année. Partisan hésitant du monothélisme, et proche de sa fin, il obtient de Constant II, la grâce du pape Martin, dont la peine est commuée en exil perpétuel en Chersonèse Taurique (actuelle Crimée). Le pape prisonnier est transporté en avril 654 à Cherson, capitale de la Chersonèse Taurique. Il subit, en ce lieu, une détention rigoureuse qui hâte sa fin (le 15 septembre 655 ou le 13 avril 656 selon les sources). Entretemps, les autorités byzantines organisent l'élection d'un nouveau pape. Eugène Ier est élu le 8 septembre 654.
075 Saint Eugène I 654/657 Rome Saint Eugène I Saint Eugène Ier, né à Rome, fils d'un certain Rustinien, pape élu le 10 août 654, en charge jusqu'à sa mort le 2 juin 657. Il fut élu du vivant de son prédécesseur Martin Ier que l'exarque Calliopas, sur l'ordre de l'empereur Constant II, avait déposé et envoyé à Constantinople pour y être jugé pour trahison. Soumis donc aux Byzantins, il s'abstint de toute prise de position sur le monothélisme. Au cours de son bref pontificat, il se signala surtout par son zèle pour les pauvres. Canonisé après sa mort, on le fête le 27 août.
076 Saint Vitalien 657/672 Segni Saint Vitalien Saint Vitalien (vers 600 - †672), 76e pape du 30 juillet 657 jusqu'à sa mort le 27 janvier 672. Natif de Segni, il fut élu pape cinq ans seulement après la déposition et l'arrestation de Martin Ier, en 653, par l'exarque Calliopas, sur l'ordre de l'empereur Constant II il fut donc contraint, comme son prédécesseur Eugène Ier, à une extrême prudence vis-à-vis des autorités byzantines, alors toute-puissantes à Rome. Il s'abstint de toute prise de position retentissante dans la querelle du monothélisme, et resta ainsi en pleine communion avec le siège de Constantinople ainsi qu'en relations cordiales avec Constant II. Après son élection, celui-ci lui offrit un évangéliaire couvert d'or et de pierreries il vint à Rome lui rendre visite en 663, et lui offrit un tapis incrusté d'or. Cependant, après un séjour de 12 jours, il quitta la ville en emportant les ornements en bronze de plusieurs monuments de la ville, notamment les tuiles en bronze doré qui couvraient la coupole de l'église Sainte-Marie-aux-Martyrs (ancien Panthéon), ce qui fut vu comme un pillage. Il lui fallait sans doute payer les troupes qu'il avait amenées en Italie. S'agissant des relations entre Églises, Vitalien fut le seul pape inscrit sur les diptyques de l'Église de Constantinople entre 638 et 680 (période du monothélisme).
Mais Constant II favorisa le schisme de l'archevêque de Ravenne Maurus, qui rejeta l'autorité hiérarchique du pape, soutenu par l'exarque byzantin. L'empereur reconnut Ravenne comme siège autocéphale en 666. Vitalien lança l'anathème sur Maurus, qui répliqua sur le même ton et se prononça pour la soumission de l'Église latine au patriarche de Constantinople. Le pape s'efforça de mobiliser les autres évêques italiens contre Maurus, mais le schisme durait toujours à sa mort. Il s'ajoutait en Italie au schisme d'Aquilée, non encore résorbé, et à la persistance de l'arianisme parmi les Lombards, notamment sous le roi Grimoald Ier de Bénévent (662-671). Les autorités byzantines tentèrent aussi de soustraire la Crète au ressort du pape. En 664, selon une tradition, deux rois anglo-saxons, Egbert, roi de Kent, et Oswy, roi de Northumbrie, envoyèrent au pape Vitalien des ambassadeurs porteurs de vases d'or et d'argent, dirigés par Wilfrid, évêque d'York, pour lui demander de se prononcer sur certains points de liturgie, dont le principal était la date de célébration de Pâques, différente pour les Églises d'obédience romaine et les Églises d'obédience irlandaise, qui se partageaient la population chrétienne en Angleterre. Le point fut réglé par le synode de Whitby, qui condamna les usages celtiques et renforça l'autorité de la papauté en Angleterre. Mais le détail de ces événements est incertain. En 667, après la mort de Wighard, envoyé à Rome pour être consacré archevêque de Cantorbéry, Vitalien décide, sur la recommandation d'Adrien de Carthage, abbé de Nerida près de Naples, de le remplacer par le Grec Théodore de Tarse, réputé pour son grand savoir. Celui-ci n'accepte la mission que s'il est accompagné d'Adrien. Théodore est consacré archevêque de Cantorbéry par Vitalien le 26 mars 668. Parvenu en Angleterre en mai 669, il y joue un rôle très important, tant dans l'organisation définitive de l'Église anglo-saxonne (il fut selon Bède le Vénérable le premier primat reconnu dans toute l'Angleterre) que dans la diffusion de la culture écrite gréco-romaine dans l'île. Vitalien est également connu pour avoir introduit l'usage de l'orgue et de la musique instrumentale dans les offices religieux (tradition propre à l'Occident). C'est également sous son pontificat que les cloches furent généralisées dans toutes les églises de Gaule. Canonisé après sa mort, il est fêté le 27 janvier.
077 Adéodat II 672/676 Rome Adéodat II Adéodat II ou Dieudonné II, fils d'un certain Jovinianus, qualifié de «romain» fut pape de 672 à 676. Moine de la communauté de Saint-Erasme sur le mont Caelius, il était déjà âgé lorsqu'il fut élu pape son élection fut ratifiée par l'exarque de Ravenne au bout de quelques semaines. Ce pape fut le premier qui data ses actes officiels de l'année de son pontificat, usage resté en vigueur depuis, et qui utilisa la formule "Salut et bénédiction apostolique". Il restaura la Basilique Saint-Pierre à la huitième borne de la Via Portuense. Il se montra généreux envers les pauvres ce qui le rendit populaire. On sait peu au sujet de son règne. Adéodat II est enterré dans la basilique Saint-Pierre de Rome.
078 Donus 676/678 Rome Donus Donus ou Domnus, né à Rome, fils d'un Romain nommé Mauricius, fut pape du 2 novembre 676 à jusqu'à sa mort le 11 avril 678, prenant la succession d'Adéodat ou Dieudonné II. Son bref pontificat fut notamment marqué par le règlement d'un schisme avec l'archevêché de Ravenne, siège de l'exarque byzantin d'Italie. Soutenu par l'empereur Constant II, l'archevêque Maurus avait prétendu s'affranchir de la tutelle de la papauté (reconnaissance d'autocéphalie par Constant II en 666), mais son successeur Reparatus accepta de se soumettre à Donus. Ce pape mit d'autre part fin à l'existence d'un groupe organisé de Nestoriens parmi les nombreux moines orientaux installés à Rome. Il est également connu pour avoir entrepris des travaux de restauration de bâtiments religieux de Rome. L'empereur Constantin IV voulut prendre contact avec lui pour mettre fin au schisme causé par le monothélisme, mais Donus mourut avant l'arrivée du message.
079 Saint Agathon 678/681 Sicile Saint Agathon Agathon était grec, né en Sicile, de parents riches et pieux. On dit qu'il distribua leur héritage après leur mort pour se retirer dans un monastère de Palerme. Cette croyance se fonde sur une lettre de saint Grégoire le Grand à l'abbé de Saint-Hermès à Palerme, un monastère bénédictin, où il parle d'Agathon. Dans cette lettre, Grégoire a écrit que l'abbé pourrait recevoir Agathon dans son monastère si sa femme était disposée à entrer dans un couvent. Dans la mesure où il y a des raisons de croire que ce moine était le pape Agathon, il aurait eu plus de 100 ans au moment de son élection. Peu de temps après qu'Agathon fut devenu pape, saint Wilfrid, archevêque d'York, arriva à Rome pour demander l'aide de l'autorité du Saint-Siège. Il avait été déposé de son siège par Théodore, archevêque de Cantorbéry, qui avait partagé son diocèse, nommant trois évêques aux nouveaux sièges. Dans un synode que le pape Agathon convoqua au Latran pour étudier l'affaire, il fut décidé que le diocèse de Wilfrid devrait effectivement être partagé, mais que c'est Wilfrid lui-même qui devrait nommer les évêques. L'événement important de son pontificat fut le sixième concile œcuménique (680-681), qui mit fin à l'hérésie monothélite, tolérée par les papes précédents (dont Honorius). Le concile commença avec l'envie de l'empereur Constantin IV de mettre fin au schisme qui séparait l'Église en deux. Il écrivit au pape Donus pour lui suggérer une conférence sur le sujet, mais Donus était mort quand la lettre arriva. Agathon cependant se hâta de saisir le rameau d'olivier offert par l'empereur. Il ordonna que des conciles se tinssent dans tout l'Occident pour que les légats pussent présenter la tradition universelle de l'Église occidentale. Alors il envoya une grande délégation à Constantinople pour rencontrer les Orientaux. Les légats et les patriarches se rassemblèrent au palais impérial le 7 novembre 680. Les Monothélites exposèrent leur point de vue. Alors fut lue la lettre du pape Agathon qui expliquait la croyance traditionnelle de l'Église selon laquelle le Christ avait deux volontés, divine et humaine. Le concile conclut que Pierre avait parlé par la bouche d'Agathon. Le patriarche Georges de Constantinople accepta cette lettre d'Agathon, comme le firent la plupart des évêques présents. Le concile proclama l'existence dans le Christ de deux volontés et condamna le monothélisme, incluant le pape Honorius dans sa condamnation. Quand le concile prit fin en septembre 681, les décrets furent envoyés au pape, mais Agathon était mort en janvier. Le Concile n'avait pas seulement mis fin à l'hérésie monothélite, mais avait guéri le schisme. Agathon engagea aussi des négociations entre le Saint-Siège et Constantinople, concernant les rapports de la Cour byzantine avec les élections papales. Constantin promit à Agathon d'abolir ou de réduire la taxe que les papes devaient payer à la trésorerie impériale à l'occasion de leur intronisation. Il est vénéré comme un saint tant par les Latins que par les Grecs. Certains Catholiques traditionalistes disent qu'il fut le premier pape à prêter, au cours de son intronisation, ce qu'ils appellent le serment pontifical.
080 Saint Léon II 682/683 Sicile Saint Léon II Léon II, né en Sicile à une date inconnue, mort le 3 juillet 683 à Rome, fut pape de 682 à 683. Fils d'un certain Paul, il étudie à la Scola cantorum de Rome. À la mort d’Agathon le 10 janvier 681, il est élu pape, sans doute au courant du mois de janvier. Cependant, l'empereur Constantin IV refuse de reconnaître l'élection et demande, en échange, la condamnation du pape Honorius Ier, considéré comme partisan du monothélisme au troisième concile de Constantinople qui se déroule alors. Les tractations se poursuivent jusqu'en 683. Constantin obtient la condamnation du feu pape et en échange, accorde à Léon II, entre autres : la reconnaissance de l'élection pontificale ; la présence d'un apocrisiaire permanent du pape à Constantinople ; le transfert à Rome des monothélistes condamnés par le concile, pour y être jugés par la papauté ; la reconnaissance de la suprématie du pape sur l'exarque de Ravenne ; la diminution des versements de la Sicile et de la Calabre au Trésor impérial. Le corps repose à la basilique Saint-Pierre. Il est considéré comme saint et son culte est attesté dès les martyrologes de Bède le Vénérable et d'Adon. Il est fêté le 28 juin.
081 Saint Benoît II 684/685 Rome Saint Benoît II Benoît II (° ? – † 8 mai 685), né et mort à Rome, fut pape de 684 à 685.C'est un saint chrétien fêté le 7 mai en Orient1 et le 8 mai en Occident. Selon la tradition, il est né à Rome et a pour père un dénommé Jean. Après une éducation à la Schola cantorum, il devient prêtre. Élu pape le 26 juin 684, il obtient que la confirmation soit donnée non plus par l'empereur, mais par l'exarque de Ravenne. Le calcul est simple : faible politiquement, l'exarque approuverait toujours les décisions de Rome. Le pontificat de Benoît II est marqué par son attention envers les pauvres, confinant au populisme. Benoît II renforce également la position du pape en présidant toutes les cérémonies civiles de Rome.
082 Jean V 685/686 Antioche Jean V Le pape Jean V exerce du 23 juillet 685 au 2 août 686. Depuis l'invasion Byzantine, Jean V est le premier pape de la Papauté byzantine, élu au sein de l'Église non désigné mais autorisé et consacré par l'Empereur byzantin Constantin IV1 et le premier d'une lignée de dix papes, originaires de l'Est. Sa papauté est marquée par la réconciliation entre la ville de Rome et l'Empire. Jean V est probablement né à Antioche en Syrie, territoire actuel de la Turquie. En raison de ses connaissances de la langue grecque, il est nommé légat du Pape Agathon au cours du Troisième concile de Constantinople (concile œcuménique). Jean V est le premier pape de la papauté byzantine, consacré sans l'approbation directe de l'empereur. Constantin IV fait disparaître l'exigence sous le règne du pape Benoît II , le prédécesseur de Jean V, qui prévoit que « l'élu au Siège Apostolique peut être ordonné pontife à partir de ce moment et sans délai ». Dans un retour à la « pratique ancienne » Jean V est choisi par le peuple de Rome. Jean est élu le 23 juillet 685. Constantin IV fait confiance sans aucun doute à la population et au clergé de Rome, qui avait été suffisamment orientalisé, mais les neuf pontifes suivants sont d'origine orientale.
Le pontificat de Jean V voit la poursuite de l'amélioration des relations avec Byzance. L'Empereur réduit grandement les impôts sur les patrimoines pontificaux de la Sicile et de la Calabre il abolit les autres impôts, comme une surtaxe sur les céréales qui avait été payée avec difficulté au cours des dernières années. Une lettre de Justinien II assure à Jean V qu'un « synode de hauts fonctionnaires civils et ecclésiastiques » comprenant l'apocrisiaire et l'armée byzantine, avait lu et, par la suite, scellé le texte du troisième Concile de Constantinople, pour éviter toute altération de ses canons. La lettre est adressée au « pape Jean de la ville de Rome » écrite alors que l'Empereur pense que le pape est toujours en vie elle est reçue par le pape Conon. Comme ses prédécesseurs immédiats, Jean V était exceptionnellement généreux envers les diaconies de Rome, distribuant 1 900 solidi à "tous les membres du clergé ainsi qu'aux diaconies monastiques.
Après un pontificat d'un peu plus d'un an, Jean V meurt dans son lit ,il est remplacé par le pape Conon. La mort de Jean V le 2 août 686 donne lieu à un "débat houleux sur son successeur", entre le clergé qui favorise un archiprêtre Petros et l'armée qui soutient un autre prêtre du nom de Theodoros. La faction du clergé se rassemble devant la basilique constantinienne tandis que la faction de l'armée se réunit à l'Santo Stefano Rotondo. Les navettes diplomatiques s'avèrent vaines, les membres du clergé élisent alors Conon, un gréco-sicilien, au lieu de leur candidat d'origine. Jean V est enterré dans les tombes papales de l'ancienne basilique de Saint-Pierre. Son inscription fait l'éloge de sa lutte contre le monothélisme lors du troisième Concile de Constantinople : « avec les titres de la foi, en gardant cette vigilance, vous avez unis les esprits de sorte que le loup hostile n'a pas pu s'emparer de la brebis, ni le plus puissant écraser ceux d'en bas ». La tombe de Jean V est détruite par les Sarrasins lors du sac de Rome en 846.
083 Conon 686/687 Sicile Conon Conon, est le 83e pape du 21 octobre 686 au 21 septembre 687. Fils d'un officier des troupes thraces, il étudia en Sicile et fut ordonné prêtre à Rome. Il fut élu pape le 21 octobre 686 à un âge fort avancé afin que la milice romaine et le clergé alors en désaccord puissent s'accorder un moment de répit pour trouver un successeur au trône de saint Pierre qui agréerait aux deux parties. Durant son pontificat il éleva saint Kilian, le missionnaire Irlandais, au rang d'évêque et l'envoya prêcher la foi en Franconie avec ses suivants. Il tenta aussi de résoudre le conflit qui séparait la milice romaine du clergé mais sans grand succès. Conon disposait des faveurs de l'empereur byzantin Justinien II qui lui reversait une partie des taxes qu'il avait prélevées sur les territoires de la papauté. Il mourut le 21 septembre 687 à Rome gravement malade après un règne très court qui s'étala sur une période d'un an.
ANT Théodore II 687 ? Théodore II Théodore II et Pascal, antipapes en 687 en concurrence avec le pape Serge Ier. Après la mort de Conon le 21 septembre 687, une faction élit l'archidiacre Pascal , une autre l'archiprêtre Théodore. Les partisans de celui-ci se rendent maîtres de l'intérieur du palais du Latran . leurs adversaires en occupent tout l'extérieur. Le tumulte croit et menace de devenir sanglant. Le clergé, les magistrats et le peuple fixent alors leur choix sur le prêtre Sergius, qu'ils conduisirent en triomphe au palais de Latran. Les portes s'ouvrent devant eux. Théodore reconnaît l'autorité du nouveau Pontife mais Pascal ne veut pas céder. Il est dégradé et confiné dans un monastère où il meurt en 692.
ANT Pascal 687 ? Pascal Théodore II et Pascal, antipapes en 687 en concurrence avec le pape Serge Ier. Après la mort de Conon le 21 septembre 687, une faction élit l'archidiacre Pascal , une autre l'archiprêtre Théodore. Les partisans de celui-ci se rendent maîtres de l'intérieur du palais du Latran . leurs adversaires en occupent tout l'extérieur. Le tumulte croit et menace de devenir sanglant. Le clergé, les magistrats et le peuple fixent alors leur choix sur le prêtre Sergius, qu'ils conduisirent en triomphe au palais de Latran. Les portes s'ouvrent devant eux. Théodore reconnaît l'autorité du nouveau Pontife mais Pascal ne veut pas céder. Il est dégradé et confiné dans un monastère où il meurt en 692.
084 Saint Serge I 687/701 Palerme Saint Serge I Saint Serge Ier ou Sergius Ier, est le 84e pape, du 15 décembre 687 au 8 septembre 701. Son pontificat est dominé par sa réponse au Quinisexte, dont il refuse d'accepter les canons. Serge vient d'une famille syrienne d'Antioche qui s'installe à Palerme en Sicile. Il se prénomme alors Osporco. Il quitte la Sicile et arrive à Rome durant le pontificat d'Adéodat II. Il gravit les rangs du clergé puis le pape Léon II l'ordonne cardinal-prêtre de Santa Susanna, le 27 juin 683. Il reste cardinal-prêtre de Santa Susanna jusqu'à son élection en tant que pape. Serge Ier doit son élection, en tant que successeur du pape Conon, aux intrigues habiles contre Pascal et Théodore II, les deux autres candidats considérés dorénavant comme antipapes par l'Église. Théodore avait déjà été candidat au pontificat, à la mort de Jean V. Par des manœuvres politiques, Conon lui est préféré. À la mort de Conon, en 687, Théodore essaie à nouveau de se tenir dans l'opposition à la papauté afin de se faire élire. Pascal Ier, lui, était un archidiacre, soutenu par une minorité du clergé tandis que Théodore était le candidat de l'aristocratie romaine. Selon le Liber Pontificalis, les partisans de Pascal et Théodore s'emparent des différentes parties du Palais du Latran et élisent simultanément les deux hommes. Comme aucun des deux n'est disposé à céder la place à l'autre, ils sont enfermés pendant le combat pour le contrôle de la Basilique de Santo Stefano al Monte Celio. Pendant ce temps, pour régler la situation, les magistrats Romains, les représentants de la garnison, la majorité des membres du clergé et les citoyens rencontrés dans le palais impérial élisent finalement Serge, le conduisent au Latran et forcent l'accès pour installer Serge Ier Pascal est finalement enfermé dans un monastère en raison d'accusations de sorcellerie. Quant à Théodore, encore une fois, il reconnaît le nouveau pape et renonce à son siège. Serge Ier est consacré le 15 décembre 687 ce qui achève le dernier sede vacante de la Papauté byzantine . « Après les morts de certains pontifes, Osporco, un romain, succède à la papauté mais à cause de son appellation incongrue, il prend le nom de Serge, ce qui est l'origine du changement de nom des papes à la suite de leur élection au pontificat. » Le 10 avril 689, Serge Ier baptise le roi de Wessex Cædwalla à Rome. Il ordonne également Saint-Willibrord comme évêque des Frisons et, selon le Liber Pontificalis, Bertwald en tant Archevêque de Cantorbéry. Serge fonde la diaconie de la Santa Maria in Via Lata sur la Via del Corso de la Flaminia Porta à la colline du Capitole à Rome, qui englobe un quart de la ville et se développe durant le viiie siècle. Il restaure et embellit également la Basilique Santi Cosma e Damiano.

Élus au 8 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
085 Jean VI 701/705 Éphèse Jean VI Jean VI, né à Éphèse en Grèce est le 85e pape de l'Église catholique. Il a régné du 30 octobre 701 au 11 janvier 705, durant la Papauté byzantine. Son pontificat est notable en raison des percées militaires et politiques sur la péninsule italienne. Il succède après une vacance du siège pontifical de deux mois, à la suite de la mort du pape Serge Ier. Pendant son règne, il aide l'exarque Theophylactus envoyé en Italie par l'empereur Justinien II et l'empêche d'utiliser la violence contre les Romains. Les interventions de Jean VI évitent à Theophylactos d'être blessé, pour être venu à Rome afin de « causer des ennuis au pontife. » Par ailleurs, il réussit également à inciter Gisulf Ier, le Duc lombard de Bénévent à se retirer des territoires de l'empire, par des tactiques de persuasion et de corruption. Selon certaines sources, il parvient à « lui seul à convaincre le duc lombard Gisulf de Bénévent de retirer ses forces et de rentrer à la maison » après que le duc ait dévasté la Campanie avoisinante et construit un campement à la vue des murs de la ville de Rome. Les autres événements significatifs du pontificat de Jean VI comprennent la restitution aux Alpes Cottiennes de leur ancien statut de patrimoine du pape, de la part du roi lombard Aripert II. D'autres projets aboutissent également, comprenant les nouveaux ambons dans la Basilique Saint-André l'Apôtre de Patras (Grèce) , une nouvelle nappe d'autel pour la Basilique San Marco Evangelista al Campidoglio, des "suspensions" diaphanes en voiles blancs entre les colonnes de chaque côté de l'autel de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Jean VI a également promus des Orientaux au sein de la hiérarchie épiscopale, notamment Boniface, le conseiller du pape. En 702-704, il confirme les biens de l'Abbaye Notre-Dame de Montier-en-Der en (Haute-Marne) et accorde, aux moines, le libre choix de leur abbé. En l'an 704, Saint-Wilfrid d'York, âgé de 70 ans, est expulsé (après plusieurs autres expulsions) de son siège épiscopal. Il se rend à Rome et plaide sa cause devant le Pape Jean VI. Le pontife le soutient et ordonne à Berhtwald, l'Archevêque de Cantorbéry et Gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre de convoquer un synode afin de blanchir Wilfrid. À sa mort, Jean VI est remplacé par le pape Jean VII, après une vacance de moins de deux mois . Le corps du pape est enterré dans l'Antique basilique vaticane.
086 Jean VII 705/707 Rossano Jean VII Jean VII (né à Rossano, Calabre1,2 en l'an 650 - décédé à Rome, le 18 octobre 707), est le 86e pape de l'Église catholique. Il est élu le 1er mars 705 et règne jusqu'à sa mort. Il est l'un des papes de la papauté byzantine. Fils de Platon et Blatta, son père était le principal agent de la garde du palais impérial (cura palatii urbis Romae) sur la colline du Mont Palatin. Jean VII, est donc le premier pape, fils d'un fonctionnaire byzantin. Son grand-père Theodorus Chilas était sénateur en 655. L'homme est éloquent, érudit et a une sensibilité artistique : il est d'ailleurs l'auteur d'une inscription en vers à la mémoire de son père et érige un monument avec une inscription pour ses parents. Malgré l'ascendance byzantine, il a d'excellentes relations avec les Lombards. En fait, Aripert II rend au Saint-Siège, des biens, de grande valeur, confisqués sur les Alpes cottiennes au profit du roi Rothari lors de la conquête de la côte ligure à l'époque du pape Jean IV. Il succède au pape Jean VI. Il semble qu'en l'an 706 il accède à la demande de l'empereur Justinien II, les relations entre l'église et le pontificat Byzantins étaient aigries depuis le concile in Trullo de 692. Il ne ratifie pas les textes, très impopulaires en Italie Malgré cela, il a été critiqué, plus particulièrement, par le Liber Pontificalis pour ne pas les avoir signés : « Il (Justinien II) envoya deux évêques métropolitains et envoie également avec eux un mandat dans lequel il a demandé et a exhorté le souverain pontife (Jean VII) de réunir un concile de l'Église apostolique et de confirmer ceux d'entre eux, comme il a approuvé et d'annuler et rejeter ceux qui étaient défavorables. Mais lui, terrifié dans sa faiblesse humaine, les renvoya au prince par les métropolitains mêmes sans aucune emendations correction » Il est aussi le pape qui choisit de quitter, pour un temps, le Palais du Latran sur le Palatin pour la Domus Tiberiana. Ce déplacement avait une signification politique de grande ampleur, parce que c'était un lieu plus protégé du duc de l'Empire byzantin ; d'autres estiment que cela est dû au fait que le Latran était devenu dangereux et favorable à l'arrivée des Lombards. Plus probablement, le Pape a voulu prendre volontairement le parti des Byzantins, non pas par préférence personnelle, mais plutôt parce qu'il sentait qu'il ne pouvait pas résister à Justinien et ceci malgré les critiques sévères de ses contemporains et bien qu'il ait eu de très bonnes relations avec les Lombards. En plus de restaurer les églises, le Pape Jean VII aime orner de mosaïques et de fresques, bon nombre de représentations de sa personne. Jean VII, est le premier pape qui laisse un portrait de lui-même fait alors qu'il était en vie et donc digne de confiance. Il existe en effet plusieurs portraits de Jean VII dans l'église Santa Maria Antiqua à Rome, au pied du Mont Palatin, tandis que d'autres se trouvent dans la chapelle de la Vierge, construite par lui dans la Basilique Saint-Pierre. Il a également restauré le monastère de Subiaco détruit par les Lombards en l'an 601. Jean meurt au bout d'un peu plus de deux années, à compter du début de son pontificat, dans son nouveau palais il est enterré dans la chapelle qu'il a dédiée à Notre-Dame.
087 Sisinnius 708 Syrie Sisinnius Sisinnius (mort le 4 février 708) fut pape pendant environ trois semaines en 708. Syrien de naissance, il fut consacré vers le 15 janvier 708. Il était affligé de goutte et ne pouvait se nourrir lui-même, cependant il était doté d'un fort caractère et voulait le bien de l'Église. Il donna des ordres pour faire de la chaux qui servirait à réparer les murs de Rome, et avant sa mort il consacra un évêque pour la Corse. Le pape Sisinnius fut enterré dans la basilique Saint-Pierre de Rome.
088 Constantin 708/715 Tyr Constantin Constantin (parfois appelé Constantin Ier pour le distinguer de l'antipape Constantin II), né à Tyr, élu pape le 25 mars 708, continue l’œuvre de ses prédécesseurs. Il s’occupe notamment de questions religieuses et théologiques. Il condamne la doctrine monophysite qui ne reconnaît qu’une nature au Christ. L'empereur Justinien II convoque le pape Constantin à Constantinople pour lui faire approuver les canons du Concile in Trullo que le pape Serge Ier avait refusés. Après une période d’hésitation, le pape quitte Rome pour Constantinople, le 5 octobre 710. Il est bien accueilli dans toutes les villes, notamment dans la capitale où son entrée est triomphale. Il réussit à convaincre Justinien II de modifier certaines résolutions du concile précité. Après un an d’absence, le pape, victorieux, regagne sa résidence au Saint-Siège. Mais après le retour du Saint Père à Rome, l’empereur Justinien II tente de se rétracter. Le clergé et le peuple s’opposent à lui. De même, l’armée se soulève et dépose Justinien en l’an 711. Quant au pape Constantin, il décède le 9 avril 715. Il est inhumé à la Basilique Saint-Pierre au Vatican. Selon Cesare Baronio, le pape Constantin adressa au roi wisigoth d'Espagne Wittiza, un tyran cruel et débauché, de vives remarques sur ses mœurs et le menaça même de le déposer s'il ne rétractait pas les décrets qui portaient atteinte à l'autorité du Saint-Siège. Wittiza aurait alors menacé à son tour le pape de marcher sur Rome à la tête d'une armée pour le soumettre.
089 Saint Grégoire II 715/731 Rome Saint Grégoire II Saint Grégoire II, né à Rome en 669, pape de 19 mai 715 à sa mort le 11 février 731. Il condamne les iconoclastes en 727. Il est fait saint, le 13 février 731. Sacellaire et bibliothécaire de l'Église romaine, il est ordonné pape le 19 mai 715, après 40 jours de vacance du Saint-Siège. La première année de son pontificat, il envoie Corbinien en mission évangélique en Allemagne. En 718, il demande à Petronax de rétablir l’abbaye du Mont-Cassin, qui avait été détruite par les Lombards 140 ans auparavant. Le 15 mai 719, il confie à Wynfrid de Wessex (Boniface) la mission d’évangéliser la Hesse et la Thuringe. En 727, invité à adhérer aux édits iconoclastes de Léon III l’Isaurien sous la menace d’une déposition immédiate, il refuse et excommunie l’exarque de Ravenne chargé d’exécuter les édits. Il déclare se tourner vers l'Occident en décidant « le voyage vers la région la plus occidentale » (Texte E. Caspar trad. Hugo Rahner) montrant la réorientation de la papauté vers la mission au détriment des querelles byzantines. Il invite les fidèles à se garder de l’hérésie proclamée par l’empereur, à qui il reproche de ne pas vouloir défendre l’Italie. Il empêche les Romains de payer l’impôt à Byzance. Les troupes impériales cantonnées en Italie se soulèvent et se donnent des chefs. L’exarque Paul est tué dans une émeute des habitants de Ravenne. Les Romains chassent leur duc, s’érigent en République, et le pape acquiert la surintendance ministérielle de la ville et de son duché. En 728 le roi des Lombards Luitprand assiège et prend Ravenne. Pour se concilier le pape, il fait don au Saint-Siège de Sutri et de son territoire. Léon III envoie un nouvel exarque, Eutychius, qui ne peut rien faire sans troupe, d’autant plus que les ducs Lombards de Spolète et de Bénévent, révoltés contre leur roi, soutiennent le pape. Il se rétablit cependant à Ravenne avec l’aide de la République de Venise et à la demande du pape. L’exarque s’allie alors au roi des Lombards Luitprand. En 729, les troupes de Luitprand et d’Eutychius se présentent devant Rome4. Grégoire écrit à Charles Martel pour lui demander du secours, en vain. Il marche à la rencontre du roi Lombard et parvient à le convaincre d’abandonner le siège de la ville. Grégoire II meurt le 11 février 731. Dès le début de son pontificat, son successeur Grégoire III condamne à son tour les iconoclastes et les frappe d’excommunication.
090 Saint Grégoire III 731/741 Syrie Saint Grégoire III Grégoire III, né en Phénicie, fut pape de 731 à 741. Son pontificat fut marqué par la querelle iconoclaste et la pression des Lombards sur les possessions romaines.Il est le dernier pape non européen jusqu'au xxie siècle. Le nouvel élu est surnommé « l'ami des pauvres et des misérables ». Il est remarquable par sa vertu et sa culture. Il inaugure son pontificat en multipliant les relations avec les chefs spirituels et civils. Il envoie le pallium à l'évêque saint Boniface et lui confie le soin de fonder de nouveaux diocèses en Allemagne. Mais ces diocèses ne sont rattachés au Saint-Siège qu'au début de l'an 1000. À la suite de l'édit iconoclaste promulgué en 731 par l'empereur byzantin Léon III, Grégoire III préside un concile au Vatican, 193 évêques y participent. Ils condamnent l'iconoclasme. L'une des plus importantes résolutions du concile consiste à excommunier ceux qui défigurent l'icône du Christ, de la Vierge Marie, des apôtres et des saints. Tandis que le délégué du pape se dirige vers Constantinople en vue de confier à l'Empereur le décret pontifical, il est arrêté par l'armée byzantine et mis en prison. D'autres délégués subissent le même sort. L'attitude négative de l'Empereur à l'égard des icônes entraîne l'immigration à Rome des artistes. C'est ainsi que l'art byzantin oriental s'est répandu en Occident, notamment à Rome où il fut encouragé par le Souverain Pontife et par les autorités ecclésiales en général. C'est alors que l'empereur Léon III tente de réduire l’autorité du Saint-Siège et la mainmise sur les propriétés de l’Église dans les villes de Sicile, Calbéria et autres. Dans ce but, il envoie une flotte en Italie pour combattre les villes non soumises à ses ordres. Il étend les droits du patriarche de Constantinople sur toutes les régions (districts) de l’Italie du Sud et ne laisse au pape que la région du Nord que les Lombards ne cessent d'assaillir. Alors, le pape invoque le secours de Charles Martel, duc et prince des Francs, pour repousser les Lombards, il met sous la protection des Francs toutes ses propriétés et leur demande de reconquérir l'Italie. C'est de là que vient à Charles Martel le titre de « très chrétien » accordé par le pape et auquel ont droit tous ses successeurs. Au cours de son pontificat, le roi des Saxons se rend en pèlerinage à Rome. À son retour dans son pays, il ordonne une contribution annuelle, offrande charitable, appelée « obole de Saint-Pierre ». Elle demeure jusqu'à nos jours. Elle est offerte au Saint-Siège pour les bonnes œuvres. Grégoire III est le premier pape qui ait interdit formellement l'hippophagie comme « pratique abominable » en 732, la dénonçant comme une « pratique abominable ». Il semble que la consommation de viande de cheval, étrangère à la tradition romaine, était liée en Europe du Nord à des rituels païens. Cette interdiction est renouvelée par son successeur Zacharie. Le pape Grégoire III est mort le 28 novembre 741. Il est fêté le 28 novembre.
091 Saint Zacharie 741/752 Calabre Saint ZacharieSuccesseur de Grégoire III, le pape Zacharie, d'origine grecque, fut sacré le 10 décembre 741. Le pape Zacharie, dont les ancêtres familiaux étaient originaires de Byzance, naquit en Calabre où il fut élevé dans la piété et les sciences. Traducteur grec érudit des Dialogues de saint Grégoire le Grand et prédicateur éloquent, il fut admis dans le clergé de Rome sous le pape Grégoire III auquel il succéda alors que le roi des Lombards, Luitprand (712-744), menaçait de s’emparer de Rome, en 741. Ses familiers aimèrent sa douceur et sa compassion, admirèrent son pouvoir de persuasion et eurent confiance en sa grande habileté politique. Alors qu’on venait d’apprendre la mort de Charles Martel (22 octobre 741) dont Grégoire III espérait du secours contre les Lombards, Zacharie fut élu pape le 3 décembre 741 et sacré le 10 décembre 741. Zacharie abandonna le duc de Spolète, allié inefficace du Saint-Siège, pour traiter avec Luitprand et s'entendit si bien avec lui (traité de Terni, août 742) qu'un semblant de paix régna en Italie surtout après le traité de Pavie où le Lombard s'engageait à ne pas attaquer l'exarchat de Ravenne (29 juin 743). Luitprand étant mort au mois de janvier suivant, son neveu et successeur, Hildeprand, se montra plus belliqueux mais il était un si mauvais prince que ses sujets le chassèrent sept mois plus tard au profit du duc de Frioul, Ratchis, qui confirma le traité pour vingt ans. Ratchis rompit le traité en assiégeant Pérouse (749), mais Zacharie, une fois venu sur place, lui fit lever le siège et se montra si édifiant que le roi changea de vie au point que, quelques mois plus tard, il se rendit à Rome et abdiqua pour entrer à l'abbaye du Mont-Cassin tandis que sa femme et sa fille devenaient religieuses (juin 749). Aistolf, le frère et successeur de Ratchis, confirma lui aussi le traité pour vingt ans mais s'empara tout de même de Ravenne (752) et mit fin à l’exarchat byzantin. En dépit du fait que Constantinople était acquise à l’iconoclasme, Zacharie réussit à entretenir de bonnes relations avec Constantin V. Grâce à saint Boniface, son légat en Gaule et au-delà du Rhin, qui lui rendait exactement compte de toutes ses actions, Zacharie eut d’excellentes relations avec les Francs, gouvernés par les fils de Charles Martel, qui veillaient à la réforme ecclésiastique. Après que Carloman se fut fait moine au Mont-Cassin (747), le pape Zacharie, prenant position en faveur de Pépin le Bref qui voulait devenir roi des Francs, décréta qu'il était logique que celui qui détenait effectivement la puissance fût roi (750) ; ainsi après la déposition de Childéric III, Pépin fut élu roi et sacré par des évêques des Gaules, commençant le règne de la dynastie carolingienne (751). Désormais, contre les Lombards qui redevenaient menaçants, le Saint-Siège avait un allié indéfectible. On a longtemps admis que Zacharie était mort le 15 mars 752 et l'on célébrait sa fête le 15 mars, mais le martyrologe de 1922 a estimé que sa mort n'était survenue que le 22 mars. Après lui Étienne fut élu le pape, mais comme il mourut d'apoplexie trois jours seulement après son élection, il ne fut pas retenu dans la liste des papes. Son successeur officiel est donc Étienne II, élu juste après.
092 Étienne II 752/757 Rome Étienne IIÉtienne II (en latin Stephanus), consacré pape le 26 mars 752, mort le 26 avril 757. Il succède à Zacharie et précède Paul Ier. Membre d'une famille riche et aristocratique de Rome, il est élevé au Patriarcho, résidence pontificale attenante à la basilique Saint-Jean de Latran. Devenu adulte, il est ordonné diacre et prend part à l'administration des hospices, qui jouent un rôle crucial dans l'accueil des pèlerins. À la mort de l'éphémère pape Étienne, successeur pendant trois jours de Zacharie, il est élu pape à l'unanimité. Il devient le premier pape italien (Grégoire II excepté) après une longue série de pontifes orientaux. Ses premiers actes sont dirigés contre les Lombards : devenus maîtres de l'exarchat de Ravenne, ceux-ci entendent faire reconnaître leur souveraineté sur toute l'Italie romaine. Refusant cette tutelle, Étienne II demande le soutien de l'Empereur, aussi puissant que lointain. En réponse, Constantin V lui envoie un négociateur, le silentiaire Jean. Étienne délègue son frère pour accompagner celui-ci à Pavie. Peine perdue : Aistolf (ou Aistulf) roi des Lombards, refuse de rendre Ravenne. Après cet échec, l'empereur nomme le pape son négociateur direct. Étienne II, fort de cette prérogative, se met alors en quête d'un protecteur militaire. Or Pépin le Bref, roi des Francs, est redevable à la papauté qui a légitimé le renversement des Mérovingiens. Étienne se met donc en route pour le rencontrer. Au passage, il tente une ultime négociation avec Aistulf, qui échoue. En plein hiver 753–754, Étienne traverse donc les Alpes pour rencontrer Pépin en son palais de Ponthion. Accueilli très favorablement par Pépin, Étienne s'installe à Saint-Denis. Pépin promet d'intervenir contre les Lombards et de restituer au pape l'exarchat de Ravenne, possession théorique de l'Empereur. Le 28 juillet 754, le souverain pontifie sacra Pépin le Bref et ses enfants, à Saint-Denis. Il s'agissait du premier événement pour lequel le rite romain fut implanté en dehors de Rome, dans le royaume des Carolingiens, qui utilisent l'harmonisation et la centralisation de la liturgie. En contrepartie, le 28 juillet 754, Étienne II sacre de nouveau Pépin, ainsi que ses fils Carloman et Charles, ce qui légitime la future lignée carolingienne. Il revient en Italie accompagné de Pépin et de ses troupes. Pavie est prise en 755. Par mesure de rétorsion, Aistulf s'allie avec le duc de Bénévent pour assiéger Rome. Étienne II parvient à demander du secours aux Francs par voie de mer. Pépin vient de nouveau assiéger Pavie, contraignant Aistulf à lever le siège de Rome. Le Lombard doit alors promettre de rendre les territoires pris par ses troupes. Pépin confirme par écrit ses promesses : c'est la donation de Pépin. Fulrad, abbé de Saint-Denis, se voit confier la tâche de prendre possession de ces territoires au nom du pape. Il en dépose ensuite les clefs sur le tombeau de Pierre, faisant ainsi de ces territoires le « patrimoine de saint Pierre »2. Ainsi naissent les États pontificaux. Étienne nomme ensuite deux représentants chargés d'administrer en son nom l'exarchat et la Pentapole byzantine. L'archevêque en titre de Ravenne, Serge, proteste devant ce qu'il juge être une intrusion. Il est arrêté. À la mort d'Aistulf, Étienne II se retrouve en position d'arbitre dans la succession des Lombards. Il favorise Didier de Lombardie, qui promet alors de livrer les villes rendues par Aistulf — promesse dont il ne s'acquittera que partiellement.
093 Saint Paul I 757/767 Rome Saint Paul I Saint Paul Ier, né à Rome vers l'an 700, pape du 29 mai 757 au 28 juin 767. Il succède à son frère le pape Étienne II (III). Il continue la politique de son frère , d'alliance avec les francs contre les lombards. Le souffle iconoclaste, entre-temps, s'est réveillé avec le Basileus Constantin V, provoquant la fuite de nombreux moines grecs à Rome. Geste d'amitié à l'égard des Francs : Paul Ier fait transférer au Vatican les restes de Sainte Pétronille qu'ils vénèrent. Il accepte en outre, d'être le parrain de Gisèle, la fille de Pépin le Bref. Paul Ier meurt le 28 juin 767.
ANT Constantin II 767/768 Nepi Constantin IIConstantin II, né à Nepi (près de Viterbe, Italie), élu antipape le 28 juin 767, déposé le 6 août 768. Il appartient à une famille noble romaine. Avec ses trois frères, Théodore, Passivus et Pascal, il suscite une insurrection armée à la mort du pape Paul Ier et se fait acclamer pape par la foule. Étant laïc, il doit recevoir successivement tous les ordres avant d'être consacré pape. Si le droit canonique désapprouve cette manière de faire, elle n'est pas inhabituelle à l'époque. Constantin annonce son élection à Pépin le Bref, lequel ne répond pas. Le seul opposant déclaré du nouveau pape est Christophe, primicier (chef) des notaires. D'abord réfugié dans la basilique Saint-Pierre, il obtient le droit de quitter Rome, sous prétexte de se retirer dans un monastère. Cependant, il demande et obtient le soutien de Didier, roi des Lombards d'Italie. Revenu à Rome avec une troupe, Christophe fait arrêter Constantin. Un tribunal ecclésiastique dépose Constantin le 6 août 768 parce qu'il était laïc lors de son élection. On lui crève alors les yeux et on l'enferme dans un monastère, où il meurt.
ANT Philippe 768 ? PhilippePhilippe, est un antipape lombard ayant régné un seul jour, le 31 juillet 768. Après déposition de Constantin II par le prêtre Valdibert, le 6 août 768, Philippe est consacré à Saint-Jean-de-Latran, mais est déposé le jour même par celle de Christophe et de Sergius, qui parviennent à faire élire Etienne III. Philippe retourne alors paisiblement dans le monastère où il vivait.
094 Étienne III 767/772 Sicile Étienne III Ce pape est parfois appelé Étienne IV. Il existe un problème de numérotation des papes Étienne, Saint Étienne III, né en Sicile vers 720, pape du 1er août 767 jusqu'à sa mort le 24 janvier 772. Élu contre les antipapes Constantin II, candidat de la noblesse, et Philippe, candidat des Lombards, il réunit un concile à Rome en 769, qui réglementa l'élection pontificale en s'opposant à l'ingérence des laïcs et des non Romains. Ce concile annula les actes de Constantin II et condamna les iconoclastes. Bernaldo de Quiros, fils du prince Constantin, lui-même fils de l'imperator (Empereur) de Constantinople (selon les généalogistes portugais et espagnols) reçut du Pape Étienne III (en 770) le titre de prince héréditaire dont la devise familiale suivante : en espagnol Despues de DIOS, la Casa de de Quiros (devise donnée par le Roi Ramiro Ier de Léon (646) en reconnaissance des secours rendus par ses descendants au cours de différentes batailles.) Il reçut ce remerciement honorifique, papal, pour s'être distingué et l'avoir secouru contre le roi Désidério roi des Lombards qu'il a vaincu après une âpre bataille. La principauté (en Asturies) qui porte le nom de cette famille se trouve près d'Oviedo (Chefs de la Cathédrale donné par Étienne III Pape) en Espagne à peu de distance de Saint-Jacques-de-Compostelle.
095 Adrien I 772/795 Rome Adrien IAdrien Ier, (né à Rome - mort le 25 décembre 795 dans la même ville) fut pape de 772 à 795. Il a été élu pape le 9 février 772 pour succéder à Étienne III, devenant le 95e pape de l'Église catholique romaine. Il mit fin à la première crise iconoclaste. Il se vit inquiété par Didier, roi des Lombards, et fut vengé par Charlemagne, qui lui fit don d'une partie des États de Didier, notamment du Pérugin et du duché de Spolète (774). C'est sous son pontificat que se tint le deuxième concile de Nicée en 787.Fils d'un certain Théodore, il appartenait à une famille distinguée de Rome. Très populaire, il monta progressivement les échelons de la hiérarchie ecclésiastique, devenant notaire régionnaire, puis sous-diacre à l'appel de Paul Ier, avant d'être nommé diacre par Étienne III. Son zèle et sa piété le firent élire pape le 9 février 772, à un moment où l'Église de Rome avait besoin d'un protecteur. L'attitude des empereurs d'Orient à son égard inspirait en effet au pape le désir d'échapper à l'influence de la cour de Constantinople (influence qui était en train de s'affaiblir en Italie du fait de l'arrivée des Lombards et de l'éloignement de la capitale de l'Empire). Mais les Lombards eux-mêmes posaient problème au pape : certains monarques avaient fait des donations que leur successeurs avaient révoquées. Auparavant, Étienne II avait dû appeler à l'aide Pépin le Bref pour contraindre le roi des Lombards Astolfe à une entière restitution. Didier, alors roi des Lombards, revenait sur le traité obtenu grâce au secours de Pépin le Bref, et avait repris plusieurs villes de l'exarchat de Ravenne. À l'imitation d'Étienne II, Adrien Ier s'adressa donc à Charlemagne. Ce dernier se rendit à Rome et fut reçu avec tous les honneurs par le pape, à la fin du carême de 774. Charlemagne confirma au pape les donations faites par ses prédécesseurs, avant de retourner assiéger Pavie, capitale de Didier. Celui-ci se rendit, et fut envoyé en France, au monastère de Corbie, pour y finir ses jours. Charlemagne ajouta le titre de roi des Lombards à son titre de roi des Francs. Ce fut une étape décisive dans la restauration de l'empire d'Occident. Il mourut après 23 années de règne et fut regretté des Romains. Charlemagne lui fit faire cette épitaphe :
Nomina jungo simul titulis, clarissime, nostra :
Hadrianus, Carolus, rex ego, tuque pater.
Quisque legas versus, devoto pectore, supplex
Amborum mitis, dic, miserere Deus.
096 Saint Léon III 795/816 Rome Saint Léon III Léon III, né en 750 et mort le 12 juin 816 à Rome, est un homme d'Église de l'époque carolingienne, pape de 795 à 816, canonisé au xviie siècle sous le nom de « Saint Léon III »
Fils d'Asuppius, Léon est né en 750 à Rome et élevé dès son enfance dans les dépendances de l' Église patriarcale de Latran et formé à toutes les sciences divines et ecclésiastiques. Il fut d'abord moine de saint Benoît, et ensuite fait cardinal-prêtre de Sainte-Suzanne. Il devient prêtre et atteint un niveau élevé dans la hiérarchie ecclésiastique : en 795, il est cardinal (cardinal-prêtre de la paroisse Sainte-Suzanne) et trésorier pontifical. Il est élu pape le 26 décembre 795, le jour même de l’enterrement de son prédécesseur, Adrien Ier. Aussitôt après son couronnement, il envoie à Charlemagne une lettre l’informant de son élection, les clefs de la confession de saint Pierre et le drapeau de Rome. En réponse, Charlemagne rappelle qu’il est le défenseur de l’Église, et joint à son message une partie du trésor pris récemment aux Avars. Malgré la facilité avec laquelle il a été élu, il se heurte à une certaine hostilité de la part de l'aristocratie romaine, dont nombre de membres sont présents à la tête de l'Église. Il est l'objet de rumeurs sur sa moralité.
L'attentat de 799 et ses conséquences
Le 25 avril 799, au cours de la procession des Litanies majeures, Léon III subit une attaque dirigée par le primicier Campulus et le sacellaire Paul, membres de la famille d'Adrien Ier. À cheval et ouvrant la marche, il est « assailli, roué de coups, jeté à bas de sa monture, dépouillé de ses vêtements pontificaux ». Les conjurés l’accusent de toutes sortes de vices et de crimes, de parjure, de fornication et d'adultère et ont l'intention de lui crever les yeux et lui couper la langue. Enfermé dans un couvent en attendant d'être jugé, il est délivré grâce à une intervention du duc de Spolète avec qui se trouvent des missi de Charlemagne. Léon III se rend ensuite avec une suite de 200 personnes à Paderborn, en Saxe, où se trouve alors Charlemagne. Il y passe environ un mois. Il est l'objet d'une procédure visant à le disculper des accusations portées contre lui à Rome : il fait devant le roi et les dignitaires du royaume et de l'Église le serment solennel de son innocence. Léon retourne à Rome le 29 novembre 799 où il est accueilli, disculpé, par une foule en liesse. Par ailleurs, des discussions entre Léon et Charlemagne ont lieu à plusieurs reprises, mais leur teneur n'est pas connue. Il est très probable que l'accession de Charlemagne au rang d'empereur ait été envisagée dès cette époque.
Le couronnement impérial de Charlemagne
À Noël, en 800, Léon III couronne Charlemagne empereur a Rome . En 801, il tente de réunir les deux Empires par l’union de Charlemagne et de l’impératrice Irène l'Athénienne. La déposition de celle-ci l’année suivante ruine ses plans.
Léon III théologien
Sur le plan théologique, Léon III apparaît comme subordonné à Charlemagne, qui a, dès les années 780, un projet d'unification religieuse de ses royaumes et qui, avec les grands lettrés et hommes d'Église de son entourage (Alcuin en particulier), a joué un rôle important sur quelques points : la lutte contre l'adoptianisme, alors défendu par certains évêques en Espagne ; pour l'insertion du Filioque dans le symbole de Nicée (le Credo) ; contre l'iconoclasme de certains évêques byzantins. En ce qui concerne le second point, Léon accepte le Filioque comme une vérité de foi, mais refuse de l’insérer dans la liturgie romaine. Charlemagne l'ayant fait ajouter dans la liturgie de la cour, le pape proteste en faisant apposer, sur les portes de sa cathédrale, les textes latin et grec du credo original, gravés sur des plaques métalliques5. Léon III meurt en 816. Il est enterré le 12 juin à Saint-Pierre, aux côtés de Léon Ier et Léon II.

Élus au 9 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
097 Étienne IV 816/817 Rome Étienne IV Étienne IV, ou Stefano IV ou V, est né à Rome. Il est le 97e pape de l'Église catholique du 12 juin 816 jusqu'à sa mort le 24 janvier 817 à Rome. Lors de son règne, il sacre l'empereur Louis le Débonnaire à Reims en France. Il est le fils d'un noble romain appelé Marinus et fait partie de la même famille qui a également donné les papes Serge II et Adrien II2. Dans sa jeunesse, il est élevé au palais du Latran, sous le pontificat du pape Adrien Ier c'est sous le règne de son prédécesseur, le pape Léon III, qu'il est d'abord ordonné sous-diacre avant d'être ordonné, par la suite, diacre. Très populaire parmi le peuple romain, dans les dix jours qui suivent la mort de Léon III, il est escorté à la basilique Saint-Pierre et consacré évêque de Rome le 22 juin 816. Il a été avancé que sa rapide élection était une tentative du clergé romain afin de s'assurer que l'empereur romain ne puisse pas s'immiscer dans l'élection. Immédiatement après sa consécration, il ordonne au peuple romain de jurer fidélité au roi des Francs et empereur de l'occident Louis le Pieux. Il envoie des émissaires à l'empereur lui notifiant son élection et organise une réunion entre eux deux, à la convenance de l'empereur4. À la suite de l'invitation de Louis, Étienne IV quitte Rome en août 816, traverse les Alpes avec l'aide de Bernard d'Italie, le roi des Lombards. Au début d'octobre, le Pape et l'empereur se rencontrent à Reims Louis se prosterne à trois reprises devant Étienne IV. À la messe, le dimanche 5 octobre 816, Étienne consacre et oint Louis en tant qu'empereur, puis lui place une couronne sur la tête, couronne que l'on prétendait appartenir à Constantin Ier. Dans un même temps, il couronne également impératrice l'épouse de Louis Ermengarde de Hesbaye et la salue avec le titre honorifique d'Augusta. Cet événement est perçu comme une tentative de la papauté à établir un rôle dans la création d'un empereur, en parallèle à l'auto-couronnement de Louis en 813. Louis l'empereur offre un certain nombre de cadeaux à Étienne IV, comprenant une succession de terres (le plus probable à Vendeuvre-sur-Barse)accordées à l'Église romaine. Ils renouvellent également le pacte entre les papes et les rois Francs, confirment les privilèges de l'Église romaine et la persistance des États pontificaux. Étienne IV élève également l'évêque Théodulf d'Orléans au rang d'archevêque tandis que Louis libère de leur exil, tous les prisonniers politiques originaires de Rome qui sont détenus par l'empereur, à la suite du conflit qui a sévi dans la première partie du règne du pape Léon III. Il est également pensé qu'Étienne IV demande à Louis d'appliquer des réformes envers les membres du clergé qui ont vécu sous la Règle de Chrodegang cela comprend de veiller à ce que les hommes et les femmes vivent dans des couvents séparés et qu'ils doivent tenir des maisons sous un titre de propriété commune. Il réglemente également la quantité de nourriture et de vin qu'ils peuvent consommer. Après la visite de Ravenne, sur le chemin du retour de Reims, Étienne IV revient à Rome vers la fin de novembre 816. Puis, il abandonne apparemment la politique de Léon III, qui favorise le clergé plus que l'aristocratie laïque et accomplit l'ordination traditionnelle des prêtres et des évêques. En décembre il confirme les possessions de l'Abbaye de Farfa aux conditions que chaque jour, les moines récitent une centaine de Kyrie eleison mais aussi qu'ils paient annuellement à l'Église romaine, dix solidi d'or. Étienne IV décède le 24 janvier 81715. Il est enterré à Saint-Pierre et remplacé par le pape Pascal Ier. Plus tard, Étienne IV est canonisé comme un saint de l'Église catholique.
Problème de numérotation des papes
L'Annuario pontificio cite Étienne dans sa liste des papes, en tant qu'Étienne II, jusqu'au IIe concile œcuménique du Vatican (Vatican II)(1962–65) qui déclare qu'il n'était pas pape ce qui donne aux papes qui suivent une double numérotation pour refléter ce changement. Ainsi, son successeur qui s'appelait également Étienne peut être Étienne II ou Étienne III. À l'origine, l'église ne faisait pas de distinction des règnes, par numérotation, jusqu'au xe siècle : les sept papes Étienne qui suivent ont donc été numérotés après leur mort. Le pape suivant qui s'appellera Étienne est Étienne X en 1057 : portera le nom de règne d'Étienne IX durant sa vie et signe du nom "Stephanus Nonus Papa".
098 Saint Pascal I 817/824 Rome Saint Pascal I Pascal Ier fut le 98e pape romain, du 25 janvier 817 au 11 février 824. Considéré comme un saint par les Chrétiens, il est fêté le 11 février1 par l'Église catholique, et le 14 mai par l'Église orthodoxe.Né à Rome, il avait été auparavant abbé du monastère Saint-Étienne à Rome. Il reçut en don de la part de Louis le Débonnaire, la Corse et la Sardaigne. Il ouvrit à Rome un refuge pour les Grecs que la persécution des iconoclastes réduisait à quitter l'Orient. Ce pape continua l'ambition d'une Renovatio antiquitatis, commencée par le pape Adrien Ier, qui voulut affirmer l'importance de l'Église à Rome et légitimer le siège du pape. Sous le règne de Pascal Ier (817-824), de nouvelles reconstructions d’églises furent effectuées, telles que Sainte-Praxède (Santa Prassede), Sainte-Cécile du Trastevere (Santa Cecilia in Trastevere) et Santa Maria in Domnica. On retrouve dans celles-ci un renouveau de l’utilisation de la mosaïque de tradition antique réalisée par des mosaïstes romains, lors de leur époque d’apogée.
099 Eugène II 824/827 Rome Eugène II Il négocia avec Louis le Débonnaire la Constitutio romana de 824. Ce texte reconnaissait l'autorité de l'empereur sur Rome et rappelait que l'élection d'un pape était soumis à l'approbation de l'empereur. Il tint un concile à Rome pour la réforme du clergé. Sa charité lui mérita le titre de « père des pauvres ». On lui attribue l'institution de l'épreuve par l'eau froide.
100 Valentin 827 Rome Valentin Peu de choses sont connues sur Bastien Valentin, un pape qui n'a régné que 40 jours selon le Liber pontificalis, ou un mois selon les Annales d’Eginhard. Il succède à Eugène II après une longue période de vacances du trône pontifical. Son père, un certain Leonzio, réside dans le district de via Lata, quartier aristocratique qui a également donné à l'Église les papes Étienne II, Paul Ier et Adrien Ier. Sa carrière ecclésiastique commence sous Pascal Ier, alors qu'il a 25 ans. Nommé sous-diacre, il devient rapidement diacre puis archidiacre. Le Liber pontificalis note que l'archidiacre Valentin parle aisément avec le peuple romain tout comme avec l'aristocratie. La faveur du jeune homme se confirme sous Eugène II : « Le rayonnement de sa bonté et de ses manières émanaient de toutes parts, comme d'un encensoir (...) Favorisé par la grâce divine, il brillait, rempli des lumière de la vérité et de la sagesse, clair quant à la doctrine, affable dans ses paroles, remarquable par son visage, la distinction de sa personne et l'élégante prestance de son physique. » À la mort du pape Eugène II, il est élu pape à l'unanimité. On lui annonce la nouvelle alors qu'il se trouve en prière à la Basilique Sainte-Marie-Majeure, mais dans son humilité il y résiste : « Il résista longtemps, disant d'une voix forte que tout cela est inconvenant. ». Devant les protestations du peuple, il finit par accepter l'élection. « Il fut conduit par eux avec de dignes louanges et un grand déploiement d'honneur au patriarcat du Latran et installé sur le trône. Le sénat unanime vint ensuite lui baiser les pieds avec respect (...). Une immense joie s'empara de tout le peuple, hommes, femmes, jeunes et vieux. » Le lendemain, au lever du jour, il est escorté par les armées, le sénat et le peuple romain du Latran jusqu'à la basilique Saint-Pierre, où il est couronné, « prenant possession du trône de l'Apôtre Pierre, porteurs des Clefs du Royaume céleste. » Rien n'est connu de son très bref pontificat. Le Liber Pontificalis précise seulement qu'« appelé par le Christ, il fut atteint de maladie. » Et d'ajouter : « C'est orné de ses multiples qualités qu'il partit pour le Ciel, avec le fruit de ses saintes actions (...) qu'il se présenta devant la Majesté suprême. »
101 Grégoire IV 827/844 Rome Grégoire IV Grégoire IV est né à Rome. Il est le 101e pape de l'Église Catholique Romaine, d'octobre 827 au 24 janvier 844. Son pontificat est marqué par les tentatives de la papauté à intervenir dans les querelles entre l'empereur Louis le Pieux et ses fils. Il règne également durant l'éclatement de l'Empire carolingien, en l'an 843. Grégoire IV est le fils d'un patricien romain appelé Jean. Grégoire est apparemment un ecclésiastique énergique, mais doux, réputé pour son apprentissage. Il est consacré prêtre sous le pontificat du pape Pascal Ier, au moment de la mort du pape Valentin en 827. Il est fait cardinal-prêtre de la basilique de Saint-Marc à Rome. Comme son prédécesseur, Grégoire est nommé, à son insu, à l'unanimité par les électeurs de la noblesse, qui conviennent qu'il est le plus digne à devenir l'Évêque de Rome. Ils le trouvent à la basilique des Saints Côme et Damien, d'où, malgré ses protestations, il est emmené et installé au palais du Latran. Après quoi, il est intronisé en tant que pape-élu dans le courant d'octobre 827. L'élévation de Grégoire au Saint-Siège est censée représenter une poursuite des tentatives pour contrôler la situation politique locale, à Rome, qui avaient commencées au cours du pontificat d'Eugène II. Sa consécration est cependant retardée, jusqu'au 29 mars 828, date à laquelle il reçoit l'avis d'approbation de l'empereur Louis le Pieux concernant son élection. Ce délai est imposé par les envoyés impériaux, qui ont insisté pour que la Constitution de 824 interdise expressément la consécration de tout pape élu jusqu'à ce que l'empereur soit lui-même convaincu de la validité de l'élection. Il est rapporté que l'empereur a réprimandé Grégoire IV pour avoir tenté de se faire consacrer, avant de recevoir l'approbation de l'empereur. Grégoire IV se conforme alors aux exigences de la suprématie impériale en 828 et 829, le pape envoie des ambassades à Louis le Pieux pour des discussions non dévoilées. En janvier 829, Grégoire est impliqué dans un différend, avec l'Abbaye de Farfa au Latium en Italie, relatif à la propriété des terres monastiques locales par l'Église romaine. Dans un tribunal dirigé par un évêque, un représentant de l'empereur et en présence de Grégoire IV, Ingoald, l'abbé de Farfa, affirme que les empereurs francs leur ont accordé des terres et que les papes Adrien Ier et Léon III ont pris possession illégalement des terres. Le représentant impérial rend une décision en faveur de l'abbaye et ordonne que les terres soient restituées au monastère. Bien que Grégoire IV refuse d'accepter la décision, il n'existe aucune preuve qu'il ait réussi à obtenir le changement de la décision.
Les querelles des Carolingiens
Au fil du temps, toutefois, la dépendance du pape au Saint Empereur Romain est assouplie en raison des querelles de Louis le Pieux et de ses fils, le futur empereur Lothaire Ier, Pépin Ier d'Aquitaine et Louis le Germanique. La décision de Louis le Pieux d'écarter totalement l'accord de 817 (Ordinatio Imperii) en ce qui concerne la division de l'empire par l'attribution d'un royaume à son fils cadet, Charles II le Chauve, en 829 est critiquée par Grégoire IV dans une lettre aux évêques francs. L'année suivante (en octobre 830), après une brève rébellion suivie de la réconciliation entre Louis et ses fils, Grégoire déclare que Judith, la seconde épouse de Louis, doit être libérée du couvent où elle a été forcée de prendre le voile et doit retourner auprès de Louis. Lorsque la guerre reprend entre le père et ses fils, à Pâques de l'an 833, Grégoire IV est approché par Lothaire qui lui demande d'intervenir pour parvenir à la réconciliation avec son père. Il le convainc de quitter Rome et de faire le voyage pour rejoindre Lothaire, dans l'espoir que son intervention serait à même de ramener la paix. En pratique cette action contrarie les évêques francs qui ont suivi Louis mais qui pensaient que Grégoire IV allait activement soutenir Lothaire. Soupçonnant les intentions de Grégoire, ils refusent d'obéir au Pape et le menacent d'excommunication au risque d'être eux-mêmes excommuniés par le pape. Agacé par leurs actions, la réponse de Grégoire IV est d'insister sur la primauté du successeur de Saint-Pierre, la papauté étant supérieure à l'Empereur. Il déclare :
« Vous avez prétendu vous être senti heureux quand vous avez entendu parler de mon arrivée, pensant qu'elle serait un grand avantage pour l'empereur et le peuple vous avez ajouté que vous auriez obéi à mon appel s'il n'y avait pas eu une intimation précédente de la part de l'empereur qui vous en a empêchée. Mais vous auriez dû considérer l'ordre du Siège apostolique qui n'a pas moins de poids que celui de l'empereur. Par ailleurs, il est faux d'affirmer que l'interdiction de l'empereur ait précédé celle que vous avez reçue de moi. Le gouvernement des âmes, qui appartient aux évêques, est plus important que l'empereur, qui n'est concerné que par le temporel. Votre affirmation selon laquelle je suis venu pour excommunier à l'aveuglette est sans vergogne et votre offre de m'offrir une réception honorable, si je venais précisément de la façon voulue par l'empereur, est méprisable. En ce qui concerne les serments que j'ai pris à l'empereur, je vais éviter le parjure en soulignant à l'empereur ce qu'il a fait contre l'unité et la paix de l'Église et son royaume. En ce qui concerne les évêques, en s'opposant à mes efforts en faveur de la paix, ce qu'ils ont menacé de faire, ne s'est jamais fait, depuis le début de l'Église. »
Indépendamment de cette revendication, la grande majorité des évêques francs soutient que le pape n'a pas à interférer dans les affaires intérieures du royaume, ou à attendre du clergé franc de suivre son exemple en la matière. Leur position est claire, à savoir que l'égalité de tous les évêques surpasse la direction du pape. Les armées de Louis et deux de ses fils se réunissent à Rotfeld, près de Colmar le 24 juin 833. Les fils persuadent Grégoire d'aller au camp de Louis pour négocier initialement, Louis refuse de traiter Grégoire avec les honneurs. Cependant, Grégoire réussit à convaincre Louis de sa bonne foi et revient vers Lothaire pour organiser la paix. Toutefois, Grégoire apprend vite qu'il a été trompé par Lothaire. Grégoire est empêché de retourner vers l'empereur, alors que Louis est abandonné de ses partisans et est contraint de capituler sans condition. Louis est destitué et humilié au Mendacii Campus. Lothaire est alors proclamé empereur. À la suite de ces événements, Grégoire revient à Rome, tandis que Louis est, plus tard, restauré en 834. L'empereur envoie une délégation pour voir Grégoire, dirigée par saint Anschar, l'archevêque de Hambourg et de Brême. Il interroge le pape sur les événements qui ont conduit à la destitution du trône, de Louis par Lothaire. Grégoire prête serment que ses intentions étaient honorables et qu'il avait toujours cherché à parvenir à une solution pacifique au conflit entre Louis et ses fils. L'envoyé accepte les paroles de Grégoire et retourne auprès de Louis. Après cet échec, en se mêlant de la politique impériale, Grégoire reporte son attention pour le reste de son pontificat, en traitant de questions religieuses internes. En 836, Lothaire, dans son rôle de roi des Lombards commence à dépouiller les biens de l'Église romaine. Après appel à Louis, l'empereur envoie un émissaire impérial enquêter sur l'affaire. Bien que Grégoire est malade, il parvient à conseiller l'envoyé concernant la situation et lui demande de porter une lettre à l'empereur décrivant les attaques de Lothaire contre l'Église. En l'an 840, avec la mort de Louis et l'accession de Lothaire comme empereur, la guerre éclate de nouveau entre les fils de Louis. Grégoire fait des tentatives de médiations infructueuses dans le conflit qui s'ensuit entre les deux frères et envoie George, l'archevêque de Ravenne, en tant que représentant. Selon Prudence de Troyes, George essaie fidèlement d'atteindre son objectif, mais échoue en raison du refus de Lothaire de permettre George de rencontrer ses frères. Toutefois, selon Agnellus de Ravenne, George tente de corrompre Lothaire à le nommer dans un archevêché indépendant de Rome. Il est capturé à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye. Par la suite le traité de Verdun en 843, entraîne la chute de l'empire de Charlemagne : Lothaire conserve le titre impérial et le contrôle de l'Italie.
Activités de construction et les questions religieuses
Grégoire IV a également contribué à l'évolution architecturale de Rome. En 833, Grégoire fait reconstruire complètement la basilique Saint-Marc à Rome, faisant orner les murs avec des mosaïques de style byzantin, ainsi qu'un certain nombre d'autres églises qu'il fait réparer ou reconstruire. Il reconstruit l'atrium de la basilique de Constantin ainsi que l'intérieur de la chapelle, nouvellement décorée dans la basilique. Il fait transférer le corps de Grégoire Ier et déménage des catacombes de Rome, saint Sébastien, saint Tiburce et saint Gorgon. Il fait surélever l'autel dans la basilique de Santa Maria in Trastevere et fonde un monastère près de l'église. Grégoire IV fait également réparer l'aqueduc de l'Aqua Trajana endommagé pendant le pontificat de Léon III. Peu après l'an 841, Grégoire IV fait reconstruire et fortifier le port d'Ostie pour le protéger des attaques de Sarrasins et le renomme Gregoriopolis. Vers la même époque, il rétablit la colonie de Galeria, le long de la Via Portuensis, tout en établissant une nouvelle colonie, appelée Draco, le long de la rive gauche de la rivière du Tibre et le long de la Via Ostiensis à Rome. Ce fut le premier exemple de l'aménagement du territoire entrepris par un pape au sein de son propre territoire. Le pontificat de Grégoire témoigne de la fin de l'iconoclasme controversé dans l'Empire byzantin tandis que Grégoire lui-même célèbre la fête de Tous les Saints dans le royaume franc des deux côtés du Rhin. Grégoire IV est également connu pour la nomination d'Ansgar comme archevêque de Hambourg et de Brême. en 832, mais aussi en tant que légat apostolique des régions septentrionales et orientales de l'Europe. Le 31 mars 837 Grégoire IV envoie le Pallium à l'archevêque de Salzbourg. Il en envoie également un à Venerius, le patriarche de Grado, en 828, à l'appui de ses prétentions à avoir compétence sur les évêques de l'Istrie. Quand un synode attribue la compétence à Maxence. Venerius, le patriarche d'Aquilée, fait appel à Grégoire, qui l'a soutenu. Pendant ce temps, le roi lombard Lothaire soutenu par Maxence, force les évêques de l'Istrie à lui obéir tout en ignorant, dans un même temps, les ordres de cesser de la part de Grégoire. Grégoire IV soutient également la candidature de Jean IV en tant qu'évêque de Naples. Grégoire IV arbitre, lors de son voyage en France, en 833, l'affaire contre l'évêque Aldric du Mans qui est forcé de quitter son siège par les partisans de Lothaire. Le 8 juillet 833, Grégoire écrit aux évêques de « la Gaule, en Europe et en Allemagne » déclarant qu'Aldric avait parfaitement le droit de faire appel au pape et que, jusqu'à ce que le pape ait rendu un jugement dans un sens ou dans l'autre, personne ne pouvait prononcer une sentence contre lui. En outre, il déclare que ce mandat devait être respecté afin de rester en communion avec l'Église romaine. La lettre ainsi que la restauration de Louis le Pieux permettent à Aldric de conserver son siège, encore pendant un certain temps. Grégoire IV a également été sollicité par le représentant de l'empereur Louis, Amalaire de Metz afin de fournir un antiphonaire pour les services religieux à Metz. Ce à quoi Grégoire IV est forcé d'admettre qu'il n'en avait pas attribué à l'empereur, alors qu'il en avait déjà donné un certain nombre à Wala de Corbie qu'il avait déjà prise en France Le 25 janvier 844, Grégoire IV meurt et est enterré dans la basilique de Constantin. Il est remplacé par le pape Serge II.
102 Serge II 844/847 Rome Serge II Serge II ou Sergius II, né à Rome, fut le 102e pape, de 844 à 847. À la mort de Gregoire IV, l'archevêque Jean a été proclamé pape par acclamation populaire, alors que la noblesse élit Sergius, un Romain de noble naissance. L'opposition fut supprimée par l'intervention de Serge pour sauver la vie de Jean. Serge fut alors immédiatement consacré par les nobles sans rechercher la ratification de la cour francque. L'empereur romain Lothaire Ier, cependant, désapprouva cet abandon de la Constitutio Romana de 824 qui incluait le fait qu'aucun pape ne pouvait être consacré sans que son élection ait l'approbation de l'empereur franc. Il envoya une armée par son fils Louis II le Jeune, pour rétablir son autorité. L'Église et l'empereur parvinrent à un accord, avec le couronnement de Louis en tant que roi de la Lombardie par Sergius. La fin de son règne est marqué par le pillage de Rome lors du raid mené par les Sarrazins en août 846. Sergius a contribué au développement urbain de Rome, menant à bien la fortification du Vatican. Sergius mourut alors qu'il négociait avec deux patriarches et le Pape Leon IV lui succéda.
103 Léon IV 847/855 Rome Léon IV Léon IV (né à Rome et mort le 17 juillet 855 dans la même ville) fut le 103e pape de l'Église catholique de 847 à 855, considéré comme saint par l'Église. Romain de naissance, il fut élu pape à l'unanimité le 10 avril 847, quelques mois après une attaque menée sur Rome par les Sarrazins (846), et son grand ouvrage consista à faire construire un rempart autour de la colline du Vatican, pour protéger l'ensemble des constructions religieuses. Cet ensemble, terminé en 852, fut appelé d'après lui la cité léonine. Il fit aussi fortifier d'autres lieux dans le Latium, et restaurer la basilique Saint-Pierre, très endommagée par l'attaque de 846. En 847, selon le Liber Pontificalis, il aurait miraculeusement éteint l'incendie de Borgo par sa seule bénédiction. Il eut à combattre un certain Anastase, qu'il fit anathémiser à deux reprises (en 850 et en 853) par des synodes, et qui tenta de se faire élire pape à sa mort. On ne sait s'il s'agit de la même personne qu'Anastase le Bibliothécaire. Il couronna en 850 l'empereur Louis II, fils de Lothaire Ier, et oignit en 853 le jeune prince anglo-saxon Alfred, futur roi Alfred le Grand. Il entra dans une querelle avec le patriarche Ignace de Constantinople à propos de la déposition par celui-ci de l'archevêque de Syracuse Grégoire Asbestas, la papauté revendiquant la juridiction de la Sicile.
ANT Anastase III 855 ? Anastase IIICandidat impérial.Il est identifié, selon le récit d'Hincmar de Reims (dans les Annales de Saint-Bertin, année 868), à l'antipape Anastase III, élu en 855 contre Benoît III. Il est un neveu d'Arsène, évêque d'Orte et légat pontifical. Anastase apprend le grec des moines byzantins et a une éducation peu commune pour son époque, puisqu'il semble être l'ecclésiastique le plus érudit de Rome du ixe siècle. Pendant le pontificat de Nicolas Ier (855-867) Anastase est abbé de Sainte-Marie du Trastevere, de l'autre côté du Tibre et est employé par le pape pour diverses missions. Il est également un auteur actif et traduit des ouvrages de langue grecque en latin. Dont, la biographie de Jean l'Aumônier qu'il dédie à Nicolas Ier. Le successeur de Nicolas, Adrien II (867-872), le nomme bibliothécaire de l'Église romaine, un poste important qui lui donne beaucoup d'influence à la cour pontificale. En 869, il est mandaté par Louis II d'Italie, empereur d'Occident, comme envoyé à Constantinople, avec deux hommes de rang élevé de l'Empire Franc, pour négocier le mariage entre Léon VI le Sage, fils aîné de l'empereur byzantin Basile Ier, et Ermengarde le seul enfant de Louis. Quand les émissaires arrivent à Constantinople, le quatrième concile de Constantinople est encore en session, et Anastase, qui assiste à la dernière session (février 870), défend avec zèle la cause du pape et rend beaucoup de services à la légation du pape. Sur le chemin du retour, les légats du pape sont agressés et les « actes du concile » sont volés. Toutefois, ils ont donné la plupart des déclarations d'obédience des évêques grecs à Anastase, qui a également une copie des «actes» et est donc en mesure d'apporter ces documents au pape. Sur ordre du pape, il les traduit en latin. Le successeur d'Adrien II, Jean VIII (872-882), a également de l'estime pour Anastase. Il le confirme dans son poste de bibliothécaire, le charge d'affaires importantes et l'encourage à poursuivre son œuvre littéraire. Anastase est en correspondance avec le patriarche byzantin déchu, Photios Ier de Constantinople et cherche à servir de médiateur entre le patriarche et le pape et à apaiser la controverse sur le Saint-Esprit. En août 879, Zacharias d'Anagni devient bibliothécaire de l'Église romaine, de sorte que Anastase doit être mort peu de temps avant cette date.
Si le passage dans les annales d'Hincmar de Reims est authentique, le bibliothécaire Anastase est la même personne que le prêtre romain Anastase, qui en 874 devint prêtre titulaire de Saint-Marcel. Cet Anastase fuit Rome en 848 et réside dans différentes villes. En raison de sa fuite, il est excommunié par le synode romain en 850, puis, comme il ne revenait pas, il est frappé d'anathème et est déposé par un autre synode de 853. Après la mort du pape Léon IV en 855, Anastase est élu pape par le parti impérial, mais l'élection légitime désigne le pape Benoît III. Pendant le pontificat de Adrien II, Anastase est impliqué dans des graves ennuis : en 868 un proche parent, un frère, Eleuthère enlève la fille du pape et peu après, la tue ainsi que sa mère. Le meurtrier est exécuté et Anastase, considéré comme l'instigateur du meurtre, est excommunié et déposé. Vivant à la cour impériale, il recherche l'intervention de l'empereur pour se disculper devant le pape. Joseph Hergenröther soutient que le bibliothécaire et le prêtre antipape sont une seule et même personne et mêle toutes les déclarations relatives à ce dernier dans la biographie d'Anastase, tandis que Joseph Langen les considère comme des personnes différentes. Traducteur et auteur
Anastase traduit du grec en latin les « actes » du deuxième concile de Nicée et du quatrième concile de Constantinople ainsi que plusieurs légendes de saints, et d'autres écrits. Il a également compilé un travail historique, Chronographia tripartita, à partir des écrits grecs de Théophane, Nicéphore, et Georges le Syncelle et a fait une collection de documents concernant les affaires du pape Honorius Ier. Plusieurs de ses lettres ont été préservés. Contrairement à la légende, il n'a pas écrit le Liber Pontificalis qui lui était imputé auparavant. Il semble avoir travaillé avec d'autres à la révision de la Vie de Nicolas Ier. Enfin, Anastase le Bibliothécaire traduit pour Charles le Chauve des récits sur saint Démétrios de Thessalonique et sur saint Denis.
104 Benoît III 855/858 Rome Benoît III Benoît III, né Romain, fils de Pierre, est pape de 855 à 858. Il est le 104e dans la liste des pontifes romains publiée dans l'Annuario Pontificio. Il fait ses études et vit à Rome. Au moment de son élection en tant que pape, il est cardinal prêtre de l'Église San Callisto à Rome. Benoît est réputé pour son apprentissage et sa piété. Il est élu à la suite du refus du futur Adrien II, choix initial des membres du clergé et du peuple, d'accéder à la papauté. Un groupe de personnes importantes lui préfèrent un autre candidat, Anastase : ils désavouent l'élection de Benoît III et installent Anastase, pourtant excommunié par le synode romain en 850, puis frappé d'anathème et déposé par un autre synode en 853. Cependant, l'opinion populaire est si forte que la consécration de Benoît III est acceptée. Les envoyés de l'empereur Louis II contraignent Benoît III à composer avec Anastase. Le schisme contribue à affaiblir l'emprise des empereurs sur les papes, en particulier sur leurs élections. Benoît intervient dans le conflit entre les fils de Lothaire Ier, à la suite de son décès : le futur roi Lothaire II de Lotharingie, l'empereur Louis II d'Italie et Charles de Provence. Il est actif dans d'autres cas également et adopte une position ferme à l'égard de Constantinople. Æthelwulf roi du Wessex et son fils, le futur roi Alfred le Grand, se rendent à Rome sous le règne de Benoît III. Il établit en Angleterre le denier de Saint-Pierre. C'est entre son règne et celui de son prédécesseur, qu'est située la légende de la papesse Jeanne. Il existe des pièces à l'effigie du pape aux côtés de Lothaire Ier, décédé le 29 septembre 855. Le 7 octobre 855, le pape publie une carte à l'abbaye de Corvey. Durant la même année, il entretient également une correspondance avec l'archevêque de Reims et adresse, toujours la même année, une lettre aux évêques qui exercent sous le règne de Charles II le Chauve. L'existence de Benoît III est également démontrée par l'attitude du patriarche Photios Ier de Constantinople qui cite Benoît III comme le successeur de Léon IV, et non pas Jean ou Jeanne.
105 Nicolas I 858/867 Rome Nicolas IIssu d'une famille modeste , il commence sa carrière au palais du Latran , au service du pape. Sous le pontificat de Léon IV (847-855) , il est ordonné sous-diacre. À la mort de Benoît III (855-858) , il est élu pape grâce à l'appui de l'empereur Louis II. Pendant son pontificat , il s'impose comme patriarche d'Occident. Il interdit aux princes bretons de transformer Dol en archevêché , rappelle aux métropolites son autorité sur eux et excommunie en 861 l’archevêque Jean VIII de Ravenne , coupable d'avoir empiété sur les prérogatives spirituelles et temporelles du pape1. En Orient , il s’immisce dans le conflit entre les partisans du nouveau patriarche de Constantinople , Photios Ier et les partisans de l'ancien , Ignace, déposé par Michel III et le césar Bardas. Quand Boris , prince des Bulgares , se convertit au christianisme , Nicolas Ier , prenant le contre-pied de la politique de Photios , envoie des évêques pour l'aider à constituer son Église. Dans sa Lettre aux Bulgares , il explicite les principales divergences entre les deux Églises. En réaction , Photios convoque en 867 un synode qui excommunie Nicolas Ier. Il fait figure d’autorité morale : à ce titre , Charles le Chauve requiert son arbitrage quand son frère Louis le Germanique envahit la France, de même que lors de la révolte de ses fils Louis et Charles. Nicolas Ier intervient également dans le divorce de Lothaire II , roi de Lotharingie : celui-ci , n'ayant pu avoir de descendance de sa femme Theutberge , l'avait répudiée au profit de sa maîtresse , Waldrade. Le pape excommunie les archevêques de Trèves et de Cologne , qui avaient annulé le premier mariage et résiste même aux assauts armés de Louis II , frère de Lothaire. Dès sa mort , Nicolas Ier est considéré comme l'un des grands papes de l’époque. Réginon de Prüm, au xie siècle, écrit à son sujet dans sa Chronique de l'année 868 : « Depuis le bienheureux Grégoire , nul évêque élevé dans la ville de Rome sur le siège pontifical ne peut lui être comparé. ». Il est inscrit au martyrologe romain et son culte est attesté depuis le xive siècle. Il semble qu'il reçoive en 854 des mains de Rothade de Soissons un exemplaire des fausses décrétales , important travail de falsification de documents canoniques cherchant à affirmer le pouvoir papale. Il est considéré comme le premier pape à avoir revendiqué la supériorité du pouvoir pontifical sur le pouvoir impérial. Le chef de l'Église, en vertu de l'origine divine de son pouvoir , se considère désormais comme l'arbitre et le directeur des détenteurs du pouvoir temporel , rois ou empereurs. Relevant de lui comme chrétiens , passibles de sa juridiction morale comme pécheurs , ils peuvent être soumis à une sanction qui garantisse leur obéissance. Dès lors , le pape peut et doit , s'il le juge nécessaire au service de Dieu et de l'Église, intervenir dans les affaires des princes et Nicolas Ier s'est engagé sans hésiter dans cette voie que suivront après lui Grégoire VII et Alexandre II et qui conduira Innocent III et Innocent IV à cette hégémonie théocratique qui prendra fin sous Boniface VIII
106 Adrien II 867/872 Rome Adrien II Adrien II, né à Rome en 792, est le 106e pape, de 867 à 872. Né à Rome, il est élu en 867, après avoir refusé deux fois le pontificat. Il leva l'excommunication lancée contre Lothaire, roi de Lotharingie, qui avait répudié sa femme tint en 869 un concile à Rome contre Photius, patriarche de Constantinople, qu'il fit déposer eut des démêlés avec l'empereur d'Orient Basile et avec le nouveau patriarche grec au sujet du schisme provoqué par Photius, et quelques différends avec Charles le Chauve, au sujet de la déposition de l'évêque Hincmar de Laon. Il mourut en 872. Fils d'un certain Tarare (qui fut plus tard évêque), il fut élu pape le 14 décembre 867, après avoir refusé deux fois le pontificat (après la mort de Léon IV et de Benoît III. Le soutien unanime du peuple romain et du clergé l'empêcha de refuser une troisième fois. Lors de l'élection, quoiqu'ils n'y eurent pas été invités, les envoyés de l'empereur Louis étaient présents ; ils voulurent se plaindre de n'avoir pas été conviés, on leur répondit cependant que cela n'avait pas été fait par mépris pour eux ou pour l'empereur, mais pour éviter que l'on prenne l'habitude d'attendre l'arrivée des envoyés du prince pour procéder à l'élection. Louis fut par ailleurs très satisfait de cette élection. Il réconcilia la papauté avec l'archevêque de Trèves, Theutgaud, et l'évêque d'Anagnia, Zacharie, qui avaient été excommuniés par son prédécesseur. Pendant les cérémonies du sacre, le duc de Spolète Lambert Ier entra dans Rome pour la piller. Il fut aussitôt excommunié, et l'empereur lui retira son duché. Malgré son âge (il avait plus de soixante-seize ans au moment de son élection), le pape fit preuve d'une vigueur remarquable, notamment en poursuivant la condamnation de Photius, patriarche de Constantinople, qu'il fit déposer et soumettre à la pénitence publique. Il se brouilla toutefois avec l'empereur d'Orient, pour avoir voulu juger des évêques qui avaient suivi Photius, en Carie et en Bulgarie, et qui ne relevaient donc pas de sa juridiction. Il força Lothaire le Jeune à demander un pardon général pour ses errements matrimoniaux. En revanche, après avoir pris le parti de Carloman, révolté contre son père Charles le Chauve, il dut finalement céder devant l'hostilité des évêques de France. Malgré une conception assez large de l'autorité pontificale, il laissa à sa mort un bon souvenir en raison de son désintéressement et de sa générosité pour les plus pauvres.
107 Jean VIII 872/882 Rome Jean VIII Jean VIII, né à Rome vers 820, pape du 14 décembre 872 au 16 décembre 882. Il est surtout connu pour ses interventions en direction de l'Église de Constantinople pour mettre fin au schisme de Photius. Il est archidiacre de Rome avant d'être élu pape le 14 décembre 872. Son élection fait l'objet d'une vive opposition de la part de Formose, futur pape. Bien qu'assez âgé au moment de sa montée sur le trône de Pierre, il est un pape énergique, à l'image de Nicolas Ier. Il écrit en 873 la lettre Unum est aux princes de Sardaigne, leur enjoignant d'affranchir les esclaves vendus par des Grecs : « C'est pourquoi nous vous exhortons et nous vous commandons avec un amour paternel, si vous leur avez acheté des captifs, de les laisser aller libres pour le salut de votre âme. » Baluze rapporte, dans ses « Mélanges », que Jean VIII aurait demandé à l’évêque Annon de Freising de lui procurer un orgue et un organiste pour sa cour de Rome. Surnommé le « recteur de l'Europe », il sait éviter un schisme avec l'Orient : lors du concile de Constantinople en 869, il reconnaît la légitimité du Patriarcat de Photius. Il accepte également de ne pas faire réciter le Credo avec le Filioque. Il réitère l'autorisation donnée par Adrien II de la liturgie en langue slavonne et accorde au missionnaire Méthode, en Moravie, un certificat d'orthodoxie. La mort de l'empereur Louis II lui fournit une occasion d'affirmer la supériorité de la papauté sur l'Empire et de montrer que celui-ci dépendait d'elle et non pas le contraire. Louis n'ayant pas eu d'enfant, son plus proche parent mâle était Carloman, fils de Louis le Germanique, et il l'avait désigné comme son héritier. Jean VIII en décida autrement, appela Charles le Chauve à Rome et le couronna le 25 décembre 875. Cependant, à la suite de la mort de Louis le Germanique, Charles se trouve en position difficile. Rappelé par Jean VIII menacé en Italie, Charles meurt dans les Alpes en 877. En 877, Adalgaire, évêque d'Autun, obtient du pape Jean VIII, sur recommandations de Charles le Chauve, l'intégration des revenus de l'Abbaye Saint-Pierre de Flavigny et de la seigneurie d'Alise dans ceux de l'évêque4. Au printemps 878, le pape Jean VIII, en grand danger à Rome, doit fuir l'Italie il est accueilli à Arles par Boson et l'archevêque de la cité Rostang, avant d'assister au Concile de Troyes, où il propose la couronne italienne au roi Louis le Bègue, qui refuse, puis à Boson, qui échouera dans sa tentative. C'est au cours de ce voyage qu'il séjourne 20 jours à l'Abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon et se fait voler sa mule. le 28 octobre 878 il consacre l'église de l'Abbaye Saint-Pierre de Flavigny-sur-Ozerain Quelques années plus tard, en 881, suivant la même tactique, Jean VIII fait couronner empereur Charles le Gros. Cependant, cette politique connaît encore une fois l'échec : Charles doit abdiquer en 888. Le pape Jean VIII meurt en 882 dans des circonstances malheureuses. Les Annales de Fulda disent qu’il est empoisonné puis, comme il ne mourait pas assez vite, frappé à coups de marteau. Il serait donc le premier pape assassiné.
108 Marin I 882/884 Gallese Marin I Marin Ier, né à Gallese, est pape de 882 à 884. Le nom de Marin a été confondu au Moyen Âge avec celui de Martin. Par conséquent, Marin Ier et Marin II ont été pendant longtemps listés à tort sous les noms de Martin II et Martin III. Cela explique que les listes de papes actuelles comprennent Martin Ier, Martin IV et Martin V, mais ni Martin II, ni Martin III. Ordonné évêque par le pape Jean VIII, il fut envoyé à trois reprises comme légat à Constantinople et fut chargé d'y prononcer la sentence d'excommunication du patriarche Photius. Son court pontificat fut marqué par l'ajout du Filioque dans la formule du Credo.
109 Adrien III 884/885 Rome Adrien III Saint Adrien III (en latin : Adrianus III - en italien : Adriano III), (nom de naissance Agapito) est né à Rome à une date inconnue. Il succède à Marin Ier en tant que 109e pape de l'Église catholique du 17 mai 884 jusqu'à sa mort, en septembre 885 à San Cesario sul Panaro en Italie. Son successeur sera Étienne V. Il est enterré dans l'abbaye de Nonantola. Sa canonisation est confirmée par le pape Léon XIII en 1891. Sa fête est le 8 juillet. Adrien III naît à Rome dans une famille qui serait liée aux comtes de Tusculum : il pourrait être le fils de Benoît Tusculanus magnus dux lui-même fils d'Alberico consul tusculanus princeps potentissimus frère du pape Adrien Ier (772 -795) et ancêtre des comtes de Tusculum. Ainsi le pape Adrien Ier serait son grand-oncle. Adrien III, c'est-à-dire Agapito, est le frère aîné de Sergio, comte de Tusculum, qui sera le pape Serge III (904-911). Élu le 17 mai 884, son pontificat se déroule dans une période troublée. Son règne est de courte durée : en juillet 885 il est convoqué à une diète de l'Empire à Worms (Allemagne), par l'empereur Charles III le Gros pour déterminer sa succession au Saint Empire romain d'Occident mais aussi pour discuter de la montée en puissance des Sarrasins. Arrivé à la Silva Wilzacarae ou Forêt Wilcazara (correspondant de nos jours à la rue Viazza à San Cesario sul Panaro), Adrien III est saisi d'une maladie soudaine. Il meurt en septembre 885. Son corps est amené à l'abbaye de Nonantola où il est enterré. Les raisons de sa vénération en tant que saint sont pratiquement inconnues, mais il est connu pour avoir aidé la population de Rome lors d'une famine. Son culte est confirmé en 1891 par le pape Léon XIII : il est fêté le 8 juillet.
110 Étienne V 885/891 Rome Étienne V Étienne V (en latin : Stephanus V - en italien : Stefano V ou Stefano VI), est vraisemblablement né à Rome à une date inconnue. Il succède à Adrien III en tant que 110e pape de l'Église catholique de septembre 885 jusqu'à sa mort, en septembre 891 à Rome. Son successeur sera Formose. Il est enterré dans l'antique basilique vaticane. Sa tombe est toujours présente dans l'actuelle basilique Saint-Pierre. Son père Adrien, qui appartient à l'aristocratie romaine, confie son éducation à son parent, l'évêque Zachary, bibliothécaire du Saint-Siège. Étienne est nommé cardinal-prêtre de la basilique des Quatre-Saints-Couronnés par le pape Marin Ier. Son élection a lieu le 15 juillet 885. La résistance d'Étienne est telle qu'il ordonne de fermer les portes de sa maison : celles-ci sont abattues violemment pour s'emparer de lui et le conduire à l'église. Étienne est couronné, sans la confirmation impériale ni l'assistance des ambassadeurs impériaux, à la fin du mois de septembre 885. Quand Charles III le Gros constate l'unanimité de l'élection, il décide d'en rester là. Étienne est appelé à faire face à une famine causée par la sécheresse et les criquets. Le trésor pontifical étant vide, il doit se rabattre sur la richesse de son père pour soulager les pauvres, sauver des prisonniers et pour réparer les églises. En raison de l'influence du clergé allemand, Étienne interdit l'usage de la liturgie slave forçant ainsi les Slaves à rejoindre l'Église orthodoxe. Avec l'aide de l'empereur Léon VI, dit le Philosophe, Étienne éteint le schisme de Photius. Cet hérésiarque est alors confiné dans un monastère et y meurt méprisé de tous les fidèles, ce qui met fin au schisme de l'Église orientale, initialisé par Photius. En 891, Étienne couronne l'empereur Guy III de Spolète, son fils adoptif, qui confirme les dons faits à l'Église romaine par Pépin le Bref et par les empereurs Charlemagne et Louis le Pieux. II meurt fin septembre 891 et est enterré dans l'antique basilique vaticane.
111 Formose 891/896 Rome Formose Formose (mort le 4 avril 896) est pape de 891 à 896. On ne sait pas grand-chose sur les origines de ce pape, l'Encyclopædia Britannica1 nous dit qu'il apparaît pour la première fois dans l'histoire en tant qu'évêque de Porto, la Catholic Encyclopedia pense qu'il est probablement né à Rome. Certaines personnes émettent l'hypothèse qu'il soit né en Corse et précisent que ce serait « à Vivario en 816 » et « dans le hameau de Perello », mais sans indiquer de source fiable. L'Accademia corsa3 suggère qu'il pourrait appartenir à une famille corse réfugiée à Ostie pour fuir les raids des Sarrasins sur l'île. Devenu évêque de Porto en 864, il entreprit des missions diplomatiques en Bulgarie (866) et en France (869 et 872) et il persuada le roi de France Charles II le Chauve de se faire couronner par le pape.
112 Boniface VI 896 Rome Boniface VI Originaire de Rome, fils de l'évêque Adrien, il a été dégradé comme sous-diacre par Jean VIII mais il est rétabli par le pape Marin Ier puis il est dégradé une seconde fois. En 896 (peut- être le 11 avril) il est élu comme successeur de Formose par une faction de Romains. Il ne règne que quinze jours, au bout desquels il meurt de la goutte ou est déposé par la faction spolétaine, suivant les traditions, ce qui en fait le deuxième pontificat le plus court de l'histoire après celui du pape Urbain VII. Son élection est annulée pour promotion peu canonique lors du concile de Rome réuni en 898 par Jean IX.
113 Étienne VI 896/897 Rome Étienne VI Ce pape est parfois appelé Étienne VII. Il existe un problème de numérotation des papes Étienne.Selon la tradition, il est d'origine romaine et fils d'un prêtre nommé Jean. Sacré évêque d'Anagni par le pape Formose, il est lui-même élu pape en mai 896. Le pape Formose, prédécesseur d’Étienne VI, donna la couronne d'empereur d'Occident à Arnulf de Carinthie alors qu’il avait juré son soutien à Lambert de Spolète, chacun représentant une famille et faction. Peu après l'empereur désigné et le pape Formose décédèrent. En janvier 897, le pape Étienne ordonne, poussé par les Spolète, l'exhumation du cadavre de Formose, qu'il met en accusation devant un synode d'évêques romains ; le cadavre est habillé du costume pontifical et installé sur le siège papal. Son successeur l'accuse de ne pas avoir été évêque de Rome. C'est ce que l'historiographie a appelé le « concile cadavérique ». Le corps de Formose est dépouillé de ses décorations, amputé des trois doigts de la main droite, ceux qui servent à bénir, et enfin, jeté dans le Tibre. Il contraint également des clercs ordonnés par Formose à se retirer. Étienne meurt étranglé au cours d'une émeute populaire, à la suite du concile. Il n'a régné qu'un an et demi.
114 Romain 897 Gallese Romain Romain fut pape d'août à novembre 897. Il naquit à Gallese près de Civita Castellana. Il fut élu pour succéder à Étienne VI, qui avait été assassiné. Au cours de son bref règne, il fut sage et vertueux, selon l'historien Flodoard. Il finit ses jours en tant que moine ; le récit ne dit pas s'il a été déposé. Le jour exact de sa mort est inconnu. Le village de Saint-Romain au Canada est nommé en son honneur.
115 Théodore II 897 Rome Théodore II Théodore II, né à Rome en 840, a été pape en décembre 897 pendant seulement une vingtaine de jours. Qualifié d'ami de la paix, il eut le temps de réhabiliter la mémoire de Formose (ses restes sont une nouvelle fois déterrés et déposés solennellement à la basilique Saint-Pierre ce qui ramène provisoirement le calme), fit brûler les lettres de renonciation que les clercs ordonnés par Formose avaient été contraints par Étienne VI de signer et de préparer un synode pour annuler les conclusions du « synode du cadavre ». On ignore les causes exactes de sa mort mais il a été probablement assassiné. Sa dépouille fut inhumée dans l'ancienne basilique Saint-Pierre.
116 Jean IX 898/900 Tivoli Jean IX Jean IX, né à Tivoli en 840, est le 116e pape de l'Église catholique romaine. Il règne de janvier 898 au 26 mars 900. Il réhabilite la mémoire du pape Formose et assure son autorité sur les pays slaves. Jean IX succède à Théodore II mais surtout Formose qui fera l'objet, après sa mort, du Concile cadavérique, sous le règne d'Étienne VI : l'élection de Formose est remise en cause, le corps déterré puis jugé devant le Synode avant d'être dépouillé des insignes papaux. Théodore II donnera à Formose une tombe décente. La mémoire de Formose sera restaurée par Jean IX Il est le fils de Rampoald. Il rentre dans les ordres des Bénédictins et est ordonné prêtre par le pape Formose. À l'époque, différentes factions règnent sur Rome : les ennemis de Formose tentent de faire élire Serge, qui finalement deviendra plus tard le 119e pape (Serge III). Jean IX est élu peut-être en raison du soutien du duc de Spolète, permettant ainsi à Jean IX de maintenir sa position et de faire expulser puis excommunier Serge. Jean IX est reconnu pour avoir été une personne intelligente et modérée. Il tient plusieurs synodes durant son règne (898) ; il fait donc condamner le Concile cadavérique, d'Étienne VI et brûler les acta. Sous Jean IX les ré-ordinations sont interdites mais les membres du clergé dégradés par Étienne VI sont rétablis à leur rang. Il maintient l'interdiction de changer de siège épiscopal : ainsi aucun évêque ne peut devenir évêque de Rome et accéder au trône de saint Pierre. Parlant des païens, il recommande « ramenez les (dans le giron de l'église) par la douceur et la raison et non par la force des armes. » Lors d'un synode à Ravenne, Jean IX décrète qu'un arrêt doit être donné aux violences des factions romaines. Afin de conserver leur indépendance, menacée par les Allemands, les Slaves de Moravie font appel à Jean IX afin qu'ils aient leur propre hiérarchie : il ne tient pas compte des lettres allemandes qui tentent de le dissuader d'écouter les Slaves et sanctionne plusieurs consécrations faites au sein de l'église de Moravie. Jean IX confirmera les privilèges de l'abbaye de mont Cassin. Il est enterré juste à l'extérieur de la basilique de Constantin à Rome.
117 Benoît IV 900/903 Rome Benoît IV Benoît IV, né à Rome et fils d'un certain Mammolus, il fut ordonné par Formose et compte parmi les formosiens (partisans du pape Formose) Il fut pape de mai 900 à août 903. Son pontificat aura duré 3 ans et 3 mois. Il gouverna avec beaucoup de sagesse, mais ne put, malgré ses efforts, corriger la dépravation des mœurs. Le chroniqueur Flodoard loue sa générosité envers les pauvres. Il couronna empereur Louis III l'Aveugle roi d'Italie.

Élus au 10 ème siècle

No Nom Pontificat Naissance Notes
118 Léon V 903 Ardea Léon V Léon V (né à Ardea, dans l'actuelle province de Rome et mort en septembre 903) est le 118e pape de l'Église catholique romaine durant environ 30 jours de juillet à septembre 903. Le court pontificat de ce pape bénédictin provient du fait que des partisans de l'antipape Christophore l'ont incarcéré et étranglé. Né à près d'Ardea dans le Latium, il fut prêtre-cardinal à Priapi près d'Ardea. Rien n'est connu de lui avant son élection. Un écrivain de l'époque, Auxilius le décrit comme un saint et comme un admirable personnage. Il faisait partie des partisans du pape Formose. Fin juillet 903, il fut élu pour succéder à Benoît IV alors qu'il n'était pas membre du clergé romain les raisons de son élection s'expliquent par le fait que le clergé et la noblesse, ne pouvant se mettre d'accord sur un candidat romain, élurent un étranger dont la grande réputation était parvenue jusqu’à eux. Durant son court pontificat, il émit une bulle qui dispensait les chanoines de Bologne du paiement des impôts. En septembre 903, alors qu'il n'est en fonction que depuis environ 30 jours, un membre de son clergé mais aussi son chapelain et son protégé le prêtre Christophore, le renversa, le jeta en prison et se fit nommer pape. Léon V mourut probablement étranglé en prison en décembre 903 par son rival.
ANT Christophore 903/904 ? Christophore L'antipape Christophore (ou Christophe) régna d'août 903 à janvier 904. Romain d'origine, cardinal-prêtre de Saint-Damase, il dépose de force le pape Léon V en 903, et le fait jeter en prison. À la mort de ce dernier, peu après, il se fait élire pape. Il est lui-même chassé par le futur pape Serge III. Il serait mort peu après étranglé dans sa prison, ou aurait fini ses jours comme simple moine, selon la tradition. Son authenticité comme pape a longtemps été un sujet de débat : il figure dans le Liber pontificalis son portrait prend place parmi les papes canoniques sur les fresques de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs.
119 Serge III 904/911 Ardea Serge III Serge III, est le 119e pape de l'Église catholique, du 29 janvier 904 au 14 avril 911. Romain, il est élu en 904 pour succéder à Christophore. Sous son pontificat débuta la très forte influence de la famille des comtes de Tusculum (voir pornocratie), notamment de Marozia (892 à 937) fille de Théophylacte (859 à 916) qui (poussée par ses parents) fut sa maîtresse à 13 ans et dont il a un enfant, le futur pape Jean XI (906-936).
120 Anastase III 911/913 Rome Anastase III Anastase III, né à Rome, pape d'avril 911 à juin 913.Ce pape romain fut élu tout de suite après Serge III en raison de ses qualités morales et de son comportement vertueux dont chacun ressentait la nécessité. Cependant, malgré son intégrité, à cause de sa faiblesse, il subit les pressions de Bérenger Ier et concéda de nombreux privilèges à l'évêque de Pavie. Son pontificat vit la conversion au christianisme de nombreux normands installés dans une région du Nord de la France, qui prit d'ailleurs le nom de Normandie. Il mourut, peut-être, par empoisonnement. Il sera inhumé dans l'ancienne basilique Saint-Pierre après un pontificat de deux ans et deux mois.
121 Landon 913/914 Sabine Landon Landon, né en Italie dans la région de Sabine, pape pendant 7 mois du 7 juillet 913 au 5 février 914. On sait fort peu de choses sur ce pape. Son père se serait appelé Taino un riche comte lombard . Il aurait eu des amis puissants qui l'auraient aidé à devenir souverain pontife. Il y a peu de trace sur son règne : il aurait fait une donation à la cathédrale de Sabine, Saint-Sauveur de Fornoue, à la pieuse mémoire de son père. Il fut contraint par Théodora la Jeune à sacrer archevêque de Bologne, le futur Jean X. Les archives nous désignent l'antique basilique vaticane comme le lieu où se trouve sa sépulture. Il fut le dernier pape à porter un nom de règne original jusqu'à François en 2013, Jean-Paul Ier en 1978 résultant de l'évocation simultanée de Jean XXIII et Paul VI (voir l'article Nom de règne des papes).
122 Jean X 914/928 Romagne Jean X Jean X Cenci, en latin : Ioannes X, est le 122e pape de l'Église catholique de mars 914 à sa mort en mai 928. Candidat des comtes de Tusculum, il tente d'unifier l'Italie, sous la direction de Bérenger Ier de Frioul et joue un rôle dans la défaite des Sarrasins lors de la Bataille du Garigliano (915) (en). En raison de son influence, sa chute est provoquée par Marozie Ire et Guy de Toscane, qui pour prendre le pouvoir à Rome, le capturent et le font enfermer au château Saint-Ange où il meurt empoisonné, étouffé ou à la suite de mauvais traitements liés à son enfermement. Son pontificat se déroule durant la période connue en tant que Saeculum obscurum. Jean X est né à Tossignano, au-dessus d'Imola, le long de la rivière Santerno1 dans la famille princière de Cenci. Il est nommé diacre par Pierre IV, l'évêque de Bologne. Il est souvent à Rome en tant que légat de Pierre IV. C'est durant cette période qu'il attire l'attention de Théodora, la femme de Théophylacte Ier de Tusculum, le plus puissant seigneur de Rome. Liutprand de Crémone allègue que Jean est devenu son amant lors d'une visite à Rome. Il est également spéculé que Jean est lié soit à Théodora ou Théophylacte. En tout état de cause, c'est sous l'influence de Théodora que Jean est sur le point de succéder à Pierre, évêque de Bologne, lorsque le poste de l'archevêque de Ravenne devient disponible. Jean est donc consacré comme archevêque, en juillet 905, par le pape Serge III, un autre candidat des comtes de Tusculum . Au cours de ses huit années à l'archevêché, Jean travaille dur avec le pape Serge, dans une tentative infructueuse de faire couronner Bérenger de Frioul en tant qu'empereur des romains et déposer Louis III l'Aveugle. Il a également à se défendre contre un usurpateur qui essaie de prendre le Saint-Siège, qui fait alors partie du diocèse de Ravenne. Il doit aussi confirmer son autorité sur l'Abbaye de Nonantola lorsque l'abbé tente de le libérer de la juridiction de l'archevêque de Ravenne. Après la mort du pape Landon, en 914, une faction de la noblesse romaine, dirigée par Théophylacte de Tusculum, appelle Jean pour assumer le poste vacant de pape. Ce fait est à nouveau interprété par Liutprand comme une intervention personnelle de Théodora qui aurait fait élire pape, son amant. Il est beaucoup plus probable que cela résulte des relations de travail entre Jean et Théophylacte mais aussi son opposition lors du concile cadavérique du pape Formose : ces faits seraient les véritables raisons de son transfert de Ravenne à Rome5. Sa nomination est toutefois considérée comme une violation du droit canonique, ainsi qu'aux décrets du synode de Latran (769) qui interdisent l'installation d'un pape sans qu'il y ait une élection : la nomination de Jean est donc critiquée par ses contemporains. Néanmoins, tant que Théophylacte est en vie, Jean reste fidèle à son chef.
123 Léon VI 928 Rome Léon VI Léon VI, né à Rome et mort en décembre 928 à Rome est un pape italien de l'Église catholique de mai 928 à décembre 928, donc pendant sept mois.Léon VI naquit à Rome de la famille des Sanguigna. Il fut choisi selon la volonté de Marozie Ire, fille de Théodora Ire, souveraine temporelle de Rome qui s'était proclamée senatrix et patricia. Homme honnête, le pape Léon VI, s'efforça durant son bref pontificat de mettre fin aux discordes qui troublaient Rome. Il combattit victorieusement les Sarrasins et les Hongrois. Il écrivit une lettre encyclique aux évêques de Dalmatie pour les rappeler à l'obéissance envers leur primat, Jean, archevêque de Split. Il mourut en décembre 928 et fut enterré à Saint-Pierre, dans les Grottes vaticanes.
124 Étienne VII 929/931 Rome Étienne VII Ce pape est parfois appelé Étienne VIII.Étienne VII, né à Rome, pape du 3 février 929 au 15 mars 931. Hormis qu’il fut Romain, fils d’un certain Teudemund (selon des sources appartenant à la famille Gabrielli), qu’il fut à un certain moment cardinal-prêtre de Sainte-Anastasie, et qu’une fois pape il accorda quelques privilèges à des monastères en France et en Italie, rien d’autre n’est connu à son sujet. Comme pour son prédécesseur, son élection aurait été dictée par Marozie Ire. Après un pontificat d'à peu près deux ans, il sera inhumé dans l'ancienne basilique Saint-Pierre qui se trouvait au même lieu que l'actuelle.
125 Jean XI 931/936 Rome Jean XI Jean XI (906-936) était un pape qui régna de début mars 931 à début janvier 936.La filiation de Jean XI reste encore un sujet discuté. Selon Liutprand de Crémone (Antapodosis, II. c. 48) et le Liber Pontificalis, il était le fils naturel du pape Serge III (904-911), (« Johannes, natione Romanus ex patre Sergio papa», Liber Pont. ed. Duchesne, II, 243). Ferdinand Gregorovius, Ernst Dümmler, Thomas Greenwood (Cathedra Petri: A Political History of the great Latin Patriarchate), Philip Schaff et Rudolf Baxmann s'accordent avec Liutprand pour voir en Serge III le père de Jean XI qu'il aurait eu de Marozie. En pareil cas, Jean XI serait le seul fils illégitime d'un pape qui soit devenu pape lui-même. (Silvère était le fils légitime du pape Hormisdas). D'autre part Horace Kinder Mann, Reginald L. Poole, Peter Llewelyn (Rome in the Dark Ages), Karl Joseph von Hefele, Auguste Friedrich Gfrörer, Ludovico Antonio Muratori et Francis Kenrick soutiennent que le Pape Jean XI devait le jour à Albéric Ier, comte de Tusculum. Sa mère, Marozie, était la maîtresse de Rome à l'époque où il monta sur la chaire de saint Pierre. Elle était donc, pense-t-on, en mesure d'exercer sur le pape une domination complète. Quand Marozie fut renversée, Jean XI passa sous la coupe d'Albéric II (932-954), son frère cadet. Le seul pouvoir qui restait au pape était l'exercice de ses fonctions purement spirituelles. Toutes les autres étaient aux mains d'Albéric II, qui ne se mêlait pas seulement de questions profanes, mais aussi de questions ecclésiastiques. C'est sur l'insistance d'Albéric II, que le pallium fut conféré à Théophylacte, patriarche de Constantinople (935), et aussi à Artaud, archevêque de Reims (933). C'est Jean XI qui siégeait dans la chaire de Pierre pendant le moment que certaines sources traditionnelles catholiques considèrent comme le moment où l'Église était tombée le plus bas, mais c'est lui tout de même qui a accordé un grand nombre de privilèges à la congrégation de Cluny, qui devait être par la suite un puissant acteur de la réforme de l'Église.
126 Léon VII 936/939 Rome Léon VII Léon VII (né à Rome) est un pape de l'Église catholique du 3 janvier 936 au 13 juillet 939. Moine bénédictin, il était né à Rome. Il fut consacré pape selon le désir d'Albéric II qui, sous son pontificat, grâce à l'œuvre pacificatrice d'Odon de Cluny, se reconcilia avec Hugues, roi d'Italie, qui avait tenté de reconquérir Rome par la force et favorisa la réforme des ordres monastiques. Léon VII encouragea ce projet et fit reconstruire l'abbaye de Saint-Paul, les couvents de Sainte-Agnès et de Saint-André à Rome, ainsi que ceux de Subiaco et de Nepi. Après un pontificat de trois ans et demi, il sera inhumé dans l'ancienne basilique Saint-Pierre qui se trouvait au même lieu que l'actuelle.
127 Étienne VIII 939/942 Rome Étienne VIII Étienne VIII, né à Rome, pape du 14 juillet 939 à octobre 942. Il sera pape pendant 3 ans et 3 mois. Romain, prêtre titulaire de Saint-Sylvestre et de Saint-Martin-des-Monts, il dut aussi subir en politique le pouvoir d'Albéric II, mais demeura indépendant au niveau des activités spirituelles. Il poursuivra l'œuvre de réforme monastique de Cluny en Italie et en Lorraine. Il accomplit une œuvre de persuasion auprès des barons français pour qu'ils reconnaissent le roi Louis IV pour souverain, les menaçant d'excommunication. Il mourut en octobre 942 et fut enterré dans la basilique Saint-Pierre, dans les grottes vaticanes.
128 Marin II 942/946 Rome Marin II Marin II, né à Rome, pape du 30 octobre 942 à mai 946. Pape romain, on sait qu'il obéissait aveuglément à Albéric II, lui laissant prendre toutes les décisions. On sait peu de choses de ce pape et de ses œuvres concernant le gouvernement spirituel de l'Église. Il poursuivit la réforme de la discipline monastique, accordant des privilèges en faveur des monastères comme ceux du Mont-Cassin et de Fulda. En ces années là, l'Italie septentrionale vivait une situation difficile à cause du gouvernement tyrannique du roi Hugues. Marin II mourut au printemps 946 et fut enterré à la basilique Saint-Pierre, dans les grottes vaticanes. Le nom de Marin a été confondu au Moyen Âge avec celui de Martin. Par conséquent, Marin Ier et Marin II ont été pendant longtemps listés à tort sous les noms de Martin II et Martin III. Cela explique que les listes de papes actuelles comprennent Martin Ier, Martin IV et Martin V, mais ni Martin II, ni Martin III.
129 Agapet II 946/955 Rome Agapet II Agapet II, né à Rome, pape pendant 9 ans et 6 mois, du 10 mai 946 à sa mort le 8 novembre 955. Romain, il se trouva au centre des profonds changements qui se produisirent ces années-là au niveau politique en Italie et en Europe. Agapet II appela à Rome l'empereur Othon pour le défendre contre Bérenger II qui voulait se faire roi d'Italie, et apaisa par sa modération les discordes de plusieurs princes. En 949, il demanda à l'abbé Aligern de rebâtir l'abbaye du Mont-Cassin qui avait été détruite par les Sarrasins en 883. À Rome, Albéric II domina encore jusqu'en 954, année de sa mort, et demanda au Pape que son successeur sur le trône pontifical fût son fils Octavien. Agapet II n'aimait ni les intrigues politiques, ni la lutte, de sorte qu'il ne fit pas obstacle à Octavien qui lui succéda sous le nom de Jean XII. Le pape Agapet II est enterré à Saint-Jean-de-Latran.
130 Jean XII 955/964 Rome Jean XII Octavien (ou Ottaviano ou Octavius) né vers 937 et mort le 14 mai 964, fut le 130e pape de l'Église catholique romaine sous le nom de Jean XII. Octavien est le fils unique et bâtard d'Albéric II de Spolète et petit-fils de Marousie, et donc issu de la famille des comtes de Tusculum, famille noble du Latium. Albéric, après la perte du pouvoir par sa mère, devint maitre absolu de Rome. Avant sa mort qui survint en 964, il fit prêter serment aux nobles romains rassemblés à Saint-Pierre de Rome qu'à la prochaine vacance du trône pontifical, son fils Octavien serait élu pape. Après la mort du pape Agapet II, Octavien alors probablement âgé de dix-huit ans (ou de seize ans selon les sources, il n'est donc pas établi qu'il ait eu l'âge canonique) fut élu comme son successeur et devint pape sous le nom de Jean XII le 16 décembre 955. L'alliance avec Othon Ier et les promesses
Il est considéré comme le plus scandaleux des « papes Jean », les chroniqueurs ayant dénoncé en termes souvent vigoureux son règne, certains allant même jusqu'à le qualifier d'« Antéchrist siégeant dans le temple de Dieu ». Plus familier en raison de son âge et de son milieu d'origine à la chasse et à la guerre qu'au gouvernement de l'Église, amateur de festins et d'aventures amoureuses, il mène toutefois une politique d'expansion territoriale vigoureuse, qui le conduira à subir une défaite devant le duc Padulf de Capoue et, dans le même temps, voir l'occupation des États pontificaux par Bérenger, roi d'Italie, et son fils Adalbert. Afin de riposter à cette occupation, Jean XII sollicite l'aide du roi de Germanie, Otton Ier, ayant hérité de droits sur l'Italie par son mariage avec Adélaïde de Bourgogne. Voyant Otton arriver en Italie à la tête d'une puissante armée, Béranger, refusant l'affrontement direct, se replia dans des places fortifiées. Otton entra dans Rome le 31 janvier 962. Il fit le serment de reconnaître Jea