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Templiers - Commanderie Geoffroy de Saint-Omer

         



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Grands maitres de l'Ordre du Temple

Précisions sur la croix pattée

Pour ce qui concerne la croix pattée, symbole des templiers, elle est apparue vers l'année 1124, et c'est le Pape Eugène III qui donna définitivement ce symbole aux templiers en 1147. Les blasons ci-dessous sont donc à considérer avec beaucoup de précautions concernant les maitres élus avant 1156. Le blason de Bertrand de Blanquefort est bien celui retrouvé dans les archives du Temple mais pour les maitres élus avant lui il n'y a aucune preuve que leurs blasons portaient une croix pattée.

Hugues de Payns

Aucun document officiel n'a jamais été produit concernant la naissance d'Hugues de Payns, et, de nos jours 3 thèses principales s'affrontent concernant sa date et son lieu de naissance .
Certains (les plus nombreux) le prétendent originaire de Troyes en Champagne, néanmoins aucune preuve à ce jour n'a pu être produite pour accréditer cette thèorie ! D’autres (moins nombreux) prétendent, qu'il est natif d'Ardèche. Il existe une hypothèse ardéchoise mentionnée, entre autres, par Michel des Chaliards, qui voudrait que Hugues de Payens soit né en 1070 au château de Mahun, en Vivarais. Cette hypothèse se retrouve dans la Revue du Vivarais, tome LXXXVI no 2 d'avril-juin 1982, qui cite en page 125, une référence à Hugues de Pagan, 'originaire du Vivarais, d'un château proche de Vérines, prieuré dépendant de celui de Macheville', selon le Père Odo de Gissey, Histoire de N.D du Puy, 1644. La liaison est faite avec le château de Mahun, commune de St-Symphorien-de-Mahun. Mention est faite de Aymon Ier, qui serait le grand-père de Hugues de Pagan. Différentes références à des armoiries sont ensuite données. (article de F.Malartre). Ainsi: Anno millesimo centesimo trigesimo, Hugo de Paganis, vivariensi, primo militiae Templi magistro ..., de Polycarpe de La Rivière : Carpentras, Bibliothèque municipale, ms 515, p. 679. Cet exposé qui fait la part belle à l'interprétation, ne prouve en rien qu'il s'agit du Hugues des Païens cité par les premiers narrateurs de la grande croisade !
Il existe une autre hypothèse avancée par quelques chercheurs ( dont nous sommes ) car, il est attesté par Guillaume de Tyr ( et les autres narrateurs de la première croisade ) que le co-fondateur du Temple s'appelait "Hugues des Paiens" . Il est impossible de ne pas faire le rapprochement suivant : Le frère de Geoffroy de Saint-Omer était surnommé "Hugues le Païen", et, comme ils sont partis ensemble à Jérusalem lors de la première croisade, il se peut fort bien que "Hugues de Payns" et "Hugues des Païens" ne soient qu'une seule et même personne ! En un mot, il se peut donc qu'il soit issu de la famille des Châtelains de Saint-Omer, et frère de Geoffroy de Saint-Omer. Il convient également de rappeler une chose : les articles 33 & 34 de la règle précisent que chaque Templier aura au moins 1 cheval et 1 Ecuyer . Ceci est en contradiction avec l'emblème des Templiers ( représentant 2 cavaliers sur un même cheval ! ) cet emblème est pour l'époque peu banal, voire invraisemblable car contraire à la règle et aux convenances de l'époque . L'explication toute simple, pourrait être que cet emblème fut adopté en l'honneur des deux fondateurs de l'Ordre Hugues et Geoffroy, et comme ces deux cavaliers étaient deux frères, il n'y avait rien à redire . Guillaume de Tyr qui fut le premier chroniqueur digne de foi, rapporte la création de l'ordre du temple à l'année 1118 dans son livre XII, chapitre VII. Il cite les fondateurs de l'Ordre du Temple : "Hugues des Païens et Geoffroy de Saint-Omer" . Les autres chroniqueurs de la première croisade ( Chrétien de Troyes, Ernoul, Michel le Syrien etc ... ) écriront la même chose à propos du co-fondateur de l'Ordre qu'ils appeleront "Hugues des Paiens" .

- La légende qui fait naître Hugues en Champagne, raconte ceci : en 1104 il accompagne son suzerain Hugues de Champagne en Terre sainte, où il demeurera pendant trois ans. De retour chez lui en 1107, Hugues de Payns se voit confier le domaine de Payns, celui de ses ancêtres, par son suzerain. Il aurait épousé l'année suivante (1108) une jeune fille noble du Sud de la Champagne, Élisabeth de Chappes. Ils auraient eu quatre enfants nés entre 1108 et 1114. En 1113, Hugues de Payns aurait signé une charte de donation au comte de Champagne. En fin d'année 1114, il serait retourné en Terre sainte avec Hugues de Champagne définitivement. Son épouse serait décédèe entre 1113 et 1114. Hugues de Payns aurait rejoint Geoffroy de Saint-Omer et ses croisés qui œuvraient alors à la protection du tombeau du Christ (et aux fouilles entreprises depuis l'an 1104), à Jérusalem.
- Les faits : Le groupe de croisés dirigé par Geoffroy de Saint-Omer, qui travaillait à la défense de Jérusalem depuis l'an 1100, vivait alors sous l'autorité des chanoines du Saint-Sépulcre. Leur objectif était de protéger les pèlerins venant d'Occident jusqu'à la Ville sainte. C'est en 1118 que la milice appelée militia Christi est officialisée. À la suite de la bataille de l'Ager Sanguinis, Baudouin II, roi de Jérusalem, convoque le concile de Naplouse en janvier 1120 pour rattacher cette milice à la Papauté. Les membres de cette milice prononceront des vœux religieux et suivront les usages des chanoines réguliers. Plus tard cette milice changera de nom en 1129 lors du concile de Troyes, et se nommera Ordre du Temple.

Si l'on en croit la légende évoquée plus haut (Hugues de Payns natif de Champagne), Hugues de Payns arrivé à Jérusalem en 1115, aurait pris l'ascendant sur cette troupe de croisés installée à Jérusalem depuis l'an 1100, et qui travaillait aux fouilles des fondations du Temple de Salomon depuis l'an 1104. Cette hypothèse est peu vraisemblable au regard du tempérament que ces croisés devaient avoir, et à leur ancienneté à leurs postes sur les lieux Saints . L'hypothèse qui présente Hugues de Payns (Hugues des Païens) comme frère de Geoffroy de Saint-Omer, est elle, plus convaincante car les deux frères arrivé en même temps à Jérusalem auraient travaillé à un projet commun depuis l'an 1100 . Notre Commanderie Geoffroy de Saint-Omer travaille depuis plusieurs années dans les bibliothéques du Pas de Calais et de Paris afin d'éclaircir cette part d'ombre qui entoure encore de nos jours la personalité d'"Hugues des Paiens" !


Robert de Craon

Juin 1136 début 1147
Né sans doute à la fin du XI ème siècle d'origine angevine, c'est le fils de Renaud de Craon, et le cadet de trois frères. La légende veut qu'il s'installe en Aquitaine et se fiance à la fille d'un seigneur de l'Angoumois. A la suite d'une déception amoureuse, il quitte l'Occident en 1125 et part en Terre sainte. Il y devient rapidement Templier. Factuellement Robert fut non-seulement fiancé, mais marié légitimement avec Richeze, soeur unique de Saint Anselme, Archevêque de Cantorbéry. Il eut de son épouse plusieurs enfants, qui moururent tous en bas âge, et dont il ne lui resta que l'aîné, nommé Anselme, qu'il consacra au service des saints autels dans l'Eglise de Cantorbéry, et dont l'Archevêque prit un soin particulier. Le jeune Anselme, devenu religieux, fut fait Abbé de Saint-Edme, et demeura assez longtemps en Angleterre. Il fit le voyage de Rome, et fut très-considéré du Pape Pascal, qui le fit Abbé de Saint-Sabbas, et lui conféra l'Evêché de Londres. Il a mérité, par ses écrits, d'être compté au nombre des Auteurs ecclésiastiques. Les deux époux, dociles aux instructions réitérées du saint Archevêque, pratiquaient toutes sortes de bonnes oeuvres, puis vint le temps pour Robert de faire le pélerinage vers la Terre-Sainte. Il s'en ouvrit au saint Prélat, qui lui répondit en ces termes: « S'il est vrai que vous ayez conçu le dessein de faire le voyage de Jérusalem pour l'honneur de Dieu et le salut de votre âme, et que vous n'ayez pas voulu vous mettre en route sans m'avoir consulté ainsi que votre fils Anselme, je loue vos dispositions, et vous conseille de ne pas traîner après vous le fardeau de vos péchés, mais de vous affermir dans la résolution de vivre en bon Chrétien, conformément aux obligations de votre état : commencez par une bonne confession de toute votre vie, et que votre absence n'occasionne aucun tort à votre épouse, dont le caractère bienfaisant vous est mieux connu qu'à personne, faites en sorte de ne pas l'abandonner sans secours ni conseils, et que, si la Providence vient à disposer de vous, elle ne soit pas obligée de sortir de votre maison contre son gré, mais qu'il lui soit libre d'y servir Dieu tant qu'elle vivra, et d'y prier pour votre conservation et le salut de votre âme. Mettez donc ordre à vos affaires, comme s'il s'agissait de paraître à ce moment devant Dieu. Quant à ma bénédiction que vous demandez, je prie le Seigneur de vous accorder lui-même la sienne, de vous combler de ses grâces, et de vous seconder dans toutes vos entreprises. » Ce ne fut donc qu'après avoir bien consulté, et non par dépit, que Robert de Craon partit pour la Terre-Sainte, ce fut encore moins pour se faire Templier, puisque, quand il quitta son épouse vers 1107, avant la mort de Saint Anselme, il n'était pas encore question de cette Chevalerie : ce ne fut que vers 1130, après la mort de Richeze, que Robert prononça ses voeux chez les Templiers . Absent du Concile de Troyes, il est de retour en Occident en 1132 en qualité de Sénéchal pour sensibiliser les seigneurs Français à la cause Templière. Il y retourne en 1136. Il s'impose par son courage au combat, mais aussi par sa piété. Il est désigné maître en juin 1136, à la mort du fondateur de l'ordre, Hugues de Payns. Il se révèle brillant organisateur et fait de l'Ordre du Temple l'acteur majeur des États Latins d'Orient. Grâce à lui, le 29 mars 1139 le pape Innocent II, par sa bulle «Omne datum optimum» accorde à l'Ordre un certain nombre de privilèges. Ainsi, les templiers sont exemptés de la dîme, de la juridiction épiscopale (ce qui signifie que l'Ordre possède ses propres ecclésiastiques qui ne relèvent pas des évêques) et sont habilités à porter la croix rouge sur fond blanc. Il est moins heureux sur le plan militaire. À peine élu, il bat l'émir d'Alep mais laisse ses chevaliers se livrer aux pillages au lieu de sécuriser les alentours. L'émir aura le temps de se refaire une santé et reviendra pour se vanger. Robert de Craon autorise les Templiers d'Espagne à lancer une expédition importante (près de 70 vaisseaux) contre Lisbonne, mais cette opération fut également un échec. En 1140, les templiers résistent avec héroïsme à une armée de turcs bien plus nombreuse lors de la bataille de Teqoa. Le chroniqueur Guillaume de Tyr le cite comme participant en 1148 à la seconde croisade, notamment au cours du siège de Damas. Robert de Craon trouve la mort le 13 janvier 1149.


Évrard des Barres

Mars 1147, avril-mai 1151
Né vers 1113 à Meaux en Champagne, Evrard de Barres entre très jeune dans l'Ordre du Temple. En 1143, il est déjà précepteur de France. Pâques 1147, il convoque le chapître général de l'Ordre en France dans la Maison du Temple de Paris et décide de participer activement à la deuxième croisade qui vient d'être décidée. L'Ordre se joindra à l'armée du Roi de France, Louis VII. Évrard des Barrès (ou Everard des Barres) gouverne l'Ordre de mars 1149 à 1152. Il est déjà un des principaux dignitaires de l'Ordre du Temple lorsque décède, en janvier 1149, le maître Robert de Craon, puisqu'Evrard porte alors le titre de Précepteur de France. À peine désigné, il doit intervenir militairement à la tête de ses Templiers pour sauver le roi de France Louis VII, engagé dans la deuxième croisade, dans les gorges de Pisidie. Selon le chroniqueur Odon de Deuil c'est un homme très religieux, éminemment respectable et possédant les valeurs d'un chevalier, courageux et énergique. Son influence sur Louis VII semble avoir été forte. Lorsque la croisade se termine, par un échec devant Damas, Louis VII rentre en France suivi par Evrard lequel prête une somme d'argent très importante au souverain. Cependant le maître laisse ses troupes sur place lesquelles remportent une victoire en défendant Jérusalem contre une attaque des troupes turques en 1150. Fatigué, il se retire à Clairvaux et abdique en 1152 malgré les pressions des Templiers pour qu'il reste à leur tête. Il meurt en 1174.


Bernard de Tramelay

Juin 1151-16 août 1153.
Bernard de Tramelay ou Dramelay ou Dramelet, est né au château du même nom, aux environs d'Arinthod, dans le Jura. II est élu en 1151 à la succession d'Evrard des Barrès . Guillaume de Tyr rapporte que "Baudouin III offrit à l'Ordre, la citadelle en ruines de Gaza. Les Templiers achevèrent de fortifier cette ville en élevant des tours et de nouveaux retranchements, et ils en firent une place d'armes imprenable, d'où ils réprimèrent les courses de la garnison d'Ascalon et forcèrent enfin les Sarrasins à se renfermer dans leurs murailles". En 1153, les Templiers participent au siège d'Ascalon que Baudouin III veut prendre aux Égyptiens. Les Templiers construisent une tour roulante que les assiégés parviennent à enflammer. Mais ils sont aidés par le vent, qui souffle les flammes sur les remparts, ci qui permet d'ouvrir une brèche dans laquelle s'engouffrent les Templiers. Bernard de Tramelay, à la tête de ses hommes, mène l'assaut sans attendre Baudouin III. Toujours selon Guillaume de Tyr, c'est parce qu'il ne veut pas partager avec lui le butin . Mais selon d'autres chroniqueurs, c'est simplement parce que, dans le feu de l'action, il n'a pas pensé à l'attendre. II va payer cette bévue de sa vie, et de celle de son bataillon. Les assiégés, ayant constaté leur petit nombre, une quarantaine, se ressaisissent, et les massacrent. Les corps sont exposés sur les remparts, leurs têtes coupées sont envoyées au sultan, en Égypte. Puis ils poussent jusqu'au campement de Baudouin III. Le combat est sanglant, et longuement incertain. Les Francs l'emportent grâce aux Templiers restés auprès du roi de Jérusalem. Le 19 août 1153, l'étendard Templier flotte sur les remparts d'Ascalon. Le courage extraordinaire des Templiers lors de la bataille est chanté jusque dans les cours d'Occident, le pape Anastase IV leur accorde de nouveaux privilèges.


André de Montbard

Fin 1154 - 17 octobre 1156 .
Il fait partie des chevaliers qui intégreront l'Ordre vers 1121 . Ordre déjà créé par Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer en 1118 . En 1120 c'est peu-être lui, qui accompagne Godefroy de Saint-Omer, afin de remettre une lettre de Baudouin II de Jérusalem à Bernard de Clairvaux dans laquelle il lui demande de l'aide afin d'obtenir une confirmation apostolique de l'Ordre . Engagé dans les croisades en Terre sainte, il devient rapidement Sénéchal de l'Ordre, attesté de 1148 à 1151 (second grade après celui de maître de l'Ordre), et seconde Bernard de Tramelay t jusqu'au décès de ce dernier. Après la disparition du maître de l'ordre en Palestine durant le siège d'Ascalon de 1153, il accepte à l'âge de 51 ans, de devenir le cinquième maître de l'Ordre contre Guillaume II de Chanaleilles favori du roi Louis VII de France . La date de son élection est incertaine mais intervient à la fin de 1154 bien que la première mention de sa nouvelle fonction soit datée du 27 mai 1155 dans un acte du roi Baudouin III de Jérusalem. Selon les sources, il est mort le 17 janvier 1156 d'après le martyrologe de Reims, ou le 17 octobre 1156, selon Laurent Dailliez qui cite l'obituaire de Bonlieu. Après plus de 30 ans de service, il aurait abandonné sa charge de maître à son successeur Bertrand de Blanquefort, puis se serait retiré comme le second maître de l'ordre, Évrard des Barres, à l'abbaye de Clairvaux, fondée par son neveu sur des terres offertes par son frère Raynard de Montbard.


Bertrand de Blanquefort

1156 - 2 janvier 1169.
Bertrand de Blanchefort, dit aussi Bertrand de Blanquefort, fut maître de l'Ordre du Temple d'octobre 1156 au 2 janvier 1169. Originaire de Guyenne et apparenté au Pape Clément V, qui bien plus tard interdira l'ordre du Temple. Il est décrit par le chroniqueur Guillaume de Tyr, pourtant peu suspect de complaisance envers les Templiers, comme un homme « religieux et rempli de la crainte de Dieu ». Il est aussi représenté comme un grand guerrier au jugement sûr, et d'une extrême probité. Il est fait prisonnier le 19 juin 1157 sur les bords du Jourdain au lieu dit le gué de Jacob (bataille du lac Méron) avec plus de 80 Templiers par Nur ad-Din, le principal souverain de Syrie. Il sera libéré par une coalition marchant sur Alep, dirigée par Manuel Ier Comnène l'empereur byzantin, Baudouin III de Jérusalem et Renaud de Châtillon, prince d'Antioche, lui permet d'être libéré avec plus de 10 000 captifs en juin 1159. Il accompagne Amaury Ier de Jérusalem dans son expédition en Égypte, mais rentre précipitamment pour contrer à la tête de ses Templiers et de croisés venus d'Europe (parmi lesquels Guy de Lusignan) Nur adin qui, profitant de l'absence d'Amaury, attaque les régions d'Antioche et Tripoli. Après une première victoire, Bertrand de Blanquefort est vaincu à la bataille d'Harenc (1164), où plus de 100 Templiers et des milliers de croisés sont tués. Ses relations avec Amaury se dégradent quand celui-ci fait pendre pour « lâcheté » 12 Templiers qui ont remis à Nur ad-Din la forteresse dont ils avaient la garde. Aussi, en 1167 Bertrand de Blanquefort refuse de soutenir Amaury Ier qui désire annexer l'Égypte. Il précise que cela serait rompre le traité négocié quelques mois auparavant par le Templier Geoffroy de Foulcher et que cette intervention va ressouder les musulmans. L'expédition tourne effectivement au désastre mais Bertrand de Blanquefort ne le voit pas car il décède le 2 janvier 1169 selon l'obituaire de Reims. Il introduisit, dans la règle, la réforme des « retraits » et obtint du pape Alexandre III, pour les maîtres de l'ordre, le droit de porter dorénavant le titre de « maître par la grâce de Dieu » et de détenir un bâton de commandement, l'Abacus. Philippe de Milly lui succède.


Philippe de Milly

Janvier 1156 ? - 3 avril 1171 .
Issu d'une famille Picarde, est né cependant au début du XII ème siècle à Naplouse dans le royaume de Jérusalem, fils de Guy de Milly et d'Étiennette de Naplouse. Il succède à son père à la tête de la seigneurie de Naplouse en 1126. En 1144, Édesse est assiégé par Zengi et le comte Josselin II demande du secours à la reine Mélisende de Jérusalem. Celle ci rassemble un corps d'armée, qu'elle confie à trois barons, Manassès de Hierges, Philippe de Naplouse et Elinard de Tibérias. Malheureusement, ces renforts arrivèrent trop tard et ne purent empêcher la prise de la ville. En juin 1148, avec l'arrivée de la deuxième croisade, il assiste avec toute la noblesse d'Outremer aux Assises d'Acre, l'assemblée qui devait décider des objectifs de la Croisade et qui se porta sur Damas. En 1152, le roi Baudouin III est majeur, mais sa mère Mélisende, régente, n'entend pas céder le pouvoir et un conflit éclate. Si la majorité des barons sont favorables à Baudouin, quelques seigneurs, dont le prince Amaury, Manassès de Hierges et Philippe de Naplouse restent fidèles à Mélisende. Baudouin réagit en prenant Mirabel, où s'était réfugié Manassès, puis Naplouse avant d'assiéger la Tour de David à Jérusalem, où la reine et ses derniers fidèles s'étaient retranchés et qui durent faire leur soumission. Mélisende se retira à Naplouse. En 1153, il participe au siège d'Ascalon, qui se solde par la prise de la ville et son rattachement au royaume de Jérusalem. En 1157, il participe à l'expédition chargée de secourir Onfroy II de Toron assiégé dans Panéas et qui tint en échec Nur ad-Din. Le 3 juillet 1161, il échange avec le roi Baudouin III de Jérusalem sa seigneurie de Naplouse contre celle de Montréal. Comme ses prédécesseurs, il renforce les fortifications du krak de Moab. Baudouin III meurt en 1162 et son frère Amaury Ier lui succède. En 1163, il commence à intervenir en Égypte, profitant de l'affaiblissement des Fatimides et de leurs luttes internes pour le pouvoir. Philippe de Milly y participe en 1168, notamment au siège de Bilbéis (4 novembre 1168) où il manque de peu d'être tué. Devenu veuf, il renonce à ses fiefs et entre dans l'Ordre du Temple en 1167. Il est élu maître au début de 1169 et succède à Bertrand de Blanquefort. Son seul fait d'armes est la défense de Gaza devant les troupes de Saladin. Il démissionne de sa dignité avant la Pâque de 1171 alors qu'il est à Constantinople avec le roi Amaury Ier de Jérusalem. La fin de sa vie est inconnue mais il est probable qu'il intégre un monastère cistercien ainsi qu'il est d'usage pour un Templier quittant le service actif.


Eudes de Saint-Amand

Cet homme dur avec lui même et avec les autres eut une conduite héroique tout le temps de son magistère. Le 10 juin 1179 il intercepte une troupe de pillards musulmans de retour d'une razzia, conduite par un neveu de Saladin, dans la vallée du Mesaphar . Dès qu'il apprend la nouvelle, Saladin vole au secours de son neveu mais ne parvient pas à le délivrer, il se console néanmoins en capturant Eudes de Saint-Amand . Saladin propose à l'Ordre du Temple d'échanger son neveu contre le maitre du Temple, Eudes de Saint-Amand refuse en expliquant q'un Templier ne peut accepter un quelconque marchandage pour sa vie, un Templier doit vaincre ou mourir ! Saladin respectera son souhait et le fera décapiter !
1171 - 9 octobre 1179 .
Originaire d'une famille noble du Limousin sa carrière militaire est bien remplie puisqu'il a occupé la charge de maréchal du royaume et de vicomte de Jérusalem. Il devient Templier à une date inconnue et succède à l'éphémère Philippe de Milly à la tête de l'Ordre du Temple vers 1171. Il est réputé pour sa sagacité et son courage mais il est décrit ainsi par le chroniqueur (et évêque) Guillaume de Tyr : « Homme méchant, superbe, arrogant, ne respirant que la fureur, sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes... Il mourut de misère, sans emporter les regrets de personne. » À peine élu, il s'oppose au roi Amaury Ier de Jérusalem en refusant de livrer à la justice du roi Gantier du Mesnil, un Templier coupable du meurtre d'un émissaire du Vieux de la Montagne. L'affrontement entre les deux hommes n'a pas lieu du fait de la mort du roi, remplacé par le jeune et malade Baudouin IV de Jérusalem, puis de celle de Nur ad-Din, l'Atabeg d'Alep, a qui succède Saladin. En 1177, Saladin lance un raid sur les alentours d'Ascalon avec environ 20 000 hommes. Aussitôt Baudouin IV s'avance à sa rencontre avec à peine 3 000 fantassins et 375 chevaliers dont 80 Templiers conduits par leur chef. Ceux-ci chargent à l'avant-garde et bousculent les premières lignes du sultan Ayyoubide. Cette bataille d'Ascalon (18 novembre 1177) se solda par une large victoire des chrétiens remportée en partie par la fougue et la furie de la charge des Templiers. Deux ans plus tard, Saladin organise des raids depuis Banias vers la région de Beyrouth, d'une part pour approvisionner l'émirat de Damas, atteint de disette à la suite de sécheresse, et d'autre part pour affaiblir le royaume de Jérusalem. Baudouin IV le lépreux réunit des troupes pour y mettre fin, accompagné du comte Raymond III de Tripoli et d'Eudes de Saint-Amand. Le camp de Saladin est repéré du haut d'une hauteur de 900 mètres que Guillaume de Tyr nomme Mesaphar et l'armée descend le mont pour intercepter une troupe de pillards menés par Farrukh-Shâh, un neveu de Saladin, qui rentre d'un raid. Pendant la descente, Eudes entraîne avec lui les Templiers et les chevaliers du comte de Tripoli et distance l'infanterie et le roi. Cette troupe de six cents chevaliers n'a aucun mal à écraser la centaine de pillards musulmans, mais l'armée s'est ainsi dispersée, et ne peut résister à la contre-attaque de Saladin (10 juin 1179). Alors que les soldats désertent, les Templiers et les Turcopoliers résistent et sont pour la plupart tués à l'exception d'Eudes de Saint-Amand et de quelques autres. Le sultan souhaite l'échanger contre l'un de ses neveux prisonnier de l'Ordre mais le maître refuse et répond : «Je ne veux point autoriser par mon exemple la lâcheté de mes religieux qui se laisseraient prendre dans l'espoir d'être rachetés. Un templier doit vaincre ou mourir, et ne peut donner pour sa rançon que son poignard et sa ceinture». Emmené en captivité il meurt à Damas le 9 octobre 1179, « regrété de personne », selon Guillaume de Tyr, tandis qu'El-Imad, juriste et secrétaire de Saladin, écrira qu'il « passa de sa prison aux cachots de l'Enfer ».


Arnau de Torroja

1180 - 30 septembre 1184 .
Catalan, Arnau de Torroja est natif de Solsona vers 1122, il fut maître de la province de Provence et partie des Espagnes avant d'être élu à la tête de l'Ordre à la fin de l'année 1180, pour succéder à Eudes de Saint-Amand, mort en captivité à Damas. Il a plus de 70 ans lors de son élection, mais c'est un homme rompu à la discipline et au fonctionnement de l'Ordre. Présent surtout en Espagne durant la Reconquista, il ne connaît pas la situation politique des États latins d'Orient. Sa maîtrise est marquée par des querelles que se livrent entre eux Templiers et Hospitaliers, dont l'influence et le pouvoir politique ne cessent de grandir. Arnau de Torroja accepte la médiation du pape Lucius III et du roi de Jérusalem Baudouin IV pour mettre un terme à ces querelles fratricides. En 1184, la situation dégénère encore lorsque Renaud de Châtillon, aidé par des Templiers et des Hospitaliers, ravage pour son propre compte des territoires musulmans en Transjordanie. Il devra encore faire preuve d'une grande sagesse politique pour arriver à négocier un arrêt des hostilités avec Saladin, prêt à venger les incursions mortelles de Renaud de Châtillon. Cette année-là, Arnau de Torroja accompagné d'Héraclius, patriarche latin de Jérusalem et du grand maître de l'Hôpital Roger de Moulins se rend en Europe afin de plaider, auprès des rois et du pape, l'envoi d'une nouvelle croisade pour renforcer les États latins d'Orient qui sont à la merci de la puissance grandissante de Saladin . C'est ainsi que va s'établir l'ordre des Hospitaliers en Angleterre, en France et en Allemagne mais au cours de ce voyage, Arnau de Torroja tombe malade et meurt à Vérone le 30 septembre 1184, alors qu'il se rend chez le pape Lucius III.


Gérard de Ridefort

Ce personnage sulfureux, dont la conduite à entaché pour longtemps l'honneur de l'Ordre du Temple est le pire Grand Maitre que l'Ordre ait connu , accusé par ses frères de l'Ordre de trahison et de s'être converti à l'Islam, capturé deux fois, et deux fois relaché sans demande de rançon, il finira cependant à cause de sa couardise et de sa bêtise par lasser Saladin . Saladin capturera une troisième fois ce personnage en 1189, mais cette fois il le fera décapiter !
Octobre 1184 - 1er octobre 1189 .
Frère puîné d'un seigneur flamand, il n'espère rien dans son pays. Arrivé en Terre sainte pour y obtenir un fief, il rejoint la deuxième croisade en 1146. Il se lie d'amitié avec Raymond III, comte de Tripoli. Ce dernier lui promet un riche mariage avec sa vassale Lucia de Botrun mais se ravise finalement, préférant l'offre d'un riche négociant pisan (Plivano ou Plebanus, francisé en Plivain). Gérard en conçoit contre le comte une haine vivace. Ridefort est maréchal du royaume en 1179. Il rejoint l'Ordre du Temple, dont il devient sénéchal en 1183, après qu'Arnaud de Toroge, soit devenu maître de l'ordre. À la mort d'Arnaud, il devient maître de l'ordre en 1185. Après la mort de Baudouin IV, en 1185, Raymond III est nommé régent pendant la minorité de Baudouin V (Baudouinet). Guy de Lusignan, mari de Sybille, sœur de Baudouin IV, est écarté du pouvoir, le testament royal stipulant qu'en cas de décès prématuré du jeune Baudouin V, Raymond de Tripoli assurera encore la régence jusqu'à ce qu'il ait totalisé dix ans de pouvoir sur Jérusalem. Gérard de Ridefort soutient les prétentions de Guy de Lusignan sur le trône afin de priver son ennemi personnel, le comte de Tripoli, de la régence et du pouvoir. Le comte d'Édesse, Josselin III, fit éloigner de Jérusalem le régent Raymond III de Tripoli, qui assurait la régence après la mort du jeune Baudouin V. Raymond s'étant installé à Tibériade, Josselin, Gérard de Ridefort, Sibylle de Jérusalem, Guy de Lusignan et Renaud de Châtillon, baron d'Outre-Jourdain, s'emparèrent de plusieurs places fortes et organisèrent le couronnement de Guy. Malgré l'ambassade du conseil des féodaux, réuni à Naplouse par Raymond III, la cérémonie eut lieu avec l'appui du patriarche de Jérusalem Héraclius, en dépit de l'opposition de Roger de Moulins, grand maître de l'Ordre Hospitalier . Ridefort ayant fait fermer les portes de Jérusalem et renvoyer les émissaires féodaux, Sybille fut couronnée avec son mari, qui revêtit alors la charge de roi de Jérusalem malgré l'opposition de Baudouin IV, du régent, du maître de l’Hôpital, et de la majorité des barons de Terre Sainte. Raymond, comte de Tripoli, était également prince de Galilée, et donc principal féodal du royaume. Alors que Saladin, excédé par le brigandage de Renaud de Châtillon en Outre-Jourdain, vient d'assiéger le Krak de Moab au début de 1187, Ridefort pousse le roi à assiéger Raymond dans Tibériade. Raymond, ami personnel de Saladin, et auteur de la trêve enfreinte par Renaud, demande des secours au Sultan qui vient s'établir à proximité du lac de Tibériade. La rupture définitive est évitée par Balian d'Ibelin, qui démontre la folie du projet. Balian d'Ibelin, Ridefort, l'archevêque Josse de Tyr et Roger de Moulins, maître de l’Hôpital, sont envoyés le 29 mars 1187, vers le comte, afin de sceller la réconciliation. Dans le même temps, Saladin envoie ses troupes faire une démonstration de son pouvoir dans la province de Tibériade, avec l'autorisation de Raymond, à condition de ne commettre aucun pillage. Raymond ayant prévenu les envoyés du roi, Ridefort fait appeler les quatre-vingt-dix Templiers de Qaqûn, qui invitent quarante chevaliers royaux à se joindre à eux. Malgré l'opposition du maréchal du Temple, Jacques de Mailly, et du maître de l’Hôpital, Ridefort envoie, avant tout engagement, une lettre annonçant sa victoire sur les troupes de Saladin, puis attaque les musulmans qui, leur démonstration terminée, refluent en désordre. Cette bataille est un désastre pour les chrétiens : Roger de Moulins est décapité dans la mêlée, et seuls trois Templiers, dont Ridefort, parviennent à s'enfuir. La guerre ayant repris entre les Francs et le Sultan, Ridefort recrute tous les mercenaires disponibles en ouvrant le trésor du Temple. Ridefort et Renaud de Châtillon persuadent le roi d'attaquer les forces de Saladin qui viennent d'occuper Tibériade. Le roi se rallie à l'avis de Raymond, qui bien que seigneur de la ville, s'oppose à l'entreprise. Le maître du Temple ayant un fort ascendant sur le roi, celui ci étant l'un des principaux artisans de son couronnement, parvient à le convaincre en tête à tête, en accusant Raymond de lâcheté et de trahison, de marcher vers Tibériade au plus fort de juillet 1187, malgré l'absence de points d'eau entre le camp du roi et le lac de Tibériade. Incapable de se frayer un chemin à travers l'ennemi jusqu'au lac, l'armée du royaume fut écrasée lors de la bataille de Hattin ou bataille de Tibériade. Gérard de Ridefort fut fait prisonnier, et tous les Templiers et Hospitaliers pris furent exécutés. Prisonnier de Saladin, Ridefort est envoyé négocierla reddition de la ville d'Ascalon, qui refuse d'écouter le roi, précédemment envoyé pour la même tâche. Il achète sa liberté en livrant au sultan Gaza et les places fortes des Templiers en Philistie. La promesse de Saladin de le libérer, lui, le roi Guy et d'autres dignitaires, est différée jusqu'à l'été 1188. Pendant sa captivité, le frère Terricus, grand commandeur de l'ordre, assure l'intérim. Ridefort commande le corps des Templiers, l'année suivante, lors du siège de Saint Jean d'Acre. L'armée ralliée par Guy de Lusignan et les Templiers, renforcée par les débarquements du roi de France Philippe Auguste, le 20 avril du roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion et de nouveaux contingents de Templiers menés par Robert de Sablé en juin, assiège la ville mais est encerclée par l'armée du Sultan. Le 4 octobre 1189, les croisés tentent de rompre les lignes de Saladin, mais la contre-attaque les met en déroute. Gérard de Ridefort, est capturé, puis exécuté.


Robert IV de Sablé

Fin 1189 - 13 janvier 1193.
Fils de Robert III de Sablé, et de Dame Hersende d'Anthenaise, de Chaouches et de Malicorne, fille de Savary Ier d'Anthenaise. Alphonse-Victor Angot raconte comment, le 6 juin 1189, alors que Robert était sur le point de partir pour la croisade, l'abbé d'Évron, Geoffroi, vint lui demander la reconnaissance de deux deniers de rente et d'une procuration sur la terre de Cadoin. Il fut reçu par son fils, Robert se trouvant empêché de le faire lui-même à cause des préparatifs de son voyage. Mais il le conduisit ensuite dans son donjon et lui montra de là la terre chargée de la redevance enfin à genoux et sans consentir à se relever, il lui servit le vin de l'hospitalité. Il eut l'assurance de la fraternité des religieux en présence d'Emma sa mère, et de Geoffroi son fils, qu'il pria de ne jamais manquer à ses devoirs envers les moines. Il partit alors. Richard Cœur de Lion le nomma avec Gérard, archevêque d'Auch, Bernard, évêque de Bayonne, Richard de Chamvil, Guillaume d'Oléron, membre de son conseil pour le gouvernement de la flotte anglaise, normande, bretonne et d'Aquitaine, et pour l'exercice de la justice. Le seigneur de Sablé eut spécialement la charge de la flotte. Il assista au cours du voyage à la constitution du douaire ainsi qu'au mariage de la reine d'Angleterre Bérangère de Navarre avec son ami Richard sur l'île de Chypre. A Chypre, il fut reçu dans l’Ordre du Temple où il établit plus tard la première base solide des Templiers en Orient en achetant l'île à son ami le roi Richard pour seulement 25 000 marcs d'argent. Robert de Sablé rétrocède l'île l'année suivante à Guy de Lusignan, roi de Jerusalem sans royaume. Robert de Sablé établira la maison cheftaine de l'Ordre du Temple à Saint-Jean-d'Acre, où elle restera encore près d'un siècle. Quelques mois plus tard, meurt le maître de l'ordre Gérard de Ridefort, mais, fait exeptionnel, le poste de maître restera vacant plusieurs mois, le temps necessaire pour les Templiers de réformer certains points de la Règle qui concernent en particulier les mesures disciplinaires à prendre en cas de manquement à ses responsabilités du dirigeant suprême de l'Ordre. C'est en octobre 1191 que Robert de Sablé — un homme neuf — qui s'était fait remarquer par ses divers exploits en Espagne, en Sicile ainsi qu'au Portugal contre le roi du Maroc est élu maître de l'Ordre du Temple quelques mois seulement après son admission en juin 1189. Proche conseiller du roi d'Angleterre, il accompagne Richard Cœur de Lion dès son départ en croisade et participe ainsi à la prise de Saint-Jean-d'Acre le 13 juillet 1191 puis à la conquête du littoral palestinien puis enfin à la bataille d'Arsouf où Saladin subit une lourde défaite. Robert de Sablé est de tous les combats contre Saladin et meurt le 23 septembre 1193 au moment où est signée la trêve de trois ans entre Richard et le sultan d'Égypte qui autorise l'entrée des pèlerins à Jérusalem. Le Templier fait parvenir de Terre sainte une épine de la Sainte Couronne, cette relique est toujours vénérée aujourd'hui le lundi de Pâques dans l'Abbaye de Solesmes. Une dalle funéraire attribuée à Robert de Sablé est visible dans l'église abbatiale de l'Abbaye de Solesmes située près de la ville de Sablé-sur-Sarthe dans le sud de la Sarthe.


Gilbert Hérail

1193 - 20 décembre 1200 .
Gilbert Hérail ou Erail ou Horal ou Eril . Il est peut-être né en 1152 en Aragon mais la date exacte et le lieu sont inconnus. Engagé très tôt dans l'Ordre du Temple, il fut maître en Provence et partie des Espagnes de 1184 à 1189 puis grand commandeur de l'Ordre en février 1194 après la mort de Robert IV de Sablé. Un an après son élection à la tête de l'Ordre du Temple, soit en 1194, le pape Célestin III confirme tous les privilèges accordés au Temple de la bulle pontificale Omne datum optimum. Par sa politique d'équilibre, Gilbert Hérail veut faire perdurer la période de paix entre chrétiens et musulmans, permise par l'accord de paix signé entre Richard Cœur de Lion et Saladin. Cela ne plait guère au pape Innocent III, qui y voit une forme de lâcheté . À cause de cela, les tensions entre Templiers et Hospitaliers tournent à l'avantage de ces derniers qui en profitent pour récupérer des terres et des châteaux aux Templiers.C'est durant la période où Gilbert Hérail est maître de l'Ordre que les Templiers vont participer à la Reconquista. En remerciement des services rendus, le roi Alphonse II d'Aragon leur donne la forteresse de l'Alfambra en 1196. Gilbert Hérail décédera en décembre 1200, au début de la quatrième croisade.


Philippe du Plaissis

Début 1201 - 12 novembre 1209 .
Philippe du Plaissis ou du Pleissiez, ou du Plaissiez, est chevalier français né en Anjou à Plessis-Macé dans la deuxième moitié du XII ème siècle. Il entre dans l'Ordre du Temple lors de la troisième croisade en 1189. Grand Maitre de l'ordre entre janvier et mars 1201, il signe un accord avec l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sur l'arrosage des terres et l'usage des moulins des deux ordres dans le comté de Tripoli en date du 17 avril 1201. Dès sa prise de fonction il est confronté au roi d'Arménie qui s'est emparé d'une forteresse templière située dans la principauté d'Antioche. Lors de l'enquête diligentée par le pape Innocent III les Templiers sont chassés de la Cilicie arménienne et leurs biens confisqués. En 1201 l'Égypte, puis la Syrie sont ravagées par une épidémie de peste puis intervient un fort tremblement de terre en 1202. La paix est bienvenue pour de reconstruire les villes et villages détruits. Philippe du Plaissis négocie une trêve avec les musulmans à laquelle refuse d'associer les chevaliers Teutoniques. Quand les Hospitaliers négocient eux aussi une trêve c'est au tour des Templiers de refuser. Ces conflits internes aux croisés entrainent l'intervention du pape. En effet si l'Ordre du Temple a toujours le soutien du pape (le 1er février 1205 Innocent III confirme la bulle d'Anastase IV Omne datum optimum) celui-ci s'inquiète des plaintes continuelles à l'encontre des Templiers des évêques et des princes. En 1208 il écrit à Philippe du Plaissis pour lui rappeler que l'obéissance est l'un des trois vœux prononcés par le Templier et que s'en affranchir le rend apostat. Il ne semble pas que cette remontrance soit réellement entendue par un l'ordre .


Guillaume de Chartres

1210 - 26 août 1218 .
La vie de Guillaume de Chartres avant ses débuts en tant que Grand Maître en 1210 est mal connue et ses origines ont fait l'objet de nombreuses controverses. Il a fallu attendre 1902 et la publication par Charles Métais de ses recherches sur « Les Templiers en Eure-et-Loir » pour identifier qui était ce Guillaume de Chartres. Dans cet ouvrage figure une charte rédigée par Robert de Chartres, seigneur de Ver qui mentionne deux Guillaumes de Chartres. D'une part son frère, devenu templier mais aussi son oncle qui l'était tout autant. Guillaume de Chartres, frère de Robert est celui qui accéda aux plus hautes fonctions et il a dû rejoindre l'ordre du Temple aux alentours de 1191/1192. Quelques auteurs du XIX ème siècle considéraient qu'il était fils de Milon IV, comte de Bar-sur-Seine et d'Hellisende, fille de Renaud de Joigny. D'autres ont pensé que cet homme était Guillaume de Ferrières, Vidame de Chartres surtout connu des historiens pour un recueil de chansons8 mais cette hypothèse est aussi réfutée depuis longtemps. À l'époque où la salle des croisades du château de Versailles fut construite, c'est l'hypothèse selon laquelle il était fils de Milon IV qui faisait autorité, d'où l'illustration erronée de ses armoiries qui de surcroît ne sont pas celles des comtes de Bar-sur-Seine au moment de la cinquième croisade.... Concernant la seconde hypothèse, il existe bien un lien entre Guillaume de Ferrières et les Templiers, attesté par un acte rédigé en 1204 alors qu'il se rendait de Saint-Jean-d'Acre à Constantinople, voyage au cours duquel il tomba malade. Dans cet acte, il est fait mention de deux donations aux frères de la milice du Temple de Generville et du fait qu'il est reçu comme « confrère et participant des biens et des prières de la maison ». On a cru alors que Guillaume de Chartres, ayant surmonté la maladie, était devenu plus tard le quatorzième maître de l'Ordre. Il est élu quatorzième Grand Maitre de l'Ordre du Temple, en 1210 à la suite du décès de Philippe du Plaissis. Peu après il assiste au couronnement comme roi de Jérusalem de Jean de Brienne (avec l'appui de Philippe Auguste). La situation des princes chrétiens en Palestine est peu reluisante et le pape Innocent III exhortera de nouveau les souverains d'occident à prendre la croix, ce qui donnera lieu au IV ème concile du Latran en novembre 1215. En 1211, les Templiers réinvestissent leurs forteresses dans le royaume arménien de Cilicie aux dépens de Léon II d'Arménie. Guillaume est blessé au cours d’une embuscade alors que la garnison qui l’accompagnait tentait de ravitailler la forteresse de Port-Bonne. Notons que dès 1201, les Templiers s’étaient rangés aux côtés de Bohémond IV d'Antioche alors que les hospitaliers avaient pris le parti de Léon II, tuteur de Raymond-Roupen d'Antioche. Cette crise ne s’apaisera qu’à partir de 1216. Près d'Haïfa en Palestine, ils construisent Château Pèlerin, une imposante forteresse grâce à laquelle ils repousseront régulièrement les armées musulmanes. Ce n'est qu'en 1216 que la forteresse de Baghras, enlevée par les musulmans en 1187 et reprise par le roi de Petite-Arménie en 1191, est rendu aux Templiers malgré un arbitrage papal datant de 1211. En dehors des états latins d'Orient et au cours de dix années où il fut maître, les Templiers s'illustrèrent militairement en continuant de participer à la Reconquista même si leur engagement semble faiblir. Leur présence en 1212 à la bataille de Las Navas de Tolosa est avérée mais leur rôle fut modeste et le maître de la province de Castille y fut tué. Au Portugal, ils sont présents lors de la conquête d'Alcacer do Sol en 1217. Guillaume de Chartres participe à la cinquième croisade mais les disputes entre chefs croisés lors du siège de Damiette ne permettent pas d'obtenir des résultats significatifs. Pour couronner le tout, une épidémie de peste emporte de nombreux croisés dont Guillaume de Chartres en août 12191.


Pierre de Montaigu

1219 - 1232 .
Pierre de Montaigu (Peire de Montagut) fut le quinzième Grand Maître de l'Ordre du Temple, entre 1219 et le 28 janvier 1232. Il fut élu lors du siège de Damiette, en 1218, mais n'en fut informé que plus tard, car en novembre 1218, il signait encore en tant que précepteur de Provence et partie des Espagnes. D'après Albéric de Trois-Fontaines, il pourrait être le frère de Garin de Montaigu mais selon d'autres auteurs, il serait d'origine espagnole voire catalane. Selon les chroniques, il était brave et habile au combat. De nombreux actes jalonnent son magistère, entre autre la sentence rendue au moins d'août 1222 par Pélage, évêque d'Albano et légat du Saint-Siège, au sujet des biens situés sur le territoire de Tyr, matière à procès entre les chanoines du Saint-Sépulcre et la maison de l'Hôpital. En 1229, il refusa d'accompagner Frédéric II d'Allemagne, souverain excommunié. Il mourut en 1232.


Armand de Périgord

1232 - 17 ou 20 octobre 1244 .
Connu comme maître de la province d'Apulie et de Sicile pour la période allant de 1205 à 1232. Si le début exact de sa maîtrise n'est pas formellement attesté, on sait néanmoins que c'est Guillaume d'Orélie alors maître de Sicile et de Calabre qui reçut par un don daté de 1209 et signé par Frédéric II du Saint-Empire des biens dans la ville de Messine et qu'il obtint de ce même roi une confirmation des biens et des privilèges de l'ordre pour cette province et pour les Pouilles en 1210. Armand de Périgord n'est attesté en tant que maître de cette même province qu'à partir de 1229 lorsqu'il se fait lui aussi confirmer ces mêmes biens et privilèges. Cette province apparaît au début de la période souabe du royaume de Sicile (à partir de 1196). Initialement, le sud de la péninsule correspondait à la province dite des Pouilles mais il semble qu'elle ait été séparée en deux provinces bien distinctes pendant plus d'un demi-siècle (jusqu'en 1265) avant d'être réunifiée en tant que province du royaume de Sicile. Pendant cette période, les Pouilles et la terre de labour formaient une autre province. Il est élu Grand Maître de l'ordre en 1232. Il organisa l'attaque de Cana, de Safita et de Sephoria et combattit les Infidèles dans la région du lac de Tibériade. Toutes ces entreprises se soldèrent par des échecs et contibuérent à diminuer la puissance de l'ordre. En 1236, à la frontière entre la Syrie et la Cilicie, 150 chevaliers ainsi que des archers et des turcopoles furent surpris dans une embuscade près de la ville de Darbsâk (Terbezek). Au début de la bataille qui s'ensuivit, les Templiers rencontrèrent une forte résistance. Lorsque des secours arrivèrent de Damas pour aider les Infidèles, les Templiers furent tous massacrés ,d'une une vingtaine qui purent rejoindre leur forteresse d'Ascalon . En septembre 1239, Armand arriva à Saint-Jean-d'Acre. Il y conclut un traité avec le sultan de Damas, comme les Hospitaliers l'avaient fait avec le Sultan d'Égypte. En 1244 le Sultan de Damas demanda l'assistance des Templiers pour repousser les Khwarezmiens d'Asie mineure. En octobre 1244, les forces conjointes des Templiers, des Hospitaliers et des Teutoniques, et celles du sultan de Damas, combattirent le sultan d'Égypte et ses alliés Khwarezmiens à la bataille de La Forbie. La coalition des chrétiens et des mahométans syriens fut vaincue, faisant plus de 30 000 morts sur le champ de bataille. Quelques chevaliers du Temple et de l'Hôpital parvinrent à se réfugier à Saint Jean d'Acre, encore aux mains des forces chrétiennes. Le sort d'Armand de Périgord est incertain : on ne sait s'il est mort sur le champs de bataille, ou s'il fut capturé, une certitude cependant en 1247 les chroniqueurs notent qu'il est mort.


Richard de Bures

1244-1247 .
Il n'y a que très peu d'informations sur Richard de Bures sauf qu'il était châtelain du Chastel Blanc lorsqu'il fut élu Grand Maitre de l'ordre, et n'a peut-être jamais été élu maître de l'ordre. À la suite de la capture ou du décès d'Armand de Périgord et du maréchal de l'ordre Hugues de Montlaur le 17 octobre 1244 à la forbie, les Templiers désignèrent le frère Guillaume de Roquefort comme « vice-maître » en attendant de connaître le sort de leur grand maître Armand de Périgord. D'après l'historienne Marie-Luise Bulst-Thiele, si Guillaume de Chateauneuf maître des Hospitaliers a bien été capturé puis détenu en Égypte jusqu'en 1250, le maître et le maréchal de l'Ordre du Temple sont morts sur le champ de bataille et Richard de Bures accèda à la maîtrise de l'ordre en 1245. Son entrée dans l'ordre pourrait s'être faite par simonie.


Guillaume de Sonnac

1245 - 3 juillet 1250 .
Guillaume de Sonnac ou de Saunhac ou encore de Sennai, est un dignitaire de l'ordre du Temple qui fut d'abord recteur de la commanderie d'Auzon, puis précepteur de la commanderie de Sainte-Eulalie-de-Cernon et précepteur de la province d'Aquitaine à partir de 1236. Il devint maître de l'ordre du Temple en 1247. Il existe deux chroniques de l'époque faisant mention de Guillaume mais son nom Sonnac aurait été mal retranscrit dans le livre de Jehans de Joinville et serait plutôt Sonay, l’orthographe initiale de son nom étant Wilielmus de Sonayo. Certains affirment qu'il appartiendrait à la famille de Saunhac, l'une des plus grandes familles du Rouergue mais bon nombre d'historiens réfutent cette thèse. D'autres affirment qu'il serait originaire de Sonac dans le Lot ou de Sonnac dans l'Aude mais il semblerait qu'il soit issu d'une famille du Bas-Poitou installée au château de Sonnay en Touraine et qui aurait été anoblie par Foulques V d'Anjou.


Renaud de Vichiers

1250 - 19 janvier 1252 .
Il fut successivement précepteur de France (1242-1246) et Maréchal de l'Ordre (1249-1250), et fut élevé à la dignité de Grand Maître à la place de Guillaume de Sonnac, tué en Égypte à la bataille de Mansourah le 11 février 1250. Dans les prémices de cette bataille, le 6 décembre 1249, l'avant-garde est confiée aux Templiers sous les ordres de Renaud de Vichiers. Celui-ci fit preuve de discernement et de courage lorsque, malgré l'interdiction du roi, ses hommes chargèrent l'ennemi avec succès, en réaction au harcèlement dont ils étaient l'objet. Ce type d'opération ne devait être lancé qu'à bon escient, comme la suite des événements l'a tragiquement montré avec la malheureuse initiative de Robert d'Artois. Il contribua par ses conseils à déterminer Saint Louis, après sa captivité, à demeurer en Terre sainte.


Thomas Béraud

Début 1252 - 25 mars 1273.
Il succéda en 1256, à Renaud de Vichiers. Probablement italien, malgré quelques voix qui le disent anglais . Il exerça ces hautes fonctions dans les plus tristes circonstances, tour à tour engagé dans les querelles de son ordre avec celui des Hospitaliers, et témoin impuissant de la progression inexorable des armées du sultan Bibars El Bondoctar, qui, de proche en proche, réduisait les chrétiens à se replier dans les murs d'Acre, dernier bastion du Royaume de Jérusalem. Il mourut le 25 mars 1273.


Guillaume de Beaujeu

13 mai 1273 - 18 mai 1291 .
Guillaume de Beaujeu ou de Beaulieu, mort en 1291 lors du Siège de Saint-Jean-d'Acre . Guillaume de Beaujeu est souvent présenté comme originaire de Bourgogne et apparenté à Charles Ier d'Anjou. Il fut d'abord seigneur de Sevans avant de rejoindre l'Ordre du Temple. La plupart des historiens affirment que sa mère Catherine était la fille de Guillaume VIII, Dauphin d'auvergne mais son père est souvent qualifié à tort de seigneur de Beaujeu. Si tel est le cas, il s'agit alors de Guichard de Beaujeu, seigneur de Monpensier de 1216 à 1256. Il serait donc frère avec Humbert de Beaujeu, connétable de France et Héric de Beaujeu, maréchal de France. Quoi qu'il en soit, son appartenance à la maison de Beaujeu n'est pas remise en cause comme en atteste le blason qu'il portait. Entré dans l'ordre en 1253, il commença sa carrière en tant que châtelain du château Pèlerin, était commandeur de la province de Tripoli en 1271 puis maître de la province du royaume de Sicile depuis deux ans et n'était pas en Terre Sainte lorsqu'il fut élu Grand Maître de l'Ordre du Temple, le 13 mai 1273 . Le chapitre désigna le frère Goufier (de roannais) comme grand commandeur tenant lieu de maître en attendant son arrivée et envoya les frères Bertrand de Fox et Guillaume de Ponçon le chercher. Il est d'abord présent au deuxième concile de Lyon avant un voyage en Angleterre afin de récupérer les sommes considérables empruntés par Édouard Ier d'Angleterre (Acte signé à Londres le 11 août 1274) . Il n'arriva qu'en septembre de cette année dans la ville d'Acre, dernier bastion chrétiens en Orient. Lorsqu'en 1291, le sultan d'Égypte Khalil al-Ashraf vint mettre le siège devant cette place, Guillaume de Beaujeu réussit, par ses talents guerriers et son caractère, à fédérer tout ce qui restait de défenseurs Chrétiens sur la Terre Sainte . Il trouvera une mort glorieuse en défendant Saint Jean-d'Acre en 1291. Lorsque les mamelouks parviennent à rompre les remparts de Saint-Jean-d'Acre et y pénètrent le 17 mai 1291, Guillaume reçut une flèche sous l'aisselle. La légende veut que se retirant vers les lignes arrière, il est apostrophé par un Templier à qui il aurait répondu : « je ne m'enfuis pas, je suis mort ». Il sera ramené à la commanderie où il décédera quelques heures plus tard.


Thibaud Gaudin

Août 1291 - 16 avril 1292.
Issu d'une famille noble originaire de Chartres ou de Blois. On ne sait presque rien sur sa vie avant qu'il ne devienne Templier. Les premières mentions de sa personne remonte à 1260, lorsqu'il est fait prisonnier à la suite d'une expédition sur Tibériade. En 1279, il est nommé commandeur de la Terre de Jérusalem, quatrième fonction la plus élevée au sein de l'ordre. En 1291, il côtoie Guillaume de Beaujeu et défend avec lui la ville d'Acre lors du siège de la ville par les troupes d'Al-Ashraf Khalil. Lorsque Guillaume de Beaujeu meurt le 18 mai, il ne reste plus que 500 personnes pour défendre la ville. Pierre de Sevry et lui sont chargés de superviser la défense d'Acre. Ils acceptent une reddition et laisse pénétrer un détachement de cavaliers musulmans dans l'enceinte mais ceux-ci s'en prennent aux femmes, ce qui conduit les deux hommes à repousser les cavaliers hors de la ville. Pierre de Sevry décide de défendre la ville pendant que Thibaud Gaudin gagnera Sidon par la mer avec le trésor du Temple. Il défend alors cette dernière avec ses troupes jusqu'à l'arrivée de l'émir al-Shujâ'i où les habitants fuient la forteresse pour se rendre à Chypre où se trouvent déjà les Hospitaliers. Limassol devient le quartier général des deux ordres. Sidon tombe aux mains des musulmans le 14 juillet. Les autres possessions franques cèdent une à une, et début août, il ne reste plus que deux places aux mains des Templiers. L'ensemble des Templiers se replient sur Chypre et sur l'îlot de Ruad, au sud de Tortose, qui restera en leur possession jusqu'en 1303. Il est désigné Grand Maître de l'Ordre du Temple en octobre 1291 tandis que Jacques de Molay est fait maréchal, succédant à Pierre de Sevry, mort en défendant Acre. Il entreprend une réorganisation des Templiers, mis à mal par leurs défaites successives. Il lui faut également assurer la défense du Royaume de Petite Arménie, encerclé par les Seldjoukides, et de l'île de Chypre, occupée par une multitude de réfugiés. Mais il meurt au cours de l'année suivante à la suite de maladie et laisse inachevé ses projets qui reviennent à son successeur, Jacques de Molay. Il est inhumé en la chapelle des Templiers à Limassol.


Jacques de Molay

Fin 1292 - 19 mars 1314.
Jacques de Molay, né entre 1244 et 1249 à Molay, village de l'actuelle Haute-Saône en Franche-Comté et mort à Paris le 18 mars 1314, fut le 23e et dernier Grand Maître de l'Ordre du Temple. Après avoir combattu en Terre sainte, il est élu à la tête de l’ordre en 1292. À cette date, l'Ordre est en crise après la mort de nombreux frères et dignitaires survenue lors de la chute des dernières positions des États latins d'Orient et de Saint-Jean-d'Acre en mai 1291. La défense de ces lieux saints étant la seule raison d'être des templiers, leur réputation est entachée pour longtemps. Jacques de Molay consacre son magistère à réorganiser l'ordre en Orient et en Occident, puis à préparer la reconquête des lieux saints en négociant des accords secrets avec les Mongols qui envahissent le Proche Orient . Il passera également beaucoup de temps à recréer des alliances avec les Princes en Europe. Jacques de Molay ne s'est pas apperçu que les roues de l'histoire avaient tourné, les Seigneurs d'Occident avaient bien d'autres chats à fouetter que de s'occuper de la reconquéte des Etats Latins . Le temps n'était plus au respect de la parole donée, l'esprit chevaleresque avait quitté ces Seigneurs trop occupés à régler leurs innombrables problèmes liés au quotidien ! En 1302 jacques de Molay refusa une nouvelle fois l'offre du Roi ( fusionner les ordres Hospitatlier Templier Teutonique ) justifiant son refus par l'obeissance au Pape et non au Roi. Les Hospitaliers opportunistes comprirent de suite le danger qu'il pouvait y avoir à s'opposer aux décisions du Roi, ils lui firent allégeance et renièrent l'autorité du Pape . A partir de 1303 le Roi qui s'était déjà fait la main sur les Cathares et les Juifs, décida la mise à mort du Temple, c'est Nogaret qui en fut le chef d'orchestre, déclanchant des campagnes abjectes de calomnies contre les Templiers . Le Roi ne se géna pas non plus pour reprocher aux Templiers encore vivants d'être des lâches, qui n'avaient pas eu le courage de rejoindre leurs frères, morts en héros à Saint-Jean d'Acre pour défendre la Chrétienté !! En 1307, en même temps que tous les autres Templiers, il est arrêté à Paris sur ordre de Philippe le Bel, qui accuse les templiers d'hérésie et de pratiques obscènes. Le pape Clément V fera tout pour le sauver mais malade et sans réels pouvoirs il finira par l'abandonner aux mains de Philippe le Bel. À la suite d'un pseudo procès, Jacques de Molay est exécuté en mars 1314 sur un bûcher dressé sur l'île aux Juifs à Paris. L'emplacement exact du bûcher est situé Square du Vert-Galant, pointe ouest de l’île de la Cité. La fin dramatique de Jacques de Molay a inspiré légendes et fictions tournant en particulier autour de la malédiction qu'il aurait lancée contre Philippe le Bel et Clément V. La plus célèbre est la suite romanesque Les Rois maudits (1955 à 1977), de Maurice Druon, qui prend pour point de départ l'exécution de Jacques de Molay.




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