Ordre des Templiers au XII ème siécle.

La religion Catholique omni présente

L'Eglise joue un role majeur au sein de la société du moyen age. La religion chrétienne est partout présente dans la vie quotidienne : à la naissance a lieu le baptême, on se marie devant Dieu et on doit mourir lavé de tous péchés (on doit se confesser au prêtre). On doit assurer son salut (aller au Paradis) par des bonnes actions ou des pèlerinages (aller à pieds vers des lieux saints comme Jérusalem ou Saint-Jacques de Compostelle en Espagne durant toute sa vie. On craint l'Enfer et le Diable , la délation auprès de l'église est le sport national . Seules les théories générées par l'église ont droit de cité , le reste n'est qu'hérésie ! La succession des fêtes chrétiennes rythme l'année (Noël, Pâques, etc.). Les hommes d'Eglise sont appelés clercs (membres du clergé) : ils doivent être célibataires (ils doivent appartenir corps et âme à Dieu). L'église est un lieu sacré et inviolable qui se situe au centre de tous les villages et sa cloche annonce les semaines et les jours. Les curés dirigent leurs paroisses (ancêtres de nos villes).
Les chevaliers qui décideront de rester en terre sainte pour protéger Jérusalem préteront le meme serment que les hommes d'église c'est pour cette raison qu'ils sont aussi appelés Moines soldats de l'ordre des templiers. La religion est le systéme d'exploitation des peuples au moyen age en Europe ,et, c'est sur ce système que les royautés s'appuyent pour gouverner , ce système d'exploitation deviendra obsoléte au XIX ème siécle et il sera remplacé par les partis politiques .

Pendant 2 siècles les Templiers seront le bras armé de l'Eglise , qui finira néanmoins par les abandonner.

La religion Catholique terrasse les Templiers

Le 13 octobre 1307 , le roi de France Philippe le Bel faisait arrêter les templiers de son royaume, les accusant d’hérésie.
En mars 1312 , le concile de Vienne réuni par le pape Clément V supprimait l’ordre du Temple sans le condamner.
Coupable ou non coupable ? La question semble aujourd’hui tranchée : c’est non.
Mais alors pourquoi ce procès inouï ? C’est du côté du roi et de sa politique religieuse qu’il faut en chercher les raisons. L’affaire du Temple s’inscrit dans le prolongement du violent conflit qui a opposé le roi de France au pape Boniface VII , notamment en 1302-1303 avec l’attentat d’Anagni. C’est le roi de France qui , au mépris de tout droit , a lancé l’affaire du Temple. On suivra ensuite les tentatives obstinées du pape Clément V pour reprendre la main , la résistance des templiers qui , en grand nombre , ont défendu leur ordre.
Et enfin l’échec final de cette résistance , le pape Clément V sacrifiant le Temple pour sauver l’Eglise et la Papauté.





























Devenir Chevalier au XXI ème siècle.

L'intégration à une Commanderie s'opére souvent par parrainage d'un Chevalier , néanmoins l'esprit chevaleresque étant ouvert au monde extérieur, toute personne peut proposer spontanément sa candidature. Les statuts permettent aux femmes, qui sont reçues au même titre et dans les mêmes conditions que les hommes, de devenir TEMPLIERS . Notre monde moderne a intégré l'égalité des sexes depuis plusieurs décennies, l'Ordre n'est donc pas précurseur en ce domaine .
Il vous faudra cependant franchir certaines étapes pour nous rejoindre, car le postulant doit être armé moralement et avoir l'envie de se perfectionner sans cesse. Ceci demande une certaine motivation et un travail sur soi-même. Avant de devenir "Chevalier" il vous faudra chasser le naturel qui revient souvent au galop !! Un Templier, doit etre curieux et avoir envie d'apprendre. Dans un premier temps, vous serez invité à un Chapitre de la Commanderie afin de mieux faire connaissance. Puis, après avoir rencontré le Commandeur , vous aurez une entrevue avec l'un des Chevaliers de la Commanderie. Le but de ces échanges est de nous assurer que notre Ordre correspond bien à vos aspirations.Il est inutile de vous rappeler que le postulant doit etre irréprochable vis à vis de la société et avoir un casier judiciaire vierge , c'est le seul obstacle que l'Ordre érige et ce pour conserver son image d'intégrité .Apres étude rapide et si , notre décision est positive , et , si votre désir est toujours intact, vous serez accueilli comme Sergent – Novice et revêtu de la Robe de Bure, au cours d'une cérémonie rituelle de réception.
Après environ une année durant laquelle vous assisterez à des réunions « d'éveil », ainsi qu'à nos réunions de Chapitres, vous pourrez être élevé au grade d'Écuyer et porter la Chlamyde blanche.
Après une seconde année durant laquelle vous continuerez à assisterez à des réunions « d'essor », ainsi qu'à nos réunions de Chapitres, vous pourrez être armés et adoubés Chevalier Templier et porter alors la cape blanche.
Le temps prévu dans chacun des deux degrés origines n'est pas figé. En effet, le temps est qualitatif, en fonction des besoins et réalisations de chacun. C'est en ce sens que les travaux et études ont pour but de permettre à chaque Frère et Soeur d'accéder à une meilleure prise de conscience du monde qui les entoure et d'eux même. Notre Ordre n'est pas une secte ni un parti politique , il s'évertue à poursuivre le travail accompli par les Templiers . Vous en savez un peu plus maintenant , et si vous étes toujours décidé , remplissez le formulaire ci dessous.

Vous désirez toujours nous rejoindre ?

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Formulaire de Recrutement des Chevaliers de l'ordre templier

Les Croisades (1 et 2)

Première Croisade

La Terre Sainte est depuis le VIIe siècle aux mains des musulmans, disciples du prophète Mahomet. Ces derniers avaient jusque là toléré les pèlerins, en abusant de la situation car ils exigeaient la plupart du temps l'acquittement d'un tribut. Charlemagne obtiendra le droit pour les chrétiens d'aller en pèlerinage à Jérusalem. La situation s'aggrave lorsque les Fatimides (dynastie musulmane qui règne en Afrique du Nord, en Egypte puis au Proche-Orient) prennent la ville sainte en 996. Puis , avec l'arivée des Turcs le Saint Sépulcre est détruit par ces memes turcs musulmans en 1078 cette situation nouvelle bouleverse un équilibre précaire : la destruction du symbole chrétien et les horreurs répétées initialisent l'idée d'une guerre pour aller délivrer Jérusalem.
Face à la gravité de la situation en Terre Sainte, région devenue quasiment inaccessible aux pèlerins, le Pape Urbain II réunit un concile à Clermont en 1095 et invite les chevaliers à aller libérer le tombeau du Christ en leur promettant une place au Paradis .C'est aux cris de " Dieu le veut ! " que la foule répond avec enthousiasme à l'appel du Pape. Les chrétiens sont ainsi appelé à cesser leurs luttes fratricides entre eux et leurs actes de brigandage pour s'unir et combattre les païens d'Orient : le fait de mettre l'ardeur belliqueuse des chevaliers au service de la foi et non en vaines guerres privées va avoir un effet bénéfique en Occident.
deux expéditions distinctes s'organisent donc pour mener cette 1ère croisade en 1096 :

1) la croisade des pauvres
composée de 15000 paysans, femmes et enfants sous la direction de Pierre l'Ermite : exaltés par des prédicateurs itinérants ou subjugués par des ermites fanatiques, ils quittent tout en faisant leur baluchon. Libres de toute attache, ils répondent à l'appel de la croisade avec plus de ferveur que les autres classes sociales. Sensibles aux récompenses célestes promises, ils cousent sur leurs vêtements une croix en tissu, d'où leur nom de " croisés " qui leur sera attribué. Mal armés, indisciplinés, rapidement malades et affamés, ils traversent l'Europe en massacrant les juifs et en pillant pour se nourrir. Difficilement parvenus jusqu'à Constantinople, les 10000 rescapés passent en Anatolie (Turquie) où ils sont intégralement anéantis par les Turcs. L'Eglise retient la leçon et n'incitera par la suite que les hommes aptes au combat à prendre part aux croisades suivantes (la "croisade des enfants" en 1212, durant laquelle ils seront soit massacrés, soit tomberont en esclavage, est une exception).

2) la croisade des chevaliers
Cette 2ème expédition qui débute également en 1096 comprend 4 armées féodales, soit 4500 chevaliers bien armés et 30000 fantassins :
La 1ère sous la direction de Godefroi de Bouillon accompagné de son frère Baudoin (futur roi de Jérusalem) est composée de français du nord et de lorrains,
La 2ème compte essentiellement des français du centre et est dirigée par Hugues de Vermandois, frère du roi de France Philippe 1er (le roi ne peut y participer car il a été excommunié),
La 3ème part du Midi sous les ordres du comte de Toulouse, Raymond IV de St Gilles, accompagné par le légat du Pape,
La 4ème part d'Italie sous le commandement du prince normand Bohémond.
Ces armées se rejoignent à Constantinople, capitale de l'empire byzantin (et future Istanbul), avant de pénétrer dans le monde musulman en traversant le détroit du Bosphore.
La ville de Nicée est délivrée en 1097. Le comté d'Edesse est sous contrôle et devient le 1er état latin d'Orient. La place forte d'Antioche est prise par les croisés en 1098 après un siège de 7 mois, coûtant de nombreuses pertes autant par la peste que par les armes.
Enfin les croisés arrivent en 1099 au pied de Jérusalem : la ville est prise le 15 juillet 1099 après 5 semaines de siège. Exaspérés par tant de résistance et pour purifier la ville de siècles de présence impie,
les croisés se livrent à un véritable carnage sur ses habitants.
Des milliers de musulmans seront ainsi massacrés dans la mosquée Al Aqsa, à proximité du Saint Sépulcre.

Cette 1ère croisade va donner naissance à 4 principautés chrétiennes en Terre Sainte créée sur le modèle féodal de l'Europe Occidentale.
Les 4 Etats Latins d'Orient sont du nord au sud :
le Comté d'Edesse,
la principauté d'Antioche,
le Comté de Tripoli,
le royaume de Jérusalem, confié à Godefroy de Bouillon, qui s'étend des montagnes du Liban au désert du Sinaï.
histoire de Godefroy de Bouillon & Baudouin 1er.

Deuxième Croisade

Profitant des rivalités au sein du royaume de Jérusalem, les turcs envahissent le comté d'Edesse en 1144 en massacrant de nombreux chrétiens. A la demande de Louis VII et sur les conseils de Saint Bernard, le pape Eugène III prêche cette 2ème croisade en 1145 ou 1146. Cette dernière ne rencontre pas l'enthousiasme de la 1ère croisade. C'est accompagné de sa femme Aliénor d'Aquitaine et de l'empereur d'Allemagne Conrad III que Louis VII se coalise. Après avoir longé le Danube, les armées française et allemande, fortes d'environ 50000 hommes, se rejoignent à Constantinople (ex Byzance, future Istanbul) et l'expédition est un échec total pour diverses raisons :
la discorde entre le clan français et allemand,
la perfidie des byzantins qui nuisent plus aux chrétiens qu'ils ne les aident,
l'inexpérience de Louis VII qui se montre plus velléitaire que jamais.
Après un cuisant échec devant Damas (le siège de la ville ne durera que 4 jours !), Louis VII décide de rentrer en France : son prestige est fortement entamé mais l'excellente régence de Suger a su conserver au royaume sa puissance. Après le départ des croisés, le prince d'Antioche Raymond de Poitiers va tenter avec 400 chevaliers et 1000 fantassins de prendre sa revanche : tous ses soldats seront massacrés et sa tête sera envoyée momifiée au calife de Bagdad !

Les Croisades 3 4 5 6

3 ème Croisade

Le sultan Saladin, maître musulman d'Egypte, a repris Jérusalem en 1187 : les 3 grands souverains d'Occident ne peuvent pas se soustraire à cette nouvelle croisade car les chrétiens n'ont plus la possibilité de visiter le Saint Sépulcre.
Les rois Philippe Auguste, Richard Coeur de Lion et l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse rassemblent leurs contingents à Vézelay en 1190 et font le "votum crusis" (voeu de croisade). Pour la 1ère fois, les armées française et anglaise arrivent par la mer : la route de terre des croisades, longue, pénible et périlleuse du fait de la traversée de l'Asie Mineure (Turquie actuelle), est alors définitivement abandonnée.
Le royaume de Chypre est développé pour former une base arrière aux croisés et ouvrir ainsi la voie maritime vers la Terre Sainte.
La mésentente entre les souverains ne tarde pas à être préjudiciable à l'efficacité de l'expédition : seule la ville de Saint-Jean-d'Acre est reprise en 1191 au terme d'un siège de 2 ans.
Prétextant une maladie, Philippe Auguste rentre en France en 1191 pour continuer sa guerre d'influence contre les anglais en exploitant les tensions entre Jean sans Terre et Richard Coeur de Lion qui est resté en Terre Sainte.
Ce dernier, inquiet de la collusion entre Philippe Auguste et Jean sans Terre, décide de rentrer 14 mois plus tard sans parvenir à reprendre la Ville Sainte : il négocie en 1192 avec Saladin au titre du traité de Jaffa :
-la reconnaissance des conquêtes des croisés, soit une mince bande côtière entre Tyr et Jaffa,
-la liberté de pèlerinage sur les Lieux Saints pour les chrétiens.
Victime d'un naufrage sur la route du retour, il est fait prisonnier par l'empereur d'Autriche qui le livre à l'empereur d'Allemagne, soudoyé par le roi de France : Philippe Auguste est donc soulagé par l'absence de son rival et obtient de Jean sans Terre la rétrocession de la Normandie et d'autres territoires.

4 ème Croisade

Prêchée par le Pape Innocent III en 1198, cette croisade était l'occasion d'exploiter la mort de Saladin et les guerres fratricides entre ses 17 enfants ! Elle avait pour objectif la prise de l'Egypte, centre de la puissance de Saladin et de ses héritiers.
Un mauvais début ...
Les croisés se font abuser par Venise : en échange de la mise à disposition d'une flotte pour permettre aux croisés de suivre la voie maritime vers la Terre Sainte, les dignitaires de la ville exigeront en plus d'une importante somme d'argent l'appui des croisés pour le siège d'une ville convoitée (Zara, ville dalmate occupée par le roi de Hongrie).
Une fois la ville restituée aux vénitiens, les croisés se font une nouvelle fois abuser et partent contre l'avis du Pape rétablir la ville de Constantinople à son empereur déchu qui leur promet un appui pour la croisade. La ville est prise en 1203 mais l'hostilité de la population à l'égard de l'empereur et la non tenue des engagements de ce dernier incitent les croisés à piller la ville en 1204. Cette croisade est donc un échec total : aucune tentative de reprise de la Terre Sainte n'a eu lieu ! Cette frustration incitera le Pape Innocent III à prêcher la croisade contre les cathares en 1209, dont l'hérésie est considérée comme la gangrène de la chrétienté occidentale responsable de l'échec de la 4ème croisade.

5 ème Croisade

Egalement prêchée par le Pape Innocent III (il meurt pendant son voyage de prêche en Italie), elle est précédée par la croisade des enfants en 1212, qui échouera misérablement. Après une expédition infructueuse des rois de Chypre et de Hongrie, le roi de Jérusalem Jean de Brienne tente d'envahir l'Egypte dont le sultan contrôlait la Terre Sainte : il réussit à prendre Damiette en 1219 avec l'aide précieuse des chevaliers templiers. Trois années plus tard, l'armée occidentale progressant sur le chemin du Caire, se fait surprendre par une crue du Nil et doit capituler : les musulmans leur imposent de libérer Damiette en échange de la possibilité de reprendre la mer sans être inquiété.

6 ème Croisade

Prêchée par le Pape Grégoire IX, elle est confiée à Frédéric II Hohenstaufen, empereur d'Allemagne et roi de Jérusalem. Retardant son départ pour cette croisade en prétextant une maladie, le Pape excommunie Frédéric II : ce dernier arrive en Terre Sainte en 1228 avec seulement 3000 soldats et parvient au bout de 5 mois de négociation à conclure avec le sultan d'Egypte Al-Kâmil le traité de Jaffa : Jérusalem est rendue au royaume latin ainsi que Nazareth, Bethléem et le territoire de Lydda et Ramala, dans la Ville sainte qui reste ville ouverte, les musulmans conservent l'emplacement du temple avec les mosquées d'Omar et Al-Aqsâ, tandis que les chrétiens reprennent le Saint-Sépulcre. Cet accord diplomatique entre l'empereur et le sultan sauve provisoirement la face des chrétiens et étonne toute l'Europe : un succès sans une goutte de sang !
Mais des conflits entre Musulmans, non satisfaits d'avoir perdu Jérusalem, vont ruiner le traité dès 1244.

Les Croisades 7 et 8

7 ème Croisade

En 1248, la Terre Sainte est reprise par les infidèles : le sultan d'Egypte a repris Jérusalem qui avait été restituée aux occidentaux suite aux négociations de la 6ème croisade, et a massacré l'armée franque. Louis IX entreprend donc une expédition au cœur de l'Egypte afin d'attaquer les sarrasins au cœur de leur puissance, espérant forcer le sultan à céder Jérusalem.
Cependant l'ardeur religieuse est moindre, Louis IX est obligé de forcer un certain nombre de ses proches à prendre la croix avec lui. Il part avec sa femme Marguerite de Provence et ses deux frères, Robert d'Artois et Charles d'Anjou. Le roi embarque à Aigues-Mortes, un port royal en construction qui permettra à la France d'avoir un débouché sur la Méditerranée.
Après une escale à Chypre, les croisés s'emparent de la ville de Damiette, puis se préparent à marcher sur Le Caire où résidait le sultan. Elle ne parvient pas à son but, car elle fut assaillie en route par les sarrasins et taillée en pièces à Mansourah. Le frère du roi, Robert d'Artois est tué avec bon nombre de ses chevaliers, le roi et le reste de l'armée furent faits prisonniers. Après négociation, Louis IX est libéré contre une énorme rançon de 400 000 livres (payée partiellement par les Templiers). Saint Louis passa encore quatre années en Terre sainte, aidant les principautés franques à réorganiser leur système de défense.
Les renforts sur lesquels il comptait ne venant pas, il finit par rentrer en France, en 1254. C'est également la mort de sa mère, Blanche de Castille, qui assurait la régence, qui va décider Louis à rentrer après six années d'absence.
Malgré l'échec de la croisade, Saint Louis gagna le respect et la considération du pape.

8 ème Croisade

L'échec de la septième croisade, que Saint Louis interpréta comme une punition divine l'affecta beaucoup. Pourtant au XIIIe siècle, l'Europe n'est plus, comme au XIIème siècle, mobilisée contre les infidèles. Comme le disait le poète Rutebeuf : "On peut bien gagner Dieu sans bouger de son pays, en vivant de son héritage. Je ne fais de tort à personne. Si je pars, que deviendront ma femme et mes enfants ? Il sera temps de se battre quand le sultan viendra par ici. "
Le danger représenté par les musulmans était devenu moins pressant : déjà expulsés de Sicile, ils étaient méthodiquement refoulés de la péninsule Ibérique. Bien que le tombeau du Christ fût à nouveau sous le contrôle de l'islam, la ferveur religieuse était retombée, de même que s'était dissipé l'espoir d'une colonisation facile et d'une fortune rapide qui nourrissait les rêves des petits seigneurs.
De ce point de vue, Saint Louis n'était pas en accord avec son temps : les bourgeoisies marchandes avaient compris qu'on ne pourrait déloger ni contenir l'islam, mieux valait s'accommoder de son existence et entretenir des relations avec lui. L'état de la Syrie va chaque jour en empirant. Les guerres intestines entre les princes latins continuent comme par le passé les colonies commerciales de Venise, de Gênes et de Pise se font une guerre ouverte, qui, commencée en 1258, se prolonge jusqu'en 1270, pour reprendre avec une nouvelle fureur en 1282. Gênes, vaincue par sa rivale, en arrive à s'allier avec l'empereur grec, Michel Paléologue, contre les Latins de Byzance (1264) et contribue ainsi pour sa part à la chute de la domination occidentale sur le Bosphore (1261). Longtemps ces discordes, tout en affaiblissant le royaume de Jérusalem, n'ont pas de conséquences trop funestes. Les musulmans d'Égypte et de Syrie se font eux-mêmes la guerre et ont à repousser les attaques des Mongols. Ceux-ci, sous Houlagou, détruisent le califat de Bagdad (1258), s'emparent Alep et de Damas (1259). Les princes chrétiens s'allient à eux, mais cette alliance allait se transformer en une guerre ouverte, quand Houlagou est rappelé dans l'Asie centrale par la mort du grand khan. C'est alors que les musulmans rentrent en scène après une longue série de révolutions, un émir, Qothoz, s'installe en Égypte, envahit la Syrie, bat les Mongols à Emesse près de l'Oronte il est tué par Bibars, mais celui-ci, prince astucieux et cruel, musulman fanatique, soumet toute la Syrie musulmane, et nouveau Salah-eddin, se donne pour tâche la destruction des anciens établissements chrétiens. La papauté elle-même, tout occupée à poursuivre l'extermination de la dynastie des Hohenstaufen, se montre indifférente au retour en force des musulmans. Seul, Louis IX, qui n'a jamais perdu l'espoir de tenter une nouvelle croisade, s'efforce par des envois d'argent et de soldats de soutenir le courage des chrétiens d'Orient. Dès 1261, il invite sa noblesse à prendre la croix il la prend lui-même en 1267, avec ses fils et bon nombre de grands barons mais beaucoup de seigneurs, et parmi eux le fidèle Joinville, refusent de suivre cet exemple. Le roi et son frère Alfonse de Poitiers rassemblent tout l'argent qu'ils peuvent et négocient avec Venise et Gênes pour avoir des vaisseaux. Dès février 1268, saint Louis fixe son départ au printemps de 1270.
Après une première campagne de reconnaissance en 1263, Bibars en 1264 avait battu les Mongols et leurs alliés les Arméniens, puis, dès 1265, il s'attaque aux villes chrétiennes de la côte : Césarée succombe, puis Arsouf défendue par les hospitaliers en 1266 il prend Safed, forteresse des Templiers, et détruit près de Tibériade une petite armée de Chypriotes. En 1267 et 1268, il attaque Joppé, prend Beaufort, place du Temple, enfin le 27 mai 1268, Antioche succombe et la Syrie du Nord est à tout jamais perdue pour les chrétiens. Saint Louis cependant se dispose au départ. Il compte sur l'appui de Jacques d'Aragon, mais la flotte de ce prince est dispersée par une tempête (septembre 1269) lui-même revient à Barcelone et seuls quelques Espagnols peuvent atteindre la Syrie. Il compte aussi sur Édouard, prince d'Angleterre, mais celui-ci arrivera trop tard, en somme, il ne trouve de secours en dehors de la France qu'en Frise, d'où quelques milliers de braves gens viendront joindre la flotte française sous Tunis. Car c'est à Tunis que saint Louis veut aller. Il s'est laissé séduire par son frère l'artificieux Charles d'Anjou, qui veut punir l'émir de cette ville, allié de Manfred, et l'obliger à payer tribut on fait croire à saint Louis qu'il ne rencontrera aucune résistance, que l'émir désire se faire chrétien. La flotte met à la voile le 1er juillet 1270 le 8, elle atteint Cagliari en Sardaigne le 16, et jette l'ancre devant Tunis le port était sans défense, l'armée s'installe définitivement sur les ruines de Carthage. Une attaque un peu hardie eût livré Tunis mais saint Louis voulait attendre Charles d'Anjou. Cependant l'épidémie s'est mise dans l'armée l'une des premières victimes est un fils du roi, Jean Tristan, comte de Nevers, qui né en Afrique en 1249 revenait y mourir à l'âge de vingt ans. Quelques jours après le roi tombe malade à son tour et expire le 25 août. L'expédition était dès lors compromise. Charles d'Anjou, qui arrive le jour même de la mort de son frère, ne cherche qu'à la faire tourner à son profit il défait les Sarrasins en plusieurs rencontres et impose à l'émir de Tunis un traité avantageux pour le royaume de Sicile (octobre-novembre 1270). Le bruit courut qu'il avait été acheté ce n'était qu'un bruit sans consistance, mais à vrai dire seul le comte d'Anjou retirait de la croisade un avantage quelconque. Les Français regagnent enfin la Sicile là les Frisons les quittent et se dirigent vers l'Orient. Philippe le Hardi et son oncle se mettent en route pour la France. Au début d'octobre, Édouard, prince d'Angleterre, avait rejoint l'armée française devant Tunis il avait pris la croix dès 1266 et reçu de saint Louis (Louis IX) de fortes avances pour subvenir aux frais de l'expédition. L'honneur lui commandait de tenter quelque chose. Après avoir passé l'hiver à la cour de Naples, il met à la voile au printemps de 1271 et atteint Acre au mois de mai mais tous ses exploits se bornent à quelques razzias sur les troupeaux des bergers turcs, et il ne peut empêcher les chrétiens de Syrie de conclure en 1272 une paix de onze ans avec Bibars, heureux de s'assurer ainsi les moyens de vaincre les Mongols. Quelques semaines plus tard Édouard repartait pour l'Europe. L'échec de la croisade avait rendu toute son activité au sultan Bibars. Au commencement de l'an 1271, il assiège et prend la fameuse citadelle des hospitaliers, le Krak, dont les ruines subsistent encore aujourd'hui un peu après il attaque Montfort, place des Chevaliers teutoniques mais il échoue dans une expédition navale contre Chypre et accorde à ses ennemis la trêve plus haut mentionnée. Cette trêve est du reste rompue dès l'an 1275 par Bibars lui même, qui profite de la minorité du prince Bohémond VIl pour soumettre la principauté de Tripoli à un tribut annuel de 20 000 besants. La nécessité de combattre les Mongols l'oblige à remettre à plus tard ses projets contre les derniers établissements chrétiens, et il meurt à Damas le 19 juin 1277. Depuis Salah-eddin, aucun prince musulman n'avait porté de coups plus terribles à la puissance franque en Syrie.
Cependant la papauté n'a pas renoncé à ses projets. Au concile de Lyon, réuni en 1274 par Grégoire X, on s'occupe de la réunion des deux Églises et du secours de la Terre sainte le pape fait alliance avec les princes mongols, ordonne de prêcher la croisade et décide la plupart des souverains d Europe à prendre la croix. Mais aucun ne se résout à partir à Grégoire X succèdent des papes moins ardents, dont plusieurs ne règnent que quelques mois, et les meilleurs consacrent toute leur influence à venger les Vêpres siciliennes et à combattre la maison d'Aragon. Aussi les chrétiens d'Orient, laissés sans secours, ne peuvent-ils profiter des guerres civiles entre musulmans qui suivent la mort de Bibars, et un émir, Qelaoun, peut établir sa domination tant en Égypte qu'en Syrie, sans avoir à refouler leurs attaques (1270-1280). L'année suivante, il écrase entièrement les Mongols à Hims, et reprend la guerre sainte contre ses ennemis de l'Ouest. Ceux-ci, toujours incorrigibles, usent leurs dernières forces dans des luttes criminelles on se dispute ardemment les malheureux débris de l'ancien royaume de Jérusalem, et ce n'est qu'après de longues années de résistance qu'Acre reconnaît enfin l'autorité du roi de Chypre, Henri II (1286). Les musulmans, cependant, ont accordé des trêves aux différents partis, mais en 1285, ils rentrent en campagne, et Qelaoun entreprend la réduction des dernières places chrétiennes. Markab et Laodicéesuccombent; en mars 1289, il paraît devant Tripoli la ville est prise après un mois de résistance et les habitants sont massacrés. La chute d'Acre semblait imminente mais une trêve de deux ans, mal observée d'ailleurs des deux côtés, la retarde encore un instant. Enfin, en 1290, le sultan se décide à en finir et prépare tout pour une action décisive mais il meurt le 10 novembre, sans avoir vu sa victoire. Son fils, Almelik-Alachraf, prend le commandement de l'armée et marche contre Acre. Les chrétiens ont réuni leurs dernières forces, au plus 20000 combattants, et ils ont résolu de défendre jusqu'à la mort ce dernier boulevard de leur puissance (mars 1291). Mais si beaucoup font leur devoir jusqu'à la fin et périssent les armes à la main, d'autres donnent le signal de la fuite le chef du contingent français, Jean de Gresly et le roi de Chypre quittent la Palestine on envoie à Chypre la majeure partie des bouches inutiles, mais les vaisseaux manquaient, et quand le 18 mai l'ennemi, qu'excitent les prédications des derviches, pénètre dans la place, quantité de femmes et d'enfants restent encore exposés à la fureur des hordes égyptiennes. Le sac d'Acre, à en croire les témoins oculaires, dépassa en horreur tout ce qu'on avait vu jusqu'alors, et les Turcs y donnèrent librement carrière à tous leurs instincts brutaux. La domination chrétienne était à jamais ruinée en Syrie, et ce malheureux pays perdait pour toujours la prospérité dont il avait joui pendant de longues années. Les dernières places tenues par les Occidentaux, Tortose, Beyrouth, Tyr, sont évacuées sans résistance.