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Templiers - Commanderie Geoffroy de Saint-Omer

         



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Saint-Omer en l'an mil

Chacun connaît l’Ordre du Temple, cet ordre chevaleresque, dont on parle toujours, chez nous ou à l’autre bout de la planète, de ces chevaliers au blanc manteau qui se battaient pour défendre les pauvres pèlerins en route vers Jérusalem. Ils ont été le symbole de la pureté de cœur, de la bravoure, de l’humilité. La ville de Saint-Omer comptait dans ses enfants un des deux fondateurs de l’Ordre du Temple, et, chose incroyable personne n'en parle jamais! Saint-Omer a d’autres liens avec l’Ordre du Temple, sans pour autant comprendre pourquoi ils sont restés dans l’ombre si longtemps. Tout le monde connaît Suger, il y a une place à son nom, du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait ? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin. Quant à geoffroy, fils du Seigneur de Saint-Omer, fondateur de l’ordre du Temple, rien, pas une place, pas une rue, pas une impasse. Pas une seule trace dans les documents touristiques de la ville. A croire qu’il ait été maudit, et que cette malédiction dure encore ! Et c’est la même chose pour le neveu de Geoffroy Hoston de Saint-Omer, qui fut un grand dignitaire de l’Ordre du Temple. Ces trois hommes furent liés par un quatrième personnage, peut-être le plus illustre, Bernard de Clairvaux, autrement dit Saint Bernard. Geoffroy et Suger l’ont rencontré, et leur rencontre avec cet homme que certains historiens désignent comme le plus influent de l’occident médiéval a été déterminante pour le reste de leur vie.

Naissance de la ville de Saint-omer

Il semble que le nom de Saint-Omer adopté pour la ville en remplacement de celui de Sithiu soit intervenu entre les années 1000 et 1052. En effet, après 1052 ( date à laquelle les reliques de saint Omer furent déposées dans l'église Notre Dame ) tous les documents portent le nom de Saint-Omer pour désigner la ville. L’histoire de Saint-Omer, comme beaucoup d'autres villes est liée à celle d'une abbaye : en l'occurence celle de Saint-Bertin.
Saint-Omer s’est ainsi développé dans le giron de l’abbaye bénédictine de Saint-Bertin. Situé sur une butte peu élevée, cernée par les marais, ce site de Saint-Omer n'était pas promis à un grand avenir.
L'historien "Arthur Giry" qualifie le site « d’îlot au milieu des terrains marécageux du pays des Morins ». Certes la vie végétale et animale y était présente dans ces marais comme dans tous les marais, mais la circulation y était très difficile. Des chemins de terre servent le transport local mais pas de grandes routes, au contraire de la riche clairière Arrageoise. Le seul atout de ce site pour la naissance d'une ville était son isolement car entouré de marais ( Zutbroucq, Ost et Nord broucq et West broucq ). Seul le sud-ouest de ce site était relié à la terre ferme, c'est lui qui sera aménagé pour la défense de l'ilot. De plus la présence de l’Aa permettait à la future cité audomaroise d'envisager une destinée maritime. Cette région, boisée à 80% serait donc aménagée, même si le réseau routier ne comprenait que des routes impériales traversant le pays sans desservir la future ville. Dans un premier temps, Thérouanne, non loin sera un avantage pour fonder Saint-Omer, puis comme toujours cet avantage deviendra inconvénient, car les deux villes se disputeront le leadership .
C'est à Thérouanne que Dagobert, en 630, décide de restaurer l’évêché et en donne le siège à Audomar. Pour l'historien "Alain Derville", le manque de romanisation de la région a favorisé sa germanisation. C’est pour cette raison que Audomar, se heurtant à la barrière de la langue, envoie Bertin, Mommelin et Ebertram convertir la région au christianisme. C’est ainsi que les trois moines fondent en 651 un monastère sur un lieu nommé Sithiu qui leur fut offert par un noble du nom d’Aldroald. Ce site, doté en plus d’un important domaine foncier, voit donc l’entrée dans l’histoire de l’abbaye de Saint-Bertin dont l’expansion et le pouvoir d’attraction ont donné plus tard naissance à la ville de Saint-Omer.
Une abbaye ( du latin abbatia, dérivé de l'araméen abba qui signifie « père » ) est un monastère catholique placé sous la direction d'un abbé (ou d'une abbesse) qui sert de père spirituel à la communauté religieuse, composée de moines ou de moniales. L'abbaye est un lieu de clôture monastique, réservé aux moines ou moniales, lesquels n'ont que peu de contacts avec l'extérieur. Le nombre de moines est souvent limité par les ressources de l’abbaye. L’abbaye dispose d’une personnalité civile qui se traduit par l’unité juridique du monastère ce qui lui permet d’être sujet de droits, de posséder un patrimoine, un sceau, d’agir en justice et de conclure des actes juridiques. Pour remplir ses fonctions, l’abbaye dispose de trois éléments de puissance : la richesse, l’autorité et le prestige. L’abbaye de Saint-Bertin obéit à la règle bénédictine. La règle de Saint Benoît, élaborée au Mont Cassin en 534, est conçue à ses débuts comme le règlement d’une spiritualité et de l’organisation interne d’un établissement unique formé par un groupe bien défini. Saint Benoît n’avait pas l’idée de constituer un ordre. La règle s’applique à une communauté de laïcs qui veulent imiter le Christ et accomplir leur salut en suivant les règles élémentaires de la vie chrétienne. C’est un monachisme de forme cénobitique où les membres, formant un groupe uni, s’entraident charitablement. La vie des moines est rythmée par la place primordiale qu’occupe l’office divin (mâtines, psaumes, laudes, tierce et sexte). L’abbé est le père et le chef de la communauté mais c’est la communauté qui fonde le monastère. L’abbé est nommé par la communauté qui par ce fait scelle son union. Les moines, à leur entrée, font voeux de stabilité, de conversion de moeurs et d’obéissance. Les moines s’adonnent ainsi à la gestion et l’entretien du monastère en plus d’un travail intellectuel de haute qualité. Les moines se lancent dans une grande entreprise de défrichement et d’assèchement des marais afin de pouvoir faire prospérer l’abbaye. Les possessions de celle-ci ne cessent de croître et l’abbaye obtient des souverains francs divers privilèges. Au milieu du IX ème siècle l’abbaye possède environ 50 villages soit environ 50000 hectares souvent dans la campagne de Saint-Omer et obtenus par achats ou donations. Pendant deux siècles il n’y a qu’une abbaye sur le site de Sithiu. Le monastère finit par devenir un monastère double comprenant des moines et des chanoines en 820 suite à la volonté de l’abbé Fridugise, étranger au monastère et nommé par Louis le Pieux. Il garde 60 moines dans ce qui devient le monastère d’en-bas, c'est-à-dire l’abbaye, et il en désigne 30 pour servir comme chanoines dans le monastère d’en-haut qui devient le futur chapitre de Saint-Omer. La décision de Frigudise scelle le sort des relations entre les deux monastères qui à l’avenir seront plus souvent ennemis qu’alliés. L'historien Arthur Giry affirme que dès lors, « l’histoire de l’abbaye est entrée dans une nouvelle phase » . Un événement a son importance dans ce que va devenir Saint-Omer dans les années qui suivent : il s’agit des incursions normandes dans la deuxième moitié du IX ème siècle. L’abbaye se fortifie et sert d’asile pour les habitants durant les raids normands. Le site s’entoure peu à peu de murailles, notamment les deux églises, un château voit le jour et les habitants se trouvent des intérêts communs, prémices d’une future communauté d’habitants ? Cependant rien ne laisse présager la naissance d’une ville car, bien qu’elle ne fut ni fermée ni étrangère aux circuits d’échanges, l’abbaye pratique plutôt une économie visant à vivre en autarcie. Elle gère ainsi son importante fortune foncière et le nombre grandissant de ses domestiques. Néanmoins, comme Sithiu abritait les corps de Saint Omer et Saint Bertin nombreux furent les pèlerins à venir se recueillir sur leurs tombes. Le caractère « sacré » de la cité devenait indéniable.
En plus des incursions Normandes et Vikings, une autre péripétie de l’histoire a favorisé l’éclosion de la ville de Saint-Omer. Sithiu tombe aux mains des comtes de Flandre et les abbés du monastère deviennent des laïcs suite aux troubles occasionnés par la chute du monde Carolingien et les raids normands. C’est en 892 que Baudouin II obtient du roi les terres de Sithiu après avoir fait assassiner l’abbé légitime du monastère : Foulques, archevêque de Reims. Les comtes de Flandre deviennent ainsi les abbés laïcs du monastère et accaparent ses richesses florissantes. Cette période fut ressentie par les chroniqueurs de Saint-Bertin comme une période d’usurpation et de spoliation de la part des comtes : « le comte enleva à l’église plus qu’il ne lui donna ». Les comtes se sont ainsi transmis l’abbaye pendant des années par hérédité. Une des préoccupations des souverains comtaux fut de maintenir la discipline, là où les moines n’ont cessé de montrer leur mécontentement. Le comte Arnould finit même dans les années 930 par chasser les anciens moines pour les remplacer par des moines plus dévoués à sa cause mais il rend à l’abbaye son abbé. Il nomme Gérard de Brogne à la direction de Saint-Bertin mais celui-ci et ses successeurs deviennent abbé grâce au consentement des comtes. C’est sous le principat d’Arnould que l’abbaye se voit rendre le village d’Arques qui fut, nous le verrons plus tard, le lieu de divers conflits. La situation prend fin en 1056 lorsque le comte Baudouin de Lille rend à l’abbaye son autorité. Seulement, celle-ci est restreinte à son enclos et le reste de la ville reste soumis aux comtes de Flandre. Ainsi prend fin la domination des comtes de Flandre et l’abbaye retrouve sa splendeur. Lentement, la vie est venue se greffer autour de l’abbaye et un foyer d’habitants voit le jour. Les dépendants disposent d’un moulin pour moudre leurs grains et les autorités instaurent un marché local vers 873 car la mainmise des comtes ne peut plus se contenter d’échanges internes. Avec le déclin de Thérouanne, le marché de Saint-Omer devient le plus grand marché régional. Un faubourg s’installe autour du château appartenant à un officier Comtal. La présence de ces différents consommateurs favorise la venue d’artisans pour pallier à leurs besoins. Pour D. Clauzel et H. Platelle, l’origine de la ville se situe donc dans ce château et ce marché, sentiment partagé par Derville qui affirme que vers 900 Saint-Omer se définit comme toutes les villes flamandes : « un château flanqué d’un marché ». De plus, les comtes ont favorisé les migrations vers Saint-Omer pour renforcer la défense du lieu en leur octroyant quelques privilèges tels que la possession de terres. Tout ceci a fait que vers l'an 900, Saint-Omer peut compter une centaine d’habitants et sa population continue de croître dans les années et siècles suivants.
Ci dessous la maquette de la ville de Saint-Omer établie en 1758. Cette maquette est l'oeuvre de Larcher d’Aubencourt (Jean-Baptiste), ingénieur et de Gengembre (Jean-Philippe) .

plan de Saint-omer en 1758

Source : THOREL FLORENT Master de Recherche années 2007-2008 Histoire Médiévale UNIVERSITE D’ARTOIS.
Téléchargez l'ouvrage : Les enjeux des conflits entre l’abbaye de Saint-Bertin et l’échevinage de Saint-Omer sous Charles VI




Saint-Omer ville en pleine expansion en l'an 1000

Sur le schéma ci-dessous nous avons tracé les fortifications en pierres de taille de la ville à la fin du XI ème siècle. En 1127 les archives diocésaines nous indiquent que l'église du saint sépulcre était existante, son édification fut entreprise pour abriter des reliques du Saint Sépulcre de Jérusalem ramenées par Guillaume 1er à son retour de croisade en l'an 1100. Cette église est d'ailleurs à proximité du chateau de Guillaume 1er. Enceinte de la ville  de Saint-Omer au  XI ème siècle

 

Emprise de l’édifice castral sur la motte.

emprise de l’édifice castral sur la motte  de Saint-Omer

 

Restitution de l’emprise du château Comtal, place de l’Esplanade.

Place de l’Esplanade. Restitution de l’emprise du château comtal de Saint-Omer

 

Topographie de la motte castrale, de la cathédrale et du château.

Topographie de l’emprise de la motte castrale

 

Château du IX ème siècle de Saint-Omer construit à l'emplacement du complexe cinématographique actuel "Ociné".

 

Château du IX ème siècle de Saint-Omer construit à l'emplacement du complexe cinématographique actuel "Ociné".

 

Ci dessous, les nombreuses caves du chateau de Saint-Omer furent rebouchées en 2005 afin de construire le nouveau complexe cinématographique "OCiné" .

 

Ci dessous, tous les souterrains au départ du chateau de Saint-Omer furent murés puis les caves comblées en 2005 pour construire le nouveau complexe cinématographique "OCiné".

 

Lors de la troisième invasion par les Vikings en l'an 891 le seigneur de Saint-Omer décida d'édifier une fortification en pierre autour de Sithiu. Sa construction qui débuta en l'an 902, fut achevée en l'an 1050. C'est l'abbaye de Saint-Bertin qui fut la première complètement fortifiée dès la fin du IX ème siècle, l'abbaye haute (cathédrale) et le château le seront au milieu du X ème siècle. La ceinture complète de la ville sera achevée un siècle et demi plus tard .

Saint-omer remparts

 

Entre les années 900 et 1350, la ville de Saint-Omer connut une prodigieuse croissance, comparable à l’essor de l’Ordre du Temple, pendant la même période, ordre qui devait disparaître officiellement en 1307. En 900, la ville ne comptait que quelques centaines d'habitants, plus de mille un siècle plus tard, dix mille en 1200, période qui nous intéresse, et qui voit la croissance de l’Ordre, et plus de trente cinq mille en 1300, siècle de la persécution des templiers.
En 1300, on dénombrait en effet 2 700 maisons pour la paroisse Sainte Marguerite, 425 pour Saint Jean, 400 pour Saint Martin, alors que le bas métier comptait 10 000 feux, ce que confirment des documents de 1338. A cette époque, Saint-Omer ne comptait ni couvent, ni hôpital. Pas de collège ou de caserne, mais elle était formée d'innombrables maisoncelles dont certaines faisaient moins de 7 pieds de façade, et de populeux faubourgs (haut-pont, Fresque Pissonerie, Ysel dans le marais, Saint Martin au Laert, Sainte Croix, Saint Michel, et les Madeleines dans les terres fermes). Mais comment pouvait-on vivre dans une ville plus petite mais plus peuplée qu’à notre époque moderne, alors que les maisons de plus de un étage n’existaient pas ? Tout simplement : tout était habité. On louait les caves, les greniers, on s’entassait à 8, 10 personnes dans une pièce, avec tous les inconvénients que cela pouvait comporter. C’était déjà l’époque des « courées », et on en trouve encore quelques traces aujourd’hui dans les vieux quartiers.
A cette époque les villes étaient confrontées à d’immenses problèmes d'acheminement des vivres, d’eau potable, de combustibles. Les incendies étaient fréquents, de plus les eaux usées et les résidus urbains étaient épandus sur les champs voisins. Ce mode de fonctionnement générait des maladies infectieuses récurrentes, et la mortalité infantile était importante. Comme si cela ne suffisait pas, des hordes barbares pillaient et saccageaient les villes. Les guerres entre seigneurs rivaux étaient également monaie courante, et encore une fois ce sont les serfs et les vilains qui en étaient victimes !
Pour sécuriser la ville de Saint-Omer les seigneurs construisirent des enceintes de protection percées de quelques portes. Hormis le monastère de saint Bertin qui était en fait une forteresse, il y eut quatre enceintes successives :
- la première, autour du monastère d’en-haut (l'actuelle cathédrale), d’une superficie de 2 ha.
- Entre les deux monastères fortifiés existait un espace découvert peu sûr parcouru d’un simple chemin, en 957 une procession venue de Saint Bertin à Saint-Omer n’osa pas retourner à Saint Bertin et passa la nuit dans l’église d’en haut !
- En l'an 1000, une nouvelle enceinte fut édifiée. Elle correspondait à l'emprise de la paroisse Sainte Aldegonde et englobait les deux marchés, dont l’immense Grand Marché de 1.5 ha et la Ghildhalle, ce qui correspondait à un rectangle de 8 à 9 ha.
- La troisième enceinte, de 30 à 35 ha, existait en 1127 ( charte de Guillaume Cliton ), mais ce n’était qu'une levée de terre hérissée d'une palissade en bois. Elle n’a pas laissé de trace.
- Quant à la dernière enceinte, qui délimitait un territoire de 100 à 110 ha, elle est apparue vers 1200. Sa pièce maîtresse était le château comtal de l’esplanade qui défendait la porte boulnizienne. Elle comportait un ouvrage avancé qui barrait la porte d’Arques, le Colhof. Au delà, se trouvaient les marais et les faubourgs. Parmi les vieilles demeures dont nous avons retrouvé la trace, il y a dans la rue Caventou ( anciennement rue des Soeurs Grises puis Veltrestraet ou rue des Feutriers (vill = feutre), une maison dite du Temple. On trouve encore parmi les voisins de cette maison les noms de Engrand Bailly (chanoine) en 1628, en 1333 Jehan Cousin, cordewanier, en 1360 Jehan de Pas et en 1377 Jehan Billehaut (peintre). Une des « maisons templières » était située à l’angle des rue Léon Belly (rue du Poirier ou Perebomstraet) et Saint Bertin (Grosse Rue) , et occupait l’emprise des habitations qui forment l'angle de ces rues. La muraille Est du jardin date, dit-on, des Templiers, et il subsiste des portions d’arcades qui sont des vestiges de l’ancienne maison de ces religieux-chevaliers. Il existait à Saint-Omer d'autres maisons templières comme par exemple une maison avec son moulin située dans l'angle des rues de l'Abbaye et de Saint-Bertin le long de la rivière (il y à aujourd'hui des jardinets à cet emplacement, avec un mur de souténement imposant en grosses pierres) . Au XII ème siècle le terme de Commanderie Templière recouvrait une zone géographique comprenant plusieurs maisons, moulins, fermes, granges, etc .. administrée par les Templiers. La commanderie de Saint-Omer dépendait de la Commanderie Principale située à Merck Saint Lièvin, au lieu dit « le petit Bruveau », qui existe encore dans la mémoire collective du village.
Sur le plateau du Larzac presque inhabité à cette époque la problèmatique était différente, les espaces vierges ne manquaient pas, et, les Templiers y érigérent des villages fortifiés comme "La Couvertoirade" "Sainte Eulalie de Cernon" "Le Viala du pas de Jaux" "La Cavalerie" "Saint Jean d'Alcas" .
Vous connaissez maintenant le Saint-Omer du XII ème siècle, voyons les personnages :
En 1112, le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros, qui fit reconnaître Baudoin VII, fils de Robert I (Robert le Frison), comme douzième comte de Flandres. Les châtelains, dont l’origine remonte aux rois francs de la première race, ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III, en 1090. Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale. C’est Baudoin VII, comte de Flandres, qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint-Omer , notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu, en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon, qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque, le châtelain de Saint-Omer s’appelait Hoston ou Guillaume 1er (fils de Baudouin de Saint-Omer et de Mahaut de Créquy). Guillaume 1er avait quatre fils, Guillaume, qui sera châtelain de Saint-Omer sous le nom de Guillaume II, Geoffroy Gérard et Hugues qui partirent dès 1096 en croisade. Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon, ils contribueront à faire l’histoire des Templiers . Hugues était appelé le « païen », c'est pour cette raison que certains historiens l’assimilent à Hugues de Payns. Cette controverse sur les origines de Hugues de Payns est toujours d'actualité, espérons que les recherches en cours entreprises par les membres de la "Commanderie Geoffroy de Saint-Omer" puissent bientôt clore définitivement cette zone d'ombre de l'histoire glorieuse des Templiers de Saint-Omer.


Sources de ce travail sur l'histoire de Saint-Omer :
- Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer - 1817 ».
- Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
- Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
- Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
- Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
- Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
- Justin de Pas « Saint-Omer , vieilles rues, vieilles enseignes » .
- Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
- Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».
- Thomas Delvaux « Généalogies controversées de Charlemagne aux Croisades ».
- Bezanger MC., Les Normands de l’Aa à la Seine, Mémoire de maîtrise, Lille III 1972.
- D’Haenens A., Les invasions normandes en Belgique au IX e siècle, P U Louvain 1967.
- D’Haenens A., Les invasions normandes, une catastrophe ?, Flammarion, 1971.
- Depping G.B., Expéditions maritimes Normandes et établissement en France, 1844.
- Derville A., Saint-Omer des origines au début du 14 ème siècle, P U Lille, 1995.
- Ganshof F., La Flandre sous les premiers comtes, La Renaissance du Livre, 1943.
- Haywood J., Atlas des Vikings, Autrement, 1996.
- Le Glay E., Histoire des comtes de Flandre, Pyrémonde, 2006.
- Mériaux Ch., Thérouanne et son Diocèse jusqu’à la fin des carolingiens, 2000.
- Milis L., “L’espérance déçue des Carolingiens”, provinces du Nord, P U, 2008.
- Paillard de St-Eglan, “Histoire des invasions des Northmans en Morinie”, 1858.
- Sommé M., “Les dernières invasions : les Vikings”, Lottin A., Mazarine, 1984.
- Steenstrup J., Les invasions normandes en France, Albin Michel, 1969.
- Vercauteren F., “Comment s’est-on défendu, au IX e siècle, chez les franc", 1936.
- Witte E., Histoire de Flandre, La Renaissance du Livre, 1983.




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