Création de l'abbaye de Saint-Bertin.

Durant la période du haut Moyen Age , la ville de Saint-Omer s'appelle encore « Sithieu » du nom de la villa Sithiu , édifices bâtis sur une butte calcaire surplombant un territoire marécageux et peu hospitalier irrigué par l'Aa. Cette butte ou motte castrale est un promontoire circulaire de 6 000 m² qui culmine à 26 mètres d'hauteur (NGF) , elle domine la ville de Saint-Omer d'une dizaine de mètres . Cette butte est localisée dans la partie sud du castrum carolingien de Sithiu qui a été l’un des premiers noyaux de peuplement de la ville avec l’abbaye de Saint-Bertin située à 700 ml au nord-est . Selon certaines sources , on aurait découvert des traces d'occupation de la période romaine avec des ruines de ce qui aurait pu être une tour d'observation ainsi que les restes d'un temple ! . Ce territoire , bien que peu christianisé (car peu romanisé) était sous la protection de l'évêché de Thérouanne. Ce diocèse sera restauré en 630 sous le règne de Dagobert Ier. C'est ce dernier qui donna le siège épiscopal à Audomar , un moine de l'abbaye de Luxeuil fondé par le moine irlandais Colomban au VI ème siècle.. Les terres de Sithiu appartenaient à un homme appelé Aldroald et il en fit don à l’évêché de Thérouanne vers 650 , probablement pour le salut de son âme ( il est réputé sans héritier et nouvellement converti ). En l'an 634 Audomar confia la tâche d'évangéliser cette région encore païenne à trois de ses compatriotes de l'abbaye de Luxeuil , Mommelin , Ebertram et Bertin. Ces 3 moines , comme Audomar , connaissent la langue tudesque des Saxons-Frisons et c'est une des raisons de leur nomination dans la région par le roi (à mettre également en relation avec la bonne réputation du Colombanisme irlandais de l'époque).

Les 3 moines fondèrent rapidement un premier monastère sur la commune de l'actuelle Saint-Mommelin , le vetus monasterium ou vieux monastère avec une église dédié à Saint-Pierre et Saint-Paul constructions achevées vers l'an 660. Par manque d'effectifs , l’évêque de Thérouanne Audomar envoya Mommelin à Noyon pour y tenir l’Évêché et Ebertram devint abbé de l'abbaye de Saint-Quentin. Vers l'an 661 Bertin , désormais seul , décida de fonder un nouveau monastère et , selon la légende , il se laissa porter par les flots et à l’emplacement ou son embarcation accosta , construisit son église . Ainsi fut créée l'église Saint-Martin qui deviendra l'église Saint-Bertin ( l'église de l'abbaye basse ) , cette église sera achevée vers l'an 684 et ses bâtiments conventuels seront terminés vers l'an 711. En l'an 663 Audomar demandera qu'une autre église , dédiée à la vierge ( et qui deviendra Notre Dame ) , soit édifiée sur la butte de Sithiu cette église sera complétement achevée vers l'an 692 , mais les bâtiments conventuels ne seront achevés que 30 ans plus tard. En 663 , l’évêque de Thérouanne mettra cette église sous la protection de Bertin. Il y eut donc , dès l'origine de la ville , un monastère haut et un monastère bas.

Audomar meurt en 670 et , selon ses dernières volontés , il est enterré dans l'église Notre Dame. Il recevra plus tard le nom d'Omer. Canonisé rapidement sous le nom de Saint-Omer et l'Audomarois restera l'appellation de la région autour de la ville. Bertin , quant à lui , mourut à 99 ans en 709. Egalement canonisé , il fut inhumé dans l'abbaye qui portera dès lors le nom d'abbaye de Saint-Bertin. L'abbaye bénédictine semble rapidement avoir bénéficié d'une aura incontestable puisque c'est l'endroit qu'a choisi le premier roi de la dynastie carolingienne , Pépin III dit le bref , pour y emprisonner le dernier roi de la dynastie mérovingienne Childéric III en 751 (ce dernier y décédera en 755). Un siècle plus tard , le premier Comte de Flandre Baudouin Ier dit bras de fer , décide de prendre l'habit monacal à Saint-Bertin et à sa mort , s'y fera inhumer. Ses descendants Baudoin II et III s'y feront également inhumer. A l'instar d'abbayes comme Saint Vaast, Saint Amand, Saint Riquier ou Saint Bavon , l'abbaye de Saint-Bertin deviendra à l'époque Carolingienne une abbaye royale et une des plus influentes du Nord de l'Europe.

Visite 3D de l'Abbaye de Saint-Bertin : grâce au travail de reconstitution de la Communauté d'agglomération de Saint-omer .

Le dernier roi Mérovigien , emprisonné à Sithiu.

Saint-Omer est une ville chargée d'histoire , en 751 , Sithiu devient la prison du dernier roi mérovingien , Childéric III qui régna de 743 à 751. Il fut détrôné avec l'aval du Pape Zacharie , suite à un coup d'état orchestré par Pépin le Bref est sacré roi des Francs
Le 27 juillet 754 dans la basilique de Saint-Denis , au nord de Paris , le pape Étienne II sacre Pépin le Bref. Il lui confère les titres de roi des Francs et de Patrice des Romains (« Patricius Romanorum »). Les fils et héritiers de Pépin , Carloman et Charles (futur Charlemagne) , sont aussi sacrés par la même occasion (ils succèderont conjointement à leur père quatorze ans plus tard). Leur mère Berthe , n'est pas oubliée. Elle est bénie par le souverain pontife. Pendant le millénaire qui va suivre , tous les souverains de France vont se réclamer de cette cérémonie et se faire sacrer à leur avènement selon le même rituel.

Naissance d'une dynastie
Pépin III , surnommé le Bref en raison de sa petite taille , est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie (l'Est de la France et de la Belgique). Né à Jupille près de Liège , il est le fils cadet de Charles Martel , maire ou « majordome » du palais royal et véritable chef des Francs. Ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité , Charles Martel gouverne en laissant dans l'ombre le roi en titre , lointain descendant de Clovis. Dans les dernières années de sa vie , il ne se soucie d'ailleurs pas de désigner un successeur au roi Thierry IV , lorsque celui-ci vient à mourir. Quand lui-même meurt en 741 , ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires francs. Ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien , Childéric III. Peu après , Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère , laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir. Les principaux seigneurs de Francie occidentale (la France du nord) , qui en ont assez des descendants de Clovis , offrent la couronne à Pépin. Ils le proclament roi des Francs à Soissons , sur le champ de mai (un lieu de réunion communautaire) en 751. L'archevêque de Mayence Boniface , évangélisateur de la Germanie , donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte (le Saint-Chrême). Les évêques du royaume confirment l'élection par un couronnement et le pape Zacharie , de Rome , donne son assentiment au changement de dynastie : « Il vaut mieux appeler roi celui qui a plutôt que celui qui n'a pas le pouvoir » , dit-il en substance. Le transfert se passe sans effusion de sang. Le malheureux Childéric III est déposé et tondu (il perd les cheveux longs , signe de pouvoir chez les Francs !). Il va finir ses jours au monastère de Saint-Bertin , à Saint-Omer...
Pépin le bref
alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie , envoyé , la tête rasée , en signe d'incapacité , à Sithiu et enfermé à Saint Bertin , Childéric III y fut reçu moine en 751 , et y mourut en 755. Il laissa un fils , nommé Thierry , qui fut envoyé au monastère de Fontenelle (Saint-Vandrille) , et élevé dans l’obscurité.

La dynastie des Mérovingiens s'est brutalement arrétée a Saint-Omer en l'an de grâce 751 , pour etre remplacée par celle des Carolingiens.

Gestion de l'abbaye de Saint-Bertin.

Afin d'organiser la vie en communauté , chaque monastère à partir du IV ème siècle , fixe son règlement , la règle. Vingt quatre règles sont connues mais deux seront principalement adoptées. Celle que saint Benoit , Benoit de Nursie, rédige pour son monastère du mont Cassin en Italie au milieu en 555 , puis , à la fin du VI ème siècle, celle que saint Colomban donne à l’abbaye de Luxeuil. Ces 2 grandes règles coexistent jusqu’à ce que l’abbé Benoit d’Aniane , un aristocrate proche de l’Empereur Carolingien Louis le Pieux , obtienne en 817 la promulgation d’un capitulaire imposant la règle bénédictine réformée à tous les monastères. Elle encadre les devoirs et vertus des moines ainsi que les interdits et pénitences. Ses grands principes sont l’engagement à vie , l’obéissance , la chasteté , le retrait du monde , la vie commune , la pauvreté, ...
De la création à la fin de la période Carolingienne , 33 abbés se sont succédés pour diriger l'abbaye de Saint-Bertin . Deux grandes phases sont à retenir : Une première , se clôturant en 900 , est marquée par l'autorité des abbés , dirigeant à la fois les moines et les chanoines et une deuxième voyant l'arrivée des Comtes de Flandre. Attiré par les revenus importants de l'abbaye , le Comte de Flandre Baudoin II dit le chauve demande en 892 la gestion de celle-ci à la mort de l'abbé Raoul. Les moines font opposition et demandent la nomination de leur ancien abbé devenu archevêque de Reims Foulque dit le vénérable , attribution qu'ils obtiennent. Le Comte de Flandre fera assassiner Foulque en 900 et malgré les menaces d'excommunication d'Hervé de Reims , successeur désigné de l'archevêque , le roi Charles le simple accorde l'abbaye à Baudoin II. Les Comtes de Flandre deviennent donc abbés laïcs de l'abbaye et bien qu'à partir d'Arnould Ier , la nomination de prévôts , chargés de s'occuper de la gestion abbatiale, paraissent changer la donne , il n'en est rien car le Comte continue d'exercer une forte influence sur la gestion de l'abbaye. La séparation entre le monastère haut et le monastère bas s'avère avec l'abbé Fridogise (820-833) qui s’inscrit dans le mouvement général de la réforme de l’église , menée sous l’impulsion du pouvoir Carolingien. Fridogise est un anglo-saxon qui a s uccédé à Alcuin en 804 en temps qu'abbé de Saint-Martin de Tours avant d'être nommé chef de la chancellerie impériale en 819 soit un an avant sa nomination en temps qu'abbé de Saint-Bertin. Le monastère bas , donc l'abbaye de Saint-Bertin , sera composé de moines alors que le monastère haut sera désormais composé de chanoines , l'église devenant ainsi une collégiale. Cependant , et à la différence des propos que peut tenir l'abbé Folquin en 962 (rejettant sur Fridogise tous les maux à venir suite à cette séparation) , l'unité entre les 2 entités restera de mise durant la période Carolingienne pour se détériorer progressivement durant la période Romane. Cette « divisio » fut pratiquée dans beaucoup d'abbayes du IX ème siècle et consistait en une série d'aménagement des manses. Ses abbés successifs entretiendront des liens étroits avec les puissants leur conférant un rôle de premier plan dans la vie du royaume et permettant à l’abbaye d’acquérir un statut privilégié.



Patrimoine de l'abbaye Saint-Bertin.

Au cours des premiers siècles de son histoire les biens de l'abbaye n'ont cessé d'augmenter. Comme nous l'avons vu dans la première partie , la création même de l'abbaye repose sur un lègue. Celui ci sera suivi par d'importantes donations qui procurèrent à l'abbaye un patrimoine foncier considérable. Rapidement , Saint-Bertin deviendra un des plus importants centres économiques et intellectuels du royaume et figurera sur la liste des abbayes royales éditée en 817.
Les possessions de l'abbaye s'étendent dans les villages aux alentours de la ville de Sithiu mais également bien au delà de ce secteur (citons Poperinge en Belgique ou Tubersent proche d’Etaples). Une œuvre majeure nous est parvenue et apporte des informations importantes sur ce sujet. Il s'agit du polyptyque de l'abbaye de Saint-Bertin qui établit un inventaire des biens détenus par cette dernière de 844 à 859. Il répertorie , selon une volonté royale , les éléments des domaines ruraux , leurs revenus et leurs sources. C'est un document de premier ordre pour appréhender la gestion du patrimoine de l'abbaye pendant la période Carolingienne.
Le manse (du latin manere) est l'unité principale des domaines à l'époque Carolingienne. Il comprend maisons , terres cultivées , pâturages , permettant à une famille de vivre. Il se calcule en bonnier qui correspond à environ 15 hectares par manse. Le manse sert pour la convocation de l'Ost et à l'imposition fiscale. Des tenanciers ainsi que du personnel servant de main d'oeuvre (luminari , prebendari , etc) devaient un nombre précis de jours de travail par semaine.
De nombreux domaines et terres cultivables sont dirigés par l'abbaye ainsi que des églises et une trentaine de moulins. Les moulins ont en effet une place centrale dans l'organisation économique de l'abbaye et la « règle de Saint-Benoit » en recommande d'ailleurs l'usage. Selon les textes , les moines de Saint-Bertin amassaient sur onze domaines environ 1700 muids de farine soit 200kg par jour et on estime qu'un moine à l’époque Carolingienne consommait 2 kg de pain par jour. Le malt livré servait à produire quotidiennement 700 litres de bière.
L'abbaye possédait donc des milliers d'hectares exploités lui apportant une rente foncière suffisante pour couvrir l'ensemble de ses besoins financiers mais aussi alimentaires et matériels.

Le droit de chasse , accordé à l’abbaye.

La chasse est avant tout affaire de rois et d’aristocrates. Son exercice est strictement réglementé dès l'avénement des souverains mérovingiens . Nombreuses sont d’ailleurs les parties de chasse royale relatées par les biographes tel Eginhard pour Charlemagne. La chasse contribue à prendre grand soin des domaines et sa réglementation apparait dans le capitulaire De Villis , rédigé vers l’an 800. Les souverains Carolingiens créent et entretiennent des réserves dans les forêts royales appelées « forestis » différentes des bois et forêts non royaux réunis sous le terme de « silva ». Le terme « silva » est employé pour désigner une forêt ou un bois alors que les termes « forestis » , « foresta » ou « forestum » sont utilisés pour désigner des parcs de chasse réservés à l’usage exclusif du roi. chasse n’est pas une activité de gens d’église. En effet , les clercs n’ont pas le droit de pratiquer la chasse proscrite par l’Eglise à travers les décisions prises lors de nombreux conciles entre le VI ème et le IX ème siècle. Cette interdiction de chasse pour les religieux est également relayée par les souverains Francs dont Charlemagne en 769 , 787 et 802. L’interdiction faite aux clercs de pratiquer la chasse n’empêche pas de nombreuses abbayes de disposer de domaines forestiers où elles exercent un droit de chasse. Cet état est le résultat des donations et privilèges accordés par les monarques Carolingiens et leurs successeurs aux abbayes. En 774 , Charlemagne fait don d’une forêt à l’abbé de Saint-Denis . Saint-Bertin obtient de Charlemagne , le droit de chasser dans tous les bois et forêts réunis sous son autorité dans une charte octroyée par ce dernier le 26 mars 794. Par cette charte , Charlemagne , qui n’est pas encore empereur mais seulement roi des Francs et des Lombards , autorise l’abbé de Saint-Bertin , Odland , et ses moines à faire chasser leurs hommes dans les forêts et bois qui leur appartiennent : « in eorum proprias silvas licentiam haberent eorum homines venationem exercere ». A partir de ce moment , l’abbaye de Saint-Bertin , en tant que seigneurie , peut faire valoir les droits qui sont les siens sur la chasse dans ses domaines forestiers et sur le produit de la chasse provenant de ses domaines.

Razzias Barbaresques sur Saint-Bertin et Sithiu.

Au milieu du IX ème siècle , Saint-Bertin rayonne sur le monde spirituel Carolingien. Son influence et la confiance qu'elle inspire poussent de nombreuses abbayes à déposer leurs reliques et autres trésors derrière les faibles fortifications de l'abbaye audomaroise , qui se renforceront rapidement sous l’impulsion des premiers Comtes de Flandre. L'abbaye de Saint-Bertin sera progressivement enmuraillée , et la ville de Saint-Omer en fera de même. L'abbaye Saint-Bertin eut, comme toutes les abbayes de cette période , à craindre ces barbares venus du Nord. Propriétaires de fabuleux trésors et souvent bien mal gardés , elles jouissaient d'un attrait évident auprès de ces pillards venus s'enrichir. Les chroniqueurs rapportent 3 attaques de l'abbaye :
   La première en 860 à la veille de la Pentecôte , fut l’oeuvre , d’un dénommé Weland. Lui et ses hommes du Nord , arrivèrent de nuit devant un monastère vidé de ses habitants à l'exception de 4 membres du clergé restés sur place. Ils pillèrent Saint-Bertin et Sithiu avant de repartir en laissant une part du butin pour le dieu des Chrétiens , placée sur un autel. Des hommes de Weland , trop avides , décidèrent de récupérer ce butin . L’apprenant , Weland fit pendre les voleurs aux portes du monastère.
  La deuxième eut lieu le 28 juillet 879. Une armée importante de Norrois débarqua de nuit et sema la terreur en pillant et incendiant tout sur son passage. Sithiu n'échappa pas à cette destruction. La troupe du nord reprendra rapidement la mer pour éviter l'armée Carolingienne mais , après un court séjour en Angleterre , ils revinrent en Flandre pour ravager la ville de Gand.
  La troisième , eut lieu le 16 avril 891. Alors que les Vikings s'approchairnt furtivement de nuit de la place qu'ils croyaient sans défenses , ces barbares durent faire face à toute la population fermement décidée à repousser ces pillards venus de la mer. Dans l'impossibilité d'accoster ou de faire demi-tour pour regagner la mer , les Vikings n'eurent qu'une solution , celle de continuer leur chemin en remontant le petit bras de mer vers Helfaut . Plus ils remontaient ce bras de mer et moins la navigation était simple (faible tirant d'eau) . Les habitants quittèrent leur cité pour suivre le long des berges les navires Vikings , la voie était sans issue pour ces derniers , à la hauteur du village d'Helfaut le bras de mer avait disparu et c'est la rivière l'Aa que les Vikings devaient remonter . Tous les navires s'enlisérent , les Vikings n'eurent même pas le temps d'accoster et furent massacrés dans leurs navires. Quelques survivants regagnérent à pied le campement de leur chef "Hasting" qui prit la décision de venger cet affront. Ils reparurent donc en nombre un mois plus tard , et tentèrent plusieurs jours durant , de s'emparer de la ville sans succès , décimés , ils finirent par s’enfuir pour ne plus jamais reparaitre à Saint-Omer. Ce chef "Hasting" qui s'était réfugié dans la ville côtière de Gand ( 60 kms au nord est de Saint-Omer ) recomposera une flotte de 80 navires en 892 dans le but cette fois d'envahir l'Angleterre , mais lors de la traversée en 893 il disparut avec tous ses bateaux en pleine mer .

Invasions vikings de Saint-Omer au moyen âge  | la première eut lieu de nuit en 860 à la veille de la Pentecôte et Saint-Omer fut ravagée , la deuxième eut lieu de nuit le 28 juillet 879 et Saint-Omer fut ravagée , 
la troisième  eut lieu de nuit le 16 avril 891 , mais cette fois les audomarois qui avaient des guetteurs les avaient vu arriver , à peine débarqués à Saint-Omer les Vikings furent assaillis par la population , ils durent s'enfuir 
à bord de leurs drakkars sans pouvoir repartir vers la mer , ils durent remonter le cours de l'Aa jusqu'à ce que leurs embarcations touchent le fond de la rivière . C'est à  Helfaut que leur aventure pris fin , les audomarois qui les avaient suivi le long des berges se ruérent dans les embarcations et les massacrérent presque tous  !

Grandeur et Décadence de l'abbaye Saint-Bertin.

On ne connait de la première abbaye que sa partie orientale qui était constituée d’un chœur bordé de collatéraux qui se terminait par une abside en hémicycle flanquée de deux absidioles. Les moines construisirent une église romane sur le monastère mérovingien de Saint-Bertin. De cette période sont conservés des chapiteaux ainsi que les restes d'une mosaïque pavant le choeur , actuellement au musée de l'hôtel Sandelin de Saint-Omer (retrouvé lors de fouilles exécutées au XIX ème siècle). C'est l'abbé Bovon qui commença les travaux en 1045 , iis s'achevérent sous l'abbatiat d' Herbert en 1081. Un incendie étant survenu vers la fin du XI ème siècle , une restauration sera entreprise qui s’achévera vers 1105.
Au XIV ème siècle débutèrent des travaux afin de transformer cette église romane en église gothique. Les travaux commenceront en 1325 pour se terminer en 1520. C'est l'abbé Gilbert qui débutera cette nouvelle construction mais ses ambitions ( égaler la cathédrale d'Amiens ) seront revues à la baisse par ses successeurs. La construction fera tout de même 122ml de long , 40ml de large au transept et 25ml de haut sous la voûte et sera un chef d'oeuvre tant par son architecture que par son ornementation. Elle sera finalisée par une tour de style gothique. Durant les années qui suivirent , l'abbaye continuera de rayonner et servira de gite pour les Grands de passage. Au XV ème siècle , l'abbé Guillaume Fillastre , un proche des ducs de Bourgogne , fera ainsi construire un quartier des princes et ainsi des personnages tels que Philippe le Bon , Charles Quint , François Ier ou Louis XIV y séjourneront.

saint-bertin en l'an 1700

Par un décret du 2 novembre 1789 , ce monument d'exception devient « bien national ». Puis , par un autre du 13 février 1790 qui interdit les vœux monastiques et supprime les ordres religieux (à l'exception de ceux chargés de l'éducation publique et des maisons de charité) son sort est scellé. Le 15 août 1791 , les moines sont expulsés de l'abbaye. En 1792 , les bâtiments sont vendus et le 3 octobre de la même année , les cloches de l'abbaye sont brisées. En 1799 , l'église abbatiale est vendue à des particuliers qui l'abandonnent après l'avoir dépecée et c'est la ville de Saint-Omer qui deviendra propriétaire des ruines en 1811. En 1830, la commune demande la destruction de l'édifice. L'abbaye servira de carrière et permettra la construction , entre autre, du nouvel hôtel de ville.
saint-bertin en l'an 1834
Ensuite , les ruines de l'abbaye seront classées en 1840 , aux monuments historiques. Sa destruction fut considérée par les hommes de l'époque comme un scandale et fut dénoncée par des archéologues comme Ludovic Vitet et par des intellectuels comme Victor Hugo.
saint-bertin en l'an 1930
Les bombardements de la seconde guerre mondiale achéveront la destruction du monument qui restera en l’état.
saint-bertin-2018

Apparition , et aménagement des marais .

La communauté de moines de Sithiu va rapidement entreprendre des travaux de viabilisation du marais environnant de plus de 4000 hectares. L’historien “Alain Derville” affirme que Sithiu « croupissait encore dans le marais en 850 » , l’historien “Arthur Giry” nous livre sa version : « Des marécages immenses d'où émergeaient çà et là des iles fangeuses, dont le sol, suivant une heureuse expression, était comme flottant sur l'eau et mouvant sous les pas. » . Les abbés de Saint-Bertin dirigent l’aménagement du territoire audomarois. Ils feront creuser des canaux et rivières , créeront des digues , détourneront l'Aa afin d'alimenter des moulins , entretiendront les espaces gagnés sur l’eau . L'abbé Odland dès 795 sera précurseur en la matière .
Le début du X ème siècle marque un tournant dans la poursuite des grands travaux d'aménagement du marais audomarois. En effet , si avant cette date on peut attribuer l'initiative des travaux aux différents abbés de Saint-Bertin , la suite sera différente. Les domaines seront séparés , fractionnés en petits « fiefs » gérés par le Comte . Les grands travaux seront alors entrepris par les religieux mais aussi par le pouvoir laïc . L'augmentation de la population en ville , confortera rapidement le pouvoir du Comte , qui prendra progressivement l’ascendant sur le clergé. A cette époque , des canaux reliaient le marais audomarois aux plaines maritimes de Flandre et à la mer du Nord ce qui facilitait le commerce. Des textes relatent la présence d'aristocrates anglo-saxons venus en bateau jusque Saint-Omer au XI ème siècle. Des études ont établies que le niveau de l'eau était stable durant la période Carolingienne et s'élevait à 4 ml NGF avec des crues à 5ml NGF. Aux X ème et XI ème siècle , apparaitront des contentieux entre moines et bourgeois de la ville concernant des terres aménagées que les Comtes de Flandre devront régler. Par exemple Philippe d’Alsace se chargera de délimiter les pâturages communaux en 1175. Ce même Philippe d'Alsace continuera les travaux de canalisation entrepris par son prédécesseur Baudoin VII afin de rendre l'Aa navigable et ainsi rendre l'accès avec Gravelines et la mer plus facile .


C’est le travail des hommes qui érigera la ville de Saint-Omer , mais c'est la nature avec les transgressions marines Dunkerquiennes I II et III et la régression marine Capétienne qui permettra aux moines de cultiver les marais apparus lors du retrait de la mer dès l'an 750 .


La paléoclimatologie pour comprendre ce qui précède.

Le chapitre qui suit s'appui sur les travaux des scientifiques : Emmanuel GANDOUIN , Brigitte VAN VLIET-LANOE , Evelyne FRANQUET , Valérie ANDRIEU-PONEL , David H. KEEN , Philippe PONEL , Murielle MEURISSE , Jacques BRULHET , Marcel BROCANDEL
publiés en 2007 et dont le document de synthèse est téléchargeable ici : l'étude scientifique de la TRANSGRESSION HOLOCÈNE DANS LE BASSIN DE SAINT-OMER

Transgression marine dunkerquienne I Transgression marine dunkerquienne I

Transgression marine dunkerquienne I : de 5500 à 2000 ans avant J.C

La transgression marine Dunkerque I est une transgression marine de la mer du Nord , qui a envahi progressivement la plaine côtière de la mer du Nord en créant le pas de Calais. Les eaux ont occupé alors la plaine maritime flamande en y déposant des sables sur 25 à 30 mètres d'épaisseur. Pendant les périodes de repli , les rivières descendant des collines ont apporté des vases argileuses sur lesquelles la végétation s'est installée.

Transgression marine dunkerquienne II : de 250 à 750 ans après J.C

La transgression marine Dunkerque II est une transgression marine de la mer du Nord , qui a envahi la plaine côtière de Flandre jusqu'à 10 kilomètres , en créant des îles à partir des dunes subsistantes (celles-ci disparaîtront par la suite). La mer se réinstalle alors dans la plaine maritime flamande , qui n'est plus qu'une étendue vaseuse , tour à tour asséchée et noyée , parsemée d'îlots sableux jusqu'à proximité du rivage actuel. Les flots pénètrent par les estuaires , par exemple de la Hem et de l'Aa , décantent et s'envasent. Les herbes marines se développent pour former des prés marins et des criques protégées des marées par l'établissement de dunes.
Du III ème au VIII ème siècle comme le montre le schéma ci dessous , Saint-Omer était un port maritime.

Du III ème au VIII ème siècle | voila ou arrivait la mer du nord lors de la transgression marine Dunkerque II

Régression Carolingienne : de l'an 750 à l'an 1000 après J.C

La régression carolingienne est un recul de la mer du Nord qui a permis une occupation humaine de la plaine maritime flamande. Cette régression fait suite à la transgression marine Dunkerque II qui eut lieu du III ème siècle au VIII ème siècle . Elle sera suivie de la transgression marine Dunkerque III. Ce phénomène est dû à des mouvements de l'écorce terrestre qui sont dans ce cas présent précis , supérieurs en amplitude au niveau de la mer qui ne cesse de monter depuis la dernière glaciation.
Ci dessous image de l'audomarois et du delta de l'Aa en l'an 850.

delta audomarois de l'Aa en l'an 850

Transgression marine dunkerquienne III : de l'an 1000 à l'an 1300 ans après J.C

La transgression marine dunkerquienne III est une avancée de la mer qui fait suite à la régression carolingienne. La mer innonde de nouveau la Flandre en empruntant l'estuaire de l'Yser , Saint-omer est à nouveau un port maritime.
Ci dessous une photo satellite avec l'emprise de la mer du nord en l'an 1300 ( en pointillés blancs ).

photo satellite avec l'emprise de la mer du nord  dans la plaine maritime en l'an 1300 ( en pointillés blancs ) photo satellite avec l'emprise de la mer du nord dans la plaine maritime en l'an 1300 ( en pointillés blancs )

Mais les moines ne renoncérent pas à l'idée de gagner du terrain sur la mer , et à force de travail pendant plusieurs siècles , dans toute la Flandre maritime , et avec l'aide de la nature car il y eut une deuxième régression , ils réussirent à fabriquer le paysage de marais que nous connaissons aujourd’hui en 2019 ...

marais audomarois en 2019

Les Templiers natifs de Saint-Omer.

Chacun connaît l’Ordre du Temple , cet ordre chevaleresque , dont on parle toujours , chez nous ou à l’autre bout de la planète , de ces chevaliers au blanc manteau qui se battaient pour défendre les pauvres pèlerins en route vers Jérusalem. Ils ont été le symbole de la pureté de cœur , de la bravoure, de l’humilité. La ville de Saint-Omer comptait dans ses enfants un des deux fondateurs de l’Ordre du Temple , et , chose incroyable personne n'en parle jamais! Saint-Omer a d’autres liens avec l’Ordre du Temple , sans pour autant comprendre pourquoi ils sont restés dans l’ombre si longtemps.
Tout le monde connaît Suger , il y a une place à son nom , du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait ? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin .
Quant à geoffroy, fils du Seigneur de Saint-Omer, fondateur de l’ordre du Temple , rien , pas une place , pas une rue , pas une impasse.
Pas une seule trace dans les documents touristiques de la ville. A croire qu’il ait été maudit , et que cette malédiction dure encore ! Et c’est la même chose pour Hoston de Saint-Omer , qui fut un grand dignitaire de l’Ordre du Temple. Ces trois hommes furent liés par un quatrième personnage , peut-être le plus illustre , Bernard de Clairvaux , autrement dit Saint Bernard . Geoffroy et Suger l’ont rencontré , et leur rencontre avec cet homme que certains historiens désignent comme le plus influent de l’occident médiéval a été déterminante pour le reste de leur vie.

Saint-Omer ville en pleine expansion en l'an 1000

Fortifications de la ville au XI ème siècle.

Enceinte de la ville  de Saint-Omer au XI ème siècle

 

Emprise de l’édifice castral sur la motte.

emprise de l’édifice castral sur la motte  de Saint-Omer

 

Restitution de l’emprise du château Comtal , place de l’Esplanade.

Place de l’Esplanade. Restitution de l’emprise du château comtal de Saint-Omer

 

Topographie de la motte castrale , de la cathédrale et du château .

Topographie de l’emprise de la motte castrale

 

Château du IX ème siècle de Saint-Omer construit à l'emplacement du complexe cinématographique actuel "Ociné".

 

Château du IX ème siècle de Saint-Omer construit à l'emplacement du complexe cinématographique actuel "Ociné".

 

Ci dessous , les nombreuses caves du chateau de Saint-Omer furent rebouchées en 2005 afin de construire le nouveau complexe cinématographique "OCiné" .

 

Ci dessous , tous les souterrains au départ du chateau de Saint-Omer furent murés puis les caves comblées en 2005 pour construire le nouveau complexe cinématographique "OCiné".

 

Remparts de la ville en l'an 1100 .

Saint-omer remparts Saint-omer remparts

 

Entre les années 900 et 1350 , la ville de Saint-Omer connut une prodigieuse croissance , comparable à l’essor de l’Ordre du Temple , pendant la même période , ordre qui devait disparaître officiellement en 1307. En 900 , la ville ne comptait que quelques centaines d'habitants , plus de mille un siècle plus tard , dix mille en 1200 , période qui nous intéresse , et qui voit la croissance de l’Ordre , et plus de trente cinq mille en 1300, siècle de la persécution des templiers.
En 1300 , on dénombrait en effet 2 700 maisons pour la paroisse Sainte Marguerite , 425 pour Saint Jean , 400 pour Saint Martin , alors que le bas métier comptait 10 000 feux , ce que confirment des documents de 1338. A cette époque , Saint-Omer ne comptait ni couvent , ni hôpital . Pas de collège ou de caserne , mais elle était formée d'innombrables maisoncelles dont certaines faisaient moins de 7 pieds de façade , et de populeux faubourgs (haut-pont , Fresque Pissonerie , Ysel dans le marais , Saint Martin au Laert , Sainte Croix , Saint Michel , et les Madeleines dans les terres fermes). Mais comment pouvait-on vivre dans une ville plus petite mais plus peuplée qu’à notre époque moderne , alors que les maisons de plus de un étage n’existaient pas ? Tout simplement : tout était habité. On louait les caves , les greniers , on s’entassait à 8 , 10 personnes dans une pièce , avec tous les inconvénients que cela pouvait comporter. C’était déjà l’époque des « courées » , et on en trouve encore quelques traces aujourd’hui dans les vieux quartiers. Cela créait d’immenses problèmes de travail , de vivre , d’eau potable , de combustibles , d’incendies , de résidus urbains que l’on répandait sur les champs voisins , et de voies publiques , qui étaient régulièrement défoncées. Pour sa sécurité , on dut abriter la ville derrière des enceintes de protection percées de quelques portes. Il y eut quatre enceintes successives: la première , autour de l’église d’en-haut (actuelle cathédrale) , d’une superficie de 2 ha. Saint Bertin était en fait une autre forteresse. Entre les deux existait un espace découvert peu sûr , parcouru d’un simple chemin en 957, une procession venue de Saint Bertin à Saint-Omer n’osa pas retourner à Saint Bertin et passa la nuit dans l’église d’en haut! En l'an 1000 , une nouvelle enceinte fut édifiée. Elle correspondait à la paroisse Sainte Aldegonde et englobait le deux marchés , dont l’immense Grand Marché de 1.5 ha et la Ghildhalle , ce qui nous fait un rectangle de 8 à 9 ha. La troisième enceinte, de 30 à 35 ha , existait en 1127 , mais ce n’était qu'une levée de terre ou une palissade qui n’a pas laissé de trace. Quant à la dernière enceinte , qui délimitait un territoire de 100 à 110 ha , elle est apparue vers 1200. Sa pièce maîtresse était le château comtal de l’esplanade qui défendait la porte boulnizienne. Elle comportait un ouvrage avancé qui barrait la porte d’Arques , le Colhof. Au delà , se trouvaient les marais et les faubourgs. Parmi les vieilles demeures dont nous avons retrouvé la trace , il y a dans la rue Caventou ( anciennement rue des Soeurs Grises puis Veltrestraet ou rue des Feutriers (vill = feutre), une maison dite du Temple. On trouve encore parmi les voisins de cette maison les noms de Engrand Bailly (chanoine) en 1628 , en 1333 Jehan Cousin , cordewanier , en 1360 Jehan de Pas et en 1377 Jehan Billehaut (peintre). La Commanderie , qu’on appelait « maison templière » était située à l’angle des rue Léon Belly (rue du Poirier ou Perebomstraet) et Saint Bertin (Grosse Rue) , et occupait l’emplacement des maisons qui forment les angles de cette rue. En fait , la rue Léon Belly n’existait pas à cette époque. La muraille Est du jardin de l’étude notariale (maître Lembrez et Delevacque) date , dit-on , des Templiers , et il subsiste des portions d’arcade qui sont des vestiges de l’ancienne maison de ces religieux-chevaliers. La commanderie de Saint-Omer dépendait de la Commanderie Principale située à Merck Saint Lièvin , au lieu dit « le petit Bruveau » , qui existe encore dans la mémoire collective du village.
Vous connaissez maintenant Saint-Omer en l'an 1000 , voyons les personnages :
En 1112, le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros , qui fit reconnaître Baudoin VII , fils de Robert I (Robert le Frison) , comme douzième comte de Flandres. Les châtelains , dont l’origine remonte aux rois francs de la première race , ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III , en 1090. Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale. C’est Baudoin VII , comte de Flandres , qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint-Omer , notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu , en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon , qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque , le châtelain de Saint-Omer s’appelait Hoston ou Guillaume 1er (fils de Baudouin de Saint-Omer et de Mahaut de Créquy). Guillaume 1er avait quatre fils , Guillaume , qui sera châtelain de Saint-Omer sous le nom de Guillaume II , Geoffroy Gérard et Hugues qui partirent dès 1096 en croisade. Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon , ils contribueront à faire l’histoire des Templiers . Hugues était appelé le « païen » , c'est pour cette raison que certains historiens l’assimilent à Hugues de Payns. Cette controverse sur les origines de Hugues de Payns est toujours d'actualité , espérons que les recherches en cours entreprises par les membres de la "Commanderie Geoffroy de Saint-Omer" puissent bientôt clore définitivement cette zone d'ombre de l'histoire glorieuse des Templiers de Saint-Omer.
Sur les autres onglets découvrez les protagonistes

Sources de ce travail sur les templiers de Saint-Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh , Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint-Omer , vieilles rues , vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».


Saint-Bernard de Clairvaux père des Templiers.

Quelques dates importantes de sa vie

Saint Bernard naquit en 1091 à Fontaines , près de Dijon , en Bourgogne. Son père , Tescelin Sore , était seigneur de Fontaines , et sa mère Aleth était fille du seigneur de Montbar. Le château de ses pères a été donné aux religieux Feuillants et changé en monastère.
En 1113 conversion de Bernard. Il avait environ vingt-trois ans quand il alla se mettre avec trente autres jeunes gens , ses compagnons , sous la conduite d'Etienne , abbé de Cîteaux. Mi-août 1115 , Bernard et ses moines s’installent dans le val d’Absinthe – cette plante y poussait en abondance – à Clairvaux , en Champagne , non loin de Ville-sous-la-Ferté. Cette combe , longue de 1500 mètres et large de 200 , était bien irriguée et entourée de collines boisées. Son orientation d’est en ouest lui valait d’être baignée toute la journée de lumière , d’où le nom de Claire-Vallée , ou Clairvaux , qui lui fut donné. Si les conditions de cette implantation demeurent obscures , il faut en retenir le caractère familial et féodal : le principal artisan de la fondation en est le sire de La Ferté , Josbert le Roux , cousin de la mère de Bernard de plus , sept des douze moines qui accompagnaient Bernard sont de proches parents ( quatre frères , son oncle , et deux cousins ). C'est à partir de ce montent-là que l’ordre de Cîteaux commença à se répandre d'une manière extraordinaire. La même année , fondation de l'abbaye de la Ferté , première fille de Cîteaux , au diocèse de Chalons-sur-Saône , sur la Grône , par les seigneurs de Vergy , Savaric et Guillaume son fils , comtes de Châlons-sur-Saône.
En 1117 Bernard ,atteint d'une maladie grave , est confié aux soins d'un médecin de la campagne , que lui procure Guillaume , évêque de Châons-sur-Marne.
En 1123 Adam , abbé de saint Denys, a pour successeur , d'un commun accord de tous les religieux, l'abbé Suger , à qui Bernard écrivit plusieurs fois.
En 1125 Bernard réconcilia les Milanais avec le pape Innocent et Lothaire II , qui fut élu empereur.
En 1128 le jour de la fête de saint Hilaire , concile de Troyes , qu'on place à tort en 1129, comme il ressort des témoignages de Michel , qui en fut le secrétaire. Il fut présidé par Mathieu , évêque d'Albano , légat du Saint siège. On y compta parmi les assistants , Étienne de Cîteaux , Bernard de Clairvaux et d'autres abbés du même ordre. C'est dans ce concile qu'on détermina les couleurs blanches des habits à donner aux Templiers , et la règle qu'ils devaient suivre. Ce n'est que plus tard que le pape Eugène III leur fit placer la croix rouge sur leurs habits.
En 1131, cinquième année du règne de Lothaire II , vingt-deuxième de celui de Louis VI, roi de France , le pape Honorius meurt , le 16 janvier , dans la sixième année de son pontificat. Un schisme très-grave règne dans l'Église de Dieu , Grègroire , élu canoniquement sous le nom d'Innocent II le 17 février , se vit disputer le trône par Pierre , fils de Pierre de Léon , appuyé par la violence de ses amis qui étaient tout-puissants à Rome , et par Roger , roi usurpateur de Sicile. Pendant huit ans , Bernard défendit avec courage la cause d'Innocent. En effet, entre autres choses , dans le concile tenu à ce sujet , cette même année , à Étampes , il fut choisi tout d'une voix , par les pères du concile , comme arbitre du différend , et se déclara pour innocent contre Anaclet. Il amena le roi d'Angleterre Henri à le reconnaître également. La même année , Bernard , avec une humilité admirable , refusa l'évêché de Gênes, devenu vacant l’année précédente par la mort de Sigefroy.
En 1132 départ du pape Innocent de France , pour l'Italie, Bernard l'accompagne. Il réconcilie les Pisans et les Génois. L’évêché de Gênes lui est offert pour la seconde fois , avant que Syrus y soit nommé, et même après la nomination de Syrus qui veut se démettre. II refuse avec la même persévérance et la même humilité qu'auparavant.
En 1134 Concile de Pise. Pendant que Bernard , sur l'ordre du pape Innocent , s'y rendait en traversant la Lombardie , après avoir réconcilié ensemble Lothaire et Conrad , il reçoit des Milanais , excommuniés et privés de la dignité de Métropole , pour avoir , à la suite d'Anselme , leur archevêque , embrassé le parti de Conrad et d'Anaclet , une lettre où ils le prient de les faire rentrer en grâce avec Lothaire et Innocent.
En 1135 Bernard passe par Milan en revenant d'Italie , et revient à Clairvaux , dont on transfère les bâtiments dans un lieu plus commode.
En 1137 Bernard , appelé par le pape Innocent , repasse une troisième fois les Alpes pour retourner en Italie , qui gémissait sous Anaclet , des vexation de Roger de Sicile. Ce prince, vaincu grâce aux prières de Bernard , par le duc Rainoulphe , voyant qu'il ne pouvait l'emporter par la force des armes , eut recours à la force de l'éloquence et confia la défense de la cause d'Anaclet à Pierre de Pise, homme d'un rare talent pour la parole mais le voyant vaincu et ramené du schisme par Bernard , il n'en revint pas lui-même à de meilleurs sentiments.
En 1138 mort malheureuse de l'antipape Anaclet , à qui la fraction de Roger donna pour successeur le cardinal Grégoire , qui prit le nom de Victor et qui se dépouilla des insignes du pontificat entre les mains de Bernard. Le schisme se trouva donc ainsi terminé , grâce au zèle et à la prudence de Bernard, après avoir duré sept ans.
En 1153 Bernard meurt en paix , après avoir rétabli la paix entre les habitants de Metz , le 20 août à neuf heures du matin, dans la soixante-troisième année de son âge , la quarantième de sa profession religieuse , et la trente-huitième de sa prélature.

Synthèse

Saint Bernard est la figure centrale de la chrétienté au XII ème siècle , et il est pour beaucoup d'historiens le personnage principal de l’occident médiéval. C'était un adorateur du mystère divin et un initiateur du mystère marial. Chevauchant sa mule ou son destrier , il a parcouru l’Europe entière pour arbitrer les conflits qui opposaient les grands de ce monde. Saint Bernard est un guerrier de la Foi. Sa gymnastique spirituelle consiste à torturer son corps , à le combattre sans cesse comme il combat les esprits malins de ce monde. Il commande au Pape et aux Princes , il est l’arbitre suprême de son siècle. L’autre aspect de Saint Bernard est le culte de la dame , figurée par la Vierge. Il considère que la Vierge est le médium privilégié par lequel transite le message divin. Il fut l’instigateur de la deuxième croisade en 1146. Le 14 Janvier 1128 , il réunit le concile de Troyes en présence du Pape Honorius II , et fournit aux Templiers la célèbre règle du Temple. Saint Bernard était un simple moine , fragile mais puissant dans sa mission chrétienne , apostolique et politique. Il parcourt la France et l’Europe à cheval. Il était né chevalier. Il inspira l’architecture austère et grandiose des ultimes sanctuaires de l’art roman. Il voulait promouvoir une sorte de « milice cistercienne » qui aurait été le noyau d’une armée pontificale susceptible d'imposer la paix entre les nations. L’autre vocation de cette chevalerie d’un genre particulier aurait été d’améliorer les conditions de vie des populations qui , de la sorte , auraient été mieux disposées pour s’élever spirituellement , débarrassées de ses préoccupations de subsistance et des angoisses de la guerre,l’Homme pouvait alors porter son regard vers le ciel. Saint Bernard aurait confié aux templiers une mission de vérifications et de recherches , dont le résultat aurait été la découverte de l’Arche d’Alliance dans laquelle devait se trouver consignée la somme des connaissances du sacerdoce égyptien dérobées par Moïse avant l’exode. Mais s’ils découvrirent l’Arche d’Alliance , ils tinrent leur découverte secrète et s’en approprièrent le contenu , et c’est de ce savoir qu'ils auraient tiré les principes de l’architecture gothique appliqués à la construction des cathédrales. Son oncle était André de Montbart , qui fut l’un des fondateurs du Temple et le cinquième Grand Maître , de 1153 à 1156. Il rencontra à plusieurs reprises geoffroy et Suger, le premier pour la mise en place de l’Ordre du Temple , le second pour un retour à la règle primitive des couvents cisterciens.


Sources de ce travail sur les templiers de Saint-Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint-Omer , Vieilles rues, vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».

























Les 8 photos ci dessous traitent de l'Abbaye Saint Bertin.
La Révolution sonne le glas de l’abbaye. La toute-puissance de l’Église catholique est l’instrument du pouvoir monarchique , et il faut en abattre les fondements afin qu’elle ne devienne pas un instrument redoutable de réaction… Dès 1789 , les biens de l’Église deviennent biens nationaux. Le décret du 13 février 1790 dissout les ordres monastiques , et les moines de Saint-Bertin sont expulsés , le jour de l’Assomption de l’an 1791 , 1143 ans après la fondation du monastère. Il serait vain de remettre en cause le cours de l’histoire , et les nécessités du temps , mais commence alors pour l’église abbatiale un long chemin de croix.
Le pillage témoigne du peu d’estime qu’inspire à la fin du XVIII ème siècle , l’architecture gothique et un âge que les contemporains considèrent « moyen »… Alors que la Révolution résiste aux monarchies européennes , l’église abbatiale est transformée en hôpital de campagne , en 1792. En 1799 , loin des excès de la Terreur , en pleine réaction bourgeoise , l’église est vendue 120 000 francs à des particuliers qui en exploitent les pierres , vendent aux enchères les œuvres qui y demeurent , avant de la laisser à l’abandon.
En 1830 , devant la dangerosité des ruines , la ville de Saint-Omer , devenue propriétaire des lieux en 1811 , en décide la destruction , malgré les protestations de nombreux hommes de lettres. Victor Hugo , ardemment , s’est ainsi élevé contre l’anéantissement de mille ans d’histoire.
Le XIX ème redécouvre enfin les richesses du Moyen Âge , dont est sortie une civilisation , bâtie au cours de ses premiers siècles , comme l’abbaye , sur des fondations où s’allient l’héritage de Rome , l’apport des coutumes politiques germaniques , avec la chrétienté comme ciment… Cependant , malgré l’indignation de l’auteur de Notre-Dame de Paris , le dépeçage des ruines se poursuit , pierre par pierre avec son lot de pillage , afin de construire le nouvel Hôtel de ville de Saint-Omer. Ce n’est que dix ans plus tard , en 1840 , que les ruines sont classées Monument Historique. Seule la tour de guet est conservée et utilisée jusqu’en 1930 , pour la surveillance des incendies et des raisons militaires…

Naissance de la ville de Saint-omer.

L’histoire de Saint-Omer , comme beaucoup d'autres villes est liée à celle d'une abbaye : en l'occurence celle de Saint-Bertin . Saint-Omer s’est ainsi développé dans le giron de l’abbaye bénédictine de Saint-Bertin . Situé sur une butte peu élevée , cernée par les marais , ce site de Saint-Omer n'était pas promis à un grand avenir. L'historien "Arthur Giry" qualifie le site « d’îlot au milieu des terrains marécageux du pays des Morins ». Certes la vie végétale et animale y était présente dans ces marais comme dans tous les marais , mais la circulation y était très difficile. Des chemins de terre servent le transport local mais pas de grandes routes , au contraire de la riche clairière Arrageoise. Le seul atout de ce site pour la naissance d'une ville était son isolement car entouré de marais ( Zutbroucq , Ost et Nord broucq et West broucq ). Seul le sud-ouest de ce site était relié à la terre ferme , c'est lui qui sera aménagé pour la défense de l'ilot. De plus la présence de l’Aa permettait à la future cité audomaroise d'envisager une destinée maritime. Cette région , boisée à 80% serait donc aménagée , même si le réseau routier ne comprenait que des routes impériales traversant le pays sans desservir la future ville . Dans un premier temps , Thérouanne , non loin sera un avantage pour fonder Saint-Omer , puis comme toujours cet avantage deviendra inconvénient , car les deux villes se disputeront le leadership .

C'est à Thérouanne que Dagobert , en 630 , décide de restaurer l’évêché et en donne le siège à Audomar . Pour l'historien "Alain Derville" , le manque de romanisation de la région a favorisé sa germanisation . C’est pour cette raison que Audomar , se heurtant à la barrière de la langue , envoie Bertin , Mommelin et Ebertram convertir la région au christianisme. C’est ainsi que les trois moines fondent en 651 un monastère sur un lieu nommé Sithiu qui leur fut offert par un noble du nom d’Aldroald. Ce site , doté en plus d’un important domaine foncier , voit donc l’entrée dans l’histoire de l’abbaye de Saint-Bertin dont l’expansion et le pouvoir d’attraction ont donné plus tard naissance à la ville de Saint-Omer.
Une abbaye ( du latin abbatia , dérivé de l'araméen abba qui signifie « père » ) est un monastère catholique placé sous la direction d'un abbé (ou d'une abbesse) qui sert de père spirituel à la communauté religieuse , composée de moines ou de moniales. L'abbaye est un lieu de clôture monastique , réservé aux moines ou moniales , lesquels n'ont que peu de contacts avec l'extérieur. Le nombre de moines est souvent limité par les ressources de l’abbaye. L’abbaye dispose d’une personnalité civile qui se traduit par l’unité juridique du monastère ce qui lui permet d’être sujet de droits , de posséder un patrimoine , un sceau , d’agir en justice et de conclure des actes juridiques. Pour remplir ses fonctions , l’abbaye dispose de trois éléments de puissance : la richesse , l’autorité et le prestige. L’abbaye de Saint-Bertin obéit à la règle bénédictine. La règle de Saint Benoît , élaborée au Mont Cassin en 534 , est conçue à ses débuts comme le règlement d’une spiritualité et de l’organisation interne d’un établissement unique formé par un groupe bien défini. Saint Benoît n’avait pas l’idée de constituer un ordre. La règle s’applique à une communauté de laïcs qui veulent imiter le Christ et accomplir leur salut en suivant les règles élémentaires de la vie chrétienne. C’est un monachisme de forme cénobitique où les membres , formant un groupe uni , s’entraident charitablement. La vie des moines est rythmée par la place primordiale qu’occupe l’office divin (mâtines , psaumes , laudes , tierce et sexte). L’abbé est le père et le chef de la communauté mais c’est la communauté qui fonde le monastère. L’abbé est nommé par la communauté qui par ce fait scelle son union. Les moines , à leur entrée , font voeux de stabilité , de conversion de moeurs et d’obéissance. Les moines s’adonnent ainsi à la gestion et l’entretien du monastère en plus d’un travail intellectuel de haute qualité. Les moines se lancent dans une grande entreprise de défrichement et d’assèchement des marais afin de pouvoir faire prospérer l’abbaye. Les possessions de celle-ci ne cessent de croître et l’abbaye obtient des souverains francs divers privilèges. Au milieu du IX ème siècle l’abbaye possède environ 50 villages soit environ 50000 hectares souvent dans la campagne de Saint-Omer et obtenus par achats ou donations. Pendant deux siècles il n’y a qu’une abbaye sur le site de Sithiu. Le monastère finit par devenir un monastère double comprenant des moines et des chanoines en 820 suite à la volonté de l’abbé Fridugise , étranger au monastère et nommé par Louis le Pieux. Il garde 60 moines dans ce qui devient le monastère d’en-bas , c'est-à-dire l’abbaye , et il en désigne 30 pour servir comme chanoines dans le monastère d’en-haut qui devient le futur chapitre de Saint-Omer. La décision de Frigudise scelle le sort des relations entre les deux monastères qui à l’avenir seront plus souvent ennemis qu’alliés. L'historien Arthur Giry affirme que dès lors , « l’histoire de l’abbaye est entrée dans une nouvelle phase » . Un événement a son importance dans ce que va devenir Saint-Omer dans les années qui suivent : il s’agit des incursions normandes dans la deuxième moitié du IX ème siècle. L’abbaye se fortifie et sert d’asile pour les habitants durant les raids normands. Le site s’entoure peu à peu de murailles , notamment les deux églises , un château voit le jour et les habitants se trouvent des intérêts communs , prémices d’une future communauté d’habitants ? Cependant rien ne laisse présager la naissance d’une ville car , bien qu’elle ne fut ni fermée ni étrangère aux circuits d’échanges , l’abbaye pratique plutôt une économie visant à vivre en autarcie. Elle gère ainsi son importante fortune foncière et le nombre grandissant de ses domestiques. Néanmoins , comme Sithiu abritait les corps de Saint Omer et Saint Bertin nombreus furent les pèlerins à venir se recueillir sur leurs tombes. Le caractère « sacré » de la cité devenait indéniable.
En plus des incursions Normandes et Vikings , une autre péripétie de l’histoire a favorisé l’éclosion de la ville de Saint-Omer. Sithiu tombe aux mains des comtes de Flandre et les abbés du monastère deviennent des laïcs suite aux troubles occasionnés par la chute du monde Carolingien et les raids normands. C’est en 892 que Baudouin II obtient du roi les terres de Sithiu après avoir fait assassiner l’abbé légitime du monastère : Foulques , archevêque de Reims. Les comtes de Flandre deviennent ainsi les abbés laïcs du monastère et accaparent ses richesses florissantes. Cette période fut ressentie par les chroniqueurs de Saint-Bertin comme une période d’usurpation et de spoliation de la part des comtes : « le comte enleva à l’église plus qu’il ne lui donna » . Les comtes se sont ainsi transmis l’abbaye pendant des années par hérédité. Une des préoccupations des souverains comtaux fut de maintenir la discipline , là où les moines n’ont cessé de montrer leur mécontentement. Le comte Arnould finit même dans les années 930 par chasser les anciens moines pour les remplacer par des moines plus dévoués à sa cause mais il rend à l’abbaye son abbé. Il nomme Gérard de Brogne à la direction de Saint-Bertin mais celui-ci et ses successeurs deviennent abbé grâce au consentement des comtes. C’est sous le principat d’Arnould que l’abbaye se voit rendre le village d’Arques qui fut , nous le verrons plus tard , le lieu de divers conflits. La situation prend fin en 1056 lorsque le comte Baudouin de Lille rend à l’abbaye son autorité. Seulement , celle-ci est restreinte à son enclos et le reste de la ville reste soumis aux comtes de Flandre . Ainsi prend fin la domination des comtes de Flandre et l’abbaye retrouve sa splendeur. Lentement , la vie est venue se greffer autour de l’abbaye et un foyer d’habitants voit le jour. Les dépendants disposent d’un moulin pour moudre leurs grains et les autorités instaurent un marché local vers 873 car la mainmise des comtes ne peut plus se contenter d’échanges internes. Avec le déclin de Thérouanne , le marché de Saint-Omer devient le plus grand marché régional . Un faubourg s’installe autour du château appartenant à un officier Comtal. La présence de ces différents consommateurs favorise la venue d’artisans pour pallier à leurs besoins. Pour D. Clauzel et H. Platelle , l’origine de la ville se situe donc dans ce château et ce marché , sentiment partagé par Derville qui affirme que vers 900 Saint-Omer se définit comme toutes les villes flamandes : « un château flanqué d’un marché » . De plus , les comtes ont favorisé les migrations vers Saint-Omer pour renforcer la défense du lieu en leur octroyant quelques privilèges tels que la possession de terres. Tout ceci a fait que vers l'an 900 , Saint-Omer peut compter une centaine d’habitants et sa population continue de croître dans les années et siècles suivants.
Alain Derville avance les chiffres d’un millier vers l'an 1000 , 10 000 habitants vers l'an 1200 pour arriver à 35 000 en l'an 1300.

Source : THOREL FLORENT Master de Recherche années 2007-2008 Histoire Médiévale UNIVERSITE D’ARTOIS .
Téléchargez l'ouvrage : Les enjeux des conflits entre l’abbaye de Saint-Bertin et l’échevinage de Saint-Omer sous Charles VI



Cathédrale de Saint-Omer.

Architecture

La cathédrale de Saint-Omer est batie suivant un plan en forme de croix latine. Sa construction remonte à l'année 1180 . Comme celle de Chartres , elle est désaxée de 47° par rapport à l'Orient le carrée formé par les quatre colonnes du chœur se confond avec les quatre points cardinaux. Le chœur et les chapelles rayonnantes sont inclinées de 4° par rapport à l'axe de la nef.

plan de la cathédrale de Saint-Omer

Elle mesure 103 mètres de long , la largeur de sa nef est de 30 mètres , sa largeur aux transepts est de 53 mètres , quant à sa hauteur sous vôute elle est de 23 mètres. Elle n'a qu'une seule tour massive qui occupe deux travées de la nef. Cette tour , appelée aussi beffroi , comporte des fenêtres jumelées au niveau de la chambre des cloches. Certaines fenêtres au niveau des étages inférieurs ont été bouchées pour assurer sa stabilité. Dans ce même esprit un tirant la traverse de part en part au niveau du buffet d'orgues.

A cause de sa forme légérement pyramidale , l'escalier qui permet d'accéder à son sommet s'inverse de sens de rotation au niveau de la chambre des cloches. Sa nef , qui comprend sept travées et collatéraux , est trés eclairée par de grandes fenêtres. Les chapelles qui la bordent sont non communiquantes. Chaque transept comporte quatre travées et posséde un portail et des escaliers pour accéder aux petits greniers. Le déambulatoire comprend trois chapelles , deux rayonnantes et une axiale.

l'Horloge

C'est le 16 août 1555 que le chapitre de la Collégiale confia à Pierre Engueran, horloger de Saint-Omer , la construction d'une nouvelle horloge destinée à remplacer l'ancienne en mauvais état. Elle devait indiquer les heures, les jours, les mois, les signes du zodiaque , le lever et le coucher du soleil et de la lune. Elle fut terminée en 1558 , la date et le signe de l'auteur y sont gravés. Elle a coûté 130 florins de l'époque. Au XVIII ème (1758) , elle prit place au dessus du portail dit du Prévôt ou de l'Evêché.

horloge astronomique

Le jacquemart qui la surmonte porte le costume d'officier de l'époque , coiffé d'un turban marqué de l'écusson du chapitre de la Collégiale , surmonté d'un plumet. Située à 7,50 m de hauteur , les visiteurs n'ont pas accès à toutes les indications fournies.


D'un diamètre de 2.10ml , le cadran se compose de deux parties : l'une fixe , le tympan l'autre , mobile , constituée par les aiguilles des heures , de la Lune et de l'araignée. ( Dans un astrolabe, on appelle araignée le disque sur lequel sont gravées les principales étoiles les tridents qui le supportent sont assimilés aux grandes pattes des araignées que nous connaissons ). Le tympan , partie fixe , représente la partie terrestre de l'Univers. La partie mobile qui représente la voûte céleste de l'Univers est constituée des aiguilles des heures , de la Lune et de l'araignée. L'aiguille des heures est repérable par la présence du Soleil. Celle de la Lune par une boule mi-noire , mi-blanche.

La statue de Notre-Dame des Miracles

Dès le X ème siècle une statue fut érigée sur la place du grand-Marché , avant que le sanctuaire ne soit construit. Comme pour le sanctuaire nous avons peu de documents. Une gravure de 1641 demeure la plus ancienne illustration de cette statue. Si cette illustration de Guillaume du Tielt est exacte il existe bien des différence avec la statue considérée aujourd'hui comme la vraie :
l'enfant Jésus est porté par Marie , alors qu'aujourd'hui il est assis sa couronne est différente le sourire , si magnifique aujourd'hui est bien pâle les vêtements sont différents. Cependant , au XIIIème siècle , selon le père Bello , apparaît une statue de bois doré , qui la représente assise comme une Reine. Elle tient l'enfant Jésus qui nous offre le Livre des Évangiles , geste qui semble nous dire « Allez vous aussi sur les places , proclamez la Parole » , c'est à dire telle que nous la connaissions aujourd'hui.

La statue de Notre-Dame des Miracles

C'est le 23 juin 1785 que se fit son transfert , en procession depuis la place jusqu'à la Cathédrale , avec la population , le clergé et sous la présidence de l'abbé de Saint-Bertin qui remplace Monseigneur l'Évêque. Dans un premier temps elle fut placé sous un dais , puis , quand on eut transféré son autel , elle y fut replacée. Le chapitre avait décidé de mettre l'autel dans la chapelle centrale du transept sud.


Le 30 septembre 1790 la cathédrale fut fermée comme toutes les églises sur ordre des révolutionnaires. Le peuple qui ne pouvait plus prié la Madone protesta. Une proposition fut faite de laisser un accès à la chapelle de la Vierge par l'extérieur , ce qui permettait de laisser en places les scellés Elle fut acceptée le 5 janvier 1791 et le 10 janvier on procéda à l'ouverture de la croisée du transept. A nouveau on pouvait honorer la Madone. Mais le 24 septembre 1793 la Cathédrale était convertie en magasin d'effets de campagne , puis de fourrage. De nouveau la statue était isolée du peuple , mais là ce fut un bien car elle fut ainsi préservée , tout comme la Cathédrale d'ailleurs. A la suite du décret du 30 mai 1795 , c'est l'Église de Saint-Denis qui fut choisie comme lieu de Culte. Les paroissiens de ce quartier demandèrent alors que la statue de la Vierge leur fut confiée. Mais le Conseil refusa d'examiner cette demande. Par deux fois ils réitèrent leurs demande , et finirent par obtenir gain de cause. C'est ainsi que la statue quitta la Cathédrale pour l'Église Saint-Denis. Les fidèles furent satisfait au point qu'ils reconstituèrent l'immense garde robe de la Vierge et de l'Enfant Cette situation durera jusqu'en 1802 , date à laquelle la cathédrale retrouva ses droits. Mais les paroissiens de Saint-Denis ne voulaient pas rendre la statue. C'est donc en secret , sur une civière , sous des vêtements que le 3 mars 1803 à midi la statue de Notre dame des miracles retrouva sa chère Cathédrale. Elle continua de trôner sur l'autel de 1606 , jusqu'en 1875 , date à laquelle elle fut couronnée. Deux couronnes avaient été façonnées pour orner la statue. Elles furent bénies par le pape Pie IX , lors du concile Vatican 1. Voilà pourquoi dans le déambulatoire il est fait mention de ce Pape . Il fallut attendre le 18 Juillet 1875 pour que ces couronnes soient posées sur la tête de la Vierge Marie et sur celle de l'Enfant Jésus.

Nativité syrienne du XIIème siècle

Il existe plus d'une dizaine de nativités dans la cathédrale de Saint-Omer. Nous n'en verrons que quelques unes parmi les plus remarquables. Marie est allongée dans son lit le bras tendu vers le haut , semblant offrir son enfant. Elle est auréolée Joseph est songeur. Jésus est posé sur un lit , il semble immobile , emmailloté comme une momie. Une étoile de l'ordre des templiers luit au-dessus du lit de l'enfant. Un ange porte une banderole « Gloria in excelsis Deo » et ouvre le rideau.
Observons quelques détails

Nativité syrienne du XIIème siècle

Marie est auréolée. Or la sanctification de la Vierge Marie ne sera prononcée que bien plus tard La vierge Marie a-t-elle les cheveux longs ou courts ? Il faut se rapprocher de l'inscription en haut « Natus sic iacuit uiliue » , pour trouver un début de réponse : ils sont courts en signe de sacrifice et de renonciation un seul animal semble réchauffer l'enfant Jésus , mais est-ce un boeuf , un âne ou une chèvre ? l'enfant Jésus n'est pas dans une crèche mais dans un lit à sept arcades l'étoiles des bergers est remplacé par l'étoile à huit branches des templiers pourquoi Joseph parait-il si lointain , en deuxième plan et si songeur , voire triste ? ne retrouvons nous pas dans ce tableau le symbolisme du monde avec la terre , le ciel et l'univers ?


En prolongeant notre visite dans le déambulatoire nous passerons devant le Chapelle axiale dédiée à La Vierge et dans le second vitrail à gauche nous pourrons voir la version moderne (XIX ème siècle) de cette nativité ou l'étoile des templiers a été remplacée par une lampe à huile , le boeuf et l'âne sont très bien représentés , Joseph possède lui aussi son auréole.

Nativité du XVème siècle

Dans ce même déambulatoire en allant vers la droite vous pourrez voir une autre nativité du XV ème siècle , souvenir d'Antoine de Tramecourt qui fut Grand-Chantre de cette cathédrale. L'abbé Bello nous dit ceci : « comme une enluminure pleine de détails , elle illustre la Théologie de la Révélation : L'Enfant Jésus de la crèche révèle le projet éternel de Dieu dont L'Amour veut rassembler les Hommes. Cette révélation se fait en Jésus (voile relevé) , pour les hommes de tous les temps (le chanoine est agenouillé avec son bâton de Grand-Chantre et son hermine) . On acceuille cette révélation avec l'aide des saints (la main sur l'épaule , saint Antoine , le saint patron est là avec son traditionnel petit cochon) et saint Paul qui l'a proclamée est là aussi avec son êpitre roulée dans la main.

C'est maintenant la mission de l'Église de la faire connaître (saint Pierre répond présent avec les clefs) , pour changer le coeur des hommes (Saint Michel terrasse le démon , petit diable en bas à gauche). Enfin tout en haut voyez l'appel des hommes (les bergers) et la Jérusalem céleste qui ouvre la porte toute grande. ».

Nativité du XVème siècle

La Vierge au Chat

Cette oeuvre est due à Jacques Du Broeucq. Elle faisait partie d'un ensemble dont Saint Joseph songeur , situé à droite faisait partie. Nous nous attarderons pas sur la présence du chat. Il n'existe que très peu réprésentations de la Vierge avec un chat dans nos églises. La cathédrale de Saint-Omer est la seule église médiévale a posséder la sculpture d'un chat dans son mobilier. Mais quelle douceur dans l'expression de Marie allaitant. Rien n'indique qu'il s'agit d'une nativité excepté la présence des deux animaux le boeuf et l'âne.

La Vierge au Chat

Mais s'agit-il d'un âne ou d'un cheval ? Regardez bien. Nous sommes ici dans un intérieur flamand. Dans le livre de Monique Ducrocq nous relevons : « Apogée du culte Marial , cette Vierge est le symbole de la Mère , sécurisante et guide , source de vie , messagère d'un autre monde , elle est la Nouvelle Eve. »


Joseph songeur

Quand à saint Joseph l'ange lui murmure à l'oreille de fuir en Egypte , d'ou cette mine songeuse.

Joseph songeur

Orgue des Frères Thomas et Jean-Jacques Desfontaines

L'orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale de Saint-Omer. Construction de l’Orgue par les Frères Thomas et Jean-Jacques Desfontaines , facteur d’orgues à Douai en 1717. Les frères Piette , maîtres sculpteurs de Saint-Omer construisent le Buffet. Pendant près de 140 ans , divers travaux d’entretiens et de réparation dénaturent et transforment l’instrument d’origine.
RÉHABILITATION DE L’ORGUE
Effectuée en 1855 par Aristide Cavaillé-Coll de Paris , le plus important facteur d’orgue du XIX ème siècle.

L'orgue Cavaillé-Coll

Le Grand Orgue construit par deux facteurs habiles et consciencieux est un des ouvrages les plus remarquables de son temps , tant sous le rapport de la composition instrumentale que sous celui de sa forme architectonique… Aristide Cavaillé-Coll a le souci de redonner à cet orgue le premier rang qu’il a occupé dans les instruments de son siècle .


Quelques célébrités de la ville de Saint-Omer.

Seigneurs de Saint-Omer oubliés

La Maison de Saint-Omer est oubliée aujourd'hui ... même dans la ville qui porte son nom. Plus de château , plus de représentant pour porter haut ses couleurs : il semble bien que , le 12 décembre 1617 , quand le héraut "cassa lesdites armes , puis les jeta dans le tombeau de Robert de Saint-Omer seigneur et 1er comte de Morbecque (Châtellenie de Cassel en Flandres , par Lettres des Archiducs Albert et Isabelle 08/02/1614) , vicomte d’Aire , baron de Robecque , seigneur de Dranoutre , Renescure , La Bourse , Souverain-Moulin , Blessy et Saint-Quentin décédé sans postérité pour y demeurer en oubli avec défenses de relever le nom" , la dalle de marbre du tombeau recouvrit jusqu'au souvenir de cette dynastie.

Rappel géopolitique

Au temps de l'empire Romain , l'Artois est une partie de la province romaine de Belgique , puis , cette région fut conquise au Vème siècle par les FRANCS . À l'époque de Charlemagne , lors de la dernière invasion marine due à une période de réchauffement climatique , Saint-Omer était un port de la mer du nord au XI ème siècle. Sa région reste le dernier marais cultivé de France en 2018.
Saint-Omer port de la mer du nord
Saint-Omer est un port au XI ème siècle et le restera jusqu'au XIV ème siècle ,
alors que l'actuelle Flandre Maritime est encore sous les eaux de la mer du Nord ainsi qu'une partie du Calaisis. Dans la 2ème moitié du IX ème siècle , Saint-Omer est ravagée 2 fois par les Vikings du Danemark en l'an 860 et en l'an 879 , en l'an 891 ces pillards reviendront de nuit en excursion , pensant que les lieux n'étaient toujours pas bien défendus . Depuis la deuxième razzia les audomarois avaient créé une milice de guetteurs , cette dernière fit son office , et , à peine débarqués ces Vikings furent tous exterminés à l'exception de quelques individus qui s'enfuirent à pied ! L'Artois fut donnée en 863 par Charles le Chauve à Judith sa fille , qui épousa Baudouin Bras de Fer , Comte de Flandre. Avec le pagus d'Artois , la ville entra en 932 dans la possession des Comtes de Flandre , et au cours des XIIème et XIIIème siècles , l'industrie textile y fut florissante. Au cours de sa période de plus grande prospérité , la ville fut en Occident une des premières à bénéficier d’institutions communales , peut-être au début des années 1070. Ces institutions prennent la suite d’institutions d’entraide de voisinage , formalisées sous forme de confrérie , qui évolue ensuite en guilde marchande , y sont codifiés , les beuveries mais aussi les conditions d'admission , le rôle des doyens , l'entraide , la charité envers les pauvres , l'entretien des places et des remparts , qui a donné naissance à la commune. Cette commune est un soutien pour le Comte de Flandre qui lui a accordé ces libertés. Par la suite , elle dut céder à Bruges la première place pour le tissage. L'Aa est canalisé dès 1165 jusqu'à Gravelines , qui constituera jusqu'à son ensablement l'avant-port de la cité audomaroise.

Célébrités de Saint-Omer

Tout le monde connaît Suger , il y a une place à son nom , du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait ? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin .
Quant à geoffroy, fils du Seigneur de Saint-Omer , fondateur de l’ordre du Temple , rien , pas une place , pas une rue , pas une impasse. Pas une seule trace dans les documents touristiques de la ville. A croire qu’il ait été maudit , et que cette malédiction dure encore! Et c’est la même chose pour Hoston de Saint-Omer , qui fut un grand dignitaire de l’Ordre du Temple. Ces trois hommes furent liés par un quatrième personnage , peut-être le plus illustre , Bernard de Clairvaux , autrement dit Saint Bernard . Geoffroy et Suger l’ont rencontré , et leur rencontre avec cet homme que certains historiens désignent comme le plus influent de l’occident médiéval a été déterminante pour le reste de leur vie.

Geoffroy de Saint-Omer

Geoffroy (aussi connu sous les noms de Geoffroi et Godefroy de Saint-Omer) est né en fin d'année 1075 ou au début de l'année 1076 à Saint-Omer c'est le fils de Guillaume 1er de Saint-Omer. Chevalier flamand , Gaulois de nation . Avec ses trois frères Guillaume , Hugues et Gérard , il rejoint le "cortège de Godefroy de Bouillon" parti de Boulogne sur mer et retrouve ses amis , les fils de Godefroy de Bouillon (Godefroy de Bouillon né à Boulogne sur mer) et Baudouin (fils du comte Eustache de Boulogne sur mer) futur Roi de Jérusalem. Ce cortège grossira à chaque ville traversée , Saint-Omer , Lille , Charleroi , Bastogne , Mayence , Strasbourg , Ratisbonne , Vienne , Belgrade , Constantinople , Nicée , Dorylée , Komia , Césarée , Maras , Antioche , pour arriver enfin à Jérusalem . Il y aura 4 autres cortèges :
celui de Robert de Courteheuse
celui de Bohémond de Tarente
celui de Hugues de Vermandois
celui de Raymond de Saint Gilles
Geoffroy fonde en 1118 avec Hugues de Payns et sept autres chevaliers la milice des pauvres chevaliers du Christ "l’Ordre du Temple" au service des chanoines du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Guillaume II de Saint-Omer , assiste utilement Robert II de Flandre , dit "de Jérusalem" , dans ses principales entreprises. Pendant ce temps , ses frères Hugues Gérard et geoffroy contribuent à la prise de Jérusalem , et Hugues dit « païen » reçoit en récompense de ses exploits la principauté de Galilée et la Seigneurie de Tibériade. Dix ans plus tard , en 1128 , il obtient du concile de Troyes , donc de Saint Bernard , un règlement et des statuts pour ses braves compagnons qui assurent la sécurité des voyageurs . Cette reconnaissance jette en Europe les bases de la prodigieuse puissance de cette milice héroïque. En 1127 , nous retrouvons sa trace à Rome auprès du pape Honorius III pour que ce dernier organise une nouvelle croisade car les croisés sont en sous nombre par rapport aux musulmans au proche orient. En 1127 , Geoffroy et plusieurs de ses compagnons fondent dans les faubourgs d’Ypres une commanderie , sur le territoire d’Upstal , en 2018 cette Commanderie existe toujours. En 1129 , la milice est fondée en ordre religieux et militaire et prend définitivement le nom d'Ordre du Temple. Avec Hugues de Payns il fera plusieurs allers et retours entre le royaume de France et Jérusalem afin de trouver des soutiens financiers pour l'Ordre. En 1130 , il est de retour à Jérusalem avec l'accord de sa famille de Saint-Omer pour donner à l'Ordre les redevances des Flandres du Comte Guillaume Cliton . Il est accompagné par Hugues de Payns qui avait reçu des sommes d'argent énormes et des biens de la couronne d’Angleterre.
Geoffroy sera plus tard nommé duc de Thèbes en Egypte , et c’est dans cette contrée lointaine qu’il terminera sa vie aventureuse mais pieuse vers l'an 1150..
De Geoffroy , il ne subsiste aucun souvenir , hormis une loge maçonnique à l’Orient de Bruxelles , une autre à Renescure et une autre encore à Saint-Omer , ainsi qu’un grade maçonnique "Chevalier Kadosh".

Hoston de Saint-Omer

Gautier , frère de Geoffroy , aide Saint Bernard à faire surgir des eaux l’abbaye de Clairmarais (village qui jouxte Saint-Omer) vers 1145. Hoston frère de Geoffroy , devient un des hauts dignitaires du Temple , et assiste avec plusieurs chevaliers templiers aux funérailles de Suger en 1152.

Guillaume Cliton

Guillaume Cliton donne la Première Charte de Franchises à Saint-Omer en 1127. En 1126 , Didier Hacket , fils d'Erembald , châtelain de Bruges et parent de Guillaume de Saint-Omer , doit justifier de sa noblesse. Ne pouvant y parvenir , il assassine Charles le Bon , comte de Flandre le 2 mars 1127.
Guillaume Cliton devient comte de Flandre avec le soutien de Louis VI , roi de France mais plusieurs candidats lui disputent ce siège. Afin d'assurer sa position , Guillaume Cliton fidélise les principales villes du Comté en octroyant divers privilèges commerciaux. Saint-Omer obtient une charte de franchise le 14 avril 1127. Ces concessions ne suffisent pas : des troubles éclatent dans plusieurs villes flamandes. Dès août 1127 à Lille , une émeute se déclenche en raison d'une arrestation en pleine foire, jugée par la foule comme injuste. Le 3 février 1128 , les habitants de Saint-Omer s'insurgent contre le nouveau châtelain fidèle au nouveau comte. Guillaume Cliton investit la ville qui se déclare pour Arnoul de Danemark , prétendant au comté. Les Audomarois l'accueillent mais face à la menace , la ville capitule. Guillaume Cliton impose une contribution de 600 marcs d'argent. De 1127 à 1128 , Hoston de Saint-Omer remplace son frère Guillaume 1er à la tête de la châtellenie sans que l'on sache les circonstances exactes de cette "régence". Le 16 février 1128 , une nouvelle révolte éclate à Gand dont l'une des causes est les persécutions que Saint-Omer a connues. Ils imposent le renvoi du comte devant un tribunal réuni à Ypres le 8 mars 1128. Celui-ci vient en armes et ses troupes investissent la ville. La première conséquence fut le renvoi du tribunal mais aussi la reprise des révoltes en Flandre. Mi-mars , Saint-Omer accueille de nouveau Arnoul qui se fortifie dans Saint-Bertin. Le 21 , Guillaume Cliton se représente devant la ville qui se rend à nouveau .
Les villes sont très divisées sur le choix du comte : Saint­ Omer supporte Arnoul, Gand soutient Thierry d'Alsace, Bruges est contre Guillaume Cliton (champion du roi de France), d'autres sont favorables à Baudouin de Mons ou Guillaume de Normandie . Le 25 mars , Thierry d'Alsace gagne Bruges en confirmant leurs franchises , le 30 il confirme la charte et fait son entrée solennelle le 1er avril malgré les pressions du roi de France et l'excommunication de l'évêque de Noyon contre les Flamands abandonnant Cliton. Le conflit se poursuit jusqu 'au 27 juillet 1128 date à la­ quelle Guillaume Cliton meurt devant Alost où il assiège Thierry d'Alsace. Le 22 août , celui-ci concède une nouvelle charte à Saint-Omer sur le modèle de 1127 à l'occasion d'une tournée en Artois. Le pouvoir comtal reprend vigueur avec le retour à la stabilité. La plupart des villes flamandes ont obtenu la confirmation de leurs franchises ouvrant des circonstances favorables à l'émergence de plusieurs lignages bourgeois .

- Sources :Thomas DELVAUX (l'Indépendant du 29-02-2008) .

Découvrez la ville de Saint-Omer.
Une croix apparait dans les armoiries de la ville , sur le sceau aux causes (le sceau utilisé pour authentifier les actes et les transactions  à Saint-Omer depuis le Moyen Age). La version la plus ancienne de ce sceau apparait dans un acte de 1209 entre la communauté des échevins et l’abbaye de Saint-Bertin et dont l’empreinte est reprise dans « L’histoire sigillaire de Saint-Omer » paru en 1861. Omer y est représenté en habit d’évêque coiffé de la mitre et portant la crosse. Sur le contre-sceau, apparait la  fameuse croix entourée de l'inscription : [signum sancte crucis] , évoquant la croix du Christ. De nombreux reliquaires de la vraie croix , comme la croix staurothèque de Clairmarais conservée au Musée de l'hôtel Sandelin avait la forme de la croix à double traverse. La présence de reliques de la vraie croix ramenées par les Croisés de Terre Sainte à Saint-Omer  pourraient expliquer le choix de ce motif sur les amoiries de la ville.
En effet , bon nombre de chevaliers issus des familles du Nord de  la France et notamment les chatelains de Saint-Omer prirent une part importante dans les premières croisades. Un des plus célèbres d'entre eux , Geoffroy de Saint-Omer fonda vers 1129 avec Hugues de Payns , l'Ordre des Templiers.

15 chemins Templiers à Fauquembergues.
On retrouve les traces des Romains à Reclinghem , celles de Charles Quint à Renty… Le canton de Fauquembergues compte aujourd’hui quinze itinéraires de randonnée pédestre . À Avroult, le sentier du Puits des Templiers sillonne des chemins ombragés, le « Val » ou la « Voie sage », et offre de jolis panoramas sur les villages voisins. Une balade de 12km dont le départ se situe à l’église , juste en face du puits des Templiers… profond de plus de quatre-vingts mètres ! Le hameau de Serny est incontestablement l’un des plus bucoliques du canton. Avec un petit air montagnard qui ne paie pas de mine ! Le sentier des Vieilles pierres - 13km - présente d’ailleurs un dénivelé de 194 mètres. S’élançant de Serny , le randonneur longe la Laquette , frôle le château de Créminil à Estrée-Blanche et le château de Liettres , retrouve des Templiers à Fléchinelle , trempe ses pieds dans l’eau du gué du moulin espagnol à Enquin-les-Mines…

Découvrez les seigneurs oubliés de Saint-Omer.
La Maison de Saint-Omer fut l'une des plus importantes de l'Artois aux XII ème – XIII ème siècles. Avant de décliner , ses châtelains firent un temps de l'ombre aux comtes de Boulogne et de Flandres. Sa gloire dépassa de beaucoup les limites trop étriquées de l'Audomarois : sa progéniture , omniprésente dans l'histoire des Croisades , participa à la fondation de l'Ordre du Temple et deux de ses ramifications s'enracinèrent dans les Etats Latins d'Orient tant en Galilée qu'en Morée où elles eurent les tous premiers rangs. De noblesse immémoriale, on retrouve les chevaliers de Saint-Omer sur les champs de bataille de France et d'Outre-Mer, des plaines désertiques de Tibériade à Poitiers ou Hastings , rencontrant à ces occasions les plus hauts personnages de leurs temps tels Guillaume "le Conquérant" , Saladin , le "Prince Noir" ou Jean II , roi de France, Robin "des Bois" ou Cromwell. La Maison de Saint-Omer apparaît bien oubliée aujourd'hui ... même dans la ville qui porte son nom. Plus de château, plus de représentant pour porter haut ses couleurs : il semble bien que , le 12 décembre 1617 , quand le héraut "cassa lesdites armes , puis les jeta dans le tombeau de Robert de Saint-Omer seigneur puis 1er comte de Morbecque (Châtellenie de Cassel en Flandres, par Lettres des Archiducs Albert et Isabelle 08/02/1614) , vicomte d’Aire , baron de Robecque , seigneur de Dranoutre , Renescure , La Bourse , Souverain-Moulin , Blessy et Saint-Quentin décédé sans postérité pour y demeurer en oubli avec défenses de relever le nom" , la dalle de marbre recouvrit jusqu'au souvenir de cette dynastie.

Découvrez le Patrimoine Architectural Audomarois.
Omer , nommé évêque de la Morinie en 638 par Dagobert , convertit le seigneur local Adroald et reçoit en don le domaine de Sithieu (futur Saint-Omer). Sur la butte qui domine le marais, il fait édifier une chapelle en bois dédiée à la Vierge dans laquelle il se fera enterrer à sa mort. Au pied du marais, il installe , avec trois moines venus l’aider dans sa mission de conversion , une abbaye qui prendra le nom de Saint-Bertin. L’abbaye et la chapelle sont liées et forment un grand monastère. Autour de la chapelle est installé le cimetière des moines. Bientôt , la route qui relie les deux sites devient un axe de procession. Vers 820 , l’abbé Fridugise sépare les deux établissements: d’un côté , l’abbaye desservie par 60 moines et de l’autre , il fonde un collégiale desservie par 30 chanoines (prêtres) pour remplacer la chapelle.
En 638 , Omer évêque de la Morinie est aidé dans sa mission , par trois moines : Mommelin , Ebertramne et Bertin. En 651 ,Omer baptise Adroald , le riche seigneur local qui fait don de son domaine de Sithieu à la communauté pour implanter le monastère. Après une première tentative aux abords de la commune de Saint-Mommelin, les moines se voient obligés de quitter les lieux pour s’installer au pied de la butte Sithieu, sur le site de l’actuelle abbaye. A la mort de Bertin , de nombreux miracles se produisent sur sa tombe , il est élevé au rang de saint et l’abbaye prend le nom de Saint-Bertin.

Découvrez les fortifications Audomaroises.
Ce nouveau modèle de château apparaît au 10 ème siècle avec la société seigneuriale et se diffuse rapidement à travers toute l’Europe. Car son principe est simple et facile à mettre en oeuvre : il est constitué d’une butte en terre ayant la forme d’un cône tronqué entouré d’éléments de défense : fossés , enceinte en terre surmontée d’une palissade , d’une haie d’épines… La plateforme sommitale de la motte , à laquelle on accède par une rampe en bois en partie amovible , porte une tour en bois qui sera parfois remplacée par une tour en pierre. A côté , une basse-cour entourée d’une enceinte accueille le logis du seigneur , des bâtiments agricoles et une chapelle. Cet ensemble permet de tenir le territoire alentour et de se défendre.

Découvrez les églises Audomaroises.
Le site de l’ancienne cathédrale a fait l’objet de plusieurs fouilles archéologiques depuis la fin du 19e siècle. Ces campagnes ont surtout permis de mettre au jour les fondations du groupe épiscopal du 7e siècle, un ensemble de cryptes du milieu du IX ème siècle et les fondations d’un édifice gothique commencé dans les années 1131-1133. Le choeur se composait d’un sanctuaire entouré d’un déambulatoire desservant des chapelles rayonnantes contiguës, schéma différent du choeur de la collégiale Notre-Dame de Saint-Omer. Selon les estimations des archéologues , le choeur mesurait 31 m de large , 36 m de long (entre le chevet et la limite du transept). Aux 13 ème et 14 ème siècles , les travaux se poursuivent par l’érection du transept nord , de la tour sur le bras sud du transept et du jubé , au début du 15 ème siècle.

Découvrez la charte de Guillaume Cliton.
En 1127 , le comte Guillaume Cliton accorde une charte communale à la guilde des bourgeois de Saint-Omer. Ce document est conservé à ce jour à la Bibliothèque d’Agglomération de Saint-Omer. Le texte ci-après en est sa retranscription.



Sources de ce travail sur les templiers de Saint-Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint-Omer , Vieilles rues, vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».


L'homme de confiance du Roi Louis VII

Vous avez tous entendu parler de Suger , mais qui était-il ?

Suger est né en 1082 , et il est mort en 1152 à la cour de Louis VII.
Selon l'hypothèse de Jean Dufour historien médiéviste qui s'est penché sur cette question , Suger serait issu d'une famille assez aisée , probablement des minores milites possédant des terres à Chennevières-lès-Louvres situé à 18 km au nord de Saint-Denis .
Selon les médiévistes Régine Pernoud et Jacques Heers , c'était un fils de serf , et sa famille vivait dans les environs de Saint-Omer.
Il faut noter que Suger à la fin de sa vie ordonnera la construction de l'abbaye de clairmarais (située à 5 kms de Saint-Omer) et c'est Thierry d'Alsace qui en sera le maitre d'oeuvre en 1141 , cette abbaye relevant des règles de l'Ordre de Cîteaux. Si Suger n'était pas natif de Saint-Omer , il n'avait aucune raison de faire construire une abbaye dans cette zône marécageuse inhospitalière. Cette décision prouve que Suger au fait de sa gloire et de sa puissance voulait honorer le village qui l'avait vu naître .
Sa première éducation lui fut donnée dans l’abbaye de Saint Bertin à Saint-Omer.
En 1092 , son père n'ayant plus les moyens de le nourrir confie son enfant agé de 10 ans aux moines de l’abbaye de Saint Denis ( sur les conseils des moines de l’abbaye Saint Bertin ). Saint Denis restera sa maison jusqu'à sa mort . Dans cette abbaye , il rencontra le fils du roi de France avec qui il noua des liens indestructibles . Il se fit également très tôt remarquer pour ses aptitudes par l'abbé Adam en charge de l'abbaye. A la mort de son mentor l'abbé Adam en 1122 , il devient son remplaçant à la tête de l'abbaye.

Suger à Saint-Omer

Tout le monde connaît Suger à Saint-Omer , il y a une place à son nom , du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin .
En 1112 , le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros , qui fit reconnaître Baudoin VII , fils de Robert I (Robert le Frison) , comme douzième comte de Flandres. Les châtelains , dont l’origine remonte aux rois francs de la première race , ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III , en 1090. Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale. C’est Baudoin VII , comte de Flandres , qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint-Omer, notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu , en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon , qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque , le châtelain de Saint-Omer s’appelait Hoston ou Guillaume 1er. Il avait trois fils , Guillaume , qui deviendra châtelain sous le nom de Guillaume II , geoffroy et Hugues qui firent partie de l’expédition des Croisés de 1096 . Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon , et là prend naissance l’histoire des Templiers de Saint-Omer. (Hugues était appelé le « païen » , ce qui fait que certains auteurs l’assimilent à Hugues de Payns). Nous avons évoqué Saint Bernard , Geoffroy , Hoston , il reste un homme incontournable dans cette aventure Templière :

Suger régent du royaume

Il connut trois rois et quatre papes et des princes étrangers le prirent pour arbitre. Il prépara Philippe I à mourir et présida ses obsèques. Il devint alors conseiller de Louis VI , son ami d’enfance. En 1122 à la mort de l'abbé Adam , Suger est élu abbé du monastère de Saint Denis à 40 ans , et de suite il entreprit d'agrandir l'Abbaye . il se rendit en Italie pour étudier les édifices religieux . A son retour il démarre les travaux d'agrandissement de Saint Denis pour en faire la première Cathédrale Gothique d'Europe , il trouve l'argent grâce aux dons des fidéles qui viennent se recueillir devant les reliques mises en valeur par Suger . C'est alors que Saint Bernard l'accuse d'avoir la folie des grandeur , mais Suger saura amadouer et calmer Saint Bernard . Après avoir donné lui-même l’exemple dangereux d’une existence trop somptueuse pour un moine , il réforma son abbaye avec un soin scrupuleux. C’est sa rencontre avec Saint Bernard qui fut déterminante. Auparavant , son église était emplie de dorures , de pierres et de bois précieux. C’était un endroit très à la mode où le beau monde aimait à se rencontrer , loin de la ville , mais aussi bien loin de la rigueur indispensable à un lieu sacré. Après sa rencontre avec Saint Bernard , il appliqua avec fermeté la règle de Saint Benoît , ce qui lui valut d'ailleurs quelques problèmes avec certains moines qui avaient vite pris l’habitude de la vie facile et oisive. Mais il tint bon , et l’abbaye retrouva sa vocation première. On sait , grâce aux courriers échangés , que Suger tenait Saint Bernard en très haute estime et que ce dernier finit par estimer Suger. Avant son départ pour la croisade , en 1147 , Louis VII le nomme régent du royaume. Pendant l'absence du roi , Suger fut très efficace pour recouvrer les impots de sorte qu'à son retour le roi trouva un pays plus riche qu'il ne l'avait quitté . De plus Suger se montra très habile afin de déjouer tous les complots visant à renverser le roi pendant son absence .
La cathédrale de Saint Denis achevée il revint sur les lieux de son enfance , et décida la construction de l’abbaye de Clairmarais (prés de Saint-Omer) en 1141. Si Suger n'était pas né à Saint-Omer , que serait il venu y faire à la fin de sa vie , et pourquoi aurait il ordonné la construction d'une Abbaye dans ces marécages ? De cette Abbaye il ne reste de nos jours que quelques ruines .

vestiges de l'abbaye de clairmarais construite par Suger

Enfin , peu de temps avant sa mort il organise une croisade pour vanger celle de son roi qui fut un échec cuisant. Sa santé déclinant , il annula cette croisade et se prépara pour son dernier voyage ! Le roi Louis VII fut fort affecté par sa disparition en 1152.









Sources de ce travail sur les templiers de Saint-Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh , Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint-Omer , vieilles rues, vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».