CHILDERICIII DERNIER ROI MÉROVINGIEN DETRÔNÉ EN 751 PAR PEPIN LE BREF A SAINT OMER.

Saint Omer est une ville chargée d'histoire , en 751 , Sithiu devient la retraite du dernier roi mérovingien , Childéric III , souverain de 743 à 751. Il fut détrôné sur les conseils du pape Zacharie par Pépin le bref alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie , envoyé , la tête rasée , en signe d'incapacité , à Sithiu et enfermé à Saint Bertin , Childéric III y fut reçu moine en 751 , et y mourut en 755. Il laissa un fils , nommé Thierry , qui fut envoyé au monastère de Fontenelle (Saint-Vandrille) , et élevé dans l’obscurité. La dynastie des Mérovingiens s'est brutalement arrétée a Saint Omer en l'an de grace 751 , pour etre remplacée par celle des Carolingiens.

LES TEMPLIERS NATIFS DE SAINT OMER.

Chacun connaît l’Ordre du Temple , cet ordre chevaleresque , dont on parle toujours , chez nous ou à l’autre bout de la planète , de ces chevaliers au blanc manteau qui se battaient pour défendre les pauvres pèlerins en route vers Jérusalem. Ils ont été le symbole de la pureté de cœur, de la bravoure, de l’humilité. La ville de Saint Omer comptait dans ses enfants un des deux fondateurs de l’Ordre du Temple , et , chose incroyable personne n'en parle jamais! Saint Omer a d’autres liens avec l’Ordre du Temple , sans pour autant comprendre pourquoi ils sont restés dans l’ombre si longtemps.
Tout le monde connaît Suger , il y a une place à son nom , du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait ? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin .
Quant à geoffroy, fils du Seigneur de Saint Omer, fondateur de l’ordre du Temple , rien , pas une place , pas une rue , pas une impasse.
Pas une seule trace dans les documents touristiques de la ville. A croire qu’il ait été maudit , et que cette malédiction dure encore ! Et c’est la même chose pour Hoston de Saint Omer , qui fut un grand dignitaire de l’Ordre du Temple. Ces trois hommes furent liés par un quatrième personnage , peut-être le plus illustre , Bernard de Clairvaux , autrement dit Saint Bernard . Geoffroy et Suger l’ont rencontré, et leur rencontre avec cet homme que certains historiens désignent comme le plus influent de l’occident médiéval a été déterminante pour le reste de leur vie.

Saint Omer en l'an 1000

Chateau du IX ème siècle de Saint Omer bati sur la motte castrale.

Chateau du IX ème siècle de Saint Omer bati sur la motte castrale vue en plan .

Ci dessous , les nombreuses caves du chateau de Saint Omer furen rebouchées en 2005 afin de construire le nouveau complexe cinématographique "OCiné" .

Ci dessous , tous les souterrains au départ du chateau de Saint Omer furent murés puis les caves comblées en 2005 pour construire le nouveau complexe cinématographique "OCiné".

 

Entre les années 900 et 1350 , la ville de Saint Omer connut une prodigieuse croissance , comparable à l’essor de l’Ordre du Temple , pendant la même période , ordre qui devait disparaître officiellement en 1307. En 900 , la ville ne comptait que quelques centaines d'habitants , plus de mille un siècle plus tard , dix mille en 1200 , période qui nous intéresse , et qui voit la croissance de l’Ordre , et plus de trente cinq mille en 1300, siècle de la persécution des templiers.
En 1300, on dénombrait en effet 2700 maisons pour la paroisse Sainte Marguerite , 425 pour Saint Jean , 400 pour Saint Martin , alors que le bas métier comptait 10000 feux , ce que confirment des documents de 1338. A cette époque , Saint Omer ne comptait ni couvent , ni hôpital . Pas de collège ou de caserne , mais elle était formée d'innombrables maisoncelles dont certaines faisaient moins de 7 pieds de façade , et de populeux faubourgs (haut-pont , Fresque Pissonerie , Ysel dans le marais , Saint Martin au Laert , Sainte Croix , Saint Michel , et les Madeleines dans les terres fermes). Mais comment pouvait-on vivre dans une ville plus petite mais plus peuplée qu’à notre époque moderne , alors que les maisons de plus de un étage n’existaient pas ? Tout simplement : tout était habité. On louait les caves , les greniers , on s’entassait à 8 , 10 personnes dans une pièce , avec tous les inconvénients que cela pouvait comporter. C’était déjà l’époque des « courées », et on en trouve encore quelques traces aujourd’hui dans les vieux quartiers. Cela créait d’immenses problèmes de travail , de vivre , d’eau potable , de combustibles , d’incendies , de résidus urbains que l’on répandait sur les champs voisins , et de voies publiques , qui étaient régulièrement défoncées. Pour sa sécurité , on dut abriter la ville derrière des enceintes de protection percées de quelques portes. Il y eut quatre enceintes successives: la première, autour de l’église d’en-haut (actuelle cathédrale) , d’une superficie de 2 ha. Saint Bertin était en fait une autre forteresse. Entre les deux existait un espace découvert peu sûr , parcouru d’un simple chemin en 957, une procession venue de Saint Bertin à Saint Omer n’osa pas retourner à Saint Bertin et passa la nuit dans l’église d’en haut! En l'an 1000 , une nouvelle enceinte fut édifiée. Elle correspondait à la paroisse Sainte Aldegonde et englobait le deux marchés , dont l’immense Grand Marché de 1.5 ha et la Ghildhalle , ce qui nous fait un rectangle de 8 à 9 ha. La troisième enceinte, de 30 à 35 ha, existait en 1127, mais ce n’était qu'une levée de terre ou une palissade qui n’a pas laissé de trace. Quant à la dernière enceinte , qui délimitait un territoire de 100 à 110 ha, elle est apparue vers 1200. Sa pièce maîtresse était le château comtal de l’esplanade qui défendait la porte boulnizienne. Elle comportait un ouvrage avancé qui barrait la porte d’Arques , le Colhof. Au delà , se trouvaient les marais et les faubourgs. Parmi les vieilles demeures dont nous avons retrouvé la trace , il y a dans la rue Caventou ( anciennement rue des Soeurs Grises puis Veltrestraet ou rue des Feutriers (vill = feutre), une maison dite du Temple. On trouve encore parmi les voisins de cette maison les noms de Engrand Bailly (chanoine) en 1628 , en 1333 Jehan Cousin , cordewanier , en 1360 Jehan de Pas et en 1377 Jehan Billehaut (peintre). La Commanderie , qu’on appelait « maison templière » était située à l’angle des rue Léon Belly (rue du Poirier ou Perebomstraet) et Saint Bertin (Grosse Rue) , et occupait l’emplacement des maisons qui forment les angles de cette rue. En fait , la rue Léon Belly n’existait pas à cette époque. La muraille Est du jardin de l’étude notariale (maître Lembrez et Delevacque) date , dit-on , des Templiers, et il subsiste des portions d’arcade qui sont des vestiges de l’ancienne maison de ces religieux-chevaliers. La commanderie de Saint Omer dépendait de la Commanderie Principale située à Merck Saint Lièvin , au lieu dit « le petit Bruveau » , qui existe encore dans la mémoire collective du village.
Vous connaissez maintenant Saint Omer en l'an 1000, voyons les personnages :
En 1112, le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros , qui fit reconnaître Baudoin VII , fils de Robert I (Robert le Frison) , comme douzième comte de Flandres. Les châtelains , dont l’origine remonte aux rois francs de la première race , ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III , en 1090. Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale. C’est Baudoin VII , comte de Flandres , qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint Omer , notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu , en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon , qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque , le châtelain de Saint Omer s’appelait Hoston ou Guillaume 1er. Il avait trois fils , Guillaume, qui deviendra châtelain sous le nom de Guillaume II , Geoffroy et Hugues qui partirent dès 1096 en croisade. Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon , ils contribueront à l’histoire des Templiers de Saint Omer. Hugues était appelé le « païen » , ce qui fait que certains auteurs l’assimilent à Hugues de Payns.Cette controverse sur les origines de Hugues de Payns est toujours d'actualité , espérons que les recherches en cours entreprises par les membres de l'OSMCS puissent bientot clore définitivement cette zone d'ombre de l'histoire glorieuse des Templiers de Saint Omer.
Sur les autres onglets découvrez les protagonistes

Sources de ce travail sur les templiers de Saint Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint Omer , Vieilles rues, vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».

SAINT BERNARD de CLAIRVAUX
(1090-1153)

Quelques dates

Saint Bernard naquit en 1091 à Fontaines, près de Dijon, en Bourgogne. Son père, Tescelin Sore, était seigneur de Fontaines, et sa mère Aleth était fille du seigneur de Montbar. Le château de ses pères a été donné aux religieux Feuillants et changé en monastère.
En 1113 conversion de Bernard. Il avait environ vingt-trois ans quand il alla se mettre avec trente autres jeunes gens, ses compagnons, sous la conduite d'Etienne, abbé de Cîteaux. C'est à partir de ce montent-là que l’ordre de Cîteaux commença à se répandre d'une manière extraordinaire. La même année, fondation de l'abbaye de la Ferté, première fille de Cîteaux, au diocèse de Chalons-sur-Saône , sur la Grône, par les seigneurs de Vergy, Savaric et Guillaume son fils, comtes de Châlons-sur-Saône.
En 1117 Bernard,atteint d'une maladie grave, est confié aux soins d'un médecin de la campagne, que lui procure Guillaume, évêque de Châons-sur-Marne.
En 1123 Adam, abbé de saint Denys, a pour successeur, d'un commun accord de tous les religieux, l'abbé Suger, à qui Bernard écrivit plusieurs fois.
En 1125 Bernard réconcilia les Milanais avec le pape Innocent et Lothaire II, qui fut élu empereur.
En 1128 le jour de la fête de saint Hilaire, concile de Troyes, qu'on place à tort en 1129, comme il ressort des témoignages de Michel, qui en fut le secrétaire. Il fut présidé par Mathieu, évêque d'Albano, légat du Saint siège. On y compta parmi les assistants, Étienne de Cîteaux, Bernard de Clairvaux et d'autres abbés du même ordre. C'est dans ce concile qu'on détermina les couleurs blanches des habits à donner aux Templiers, et la règle qu'ils devaient suivre. Ce n'est que plus tard, que le pape Eugène III leur fit placer la croix rouge sur leurs habits.
En 1131, cinquième année du règne de Lothaire II, vingt-deuxième de celui de Louis VI, roi de France, le pape Honorius meurt, le 16 janvier, dans la sixième année de son pontificat. Un schisme très-grave règne dans l'Église de Dieu, Grègroire, élit canoniquement sous le nom d'Innocent II le 17 février, se vit disputer le trône par Pierre, fils de Pierre de Léon, appuyé par la violence de ses amis qui étaient tout-puissants à Rome, et par Roger, roi usurpateur de Sicile. Pendant huit ans , Bernard défendit avec courage la cause d'Innocent. En effet, entre autres choses, dans le concile tenu à ce sujet, cette même année, à Étampes, il fut choisi tout d'une voix, par les pères du concile, comme arbitre du différend, et se déclara pour innocent contre Anaclet. Il amena le roi d'Angleterre Henri à le reconnaître également. La même année, Bernard, avec une humilité admirable, refusa l'évêché de Gênes, devenu vacant l’année précédente par la mort de Sigefroy.
En 1132 départ du pape Innocent de France, pour l'Italie, Bernard l'accompagne. Il réconcilie les Pisans et les Génois. L’évêché de Gênes lui est offert pour la seconde fois, avant que Syrus y soit nommé, et même après la nomination de Syrus qui veut se démettre. II refuse avec la même persévérance et la même humilité qu'auparavant.
En 1134 Concile de Pise. Pendant que Bernard, sur l'ordre du pape Innocent, s'y rendait en traversant la Lombardie, après avoir réconcilié ensemble Lothaire et Conrad, il reçoit des Milanais, excommuniés et privés de la dignité de Métropole, pour avoir, à la suite d'Anselme, leur archevêque, embrassé le parti de Conrad et d'Anaclet, une lettre où ils le prient de les faire rentrer en grâce avec Lothaire et Innocent.
En 1135 Bernard passe par Milan en revenant d'Italie, et revient à Clairvaux, dont on transfère les bâtiments dans un lieu plus commode.
En 1137 Bernard, appelé par le pape Innocent, repasse une troisième fois les Alpes pour retourner en Italie, qui gémissait sous Anaclet, des vexation de Roger de Sicile. Ce prince, vaincu grâce aux prières de Bernard, par le duc Rainoulphe, voyant qu'il ne pouvait l'emporter par la force des armes, eut recours à la force de l'éloquence et confia la défense de la cause d'Anaclet à Pierre de Pise, homme d'un rare talent pour la parole mais le voyant vaincu et ramené du schisme par Bernard, il n'en revint pas lui-même à de meilleurs sentiments.
En 1138 mort malheureuse de l'antipape Anaclet, à qui la fraction de Roger donna pour successeur le cardinal Grégoire, qui prit le nom de Victor et qui se dépouilla des insignes du pontificat entre les mains de Bernard. Le schisme se trouva donc ainsi terminé, grâce au zèle et à la prudence de Bernard, après avoir duré sept ans.
En 1153 Bernard meurt en paix, après avoir rétabli la paix entre les habitants de Metz, le 20 août à neuf heures du matin, dans la soixante-troisième année de son âge, la quarantième de sa profession religieuse, et la trente-huitième de sa prélature.

Synthèse

Saint Bernard est la figure centrale de la chrétienté au XII ème siècle , et il est pour certains le personnage principal de l’occident médiéval. C'était un adorateur du mystère divin et un initiateur du mystère marial. Chevauchant sa mule ou son destrier , il a parcouru l’Europe entière pour arbitrer les conflits qui opposaient les grands de ce monde. Saint Bernard est un guerrier de la Foi. Sa gymnastique spirituelle consiste à torturer son corps , à le combattre sans cesse comme il combat les esprits malins de ce monde. Il commande au Pape et aux Princes , il est l’arbitre suprême de son siècle. L’autre aspect de Saint Bernard est le culte de la dame , figurée par la Vierge. Il considère que la Vierge est le médium privilégié par lequel transite le message divin. Il fut l’instigateur de la deuxième croisade en 1146. Le 14 Janvier 1128 , il réunit le concile de Troyes en présence du Pape Honorius II , et fournit aux Templiers la célèbre règle du Temple. Saint Bernard était un simple moine , fragile mais puissant dans sa mission chrétienne , apostolique et politique. Il parcourt la France et l’Europe à cheval. Il était né chevalier. Il inspira l’architecture austère et grandiose des ultimes sanctuaires de l’art roman. Il voulait promouvoir une sorte de « milice cistercienne » qui aurait été le noyau d’une armée pontificale susceptible d'imposer la paix entre les nations. L’autre vocation de cette chevalerie d’un genre particulier aurait été d’améliorer les conditions de vie des populations qui , de la sorte , auraient été mieux disposées pour s’élever spirituellement , débarrassées de ses préoccupations de subsistance et des angoisses de la guerre,l’Homme pouvait alors porter son regard vers le ciel. Saint Bernard aurait confié aux templiers une mission de vérifications et de recherches , dont le résultat aurait été la découverte de l’Arche d’Alliance dans laquelle devait se trouver consignée la somme des connaissances du sacerdoce égyptien dérobées par Moïse avant l’exode. Mais s’ils découvrirent l’Arche d’Alliance , ils tinrent leur découverte secrète et s’en approprièrent le contenu , et c’est de ce savoir qu'ils auraient tiré les principes de l’architecture gothique appliqués à la construction des cathédrales. Son oncle était André de Montbart , qui fut l’un des fondateurs du Temple et le cinquième Grand Maître , de 1153 à 1156. Il rencontra à plusieurs reprises geoffroy et Suger, le premier pour la mise en place de l’Ordre du Temple , le second pour un retour à la règle primitive des couvents cisterciens.


Sources de ce travail sur les templiers de Saint Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint Omer , Vieilles rues, vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».

Cathédrale de Saint Omer.

Architecture

La cathédrale de Saint-Omer est batie suivant un plan en forme de croix latine. Sa construction remonte à 1180 . Comme celle de Chartres , elle est désaxée de 47° par rapport à l'Orient le carrée formé par les quatre colonnes du chœur se confond avec les quatre points cardinaux. Le chœur et les chapelles rayonnantes sont inclinées de 4° par rapport à l'axe de la nef.

plan de la cathédrale de saint omer

Elle mesure 103 mètres de long , la largeur de sa nef est de 30 mètres , sa largeur aux transepts est de 53 mètres , quant à sa hauteur sous vôute elle est de 23 mètres. Elle n'a qu'une seule tour massive qui occupe deux travées de la nef. Cette tour , appelée aussi beffroi , comporte des fenêtres jumelées au niveau de la chambre des cloches. Certaines fenêtres au niveau des étages inférieurs ont été bouchées pour assurer sa stabilité. Dans ce même esprit un tirant la traverse de part en part au niveau du buffet d'orgues.

A cause de sa forme légérement pyramidale, l'escalier qui permet d'accéder à son sommet s'inverse de sens de rotation au niveau de la chambre des cloches. Sa nef , qui comprend sept travées et collatéraux, est trés eclairée par de grandes fenêtres. Les chapelles qui la bordent sont non communiquantes. Chaque transept comporte quatre travées et posséde un portail et des escaliers pour accéder aux petits greniers. Le déambulatoire comprend trois chapelles , deux rayonnantes et une axiale.

l'Horloge

C'est le 16 août 1555 que le chapitre de la Collégiale confia à Pierre Engueran, horloger de Saint-Omer, la construction d'une nouvelle horloge destinée à remplacer l'ancienne en mauvais état. Elle devait indiquer les heures, les jours, les mois, les signes du zodiaque, le lever et le coucher du soleil et de la lune. Elle fut terminée en 1558, la date et le signe de l'auteur y sont gravés. Elle a coûté 130 florins de l'époque. Au XVIIIème (1758), elle prit place au dessus du portail dit du Prévôt ou de l'Evêché.

horloge astronomique

Le jacquemart qui la surmonte porte le costume d'officier de l'époque , coiffé d'un turban marqué de l'écusson du chapitre de la Collégiale ,surmonté d'un plumet. Située à 7,50 m de hauteur , les visiteurs n'ont pas accès à toutes les indications fournies.


D'un diamètre de 2.10ml , le cadran se compose de deux parties : l'une fixe , le tympan l'autre , mobile , constituée par les aiguilles des heures , de la Lune et de l'araignée. (Dans un astrolabe, on appelle araignée le disque sur lequel sont gravées les principales étoiles les tridents qui le supportent sont assimilés aux grandes pattes des araignées que nous connaissons). Le tympan, partie fixe, représente la partie terrestre de l'Univers. La partie mobile qui représente la voûte céleste de l'Univers est constituée des aiguilles des heures , de la Lune et de l'araignée. L'aiguille des heures est repérable par la présence du Soleil. Celle de la Lune par une boule mi-noire , mi-blanche.

La statue de Notre-Dame des Miracles

Dès le Xème siècle une statue fut érigée sur la place du grand-Marché, avant que le sanctuaire ne soit construit. Comme pour le sanctuaire nous avons peu de documents. Une gravure de 1641 demeure la plus ancienne illustration de cette statue. Si cette illustration de Guillaume du Tielt est exacte il existe bien des différence avec la statue considérée aujourd'hui comme la vraie :
l'enfant Jésus est porté par Marie , alors qu'aujourd'hui il est assis sa couronne est différente le sourire , si magnifique aujourd'hui est bien pâle les vêtements sont différents. Cependant , au XIIIème siècle , selon le père Bello , apparaît une statue de bois doré , qui la représente assise comme une Reine. Elle tient l'enfant Jésus qui nous offre le Livre des Évangiles , geste qui semble nous dire « Allez vous aussi sur les places , proclamez la Parole » , c'est à dire telle que nous la connaissions aujourd'hui.

La statue de Notre-Dame des Miracles

C'est le 23 juin 1785 que se fit son transfert , en procession depuis la place jusqu'à la Cathédrale, avec la population, le clergé et sous la présidence de l'abbé de Saint-Bertin qui remplace Monseigneur l'Évêque. Dans un premier temps elle fut placé sous un dais, puis, quand on eut transféré son autel, elle y fut replacée. Le chapitre avait décidé de mettre l'autel dans la chapelle centrale du transept sud.


Le 30 septembre 1790 la cathédrale fut fermée comme toutes les églises sur ordre des révolutionnaires. Le peuple qui ne pouvait plus prié la Madone protesta. Une proposition fut faite de laisser un accès à la chapelle de la Vierge par l'extérieur, ce qui permettait de laisser en places les scellés Elle fut acceptée le 5 janvier 1791 et le 10 janvier on procéda à l'ouverture de la croisée du transept. A nouveau on pouvait honorer la Madone. Mais le 24 septembre 1793 la Cathédrale était convertie en magasin d'effets de campagne, puis de fourrage. De nouveau la statue était isolée du peuple, mais là ce fut un bien car elle fut ainsi préservée, tout comme la Cathédrale d'ailleurs. A la suite du décret du 30 mai 1795, c'est l'Église de Saint-Denis qui fut choisie comme lieu de Culte. Les paroissiens de ce quartier demandèrent alors que la statue de la Vierge leur fut confiée. Mais le Conseil refusa d'examiner cette demande. Par deux fois ils réitèrent leurs demande, et finirent par obtenir gain de cause. C'est ainsi que la statue quitta la Cathédrale pour l'Église Saint-Denis. Les fidèles furent satisfait au point qu'ils reconstituèrent l'immense garde robe de la Vierge et de l'Enfant Cette situation durera jusqu'en 1802, date à laquelle la cathédrale retrouva ses droits. Mais les paroissiens de Saint-Denis ne voulaient pas rendre la statue. C'est donc en secret , sur une civière, sous des vêtements que le 3 mars 1803 à midi la statue de Notre dame des miracles retrouva sa chère Cathédrale. Elle continua de trôner sur l'autel de 1606, jusqu'en 1875, date à laquelle elle fut couronnée.Deux couronnes avaient été façonnées pour orner la statue. Elles furent bénies par le pape Pie IX, lors du concile Vatican 1. Voilà pourquoi dans le déambulatoire il est fait mention de ce Pape Il fallut attendre le 18 Juillet 1875 pour que ces couronnes soient posées sur la tête de la Vierge Marie et sur celle de l'Enfant Jésus.

Nativité syrienne du XIIème siècle

Il existe plus d'une dizaine de nativités dans la cathédrale de Saint-Omer. Nous n'en verrons que quelques unes parmi les plus remarquables. Marie est allongée dans son lit le bras tendu vers le haut, semblant offrir son enfant. Elle est auréolée Joseph est songeur. Jésus est posé sur un lit, il semble immobile, emmailloté comme une momie. Une étoile de l'ordre des templiers luit au-dessus du lit de l'enfant. Un ange porte une banderole « Gloria in excelsis Deo » et ouvre le rideau.
Observons quelques détails

Nativité syrienne du XIIème siècle

Marie est auréolée. Or la sanctification de la Vierge Marie ne sera prononcée que bien plus tard La vierge Marie a-t-elle les cheveux longs ou courts ? Il faut se rapprocher de l'inscription en haut « Natus sic iacuit uiliue », pour trouver un début de réponse : ils sont courts en signe de sacrifice et de renonciation un seul animal semble réchauffer l'enfant Jésus, mais est-ce un boeuf, un âne ou une chèvre ? l'enfant Jésus n'est pas dans une crèche mais dans un lit à sept arcades l'étoiles des bergers est remplacé par l'étoile à huit branches des templiers pourquoi Joseph parait-il si lointain, en deuxième plan et si songeur, voire triste ? ne retrouvons nous pas dans ce tableau le symbolisme du monde avec la terre, le ciel et l'univers ?


En prolongeant notre visite dans le déambulatoire nous passerons devant le Chapelle axiale dédiée à La Vierge et dans le second vitrail à gauche nous pourrons voir la version moderne (XIXe siècle) de cette nativité ou l'étoile des templiers a été remplacée par une lampe à huile, le boeuf et l'âne sont très bien représentés, Joseph possède lui aussi son auréole.

Nativité du XVème siècle

Dans ce même déambulatoire en allant vers la droite vous pourrez voir une autre nativité du XVème siècle, souvenir d'Antoine de Tramecourt qui fut Grand-Chantre de cette cathédrale. L'abbé Bello nous dit ceci : « comme une enluminure pleine de détails, elle illustre la Théologie de la Révélation: L'Enfant Jésus de la crèche révèle le projet éternel de Dieu dont L'Amour veut rassembler les Hommes. Cette révélation se fait en Jésus (voile relevé) , pour les hommes de tous les temps (le chanoine est agenouillé avec son bâton de Grand-Chantre et son hermine) . On acceuille cette révélation avec l'aide des saints (la main sur l'épaule , saint Antoine, le saint patron est là avec son traditionnel petit cochon) et saint Paul qui l'a proclamée est là aussi avec son êpitre roulée dans la main.

C'est maintenant la mission de l'Église de la faire connaître (saint Pierre répond présent avec les clefs) , pour changer le coeur des hommes (saint Michel terrasse le démon, petit diable en bas à gauche). Enfin tout en haut voyez l'appel des hommes (les bergers) et la Jérusalem céleste qui ouvre la porte toute grande. ».

Nativité du XVème siècle

La Vierge au Chat

Cette oeuvre est due à Jacques Du Broeucq. Elle faisait partie d'un ensemble dont Saint Joseph songeur, situé à droite faisait partie. Nous nous attarderons pas sur la présence du chat. Il n'existe que très peu réprésentations de la Vierge avec un chat dans nos églises. La cathédrale de Saint-Omer est la seule église médiévale a posséder la sculpture d'un chat dans son mobilier. Mais quelle douceur dans l'expression de Marie allaitant. Rien n'indique qu'il s'agit d'une nativité excepté la présence des deux animaux le boeuf et l'âne.

La Vierge au Chat

Mais s'agit-il d'un âne ou d'un cheval ? Regardez bien. Nous sommes ici dans un intérieur flamand. Dans le livre de Monique Ducrocq nous relevons : « Apogée du culte Marial, cette Vierge est le symbole de la Mère, sécurisante et guide, source de vie, messagère d'un autre monde, elle est la Nouvelle Eve. »


Joseph songeur

Quand à saint Joseph l'ange lui murmure à l'oreille de fuir en Egypte, d'ou cette mine songeuse.

Joseph songeur

Orgue des Frères Thomas et Jean-Jacques Desfontaines

L'orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale de Saint-Omer.Construction de l’Orgue par les Frères Thomas et Jean-Jacques Desfontaines, facteur d’orgues à Douai en 1717. Les frères Piette, maîtres sculpteurs de Saint Omer construisent le Buffet. Pendant près de 140 ans, divers travaux d’entretiens et de réparation dénaturent et transforment l’instrument d’origine.
RÉHABILITATION DE L’ORGUE
Effectuée en 1855 par Aristide Cavaillé-Coll de Paris, le plus important facteur d’orgue du XIXe siècle.

L'orgue Cavaillé-Coll

Le Grand Orgue construit par deux facteurs habiles et consciencieux est un des ouvrages les plus remarquables de son temps, tant sous le rapport de la composition instrumentale que sous celui de sa forme architectonique… Aristide Cavaillé-Coll a le souci de redonner à cet orgue le premier rang qu’il a occupé dans les instruments de son siècle .


Célébrités de Saint Omer.

Rappel géopolitique

Au temps de l'empire Romain , l'Artois est une partie de la province romaine de Belgique , puis , cette région fut conquise au Vème siècle par les FRANCS . À l'époque de Charlemagne, lors de la dernière invasion marine due à une période de réchauffement climatique , Saint Omer était un port de la mer du nord avant le XIV ème siècle. Sa région reste le dernier marais cultivé de France en 2016.
Saint Omer port de la mer du nord
Saint-Omer est un port et le restera jusqu'au XIV ème siècle,
alors que l'actuelle Flandre Maritime est encore sous les eaux de la mer du Nord ainsi qu'une partie du Calaisis. Dans la 2e moitié du IXe siècle, Saint-Omer est ravagée par les Vikings du Danemark. L'Artois fut donnée en 863 par Charles le Chauve à Judith sa fille , qui épousa Baudouin Bras de Fer , Comte de Flandre. Avec le pagus d'Artois, la ville entra en 932 dans la possession des Comtes de Flandre, et au cours des XIIe et XIIIe siècles, l'industrie textile y fut florissante. Au cours de sa période de plus grande prospérité, la ville fut en Occident une des premières à bénéficier d’institutions communales, peut-être au début des années 1070. Ces institutions prennent la suite d’institutions d’entraide de voisinage, formalisées sous forme de confrérie, qui évolue ensuite en guilde marchande, y sont codifiés, les beuveries mais aussi les conditions d'admission, le rôle des doyens, l'entraide, la charité envers les pauvres, l'entretien des places et des remparts, qui a donné naissance à la commune. Cette commune est un soutien pour le Comte de Flandre qui lui a accordé ces libertés. Par la suite, elle dut céder à Bruges la première place pour le tissage. L'Aa est canalisé dès 1165 jusqu'à Gravelines, qui constituera jusqu'à son ensablement l'avant-port de la cité audomaroise.

Célébrités de Saint Omer

Tout le monde connaît Suger , il y a une place à son nom , du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin .
Quant à geoffroy, fils du Seigneur de Saint Omer, fondateur de l’ordre du Temple, rien , pas une place , pas une rue , pas une impasse. Pas une seule trace dans les documents touristiques de la ville. A croire qu’il ait été maudit, et que cette malédiction dure encore! Et c’est la même chose pour Hoston de Saint Omer, qui fut un grand dignitaire de l’Ordre du Temple. Ces trois hommes furent liés par un quatrième personnage , peut-être le plus illustre , Bernard de Clairvaux , autrement dit Saint Bernard . Geoffroy et Suger l’ont rencontré, et leur rencontre avec cet homme que certains historiens désignent comme le plus influent de l’occident médiéval a été déterminante pour le reste de leur vie.

Geoffroy de Saint Omer

Aussi connu sous les noms de Geoffroi et Godefroy de Saint-Omer , était un chevalier flamand, Gaulois de nation et l'un des membres fondateurs de l’ordre du Temple en 1118. Dans le contexte de la croisade prêchée par le pape Urbain II en 1095, avec le chevalier Hugues de Payns il organisa, en 1119, la milice des pauvres chevaliers du Christ au service des chanoines du Saint-Sépulcre à Jérusalem. En 1129, cette milice fut fondée en ordre monastique et militaire qui prit le nom d'ordre du Temple. Avec Hugues de Payns il fera plusieurs allers et retours entre le royaume de France et Jérusalem afin de trouver des soutiens financiers pour l'Ordre. En 1127, nous retrouvons sa trace à Rome auprès du pape Honorius III pour organiser une nouvelle croisade. En 1130, il repart à Jérusalem avec Hugues de Payns (qui venait de recevoir des sommes d'argent et des biens énormes de la couronne d’Angleterre) après qu'il a convaincu sa famille de donner à l'ordre les redevances des Flandres du comte Guillaume Cliton.
Guillaume 1er ( Hoston de Saint Omer ), assiste utilement Robert II , dit de Jérusalem, dans ses principales entreprises. Pendant ce temps , ses frères Hugues et geoffroy contribuent à la prise de Jérusalem , et Hugues dit « païen » reçoit en récompense de ses exploits la principauté de Galilée et la Seigneurie de Tibériade. Geoffroy fonde en 1118 avec Hugues de Payns et sept autres chevaliers l’Ordre du Temple. Dix ans plus tard , en 1128 , il obtient du concile de Troyes , donc de Saint Bernard , un règlement et des statuts pour ses braves compagnons , la sécurité des voyageurs , l’effroi des brigands , et jette en Europe les bases de la prodigieuse puissance de cette milice héroïque. En 1127 , geoffroy et plusieurs de ses compagnons fondent dans les faubourgs d’Ypres une commanderie , sur le territoire d’Upstal. On retrouve encore sa trace la même année à Rome , près du Pape Honorius III , chez lequel il était venu chercher du secours pour une nouvelle croisade. En 1129 ou 1130 , Hugues de Payns se rend à la cour d’Angleterre où il est reçu de façon « étonnante » par le Roi Henri 1er car selon la rumeur non vérifièe lui et Hugues faisaient parti d'un Ordre secret (AMUS) . Donc le Roi Henri 1er octroie à l’Ordre des biens énormes (on signale dans les sources anglaises , « de grands trésors d’or et d’argent »). A son retour sur le continent , Hugues emmène à sa suite chevaliers anglais et flamands avant de rassembler les preux français et de rejoindre Marseille. Pendant ce temps , geoffroy a su convaincre sa famille de l’aider pour obtenir la donation des redevances des Flandres de la part du comte Guillaume Cliton avec l’assentiment des barons normands et flamands.
Geoffroy fut nommé duc de Thèbes , et c’est dans cette contrée lointaine qu’il termina sa vie aventureuse.
De Geoffroy , il ne reste presque rien , hormis une loge maçonnique à l’Orient de Bruxelles , une autre à Renescure et une autre encore à Saint Omer , ainsi qu’un grade maçonnique "Chevalier Kadosh".

Hoston de Saint Omer

Guillaume 1er ou Hoston , devient un des hauts dignitaires du Temple , et assiste avec plusieurs chevaliers templiers aux funérailles de Suger en 1152. Gautier , son frère, aide Saint Bernard à faire surgir des eaux l’abbaye de Clairmarais (village qui jouxte Saint Omer).

Guillaume Cliton

Guillaume Cliton donne la Première Charte de Franchises à Saint Omer en 1127. En 1126 ,Didier Hacket, fils d'Erembald, châtelain de Bruges et parent de Guillaume de Saint­ Omer, doit justifier de sa noblesse. Ne pouvant y parvenir, il assassine Charles le Bon, comte de Flandre le 2 mars 1127.
Guillaume Cliton devient comte de Flandre avec le soutien de Louis VI, roi de France mais plusieurs candidats lui disputent ce siège. Afin d'assurer sa position , Guillaume Cliton fidélise les principales villes du Comté en octroyant divers privilèges commerciaux. Saint-Omer obtient une charte de franchise le 14 avril 1127.Ces concessions ne suffisent pas : des troubles éclatent dans plusieurs villes flamandes. Dès août 1127 à Lille, une émeute se déclenche en raison d'une arrestation en pleine foire, jugée par la foule comme injuste. Le 3 février 1128, les habitants de Saint-Omer s'insurgent contre le nouveau châtelain fidèle au nouveau comte. Guillaume Cliton investit la ville qui se déclare pour Arnoul de Danemark , prétendant au comté. Les Audomarois l'accueillent mais face à la menace, la ville capitule.Guillaume Cliton impose une contribution de 600 marcs d'argent. De 1127 à1128, Hoston de Saint-Omer remplace son frère Guillaume 1er à la tête de la châtellenie sans que l'on sache les circonstances exactes de cette "régence". Le 16 février 1128, une nouvelle révolte éclate à Gand dont l'une des causes est les persécutions que Saint-Omer a connues. Ils imposent le renvoi du comte devant un tribunal réuni à Ypres le 8 mars 1128. Celui-ci vient en armes et ses troupes investissent la ville. La première conséquence fut le renvoi du tribunal mais aussi la reprise des révoltes en Flandre. Mi-mars, Saint-Omer accueille de nouveau Arnoul qui se fortifie dans Saint-Bertin. Le 21, Guillaume Cliton se représente devant la ville qui se rend à nouveau .
Les villes sont très divisées sur le choix du comte : Saint­ Omer supporte Arnoul, Gand soutient Thierry d'Alsace, Bruges est contre Guillaume Cliton (champion du roi de France), d'autres sont favorables à Baudouin de Mons ou Guillaume de Normandie . Le 25 mars, Thierry d'Alsace gagne Bruges en confirmant leurs franchises, le 30, ilconfirme la charte et fait son entrée solennelle le 1"avril malgré les pressions du roi de France et l'excommunication de l'évêque de Noyon contre les Flamands abandonnant Cliton. Le conflit se poursuit jusqu 'au 27 juillet 1128 date à la­ quelle Guillaume Cliton meurt devant Alost où il assiège Thierry d'Alsace. Le 22 août, celui-ci concède une nouvelle charte à Saint-Omer sur le modèle de 1127 à l'occasion d'une tournée en Artois. Le pouvoir comtal reprend vigueur avec le retour à la stabilité. La plupart des villes flamandes ont obtenu la confirmation de leurs franchises ouvrant des circonstances favorables à l'émergence de plusieurs lignages bourgeois .

- Sources :Thomas DELVAUX (l'Indépendant du 29-02-2008) .

Découvrez la ville de Saint Omer.
Une croix apparait dans les armoiries de la ville, sur le sceau aux causes (le sceau utilisé pour authentifier les actes et les transactions  à Saint-Omer depuis le Moyen Age). La version la plus ancienne de ce sceau apparait dans un acte de 1209 entre la communauté des échevins et l’abbaye de Saint-Bertin et dont l’empreinte est reprise dans « L’histoire sigillaire de Saint-Omer » paru en 1861. Omer y est représenté en habit d’évêque coiffé de la mitre et portant la crosse. Sur le contre-sceau, apparait la  fameuse croix entourée de l'inscription : [signum sancte crucis], évoquant la croix du Christ. De nombreux reliquaires de la vraie croix, comme la croix staurothèque de Clairmarais conservée au Musée de l'hôtel Sandelin avait la forme de la croix à double traverse. La présence de reliques de la vraie croix ramenées par les Croisés de Terre Sainte à Saint-Omer  pourraient expliquer le choix de ce motif sur les amoiries de la ville.
En effet, bon nombre de chevaliers issus des familles du Nord de  la France et notamment les chatelains de Saint-Omer prirent une part importante dans les premières croisades. Un des plus célèbres d'entre eux, Geoffroy de Saint-Omer fonda vers 1129 avec Hugues de Payns , l'Ordre des Templiers.

15 chemins Templiers à Fauquembergues.
On retrouve les traces des Romains à Reclinghem, celles de Charles Quint à Renty… Le canton de Fauquembergues compte aujourd’hui quinze itinéraires de randonnée pédestre . À Avroult, le sentier du Puits des Templiers sillonne des chemins ombragés, le « Val » ou la « Voie sage », et offre de jolis panoramas sur les villages voisins. Une balade de 12km dont le départ se situe à l’église, juste en face du puits des Templiers… profond de plus de quatre-vingts mètres ! Le hameau de Serny est incontestablement l’un des plus bucoliques du canton. Avec un petit air montagnard qui ne paie pas de mine ! Le sentier des Vieilles pierres - 13km - présente d’ailleurs un dénivelé de 194 mètres. S’élançant de Serny, le randonneur longe la Laquette, frôle le château de Créminil à Estrée-Blanche et le château de Liettres, retrouve des Templiers à Fléchinelle, trempe ses pieds dans l’eau du gué du moulin espagnol à Enquin-les-Mines…

Découvrez les seigneurs oubliés de Saint Omer.
La Maison de Saint-Omer fut l'une des plus importantes de l'Artois aux XII° – XIII° siècles. Avant de décliner, ses châtelains firent un temps de l'ombre aux comtes de Boulogne et de Flandres. Sa gloire dépassa de beaucoup les limites trop étriquées de l'Audomarois : sa progéniture, omniprésente dans l'histoire des Croisades, participa à la fondation de l'ordre du Temple et deux de ses ramifications s'enracinèrent dans les Etats Latins d'Orient tant en Galilée qu'en Morée où elles eurent les tous premiers rangs. De noblesse immémoriale, on retrouve les chevaliers de Saint-Omer sur les champs de bataille de France et d'Outre-Mer, des plaines désertiques de Tibériade à Poitiers ou Hastings, rencontrant à ces occasions les plus hauts personnages de leurs temps tels Guillaume "le Conquérant", Saladin, le "Prince Noir" ou Jean II, roi de France, Robin "des Bois" ou Cromwell. La Maison de Saint-Omer apparaît bien oubliée aujourd'hui ... même dans la ville qui porte son nom. Plus de château, plus de représentant pour porter haut ses couleurs : il semble bien que, le 12 décembre 1617, quand le héraut "cassa lesdites armes, puis les jeta dans le tombeau de Robert de Saint-Omer seigneur puis 1er comte de Morbecque (Châtellenie de Cassel en Flandres, par Lettres des Archiducs Albert et Isabelle 08/02/1614), vicomte d’Aire, baron de Robecque, seigneur de Dranoutre, Renescure, La Boure, Souverain-Moulin, Blessy et Saint-Quentin décédé sans postérité pour y demeurer en oubli avec défenses de relever le nom", la dalle de marbre recouvrit jusqu'au souvenir de cette dynastie.

Découvrez le Patrimoine Architectural Audomarois.
Omer, nommé évêque de la Morinie en 638 par Dagobert,convertit le seigneur local Adroald et reçoit en don le domaine de Sithieu (futur Saint-Omer). Sur la butte qui domine le marais, il fait édifier une chapelle en bois dédiée à la Vierge dans laquelle il se fera enterrer à sa mort. Au pied du marais, il installe, avec trois moines venus l’aider dans sa mission de conversion, une abbaye qui prendra le nom de Saint-Bertin. L’abbaye et la chapelle sont liées et forment un grand monastère. Autour de la chapelle est installé le cimetière des moines. Bientôt, la route qui relie les deux sites devient un axe de procession. Vers 820, l’abbé Fridugise sépare les deux établissements: d’un côté, l’abbaye desservie par 60 moines et de l’autre, il fonde un collégiale desservie par 30 chanoines (prêtres) pour remplacer la chapelle.
En 638, Omer évêque de la Morinie est aidé dans sa mission, par trois moines : Mommelin, Ebertramne et Bertin.En 651,Omer baptise Adroald, le riche seigneur local qui fait don de son domaine de Sithieu à la communauté pour implanter le monastère. Après une première tentative aux abords de la commune de Saint-Mommelin, les moines se voient obligés de quitter les lieux pour s’installer au pied de la butte Sithieu, sur le site de l’actuelle abbaye. A la mort de Bertin, de nombreux miracles se produisent sur sa tombe, il est élevé au rang de saint et l’abbaye prend le nom de Saint-Bertin.

Découvrez les fortifications Audomaroises.
Ce nouveau modèle de château apparaît au 10e siècle avec la société seigneuriale et se diffuse rapidement à travers toute l’Europe. Car son principe est simple et facile à mettre en oeuvre : il est constitué d’une butte en terre ayant la forme d’un cône tronqué entouré d’éléments de défense : fossés, enceinte en terre surmontée d’une palissade, d’une haie d’épines… La plateforme sommitale de la motte, à laquelle on accède par une rampe en bois en partie amovible, porte une tour en bois qui sera parfois remplacée par une tour en pierre. A côté, une basse-cour entourée d’une enceinte accueille le logis du seigneur, des bâtiments agricoles et une chapelle. Cet ensemble permet de tenir le territoire alentour et de se défendre.

Découvrez les églises Audomaroises.
Le site de l’ancienne cathédrale a fait l’objet de plusieurs fouilles archéologiques depuis la fin du 19e siècle. Ces campagnes ont surtout permis de mettre au jour les fondations du groupe épiscopal du 7e siècle, un ensemble de cryptes du milieu du 9e siècle et les fondations d’un édifice gothique commencé dans les années 1131-1133. Le choeur se composait d’un sanctuaire entouré d’un déambulatoire desservant des chapelles rayonnantes contiguës, schéma différent du choeur de la collégiale Notre-Dame de Saint-Omer. Selon les estimations des archéologues, le choeur mesurait 31 m de large, 36 m de long (entre le chevet et la limite du transept). Aux 13e et 14e siècles, les travaux se poursuivent par l’érection du transept nord, de la tour sur le bras sud du transept et du jubé, au début du 15e siècle.

Découvrez la charte de Guillaume Cliton.
En 1127, le comte Guillaume Cliton accorde une charte communale à la guilde des bourgeois de Saint-Omer. Ce document est conservé à ce jour à la Bibliothèque d’Agglomération de Saint-Omer. Le texte ci-après en est sa retranscription.



Sources de ce travail sur les templiers de Saint Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint Omer , Vieilles rues, vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».

L'HOMME DE CONFIANCE DE LOUIS VII

Qui était Suger ?

Suger est né en 1082 à Saint Omer , et est mort en 1152 à la cour de Louis VII. Il fut consacré à Dieu dans l’église de Saint Denis. Sa première éducation lui fut donnée dans l’abbaye de Saint Bertin. En 1092 , il avait 10 ans , il est déposé par son père en l’abbaye de Saint Denis , qu’il ne devait plus quitter. Dans cette abbaye , il forma une amitié indissoluble avec le fils unique du Roi de France.

Suger à Saint Omer

Tout le monde connaît Suger à Saint Omer, il y a une place à son nom , du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin .
En 1112, le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros , qui fit reconnaître Baudoin VII , fils de Robert I (Robert le Frison) , comme douzième comte de Flandres. Les châtelains , dont l’origine remonte aux rois francs de la première race , ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III , en 1090. Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale. C’est Baudoin VII , comte de Flandres , qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint Omer, notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu , en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon , qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque , le châtelain de Saint Omer s’appelait Hoston. Il avait trois fils , Guillaume, qui deviendra châtelain sous le nom de Guillaume 1 , geoffroy et Hugues qui fit partie de l’expédition des Croisés de 1146 et qui séjourna longtemps dans le Soristan. Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon , et là prend naissance l’histoire des Templiers à Saint Omer. (Hugues était dit le « païen » , ce qui fait que certains auteurs l’assimilent à Hugues de Payns). Nous avons évoqué Saint Bernard , Geoffroy , Hoston , il reste un homme incontournable dans cette aventure Templière :

Suger régent du royaume

Il connut trois rois et quatre papes et des princes étrangers le prirent pour arbitre. Il prépara Philippe I à mourir et présida ses obsèques. Il devint alors conseiller de Louis VI , son ami d’enfance. En 1122 , à 40 ans , Suger est élu abbé du monastère. Après avoir donné lui-même l’exemple dangereux d’une existence trop somptueuse pour un moine , il réforma son abbaye avec un soin scrupuleux. C’est sa rencontre avec Saint Bernard qui fut déterminante. Auparavant , son Eglise était emplie de dorures , de pierres et de bois précieux. C’était un endroit très à la mode où le beau monde aimait à se rencontrer , loin de la ville, mais aussi bien loin de la rigueur indispensable à un lieu sacré. Après sa rencontre avec Saint Bernard , il appliqua avec fermeté la règle de Saint Benoît , ce qui lui valut d'ailleurs quelques problèmes avec certains moines qui avaient vite pris l’habitude de la vie facile et oisive. Mais il tint bon , et l’abbaye retrouva sa vocation première. Avant son départ pour la croisade , en 1147 , Louis VII le nomme régent du royaume. On sait , d’après les courriers échangés , que Suger était très lié avec Saint Bernard. Il fut un ardent adversaire d’Abélard : il força Héloïse à quitter le monastère d’Argenteuil. C’est lui qui décida de la construction de l’abbaye de Clairmarais (prés de Saint Omer).
















































Sources de ce travail sur les templiers de Saint Omer :
Jean Derheims « Histoire de Saint Omer ».
Henri Piers « Biographie de la ville de Saint Omer ».
Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
Le Voile d’Isis (Octobre 1929).
Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
Alain Derville « Histoire de Saint Omer ».
Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln « L’Enigme Sacrée » .
Justin de Pas « Saint Omer , Vieilles rues, vieilles enseignes » .
Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».