Pour accéder à toutes les fonctionnalités de ce site, vous devez activer JavaScript. Voici les instructions pour activer JavaScript dans votre navigateur Web.
        

Templiers - Commanderie Geoffroy de Saint-Omer

         



Retournez sur le plan des sujets traités sur le site    

L'homme de confiance du Roi Louis VII

Vous avez tous entendu parler de Suger, mais qui était-il donc ?

Suger est né en 1082, et il est mort en 1151 à la cour du roi Louis VII.

Selon l'hypothèse de Jean Dufour historien médiéviste, Suger serait issu d'une famille assez aisée, probablement des minores milites possédant des terres à Chennevières-lès-Louvres situé à 18 km au nord de Saint-Denis. Cette hypothèse ne tient pas car personne n'a jamais pu produire de preuves concernant sa naissance (lieu et parents) tous les chroniqueurs de l'époque s'accordent à reconnaitre à Suger une origine obscure. S'il avait été d'un lignage bourgeois nous connaitrions aujourd'hui le nom de ses parents et aussi son prénom. Ces quelques éléments de réflexion portent à croire que Suger était issu d'un milieu très pauvre .
Selon les historiens médiévistes Régine Pernoud et Jacques Heers, c'était un fils de serf, et sa famille vivait dans les environs de Saint-Omer. Sa première éducation lui fut donnée dans l’abbaye de Saint Bertin à Saint-Omer. En 1092, son père n'ayant plus les moyens de le nourrir confie son enfant agé de 10 ans aux moines de l’abbaye de Saint Denis ( sur les conseils des moines de l’abbaye Saint Bertin ). Saint Denis restera sa maison jusqu'à sa mort . Dans cette abbaye, il rencontra le fils du roi de France avec qui il noua des liens indestructibles. Il se fit également très tôt remarquer pour ses aptitudes par l'abbé Adam en charge de l'abbaye. A la mort de son mentor l'abbé Adam en 1122, il devient son remplaçant à la tête de l'abbaye.
Il faut noter que Suger à la fin de sa vie ordonnera la construction de l'abbaye de clairmarais (située à 5 kms de Saint-Omer) et c'est le Comte de Flandre Thierry d'Alsace qui en sera le maitre d'oeuvre en 1140, cette abbaye relevant des règles de l'Ordre de Cîteaux. Si Suger n'était pas natif de Saint-Omer, il n'avait aucune raison de faire construire une abbaye dans cette zône marécageuse inhospitalière. Cette décision prouve que Suger au fait de sa gloire et de sa puissance voulait honorer le village qui l'avait vu naître.

Suger était fils de Serf et natif de Saint-Omer

Tout le monde connaît Suger à Saint-Omer , il y a une place à son nom, du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin.
En 1112, le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros, qui fit reconnaître Baudoin VII, fils de Robert I (Robert le Frison), comme douzième comte de Flandres. Les châtelains, dont l’origine remonte aux rois francs de la première race, ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III, en 1090. Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale. C’est Baudoin VII, comte de Flandres, qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint-Omer, notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu, en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon, qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque, le châtelain de Saint-Omer s’appelait Hoston ou Guillaume 1er. Il avait quatre fils, Guillaume, qui deviendra châtelain sous le nom de Guillaume II, geoffroy Gérard et Hugues qui firent partie de l’expédition des Croisés de 1096. Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon, et là prend naissance l’histoire des Templiers de Saint-Omer. (Hugues était appelé le « païen », ce qui fait que certains auteurs l’assimilent à Hugues de Payns). Nous avons évoqué Saint Bernard, Geoffroy, Hoston, il reste un homme incontournable dans cette aventure Templière :

Suger un destin fabuleux, régent du royaume

Il connut trois rois et quatre papes et des princes étrangers le prirent pour arbitre. Il prépara Philippe I à mourir et présida ses obsèques. Il devint alors conseiller de Louis VI, son ami d’enfance. En 1122 à la mort de l'abbé Adam , Suger est élu abbé du monastère de Saint Denis à 40 ans, et de suite il entreprit d'agrandir l'Abbaye. il se rendit en Italie pour étudier les édifices religieux. A son retour il démarre les travaux d'agrandissement de Saint Denis pour en faire la première Cathédrale Gothique d'Europe, il trouve l'argent grâce aux dons des fidéles qui viennent se recueillir devant les reliques mises en valeur par Suger. C'est alors que Saint Bernard l'accuse d'avoir la folie des grandeur, mais Suger saura amadouer et calmer Saint Bernard. Après avoir donné lui-même l’exemple dangereux d’une existence trop somptueuse pour un moine, il réforma son abbaye avec un soin scrupuleux. C’est sa rencontre avec Saint Bernard qui fut déterminante. Auparavant, son église était emplie de dorures, de pierres et de bois précieux. C’était un endroit très à la mode où le beau monde aimait à se rencontrer, loin de la ville, mais aussi bien loin de la rigueur indispensable à un lieu sacré. Après sa rencontre avec Saint Bernard, il appliqua avec fermeté la règle de Saint Benoît, ce qui lui valut d'ailleurs quelques problèmes avec certains moines qui avaient vite pris l’habitude de la vie facile et oisive. Mais il tint bon, et l’abbaye retrouva sa vocation première. On sait, grâce aux courriers échangés, que Suger tenait Saint Bernard en très haute estime et que ce dernier finit par estimer Suger. Avant son départ pour la croisade, en 1147, Louis VII le nomme régent du royaume. Pendant l'absence du roi, Suger fut très efficace pour recouvrer les impots de sorte qu'à son retour le roi trouva un pays plus riche qu'il ne l'avait quitté. De plus Suger se montra très habile afin de déjouer tous les complots visant à renverser le roi pendant son absence .
La cathédrale de Saint Denis achevée il revint sur les lieux de son enfance, et décida la construction de l’abbaye de Clairmarais (prés de Saint-Omer) en 1140. Si Suger n'était pas né à Saint-Omer , que serait il venu y faire à la fin de sa vie, et pourquoi aurait il ordonné la construction d'une Abbaye dans ces marécages ? De cette Abbaye il ne reste de nos jours que quelques ruines .

vestiges de l'abbaye de clairmarais construite par Suger

Enfin, peu de temps avant sa mort il organise une croisade pour vanger celle de son roi qui fut un échec cuisant. Sa santé déclinant, il annula cette croisade et se prépara pour son dernier voyage ! Le roi Louis VII fut fort affecté par sa disparition en 1151.




Sources de ce travail sur l'histoire de Saint-Omer :
- Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer - 1817 ».
- Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
- Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
- Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
- Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
- Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
- Justin de Pas « Saint-Omer , vieilles rues, vieilles enseignes » .
- Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
- Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».
- Thomas Delvaux « Généalogies controversées de Charlemagne aux Croisades ».
- Bezanger MC., Les Normands de l’Aa à la Seine, Mémoire de maîtrise, Lille III 1972.
- D’Haenens A., Les invasions normandes en Belgique au IX e siècle, P U Louvain 1967.
- D’Haenens A., Les invasions normandes, une catastrophe ?, Flammarion, 1971.
- Depping G.B., Expéditions maritimes Normandes et établissement en France, 1844.
- Derville A., Saint-Omer des origines au début du 14 ème siècle, P U Lille, 1995.
- Ganshof F., La Flandre sous les premiers comtes, La Renaissance du Livre, 1943.
- Haywood J., Atlas des Vikings, Autrement, 1996.
- Le Glay E., Histoire des comtes de Flandre, Pyrémonde, 2006.
- Mériaux Ch., Thérouanne et son Diocèse jusqu’à la fin des carolingiens, 2000.
- Milis L., “L’espérance déçue des Carolingiens”, provinces du Nord, P U, 2008.
- Paillard de St-Eglan, “Histoire des invasions des Northmans en Morinie”, 1858.
- Sommé M., “Les dernières invasions : les Vikings”, Lottin A., Mazarine, 1984.
- Steenstrup J., Les invasions normandes en France, Albin Michel, 1969.
- Vercauteren F., “Comment s’est-on défendu, au IX e siècle, chez les franc", 1936.
- Witte E., Histoire de Flandre, La Renaissance du Livre, 1983.




retour en haut du site consacré aux Templiers